‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 65 sur 236 · CUY · texte numérisé non relu

CUY

(|ut>lle estoit annoyée du mesme blason, mais ils frC trouiièreiit louriicriK'nt trompez. » (Lil). IV, pag. 470.) Je ne doute point ((ue ce ne lust pour éviter pareille coiifusion que l'on ordonna que ceux qui auroicnt des armoiries approchantes criassent mesme nom, (Jour se rallier sans désordre.

Plusieurs ont crié les noms de certaines villes , parce (pi'ils (mi avoient la bannière. I.cs seigneurs de Coye^lien crioieiit Cour- Irai/ : les sieurs de i'rie , de Pequeny, de Dolhaim , de Saulieu , de Miromont , ciioienl Hoiilogne; le comte de Vendosme crioit Chartres ; le sieur de Mortagne et le cliastelain de Nivelles crioient Tournay , aussi bien que le sieur de Blanqueinaille.

Les princes et seigneurs ont crié leurs noms, ou ceux de leurs villes principales, avi'c une espèce d'éloges ou de termes qui désignoient leurs (]ualilés. Ainsi le comte de Hainaut crioit Uninaut au noble comte; le duc d.' Ciuiciuie, lîuicnne au puissant duc; le duc de Brabant , Louuain au riche duc ; les ducs de Milan, Milan au vaillant duc; riiilippe, duc de Bourgogne, au rapport de Berry le Héraut, Chastillon au noble duc ; le roi d'Arménie, Ermerie au noble roi; le sieur i!« Bousies, liousies au bon cheualier.

La seconde manière de cry esloit celui d'invocation. Le duc de Bourgogne crioit Aoslre-Dame de Bourgogne. Olivier de la Marche, au chap. 12 : « Le cry commence par les écheleurs, qui crioient Nostre-Dame, ville gagnée, liouryognc, Bourgogne , chacun qui mieux ; le comte de Limoges, Saint Liénnrd ; le duc d'Anjou, Saint Maurice ; la maison de Vienne en Bourgogne , Saint (ieorge au puissant duc ; les ducs de Bourbon , Nostre-Dame, Bourbon, Bourbon ; \t's ducs de Normandie, Diex âge. Dam Diex (ige , c'cst-îi-dire , Dieu nous aide , non pas Dieu et Nostre-Damt," nous aide , comme le ;end Vulson la Colombière ; les seigneurs d(! .Montmorency, Dieu aide, à quoy on a adjousté de[)uis , Dieu aide au premier chrestien ; ceux de I-evy, Dieu aide au second chrestien ; b's .seigneurs de Haesbrouck en Flandres , IDlp (iod Haesbrouck , Dieu aide Haesbrouck. Dieu aide était un cry des plus (•i»mnnins. En la Vif de Bertrand du Guesciin, il dit, chnp. 40 : « Bcrtran y survint, et ceux de sa bataille, (jui crioient Guesctin; et (juand li^ bègue l'oye si se confesta, et cria: Villaines, Dieu ayc. »

La troisième esjièce est des crys de résolution, comme celuy (lue prirent les croisés pour bi co'iqiic.'5t(; de la terre sainte, du liin|is d'L'rbaui H et de (îodet'roy dr Bouilliin. Dieu le veut. Dieu le veut. Billipotens llodinondus , gui eral in obsidione Malji Sra firdi pontis , audiens venisse innumirabiti m grntem chrislinnurum de Francis, iturnin ad Domini scpHlcram , et jiaratum ad prœlium contra genirm paijanorum , ccrpit diligrnter ingnirere gud' arma pugnandi hwc gens déférât , et guam oslensionem t'hristi in via portel, V(l guod signum in certamine sonet. fui prr ordinem hwc dicta sunt : Déferre arma ad bcllum conijrua. In dcxlra tel intcr

utrasgue scapulas CItristi crucein hajulant, signum vro, Deus le volt, I)eus le volt, una voce conclamant. Je crois qu'il faudrait lire Diex le volt , et que cet autheur, qui paroist Italien par l'atlection qu'il n pour Bohéniond, et par quantité de termes latins corronqius, qui ont du ra|)port à la langue italienne, n'a pas retenu ce terme de Diex, qui signilioit Dieu en vieux langage frauçois.

La quatrième es[)èce est des crys d'exhort ition, connue dans le vieux roman de Mel- I usine, il est dit : « .\ donc le loy l'ut vaillant homme , et cria à haute voix : Ansay I Ansay! avant barons! Seigneurs, ne vous ébaissez point , car la journée est nostre. » Kt au chap. 40 de la Vie de Bertrand du (jnesdin : « D'un costé et d'autre, Bertrand crioit : Guesclin! à sa voix qu il ot grand; et le iiegue de Villaines, qui enferrant disoit : Or, avant, mes compagnons! »

Le cry de l'Empereui- est, selon un ancien manuscript, à dextre et à senestre, exhortant ses gens de frap[)er à droite et à gauche. « L'Empereur des Uoniains et des Allemagnes, dit ce manuscript, d'or à une aigle do sable, nietnbrée et couronnée de gueules, et crie, A dextre et à senestre. »

Cramailles crioit Au guet, et Gcnlis, Au guet, au guet, selon Berry de l'Héraut.

Les comtes de Champagne, de Chartres et de Sanccrre crioient Passavant. Ce n'esloii pas un cry de detfy, comme a dit le P. Monet en VÔrigine des armes, jiar. 31, quand il dit : « Crièrent les vieux comtes de Chartres, de Chanqiagne , s'avan(;ant sur les premiers rangs, et déliant le plus courageux et le plus vaillant des ennemis à venir faire des armes avec eux , à la veiie des deux armées. Passavant n'a jamais signifié, en français, l'Jen avant.

C'estoit un cry d'exhortation aui plus braves de leurs soldats. Aussi crioient-ils souvent. Passavant li meillor , dont Thibaut IV, comte de Cham|iagne, lit la légende de son conlrescel. Quei(|uefois ils ont crié Passavant la Tliibaud, joignant leur nom iiropreh leur cry. Le manuscri|it de Beiry le Hérault dit de Jean Bucil comte de Sancerre, maréchal de France : « Le tymbre de comte de Sancerre, est la teste d'un roy à grands cheveux et à grande barbe, et crie Passavant. » Ceux de Vaudenay, au brut, aubruC. Charles VII, à la bataille de F'ornoui', cria au seigneur de Moiitoisou, de ia maison do Clermont en Daiiphiné, qui connnandoit l'arrière garde françoise , à la rescousse, MoHtoifOR. lil ce brave seigneur chargea si brusquement l'ennemi et le poussa si vig(juieusemetil, (jue la victoire et le cham|i do bataille demeurèrent au roy, tpii [lour laisser un mo-uinicnl d'une si belle action à la posiérité dt! ce si'igneur, voulut (pi'il jiril pour devise per|)étuelle des arumiries dt' sa maison, ce cry de guerre, ri la rescousse, Monloison, (lui est écrit en leltns d'or en jilusieurs endr(jils du château de .Montoison, proche Valenct! en Dauphiné. Ce seigneur était Philibert de (>le''mont, de Montoison, qui fut grand chambellan des roys Char-

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