‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 5 sur 236 · ALE · texte numérisé non relu

ALE

Dmitj — d'azui-, à trois aigles d'or, soutenant un anneau d'argent. Champagne.

Saint-Aslier — d'argent, à trois aigles de sable, posées en chef, deux et un, et en pointe trois cloches de môme, batailléesd'or deux et un. Périgord.

Aiguiller — d'or, à aeux aiglons éployés de sable. Poitou.

Chazé—àe gueules à six aiglons d'argent, deux en chef, deux en fasce, deux en poiute. Bretagne.

Sainte-Mère-Eglise — d'azur, à six aiglettes d'or. Normandie.

TÊTES d'aigles.

ScMf/^e — d'azur, h une tête d'aigle arrachée d'or, et un chef de gueules chargé d'une brandie de laurier d'or. Poitou.

Nadal — d'or, à deux têtes d'aigle couronnées de sable, accompagnées d'un cœur de gueules d'oii sort une croix du môme. Provence.

Barberie — d'azur, à trois tètes d aigle arrachées d'or. Ile de France.

Mondière — d'azur, à trois tètes d'aigle, arrachées d'or, celles en chef affrontées. Normandie.

Tôt — de gueules, à trois têtes d'aigle arrachées d'or, cl un besant du môme en cœur. Normandie.

Bectoz — d'azur, au chef d'argent chargé de trois têtes arrachées d'aigles de sable, languées de gueules. Dauphiné.

Mescmn — d'azur, à trois têtes d'aigles arrachées d'argent, deux eu chef et une en [lointe. Bretagne.

AIGRETTE. —Oiseau blanc, du genre du héron, dont la tête est garnie d'une huppe de plumes, et qui paraît dans l'écu de nrofil et passant.

Kerguernon de Kervisi — de sable, à (rois aigrettes d'argent. Bretagne.

Alligret — d'azur, à trois aigrettes d'argent, becquées et membrées de sable. Champagne et Berry.

Lesnerac — de gueules, à trois aigrettes d'argent. Normandie.

AIGUIÈRE. — Sorte de vase fort ouvert, qui a une anse et un bec. L'aiguière paraît dans l'écu de profil, l'anse tournée à senestre, et on dit aiguières affrontées, lorsqu'il s'en trouve deux vis-à-vis l'une de l'autre.

Wasservas — d'azur, à trois aiguières anti(jues d'or. Artois,

ALÉRIONS. — Les alérions sont des aiglettes sans bec ni jambes, comme les merlettes, dont ils ditl'èrent, en ce que les merlettes ont les ailes serrées contre le corps, et sont comme passantes, tandis que les alérions sont mis en pal, montrant l'estomac, et ont les ailes étendues comme les aigles et les aigleltes; seulement leur vol est abaissé. Les alérions sont nouveaux en armoiries, selon Uuchesne, qui prouve très- bien, dans son Histoire de la maison de Montmorency, que ce qu'on appelle aujourd'hui alérions étaient autrefois des aiglettes ayant bec et ongles.

Chasaij — de gueules, à six alérions d'argont. Anjou.

HERALDIQUE ANC 16

Richard de Bacoiirl — d'argent, à l'alérion d'azur. Lorraine.

Cornaloue de Villars — de gueules, à la bande d'argent, chargée de trois alérions de sabli'. Bresse.

Montmorency — d'or, à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur. Ile de France.

ALCYON. — Oiseau aquatique. On le représente dans l'écu sur son nid, au milieu des tlot-s de la mer. On dit de l'alcyon qu'il est flottant , lorsque les ondes qui le su])porlent sont d'un autre émail.

MassiUon — d'azur, à un alcyon d'or, flottant sur une m.er d'argent. Ile de France,

AMPHISTÈRE. — Serpent ailé, dont la queue, tournée en volute, se termine en un ,'iutre serpent, et quelquefois en plusieurs. Dans ce dernier cas, qu'on doit spécilier, on se sert du terme gringolée, eu exprimant de combien de pièces.

Dit Bourg Sainte-Croix — d'azur, à Vamphistère d'or. Bresse.

Baillet de Silty — d'azur, à la bande d'argent, accostée de deux ainphistères d'or. Ile de France.

