Seybolsdore en Bavière, taillé, pi
ECU et
"gueules do trois
gnonnô d'argent et de
nièces. , , „
20. Kunige en Tyrol, tranché d argent et de gueules, fiché sur l'argent.
ECUREUIL. — Animal plus petit que la fouine et plus fort que la belette, et qu on distinguo dans l'écu, en ce que sa queue hérissée parait plus grosso que son corps.
Fouquet de Belle-Isle — d'argent, à l'écureuil rampant de gueules. Bretagne.
jocet — d'azur, à l'écureuil rampant d or. Bretagne. .,
Bigot de Kerjegu — d'argent» à l'écureuil rampant de pourpre, couronné d'or. Bretagne.
Du Chêne — d'argent, à deux écureuils de gueules, l'un sur l'autre, l'un passant et l'autre contre-passant. Touraine.
KGCSSON. -- Petit écuqui cri meuble un autre plus grand.
Masuroy — de gueules, à un écusson d argent. Lorraine.
Sorcey — d'or , à l'écusson de gueules. Lorraine.
Carnaxel — d'azur, à l'écusson d or. ' Montigny — d'or, a un écusson de gueules. Ile de France.
Dulae — de gueules, à l'écusson d argent.
^BoulerT— d'argent, à l'écusson de gueules. Flandre.
Alnlberg — écartelé , aux 1. et * de gueules à un écusson d'argent, et aux 2 et 3 de gueules à une croix ancrée de môme. Lorraine.
Mate — d'azur, à l'écusson d'or. Artois.
Patay— d'hermines, à l'écusson de gueules en abtme. Orléanais.
Ferrières — de gueules , à un écusson d'hermine, avec un orle de fer à cheval d'or. Beauvoisis.
Tancarville — de gueules, à un écusson d'argent et un orle d'or. Ile de France.
Bailleul — d'hermines, à l'écusson de gueules.
Eeyne — degueulos, à un écusson d argent. Flandre.
Danglos — d'azur , à l'écusson d'argent posé en abtme, accompagné de trois molettes d'or. Picardie
Du Bois — d'or, & l'écusson de gueules en abîme, à l'orle de cinq coquilles de sable. Picardie
Saint-Venant — d'azur, à l'écusson d'argent, un lambel à trois pendants de gueules brochants. Artois.
Cecire — d'argent, à un écusson d'azur, accompagné d'un orlo de huit merlettes du môme. Normandie.
Semilly — de gueules, à l'écusson d'argent accompagné de six merlettes du môme en orle. Normandie.
Breii — d'azur, à l'écusson d'argent enclos dans un trôcheur d'or, à l'orle de huit croisettes du môme. Normandie.
Saint-Aubin — d'argent , à l'écusson de sable surmonté do trois merlettes de môme, rangées en fasce. Nivernais et Bourbonnais. 1
Jacobin — d'argent, à un écusson d'azur
HERALDIQUE. ECU 2Ti
en abîme et six annelets de gueules en orle.
Bournel — d'argent, à un écusson de gueules, accompagné de huit perroquets de sinople en orle. Artois.
Tournier de Saint-Victoret — de gueules, à l'écusson d'or, chargé d'une aigle de sable, l'écusson embrassé de deux badelairesou anchés d'or, les poignées vers le chef. Provence.
Gontenay — d or, a l'écusson de gueules, et onze merlettes do môme en orle.
Pressigny — de gueules, semé de croisettes d'argent à l'écusson de môme. Ile do France.
La Briffe — 'd'argent, à un écusson de môme, chargé d'un lion de sable, et accompagné de six merlettes de môme, 3 en chef, 2 en flancs et i en pointe. Ile de France.
Escalin des Aimars — de gueules ,L à un écusson d'or, à trois bandes d'azur, mis au quartier dextre du chef, et aux trois autres trois croix vidées cléchées et pommeltées d'or. Dauphiné.
Beaumont — d'azur, à l'écusson d'argent en abîme, à la bande de gueules brochant sur le tout. Champagne.
Mouchy — do gueules, à un écusson d'argent accompagné de trois macles d'or.
Sugny — de sable, à un écusson d'argent, au Daton écoté de môme , brochant sur le tout. Champagne.
Villers au Tertre — d'azur , à l'écusson d'argent, l'écu semé de billetles du môme. Artois.
Saint-Urain— d'argent, au chef de gueules chargé de trois écussons d'or.
Comte — d'argent , à l'écusson d'azur , chargé d'une bande d'or, surchargé de trois anilles de sable , et accompagné de trois cœurs de gueules. Normandie.
Wingles — d'azur, à l'écusson d'argent à la cotice engrôlée de gueules, brochante sur lo tout. Artois.
Grammer — d'azur, à une bande d'argent à l'écusson de môme en chef, chargé d'un lion de sable.
Buillemont— de sable, à l'écusson d'argent, une cotice d'or brochante sur le tout. Artois.
Maillart — d'azur , à l'écusson d'argent au lion naissant de môme. Champagne.
Barbesieux — d'or, à un écusson d'azur.
Mont Saint-Jean — de gueules , à trois écussons d'or.
Chipre — de gueules , à trois écussons d'or. Dauphiné.
Carville — de gueules , à trois écussons renversés d'or. Normandie.
Coetlogon — de gueules, a trois écussons d'hermine. Normandie.
. Bailleu — d'or, à trois écussons de gueules. Normandie.
Beaufort — de gueules, à trois écussons d'hermine, 2 et 1. Bretagne.
flo*— d'argent,à trois écussons de gueules. Bretagne.
Buppe — d'argent , à trois écussons de gueules, 2 et i. Lorraine.
Latre-Doby — coupé d'azur et d'or, à trois écussons de l'un en Vautre lie do France.
Perthuis — d'azur, à trois écussons d'argent. Ile de France.
Fontaine — d'or, à trois écussons do vair bordés do gueules. Picardie.
Le Roy— d'azur, à trois écussous d'argent, chargés chacun d'une croixnattée de gueules. Picardie.
Abbeville — d'argent, à trois écussons do gueules. Beauvoisis.
Bourgon — de sable, à trois écussons d'or.
Ribaupré — d'argent, à trois écussons de gueules.
Charny — de gueules, à trois écussons d'argent, le 1 chargé d'une molette de sable.
Tremigon — d'argent, à trois écus de gueules 2 et 1 ; chacun chargé de trois écussons d'or en fasce. Bretagne.
Charbonneau — d azur , à trois écussons d'argent, accompagnés do dix fleurs de lis d'or, 4 en chef, 2 en fasce , et 3 et 1 en pointe. Bretagne.
Poitou (P.) — d'or, à trois boucliers, deux en chef diaprés d'azur, et un en pointe diapré do gueules.
Fretel — d'azur, à trois écussons d'or , frettés du champ et bordés d'argent, à la bordure componée d'argent et de gueules de seize pièces. Normandie.
Riant — de gueules, à trois écussons d'argent, chacun chargé de trois hermines do sablé, 2 en chef et 1 en pointe. Bretagne.
Champion — d'azur, à trois écussons d'argent bordés et bandés' de gueules. Bretagne.
Lattre — d'or , à trois écussons d'azur, dont le premier est couvert par un franc canton de gueules chargé d'une molette d'éperon d'or. Artois.
Ferrier — d'or, à cinq écussons de gueules, 2, 2 et 1. Provence.
Mayenne (V.) — de gueules, a six écussons d'or, 3, 2 et 1.
Pardaillon — d'argent, au lion de gueules accompagné de huit écussons de sinople en orle. Guyenne et Gascogne.
