GRANDS OFFICIERS DE LA COURONNE
— (lj Les grands ofiieiers de la couronne, et quelques ollicicrs de la maison du roi, avaient pour marques de leurs emplois certains ornements déterminés dont ils accompagnaient l'écu de leurs armoiries; et il est souvent très-important de savoir reconnaître et distinguer ces sortes d'emblèmes. Les détails qui vont suivre eussent peut-être été mieux placés à l'article Ornements extérieurs des armoiries ; mais leur étendue nous a déterminé à les insérer ici sous un titre qui les désigne suffisamment aux chercheurs.
Nous avons eu France une notion très-
(1) Nous empruntons cette notice sur les grands officiers, au liictionnaire encyclopédique de ta noblesse de II. de Sainl-Allais, qui lui-même en avait pris la meilleure partie dans le I». Anselme; non pas assurément qu'elle nous paraisse la mieux faite qu'on puisse donner, mais parce qu'elle renferme, sur les fonctions de plusieurs de ces urauds ollicicrs, certains détails que nous avons tout lieu de croire exacts, et qu'on trouverait difficilement réunis ailleurs. — On parle souvent dans cet article de choses qui n'eiislcnt plus, et pour les bien entendre il faut se reporter au\ temps qui ont procède la révolution française.
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vague do co qu'on nomme les grands-officiers de la couronne. Ou s'imagine naturellement que ce sont ceux à qui leurs charges donnent le titre de grand, comme grandécuyer, grand-échanson; mais le connétable, les maréchaux de France, le chancelier, sont grands-officiers, et n'ont point le titre de grand, et d'autres qui l'ont ne sont point réputés grands -officiers. Les capitaines des gardes, Tes premiers gentilshommes de la chambre , sont devenus réellement de grands-officiers, et ne sont pas comptés pour tels par le P. Anselme; en un mot, rien n'est décidé sur leur nombre, leur rang et leurs prérogatives.
La nature toute spéciale do l'ouvage dans lequel entre celte notice nous dispense en quelque sorte d'entrer dans cette discussion, et nous n'avons à donner ici que la liste et les fonctions des officiers qui portaient les marques de leurs emplois comme ornements extérieurs de leurs armoiries.
Les grands officiers de la couronne n'étaient autrefois qu'otticiers de la maison du roi. Us étaient élus le plus souvent par scrutin sous le règne de Charles V , et dans le bas âge de Charles VI par les princes et seigneurs, à la pluralité des voix. Les pairs n'en voulaient pas souffrir avant le règne de Louis VIII, qui régla qu'ils auraient séance parmi eux. Son arrêt, donné solennellement à Paris on 1224, dans sa cour des pairs, portait, que suivant l'ancien usage et les coutumes observées dès longtemps, les grands-officiers de la couronne, savoir : le chancelier, le bouteiller, le chambrier, etc., doivent se trouver au procès qui devait se faire contre un pair de France pour le juger conjointement avec les autres pairs du royaume ; en conséquence ils assistèrent tous au jugemenld'un procès delà comtesscdeFlandre.
Il parait que sous Henri 111, les grandsofficiers de la couronne étaient le connétable, le chancelier, le garde des sceaux, le grand maître, le grand-chambellan, l'amiral, les maréchaux de France et le grand-écuyer.
Ce prince ordonna en 1577, par des lettrespatentes vérifiées au parlement, que les susdits grands-officiers ne pourraient être précédés par aucun des pairs nouveaux créés.
Les honneurs de la cour étaient accordés aux descendants des grands-officiers de la Couronne, des maréchaux de France et des ministres.
Sénéchal de France. Les sénéchaux de Franco étaient les plus anciens ollicicrs et les plus considérables de ceux qui avaient servi sur la fin de la seconde, et dans le commencement de la troisième race de nos rois; quoique l'on trouve cet oftice établi dans la première race, il était alors subordonné aux maires du palais, et sous la seconde aux ducs et princes des Français. Ces deux grandes dignités éteintes , celle de sénéchal devint la première et la plus considérable du royaume; ses fonctions ne lurent plus bornées, comme auparavant, à l'administration des revenus de la maison des rois. Les sénéchaux commandèrent les
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M-mées, rendirent la justice, et eurent fie premier rang d.ms la maison royale ; et depuis nue nos rois enl commencé à faire signer leurs chartes par leurs grands olliciors, le sénéchal a toujours signé le premier. Le connétable et le grand-maltre de la maison du rei semblent s'être partagé les fonctions du sénéchal quand cette dignité fut éteinte. Thibaut, dit le Bon, comte de Blo 's et de Chartres, mort en 1191, fut le •dernier sénéchal, et les chartes données par les rois, jusqu'en 1202, portent dassifero nullo, dassiferatu vacante, comme si celle charge n'eût pas encore été éteinte, mais vacante. Hugues de Cleérs, «lu valier angevin, qui vivait du temps du roi Louis le tiros, nous a donné un petit traité des droits, des fonctions, et de l'auloiité de cette grande charge, sans nous en faire connaître l'origine; il dit qu'elle a élé longtemps héréditaire dans la maison des comtes d'Anjou. Ce traité est devenu publ.c par les soins du P. Sirraone, jésuite, qui l'a fait imprimer avec ses notes sur les lettres de Geoffroy, abbé de Vendôme, page 98. et M. Baluze l'a donné après lui dans le quatrième livre do ses Mélanges, page M9. M. Biguon dans ses notes sur Marculfe, liv. u, chap. o2, remarque que la dignité de sénéchal de Fiance fut reconnue la première du royaume sous le rè -ii" du roi Philippe 1*'.
Connétable de France. Le titre de comtes qu'avaient ceux qui commandaient dans les provinces de l'empire romain, était aussi donné aux ofliciers qui remplissaient les principales charges publiques; il y avait des i-omtes de l'annone, du trésor, du palais, des domestiques , et cette qualité était distinguée par les fondions des oflices auxquels elle avait rapport. La monarchie française, en s 'établissant sur les ruines de ce vaste empire, a suivi longtemps lus mêmes usages et le même gouvernement; elle s'est servie d'ofùeiers qui avaient les mêmes litres et les mômes fonctions ; et s'il y a eu de la différence, elle n'a été que dans les noms : ceux de sénéchal el de maréclial en sont une preuve : c'étaient les mêmes fonctions exprimées sous des termes différents, et le nom allemand qui leur avait été donné u'y avait rien changé. Le comte de l'estable, cornes ttabutt, depuis nommé conslabulus , connestabilis, connestable, était du nombre de ces grands officie»] il avait autorité Milles écuries et les chevaux du roi, el les maréclumx étaient sous lui comme les premier! écuyers de nos rois. Les personnes d'une valeur et d'une prudence distinguées* qui ont rempli « elle charge, ont quelquefois engagé mis rois à les charger dits affaires les plus importantes de l'Etat, et du commandement de leurs armées el do leurs Hottes. Ainsi Cbarlemegne envoya Burchard, son connétable, en Corse, l'an 807 , pour défendre cette Ile contre les Maures; il les battit en Hier, en lit périr beaucoup, et leur prit treize vaisseaux ; mais ce n'était qu'une commission passagère qui ne regardait que celui qui en était chargé personnellement; Diction. Hkrvi.diqle.
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et Hincmar ue donne pas une grande idée de celle charge, lorsqu'en parlant des trois ofliciers qui étaient principalement chargés du soin do la main des rois, il ajoute : Quœ videliect cura quanquutn ad bolicularium, vel ad comitem stabuli pertineret, fnarima tamen cura ad tenescatcum retpiciebal , eo quod omnia cœtera, prœter polus tel victus eaballorum, ml euinaem $me$calcnm pertinebat. La fonction de connétable, sous la première et la seconde race de nos rois, élait donc d'avoir le commandement de l'écurie, et elle n'était point différente de celle du grand écuyer et du premier écuyer. Cette charge est devenue plus considérable sous la troisième race; le connétable signait, comme grand officier, les lettres do nos rois, sous le règne de Philippe I", el Matthieu, II* du nom, seigneur de Montmorency, pourvu de cette dignité sous celui de Louis VIII, l'a si fort élevée, qu'elle élait devenue la première de la couronne ; le connétable était, après le roi, le chef des armées de France. Il commandait à tous les généraux, même aui princes du sang, et gardait l'épéc du roi qu'il recevait toute nue, et dont il faisait hommage aux princes.
Le roi lui-même, s'il était à l'armée, no devait marcher aux ennemis quo par lu consed du connétable, et les autres combattants que par son ordre; aussi était-il du plus secret et étroit conseil du roi; et les anciens titres portent expressément que le roi ne devait ordonner de nul fait de guerre, sans le conseil du connétable, autant que celui-ci pouvait être près de sa personne.
Cette charge n'était que personnelle et non héréditaire, le roi y nommant qui il lui plaisait. Le connétable réglait tout ce qui concerne le militaire, comme la punition des crimes, le partage du butin, la reddition des places, la marche des troupes, etc. Il avait un prévôt de la eonnétablie pour juger les délits commis par les soldats. Celle charge fut supprimée par Louis XIII, en 1627. Cependant, au sacre des rois, un seigueur de la première distinction représente le connétable ; le maréchal d'Kstrées en lit les fonctions au sacre de Louis XIV, et le maréchal de Villars à celui de Louis XV. Son autorité et juridiction particulières ont été exercées par le corps des maréchaux de France, sous le nom de tribunal de la eonnétablie, qui se tenait à Paris sous le plus ancien des maréchaux. Depuis la suppression de la charge de connétable, on avait imaginé en France un nouveau titre militaire, qui était le maréchal général des camps et armées du roi; mais il s'en fallait beaucoup que l'autorité de cet officier fût aussi élendue que l'était celle de l'ancien connétable.
Aux entrées des rois, le connétable marchait le premier devant Sa Majesté, tenant l'épée nue.
On ne pouvait offenser le connétable sans être criminel de lèse-majesté, comme il a été jugé en 1392, contre Pierre de Craon, qui avait attenté sur la vie d'Olivier de Clisson.
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Le connétable portait pour ornements intérieurs, de chaque coté de son écu, ino énée nue la poinle en haut, tenue d'une main droite ou dcxtrochère, armée d'un gantelet, sortant d'une nuée.
Serment du connétable. « Vous ji»rcz Dieu le Créateur, par la foi et te loi que vous tenez de lui et sur votre honneur, nue en l'office do conneslable de France, duquel le roi vous a présentement pourvu , cl dont vous lui faites hommage pour co dû, vous servirez icelui sieur, envers et contre tous qui peuvent vivre et mourir , sans personne quelconque en excepter ; on toute chose lui obéirez comme a votre roi et souverain seigneur, sans avoir intelligence, ne particularité è quelque personne que ce soit, au préjudice de lui cl île son royaume, et q s'il y nvo:t pour le temps présent ou avenir, communauté ou personne quelconque, soit dedans ou dehors le royaume de France, qui s'élevnst ou vonloist faire ou entreprendre quelque chose contre et au préjudice dicelui sondit royaume, et des droits de la couronne de# France, vous l'en avertirez, et y résisterez de tout votre pouvoir, et vous y emploierez comme conneslable de France, sans rien épargner, jusques à la mort inclusivement ; et jurez et promettez de garder cl observer le contenu es chapitres cl forme de fidélité, vieux et nouveaux. »
Chancelier de France. C'est le chef de la justice et du tous les conseils du roi. II est le premier président né du grand conseil : il peut aussi, quand il le juge à propos, venir présider daus tous les parlements et autres cours ; c'est pourquoi ses lettres sont présentées et enregistrées dans toutes les cours souveraines.
