CR Y
Destanger — d'azur, a trois croisettes d'argent. Normandie.
La Croix — d'azur, à trois croisettes d'argent. Ile de France.
Angely — d'argent, à quatre croisettes de gueules. Limosin.
Beaulieu — d'argent , à six croisettes pattées de sable. Normandie.
Bigaut — d'argent , à sept croisettes recroisettées de gueules accompagnées de trois besants d'azur. Beauvoisis.
Bouitlonnay — d'azur , à ueuf croisettes pattées d'argent. Normandie.
Louvetel — d'argent, à neuf croisettes pattées de sable. Normandie.
Gosse— d'azur , à neuf croisettes d'or, 4. 3 et 2. Normandie.
CRY ou CRI D'ARMES (1). - Le cry suit la bannière , parce qu'anciennement nul n'éloit reconnu pour gentilhomme de nom, d armes et do cry, que celuv qui avoil droit de lever bannière , l'un et j'outre servant à mener dos troupes à la guerre et h rallier.
Ces crys servoient et aux tournois et aux véritables combats; aux tournois, c'étoient les hérauts et poursuivants d'armes qui crioient le cry do leurs maislres, pour les fairo counoltre; et à ces crys ils ajoutoient souvent des éloges, comme j'apprends des rimes et des joustes de Cbauvency, de l'an 1285 :
Ribau hnient et garçon bravent Li jousteour plus ne délayent Cheval saillent et lambcl volent lliraut parmi les rens parolcnt.
Le fils au prodomme vaillant El cheval gran rusle et saillant D'armes vermeilles fii parez En l'ecn si corn vous orrez, Oi une croix d'argent assise Hiraul bravent «l'étrange guise Au fil (lou prodomine gentil Aspremont corets que c'esl il Devant les dames droitemcnl Vint chevauchant moult coinlcment Parer, «"unes armes vermeilles Qui esloient belles à merveilles.
Les deux saumons d'argent battu En son ccu sont enhaslu Iliraux Tyois, hiraux Romans Tuit semant de l'or cstamenl Et écrieml Blamont, Hlamont El Falquembcrl ainsi s'en vont.
Un chevalier de bel a tour Jeune et léger, fort et puissant Au chief des rang vint chevauchant, Dont chastel esloil repairic D'or et gueules Tut vairié A un baston «l'azur Be/fremonl crie...,
On le praliquoit aussi pour les véritables combats, et toutes nos vieilles chroniques nous en fournissent des oxemples. Nous en ;
(1) Sur cette question curieuse, nous insérons ici deux dissertations: la première, tirée du P. Meneatrier, et la seconde de DuCange. Elles se complètent l'une l'autre, et nous avons pensé qu'on préférerait de beaucoup entendre la voix dus maîtres de I» science que la notre.
avons un en la Chronique de Louis, duc de Bourbon , chai». 50 , par lequel nous apprenons que co prince fut reconnu à son cry de guerre, au siège de Verneuil , où il combattit dans la mine contre celuy qui défendoit la place. «Leduc fit armes le premier contre « Pescuyer du chastel, lequel on clamoit Re- « naud de Montferrand ; tous deux finent à « poussés de leurs épées cinq coups l'un a « l'autre, et entre deux orent aucuns qui ne « se purent tenir de dire : Bourbon ! liour- * bon ! Nostre-Dame ! Dont celuy escuyerRe- « naud de Montferrand Tut moult ébàhy, et « se recula et dit : Et comment, Messeigneurs, « c'est Monsieur le duc de Bourbon? — « Ouy, certes , dit le borgne de Veausse , « c'est-il en personne. — Lors, dit Renaud « de Montferrand, je dois bien louer Dieu, « quand il m'a aujourd'hui fait tant de grâ- « ces et d'honneur d'avoir fait armes avec « un si vaillant prince. Et vous, borgne de « Veausse , dites-luy que ie lui requiers « qu'il luy plaise qu'en cette honorable plaee « où il est , il rne fasse chevalier de sa « main , car je ne le puis être plus honora- « blemeut; et pour l'honneur et vaillance de ■ luy, je suis prest à luy rendre la place.» « Et de cecy parla le borgne an duc de Bour- « bon , qui regarda que tontes ces choses « estoient à son très grand honneur, disant « qu'il estoit bien content ; (mais que Mont- « ferrand lui apporta ses clefs au perluisde « sa mine. Si luy accorda Montferrand, qui k à les luy bailla , et les clefs rendues, iliec « mesme le fit chevalier le duc.»