Mathcfelon — de gueules, à six écussons d'or. Anjou et Touraine.
ECUYER. — Le titre d'écuyer vient de ce que les nobles portaient des écus et armoiries, qui sont des marques do noblesse, comme les images des aïeux l'étaient chez les Romains. La qualité d'écuyer ne se donnait cependant pas indifféremment à tous les nobles , et jusqu'au commencement du xv siècle, elle dénotait un ancien gentilhomme. Les barons, les plus grands seigneurs et même des princes du sang se sont qualiûés écuyers dans leur ieune âge, jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus a l'ordre de chevalerie; ils étaient dans une subordination si grande à l'égard des chevaliers, qu'ils ne taisaient point de difficulté, non-seulement de leur céder les places d'honneur en tous lieux, de ne se point couvrir en leur présence, de n'être point admis à leur table, et de leur obéir, mais encore de porter leur écu ou bouclier. Cette grande subordination servait à les exciter d'un violent désir de se rendre dignes de la chevalerie, non-seulement par des actions do valeur et de bonne conduite,
HERALDIQUE. ECU Î74
mais aussi par celles do la vertu, qui était essentielle pour faire un parfait chevalier.
Les écuyers no pouvaient sceller leurs actes comme les chevaliers, qui pouvaient être représentés à cheval, armés de toutes pièces. Il y a des exemples des xin* et xiv* siècles, par lesquels des écuyers remettaient à autoriser des actes de leur sceau quand ils seraient parvenus à la chevalerie.
L'écuyer ne pouvait porter d'éperons dorés, ni d'habits do velours; mais il portait des éperons argentés et des habits do soie. 11 n'était jamais qualifié de messire, ni sa femme madame; on l'appelait seulement de- i moi selle ou damoiselle, quand même elle aurait été princesse; mais dès que son mari était devenu chevalier, elle pouvait se qualifier dame ou madame, et lui-même messire ou monseigneur.
Il y avait des écuyers qui n'avaient pas assez do biens pour parvenir à la chevalerie; c'est ce qui obligeait souvent les rois à établir une pension à ceux qu'ils créaient chevaliers, quand ils n'avaient pas de quoi soutenir cette dignité.
Les écuyers n'avaient, en temps de guerre, que la demi-paie des chevaliers, à l'exception des écuyers-bannerets; ces derniers se trouvant seigneurs do bannière, et en état de mener leurs vassaux à la guerre, parmi lesquels il y avait quelquefois des chevaliers, avaient la paie de chevaliers-bacheliers, qui était la demi-paie des chevaliersbannerets.
L'écuyer avait le siège plus bas que le chevalier, et se tenait un peu écarté en arrière.
Un écuyer qui aurait frappé un chevalier, si ce n'était en so défendant, était condamné à avoir le poing coupé.
Dès qu'un jeune gentilhomme avait atteint l'âge de sept ans, on le retirait des mains des femmes pour le confier aux hommes.
Une éducation mâle et robuste le préparait de bonne heure aux travaux de la guerre, dont la profession n'était pas distinguée de cello de chevalerie. Au défaut de secours paternels, une infinité de cours do princes et de hauts seigneurs offraient des écoles toujours ouvertes, où la jeune noblesse recevait les premières leçons du métier qu'elle devait embrasser.
Les premières places que l'on donnait à remplir aux jeunes gentilshommes qui sortaient de l'enfance étaient celles de pages , varlets ou damoiseaux. Lesrfonclions de ces pages étaient les services ordinaires des domestiques auprès de la personne de leurs maîtres ou maîtresses. Ils les accompagnaient à la chasse, dans leurs voyages, dans leurs visites ou promenades, faisaient leurs messages, les servaient à table et leur versaient à boire. On leur donnait des leçons sur l'amour de Dieu, sur les devoirs qu'il faut rendre aux dames, et sur le respect dû au caractère auguste de la chevalerie. C'était ordinairement les dames qui donnaient aux jeunes pages les leçons de religion et do courtoisie : ou les formait aussi à tous les
exercices convenables à leur naissance cl à leurêge.
De l'état de page ie jeune gentilhomme passait è celui d'écuyer : il devait être âgé de quatorze ans pour parvenir à ce grade, qui lui était conféré avec des cérémonies religieuses. Le joune gentilhomme nouvellement sorti hors de page, était présenté à l'autel par son père ou, sa mère, qui chacun un cierge à la main, allaient à l'olli-aude. Le prêtre célébrant prenait de dessus l'autel une épéo et une ceinture sur laquelle il Taisait plusieurs bénédictions et l'attachait au côté du jeune candidat, qui commentait alors seulement à la porter. Sans doute que le but de cette cérémonie était d'apprendre aux jeunes gens l'usage qu'ils devaient faire des amies, qui pour la première fois leur étaient remises entre les mains.
11 devait servir au moins sept ans en qualité d'écuyer, parce que l'âge fixé pour le grade de chevalier était vingt et un ans, à moins qu'une haute naissance ou de grandes actions le dispensassent de celte loi.
Les écuyers se divisaient en plusieurs dusses différentes, suivant les emplois aux-
rls ils étaient appliqués; savoir : l'écuyer corps ou de la personne du maître, on l'appelait aussi l'écuyer d'honneur, l'écuyer de la chambre, ou le chambellan, l'écuyer tranchant , l'écuyer d'écurie , l'écuyer il'échausonnerie, l'écuyer de pa une ter je, etc. C'était sur eux que les seigneurs se reposaient du soin de leurs maisons; ils servaient à table, découpaient les viandes, faisaient les honneurs aux élraugers qui venaient visiter leurs maitres, ils les accompagnaient dans les chambres qu'ils leur avaient eux-mêmes préparées. Approchant plus près de la personue de leurs seigneurs, admis à leur familiarité, ils pouvaient encore mieux profiter des modèles qu'ils se proposaient d'imiter.
Ils avaient soin de dresser les chevaux à tous les usages de la guerre, ils tenaient les armes de leurs maîtres toujours propres et luisantes. Toutes les nuits un écuyer faisait la ronde dans les ohombres et dans les cours du château.
^ Si le maître montait à cheval, les écuyers s'empressaient à l'aider en lui tenant i'élricr, ils portaient son arme, l'aidaient à s'en revêtir, conduisaient dans les roules les chevaux de bataille qu'ils donnaient à leur maître lorsqu'il fallait combattre l'ennemi ; ils demeuraient derrière lui pendant le combat pour lui fournir des armes et le secourir en cas d'aocideni ; ils gardaient les prisonniers que les chevaliers leur coutiaienl pendant la chaleur du combat. Ce spectacle était pour les écuyers une leçon vivante d'adresse et do courage, et un puissant motif pour faire naître dans le cœur de celte jeune noblesse l'euvie de se sigualer par de semblables exploits.
Pendant la paix ils ne s'occupaient que des exercicos propres à les endurcir à la fatigue •et a les former à l'art de la guerre. Us | paraissaient dans les tournois où les cheva-
HEIULDIQLE. ECU 27 1,
liers seuls devaient combattre; ils y faisaient montre de leur force et de leur adresse, et tâchaient, par toutes sortes de moyens, de mériter l'honneur de la chevalerie. Cuy Coquille, en parlant des écuyers, dit : Ecuyer* naissent, cheraliers se fort' par faits alarmes.