ANCRE. — Instrument dont on se sert pour arrêter les navires. L'ancre est composée de diverses parties qu'on distingue par leurs noms particuliers, lorsqu'elles sont d'un émail différent. La tige se nomme stangue ; la traverse trabe , et le câble, lorscfu'il y en a un, gumène. La [}osition de l'ancre est d'être en [>»], la trabe vers le chef.

Monteuvis de la Motte — d'or, à l'ancre de sable. Picardie.

Du Fossé de la Motte-Vatteville — dazur, à l'ancre d'or, cantonnée de quatre étoiles du

Rosnel — d'azur, h deux ancres passées en sautoir d'argent, accompagnées en chef d'un cœur d'or, entlammé du second ém.iil ; au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'or. Ile de France.

Garandeau — d'argent, à l'ancre de sable en pal. Orléanais.

Criselaine— d'azur, h. une ancre d'or. Normandie.

La Taxa; — d'azur, à une ancre d'argent. Nivernais.

Pastiz — écartelé, au 1 et 4 d'argent, à une ancre de sable en pal ; au 2 et 3 d'azur à trois fasces d'or. Normandie.

Riveau — de sable, à une ancre d'argent ot un chef de môme, chargé de trois têtes de lion de sable bandés d'argent. Poitou.

Du Breuil — d'azur, à l'ancre d"arj,a'nt, au chef cousu de gueules, chajgé de trois étoiles d'or. Marche.

Le Maître — d'argent, à l'ancre de sable, au chef d'or chargé de trois molettes de sable. Orléanais.

Hariague — d'azur, à l'ancre d'argent, au chef cousu de gueules, chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles d'or. Ile de France.

Le Vaillant — d'azur, à une ancre de

navire d'argent, accompagnée en chef de deux molettes d"é[ieions de môme. Ile de France.

Combles — d"azur, à une ancre d'argent en pal, sur une mer du même, accostée du deux étoiles d'or. Normandie.

Vaillant de Guelis — d'azur, à l'ancre d'argent, la trabe de sable surmontée de deux molettes d'or.

Neveu — de gueules, à deux ancres passées en sautoir d'argent. Orléanais.

Lancry — d'or, à trois ancres de sable. Picardie.

ANGE. — Esprit céleste, dont la position ordinaire dans l'écu est d'être de front, les mains jointes et les ailes étendues, les extiémités vers le chef. On en rencontre peu dans les armoiries; ils font plus souvent partie des ornements extérieurs. Ou ne doit pas nommer vol les ailes de l'ange ; on ne se sert du mot vol que pour les oiseaux.

L'Amjellerie — d'azur, à l'ange les ailes abaissées d'argent, tenant de sa main droite une couronne d'épines du môme; au chef de gueules chargé de trois étoiles d'or. Ile de France.

Limien — de sable, à tiois anges d'or. Picardie.

ANGEMNES. — Ce sont des fleurs ou roses à quatre feuilles, non pas roses naturelles, mais roses d'atour ou d'ornement, faites de rubans, de broderie et de i)erli's. Leur nom vient d'inijernina, ingemmare. On les a encore nommées achesmes, d'azimare, coiirer, parce qu'edes servaient particulièrement à la coitfure. On dit encore en picard' ac/ies»!e' pour coille, et le roman dxxChcvalicr du Cygne jiorte :

Quaiil ensi furent achemëes.

Tancarville — de gueules, à un écusson d'argent à la bordure d'angemnes d'or.

AMLLE. — Meuble de l'écu, formé par deux demi-cercles, tournés l'un à dextre, l'autre à senestrc, et liés par deux listels qui laissent un vide carré au centre. L'anille est ainsi nommée d'un fer dont on se servaitautrefois au moyeu des rouesde moulins, pour les fortifier. Elle annonce qu'on a droit de moulin banal.

Vauclerois — d'argent, à l'anille de sable. Champagne.

ArCigoily — d'azur, à l'anille d'argent. Chan)paj;ne.

Jludilicrt — de sable, à l'anille d'argent. Normand. e.

Du Molin — d'argimt , à une anille de sable. Dauphiné.

Trousscuuiille — de sable, à l'anille; du fer di' moulin d'or. Normandie.

Mazitles — de gueules, à l'anille ou fer de moulin d'argent, à la bordure engrélée (lu môinc. Hoiirgog'ie.