A la surprise de l'abbaye près Périgort, par Bertrand du Guesciin , Galer , un frère du comte Yonas : Perregot Dieu ayt aujourd'hui/. Et ceux du dehors crioient : Mont-
i'oie Saint-Denis. (Vie de Guesciin, chap. W.) ït sur l'embusche que le Barrois des Barres dressa aux Anglais en la montagne d'Espinette, près de la Coulouguo, Froissart dit : « Quand ils furent là einbattus, messire le Barrois des Barres et les chevaliers et escuyers françois, qui ont embusche sur le pas les attendoient, leur saillirent au deuant, en criant : Le» Barres aux Barrois. (Vol. III , chap. 32.)
Les crys les plus ordinaires estoient ceux dos noms des princes, chevaliers et seigneurs bannerets qui conduisoient les troupes. En Bretagne, Cnasteau-Briant, Malestroit, Rais et le comte de l'Isle crioient leurs noms. En la comté de Flandres , Guistelle , Havesquerque, ftassenghien , Rodes , Ramequen , crioient leurs noms. En la comté de Raynaut, Enghien, Ligne, Hamey de Barbanson, Beriaimont, Vallmcourt, wùMy, Boussois, Montigny, Estrepy, crioient leurs noms. En la comté de Beau vais , Maiily , Rubempré et Gaucourt crioient leurs noms. En Bourgogne, Charny ? Vergy, Beauffremont . Merlo , Poutallier enoient leurs noms. Eu la comté de Pouthieu, Gamaches et Lignières crioient leurs noms. En Champagne, Kethel , Chatil- ( Ion , de Noyers , Bury, crioient leurs noms. En 'a comté de Namur, Moncornet , Villers, Montgardin, Hémcricourt , Selles , de Ville,
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Guyans, Varonca crioient leurs noms. En la duché de Brabant , Dorbais , Grimbergue , Binch, Wallainse crioient leurs noms; enfin, les maisons d'AUly, Créquy, Tanqucs, Maiily, Saveuses, Asprcmont, Lvoden, Bournonville, Ainboise, la Baume, GVoléc, Lusignan, Liuibour, Joinville, Béthunc, Rochechouart, Varax, Brosse, Lannoy, Mauny , Beaumont, Saucourt, Hangest, Ranty, Raineval, et grand •nombre d'autres, ont crié leurs noms.
Quelques-uns ont crié les noms des maisons iloot ils estoient sortis, quoy qu'ils eussent d'autres noms. Ainsi, les anciens seigneurs et chaslellains de l'Isle en Flandre portoienl de gueules au chef d'or , et crioient : Frayes, Phalempin, h cause qu'ils estoient issus des anciens seigneurs et barons de Phalempin eu la mes nie comté , qui portoient mesmes armes. Hémericourt, en son Miroir des nobles de Hasbaye , dit que les maisons de Surreal et d'Auryt, sortis d'un seigneur de Dammartin , ayant pris diverses armoiries et divers noms , retinrent le cry de Dammartin. « Vorent qu'ils criassent Andois, Dammar- « tin , et îlh le fissent volontiers pour If « reuerenche de noble sant dont ly dis mess. « Resses étoit eslrais.»
De même ceux de Jars crioient Bochechevart, et ceux d'Offremont, Aumont. Le comte de Saint-Paul, Lesignem,le sire do Moiiy, Saucourt, Leus, crioionl Gaure; Haurccq e' Bi aine crioiont Enyhiem ; Longueville crioil Jlcnaut, et portoit de sable semé de billettes d'or, au lion de mesme; Mastain et Uaudou) crioient lance; Aimerys ciioit Ligne; Ilarves et Antoiûg crioient Bury ; Ville erioi» Estrepy.
J'ai trouvé dans un manuscript h Arraf qu'en Lorraine toutes les croix crioient Priny; toutes les bandes, à couvert; tous les anneaux, Loupy; qu'on Haï naut , tou.» ceux qui portent croissants orient Trkq; tous les chevrons crioient Machicourt , et toute? les coquilles crient Le Bas. Berry le Héraut dit que tous ceux de Picardie , qui portent frette, crient Saucourt ; tous ceux qui portent les croix rouges crient Hangest ; ceux qui portent les maillets crient Hlaîlly.