Depuis environ deux siècles que la qualité d'écuyer a prévalu sur celle de noble, le litre de noble homme, loin d'annoncer une nobles.se véritable dans celui qui le prenait, dénotait au contraire qu'il était roturier. Nobilis mercaior, nobilis médiats, etc. <Juoi qu'il en soit, on doit bien se garder de prendre cela pour un principe généralement étab.'i, car il y a des provinces, comme en Provence et en Dauphiné, où les véritables nobles n'ont le plus souvent d'autre qualilicalion que celle de nobilis et de noble homme ; alors on aurait tort d'augurer qu'ils fussent roturiers; avant de juger tels ceux qui généralement portent cette qualification, il faut s'assurer d'abord de leurs titres primitifs.
L'article 25 de l'édit de 1000 défendait à toutes personnes de prendre le tilre d'écuyer et de s'inscrire au corps de la noblesse, s'ils n'étaient issus d'un aïeul et d'un père qui eussent fait profession des armes ou servi le public en quelques charges honorables, de celles qui par les lois et les moeurs du royaume pouvaient donner commencement de noblesse à la postérité, sans avoir jamais l'ail aucun acte vil ni dérogeant à ladite qualité, et qu'eux aussi, en se rendant imitateurs de leurs vertus, les ensseut suivis en cette louable façon de vivre, à peine d'être dégradés avec déshonneur du titre qu'ils avaient osé indueinent usurper.
La déclaration du mois de janvier 1624avait encore poussé les choses plus loin, car l'article 2 défendait à toutes personnes de prendre ladite qualité d'écuyer et de porter armoiries timbrées, à peine de deux raille livres d'amende, s'ils n étaient de maison et extraction noble; il était enjoint aux procureurs généraux et à leurs substituts, de faire toutes poursuite* nécessaires contre les usurpateurs de tilre et qualité de noble.
Il n'était pas permis non plus aux écuyers de prendre des titres pins relevés qui ne leur appartinssent pas; ainsi par arrêt du 13 aortt KîlîS, rapporté au journal des audiences, faisant droit sur les conclusions du procureur général, M était défendu à tous gentilshommes de prendre la qualité de messire et de chevalier, sinon en vertu de bons et de légitimes titres; et à ceux qui n'étaient p »int g ntilshomraes, de prendre la qualité d'écuyer ni de timbrer leurs armes, le tout a peine de quinze cents livres d'amende.
Malgré tant de sages règlements, il ne laissait pas d'y avoir beaucoup d'abus, même do la part de ceux qui étant nobles, au lieu de se contenter du titre d'écuyer, usurpaient ceux de messire et de chevalier.
Ce n'était pas un acte de dérogeance que d'avoir omis de prendre la qualité d'écuyer dans quelques actes.
.Mais si celui qui voulait prouver sa noblesse n'avait pas do titres constitutifs de ce
877 ECU MCTWNN/URE
droit, et que la plupart des actes qu'il rapportait ne tissent pas (Mention de Ta qualité d'écuyer, prise par lui ni par ses auteurs, en ce cas on le présumait roturier, parce que les nobles étaient ordinairement assez jaloux de cette qualité pour ne la pas négliger.
Il y avait certains emplois dans le service militaire et quelques charges qui donnaient le titre d'écuyer, sans attribuer à celui qui le portait une noblesse héréditaire et transmissible, mais seulement personnelle; c'était ainsi que la déclaration de 165 1, et l'arrêt du grand conseil, disaient que les gardes du corps du roi pouvaient se qualifier écuyers; ses commissaires et contrôleurs des guerres et quelques autres otliciers prenaient aussi de même le titre d'écuyers.
Grand éeuyer de France. Voy. Grands officiers de la couronne.
Ecuyer commandant la grande écurie du roi. La fonction de cette charge était de comraarider en l'absence du graud éeuyer de France la grande écurie et tous les otliciers qui en dépendent; cet officier prèle serinent de tidé- Jile entre les mains du grand éeuyer. 11 a droit de se servir des pages de la grande écurie, de faire porter la livrée du roi à ses domestiques, et a son logement a la grande écurie. Indépendamment de l'écuyer commandant, il y a trois écuyers ordinaires de la grande écurie ; cinq écuyers de cérémonie et trois écuyers cavalcadours.
Premier éeuyer du roi. La charge de premier éeuyer du roi est très-ancienne; parles titres de la chambro des comptes, principalement par les comptes des trésoriers des écuries, on voit qu'il y a eu distinctement une petite écurie du roi. Cette charge était depuis le 20 janvier 1615 dans la maison.de Beringhem, originaire des Pays-Bas ; elle^fut ensuite possédée par Henri Camille, marquis de Beringbero, qui prêta serment entre les mains de Sa Majesté le 7 février 1724.
Le premier éeuyer commando la petite écurie du roi, c'est-a-dire, les chevaux dont Sa Majesté se sert le plus ordinairement; les carrosses, les calèches, les chaises à porteurs: il commande aux pages et valets de pied attachés au service de la petite écurie, desquels il a droit de se servir, comme aussi des carrosses et chaises du roi.
Une des principales fonctions du premier éeuyer, est de donner la main h Sa Majesté, si elle a besoin d'aide pour monter en carrosse ou en chaise ; et quand le roi est à cheval, de partager la croupe du cheval de Sa Majesté avec le capitaine des gardes, ayant le côté gauche, qui est celui du monloir.
C'est le premier éeuyer, lorsqu'il se fait quelque détachement de la petite écurie pour aller sur la frontière conduiro ou chercher un prince ou une princesse, qui présente au roi lécuyer ordinaire de Sa Majesté, ou un éeuyer de quartier pour être commandant de ce détachement.
Dans les occasions où le roi fait monter quelqu'un dans son carrosse, il fait l'honneur à son premier éeuyer de lui donner
HERALDIQUE. ECU 878
Le premier éeuyer a place au lit de justice, conjointement avec le capitaiue des gardesdu-corps et le capitaine des Cent-Suisses, qui le précèdent, sur un banc particulier au-dessous des pairs ecclésiastiques : cela s'est pratiqué ainsi, le roi séant en son lit de justice, le 12 septembre 1715, et le 22 février 1763.
Sous le premier éeuyer, sont un éeuyer ordinaire commandant la petite écurie, deux autres écuyers ordinaires, des écuyers cavalcadours, et vingt écuyers en charge, qui servent pour la personne du roi par quartier. 11 ne faut pas confondre les écuyers du roi avec ceux dont il est parlé du temps de Charles VI, sous le nom d écuyers du corps du roi; car ceux-ci étaient une garde à cheval composée d'écuyers, c'est-à-dire de gentilshommes, qu'on appelait dans ce temps écuyers du corps.
Les écuyers du roi ont seuls les fonctions du grand et du premier éeuyer, en leur absence pour le service de la main.
Les écuyers du roi servant par quartier, prêtent serment de tidélité outre les mains du grand maître do la maison du roi. L'écuyer de jour doit se trouver au lever et au coucher du roi, pour savoir si Sa Majesté monte à cheval ; si le roi va à la chasse et prend ses bottes, l écuyer doit lui mettre ses éperons, il les lui ôte aussi. Soit que le roi monte à cheval ou en carrosse, l'écuyer le suit à cheval. Pendant la journée les écuyers suivent et entrent partout où le roi est , excepté le temps où le roi tiendrait conseil ou souhaiterait d'être seul; alors lécuyer se tient dans le lieu le plus prochain de celui où est le roi. L'écuyer suit toujours immédiatement le cheval ou le carrosse de Sa Majesté. Le roi venant à tomber, l'écuyer sontieut ou relève le roi; il présenterait son cheval si celui de Sa Majesté était blessé, boiteux ou rendu, soit à la chasse, aoil à la guerre.