Il est la bouche du roi el l'interprète de sa volonté : c'est lui qui les expose dans toutes les occasions où il s'agit de l'administration de la juslico. Lorsque-le roi tenait son ht de justice au parlement, le chancelier était audessous de lui dans une chaise à bras, couverte de l'extrémité du tapis semé de fleurs de lis, qui était aux pieds du roi. C'est lui qui recueille les suffrages, et qui prononce. 11 no peut être récusé.
Sa principale fonction est de veiller à tout ce qui concerne l'administration de la justice dans tout le royaume, d'en rendre compte au roi, de prévenir les abus qui pourraient s'y introduire, de remédier à ceux qui auraient déjà prévalu, de donner les ordres convenables sur les plaintes qui lui sont adressées par les sujets du roi contre les juges et autros ofliciers de justice, par rapport à leurs fonctions , prééminences el droits.
C'est encore une de ses fonctions de dresser, conformément aux intentions du roi, les nouvelles ordonnances, édits et déclarations, et les lettres-patentes qui ont rapport à l'administration de la justice. L'ordonnance de Charles VII, du mois de novembro HYl, fait mention qu elle avait été faite de l'avis et
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délibération du clwncdior, et autres gens du grand conseil, etc. C'est à lui qu'on s'adresse l>our obtenir l'agrément de tous les oftlccs de judicature.
Peur ce qui est de l'étymologie du nom de chancelier, et do l'origine de cet oflice, on voit que les empereurs romains avaient une espèce de secrétaire ou notaire appelé cancellarius, parce qu'il était placé derrière l'.-s barreaux opales cancelh, pour n'êire point incommodé par la foule du peuple. Naudé dit que c'était l'empereur môme qui rendait la jostice dedans cotte enceinte (te barreaux, que le chancelier était à la porte, et quo c'est de là qu'il fut nommé chancelier.
D'autres font venir ce nom de ce que cet officier examinait toutes les requêtes et suppliques nui étaient présentées au prince, et les cancerlail ou biffait quand elles n'étaient pas admissibles : d'autres, do ce qu'il signait avec grille ou paraphe fait en forme de grillage, les lettres-patentes, commissions et brevets accordés par l'empereur ; d'autres enfin, de ce qu'il avait le pouvoir de caHcoller et annuler les sentences rendues par des juges inférieurs.
Du Cange, d'après Jean de la Porte, lait venir le mot chancelier de Palestine, eu les faiies des maisons étaient construits on terrasses, bordées de balustres ou parants nommés cancetti ; o 1 dit qu'on appela concellarii ceux qui montaient sur ces terrasses, pour y rôcfter des harangues ; que cette dénomination passa aussi à ceux qui plaidaient au barreau, qu'on appelait cancelli Jorenses, ensuite au juge môme qui présidait, et enfin au premier secrétaire du roi.
L'office de chancelier en France revient à peu près à celui qu'on appelait questeur du nacré palais chez los Romains, et qui fut établi' par Constantin lo Grand. En effet, c'était ordinairement un jurisconsulte que Ton honorait de celte place do questeur, >arcc qu'il devait connaître les lois de l'euinre, en dresser de nouvelles quand le cas e requérait, les faire exécuter : elles n'avaient de force que quand il les avait signées. Il jugeait les causes que l'on portait |»ar appel devant l'empereur, souscrivait les rescrits et réponses du prince; enfin, il avait l'inspection sur toute 1 administration de la justice.
fin France, l'office de chancelier est presque aussi ancien que la monarchie ; mais les premiers qui en faisaient les fonctions, ne portaient pas le litre de chancelier ; car on ne doit pas appliquer au chancelier de France ce qui est dit de certains officiers subalternes, qu'on appelait anciennement chanceliers , tels que ceux qui gardaient l'enceinte du tribunal appelée cancelli, parce qu'elle était fermée de barreaux.
On donna aussi en France, à l'imitation des Romains, le nom de chanceliers à ceux qui faisaient la fonction de greffiers et de notaires, parce qu'ils travaillaient dans une semblable enceinte fermée de barreaux. Los
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notaires et secrétaires au roi prirent aussi, par la raôme raison, le nom de chanceliers.
Le roi avait en outre un premier secrétaire •qui avait inspection sur tous les autres notaires et secrétaires : le pouvoir de cet officier était fort étendu; il faisait les fonctions de chancelier de France; mais avant d'en porter le titre, on lai a donné successivement différents noms.
Sous la première race de nos rois, ceux qui faisaient les fonctions de chanceliers ont été appelés dilfércmment. Quelques auteurs modernes font Widiomare chancelier ou référendaire de ChiMérie, mais sans aucun fondement : Grégoire de Tonrs ne lui donne point cette qualité. Le premier qui soit connu pour avoir rempli celte fonction, est Aurélierv, sous Clovis I'r. Hincmar dit qu'il portait l'annean ou le scenu de ce prince, <pi'il était consiliarius et legatarius régit, c'est-à-dire le député du roi. L'auteur des Gestes des Français le nomme aassi legalarium et missum ùlodowei; Aymoin le nomme famUiaritfUmum regi^ pour exprimer qu'il avait sa plus intime contiance. Valentinien est le premier que l'on trouve avoir signé les chartes de nos rois, en qualité do notaire ou secrétaire du roi, notarius et amamuensi* : il lit celte fonction sous ChildelM*rt 1". Baudouin et plusieurs autres, sous Clotaire et ses successeurs , sont appelés référendaire* par Grégoire de Tours, qui remarque aussi que sous le référendaire qui signait et scellait les chartes de nos rois, il
Lavait plusieurs secrétaires de la chancelle, qu'on appelait notaires ou chanceliers *lu roi , cancellarii régales. On trouve une charte de Thierri, écrite de la main d'un notaire et scellée par un autre officier du sceau royal. Sous le même roi, Agrestin se disait notarius régis. Sous le règne de Chilpéric I", il est fait mention d'un référendaire et d'un secrétaire du palais , palatinus scriptor. Saint Ouen, en latin Audoenus et Dado, fut référendaire du roi Dagobert I", et ensuite de Clovis IL Aymoin dit qu'il fut ainsi appelé, parce que c'était a lui queJ'on rapportait toutes les écritures publiques, et qu'il les scellait du sceau du roi : il avait sous lui plusieurs notaires ou secrétaires qui signaient en son absence ad vicem. Dans des chartes de l'abbaye de Saint - Denis , il est nommé regiœ dignitatis cancellarius : c'est la première fois que le titre de chancelier ail été donné à cet officier. La plupari de ceux qui firent les fonctions de chanceliers sous les autres rois de cette première race, sont nommés simplement référendaires , excepté sous Clotaire III, que Robert est nommé garde du sceau royal, y mil us annuti regii ; et Griraoald, sous fhierri II, qui signe en qualité de chancelier, ego, cancellarius, recognovi.
Sous la secondo race de nos rois, ceux qui taisaient lafondion deebanceliers ou référendaires, reçurent dans le même temps différents noms : on les appela archichanceliers, ou grands chanceliers , souverains chanceliers, o j archinotaires, parce qu'ils étaient
préposés au-dessns de tous les notaires ou secrétaires dn roi, qu'on appelait encore chanceliers. On lesr donna aussi le nom d'apocrisaires ou à'apocrisiaires, mot dérivé du grec, qui signifie celui qui rend les réponses d'un autre, parce que le grand chancelier répondait pour le roi aux requêtes qui lui étaient présentées. Hincmar, qui vivait du temps de Louis le Débonnaire, distingue néanmoins rolïico d'aporrisaire de celui de grand chancelier. On les appela aussi quelquefois archichapelains. Ceux qui firent cette fonction sous la première et seconde race étaient ecclésiastiques.
Sous la troisième race, les premiers secrétaires ou référendaires furent appelés grands chanceliers de France, premiers chanceliers; et depuis Baudouin 1", qui fut chancelier de France sous le roi Robert, il parait que ceux qui firent cette fonction ne prirent plus d'autro titre que celui de chancelier de France; et que, depuis ce temps, ce titre leur fut réservé, à l'exclusion des notaires et secrétaires du roi , greffiers, et autres officiers subalternes qui prenaient auparavant le titre de chanceliers.
L • chancelier fut d'abord nommé par le roi seul. Dans la suite le chancelier fut élu en parlement par voix de scrutin, en présence du roi. Guillaume de Dormans fut le
Eremier élu de cette manière, en 1371.
ouïs XI changea cet ordre; et, depuis ce temps, c'est le roi seul qui nomme le chancelier; le parlement n'avait aucune juridiction sur lui.
Quoique l'office de chancelier ait toujours été rempli par des personnes distinguées par leur mérite et par leur naissance, dont la plupart sont qualifiées de chevaliers, il est cependant certain qu'anciennement cet office n'anoblissait point. En effet, sous le roi Jean, Pierre de la Forêt, chancelier, ayant acquis la terre de Loupelande, dans le Maine, obtint du roi des lettres de noblesse pour jouir de l'exemption du droit de franc- fiers. Les chanceliers nobles se
?ualitiaient messires, et les autres, maîtres. résentement le chancelier est toujours qualifié de chevalier et de monseigneur. M . le chancelier Séguier fut fait duc de Villemor et pair de France, et conserva toujours l'office de chancelier, outre celui qu'il avait toujours de signer et sceller les lettres du prince.
Charlemagne constitua le chancelier dépositaire des lois et ordonnances, et Charles le Chauve lui donna le droit d'annoncer pour lui les ordonnances en présence du peuple. Sous le règne de Henri 1", et de ses successeurs, jusqu à celui de Louis VIII, il souscrivait touies les lettres et chartes de nos rois, avec le grand maître, le chambrier, le grand bouteiller et le connétable. Depuis 13-20, ils cessèrent de signer les lettres, et y apposèrent seulement le sceau. 11 était aussi d'usage, dès l'an 1365, qu'ils missent de leur main le mol visa au bas des lettres, comme ils le font encore présentement.