Ce n'est donc pas un argument infaillible, d'une mesme maison, d'avoir mesmes pièces en armoiries et mesme cry, puisque souvent ç'a été pour empescher la confusion qu'on a réduits de cette sorte à uae espèce de cry ceux dont les armoiries pouvoient avoir quelque rapport , de peur qu'il n'arrivast la mesme chose qu'au comte de Mous, dont l'autheur des Trophées de Brabant dit « qu'ayant fait paroistre son courage on une bataille où il auoit auec luy les bannières dcGrimberges, Perweys, Enghien et autres, voyant} le désordre des siens , il fut contraint de se sauver à Vilnorde, où il mena plusieurs prisonniers par un accident remarquable. Car, comme sa bannière et eslenadard estoient blason nés des armes de Juliers d'or, au lion de sable, plusieurs Flamands, par la confusion que d'ordinaire il y a aux batailles, se rangèrent sous son escadron, cuidans bien s'eslre joints à la bannière de leur comto, la-
quelle estoit armoyéc du niesme blason, niais ils se trouuèrcnt lourdement trompez. »
(Lib. iv, pag. V70.) Je ne doule point que ce ne fust pour éviter pareille confusion que l'on ordonna que ceux qui auroicnt des armoiries approchantes criassent mesme nom, pour se rallier sans désordre.
Plusieurs ont crié les noms dé certaines villes , parce qu'ils en avoient la bannière. Les seigneurs de Coycghcn crioient Courtray : les sieurs do Trie , de Pequeny, de Dolhaim , de Saulieu , de Miroraont , crioient Boulogne; le comte de Vendosme crioit Chartres ; le sieur de Mortagne et le chastelain de Nivelles crioient Tournay % aussi bien que le sieur de Blanquemaille.
Les princes et seigneurs ont crié leurs noms, ou ceux de leurs villes principales, avec une espèce d'éloges ou <fe termes qui désigqoient leurs qualités. Ainsi le comte de Hainaut crioit Hainaut au noble comte ;
e duc de Guienne, Guienne au puissant duc;
e duc de Brabant , Louuain au riche duc ;
es ducs de Milan, Milan au vaillant duc;
flippe, duc de Bourgogne, au rapport de Berry le Héraut, Chastillon au noble duc ; le roi d Arménie, Èrmerie au noble roi; le sieur de Bousies, Bousies au bon cheualier.
La seconde manière de cry estoit celui d'invocation. Le duc de Bourgogne crioit Nostre-Dame de Bourgogne. Ofivier de la Marche, au chap. 12 : « Le cry commence par les écheleurs, qui crioient Nostre-Dame, tille gagnée , Bourgogne, Bourgogne, chacun
2ui mieux ; le comte de Limoges, Saint Liéard ; le duc d'Anjou , Saint Maurice ; la maison de Vienne en Bourgogne, Saittt George au puissant duc ; les ducs de Bourbon , Nostre-Dame, Bourbon, Bourbon ; les ducs de Normandie, Diex âge, Dam Diex aye , c'est-à-dire, Dieu nous aide , non pas Dieu et Nostre-Dame nous aide , comme le rend Vulson la Colombière ; les seigneurs de Montmorencv, Dieu aide, à quoy on a ad- Jousté depuis , Dieu aidé au premier chrestien ; ceux de LeVy, Dieu aide au second ehtestien ; les seigneurs de Haësbrouck en Flandres , Help God Hafsbrouck, Dieu aide Haësbrouck. Dieu aide était un cry des plus coiuuuiab. En la Vie de Bertrand du Guesclin, il dit, chap. M) i ■ Retira*! y survint » et ceux de sa bataille, qui orioient Gutselin; et quand le iMguo love si se oonfesta, et cria: Villatnes, Dieu aye* »
La troisième espèce est des «rvs de résolution, comme celoy que prirwrt les croisés pour la conqueste de la terre sainte, du temps d'Urbain 11 et de Gedefroy de Bouillon, Dieu le veut, Dieu le veut. Bellipotens Boatnondus , qui erat in obsidioue Malfi Sca fardi pontis, audiens venUse inuumerabitem gcnlem christianorum de Francis , ituram ad Du mini iepulcrum , et parafant ad prcelium centra gentetn paganorum , empit diligenter inquirere quae arma pugnandi luge gens déferrât , et quam ostenttanem Christi in via portet, vel guod signum in certamine sonet. Cui per ordinem turc dicta sunt : Déferre ma ad bellum congrua. in dextra vel en
D'HERALDIQl'E.