Dans la marche ordinaire, et au cas que le grand ou premier éeuyer n'y soit pas, l'écuyor de jour partage la croupe du cheval que le roi monte, avec l'oflicier des gardes ; mais il prend le côté gauche, qui est celui du' montoir. Dans un détroit, dans un délilé, il suit immédiatement le roi, parce qu'en cette rencontre, et à cause du service, l'officier des gardes le laisse passer avant lui. Le loi passant sur un pont étroit, l'écuyer mot pied à terre et vient tenir l'élrier de Sa Majesté, do crainto que le cheval du roi ne bronche ou ne fasse quelque faux pas. Si le grand ou le premier éeuyer suivait lo roi, il tiendrait létricr de la droite, et l'écuyer de quartier ou de jour, celui de la gauche.
Sitôt que le roi a dos éperons, s'il ne met pas l'épëe à son côté l'écuyer de jour la prend en sa garde. Si le roi do dessus son cheval laisse tomber quelque chose, c'est à l'éouyer à la lui ramasser, et à la lui mettre en main. A l'armée l'écuyer du roi sert d'aide de camp à Sa Majesté; un jour de bataille, c'est à l'écuyer à mettre au roi sa cuirasse et ses autres armes.
Premier éeuyer tranchant. 11 exerce, ainsi
que le grand panctier et le grand échanson, aux grands repas do cérémonie, comme à celui du sacre du roi, et aux jours d'une grande célébrité, tel quo serait lo jour d'une entrée du roi et de la reine.
Dans le nombre des gentilshommes servant pour le service ordinaire du roi, il y a douze gentilshommes panetiers, douze gentilshommes échansons , et douze appelés écuyers tranchant».
Les provisions do M. de la Chesnaye do Rougemont, premier écuyer tranchant en 1749, étaient de porte cornette blanche et premier tranchant.
On voit dans une ordonnance do Philippe le Bel, de 1306, que le premier valet tranchant, que nous appelons aujourd'hui premier écuyer tranchant, avait la garde do l'étendard royal, et qu'il devait dans cette fonction marcher à l'arméo « le plus prochain der- « rière le roi, portant son panon qui doit « aller eà et là partout où le roi ira, afin quo « chacun connaisse où le roi est. »
; Ces deux charges étaient possédées par la mémo personne sous Charles VII et sous Charles VIII, et l'ont presque toujours été depuis. C'était sous cet étendard royal, nommé depuis cornette blanche, que combattaient les officiers commensaux du roi, les seigneurs et gentilshommes de sa maison, et les gentilshommes volontaires.
Les marques de la dignité de grand écuyer tranchant, sont un couteau et une fourchette passés en sautoir, les manches terminés en couronne royale.
Êcuyer-bouche. La fonction do cet écuyer est, lorsque le roi mange à son grand couvert en grande cérémonie, de porter en arrivant sur une table dressée a un des coins de la salle, du côté de la porte, les plats, our les présenter proprement aux genlilsomroes servants qui sont près do la table du roi. Ceux-ci font faire l'essai do chaque plat à chacun de ces officiers de la bouche, en présence de Sa Majesté, à mesure qu'ils les leur remettent pour être présentés sur la table du roi.
Ecuyer* de la maison et de l'écurie du roi. Par édit d'Monri III, du mois de mai 1579, les gentilshommes servants de la maison du du roi, et les écuyers d'écurio devaient étro nobles do race ; et par suite on a obligé quo les écuyers de la maison du roi, de cello de la reine, de celle de Monsieur, et de M. lo comte d'Artois, ûssont preuve de 200 ans de noblesse.
Les écuyers do la maison d'Orléans et de la maison de Condé devaient faire des preuves do noblesse depuis l'an 1550, sans anoblissement connu.
f ÉLÉPHANT. — Meuble de l'écu, qui représente le plus grand et le plus fort des animaux quadrupèdes ; il a une trompe qu'il fait agir avec une adresse surprenante, et qui lui sert de main.
On dit défendu de l'éléphant, lorsque la dent de cet animal est d'un autre émail quo son corps.
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La trompe, séparée du corps de l'éléphant dans l'écu, se nomme proboscide.
Du Buisson — d'argent, au palmier de sinople ; à l'éléphant d'argent, brochant sur le fût de Tarbre. Dauphine.
Heudé deBlacy — de gueules, au palmier d'or ; à l'éléphant d'argent, brochant sur le fût de l'arbre. Champagne.
Tyr de Valduse — de sable, à un éléphant d'argent, au chef de môme chargé d'une aigle do sable.
. ÉMANCHE. — Pièce de l'écu, formée de plusieurs pointes triangulaires , mouvantes do l'un dos bords ou do l'un des angles. Il y en a aussi, mais rarement en fasco, en bande et en barre. Quelquefois l'émanche a, comme Yémanché , des demipointes mouvantes des bords ; mais elle n'occupe on largeur quo trois parties des sept de la largeur de l'écu.
* On exprime la position et le nombre de pointes et de demi-pointes de l'émanche on blasonnant. Quelques auteurs distinguent deux sortes d'émanches, l'émanche proprement dite, et l'émanche mal déployée. On entend par cette dernière, une ëmancho dont los pointes ne suivent point la direction ordinaire , c'est-à-diro , qu'au lieu de mouvoir en ligne directe de l'un des bords de l'écu» et h distances égales, elles se joignent ou s'écartent obliquement les unes des autres. Les exemples en sont très-rares.
L'émanche est une manche antique, fort large par un côté et étroite par l'autre, laquelle étant décousue et déployée, présente plus ou moins de pièces triangulaires comme enclavées dans l'écu où elle est posée ; on cet état, elle n'est plus manche, mais émanche, manica hostitis dissuta.
Les pointes de l'émanche sont réunies en leur base et ne forment qu'un tout. Ainsi, lorsque l'on rencontre dans l'écu plusieurs pièces do pointes dont les bases ne se touchent point, en sorte qu'on voit le champ jusqu'au bord de l'écu , ce n'est point une émanche, mais ce sont des girons, des pointes ou des piles, suivant leur longueur et leur position.
Gantés — d'azur , à l'émanche de quatre pièces d'or, mouvante du chef. Artois.
Gauthier — d'argent, à l'émanche do quatre pièces de gueules, mouvante du ûanc sénostro. Lorraine.
Anstrude Hulli — originaire d'Ecosse : de gueules, à l'émanche do quatre pièces d'argent,, mouvante du bas de l'écu. Bourgogne.
Quiqueran de Beaujeu — parti d'or et d'azur, & l'émanche do deux pièces de l'un en l'autre, mouvante du bas de l'écu. Languedoc.
ÉMANCHE, — se dit de l'écu divisé par éraanches de deux émaux alternés. 11 diffère de l'émanche, eu ce que l'écu émanché est divisé en deux parties égales, et qu'il a toujours des demi -pointes mouvantes des bords. Vémanché laisse au champ de l'écu quatre parties des sept de sa largeur, lorsqu'elle est mouvante des flancs, et cinq par* lies lorsqu'elle meut du chef ou de la pointe. L'émanché n'étant autre chose quo la réu-
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nion de deux émanches opposées , est le champ même de l'écu.
- Emanché se dit aussi du chef, do la faseo, de la croix, du sautoir, de la bande, du chevron, etc., divisés dans le même sens.
La Teissonnière — parti émanché do cinq pièces et une demie (for sur gueules. Bourgogne.
Lambert — coupé émanché de trois pièces do gueules, sur deux et deux demi-pièces d'argent. Paris.
Abon — fascé, émanché d'or et d'azur de huit pièces, les pointes arrondies. Dauphiné.
Hurault — de gueules, à l'écusson d'or ; au chef parti émanché de quatre pièces, et une demie du même sur azur. Barrois.