Ou voit dans Froissard que, dès 1355,
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le chancelier parlait pour le roi , eu sa présence , dans la chambre du parlement : qu'il exposa l'étal des guerres , et requit que Ton délibérât sur les moyens de fournir au roi des secours suffisants. Le chancelier était alors précédé par le connétable et par plusieurs autres grands oflieicrs, dont les oflices ont été dans la suite supprimés ; de telle sorte que celui de chancelier est préi<entement le premier oftice de la couronne, et le chancelier a rang, séance et voix délibéraiive après les pinces du sang. Dans les étals que le roi envoyait autrefois de ceux qui composaient le parlement, le chancelier est ordinairement en téle de la grandchambre ; il venait, en effet, y siéger fort souvent. Le cardinal de Dormons, évéque de Beauvats et chancelier, lit- l'ouverture du parlement, le 12 novembre 1369 et 1370, par de Jougs discours et remontrances, ce qui ne s'était pas encore pratique. Arnaud do Corbio lit aussi l'ouverture du parlement en 1405 et liOO, le 12 novembre, et reçut les serments des avocats, des procureurs. Pierre de Morvilliers reçut aussi les serments le 11 septembre l'iOl. Dans la suite, les chanceliers se trouvant surchargés de diirérentes affaires, ne vinrent plus que rarement au parlement, excepté lorsque le roi y vint tenir son lit de justice. Le jeudi, U mars 1715, M. le chancelier "Voisin prit, en cette qualité, séance au parlement ; il était à la petite séance en robe violette, et vint à la grande audience en robe de velours ronge doublée de satin. On plaida devant lui un appel comme d'abus, et il prononça l'arrêt.
Le chancelier «ommait aussi anciennement les conseillers au petit châtelet, conjointement avec quatre conseillers du parlement, et avec le prévôt de Paris; il instituait les notaires, et les examinait avant qu'ils fussent reçus. Son pouvoir s'étendait aussi autrefois sur les monnaies, suivant un mandement de Philippe IV, en 13W, qui enjoint aux maîtres dos généraux des monnaies de donner au marc d'argent le prix que bon semblerait au chancelier et aux trésoriers du roi. Mais Charles V, étant dauphin de Viennois et lieutenant du roi Jean, ordonna, en 1356, -que dorénavant le chancelier ne se mêlerait que du fait de la chancellerie, de tout ce qui regarde le fait de la justice, et d'ordonner des oflices en tant qu à lui appartient comme chancelier. Philippe V défendit au chancelier de passer aucunes lettres avec la clause nonobstant toutes ordonnances contraires ; et ordonna que si l'on en présentait de telles su sceau, elles seraient rapportées au roi ou à celui qui serait établi de sa jwrl ; et, par une ■autre ordonnance de 1318, il ne devait apposer le grand sceau qu'aux lettres auxquelles le scel du secret avait été apposé ; c'était celui que portait le chambellan, à la différence du petit signet que le roi portait sur lui. Charles VI ordonna, en 1407, qu'en cas de minorité du roi, ou lorsqu'il serait absent, ou tellemènt occupé qu il ne pour-
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rail vaquer aux affaires du gouvernement, elles seraient décidées h la pluralité des voix dans un conseil composé de la reine, des princes du sang, du connétable, du chancelier et des gens de son conseil. Après la mort de ce prince, on expédia quelques lettres au nom du chancelier et du conseil. Louis XIV, en parlant de Paris, au mois de février 1678, pour aller en Lorraine, dit aux députés du parlement, qu'il laissait sa puissance entre les mains de M. le chancelier-, pour ordonner de tout en son absence, suivant qu'il le jugerait à propos. François 1" déclara en parlement, qu'il n'avait aucune juridiction ni pouvoir sur le chancelier de France. Ce fut aussi sous le règne du même prince qu'il reçut le serment du connétable, et qu'il tut gratiu'é du droit d'induit, ceaiwe étant chef de la justice.
Quoique lu chaurolier ne soit établi que pour le lait de la justice, on en a vu plusieurs qui étaient en même temps de grands capitaines, et qui commandaient dans les armées. Tel fut saint Ouen, référendaire du roi Dagobert 1*'; tel fut e icorc Pierre Flotte, qui fut tué a la bataille de Courlrai, les armes à la main, le 11 juillet 1302. A l'enlrée du roi à Bordeaux, en 1451, lo chancelier parut à cheval, armé d'un corselet d'acier, et par-dessous une robe do velours cramoisi. Le chancelier Seguier fut envoyé à llouen, en 1639, è l'occasion d'uno sédition; il commandait les armes, on prenait le mol de lui.
Lorsque le roi lient un lit de justice, le chancelier est assis au-dessous du trôno, sur un fauteuil qui ne sert que pour lui. L'habit de cérémonie du chancelier est l'épito^e ou robe de velours rouge, doublée de salin, avec le mortier comblé d'or et bordé de perles; il a le droit d'avoir chez lui des tapisseries semées de fleurs de Us, avec les armes de France et les marques de sa dignité.
Anciennement le chancelier portait le deuil et assistait aux obsèques des rois. Guillaume Juvénal des Ursins, chancelier,, assista ainsi aux funérailles de Charles VI, VII et VIII ; mais depuis longtemps l'usage est que le chancelier ne porte point le deuil, et n'assiste plus à ces sortes de cérémonies. On a voulu par là que la justice conservât toujours la même sérénité.
Suivant une cédule sans date, qui se trouve à la chambre des comptes à Paris, Philippe d'Antogni, qui portait le grand sceau du roi saint Louis, prenait pour soi les chevaux et valets à cheval, sept sous parisis par jour, pour l'avoine et pour toute autre chose, excepté son clerc et son valet-de-chambre, qui mangeaient à la cour. Leurs gages étaient doubles aux quatro grandes fêtes annuelles; le chancelier avait des manteaux comme les autres clercs du roi, et livrée de chandelle comme il convenait pour sa chambre et pour les notaires; quelquefois le roi lui donnait un palefroi, pour son clerc un cheval, et pour le registre sommier, sur soixante sous d'émolument du sceau, il en prenait dix, et,
en outre, sa portion du surplus, comme les autres clercs du roi, c'est-à-dire les secrétaires du roi; enfin, quand il était dans los abbayes ou autres lieux, où il ne dépensait rien pour ses chevaux, cela était rabattu sur ses gages. En 1390, il n'avait que six sous par jour, avec bouche à la cour pour lui et tes siens, et vingt sous par jourlorsqu'il était à Paris et mangeait chez lui.
Deux états de la maison du roi, des années 1316 et 1-317 , nomment le chancelier comme le premier des quatre grands officiers qui avaient leur chambre, c'est-à-dire teur logement en l'hôtel du roi. Il y est dit, que si m chancelier est prélat, il ne prendra rien à la cour ; que s'il est simple clerc, fi aura, comme messiro de Nogaret arait, dix soldées do (tain par jour, trois setiers de vin pris devers le roi, et les autres du commun, six pièces de chair, six pièces de poulailles; et au jour de poisson, qu'il aura à l'avenant; qu'on ne lui comptera rien pour cuisson qu'il fasse en cuisine ni en autre chose; qu'on lui fera livraison do certaine quantité de menues chandelles et torches, mais que l'on rendrait le torchon, c'est-à-dire le reste des flambeaux. Ces détails, qui allaient jusqu'aux minuties , marquent quel était alors le génie de la nation.
Une ordonnance de 1318 porte qu'il devait compter trois fois l'année, en la chambre des comptes, de l'émolument du sceau, et, en 1320 il n'avait encore que 1,000 livres parisis de gage par an, somme qui parait d'abord bien modique pour un office si considérable ; mais alors le marc d'argent ne valait que trois livres 7 sols 6 deniers; en sorte que 1,000 livres parisis valaient environ autant qu'aujourd'hui 22,000 livres. Les ancionnes ordonnances ont encore accordé aux clwnceliers plusieurs droits et privilèges, tels que l'exemption du ban et arrièrehau, le droit de prise pour les vivres, comme le roi, et à son prix; l'exemption des péages et travers pour le chauffage, qui ne consistait qu'en deux moules de bûches , c'est-àdire deux voies de bois, et quatre quand (es notaires du roi étaient avec lui.
Au parlement, il précédait te connétable. Le chancelier de France n'est jamais dépossédé de sa dignité; lorsque le roi. veut que l'administration de la justice change de mains, il nomme un garde des sceaux.
Le chancelier de France préside la chambre des pairs. Il porte pour ornements extérieurs une figure de renie pour cimier, représentant la France tenant de la main droite le sceptre, et de la gauche les grands sceaux du royaume, et derrière l'écu de ses armes deux masses d'argent vermeil doré, passées en sautoir.
Garde des sceaux. C'est un des grands officiers de la couronne, dout la principale fonction est d'avoir la garde du grand sceau du roi. C'est lui qui scelle toutes les lettres qui doivent être expédiées sous les sceaux dont il est déjiositaire.
L'anneau ou scel royal a toujours été regardé chez la plupart des nations comme un
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attribut essentiel de la royauté, et la gant» et apposition de ce scel ou anneau comme une fonction des plus importantes. En France, dès le commencement de la monarchie, nos rois, au lieu de souscrire ou sceller leurs lettres, les scellaient ou faisaient sceller de leur sceau, soit parce que les clercs et les religieux étaient alors presque les seuls qui eussent l'usage de l'écriture, ou plutôt parce que les rois, ne voulant pas alors s'assujettir à signer eux-mêmes toutes les lettres expédiées en leur nom, chargeaient une personne de confiance de la garde de leur sceau , pour en apposer l'empreinte à ces lettres au lieu de leur signature. Sous la troisième race de nos rois , la garde des sceaux du roi a aussi le plus souvent été jointe à l'office du chancelier, tellement que la promotion de plusieurs chanceliers des premiers siècles do cette race n'est désignée qu'en disant qu'on leur remit le sceau ou les sceaux, quoiqu'ils fussent tout à la fois chancelier et garde des sceaux. On voit aussi dans les historiens de ce temps qu'en parlant de plusieurs chanceliers qui se démirent volontairement de leurs fonctions, soit à cause de leur grand âge ou indisposition, ou qui furent destitués pour quelque disgrâce; il est dit simplement qu'ils quittaient la fonction de garde des sceaux, mais qu'ils se démettaient totalement de l'office de chancelier, que l'on désignait par la garde du sceau, comme en étant la principale fonction. Aussi voit-on que les successeurs de ceux qui avaient ainsi remis les sceaux prenaient le titre de chancelier, même du vivaut de leur
Ercdécesseur, comme le remarque Riier, conseiller d'Etat, dans un mémoire qui est inséré dans Joli , Des Off., tome I , aux additions. Depuis la troisième race, il y a eu plus de quarante gardes des sceaux; les uns pendant que l'office de chancelier était vacant, les autres dans le temps même que cet office était rempli, lorsque nos rois ont jugé à propos, pour des raisons particulières, de séparer la garde de leur sceau de la fonction de chancelier; on comprend dans cette seconde classe plusieurs chanceliers qui ont tenu les sceaux séparément avant de parvenir à la dignité de chancelier.