' La Luzerne — d'azur, à l'anille ou fer de nioubn d'or, cli.M'gé de cimi cO(iuilles de gueules.

Saint-Cheron ~ d'oi-, au fer de moulin ou anille de sable.

IIERALDIQL'E. ANN 19

Deek — d'or, à une anille d'azur, cantonnée de quatre chardons au naturel. Lorraine.

Remmèle— d'argent, à un fer de mou in de gueules. Ile de France.

Mail — (le gueules, à un fer de moulin d argent. Ile de France et Orléanais.

Saint-Aubin — de sable, à un fer de moulin d'argent à la bande de gueules. Beauvaisis.

Viry — de sable, au fer de moulin i'argent.

Sainte-Flaine—de gueules, au fer de moulin d'argent.

Pinson de la Martinière — d'azur, au fer de moulin d'argent, accompagné do trois canettes d'or.

Baillcul — de gueules, à un fer de moulin d'argent à croisettes au pied tiché d'argent. Noi'mandie.

Moulins — d'argent, à trois anilles de sable. Orléanais.

Geresme — d'azur, à trois anillcs ou fers de moulin d'or. Brie.

Monnier — d'azur, à trois anilles d'argent. Normandie.

Mullinet — d'ai'gent. à trois anilles de sable. Normandie.

Moulins de Rochefort — d'argent, à trois anilles de sable.

Urcvedent — d'argent, à trois anilles de sable, au chef d'azur, et char'gé de trois besants d'or. Normandie.

Coudelte — d'ai'gent, à trois fers de moulin de sable.

La Platicre de Bourdillon — d'argent, au chevron de gueules , accompagné de tr-ois anilles de sable.

ANNEAU, ANNELET . — Meuble de l'écu presque toujour's en nombre et fiéquerrt en armoiries.

Beaurepaire — d'azur, à l'anneau d'or, è la bordure (Jencliée du môme. Champagne.

Maillane — d'azur, à un annelet d'argent, acccimpagné de ti-ois molettes d'éperon d'or. Ile de Fiance.

Virien — de gueules, à trois vires ou annelets d'ai'genl l'un dans l'autre. Dauphiné. Tourniers — de gueules, h trois annelets d'or. Normandie.

Angot — d'azur, à trois ar nelets d'or. Norrrrandie.

Castillan — de gueules, à trois annelets d'argent. Provence.

Préauve' — de sable, à ti'ois annelets d'argent. Bretagne.

Mâcon (V.) — de gueules, à trois annelets d'ar'g(Mit.

Neuvg — de gueules, à trois amielels d'argeirt. Bour-gogne,

Chdlons-sur- Saône (V.) — d'azur, à trois annelets d'or.

Suzanne — de sable, à trois aiuielets d'argent. Lorraine.

Thevale — d'or, h trois annelets de sable. .Maine.

Coelmen — dii gueules, à trois annelets clar-gent. Bi-etagne.

19 AMS DlCTlOiNiNAIRK

La Lance de MornnriÏÏe — d'azur, à trois annelets d'argent. Lorraiiio.

Ferre, ou Ferry de la Grange — de gueules, à trois anneleis d'or. Provence.

Botirgenis — d'azar, à trois aiinelets entrelacés l'un dans l'autre en triangle d'or. Bourgogne.

Badoux — écarlclé , aux 1 et i d azur à trois anneicts d'or, deux et un; aux 2 et 3 d'argent à trois tôtes de loup de sable. Orléanais.

Feydit-— d'azuv, à trois annelets d argent. Auvergne.

Verrières — de gueules , au chef a argent , chargé de trois annelets du champ, accoslés de quatre mouchetures d'hermine. Champa-

Caumont— d'azur, à trois annelets d or, au chef d'argent , chargé de trois mouchetures de sable. Normandie.

Kermarec —de gueules, à cinq annelets d'argent , (rois et deux , au chef d'argent cliargé de trois roses de gueules. Bretagne.

Cfiartogne — do gueules k cinq annea\ix posés en sautoir d'or. Champagne.

Oorne — d'argent, à cinq annelets en sautoir. Lorraine.

VUjneulles — d'azur, à cinq annelets d'argent. Lorraine.

Orne — d'argent h cinq ;umeletsde gueules posés en sautoir. Lorraine.