Le Lyeur de la Val — d'or, à la croix émanchée de trois pièces et deux demies d'argent sur gueules, cantonnée de quatre têtes de léopard d'azur. Champagne.
D'Argicourt — d'or, au lion de gueules ; à trois chevrons émanchés d'azurct d'argent, brochant. Picardie.
Vaudrey — de gueules, émanché d'argent de deux pièces, tranche -Comté.
Chissey — d'argent, au chef émanché do sable, chargé de trois quintefeuilles d'or. Franche-Comté.
Malleville— d'azur, au chef émanché d'argent chargé d'un lionceau de gueules.
Vernois — de gueules, émanché de deux pièces d'or. Franche-Comté.
Groion — d'azur, émanché d'or de deux pièces. Franche-Comté.
Castres (V.) — d'argent, à quatre émanchés de gueules , mouvantes du flanc sénestre de l'ecu, au chef de France. Languedoc.
Hotman — parti, émanché d'argent et do gueules. Ile de Franco.
Valut — émanché de gueules sur or, d'une pièce et deux demies. Languedoc.
Du Bois de Courceriers — émanché d'argent et de sable, du chef à la pointe. Maine.
Landas — parti, émanché de gueules et d'argent. Artois.
Baillescourt — parti, émanché d'argent et de gueules. Artois.
Gantes — d'azur, au chef émanché de quatre pièces d'or. Provence.
Fougères — d'or, au chef émanché de gueules de trois pièces. Berry.
Monlyesoie — do gueules, au chef d'or émanché de quatre pièces chargées de quatre pièces recroisettées. Franche-Comté.
Oceors — de gueules, au chef d'or émanché de trois pièces. Franche-Comté.
Du Puis — d'azur, au chef émanché d'or. Champagne.
Choisy — d'azur, au chef émanché d'or.
Rabeau — d'or, au chef émanché d'azur.
Orléanais.
Lambert — coupé, émanché de trois pièces de gueules sur deux et deux demi-pièces d'argent. Angoumois.
Bruysets — parti , émanché d'or et d'azur de trois pièces, à trois besants d'or en pointe,
HERALDIQUE. EMA 282
ou chef d'argent, à trois bouteroles do gueules. Bresse.
Du Roy — parti, émanché de gueules et d'argent , de six pièces et doux demies ; au chef d'azur, chargé d'un croissant d'argent entre six besants d'or, trois de chaque côté mal ordonnés. Guyenne et Gascogne.
Chazeron — d'or, au chef émanché de trois pointes d'azur. Auvergne et Bourbonnais.
Landas — émanché , d'argent et de gueules de dix pièces. Flandre.
Ainval — d'argent, émanché de gueules à la bande d'azur cêtoyée de deux cotices de même brochant sur le tout, brisée d'une molette d'azur au cêté sénestre. Picardie.
Papus — émanché d'or et do gueules, coupé de sablo, à l'aigle d'argont. Languedoc.
Assé — émanché d'argont et de sablo de huit pièces. Ho de France.
Bérail — parti, émanché de gueules et d'argent. Guyenne et Gascogne.
Melat — coupé , émanché de gueules et d'argent, les trois pointe* émanchées do gueules, aboutées d'autant de roses on fasce abaissées. Dauphiné.
EMAUX. — L'or, l'argent, le rouge, le bleu, le vert et le noir, ont été employés do tout temps comme marques de distinction dans les armées. On en peignait les boucliers des soldats et les drapeaux de guerre. Les quatre factionsdu cirque, qui furent l'origine des tournois, se distinguaient entre elles par le blanc, le rouge, le bleu et le vert. On y ajouta l'or pour Tes armes des princes et des capitaines, le noir comme signe de deuil, et ces six couleurs, d'abord seules employées en armoiries, reçurent le nom d'émaux, parce qu'on peignait les armoiries en émail sur les meubles, particulièrement sur les vases d'or et d'argent et sur les armes.
Dans la Chronique de Louis II, duc de Bourbon, ch. 9, il est dit du connétable Duguesclin, « à son partir lui donna le duc un bel banat d'or émaillé de ses armes. » • Dans l'inventairo des meubles de la chapelle du roi, fait sous Charles VI, le 13 décembre 1420, on lit : « Item, un calice d'or où a au pied d'iceluy un sauveur éraaillé ; et la verge et le pommeau émaillez d'azur semez de fleurs de lys d'or, et en la platine un rond émaillé d'azur. »
Les hérauts des princes portaient des plaques émaillées des armoiries de leurs maîtres, et c'est ce qui fit donner le nom d'émail à ces plaques. On lit à l'article 29 des statuts de l'ordre de Saint-Michel : « Il y aura un officier nommé le héraut roy d'armes appellé Mont -Saint- Michel , lequel sera homme prudent et de bonno renommée, sçachant et expert à l'office auquel on baillera un émail qui sera dudit ordre et le portera toute sa vie, et luy mort, ses hoirs seront tenus le rendre au trésorier de l'ordre, sinon qu'il eut été perdu en aucun voyage ou fait honorable. »
Les hérauts portaient sur ces émaux, nonseulement les armoiries de leurs souverains,
tëz EMA DICTIONNAIRE
mais encore celles do plusieurs chevaliers, comme nous l'apprend Froissard au Ht. ui, chap. 38, de ses Chroniques.
Le mot émail vient du latin maltum et smallum, d'où les Italiens on fait etmalte et les Espagnols smalto.
Les émaux du blason sont de deux sortes, métaux et couleurs. Les métaux sont au nombre de deux seulement, l'or et l'argent, auxquels on a laissé leurs noms. Les quatre couleurs:, auxquelles on en ajouta plus tard une cinquième, sout le rouge, nommé eu armoiries gueules; le bleu, mur; le vert, sinople; lo noir, table; et une dernière couleur assez indécise et qu'or» appelle pourpre. (Voir ces dill'érents mots.)
Le* Français sont les seuls qui se soient servis de termes particuliers pour désigner les émaux du blason. Les Anglais, qui ont occupé si longtemps une grande partie do la Franco, nous ont, il est vrai, imité en cela, mais les autres nations n'employèrent jamais que les expressions ordiuaires à 1'exeoplion toutefois du mot osur, qu'où rencontre assez souvent ehea les Italiens et les Espagnols.
En France, les deux termes les plus anciens sont azur et gueules; on les trouve souvent dans le tournoi d* Clauieey qui est de 1285 :
A a clief des raiis vi chevauchant lia chevalier preux en saichant D'or et de gueules Tu bandez Lambiaux d'azur el bezanlez.
Nous reproduisons ici la dissertation de ]>u Gange sur l'origine etjl'usage des couleurs et des métaux dans les armoiries.
La cotte d'armes a esté le vêtement le plus ordinaire des anciens Gaulois : il estoit appellé par eux tagum (1), d'où nous avons emprunté le mot de sage ou sayon. Sa forme estoit comme celle des tuniqaes de nos diacres, et même quelques-uns de nos auteurs lui en donnent le nom. Pour l'ordinaire elle ne passoit pas les genoux, ainsi quo Martial a reinanrué,
(î) IHmidiatqve natet Gallica palla îegit.
