PRE D1CT10NNA1KK
Jaqueron — d'azur, è la fasce de pourpre, chargée d'un croissant d'argent et accompagnée de trois roses de môme. Bourgogne.
Gast — de pourpre, à deux fasces d'azur. Forez.
Saint-Léger — de pourpre , semé de deux fleurs de lis d'or, à la bande de gueules.
PREUVES. L'usage des preuves de noblesse parait avoir commencé à l'occasiou des touruois. On en a demandé ensuite pour l'admission dans les églises, chapitres, collèges, communautés, compagnies , et ordres réguliers et militaires, où l'on ne recevait que des nobles, et pour l'entrée aux Etats des provinces. La forme de ces preuves a varié suivant les temps et les lieux. On l'a appelée testimoniale quand elle a été faite par des témoins jurés, et littérale quand elle a été constatée par des titres et documents.
L'étendue de la preuve se mesure, ou par le nombre des générations, ou par celui des siècles, ou enfin par l'intervalle compris entre le temps où elle est faite, et l'époque fixe qui en est le terme. Dans le premier cas, on pourrait l'appeler graduelle, dans le second, séculaire, et dans le troisième, dative.
De la première espèce sont celles que l'on exigeait pour l'admission dans les ordres du roi, dans celui de Saint-Lazare, dans plusieurs chapitres nobles, dans les places de lieutenants des maréchaux de France, et d'élèves des écoles militaires , et celles qu'on faisait pour l'entrée au service de terre et de mer.
Les preuves que faisaient les chanoinesses de divers chapitres, et les demoiselles des maisons royales de Saint-Cyr et de l'Eufant-Jésus, sont de la seconde espèce.
Les preuves qui étaient exigées pour obtenir les honneurs de la cour, les places de nages chez le roi et les princes, appartenaient a la troisième espèce.
Le nombre des degrés était fixé à quatre pour l'admission dans l'ordre du Saint-Esprit, de môme que pour être agréé au service, aux places d'élèves des écoles royales militaires, et à celles de lieutenant des maréchaux de France. Il eu fallait prouver neuf d'une nobJes*^ ancienne, et sans principe connu, pour l'adnifssion de l'ordre do Saint- Lazare.
Les preuves des sous-lieutenants des gardes du corps devaient être remontées à 1 année 1400 sans anoblissement connu; celles qu'étaient tenus de faire les pages remontaient à l'année 1550, également sans principe connu. Il fallait établir une preuve de possession de noblesse de 140 ans, pour être admis dans la maison royale de Saint- Cyr; il était nécessaire qu'elle fût de 200 aus, pour avoir entrée dans la maison de l'Enfant-Jésus.
Les honneurs de la cour n'étaient accordés généralement qu'à ceux qui pouvaient établir une possession de noblesse non interrompue, depuis l'aunée 1400, sans anoblissement.
On a considéré deux choses dans les prouves, la filiation et la noblesse. La filia-
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lion se justifie par la production de titres authentiques, qui expriment la liaison de chacun des degrés de la généalogie entre eux, tels que les extraits de baptême ou de sépulture, les actes de partage, les contrats de mariage et les testaments. La noblesse se justifie par la représentation des titres, qui sont, ou primordiaux, ou constitutifs, ou confirmatifs de la qualité, ou simplement cirtls et portant qualification.
Les titres primordiaux sont, à l'égard des familles anoblies, comme les lettres-patentes d'anoblissement , ou comme les provisions décharges attributives de noblesse.
Les litres constitutifs sont , pour les gentilshommes de la province de Bretagne, h s partages faits suivant l'assise du comte Geoffroi, et le gouvernement noble et avantageux, et en général pour ceux de toutes les provinces du royaume, les certificats de service dans l'arrière-ban, de séance dans l'ordre de la noblesse aux tenues des Etats, et d'exemption des taxes qui se lèvent sur les roturiers; enfin les actes de foi et hommages rendus à la manière des nobles, ou les reprises de fiefs.