Chcrdongne — de gueules, à Cinq annelets d'argent mis en sautoir au lambcl de trois pendants de même en chef. Lorraine.

Rampant — de gueules, h cinq annelets poses en sautoir d'argent, au premier quartier d'hermines. Lorraine.

Mora'is — d'or, à six annelets de sable. Normandie.

lllicrs — d'or, à six annelets de gueules. Normandie.

Jiretlion — de gueules, à six annelets d'argent. Normandie.

Lanloup — d'azur , h six annelets d'argent, trois, deux et un. Bretagne.

Marais — d'or, h six annelets de sable.

Bretagne.

Uliers — d'or à six annelets de gueules, trois, deux et un. Orléanais.

Fronville — d'argent, à six annelets de sable. Orléanais.

Vicuxpont — d'argent , k sis annelets de gueules. Ile de France.

Gaiilardbois — d'argent, k six annelets de sable. Ile de Trance.

Uliers — d'or k six annelets de gueules, trois, deux et un. Beauce.

Pnciielay — de gueules, k six annelets d'or, trois, deux et un. Beauce.

Coi:rtinier—d(i gueules, k six annelets d'argent posés trois, deux et un , surmontés de trois fers de lance du même, rangés en chef les pointes en bas. Poitou.

Kermur — de gueules, à six annelets d'argent, trois en chef et trois en pointe ; et trois losanges de môme en f;ice. Bretagne.

Arnac - de gueides, k sept annelets d'or posées 3, 3 et 1, Pdiloii.

HERALDIQUE. ANO 20

Vanolles— d'argent , h sejit annelets de sable, trois, deux et un. Ile de France.

Coattnen — De gueules, k neuf annelets d'argent. Bretagne.

ANOBLISSEMENT. — GrAce et concession du prince, par laquelle on est anobli. Les rois de France, voulant récompenser la fidélité de quelques-uns de leurs sujets et les services qu'ils avaient rendus k l'Etat, résolurent de les admettre dans le corps de la noblesse, et créèrent k cet effet des lettres d'anoblissement.

Philiitpe le Hardi fut le premier qui en accorda; elles sont datées de 1270, et délivrées en faveur de Raoul, i'orfi'vre, qui était l'argentier du roi. Jusqu'au règne de Charles V, les rois de France mirent la plus grande ré serve dans la délivrance des lettres d'anoblissement; mais ce monarque, loin de suivre ce système, accorda les privilèges do la noblesse k beaucoup d'individus, et d'un seul trait k tous les bourgeois de Paris, en 1371, avec faculté do prendre des armoiries. Ces privilèges leur furent confirmés depuis par plusieurs rois ; mais Henri III les restreignit aux seuls prévôts des marchands et aux échevins.

Dans la suite , lo besoin d'argent porta à vendre les lettres d'anoblissement; et Jean, duc de Normandie, fils aîné de Philip[)e de Valois, et son lieutenant, se trouvant au camp d'Aiguillon, en Guyenne, accorda, le 19 avril 1346, le pouvoir d'anoblir, k des comniissaires envoyés dans le Languedoc. Philippe de Valois avait lui-même, par ordonnance du 13 mars 1339, donné un semblable pouvoir k la chambre des comptes , mais pour un temps limité; puis, par d'autres lettres, datées de Moncel-lès-Pont-Sainte-Maxence, le 10 avril 1350, il prolonge ledit pouvoir; et Jean le Bon , par ordonnance du 2G février 1361, accorda k des commissaires, délégués dans les [irovinces , le pouvoir d'anoblir. Charles V, par un mandement délivré le 21 juillel 1308, ordonne que les lettres d'anoblissement soient passées par les gens des comptes, qui fixeront la finance à payer par les impétrants. Voilk donc la noblesse mise k prix d'argent, et un tarif établi pour l'obtenir.

Mais on poussa la chose plus loin : le fisc, toujours avide d'espèces, allajusqu'k contraindredes gens riches k recevoir des lettres d'anoblissement. «Nous en voyons, dit la Boque, qui ont été faits nobles par force , par édits, ayant été choisis comme riches et aisés pour accepter ce privilège, moyennant finance. De ce nombre a été un gros marchand du pays d'Auge, qui fut obligé d'accepter ce privilège , et de payer mille écus de finance, l'an 1577. J'en ai vu les contraintes entre les mains de son fils. » Après que des gens avaient payé pour les lettres de noblesse, on les menaçait encore d'annuler leurs anoblissements, s'ils ne payaient nouvelle finance ; et, de Ik, toutes les taxes et les recherches ({u'on a si souvent ordonnées sur le corps do la noblesse.