Ils s'en servoient en temps de guerre pardessus la cuirasse, do même que les chevaliers frnneois de la cotte d armes, qui a retenu cette appellation parce qu'elle so mettoit pareillement dessus les armes, à l'exemple des anciens Grecs, qui usoienl d'un semblable vêtement pardessus la cuirasse, appellé pour ce sujet <j«9'.>/>ewi3»ov, et iriciOuf «xt8<o«, dans Plutarque (3),duquol nous apprenons que son principal usage estoit à l'etfet de reconnoitre les cavaliers des deux partis. II est fait mention de ces colles d'armes dans quelques auteurs grecs du moyen temps, qui les appellent d un terme grec barbare, tantôt ('*) Jwelwpcxto*, tantôt ino»»xlîfccvov, parce qu'on s'en revétoit par dessus
1) BayfTde Re veat.
2) L. i, rp. 97.
5) Plut, in Artax.
(4) lUgalt. el Meurs, iu opéra Glose.
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la cuirasse. Tretzes les représente fendues ainsi qu'estoient les cottes d'armes (1).
Les François se servoient dans les commencements d'une sorte de vêtement, ou do manteau qui leur estoit particulier, qui, estant mis sur les espaules, venoit jusques en terre par devant el derrière, et par les côtez à peine touchoit aux genoux, qui est la forme du manteau roval de nos rois aux jours de leurs sacres. Mais depuis qu'ils passèrent dans les Gaules, ils quittèrent celle sorte d'habit et prirent la colle d'armes, ou le sayon des Gaulois, acanse que leur usage leur semble plus convenable à la profession qu'ils fa i soient de la guerre, et moins embarrassant dans les combats : Quia bellicis rébus aptior videretur ille habitus. Ce sout les termes du moine de Saint-Gai (2).
Toutefois, comme la nouveauté plaît et que les François sont naturellement portés au changement, ils portèrent quelquefois les colles d'armes plus longues, et jusques à mi-jnmbes, et même jusques au talon.
C'esl ai nsy que Nicetas représente la cotte d'armes du prince d'Auliochc, seigneur françois, au temps du tournoy qu'il lit à Anliocbe à l'arrivée de l'empereur Manuel Comm ue. « Il estoil, dit-il, monté sur un beau cheval plus blanc que la neige, revêtu d'une colle d'armes fendue des deux côtez, qui lui battoit jusques aux talons: «pm*ôpt-
xitimm 3u«?x««tov itotmtni (3). » El Froissart nous dépeint Jean Chandos, chevalier anglais, « aornéd'un grand vestemenl qui lui bailoit jusqu'à terre, armoiô de son armoirie, d'un blanc saint, à deux paux aiguisez de gueules, l'un devant, l'autre derrière {k).» La Chronique de Flandres, parlant de l'empereur Henry de Luxembourg: ■ Et fut monté sur un grant destrier, et avoit veslu un tornicle d'or (tunica) a aigle noir et deux manches liées qui alotent jusques sur la main ; et ce tornicle luy |>endoit jusqu'à my-jambe (5). «Cette forme de cotte dermes longue se remarque souvent dans les anciens sceaux. Saint Bernard aainsy parlé de celles des chevaliers du Temple : Operitis equos sericis, et pendulos nescio quoi panniculos loricis susperinduitis, depingitis nattas, clypeos, et sellas (6), etc.
Mais parce nue cette sorte de vêtement estoit pn'sqne le seul où les seigneurs, les barons et les chevaliers pussent faire éclater leur magniticenco, acause qu'il cachoit le surplus des autres habits et les armes, ils les faisoient ordinairement de draps d'or et d'argent, et de riches pannes ou fourrures d'hermines, de raarthes zcbellines, de gris, de vair, et autres de cette nature. Et c'est di s cottes d'armes qu'il faut entendre Albert, chanoine d'Aix-la-Chapelle, lorsqu'il décrit les accoôtremenls de Godcfroy de Bouillon et des autres barons françois quand ils vic-
(1} Treti. ad Hesiod. opéra.
Monach. Sangall. lib. i, cap. 36.
(5) Niccl. in Ma», lib. m.
Il) Froiss. loin. cap. 377.
(5) ChroD. de Fland. chap. ol.
(«) S. Bernard, in exhort. ad tnilU. lempli, cao. 1
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rent se présenter devant l'empereur Alexis Comnene, écrivant qu'ils y parurent in splendore et ornât u pretiosarum vestiuw, tam ex ostro quant aurifrigio, et inniteo opereharmellino,et exmardrino,grisioque et vario.quibus (i al lorum principes précipite ut uni m lit ailleurs racontant une- détaile des François, il dit que les iulidèles y tirent un grain! butin, et emportèrent molles vestes, pelliceoa varios, griêios, harmtUinos, mardrinos, ostra imtumerabilia auro ttxto mûri decoris, operis, et coloris (2).
L'abus qui se glissa avec le temps dans le port de ces draps d'or et d'argent, et de ers riches fourrures vint à un tel excès , particulièrement dans les occasions de la guerre, et aux voyages d'outre-mer, qu'on en interdit l'usage comme estant une dépense superflue et de nul fruit. En celuy que le roy Philippes Auguste, et Richard, roy d'Angleterre, entreprirent Tan 1190, entre les ordonnances qui furent dressées, pour établir l'ordre dans la milice, il fut arrêté
3ue l'on s'abstiendroit h l'avenir, dn port e l'écarlate, des peaux »!o vair, d'hermines et de gris, (font la dépense estoit immense, et plus vaine «pie nécessaire (3) : Stntutum est etiam quod nullus varia, ref grisio, rel sabellinis, velescartelis ulatnr. Il semble que cet ordrefutencore observé sous le règne de saint Louys , qui en ses voyages d'outre-rucr , s'abstint de porter l'écarlate , le vair, et l'hermine, ab illo enim tempore unquam indutus est scarlelo , ref pnnno riridi , seu bruneto, nec petlibus tnrtis, sed reste nigri coloris, tel camelini , seu persei. Le sire de JoinvUte rend le même témoignage, écrivant « qu'onques puis eu ses abits ne voulu porter ne menu vair, ne gris, ne escarlate, ne eslriefz, et espérons dorez (V) .» Kt ailleurs il assure que tant qu'il fut outremer avec ce saint roy, il n'y vit pas « une seule cotte brodée. »
Comme cet abos continuoit, et qu'il n'y a voit personne qui ne s'incommodât pour se couvrir de ces pannes exquises , on fut obligé, en Angleterre, aux deux |>arlemens qui fuient tenus à Londres, l'an 1334 et lan 1363 (5), de faire défense à toutes personnes qui de pourraient dépenser cent livres par an, n'user de fourrures. C'est ce
Jui a donné sujet a deux auteurs alemans e se plaindre de cette manie qui avoit cours de leur temps : Ad morturinam testent anhefamus quasi ad summum bentitudinem (u). C'estoit particulièrement dans les occasions de la guerre, où les grands seigneurs faisoient paraître leur magniQcence dans la riehesse des babils et des cottes d'armes.
(U Albert Aq.Jib. n. cap. 16.
(2) Ibjd., Hb. v, cap. 20.
ftï Guill. Neubr., hb. m, cap. 22; Guill.,de Naug., p> 346; Gaufif. de Bdloloc., cap. 8.
(i) Joinville.
Tho. Walsinb., in cJil. 111.
(o) Heluiod-, lib. i, cap. I. Adam Breni., c. 227.
Guillaume de Guigneullc, moine eCbail-
lis :
Ou sont bannières desploiees, Oh sont hyauines et Iracbinets, Ty m tires et vestus veines, A or battu et à argent, Et a autre comitoiement (I).
Ce n'est pas pourtant que j'estime que Ton ait seulement commencé à porter ces riches fourrures depuis les guerres saintes : estant trop constant que les François en ont usé dès le commencement de la monarchie.