Les titres confirmatifs sont, à l'égard des familles de Bretagne, ceux qui prouvent qu'elles ont été comprises dans les réformations de la noblesse faites dans les xv, xvr et xvir siècles. A l'égard des nobles de la province de Normandie, ces titres sont ceux qui apprennent qu'ils ont été maintenus lors do la recherche des faux nobles, faite en 1463 par Rémond Monfauf, et en 15U8 et 1599 par M. de Boissy. A l'égard de la province du Dauphiné, les extraits des révisions de Jeux qui ont eu lieu, pendant les xiv', xv*, xvi' et xviie siècles; et enfin pour tous les gentilshommes du royaume, les ar rêts, soit du conseil d'Etat, soit des commissaires généraux du conseil, et les jugements des commissaires départis dans les généralités du royaume, pour la recherche des usurpateurs de noblesse , commencée en 1GG6, interrompue en 1074, et continuée en 1090, et années suivantes, qui ont maintenu leurs aïeux dans la possession de leur état.
Les actes civils, et portant qualification, sont les créations de tutelle et de curatelle, les garde-nobles, les partages, les transactions, les hommages, les aveux et dénombrements de fiefs, les ventes, les échanges, les contrats de mariage , les testaments, les inventaires après décès, etc.
Le caractère des qualifications nobles se tin; de l'usage des provinces. La qualité" de chevalier et d'écuyer est entièrement caractéristique de noblesse, dans tout le royaume; celle de noble dans les provinces de Flandres, Hainaut, Artois, Franche-Comté, Lyonnais, Chesle, Bugey, Dauphiné, Provence, Languedoc et Roussillon, et dans l'étendue des parlements de Toulouse, Bordeaux et Pau ; celle de noble homme, en Noi uoandio seulement.
Pour donner une base quelconque à la
firouve de uoblesse, on exige donc, suivaut a nature et l'étendue de la preuve requise,
IflJA
HERALDIQUE. tjUA 610
pour les familles nobles d'ancienne extrac- l«s actes de 50 on 50 ans, par la façon du
tion, un titre coofinuatif de l'espèce de ceux |*rchemin, qui était anciennement plus fort
que je viens de désigner; et pour ceux dont et plus épais qu'il ne Test aujourd'hui, et
les pères auraient été anoblis, le titre prinior- par lamarquo du papier qui n'a pas toujours
diu I de leur qualité. été la même.
A défaut de l'un de ce» deux titres, il est La malpropreté affectée des contrats, l'ap-
d'usage de remonter la preuve à l'année plication des sceaux que l'on tire d'un acte
1560, parce que, dans la recherche des faux vrai, pour les attacher à des actes plus ou
nobles, fbilo dans le siècle dernier, le terme moins récemment fabriqués, les contradic-
de la prenvo centenaire requise était fixé è tions qui s'y trouvent à l'égard des temps,
cette époque, et il est certain qu'alors chu- des lieux et des personnes, sont autant d'm-
cut» restant davantage dans les bornes de sa dices de supposition qui tombent facilement
condition , les usurpations n'étaient pas de- sous les sens, quand l'attention cl l'impartia-
venues encore aussi fréquentes : quand au lité se trouvent jointes.
Heu de joindre à la production le titre cou- On prétend que les généalogies n'ont com-
firmatif de sa qualité, il a été vérifié au « on- mence à être en usage que vers l'an 1600;
traire que la famille a été déclarée usurpa- auparavant on faisait les preuves de noblesse
triée dans les recherches des faux nobles, on par enquête.
n'a nul égard à la possession qu'elle aurait En Allemagne et dans presque tout le Nord,
continuée après le jugement de sa oondara- où la multiplicité des chapitres nobles a
nation ; il ne lui reste alors d'antre moyen, rendu la noblesse attentive à ne se point més-
pour s'en relever, que de se pourvoir au allier, les preuves se sont faites par de si m-
eonseil, et de remplir les conditions de la pies quartiers, qui sont de 16, 32, et 64, sui-
mètne preuve qu'était teuu do faire l'auteur vant que l'exigent les statuts de chaque cha-
Sji aurait été condamné. La preuve devient ors une preuve toute do riguour; c'est ce que l'on appelle preuve de nobleac en matière contentieux-. L'on comprend en général, sous eette dénomination, toutes les preuves faites par les familles pour être reconnues, maintenues, rétablies, réhabilitées dans leur noblesse.
Les preuves se faisaient par titres. Ces titres devaient être originaux. On n'admettait aucunes copies collalionnées, de quelques formalités qu'elles fussent revêtues.
On nomme actes originaux, savoir : pour
pitre.