Arso

DICTIO.NN.MUE HERALDIQUE.

ANO

Pour reinédior à ce cîf^sordrc, Henri IV, Louis XIII et Louis X!V révoquèrent suc- 'cssivpm"nt , par des édits ou déclarations Je 1598, janvier ICSi , novembre i6V0, juin IG'i3,août l()i7, août et septembre 1664-, anvier 166", août 1715, les anoblissements iccordés moyennant finance ou autrement , lepuis les époques fixées dans ces mômes ■dits ou d:'ilar,ilio-is ; toutefois ce dernier )rince se réserva de donner des lettres do ;onfirmation à ceux qui , pour des services lignaiés dans les armées et dans d'autres em- )lois importants, avaient été anoblis. Il est i remarquer que, lors de la recherche de 1666, ous les anoblis d i règne d'Heru-i IV furent Maintenus , mal.^ré son édit de lo98 : on ne upposait pas que ce prince eût pu décerner ans motif un titre aussi glorieux, qui n'auait jamais dû être que le prix de la vertu , ) i la récompense de services rendus. Louis i\, par un édit du mois d'avril 1771, enre- ;istré au parlement le 26 juillet de la mémo muée, confirma tous les anoblissements ac- ■ordés depuis le premierjanvier 1713, à coiilition qu'il serait payé , par chai]ue im]iérant, une taxe do six mille livres et les deux DUS pour livre

Ainsi les anoblissements, au lieu d'avoir ;téune source salutaire pource corps, « en qui ;onsiste, disait Henri III, la principale force le la couronne, » n'ont été très-souvent qu'un noyen abusif, d'autant plus préjudiciable à 'El'at,que la noblesse jouissait alors de pri- 'iléges pécuniaues très-considérables. Les lerniers édits portant création de lettres de loblesse moyennant finance sont de jan- 'ier 1368, juin 1576, mars 169G , mai 702, et décembre 17)1. Quant aux recher- ;hes ordonnées contre les usurpateurs de la loblesse, elles furent confiées k des traitants, lommes pour la plupart cui)ides et rapaces, jui inquiétèrent le corps entier de la no- )lesse , pour avoir un i)rétexte plus plausi- )le d'en obtenir de l'argent; de sorte ipie, lans cette confusion et ce bouleversement , m a vu, d'une part , d'anciens gentilshommes axés, et, de l'autre, des particuliers non iio- )les, mais riches, maintenus dans les titres ;t privilèges de noblesse qu'ils avaient osé isurper.

Pour faire cesser ce scandale public , le •oi, par un arrêt de son conseil du premier uin 1665, fit surseoir à la recherche (le la ;iol)lesse, sous peine de trois mille livies i'amende contre les contrevenants. Mais les choses étaient [)ortées à un tel point , (pi'il [louvait devenir dangereux de trop prolo if^er C' tle surséance, ([ui , en effet, fut levée l'année suivante |)ar le fameux arrêt du con- S' il du 22 mars 1666. La recherche ordonnée par ce dernier acte de la puissance royale fut, k l'instigation de Colberl, la plus rigoureuse de toutes : les intendants et commissaires départis dans les provinces en furent exclusivement chargés, avec jwuvoir de ju- ^er définitivement, en laissant toutefois aux condamnés la faculté de se i)ourvoirau conseil d'Etat, dans les six mois de la signili'.'a-

tion des jugements de condamnation. Cette recherche. sus|)endue en 167i, à cause des guerres, fut reprise en 1696, avec moins de sévérité, et cessa entièrement en 1727. Bien avant ces recherches générales , c'est-à-dire dans les xv' et xvr siècles, il y avait eu en Bretagne, en Artois, et dans plusieurs autres provinces de France . des réformations de la noblesse.