Euuinard écrit que Charlemagne estoit ordinairement vêtu à lafrançoise: Vestitu patrio, hoc eut Francico ut'ebntur, et que durant Phyvor, ex petlibus (utrinis thornee confecto humeros ac pectus tegebat (2). D'où nous apprenons que les anciens François so servoient de fourrures dans leurs vêtements comme les autres peuples septentrionaux.
Rililius Numatiatus (3;, Clodian (V\ et Sidonius (.i), nous représentent les Gotlis et leurs rois tout fourrez et estant appelez pelliti reges. Le même Sidonius témoigne la mémo chose des Bourguignons (6). Oiïon deCluny dit que Geraud, comte d'Aurillac, testimenti* petliceis super testibus utebatur, quia genus islud indumenti soient clerici ticissim et laici in usum haltère (7). A quoy se rapporte co passage d'Yves, évesquo de Chartres, écrivant qu'Kstien îe qui se vouloit conserver en l'évéehé de Beauvais, avoit attiré la plûpart des chanoines à son parti par Io présent qu'il fit à chacun d'eux de ces riches fourrures : Qttos sibi pelticulis peregrinorum murium, atque aliis hujustnodi vanitatum aucupiis inescaverat (8). Roger de Houeden dit que l'évesque de Licolne estoit obligé de présenter au roy d'Angleterre par forme de reconuotssaiice un manteau do martes zebellines (uj.
Quelques sa vans se sont persuadez avec beaucoup de fondement que les herauds ont empruntés de ces cottes d armes les métaux, les couleurs et les pannes, qui entrent en la composition des armoiries. Le savant Marc Velser est un des premiers qui a avancé cetlo opinion en ces termes : Atque ego compertum habeo pleraque insignia quorum meri colores, ex militari primo habit u manasse : seu (quod hactenus eodem recidit) in militum taga migrasse ex clypeis (10J. Henry Spelman, auteur anglais, l'a aussi touchée en son Aspilogie, lorsqu'il écrit que ces riches peaux ont donné heu aux gentilhommes d'en emprunter Ils couleurs pour les mettre dans leurs écus et dans leurs armoiries : Sœpenumero
(Il Guill. de Guig.,en son roman m de l'humaine lignée.
2) Lguiu, in Car. Magn.
3) Rutil., lib. i. •
4) llin. Claud. in Ruf.
5) Suton., lib. vu.
6) Sidoi»., lil». v, cp. 7. m T, Otlo Uun., lib. u de Vita S. Geraldi, C 5.
8) ho Carn., en. 101.
Hoved., an. 1195.
(10) Velsel., lib. iv Rer. Aug.
pelles quœdam,quibus alias ad honorem et insignia induebantur proceres, et loretn clypeis subministrant armellinorum et zebelhnorum (l).Et après ces grands hommes, l'un de nos auteurs françois l'a encore avancée, sans la prouver, non plus que les autres, écrivant que « c'est par les vestemens qu'on a introduit l'usage du blazon, c'est-à-dire, la pratique des métaux, couleurs, et fourrures, et les termes et les règles, particulièrement pour le comportement des armoiries observéos par les herauz jusques en ce temps (2). » Cette opinion est tellement plausible, que je ne fais pas difficulté d'avancer que c'est effectivement de ces cottes d'armes qu'il faut tirer la source et l'origine des métaux, des pannes, et des couleurs qui composent aujourd'hui les armoiries. Mais comme elle pourroit surprendre d'abord, si elle n'estoit accompaguée do preuves authentiques, je me propose do continuer cette dissertation et de prouver, que ce que nous appelions vulgairement couleurs en termes de blazon n'est pas une simple couleur, comme on a crû jusques à présent, mais une panne, ou fourrure ne plus ne moins que l'hermine et le vair, que l'on baplize de ce nom. Car quant aux deux métaux qui entrent dans les armoiries, il n'est pas bien difficile de concevoir qu'ils n'ont esté tirez que des cottes d'armes faites de drap d'or et d'argent.
Entre les peaux et les riches fourrures, dont les auteurs du moyen temps ont fait mention, sont celles de vair, d'hermine, de
S ris, du martres ou martes, et autres reprises ans les vieilles ordonnances du péage de Paris, sous le titre de Pelleterie dans la coutume de Normandie (3), dans le Compte d'Estienne de la Fontaine, argentier du Roy , du l'an 1351, qui est en la chambre des Comptes de Paris, et dans divers auteurs. Toutes ces fourrures sont reconnues vulgairement sous le terme général do pannes, qui est un vieux mot français encore eu usage parmy nous, pour marquer la fourrure, ou fa doublure d'un manteau, et qui est particulièrement donné à plusieurs étoffes de soye, ayant le fil long à guise de peaux, auxquelles elles ont succédé, fusage des fourrures ayant cessé. 11 se trouve en toutes rencontres dans Froissart (i), Monstrelct (5) et autres auteurs de ce temps là, lorsqu'ils font un dénombrement des meubles les plus précieux. Nos poètes l'emploient aussi souvent, comme le Roman de la Rose, Guillaume Guiart, Martial d'Auvergne en ses krrests d'amour, le Reclus de Moliens et autres. Quelques écrivains latius l'ont tourné par celuy de parmi**, et entre autres Geoffroy, prieur de Vigeois, en sa Chronique (6), en ce passage : Barones tempore prisco muni/ici largitores vilibus utebantur pannis, adeo ut Eustorgius episcopus vicomesLemovicensis, et
i) Spebn. Aspilog., p. 76.
i) Charles Segoiog en son Trésor héraldique. 3} Cousl. de Norra., chap. 602.
>) Froiss., tom. I, ch. 36; ton». 11, ch. 117; lom 111, ch. 70.
î«) Monstrclet, tom. II, p. 78 (6) Ch. 74.
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vicecomes Combornensis arietinis ae vulpinis pellibus aliguoties uterentur, quas post illos médiocres déferre erubescunt.
Je ne prétends pas in'étendre sur toutes les riches fourrures dont les grands seigneurs se revétoient. Je me renferme seulement en la déduction do celles- qui entrent dans la composition des armoiries , dont il y en a deux, qui passent, et sont reconnues sous le nom de pannes, sçavoir l'hermine et le vair; et les cinq autres sous le nom de couleurs, quoy qu'effectivement ce soit pannes, comme le vair et l'hermine, qui est ce que je prétends justiûer après que j'aurai dit quelque chose des deux premières que les herauds ont toujours qualifié pannes et fourrures, acause peut-ôtre que les pannes de gris, de gueules, de sinople, de sable et de pourpre estant simples de leur nature et sans mélange d'autres peaux et de figures, elles ont passé avec le temps pour les simples couleurs dont on se servait pour les exprimer dans les écusi ce que l'on no pouvait pas faire de l'hermine et du vair, parce
Su'estant des peaux composées, ou du moins iversifiées par la couleur de leur poil, on a estéohligé de conserver leurs noms mêmes dans les blazons des écus.
L'hermine est un petit animal de la gran deur et de la forme d'un grand rat, et en effet est une espèce de rat, ainsi nommé par les naturalistes tant Grecs que Latins. Son museau est pointu et affuronnô, sa peau d'une extrême blancheur, à la réserve du l'extrémité de sa queue qui est noire.
