‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 64 sur 236 · CI\Y · texte numérisé non relu

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avons un en la Chronique de Louis, duc de Bourlwn , cliap. 50 , par lequel nous apprenons que ce prince fut reconnu à son cr.y de guerre, au siège de Verneuii , oii il comb.ittit dans la mine contre celuy qui défendoit la place. «Leduc lit armes le premier con'TO « l'escuyer du cliastel, lequel on clamoit Re- « naud 'de Montferrand; tous deux firent à « poussés de leurs épées cinq coups l'un à « l'autre, et entre deux orent aucuns qui ne « se purent tenir de dire : Bourbon! Bour- « bon!Nostre-Dame! Dont celuy escuyerUe- « naud de Montferrand fui moult ébahy, et « serccula et dit: Et comment, Messeigneurs, « c'est Monsieur le duc de Bourbon? — « Ouy, certes , dit le borgne de Veausse , «. c'est-il en personne. — Lors, dit Renaud « de Montferrand, je dois bien louer Dieu, « quand il m'a aujourd'hui fait tant de gri- « ces et d'honneur d'avoir fait armes avec « un si vaillant prince. Et vous, borgne de « Veausse , dites-luy que je lui requiers « qu'il luy plaise qu'en cette honorable place « où il est , il me fasse chevalier de sa fl main , car je ne le puis être plus honora- « biement; et pour l'honneur et vaillance de « luy, je suis prest h luy rendre la place.» « Et de cecy parla le borgne au duc de Bour- « bon , qui" regai'da que toutes ces choses « estoient à son très grand honneur, disant « qu'il estoit bien content ; mais que Mont- « ferrand lui apporta ses clefs au pertuis de « sa mine. Si luy accorda Montferrand, (lui « à les luy bailla , et les clefs rendues, illec « mesme le fit chevalier le duc. »

A la surprise de l'abbaye près Périgort, par Bertrand du Guesclin', Galer, un frère du comte Yonas : Perregot Dieu aye aujourd'hui/. Et ceux du dehors crioient : Montjoie Saint-Denit. {Vie de Guesclin, chap. h3.) Et sur l'embusclio que le Barroisdcs Barres dressa aux Anglais en la montagne d'Espiiiette, près de la Goulongne , Froissart dit : « Quand ils furent là embattus , messire le Barrois des Barres et les chevaliers et escuyers françois, qui ont embusche sur le pas les attendoient, leur saillirent au deuant, en criant : Les Barres aux Barrois. (Vol. III , chap. 32.)

Les crys les plus ordinaires estoient ceux des noms des princes, chevaliers et seigneurs bannerets qui conduisoient les troupes. En Bretagne, Chasleau-Briant, Malestroit, Rais ot le comte de l'Isle crioient leurs noms. En la comté de Flandres , Guistelle , Haves- • luerque, Rassenghien , Rodes , Raraequen , crioient leurs noms. Éa la comté de Rayiiaut, Enghien, Ligne, Hamey de Barbanson, Berlaimont, Vallincourt, Silly , Boussois , Montigny, Estropy, crioi'mt leurs noms. Eu la comté de Beauvais , Mailly , Rubempré et Gaucourt crioient leurs noms. En Bourgogne, Charny , Vergy, Beauffremont , Merlo , l'ontallier crioient "leurs noms. En la comté de Ponthieu, Gamaches et Lignières crioient leurs noms. En Champagne, Rethel, Chatillon , de Noyers , Bury, crioient leurs noms. En Ici comté de Namu'r, Moncornet , Viliers, Monigardin, Hémericourt , Selles , de Ville,

HERALDIQUE. CR\ S'U

Guyans, Varonca crioient leurs noms. En la duché de Brabant, Dorbais , Grimbergue , Binch, Wallainse crioient leurs noms; enfin, les maisons d'Ailly, Créquy, Tanques, Mailly, Savcuses, Aspremont, Lynden, Bournonville, Amboise, la Baume, Groléo, Lusignan, Limbour, Joinville, Bi'thune, Rochechouart, Varax, Brosse, Lannoy, Mauny , Beaumont, Saucourt, Hangest, Ranty, Raineval, et grand nombre d'autres, ont crié leurs noms.

Quelques-uns ont crié les noms des maisons dont ils estoient sortis, quoy qu'ils eussent d'autres noms. Ainsi, les anciens seigneurs et chastellains de l'Isle en Flandre portoient de gueules au chef d'or , et crioient : Frayes, Phalcmpin, à cause qu'ils estoient issus des anciens seigneurs et barons de Phalempin en la rnesmo comté , qui portoient mesmes armes. Hérnericourt, en son Miroir des nobles de Ilasbaye , dit que les maisons de Surreal et d'Auryt , sortis d'un seigneur de Dammartin , ayant pris diverses armoiries et divers noms , retinrent le cry de Vammartin. « Vorent qu'ils criassent Àndois, Dammar- « tin , et ilh le fissent volonliers pour le « reuerenche de noble sant dont ly dis mess. « Resses étoit estrais.»

De môme ceux de Jars crioient Bochcchevart, et ceux d'Olfremont, Aumont. Le comte de Saint-Paul, Lesignem , le sire de Moiiy, Saucourt, Lens, crioient Gaure; Haurecq e' Braine crioient Enghiem ; Longuoville crioil Ilenaut, et portoit de sable semé de billettes d'or, au lion de mesme; Mastain et Raudoul crioient Jauce ; Aimerys crioit Ligne ; Harves et Antoing crioient Bury; Ville crioi' Estrepy.

J'ai trouvé dans un manuscript à Arraf qu'en Lorraine toutes les croix crioient Priny; toutes les bandes, à couvert; tous lesauie.'Uix, Loupy ; qu'en Haiiiaul , ton.' ceux (jui portent croissants crient Tricq; tous les chevrons crii.ienl Machicourl , et toutes les coquilles crient Le Bas. Berry le Héraut dit que tous ceux de Picardie, qui portent fretté, crient Saucourt ; tous ceux qui portent les croix rouges crient Hangest ; ceux qui portent les maillets crient Mailly.

Ce n'est donc pas un argument infaillible, d'une mesme maison, d'avoir inesmes iiièces en armoiries et mesme cry, puis(iue souvent c'a été i)Our empescher la confusion qu'on a réduit de cette sorte à une espèce de cry ceux dont les armoiries pouvoient avoir quelque rapport , de peur qu'il n'arrivast la mesme cbose qu'au comte de Mous, dont l'autheur des Trophées de Brabant dit « qu'ayant fait paroistre son courage en une bataille oîJ il auoit auec luy les bannières deGrimberges, Perweys, Enghien et autres, voyant le désordre des siens, il fut contraint de se sauver à Vilnorde, où il mena plusieurs prisonniers par un accident remarquable. Car , comme sa bannière et estendard estoient blasonnés des armes de Juliers d"or, au lion de sable, plusieurs Flamands, par la confusion que d'ordinaire il y a aux batailles, se rangèrent sous son escadron, cuidans bien s'csire joints à la bannière de leur comte, la-

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