Pendant le cours des recherches, les commissaires se trouvèrent arrêtés à l'égard des gentilshommes dont les anciens titres ouïes titres |>rimordiauxde noblesse étaient adirés ou n'existaient jilus ; il fut dé-idé, par arrêt du conseil du 19 mars 1667, que ceux qui avaient porté les titres de chevalier et d'écuyer définis l'.G!), avec possession de fiefs , emplois et servici-s , et sans aucune trace do roture avant ladite année 1360, seraient nobles de race , et , comme tels , maintenus. Quant à ceux dont les fifres n'étaient accompagnés ni do fiefs ni de services, les commissaires cxigèrcnf de leur part une preuve de deux cents ans de qualifications; ce qui, par conséquent , faisait remonter la preuve à li67, et toujours sans aucune trace de roture antérieure k cette dernière époque. Mais la déclaration du roi du 16 janvier 171'i., enregistrée k la cour des aides le 30 du même mois, limita la preuve à cent années, k compter du 30 janvier 161V.

On a prétendu que cette preuve centenaire avait donné lieu k de nombreux abus.

DIFFÉRENTES SORTES d' ANOBLISSEMENTS.

Anoblissement par inféodalion ou de franc f)rf. La nol)lesse inféodée iai établie par saint Louis. Beaucoup de seigneurs , pour sufllre aux dépenses des croisades , firent des emprunts considérables , i)ar suite desquels ils furent forcés, pour se libérer, de vendre une portion de leurs terres nobles aux personnes qui n'étaient pas nobles. Il y a une ordonnance de saint Louis, de l'année 125V, qui accorde un délai aux croisés pour payer leurs dettes. Ce monarque, en rendant les non-nobles capables do posséder des flefs moyennant une taxe ou finance, qu'on appela depuis droit de franc-fief, et les éii-vant ainsi au rang de la noblesse, crut devoir retirer du moins quelque avantage de leur ambition. La noblesse s'ac(piérait par la possession d'un fief à tierce f.ii, c'est-à-dire qu'un nonnoble acquérant ui fief, ses descendants étaient considérés comme nobles au troisième hommage du (ief , et partageaient noblement ce fief k la troisième génération (ordonnance de 1270) ; mais ce n'a été que sous Pliilippc le Bel qu'on a réellement commencé à percevoir ce droit.

C'tist par cette institution, dont l'objet avait été, dans le principe, de soutenir le corps de la noblesse , mais qui dégénéra jjIus tanl en abus , ain«i que les anoblissements par lettres dont il a été parlé , que tant de familles sont sorties de la roture, surtout depuis la fameuse ciiaite de Louis XI, du mois d(! novembre 1V70 , contenant règlements pour les francs-liv'fs en Normandie, qt ano-

ANO

blissement général de tous ceux qui y possédaient des tiefs. Cette sorte d anoblissement, qui forma longtemps le droit commun du royaume, l'ut abolie par l'article 258 de l'ordonnance de Henri III , dite ordonnance de Blois, donnée au mois de mai 1579.

Anoblissement par les armes, on noblesse militaire. Dix années consécutives de service militaire sullisaient , dans le xvi' siècle , pour faire jouir les non-nobles des exemptions réservées aux nobles, ainsi que le porte un arrêt de la cour des aides de Pans, rendu le 17 juillet 1383, sur l'édit de Henri III, du mois de mars de la même année. Mais les discordes intestines donnèrent lieu à une infinité d'usurpations de la qualité de noble: parmi le très-grand nombre d'individus de toute sorte de professions qui avaient accidenteilemeit pris les armes pendant les troubles, il y ei eut beaucoup qui se jetèrent dans l'armée, et notamment dans les compagnies d'ordonnance , où l'on ne recevait habituellement que des gentilshommes , afin de se procurer, après un service souvent de très-courte durée, des certificats à la faveur desquels ils jouissaient de ces privilèges ou exemptions.

Henri IV, voulant réprimer un abus aussi préjudiciable aux intérêts de ses peuples , dont il était réellement le père, déclara, par l'article 27 de son édit du mois de mars 1600, que ceux-là seuls qui justifieraient vingt années dy service militaire, soit dans le grade de' capitaine, soit dans celui de lieutenant ou d'enseigne, jouiraient des exemptions des nobles, tant qu'ils resteraient sous les drapeaux; et qu'après ces vingt années ils pourraient , par lettres vérifiées à la cour des aides, être dispensés du service militaire, et jouir des mêmes exemptions leur vie durant, en signe de reconnaissance de leur vertu et de leur mérite. Cette nolilesse personnelle devenait héréditaire dans la descendance de ceux qui, de père en fils, et pendant trois générations consécutives , avaient porté les armes; c'est ce qui résulte des dispositions de l'article 25 du môme édit.