En Anglelerre, en Irlande et en Ecosse, la noblesse se prouve par des tables généalogiques, dans lesquelles sont cités les monuments qui servent de preuves, et les générations autorisées des dates de l'existence des
Grsonnes qui les forment. Ces tables généajiques , dressées par les rois d'armes de ces royaumes, sont certifiées par six ou huit gentilshommes des cantons et provinces, où la famille est domiciliée.
En Espagne, en Italie, en France, les preuves de noblesse sontde l'espèce de celles que
passés devant notaire, les premières J'on appelle littérales, c'est-à-dire qu'elles so
grosses délivrées sur les minutes par ceux mêmes qui les ont reçues; et pour les procès-verbaux de prouves de noblesse, les arrêts et jugements de noblesse, les lettres, commissions et brevets dégrades militaires, nominations et réceptions dans l'ordre de Saint-Louis, brevets et lettres de pension, et provisions des charges, les expéditions déli-
font par des titres de famille ; ce sont les plus sûrs et les plus authentiques.
PUITS. — Meuble qui entre en quelques écus. On dit maçonné des joints des pierres d'un puits, lorsqu'ils sont d'émail différent.
Jossier de la Jonchêre — de gueules, au puits d'argent, accosté de deux lézards af-
vrées par les greffiers et autres personnes" trootés du mêrae' ayanl la tôte en baS- 1,6 de
m-kuJL— x <... i-i f.—jL ... i- France.
Itanchin d'Amatry —d'azur, à la fasco d'or,
publiques à ce préposés. Chaque degré de la généalogie doit être établi par trois actes pour le xviir siècle , le xvn* et le xvi% et par deux seulement pour les siècles antérieurs.
Quand les preuves de noblesse sont parfaitement conformes à ce que je viens de dire, il n'existe qu'un seul moyen de les contester, qui est de démontrer la fausseté des titres produits. La fabrication des actes représentés se décèle bientôt, avec un peu d'attention, aux yeux d'un homme réellement exercé dans l'étude de la diplomatique,
accompagnée en chef detroisétoilesdu môme, et en pointe d'un puits d'argent, maçonné do sable. Languedoc.
PYRAMIDE. — Meuble qui entre en quelques écus.
Thiéry — d'azur, à la pyramide d'or; au chef cousu de guoules, chargé de trois étoiles d'argent. Paris.
Le Vacher — d'azur, à la fasce d'or, chargée de trois rencontres de vache de gueules, et accompagnée en chef de deux étoiles du r des vices dans le style, l'orthographe et second émail, et en pointe d'une pyramide caractère d'écriture , qui changent dans de sable, mouvante du bas de l'écu.
QOARTEFETJILLE.— Fleur idéale a quatre être des roses simples ; mais elle en difttTo fouilles, que quelques modernes ont cru en ce qu'elle n'est ni boutonnée ni pointée.
*GJ| QIIA DICTIONNAIRE
Poges du Saix — de gOïutcs, à six quartcfoùilles d'argent. Bresse.
Phchjpeaux — d'azur, semé de quartefeuilles d'or, au franc-canton d'hermine. Ile de France,
Louvet — do gueules , à trois pals cousus de gueules ; le tout semé de quartefeuilles d'argent.
QUARTIER ou ECART. —Quatrième partie de l'écu lorsqu'il est écartelé.
On nomme aussi quartiers, les divisions d'un écu en plus grand nombre de parties carrées égales entre elles; il y a même des écus divisés en seize, en trente-deux quartiers. Les quartiers du haut sont blasonnés los premiers, ensuite les quartiers du dessous, puis on finit par ceux qui se trouvent en bas, en commençant toujours à dextre.
On nomme encore quartiers , les espaces triangulaires formés par l'écartelé en sautoir; alors le premier quartier est en haut, le second à dextre, le troisième à sénestic et le quatrième on pointe.
Les quartiers dans l'art héraldique ont été ainsi nommés, parce que chacun remplit le quart de l'espace de l'écu, lorsqu'ils se trouvent formés par la ligne perpendiculaire du parli, et la ligne horizontale du coupé; et de même par la ligne diagonale à sénestre du taillé. Les vides que forment la croix et le sautoir sur un écu non-écartelé se nomment cantons.
Il est bon de remarquer qu un plus grand nombre de divisions de l'écu en parties égales entre elles ont été nommées quartiers, quoiqu'au reste il ne puisse y avoir plus do quatre quarts dans un entier; mais on n'a pas donné ce nom h un moindre nombre, comme aux partitions du coupé, du parti, du tranché, du taillé et du tiercé.