Les rois de ht première et de la seconde race n'avaient qu'un seul sceau ou anneau, dent le chancelier ou le garde du scel royal était dépositaire. Pour le conserver avec plus de soin, etaliu que personne ne pût s'en servir furtivement, il le portait toujours pendu à son cou : cet usage avait passé de France en Angleterre. En effet, Roger, vice-chancelier de Richard 1", roi d'Angleterre., ayant péri sur mer par une tempête on- reconnut son corps, parce qu'il avail le scel du roi suspendu à son cou. Depuis que l'on se servit en France de sceaux plus grands, et que le nombre en fut augmenté, il ne fut pas ssible au chancelier ou garde des sceaux les porter à so i cou ; il n'en a plus porte que les clefs , qu'il a toujours sur lui dans uno bourse. Le coffre des sceaux était cou.vert de velours azuré, semé de fleurs de 1rs
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d'or; et, dans les cérémonies, ce coffre était porté sur une haquenée qu'un valet de pied conduisait à la main : autour de cette haquenée chevauchaient les hérauts et poursuivants du roi, et autres seigneurs qui étaient présents; d'autres disent que c estaient des archers; d'autres les appellent des chevaliers vêtus de livrée : cela se tronvo » aussi rapporté par Alain Chartier, sous l'an 1W9 et 1*51 ; et par Monstrelet, au troisième volume, en parlant des entrées faites par le roi Charles VII à Rouen et à Bordeaux. On trouve ailleurs que, quand le chancelier allait en voyaec, c'était le chauffe-cire qui portait le scel royal sur son dos, ainsi qu'il est dit dans ua hommage rendu par Philippe, archiduc d'Autriche , au roi Louis XII, te 5 juillet H99, pour les comtés de Flandre, Artois et Charolais.
Le roi donnait, pour renfermer les sceaux, un grand coffre couvert de vermeil , lequel était distribué en trois cases, contenant chacune une petite cassette fermant à clef. La première, qui était couverte de vermeil, renfermait le grand sceau de France et son contre-scel. La seconde , qui était couverte de velours rouge , parsemée de fleurs de lis et dauphins de vermeil , contenait le sceau particulier dont on se servait jiour la province du Dauphiné, et son conlre-scd. La troisième cassette contenait le sceau et le tontre-scau de l'ordre de Saint-Louis, établi en 1693 ; mais depuis ceux-ci furent remis au chancelier garde des sceaux, créé pour cet ordre, par édit du mois d'avril de la môme année.
Ce fut vers le commencement de la troisième race que le nombre des sceaux du roi fut multiplie, que le roi garda lui-môme depuis ce temps son petit scel ou anneau , qu'on appelait te petti tignet du roi , dont il scellait lui-môme toutes les lettres particulières qui devaient ôtre closes ; et, au lieu de ce scel ou anneau , on donne au chancelier ou au gnrde des sceaux d'autres sceaux plus grands pour sceller les lettres qui doivent être publiques ; et que par cette raison l'on envoyait ouvertes , ce que l'on a depuis appelées lettres-patentes. Le premier exemple de ces grands sceaux fut trouvé dans une charte du temps de Louis le Gros, datée de l'an 1106, pour l'église de Saint-Eloi de Paris. Elle était scellée de deux grands sceaux a|>pliqués sur le parchemin de la lettre. Dans l'un le roi était assis sur son trône ; dans l'autre, il était à cheval, et à l'en tour étaient écrits ces mots : Philippin gratta Dei Francorum rex; ce qui prouve que ces sceaux étaient en usage dans le temps dePhilippe 1". Depuis que l'on se servit ainsi de plusieurs sceaux, il était naturel que celui qui en était le dépositaire fût appelé garde des sceaux. Cependant on continua encore longtemps à l'appeler simplement garde du scel royal, comme si le scel du roi était unique ; ce qui ferait croire que le second sceau dont on a parlé, représentant le roi à cheval, n'était autre chose qae le revers du premier sceau; mais on n'était point encore daus l'usage
Ill.KAI.hlolk GRA a$
d'appliquer le second sceau par forme de contre-scel, c'est-à-dire, derrière le premier. Le scel fabriqué du temps de Philippe l", étant beaucoup plus grand que Je sceau ou anneau dont on s'était servi jusqu'alors, fut surnommé le grand scel, et celui qui en était chargé était quelquefois appelé le porteur du grand scel du roi. Cette distinction du grand scel fut sans doute établie, tant à cause du cachet ou sceau privé du roi , qu'à, cause du contre-scel ou scel secret , qui fat établi par Louis VII, et qui était porté par le grand chambellan.
L'état de la maison du roi, arrêté le 2 décembre 1306 par Philippe le Long, règle les droits du chancelier à l'instar de ce qui avait été accordé à Guillaume de Nogaret , garde des sceaux ; en sorte que les droits du garde des sceaux furent assimilés à ceux du chancelier. Il semblait môme que le chancelier ne tirât ses plus grands privilèges que de la garde du sceau, fcn effet, les habitants de la ville de Laon ayant prétendu récuser le chancelier Pierre de C happes , comme leur étant suspect, il fut décide, dans le conseil tenu en présence du roi , le lundi avant l'Ascension de 1318, que le chancelier ne devait ôtre tenu pour suspect ; d'autant que , par le moyen de l'office du sceau, il était personne publique et tenu à une spéciale fidélité au roi.
H y avait deux gardes des sceaux au mois de juillet 1330, suivant un mémorial de la chambre des comptes , coté H, portant que le 9 dudit mois, Pierre le Mire, chauffe-cire, avait prêté serment pour cet office a entre les mains des deux préposés à la garde du sceau. »
La forme du serment des enanceliers et gardes des sceaux de France a changé plusieurs fois. Celle qui se trouvait dans les registres du parlement, en l'année 1375, ru* contenait rien qui fût relatif singulièrement h la garde du sceau. Mais le serment qui fut prêté par le chancelier Duprat, entre les mains du roi, le 7 janvier 1514, est remarquable en ce qui concerne la fonction de garde des sceaux. « Quand on vous apportera , est-il dit , à sceller quelque lettre signée par le commandement du roi , si elle n'est de justice et de raison, vous ne la scellerez point, encore que ledit seigneur lo commandât par une ou deux fois; mais viendrez devers icelui seigneur, et lui remontrerez tous les points par lesquels ladite lettre n'est raisonnable ; et après que aura entendu lesdits points, s'il vous commande de la sceller, la scellerez, car alors le péché en sera sur ledit seigneur, et non sur tous ; exalterez à votre pouvoir les bons savants et vertueux personnages, les promouverez et ferez promouvoir aux étals et offices de judicature , dont avertirez le roi quand tes vacations d'iceux offices arriveront , etc. » La forme particulière du serment pour la charge et commission de garde des sceaux est telle : « Vous jurez Dieu, votre créateur, et sur la part que vous prétendez en paradis, que bien et loyalement vous servirez le roi à la garde
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des sceaux qu'il tous a commise cl commet présentement par moi, ayant de lui suffisant pouvoir en cette partie; que vous garderez et observerez et ferez garder, observer et entretenir inviolablement les autorités et droits de justice, de sa couronne et de son domaine, sans faire ni souffrir faire aucuns abus , corruptions et malversations, ni autre chose que ce soit ou puisse être, directement ou indirectement , contraire, préjudiciable, ni dommageable à iceux ; que vous n'accorderez, expédierez, no Jerez sceller aucunes lettres inciviles et déraisonnables, ni qui soient contre les commandements et volontés dudit seigneur, ou qui puissent préjudicicr a ses droits et autorités, privilèges, franchises et libertés do sou royaume ; que vous tiendrez la main à l'observation de ses ordonnances, mandements, édits, et à la punition des transgresseurs et contrevenants à iceux; que vous ne prendrez ni accepterez d'aucun roi , prince* potentat, seigneurie , communauté , ni autre personnage particulier, de quelquo qualité et condition qu'il soit, aucuns états, pensions, dons, présents et bienfaits, si ce n'est de gré et consentement dudit seigneur; et si aucuns de vous en avaient jà été promus, vous les quitterez et renoncerez ; et généralement vous ferez, exécuterez , et accomplirez en cette charge et commission de garde des sceaux , en ce qui la concerne et en dépend , tout ce qu'un bon , vrai et loyal chancelier de France , duquel vous tenez le lieu, peut et doit faire pour son devoir en la qualité de sa charge. Et ainsi , vous lo promettez et jurez. » Le garde des sceaux prêtait serment entre les mains du roi. Ses provisions lui donnaient le titre de chevalier ; elles étaient enregistrées au parlement , au conseil, en la chambre des comptes, et en la cour des aides.
Son habillement est le môme que celui du chancelier; et au Te Deum, il avait un siège de la même forme que celui du chancelier, mais placé à la gauche. Il portait toujours sur lui la clef du sceau.
Il a au-dessus de ses armes le mortier à double galon, semblable à celui du chancelier; derrière ses armes le manteau et deux masses passées en sautoir, en signe de celles que les huissiers de la chancellerie portent devant. lui dans les cérémonies.
Lorsqu'il allait par la ville ou en voyage-, il était toujours accompagné d'un lieutenant de la prévoté de l'hôtel, qu'on appelait le lieutenant du sceau, et de deux hocquetons ou gardes de la prévôté de l'hôtel, qui avaient des charges particulières attachées à la garde du sceau.
il siège au conseil du roi, immédiatement après le chancelier. C'est lui qui reçoit le serment des gouverneurs particuliers de toutes les villes du royaume. C'est lui qui accorde toutes les lettres de pardon, rémission, abolition, commutation de peine, érection en marquisat , comté , baronnie, et autres grâces dépendantes du sceau. Il porte pour ornements extérieurs de son écu une ligure de reine pour cimier , qui représente
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la France , tenant do la main droite le sceptre, et de la gauche les grands seeaux du royaume ; derrière l'écu sont passées deux masses d'argent vermeir doré, en sautoir.
Maréchal de France. La dignité de maréchal de France n'a pas eu, dans son origine, le même lustre qu'elle a eu dans la suite, et le nom de marécluU, qui se trouve dans la loi des Allemands, litre 79, chap. k ; dans celle des Bajoarres ou de Bavière, titre 3, chap. 8; dans un cepilulaire de Charles le Chauve, de Tannée 853, article 13 , et dans plusieurs historiens, ne désigne qu'un officier do la maison du roi, qui avait autorité sur l'écurie, il n'est pas aisé do prouver que cette dignité a plutôt été distinguée entre les militaires que celle de connétable. Guillaume le Breton, qui a écrit la Vie du roi Philip|>o- Auguste, dit, en deux endroits, que la fonction de maréchal était de mener au combat l avant-garde de l'armée.
Fit subito tetra castris irruplio Quippe marcscallus festnium doserai agmen. Henrieus vero, moduus vir corpore, magnus Viribus, annota tntlti virlute secundns, Cujus eral primnm gesiare in prtetia pilntn, ifitifpe marescalli ctaro fulgebat honore.
Ce qui marque l'emploi du maréchal pour la guerre, et ne justifie pas qu'il ait servi dans les armées avant le connétable, puisque le connétable en avait lors le commandement, et que la dignité de maréchal no s'est illustrée qu'à mesure que relie de connétable s'est rendue plus considérable ; elle s'est même encore plus élevée par l'exlinc lion de celle-ci ; en sorte que c'est aujourd'hui la première et la plus grande dignité où l'on puisse parvenir par la guerre.