Ainsi c'était un principe consacré par une jurisprudence constante, que, pour mériter le titre de noble, il fallait vivre noblement, et être issu d'un père et d'un aieul qui eussent fait profession des armes ou exercé des charges honorables. Mais ce principe môme ne put résister à la cupidité des traitants : ils obtinrent, à force d'importunités , divers arrêts qui détruisirent totalement cet ancien et salutaire usage , qui n'agrégeait au corps de la noblesse que des hommes réellement dignes d'en faire partie par leurs vertus, leurs lumières et leurs belles actions.

La noblesse graduelle, ainsi détruite, fut solennellement rétablie au milieu du xviir siècle, mais en faveur de l'armée seulement. Louis XV, voulant récompenser un grand nombre de glorieux exploits dont il avait été témoin pendant la guerre, créa, à cet effet, une noblesse militaire, par édit du mois de novembre 1750.

En voici les principales dispositions :

HERALDIQUE. ANO 21

Art. II. Tous officiers généraux non nobles, actuellement au service, seroit et demeureront anoblis avec toute leur postérité née et à naîlre en légitime mariage.

III. Veut Sa Majesté, qu'à l'avenir le grade d'ofiicier-général confère la noblesse de droit h ceux qui y parviendront, à toute leur postérité légitime , lors née et à naître, et jouiront lesdits officiers-généraux de tous les droits de la noblesse , à com[iter du jour et de la date de leurs lettres et brevets.

IV. Tout officier non noble, d'un grade inférieur à celui de maréchal-de-camp , qui aura été créé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis , et qui se retirera ajirès trente ans de services non interrompus , dont il aura passé vingt ans dans la commission de capitaine, jouira , sa vie durant, de l'exemption de la taille.

V. L'officier dont le père aura été exempt de la taille, en exécution de l'article précédent, s'il veut jouir de la môme exemption en quittant le service du roi, sera obligé de remplir auparavant toutes les conditions prescrites par l'art, k.

VI. Sa Majesté réduit les vingt années de commission de capitaine, ci-dessus exigées , à dix-huit ans, pour ceux qui auront eu la commission de lii'utenant-colonel; à seize, pour ceux qui auront eu celle de colonel; et quatorze, ])Our ceux qui auront eu le grade de brigadier.

VII. Pour que les officiers non nobles qui auront accompli leur temps de service puissent justifier qu'ils ont acquis l'exemption de la taille, accordée par les articles k et 5, veut Sa Majesté que le secrétaire d'Iitat chargé du département de la guerre leur donne un certificat portant iju'ils l'ont servie le temps prescrit par les articles h et 6, en tel corjis et dans tel grade.

VIII. Les officiers devenus capitaines et chevaliers de l'ordre de Saint-Louis, que leurs blessures mettront hors d'état de continuer leurs services, demeureront dispensés de droit du temps qui en restera lors à courir; veut, en ce cas, Sa Majesté que le certificat mentionné en l'article précédent spécifie la qualité des blessures desdits officiers, les occasions de guerre dans lesquelles ils les ont reçues, et la nécessité dans laquelle ils se trouvent de se retirer.

IX. Ceux qui mourront au service du roi, après être parvenus au grade de capitaine, mais sans avoir rempli les autres conditions iin[iosées par les art. k et 6, seront censés les avoir accomplies ; et s'ils laissent des fils légitimes qui soient au service de Sa Majesté, ou qui s'y destinent, il leur sera donné par le secrétaire d'Etat chargé du département de la guerre, un certificat portant que leur père la servait au jour de sa mort, dans tel cjrps et dans tel grade.

X. Tout ofiicier né en légitime mariage, dont le père et l'aïeul auront acquis l'exemption de la taille, en exécution des articles cidessus, sera noble de droit, après toutefois qu'il aura été par Sa Majesté créé chevalierde l'ordre de Saint-Louis, qu'il l'aura servie le

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