Dans l'origine une famille ne portait point d'armoiries écarlelées, et l'on ne rencontre dans les anciens sceaux que des écus isolés; a l'exception toutefois de l'écartelé de couleur et de métal ou réciproquement, sans aucune espèce de figure, qu'on trouve assez fréquemment. Mais il ne forme a proprement parler qu'un seul écu composé de divers émaux, comme le gironné, et l'on ne saurait y voir plusieurs quartiers.
Plusieurs causes ont fait successivement multiplier le nombre des quartiers dans un même écusson. 1* Les alliances et les mariages. Les femmes n 'avant pas d'armurios qui leur fussent particulières, portèrent d'abord celles de leurs maris commo elles portèrent leur nom; mais bientôt on introduisit l'usage de joindre dans un même écu les armoiries de leur père et de leur mari, et co fut là l'origine des premiers écussons partis ou de deux quartiers.
2* La multiplicité des fiefs. 11 y a peu d'armoiries de maisons souveraines qui ne soient aujourd'hui écarlelées pour cette multiplicité de fiefs et de souverainetés. Les rois de Pologne partissaicnl leur éc i de l'aigle de Pologne et du cavalier de Lithuanîe. La reine d Angleterre porte un quartier d'Angleterre, un d'Ecosse et un d'Irlande, qui
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sont trois royaumes réunis pour la première fois par le roi Jacques, fils de Marie Stuart.
3" Les dignités. Un grand nombre d'évêques et d'archevêques, d'abbés et d'abbesses, ont parti ou écartelé les armoiries de leur église avec colles de leur maison. Les pairs ecclésiastiques ont écartelé des armoiries de leurs pairies ; le cardinard Robert de Lenoncourt et le cardinal Briconnet, tous deux archevêques do Reims, écarlelaient des armoiries de leur pairie et do celles de leur maison.
4* Les prétentions. Les rois d'Angleterre, ui prenaient parmi leurs litres la qualité e rois do France, portaient aussi les armes do Franco en un quartier de leur écu. Les rois do Sardaignc prenaient des quartiers de Chypre et de Jérusalem.
5° Les aisances, les substitutions et les majorais. Nulle cause n'a plus contribué à augmenter le nombre des quartiers, et c'est de là surtout que viennent ce grand nombre d'écus écartelés qu'on voit aujourd'hui en France, Italie, Espagne, Allemagne et Angleterre.
0° Les concessions sont une source aussi très -abondante surtout de partitions. La maison de Toumon partissait de France ses piopres armoiries, qui étaient un lion.
7* Le patronage. C'est ainsi que les cardinaux partissent ou écartèle U leurs armoiries de celle du pape qui les a faits cardinaux, et dont ils se disent les créatures.
8° La nécessité pour les puînés de briser les armoiries de leur atné les a fait écarteler de celles de leur mère.
Dans tous les cas, les armes véritables et primitives do la maison sont celles placées au canton dextre du chef, et c'est là qu'il faut les chercher ; à moins toutefois qu'il n'y ait un autre écussoi sur le tout, lequel se trouve alors l'écusson principal.
Fitz-James — écartelé, le 1 et 4 contre écartelé de France et d'Angleterre; le 2 d'Ecosse; le y d Irlande, à la bordure de seize compous, huit d'azur et huit de gueules; les coinpo is d'azur chargés d'une fleur de lis d'or, et k's compous de gueules d'un léopard d'or.
Les armoiries de la maison do Lorraine sont composées do huit quartiers, ot se composent ainsi :
Lorraine. Parti de trois traits, coupé d'un, ce qui donne huit quartiers; au 1 , fascé d'argent et de gueules de huit pièces, qui est Hongrie; au 2, semé de France, au lambcl de trois pendants de gueules, qui esl Anjou- Sicile ; au 3 d'argent , à la croix polencée d'or, cantonnée de quatre croiset tes de même, ui est Jérusalem ; au 4 d'or, à quatre pals e gueules, qui est Aragon ; au 5, seme de France, à la bordure de gueules, qui est Anjou moderne ; au G d'azur, au Non contourné d'or, couronné , armé et lampassé de de gueules qui est Gueldres; au 7 d'or, au lion de sable armé et lampassé de gueules, qui esl lirabant ; au 8 d'azur, semé de croix recroisoltées, au pied liché d'or, à deux bats adossés de même, qui est Bar ; sur le tout
d'or à la bande do gueules charg'c do trois alérions d'argent, qui est Lorrmne.