Il n'y avait anciennement qu'un maréchal ; et il y en a eu deux dans la suite. Cette dignité était amovible, ce qui se prouve par une lettre de Philippe de Valois a Bernard, sire de Mareuil, où il lui marque qu'en lui ôtant l'office de maréchal pour le faire gouverneur de Jean, duc de Normandie, son fils aîné, et il ne lui a fait aucun préjudice en son honneur cl en ses biens: il y fut dans la suite rétabli. Cet office est à présent possédé à vie par ceux qui en sont honorés, et le nombre augmenté jusqu'à quatre par les rois François Y' et Henri II, n'a plus été fixé sous les derniers règnes. Us sont officiers de la couronne, ont le commandement en chef des armées avec tout pouvoir et autorité sur les gens de guerre ; ils avaient un tribunal où ils jugeaient les querelles sur les points d'honneur, et des subdèlégués et lieutenants dans les provinces pour en connaître en première instance, avec leur juridiction au palais à Paris, sous le titre de connétable et maréchaussée de France, où des officiers exerçaient la justice en leur nom.
La dignité de maréchal de France ne s'obtenait autrefois que pour le servico sur. terre; mais Louis XIV Va aussi accordée au., service de mer. %
Les maréchaux de France portent pour marque de leur dignité derrière l'écu do
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leurs armes, deux bâtons d'azur, sénés de fleurs de lis»d'or, passés en sautoir.
Amiral. Anciennement on a donné ce nom à ceux qui commandaient sur terre, cemme à ceux qui commandaient sur mer. Les Sarrasins ont été les premiers qui aient appelé amiraux les capitaines et généraux de leurs flottes ; après les Sarrasins, les Siciliens et les Génois accordèront ce titre a celui qui commandait leurs armées navales. Aujourd'hui l'amiral est le chef et le commandant des armées navales et des flottes. Il est à la tôle et le premier officier de touto la marine royale. Autrefois il y avait deux amiraux, l'un du Ponant et t'autre du Levant; mais dans la suite (1669), on réunit le commandement des flottes dans une seule main, et Ton créa deux vice-amiraux pour le Pouant et le Levant.
Du Tillet remarque comme une chose singulière, que Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon, créé amiral de France par le roi Louis XI, en HGG, se soit assis au parlement aux hauts-bancs, l'usage étant que les amiraux ne fussent qu'aux bas-bancs. Mais, suivant un arrêt rendu, à la réception de l'amiral deChdlillon, l'amiral u'eui point de séance au parlement.
Le pouvoir de l'amiral était autrefois extrêmement étendu. On peut voir au titre de l'ordonnance de la marine de 1681,jusqu'où le roi l'a borné. Malgré cela les anciens amiraux n'avaient point de juridiction contentieuse ; elle appartenait à leurs lieutenants ou officiers de robe longue; mais en 1626, le cardinal de Richelieu, en se faisant donner le litre de grand tnattre et surintendant du commerce et de la navigation, au lieu de la charge d'amiral qui fut alors supprimée, se fit attribuer l'autorité de décider et de juger souverainement do toutes les questions de marine, même des prises, et du débris des vaisseaux. En 1669, la cltarge de surintendant général de la navigation et du commerce fut supprimée, et celle d'amiral fut rétablie la même année, en faveur du comle de Vermandois, avec le litre d'ollicier de la couronne. Il avait Ut nomination de tous les officiers des sièges généraux el particuliers de l'amirauté, et la justice s'y rendait en son nom; c'était de lui que les capitaines et maîtres des vaisseaux équipés en marchandises, devaient prendre leurs congés, pas*eports, commissions et sauf-conduits.
L'amiral en France porte pour marque ultérieure de sa dignité, deux ancres d'or, passées en sautoir derrière son écu, les trabes ou traverses d'azur semées de fleurs de lis d'or. L'amiral Chabot et plusieurs autres, dans les siècles passés, no incitaient qu'une seule ancre. Entre les droits attribués à l'amiral, il avait celui du dixième de toutes les prises qui se font sur mer et sur les grèves, des rançons, el des représailles; il avait aussi le tiers de ce qu'on lirait de la mer ou qu'elle rejetait ; le droit d'ancrage, tonnes et balises.
Général des Galères. Le royaume de France est bordé de deux mers , d'un côté de
l'Océan , et de l'autre, qui est au midi , de la mer Méditerranée , sur laquelle étaient entretenues les galères de Franre, qui liaient presque toujours dans le port de Marseille. Elles avaient un généra), qui dans des temps fut connu sous le tilre de capitaine général des galères, et dans d'autres sous celui d'amiral de Provence et du Levant. 11 était au nombre des grands officiers de la couronne; Mais depuis que le corps des galères a été réuni a celui de la marine, ta place de général des galères a été supprimée.
Le général des galères portait pour orne- ments extérieurs de ses armes, selon le P. de Varennes et Paillol, deux ancres passées en sautoir derrière Técu r les trabes tout unies. Quelques auteurs ne lui donnent qu'une ancre, mais à tort.
Grand maitre des arbalétriers de France* L'office de maître des arbalétriers était considérable en France dès le temps de saint Louis. 11 avait le commandement sur les gens de pied. Du Tillet dans son Recueil des rois de France et de leur courpnne, chapitre des connétables, et Pasquier dans ses Recherches, disent qu'il était ainsi nommé, parce que les arbalêtricis étaient les plus estimés entre les gens de jxicdjes principales forcée des armées françaises consistant en archers et arbalétriers. Le premier de ces auteurs ajoute que c'était un office et non une commission, et que le colonel de l'infanterie lui a succédé. 11 avait encore la surintendance sur tous les offices qui avaient charge pour les machines de guerre, avant l'invention et l'usage de la poudre et de l'artillerie. 11 est difficile d'établir plus précisément en quoi consistaient ses fonctions et son autorité, et dans quel temps il a été connu sous le titre de grand maître des arbalétriers. Ce que l'on en a de plus certain, est que sur un débat entre le marécbal de Boucicault et Jean sire de Hangcst, dans lequel les arbalétriers, ancliers et ranoiiniers soutenaient qu'ayant pour supérieurs les maîtres des arbalétriers el de larlillerie, ils n'étaient point dépendants des maréchaux de France; le roi Charles VI ju^ea, le 22 avril 1 Vil, qu'ils étaient et demeureraient à toujours sous la charge des maréchaux au fait de la guerre. Du Tillet rapporte ce jugement fort en délai), et ne donne point h Jean de Hangest le tilre de grand maître des arbalétriers. Cet office ne subsiste plus depuis plus de trois siècles.
Grand maitre de l'artillerie de France. Les prérogatives de cclto charge, érigée en office de la couronne par Henri IV, au mois de janvier 1601, en faveur de Maxirail ien de Bethune de Sully, pair et maréchal de France, étaient des plus brillantes. Le grand maître avait l'inspection et l'autorité sur tous les officiers du corps de l'artillerie, et les ouvriers qui en dépendaient. 11 passait les marchés aux entrepreneurs, el prenait connaissance de tous les travaux qui se faisaient tant dans les arsenaux du royaume, que dans les sièges et les blocus des places. 11 avait la surintendance sur les fontes des pièces de canons, des mortiers, pierriers,
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bombes, boulets, etc.; comme sur la fabrique et composition des poudres de guerre et à giboyer, et sur les manufactures des armes. 11 avait sa juridiction à l'arsenal de Paris, et était toujours colonel du régiment royal artillerie. Avant l'invention de ni poudre, dont l'époque est fixée environ l'année 1330, il y avait dos machines de guerre pour l'attaque et la défense des places, sur ta quelles le maître des arbalétriers avait inspection.
Dans chacune des armées de Franco il y avait un lieutenant-général de l'artillerie, qui, sous les ordres du grand-matlre, y avait le commandement en chef sur tous les officiers qui composaient ce que l'on nomme équipage de f artillerie; comme lieutenant en second, commissaires provinciaux, ordinaires et extraordinaires, major, commissaire du parc, contrôleur, aumônier, prévôt, chirurgien, capitaine de charrois, conducteurs, et sur tous les ouvriers qui étaient à la suite de l'équipage : il était aussi aux ordres du général qui commandait l'armée.
Le grand maître avait sous lui un directeur général des écoles d'artillerie et des manufactures d'armes.
Pour marque de sa dignité de grand maître de l'artillerie, il ornait l'écu de ses armes, de canons, de mortiers, de bombes, de boulets, de pétards, de refouloirs, d'écouvillens, enfin de tous les attirails d'artillerie qui pouvaient servir d'attributs.
Porte -oriflamme de France. L'oriflamme était la bannière ordinaire de l'abbaye de Saint-Denis ; l'avoué de cette église la portait, |>arce qu'il en était le défenseur, et il commandait les vassaux de l'abbaye> lorsqu'ils étaient obligés de marcher pour la défense de ses droits, et d'y porter leur enseigne : c'est de là qu'ils sont appelés communément les porte-enseignes des églises. Los comtes de vexin et de Pontoiso avaient ce titre dans l'abbaye de Saint-Denis , ils en étaient les avoués et les protecteurs : c'est en cette qualité qu'ils portaient l'oriflamme dans les guerres qui s'entreprenaient pour la défense do ses biens. En temps de paix, cet étendard était suspendu sur le tombeau de Saint-Denis, et, en temps de guerre, l'abbé le mettait entre les mains de son abbé ou do son premier vassal, qui était le comto do Vexin, après l'avoir béni avec quelques prières particulières, que l'uu voit encore dans les anciens rituels de Saint-Denis. Cette bannière n'a été portée, dans les guerres de nos rois, qu'après qu'ils sont devenus propriétaires des comtés de Ponloise et de Mantes, c'est-à-dire du Vexin. Le roi Louis le Gros, le premier de nos rois qui a possédé ce comté par la réunion que Philippe II son père en avait faite à la couronne, a le premier tiré l'oriflamme de l'autel de l'église de Saint- Denis ; il la fit porter dans les armées lorsqu'il marcha contre l'empereur Henri V, en 1 124, avec ses troupes et celles que l'abbé Suger avait ramassées, et en fit expédier une charte, conservée encore dans cette abbaye. Son fils Louis le Jeune, ayant entrepris le
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voyage d'outre-mer, en 1147, la prit aussi dans l'église de Saint-Denis; et Philippe-Auguste, roi de France, ayant déclaré la guerre» en 118», à Phtlippes, comte de Flandre, se mit en campagne avec l'oriflamme, au récit de- Servais Derobernensis, historien anglais qui, sous l'an 1184, lui donne le nom de bannière de Charlemagne, écrivant que depuis le temps des empereurs jusqu'alors, on la tenait pour un siçne certain d'une défaite entière ou de victoire» c'esUà- l ire, qu'on ne la déployait jamais- que-dans la dernière nécessité des batailles. Le moine Richec, dans sa chronique de Sens, liv. m,chap. 15, donne aussi à l'oriflamme le nom de bannière de Charlemagne, et fait la môme remarque que l'historien anglais, écrivnntcororoe lui, qu on ne la déployait que dans les grandes nécessités de l'Etat. Le rot Philippe— Auguste, étant sur le point de faire un voyage d'outremer, en 1190, fut prendre en l'abbaye de Saint-Denis l'oriflamme, et la fit porter en ht bataille de Bouvines, en 1214. Dans l'histoire de l'abbaye de Saint-Denis, par le P. Felir bien, page 154, année 1124, il est dit que le roi prit sur l'autel l'étendard ou enseigne de Saint-Denis, dit l'oriflamme, fait en forme de bannière ancienne ou gonfanon à trois pointes, ou queues, avec de6 houppes vertes sans franges d'or, etc. On lit, page 328, que Charles VI alla prendre l'oriflamme à Saint- Denis, en 1412, la donna à Hutin d'Aumont* lui passant au cou, pour la porter ainsi jusqu'à ce qu'une occasion de guerre l'obligeât de la déployer et de l'arborer au bout d'une lance d'or; ce qui fait juger que cet étendard n'était pas grand, page 332. Après la mort d'Hutin d'Aumont, Guillaume Martel* seigneur de Bacqueville, lui succéda» et» porta l'oriflamme à son cou devant le roi» comme il est dit nage 333. L'oriflamme* fut rapportée à Saint-Denis, page 335; le roi la reçut. En 1415, le seigneur de Bacqueville fut tué à la bataille d'Azincourt. Les rois nnl'ont point fait porter depuis, dit cet auteur : * il en est seulement fait mention dans deux, inventaires du trésor de Saint-Denis, faits en 1534 et 1594. Il ignorait ce qui est rapportéde l'an 1465. [Voy. La Roque, sur Ilarcourt et Gaillon.) Palliot, page 508, dit que l'oriflamme était le sandaï ou tafetas rouge , semé de flammes d'or à deux queues, bordée de frange verte, et attachée au bout d'une lance. Voyez le Traité des anciennes enseignes et étendards de France, de lachappe de Saint- Martin et de la dignité du grand sénéchal, ou dapifer, qui portait cette chappe aux batailles, de l'oriflamme, bannière de France et cornette blanche, in-4#, imprimé à Paris, chez Etienne Richer, en 1637. On attribue cet ouvrage à Auguste Galland, Œuvres mêlées de Loysel, page 60.