Pline (1) écrit que cos animaux se tiennent cachez tout le temps de l'hyver dans leurs tannieres, et qu'ils ont le goût excellent. iËlius (2) dit qu'ils ont une connoissance de l'avenir et que lorsqu'ils prévoient quelque ruine de balimeDt, ils s'en retirent, il ajoute ailleurs, que dans une isle du Pont-Euxin, nommée Héraclée parce qu'elle étoit dédiée à Hercules, il y avoit un grand nombre do ces rats, qui avoient du respect pour cette divinité, ne touchant à aucune chose de ce qui lui estoit consacré. Un heraud d'armes qui vivoil sous l'empereur Frédéric d'Austriche et Henry roy d'Angleterre, en un Traité qu'il a fait du devoir des herauds, remarque une autre propriété de cet animal, qui est, qu'il appaise les autres bêtes qui sont en dissension les unes avec les autres et que lorsqu'il ne peut les accorder, il se conserve dans la neutralité. Saint Hierôme parle en quelque endroit de l'odeur agréable des peaux de ces rats, odoris autem suffitus, et dxversa thymiamata amonum, cyphi, œnanthe, muscus, et peregrini mûris pellicula (3). Sigismond d'Herberstin, en sa description de la Moscovie (i), nous apprend qu'il y a dos saisons de l'année, ou les hermines ne sont pas si blanches ; et comme on les débite or-
(1) Plia., lib. vin, c. 37.
(2) iElian., de Anim. lib. vi, c. 40, 41 ; V». hisl. lib. i, c. 11.
(3) S. Hier., lib- u, contra Jovin.
4) Pag. 44.
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dinairement renversées, il y a dos marques à la teste et à la queue qui font juger aux marchands, si elles ont esté prises en bonne saison.
La peau d'hermines a esté emploiée de tout temps à usage do fourrure, cl a esté en grande estime parmy tous les peuples pour son extrême blancheur. Les roys et les princes en ont usé comme de l'une des plus exquises, et s'en sont revêtus dans les grandes cérémonies : et les grands seigneurs en ont fait des cottes d'armes, qu'ils ont portées dans les armées. D'abord on se contenta t do joindre toutes ces petites peaux et de les joindre ensemble, en laissant pendre les queues, dont les extrémités qui sont noires formoient celte diversité de couleurs qui se rencontre en la panne d'hermines. Ces peaux Ainsi ajustées so it appellées par Amruian, dans le passage que je rapporterai incontinent, pelles syhestrium murium consareinatat (I). Ce qui a donné sujet auxherauds de blazonner l'hermine d'un seul nom, sans exprimer le blanc et le noir, la nature de cet animal estant telle, que sa peau est naturellement diversifiée de ces deux couleurs. Mais depuis pour rendre cos fourrures plus unies, on a retranché les queues, et on a moucheté celte grande blancheur de petits morceaux de peaux d'agneaux de Loin hardie, qui sont fort noirs, avec une observation des distances; en sorte que ce noir ainsi entremeslé servoit à rehausser la bhneheur naturelle de la peau de cet animal.
Kntre les peuples qui ont le plus usé de ces peaux, ont esté ceux d'Arménie, lesquels suivant l'aulorilé de Julius Pollux, avoieut un vêtement tout particulier, appellé par les Grecs j^u-toc parce qu'il estoit lait de peaux de rats, qui naissent en ce pais là.
Ap . tvi -v Si ô fiv:>xà{, i ix uuiv rtiv Kup uvroî; »uv-
tpKTptvo; (2). Alcuin semble avoir exprimé la force de ce mot, nu poëme qu'il a fait deCbar- J<?inagne, où parlant de Berte sa fille, il dit qu'elle avait à l'entourdu col une peau qu'il appelle murina, c'est-à-dire une peau d'hermine ou de rais de Pont (3).
Laclea quippe ferunt preliotam colla murinam. C'est de l'Arménie que ces petits animaux onl emprunté le nom qu'ils ont aujourd'hui; car, comme ils ont esté appeliez premièrement rats de Pont, mures Ponlici, non que ce fust un rat de mer, ainsi que la Colombien) a mis en avant en sa Science Héroïque (Vj; mais parce que les peaux esloient apportées en lunope, ou de celle isle dont yElian parle aux lieux que j'ai citez, et qu'ailleurs (3) il semble placer près de l'embouchure du Danube, ou plutôt, ce qui est plus probable, de la province du Pont en Asie; ainsi dans les derniers siècles, on les a nommez rats d'Arménie, ou du moins on a joint cet adjectif à leurs peaux, parce que
. (\) Ammian., lib. xxxi.
(i) Pollux, lil>. vu, c. 13. (5j Alcuin., Hist. Fr.,loin. Il, p. 103. <4) Pag. 43, 4tf.
l-N) Pc Aniin., lib. xir. c. 23.
Diction x. Iléaunioi b.
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le débit s'en faisoit en cette province là, et aeausc quecesanimaux v prennent naissance: d'où vient qu'on appelloil ces peaux vulgai renient peaux d'Arménie ou comme l'or» parloit anciennement en France, peaux des Hennins ou d'Hermins, c'est-à-dire, des Arméniens, parce (pie ces peuples avoient coùtimie de s'en revêtir, suivant l'autorité de Pollux. Car en vieux François on disoit Hcrmrnie au lieu d'Arménie, et Hermens au lieu d'Arméniens. Ville-Hardoùin parlant de Lonn premier roy d'Arménie, ou de la Cilicie, le qualifie de sire des Hermines, ou lui-mémo en quelques e pitres, qui se voient parmi celles du pape Innocent III (1), se dit dominus omnium Armeniorum. Tudebod (2) se sert toujours du mot d'Hcnncnii nu lieu de celui iï'Armenii. L'auteur de la vie de Louis le <ii os: Y encrant innuxilinm soldant le oniensi s Turci duarum Hermeniarum (3).Froissarl Ik) s;> sert souvent aussi du mot d'Hermente, au lieu d'Arménie; comme encore l'auteur du roman de Caria de Loheraus :
Gc le donrai mon peliçon hennin, El de mon col le inanlel (enclin.
Kt ailleurs :
Sire, assis l'ont Sarazin et Persent, El Itox et Hongre, et Hennin et Tirant.
Quelques écrivains Latins qui ont parlé des peaux d'hermines les nomment hermellines, comme Pierre Damian (5), Alberl d'Aix (G), et entre les recens, Paul Jove et Alexandre Guaguinen leursdescriptionsde la Moscovie, d'un terme usité par les Italiens, pour signifier quelque chose venant d'Arménie : dont ils se servent encore pour exprimer l'abricotier, appellé par les latins malus Artneniaca lui donnant le nom d'ormellino. Les Espagnols nomment les hermines, arminos, d un terme plus approchant du latin armenia.
Or, il n'est j>as sans exemple que les riches fourruros qui ont esté en usage parmi les grands, aient esté reconnuës du seul nom adjectif des provinces où elles se debiloient et d'où elles s'apportoient, sans spécifier lo nom ni l'espèce de l'animal. C'est ce que je vais faire voir incontinent, lorsque je parlerai des martes zebellines. Ce qui n'a pas esté seulement en usage dans les derniers siècles, mais encore a eu lieu dans l'antiquité. Car je remarque que ces mêmes peaux d'hermines ont este eutrefois appellées peaux de Babylonc, parce qu'elles se débitoient en celte capitale de I Assyrie, qui est voisine de l'Arménie. Le jurisconsulte Marliau (7) en fait mention, comme aussi saint Hierôwe (8) en l'une de ses épltres. Le Glossaire greclatin dit que beveventanum estoit une especo de peau de Babylouc, B«6vi«vu«w (D).
(I) Apud Odor. Rainai.
(i) Tudebod., lib. u, p. 785, 784, etc.
(3) Cesta Lud. VI, c. 6.
(4) Froiss., loin. IV, c. 79, etc.
(3) Pelr. Dam., lib. u, ep. î.
Albert. Aq., lib. u.