Communication des armoirie» (1). C'est encore une espèce d'a.loption d'honneur, que les princes et les rois ont pratiquée lorsqu'ils ont communiqué leur» armes à divers gentilshommes de leurs sujets ou étrangers. Car, comme les armes sont les véritab es marques d'une famille, ceux qui en sont ainsi honorés, semblent devoir participer à ses prérogatives. Ce sont des moyens qu'ils ont choisis pour récompenser les services de ceux qu'ils voulaient gratifier, et aussi pour les attacher plus fortement à l'avenir, et leur postérité, h leur service. Cette attribution de partie d'armoiries , suivant Guy et Couillc en l'Histoire du Nivernois, te fait avec iminution notable par changement de couleurs, ou diminution de nombre des pièces qui sont ès armes des bimfaicteurs, en sorte qu'on peut connaistre qu'ils ne sont pas du lignagne, mais qu'ils tiennent par btenfaict.
Les princes ont encore accordé souvent ce privilège pour une marque de protection. Car d'un côté les personnes qui ont esté gratifiées des armes du prince» ont une obligation particulière à le servir, par le souvenir de l'honneur qu'ell s ont receu de luy, et de maintenir la dignité de celuy dont ils portent les armes. D'autre part le prince se trouve engagé en la protection de celuy auquel il a communiqué ses armes, l'ayant reconnu par la pour une personne qui luy est acquise, et qui participe en quelque façon aux prérogatives de sa famille, dont il est obligé de conserver l'honneur.
Ce privilège de porter les armes ou ane partie des armes du prince a esté de tout temps estimé très-particulier, n'ayant esté conféré qu'à ceux qui avoîent beaucoup mérité de 1 Etat, et qui luy avoient rendu de signalez services. Ce qui vérifie la maxime des politiques (2), qui tiennent que les princes ont souvent des moyens innocens pour récompenser, non seulement les hommes de mérite, mais encore leurs favoris, sans ap- |K»rter un notable détriment a leurs finances, qui sont les nerfs et le fondement des Etats : paire qu'effectivement l'honneur qui est l'unique aiguillon de la vertu et non la valeur des choses, donne le prix aux récompenses. Lis couronnes de laurier, et d'autres plantes croient trop peu de chose a l'égard des belles actions qu'elles combloient de gloire, si une fin plus honorable ne leur eust donné quelque relief. Il n'y avoit rien de plus aisé que ces surnoms que lo sénat donnoit à ces grands chefs, qui s estoient signalez dans les combats, et qui avoient subjugué les provinces. Cependant il ne So pouvoit trouver une plus digne récompense de leur courage, qu'en les faisant connoitre à la postérité par 1 imposition d'un nom, qui comprenoit en
(1) Nous trouvons encore dans Do Cange une disscuaiion sur la question qui nous occupe; nous la donnons toute entière, bien persuades que ces dissertations formeront ta meilleure partie de ce livre.
(2) Scipione >mmirato nel discors, polit. I. u.
IIKRALMQUE. QUA 614
peu do lettres, leur éloge et leurs beaux faits d'armes, et expliquoit la grandeur et l'excellence de leurs victoires (1).
Je mets au rang de ces récompenses, faciles en apparence, mais glorieuses en effet, les privilèges que les princes ont concédez a leurs sujets, ou autres seigneurs étrangers qui avoient bien mérité de leurs Etats, de porter leurs armes, ou une partie parmi celles de leurs familles. Aussi ils n'en ont usé qu'envers les personnes de considération, et qui leur avoient rendu des services signalez, laquelle sorte de récompense se trouve avoir esté pratiquée par les empereurs, les roys, les ducs, et autres princes souverains.