Quelquefois nos rois la portaient euxméme autour du cou sans la déployer, d'autrefois ils choisissaient un des plus nobles et des plus vaillants chevaliers de leurs amis jK>ur la porter déployée devant eux, ot le chevalier faisait serment de la conserver aux dépens de sa vie, et de la rapporter au môme
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Heu ; c'est do ce chevaiicr qui portait l'oriflamme devant le roi que l'on a fuit un grand ofiieier de la couronne: nous ne savons, dit l'auteur de la Fis de l'abbé Suger, imprimée en 1721, tome II, liv. iv, page 268 et suiv., sur quel fondement, puisqu'il est certain que cet étendard n'était point celui de la couronne, en étant fort différent par la couleur, la figure et la grandeur. La bannière de France était, continue le même auteur, d'un velours violet ou bleu céleste- à deux endroits, semé de fleurs de lis d'or plus plein que vide r de forme carrée sans aucunes franges par le bas; enfin ce n'était pas en qualité de rois qu'ils s'en sont servis ; il ajoute que c'était une preuve que l'oriflamme ne pouvait être la bannière du royaume, et Unit par assurer que l'oriflamme disparut à la bataille de llosbecque, et que l'histoire n'en * pas fait depuis mention, et cito Auguste lialland et Ducange aux traités qu'ils ont faits de l'oriflamme.
Le roi Louis XI reçut l'oriflamme des mains du cardinal d'Alby, abbé de Saint-Denis , après avoir ouï la messe dans l'église de Sainte-Callierine du VaJ-dcs-Ecoliers , à Paris, le vendredi 30 août 1466; pour aller combattre les Bourguignons, comme on l'apprend d'un manuscrit contemporain du P. Maupoint, prieur de celle église. On ne trouve plus depuis que nos rois s'en soient servis dans leurs guerres. Il est fait mon lion d'une oriflamme dans l'inventaire du trésor de Saint-Denis, fait en 153V, et dans un autre fait en 159k. « Il était d'un cendal fort épais, fendu par le milieu en façon d'un gontanon fort caduc, enveloppé autour d'un bâton couleur de cuivre dore, et un fer longuet et aigu au bout. • Les marquis de Thury prétendaient l'avoir en 1677, et qu'il leur était échu comme issus do la maison de Gaillon.
Colonel général de l'infanterie française. C'était autrefois le premier ofticier de l'infanterie. Cette charge fut érigée en charge de la couronne par le roi Henri Ul, en faveur du duc d'Epernon, en 158V. Ce prince attribua au colonel général le pouvoir do nommer généralement à toutes les charges qui vaqueraient dans l'infanterie française, saus excepter même celle de mcslre-de-camp du régiment des gardes. Il lui donna aussi une justice particulière pour jug- r de la vie et de l'honneur des gens de guerre, sans être obligé d'y appeler d'autres officiers que les siens. Il augmenta les appointements de sa charge, et il y attacha de plus une grosso pension. Il tirait outre cela six deniers pour livre sur lous les payements du régiment des gardes, ce qui montait à une grosse somme. Les honneurs qu'on lui rendait étaient extraordinaires: la garde était montée devant sou logis par deux compagnies avec le drapeau, et le tambour battait toutes les fois qu il entrait ou sortait. Toutes les prérogatives attribuées h cette place , qui rendaient cet o flic i or trop puissant, et maître, pour ainsi dire,*de toute l'infanterie, donnèrent lieu à la suppression de culte charge.
HF.ItAI.DtyCE.' CItfc 45*.
Celte suppression arriva a la ruort du second duc d'Epernon, en 1661. Le duc d'Orlé »ns, régent du royaume , la fit> rétablir en faveur do M. le duc d'Orléans son fils, en 1721; mais ce princo ayant prié Sa Maiestéd'accepter la démission de cet office, il fut' de nouveau supprimé par l'ordonnance du 8 décembre 1730, et Sa Majesté a ordonné
3uc les mestres-de-camp de ses régiments 'infanterie françaiso et étrangère porteraient h l'avenir le titre de colonel.
Le colonel général de l'infanterie française portait pour marques de se dignité six drapeaux aux couleurs du roi, blanc, incarnai et bleu, passés en sautoir derrière Vécu deses armes.
Le colonel général de la cavalerie jouissait aussi de grands privilèges. Cet emploi ne fut érigé en litre d'oflice que sous Charles IX, en faveur de Claude de Lorraine,, duc d'Aumale. Il fut d'abord jwrtagé eu. deux : il y avait le colonel général en dc<;<\ des monts, et le colonel général en delà des* monts. Sous Louis XIII, il y oui aussi deux, colonels généraux : l'un do la cavalerie française, et l'autre de la cavalerie allemande. Celte dernière fut bientôt supprimée et réunie à la première.
Les marques de sa dignité sont six cornettes aux armes de France, passées en* sautoir derrière l'écu de ses armes. La charge de colonel général des dragons a étôcréée par Louis XIV eo 1668 , en faveur du duc de Lausun. Il portait dix étendards semés de France, passés en sautoir derrière l'écu de ses armes.
Grand aumônier de France. Le grand anmônier de France est le premier des officiers ecclésiastiques de la maison du roi ; il est considéré en quelques occasions connue l'évêque de la cour. 11 est commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, dès qu'il est nommé à la charge de grand aumônier, et ne cesse point deï'ôlre tant qu'il en est revêtu; c'est un honneur atlaché à sa dignité par l'institution de l'ordre en 1578. Cet office est en France le comble des honneurs ecclésiastiques, solstitium honorum : aussi a-l-il élétrès-souvent honoré de la pourpre; etdepuis- 1606 il n'a été possédé quo par des cardinaux.
Le grand aumônier prête serment de fidélité entre les mains do Sa Majesté. II donne le certificat de serment de fidélité que prêtent au roi sur l'Evangile (ordinairement pendant la messe) les nouveaux archevêques,, évèques de France, el autres in parttbut ; les généraux d'ordre, le grand maître de l'ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem; les six grands prieurs de l'ordre de Malte en France, et encore quelques abbés; autrefois tous les abbés et abbesses faisaient au roi serment de fidélité. Il présente aussi au roi le livre des Evangiles pour faire le serment d'alliance,, lorsque l'uccasiou s'en présente, comme cela se pratiqua dans l'église de Notre-Dame de Paris, au renouvellement d'alliance avec les ambassadeurs des treize canlous suisses, le 18 novembre 1663. II marche à la droite du
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roi aux processions : et le roi permettant h quelques grands officiers do la maison du l'asseoir pendant le sermon, ou autre scrtice de l'église, le siège du grand aumônier est à la droite de Sa Majesté.
Le grand aumônier a la charge de la délivrance des prisonniers, qui se fait de la part du roi pour son joyeux avènement S la eouronne, en faveur du sacre des rois et des reines, de leurs mariages, de leurs premières entrées dans les villes du royaume, pour la naissance des enfants do Franco, aux grande fêtes annuelles, aux jubilés, au sujet de quelque victoire ou conquête signalée et pour d'autres occasions. C'est lui qui dispose du fonds destiné pour les aumônes du roi, et qui fait faire les ornements nécessaires
iiourla chapelle. Il vient, quand bon lui sem- )le, faire le service, comme au lever et au coucher du roi pour assister aux prières de S i Majesté; il est présent aux festins royaux, même au dtner et au souper du roi pour la bénédiction et les grâces ; et h la messe où il reçoit de la main des clercs de chapelle et oratoire, les heures du roi pour les lui présenter, et le goupillon a la fin de la messe pour lui donner de l'eau bénite. Il accompagne le roi quand il vient à l'offrande, depuis lé prie-dieu jusqu'à l'autel. Ces mêmes fonctions sont aussi laites par le premier aumônier ou les autres aumôniers en son absence. 11 fait encore quelques fonctions, s'il se veut trouver à toutes les cérémonies qui se fout chez le roi, comme le jour de la Cène, lorsque Sa Maje^é lave les pieds à treize pauvres enfants et lorsqu'il touche les malades. Il donne au roi la communion et autres sacrements. Il baptise les dauphins, lils et lil- Jes de France, et autres dont le ru est parrain, et il hance et marie, en présen s du nu, princes et les princesses, mais toujours l'aumônier ordinaire pfésefM . qui inscrit dans les registres de la paroisse les actes qui se font en conséquence de ces cérémonies.
Il est d'usage que le jour de la Cène le grand aumOnier, quand il est évèque, donne "absoute, ayant la crosse et la mitre. C'est lui, quand il se trouve à la chapelle, qui fait baiser l'Evangile et la paix au roi à certaines fêtes de l'année; en son absence, c|est le premier aumônier ou ceux de quartier, qui en font les fonctions. L'usage est que, s il se trouve près du prie-dieu du roi un évèque en rochet et en camail, l'aumônier de quartier lui cède cet honneur, et môme le premier aumônier le lui céderait s'il n'était pas évèque. Il donue des cendres à Sa Majesté, et lui accorde la dispense pour manger de la chair en carême, et autres jours maigres. Il établit sous lui un vicaire général de la grande aumôneric, qui donne aux officiers ecclésiastiques de la maison du roi les certificats de service.