Le sire de Join ville écrit que Scecedun, chef des Turcs, qui estoit tenu le plus vaillant et le plus preux de toute la payennie, portoit en ses bannières les armes de l'empereur Frédéric II, qui l'avoit fait chevalier, et qui probablement les luy donna. Sigismnnd estant à Avignon, permit a Elseas de Sado seigneur des Essarts , gentilhomme provençal, de charger l'étoile de ses armes de l'aigle de sable. Maximilian I** conféra l'aigle de l'empire à Raphaël Grimaldi, surnommé de Castro, par lettres du 16* jour de janvier l'an H97, le faisant chevalier et comte palatin. Le même empereur ayant érigé la ville de Camhray en duché, en faveur do Jacques de Croy evesque (2), luy permit et à ses successeurs evesques, de porter au chef des armes de leurs maisons l'aigle de l'Empire, brisé d'un lambel de gueules, par ses lettres patentes du 28' jour de juin 1 an 1510. Les mêmes recompenses ont esté en usage en France. Saint Louys estant outremer donna le chef de France à l'ordre Teutonique. Passant par Antioche, il permit au jeune prince Boëmond VI d'écarteler ses armes, qui estoient vermeillées, au rapport du sire de Joinville (3), des armes de; France. Philippe de Valois, selon quelques-uns, permit a Guillaume de la Tour de porter son escu semé de France. Mais M. Justel en Y Histoire des comtes d'Auvergne (k), estime que celte permission est beaucoup plus ancienne, remarquant qu'au château de la Tour avant qu'il fust ruine, on voioit deux écussons des armes de la maison de la Tour, gravez en une cheminé.- bâtie l'an 1218, l'un avec la tour simple, qui sont les anciennes, l'autre avec le champ d'azur, semé de fleurs do lys d'or, et la tour d'argent, qui sont celles que les seigneurs de la Tour d'Auvergne ont portées jusques à présent. Le même roy (5) permit à messire Pierre de Salvain, seigneur de Boissiou, homme de grand crédit daus le conseil d'Humbert dernier dauphin de Viennois, d'ajoûter à ses armes une bordure de France, pour avoir esté l'un des principaux auteurs de la cession faite de
(1) Cicero, pro Footeio.
(i) Jean Schoh., en la Gfn. de la maison de Croy,
(5) Joinville, p. 89 du aecwid vol
(4) Hist. d'Auvergne, p 247.
(fi) La Colomb., en (son Recueil d'armoiries.
6iS Qjl'A blCTlONNAIIlK
celle province eu favi ur de la France, (-lin les VI eslanl à Tolose l'an 1389, en présence du duc de Touraine son frère, «lu duc do Bourgogne son oncle, el do plusieurs seigneurs de France ot de Gascongne, donna h Charles d'Alhret, son cousin germain, ol à ses doscondans, le privilège d'écartoler ses armes, qui esloicut simplenu'Ul de gueules, dfl Û/Btn quartiers de Fraixe |'l«-in sans hri— seure, laquelle chose le seigneur de l.abrel, dil Froissai t, tint à riche et à grand don (I). Charles VU pif h Un s du 10' jour de may l'an 1V.T2, permit, suivant un auteur do ce teinpf 1 1, aux vicomtes de Beaumont do parsemer leur escu de fleurs de lys. Il eu donne une à la Pucelle d'Orléans. Henry le Grand nettoya au capitaine Libertas (3), qui délivra la ville de Marseille de la tyrannie do Cazaud, qui l'avoil tenue longtemps pour la Ligue, el trailtoil avec l'Espagnol pour la luy mettre entre les moins, un chef d'azar de trois fleurs de lys d'or, à W armes de gueules ù un château d'argent. 11 lit le même A Pierre Hostager, gentilhomme de Marseille ('»), qui servit Sa Majesté en la reddition île cette mémo p\om l'an el luy donna un escu d'azur à une fleur de lys d'or, sur le tout de ses armes. Sur semblables ( ui sidéralions, il voulut que le sieur de Vie, vice-amiral de France et gouverneur de Calais el d'Amiens, qui luy reudil de signalez SenriœS durant ses plus lâcheuses guerres de la Ligue, portât pour mémoire une fleur de Ivs d'or, en ses ai incuries ; il eu donna pareillement une au sieur /.miel.
Louvs XIII, son (ils, usa de pareille gratilication à l'endroit de messin: Guieliari De&r gent, chevalier sire de Buisson, baron de Viré, premier président en la Chambre «I 8 comptes de Dauçhiné, luy permettant de charger l'aigle de ses armes d'un escu d'azur ù lu finir de lys d'or, el ce pour récompense de la fidélité qu'il avoit util paroilre dans les a Suret! importantes de l'Etat, où il avoil esté employé. L'Eapagnael les outres royaumes ont pratiqué le même usage en plusieurs OCCation»i Henry III, roy de Caslille.tit p"Hei un Quartier des armes d'Espagne à bègues de V illaines, chevalier renommé dans Froissait, qu'il til aussi comte de llibadieu, lesquelles estoient û'argent ù (mis Igaus de .satiic à iorle de gueules. La Chronique manuscrite de Bertrand du Guesdin, a fait mention de celte gratification.
, Ferdinand et Isabelle, roys de Casiille et dlArragon. pour récompenser Christophe
lomb, gé de la découverte des Indes oc-
oidenlales, outre la dixième partie des pe-
renus royaux, lui donneront le titre de grand amiral perpétuel des Indes, et pour armes l'escu en manteau, le premier de gueules au chdleuu d'or, l'autre d'argent au ly«n de pourpre, en pointe d'urgent oudë d'azur d cinq isles et un mande croise d'or, avec cette devise : Por Casligtia y par Léon, A <o < o
t) Froissarl,vol.lV, eh. 9.
2) Mouslrclcl. vol. tl. \\. 70.
3) Bisl. de Prov., p. 7uC l) lle.1. tic Prov., p. 1036.
ilËlULMQI K. OUA 616
manda huila Colon. Ces ducs do Verragua et les marquis .le Jamayca aux Isles Occidentales sont issus de luy.. r oh >l\n-'> >\ *> e l Les roys de Naples des branches d*Aojoo ont usé aussi souvent de ces gratifications : ht maison d'Andréa en Pro\ i née {!), originaire de Nanlcs, porte une bordure d'azur à dix peurs ne lys d'or, au lamhel de quatre pièces de gueules nu dessus du chef. Il en est de même dételle d'Alamau, qui porte l'écu il' Anjou en odeur de ses armes : et de celle, do Beceattit au même comté qui porte le chrfde France, arec le lamhel de gueules de trois pièces. Celle de La Hattu en Itlflie porta le hunhel semé de fleurs de lys par la concession du roy Robert. René, roy de Stçile; donna à René de Boliers, vicomte de- Reillàne, gouverneur de Marseille (2), une Imrdurc à set armes, composée des armes d'Anjou Naples, et de Hierusalem, de huit pièce-. Edouard l"du nom, roy d'Angleterre;, voutui que Geoilrov, sire de Joitivitte, partit les arme- dé >a inaison «N celles d'Angleterre (8), ce «pie le roy luy accorda i»our sa valeur 01 ses belles actions, ainsi qu il est porté dans l'inscription de sou tombeau. Je passe les armes- de la maison de Ci .niâmes, de gueule* à trois demy léopards d'or pnrUif d'weur, À Ut fleur de lys et une demye d'or,' qui Sont les armes d'Angloterro et do France a moitié, que l'on dil avoir esté données par un roy d'Angleterre a Alfonse, seigneur de Goulaines, eil con-i'leialion de ce qu'ayant esté employé parle duc de Bretagne son maître à paciiier les rois de France et d'Angleterre, il en vint h bout et y réussit parfaitement. L'empereur Charles IV, roy de Bohême, donna le lyon des armes de ce royaumes Bârthôle jurisconsulte, tomme il témoigne luy- même eu son traité des armes (4). Sigismoné% rov do Pologne, donna pour armes h Mai lin Cromcr (5) son historiographe, et son ambassadeur vers IVmpei .nr, un feu de gueules à un aigle esployé naissant d'argent, ui/uut au col une couronne de laurier; auquel l'empereur Ferdinand .-jouta un chef de l'aigle de ri'jupire, ce qull raconte aussi en la ««script Ion «le la Pologne. Gustave Adolfe, roy «le Suéde, donna à Henry S. George Hir chetriond roy d'armes, oui avoit porté l'ordre do la Jarretière au mémo roy, trois cour ronnes «l'or, qui sont les armes de Suéde, pour joindre avec les siennes. Rolden en ses Pires d'honneur en a rapporté les patcatos (6).
Les ducs et les petits princes* souvvraim» ont u-é pareillement de e« concessions1. Le duc de Bourgogne^) pendit a N... Paterin son chancelier de porter pour cimier de ses armes un écu arm«né des armes de Bourgogne, avec celle devise, le duc me l'a donné.
(t) Hist. flcProv., p. 633.
h) IWd.,p.8IV. ...... , ,
h) Géoéal. de la maison de Joinville , vol. ' (4) Barili., de lnsign. et an»., n. S. (51 Mardi. Cromer., 1. 1 Polon.
m Seltlen, Tilles of liouor, part. R, c. î, § 1. (7) Science héroïque, p. 175.