Par le vingtième statut de l'ordre du Saint- Esprit, avant qu'un chevalier entre dans l'ordre, il est obligé de faire sa profession du foi entre les mains du grand aumônier de
HERALDIQUE. GRA
France, ou de l'un des prélats associés à l'ordre.
Le grand aumônier de France porte, audessus de l'écu de ses armes, un grand livre couvert de tatin d'azur avec les armes d9 France en broderie.
Grand maître de France. Sous la premièrerace de nos rois, le maire du palais était comme un lieutenant-général par tout le royaume; et selon l'ancienne organisation de TKtat, comme il y avait un duc sur douze comtes, et môme quelques autres ducs sur des provinces tout ontlères, aussi le maire du palais était duc des ducs, et se qualifiait duc ou prince des Français. Son autorité ne s'étendait pas seulement sur la maison dus roi, où il disposait do toutes les charges ; il avait encore grand pouvoir sur les gens du guerre, de justice et do finance, et sur toutes les affaires de l'Etat. Le grand sénéchal de France succéda au maire, et cotte charge devint la première de la milice, et la plusconsidérable de la maison du roi. Aussi voyons-nous dans l'écrit du chevalier Hugues de Cléers, qui fut envoyé par le comte d'Anjou, Foulques V, son seigneur, h la cour du roi Robert, pour reveudiquer la charge du grand sénéchal, dont co comte était dépouillé, qu'il y est nommé maire de France, major, à cause, dit ce chevalier, que co comtecommandait l'avant-gardc et l'arrière-garde dans les armées du roi ; le roi Robert reconnut alors que cette charge était héréditaireaux comtes d'Anjou. En effet, elle avait été donnée au comte Geoffroy Grisegonnelle„ dès l'an 977 ou 978, et ses successeurs en héritèrent.
Sous le grand sénéchal il y avait un autre oÛlcier qualifié sénéchal de France ; et ceux qui exerçaient cette charge auprès du roi, la tenaient en fief des comtes d Anjou, auxquels ils rendaient hommage, et certaines reconnaissances comme d'aller au-devant du comte quand il venait au palais, le faire loger, lui laisser servir le rw, etc. ; lui fournir à l'armée une tente pour tenir cent chevaliers. 11 avait aussi reteuu une partie du pouvoir du maire du palais, et il. jugeait des différends survenus à la suite de la cour, et entre les officiers de la maison.
Le grand maître succéJant au sénéchal1, dont la charge cessa d'être remplie en 1191, après la mort de Thibaud, comte de Rloiset de Chartres, qui en avait été [Kiurvu en 1153, il eut droit do connaître, avec les maîtresd'hôleldu roi.de toutes les actions tant civiles que criminelles, qui se passaient dans les maisons royales. Celte juridiction fut restreinte par édit du 25 février 1318, et supprimée par uu autre édit du mois de décembre 1355. Elle ne laissa pas du subsister jusqu'en 1389, que par arrêt du 7 mars, il y fut mis des bornes. Enfin, par lettres-patentes du 19 septembre 1WM3, l'exécution de l'édit du 1355fut ordonnée.
Le premier, dont Du Tillet ait trouvé quelque mémoire, est Arnoul do Wesomalle, chevalier do l'ordre des Tompliors, qualifié souverain maître de l'hôtel du roi, sous le règno
«9 GRA DICTIONNAIRE IIF.RAI.DIQCE. GRA 110*
de Philippe le Hardi, vers Tan 1*278. Les successeurs en celle charge conservèrent le même titre jusqu'à Thibault, seigneur de NeufchâteUqui, en IM8, prit celui de grand maitre de la maison du roi ; mais en 1*51, Jacques de Chabannes, seigneur de la Pal i ce, se qualifia grand mattre de France : litre qui resta à ses successeurs, en sorte que le roi le lui donnait dans toutes les lettres et provisions d'ofliciers, que Sa Majesté lui adressait, fonctions et prérogatives du grand maître.
Le grand maître avait autrefois la garde des clefs du Louvre, ou de la maison du roi. François de Lorraine, duc de Guise, pourvu en 1559, de la charge de grand maître, et mort en 1563, fut déchargé de oc soin. Aux obsèques du roi, après que tous les officiers avaient rompu et jeté leur bâton de commandement dans le caveau, pour montrer qu'ils na.vai.eut plus do charge, le grand maître n'y faisait entrer que la pointe du sien, avec lequel il touchait le cercueil, puis il lo retirait en entier. Mais après le repas funèbre qui suivait les obsèques, & la fin duquel les grâces étaient chantées par la musique du roi, il rompait son bAlou, et offrait ses bons services auprès du nouveau roi, aux officiers de la maison, pour les faire conserver dans leurs charges. Il réglait tous les ans ta dépense de bouche de la maison du roi. Il avait juridiction entière sur les sept offices, dont il donnait un certain nombre de charges, quand elles étaient vacantes. Tous les officiers de ces sept offices prêtaient serment de fidélité au roi entre ses mains. Il disposait autrefois de tous les olllccs du gobelet et de la bouche; mais Henri duc de Guise, surnommé le Balafré, s'élant aperçu des justes défiances que le roi Henri 111 avait de lui, renonça à la disposition des charges de ces deux offices ; et Charles de Bourbon, comte de Soissons, son successeur sous Henri IV, s'en tint à cette renonciation.
Le grand mattre recevait le serment de fidélité du maître de la chapelle de musique et du maître de l'oratoire du roi, des six aumôniers de la maison du roi ; du premier maître d'hôtel, du maître d'hôtel ordinaire, ttdes douze maîtres d'hôtel de quartier;des trois grands ou premiers panetier, échanson, écuyer tranchant; des treute-six gentilshommes servants; des trois maîtres de la chambre aux deniers; des deux contrôleursgénéraux ; des seize contrô eurs clercs d'offices, du contrôleur ordinaire de la bouche, des commis au contrôle général ; du grand maitre, du maître et de l'aide des cérémonies; des deux introducteurs ou conducteurs des ambassadeurs, et du secrétaire à la conduite des ambassadeurs ; de l'écuycr ordinaire du roi, et des vingt écuyers servant par quartier; des quatre lieutenants des gardes do la porte du roi, des concierges des le îles, des interprètes en différentes langues, etc.
C'était sous l'autorité du grand mattre» et en sa présence, que se tenait lo bureau du roi pour tous les marchés des marchands qui
s'offraient à fournir au rabais la maison de Sa Majesté. Ce bureau était alors composé du premier mattre d'hôtel, du mattre d'hôtel ordinaire, des douze maîtres d'hôtel servant par quartier, des maîtres de la chambre aux deniers, des deux contrôleurs généraux, des seize contrôleurs d'offices, du contrôleur ordinaire de la bouche, et des commis au contrôle général.
On trouve dans lo livre du Prévôt dé Vhôtel, par Miraumout, page 57, quels étaient en 1574 lesdroilsdu grand maître, à qui, comme le disait le duc de Guise, possesseur alors de cette grande charge, il appartenait de faire l'état général de toute la maison du roi, tant des aumôniers, gentilshommes de la chambre, maîtres d'hôtel,, et autres énoncés dansles articles présentés par ce prince au roi Henri III, prérogatives dans lesquelles il fut confirmé par Sa Majesté étant a Lyon, le 25 septembre de la mémo année 157». Les aumôniers de la maison du roi prêtaient aussi serment de fidélité au roi entre les mains dugrand mattre de la maisou.
Les ornements extérieurs de ses armoiries sont deux bdtont garnis d'argent vermeil doré, dont les bouts a en haut se terminent eu couronnes fleurdelisées et fermées, passé» en sautoir derrière l'écu de ses- armes.
Grand chambrier de France. Cet officier possédait autrefois une des cinq grandescharges de la couronne, et il était non-seulement distingué du grand chambellan, mais il lui était, en quelque manière» supérieur par l'élenduede son pouvoir. Il signail lescharte». Pendant longtemps, il précéda le connétable, et il jugeait avec les pairs de France; ce qui lui fut accordé par arrêt de l'an 12i4. Le grand chambrier avait la surintendance de la chambre du roi, de ses habillements et de ses meubles. Il avait sa juridiction h la table de marbre du palais à Paris, cl il tenait sa charge à fief et hommage du roi, comme )<* reconnut lo comte d'Eu, en 1270, à l'égard du roi saint Louis. Les princes de la maison royale de Bourbon, de temps immémorial, avaient possédé cette charge, comme on lo remarque sur les inscriptions de l.'urs tombeaux aux Jacobins du Paris, et à la galerie basse du château de Moulins : ils ont prétendu même qu'elle était héréditaire dans leur maison. Après la mort de Charles, dernier duc de Bourbon, en 1527, le roi François 1" la donna à Charles de France, duc d'Orléans, son fils. Mais à la mort de ce prince, arrivée l'an 1545, le roi supprima entièrement celte charge, et y substitua deux premiers gentilshommes de sa chambre, qui depuis ont été portés au nombre de quatre, qui servent par année* Le grand chambrier avait inspection sur tous les merciers, et sur les professions qui ont rapport à l'habillement sur lesquels il avait quelques droits, qui ont été quelquefois partagés avec le grand chambellan. Il portait pour ornements extérieurs deux clefs d'or, dont les anneaux se terminaient en couronnes royales, passée* en sautoir derrière l'écu de se* armes.
ifl GRA WCTION.NAIIIE
Grand chambellan de France. On croit que celte charge est In plus ancienne de la couronne. Grégoire de Tours, et plusieurs autres historiens, parlent des chambellans et grand* chambellans de nos rois sous la première et sous la seconde race.
Le grand chambellan avait soin des armes du roi, et lorsque le souverain faisait des chevaliers, il préparait tout ce qui élad nécessaire |K)ur la cérémonie. Sa principale fonction était, dit-on, de coucher dans la chambre du roi, au pied du lit de Sa Majesté, lorsque la reine n'y était pas, comme ou le remarque aux Etais des rois Philippe le Bel et Philippe le Long; c'est pourquoi, aux lits de justice et a l'assemblée des Etats, le grand chambellan devait gésir (c'est l'ancien terme), c'est-à-dire, être couché au pied du trône do nos rois. Il avait la garde du scel seci et et du cachet du cabinet, aussi bien que celle du trésor du roi qui était on sa chambre; il se mêlait même au maniement des finances; donnait le* récompenses annuelles sus soldats, faisait les présents aux ambassadeurs, et il portail l'argent du roi pour ses libéralités journalières et autre* dépenses nécessaires. C'était lui qui recevait Jos hommages qu'on rendait au roi, et qui faisait prêter serment de fidélité en préseuce de Sa Ma • jesté. Celui qui rendait hommage entrait dans la chambre sansépée, sans ceinture ni éperons, ayant la tète nue, s'agenouillait auprès de Sa Majesté, et mettant ses mains entre celles du roi; il lui promettait foi et hommage. Nous en avons KO exemple dans Froissant, au premier volume de son Histoire, en rtanmage que le roi d'Angleterre, Edouard lii, lit a Amiens, le 30 mars 1330, entre les mains de Philippe, roi de France, à qui ce roi d'Angleterre envoya la reconnaissance de cet hommage eu ces ternies : « Celui qui adressera les paroles au roi d'Angleterre, due d'Aquitaine, et qui parlera pour le roi de France, dira ainsi :« Vous devez hom- « mage-lige au roi de France monseigneur, ■ qui cy est, comme duc dcUuicnne et pair « de France, et lui promettez \<>\ et lovante « porter : dites, Voire. » Le roi d Angleterre, duc de Guienne et ses successeurs diront, Voir*; et lors, le roi de France recevra le roy d'Angleterre due de (iuieime audit hoinmage-lige, à la foy et à la bouche. >auï son droit et l'autrui, et aiusi sera fait et renouvelé toutes Ira Ibis qm ledit hommage le requerra et se fera : et de ce baillerons, nous et les ducs de li menue nos successeurs, lettres-patente-, s, -, -liées de nos grands sceaux, si le roy de Fra n e le requiert. »
Lorsque le roi tenait sou lit de justice OU les états généraux, le grand chambellan était assis à ses pieds, sur un carreau de velours violet, semé de fleurs de lis d'or. Du Tillet, dans sou Itecunt des Rois de FmaSM . rapporte l'origine de celle prérogative en ces termes : «c'était au sujet de Itené de Yillehéou, soigneur de Raigneux, mort au port de Tunis, en 1270. Messire Pierre, grandchambellnu du roi saint Louis, tut enterré a Saint-Denis, aux pieds je so i maître, e i la
iii.ru. m^u:. GRA 4*2
manière qu'il gissait à ses pieds de son vivant, et do ce est demeuré, que quand le roi tenait son lit de justice et le trône royal, le grand chambellan est couché à ses pieds, et est ce lieu estimé rang honorable »
11 porte pour ornements extérieurs de ses armes, deua clefs d'or, dont le haul se termine en couronne royale^ mises en sautoir derrière Vécu.
Grand écuyer de France. L'officier qui avait autrefois la surintendance des écuries de nos premiers reis, était nommé comte ou préfet de l'élable, cornes stabuli. Ses fonctions étaient, outre le soin de veiller sur tous les officiers de l'écurie, de porter 1 é|>ée du roi dans les grandes occasions, d'où vient qu'il avait le nom de protospataire, et sous lui était un autre officier, qui, en son absence, remplissait ses fonctions; on le nommait spatarre, parce que suit magno domestico, et absente, ferebat spatem imperutoris; mais quand on eut donné aux connétables et aux maréchaux de France le commandement absolu des armées, sur lesquelles plusieurs auteurs prétendent que le connétable avait déjà une sorte d'autorité, le spatairc, qui sous eux était maître do l'écurie, en eut toute la surintendance.
On trouve sous Philippe lu Bel, en 120i, Roger surnommé l'Ecuyer, à cause de sou emploi, qualifié maUrè de l'écurie du roi. Ce titre fut conservé par ses successeurs. Eu 1310, Guillaume Pisdoe fut établi premier écuyer du corps, et maître de l'écurie du roi. Alors ils étaient quatre écuyers du roi, dont deux devaient être toujours à la cour, l'un pour Je corps, c'est le premier écuyer, l'autre pour le lynel, c'est-àdire pour le commun, qui se qualifiait aussi maître de l'écurie du ru i, avec celle différence pourtant, ( ue ceux du tynel dépendaient du mettre d'hôtel, en sorléqu'ils ne pouvaients'éloigner de la cour sans leur congé ; au lieu que celui du corps ne prenait congé que du roi.
Le titre qu'avait porté Guillaurao Pisdoo fui donné a ses successeurs jusqu'à Philippe de Geresruos, qui, par lettre du 19 septembre 1399, fut établi premier écuyer du corps et
Srand maître do l'écurie du roi. Tauneguy u Chaslcl, pourvu d** la même charge sous le roi Charles Vil, fut quelquefois qualifié grand écuyer, et Jean de Garguesalle se dounait aussi cette qualité. Au commencement du règne de Louis XI, Alain Goyon fut honoré par le roi, du titre de grand écuyer de France, qui resta à tous ses successeurs en la même charge.
Le grand écuyer prêtait serment entre les mains du roi, et presque tous les autres officiers le prêtaient entre les siennes. Sa charge lui donnait le pouvoir de disposer dps charges vacantes de la grande et de la petite écurie, et des autres membres qui en dépendaient : comme des charges et offices d'écuyer de la grande écurie de sa majesté, des écuyers cavnlcadours, des gouverneurs, sous-gouverneurs, précepteurs et maîtres pour enseigner les pages, comme aussi do leurs premiers valets, des iwrte-éoées de oa-
renient, dcshérautsd'armes.dujugc d'armes, porte-manteaux et porte-cabans, des fourriers, trompettes, valets de pied, cochers et postillons, palefreniersetmaréchauxdeforge, des autres officiers desdites écuries, comme aumôniers , argentiers , médecins , chirurgiens, apothicaires, garde-meubles , ampleurs, cuisiniers, aides de cuisine, sommeliers, aides de sommeliers, lavandiers, portiers, conducteurs duch<iriot et arroseur du manège, joueurs do violon, hautbois, saqueboules et cornets, hautbois et musettes de Poitou, joueurs de fjfreset tambours, cl joueurs de cromornes et trompâtes marines, des officiers du haras, d< s ouvriers et marchands fournissant les écuries, et enûn des chevaucheurs de l'écurie. C'est dans cet ordre que ces officiers étaient rangés sur1 l'état général des écuries du roi, déposé à la cour des aides. On y a ajouté au péuultième rang, les Intendants et trésoriers desdites écuries. Tous ces officiers prêtaient serment de fidélité entre les mains du grand écuyer, et ne pouvaient jouir des privilèges et exemptions attachés à leurs charges , s'ils n'étaient employés sur les étals signés et arrêtés de sa main.
En quelque lien que le grand écuyer se fut rencontré hors la cour, et dans les emplois hors de France, on Pavait toujours vu pourvoir à ces charges, lorsqu'elles venaient a vaquer, et même le roi Louis XIII n'a voulu jamais donner aucune charge dépendante de celiedu grand écuyer, durant la disgrâce de M. de Bellegardc, lorsqu'il était dans le royaume, mais lui en laissa toujours la libre disposition ; même depuis la détention de M. de Cinq-Mars jusqu'à l'arrêt de sa mort, le roi ne pourvut à aucune de ses charges.
Le grand écuyer ordonnait de tous les fonds qui étaient employés aux dépenses de la
f Mande écurie du roi et du haras, tant pour es nourritures des écuries, pages et officiers servants étant retenus à la grande écurie, que des chevaux et coureurs, aussi bien que pour les gages, droits, récompenses, entrotenemexils, livrées et payements des fournitures de tous les officiers des écuries. Le grand écuyer ordonnait toute la livrée de la
Î grande et de la petite écurie, du haras, et les labits de livrée pour plusieurs corps d'olficiers de la maison du roi.
Nul écuyer ne pouvait tenir à Paris ou dans quelque autre ville du royaume, académie pour instruire les jeunes gentilshommes à monter à cheval, aux exercices de guerre et autres convenables à la noblesse, sans ordre et permission formelle du grand écuyer de Fiance, qui leur en faisait expédier des lettres.
Aux premières entrées que le roi faisait h cheval dai s les villes de son royaume, et aux villes de conquête, où il était* reçu avec cérémonie, le grand écuyer marchait à cheval directement devant la personne du roi, portant l'épée royale de sa majesté dans le fourreau de velours bleu, parsomé de flours de lis d'or, avec le baudrier de même étoffe,
rifERALDlQUE. GRA Ut
son cheval caparaçonné de même : de la vient qu'il mettait cette épée royale aux deux côtés de l'écu de ses armes, et le dais qui était porté sur le roi par les échevins, lui appartenait, mais il le donnait ordinairement aux valets de pied.
Le grand écuyer marcha de cette sorte à la cérémonie qui fut faite pour la majorité du roi Louis XIV, en 1651, et à l'entrée de leurs majestés en la ville de Paris, en 1660. 11 avait aussi séance au lit de justice, à côté du grand chambellan, qui s'asseyait toujours aux pieds du roi dans ces sortes de cérémonies. Ce qui se pratiqua depuis au lit de justice pour la majorité du roi, le 22 février 1723, ou l'on vit le grand écuyer marcher le long des salles du palais, immédiatement devant sa majesté, portant l'épée royale* et s'asseoir à la droite du roi, au bas des premiers degrés du lit de justice. Il portait aussi l'épée royale aux pompes funèbres.
Aux entrées des rois et autres cérémonies, il faisait servir les trompettes, hautbois, violons, fifres, tambourins, saqueboutes et cornets de l'écurie, pour rendre la fête plus célèbre. A la mort des rois tous les chevaux de la grande écurie et du haras, et tous les harnais et les meubles en dépendant, devaient appartenir au grand écuyer.
Il porte pour marques de sa dignité, à chaque côté de set armes, l'épée du roi dans te fourreau , avec le baudrier. La garde de celte épée est d'or, couverte de fleurs de lis de même ; le fourreau et le baudrier de velours bleu, semés de fleurs de lis d'or, tes boucles du ceinturon ou baudrier aussi d'or.
Après le graud écuyer, il y avait une charge d'écuyer commandant, qui fut supprimée à la mort du comte de Saint-Haur, par lettres-patentes du mois de iauvier 1761; et par édit du mois de septembre 1772, regislré au parlement le 31 mars 1773, sa ma-» iesté créa une charge de premier écuyer en la grande écurie, dont elle se réserva la nomination. Ce premier écuyer prêtait serment entre les mains du grand écuyer, et faisait auprès de sa majesté le même service à cheval que le grand écuyer, lorsqu'il était absent; il donnait l'ordre du service à la grande écurie, lorsqu'il l'avait reçu de sa majesté, de même manière que l'aurait fait le grand écuyer, et lorsque le premier écuyer suivait sa majesté à 1 armée, il était accompagné d'un page, suivant l'ancien usage.
Ecuyer* de main du roi. Lorsqu'il se faisait quelque détachement de la pelie écurie, c'était le premier écuyer qui présentait au roi l' écuyer ordinaire de sa majesté, ou l'un de ses éctiyers de quartier, pour être commandant de ce détachemeul durant le voyage. C'est ainsi que le premier écuyer en usa l'an 1679, lorsqu'il fallut faire accompagner la reine d'Espagtie; de même, en 1680, pour aller recevoir sur la frontière madame la Dauphine; en 16&b, pour servir madame la duchesse de Savoie; en 16U6, pour servir madame la duchesse de Bourgogne. Cet écuyer, dans toutes ces occasions, a commandé le détachement de la petite écurie,