‹ Dictionnaire héraldique contenant: l'explication et la description des termes et figures usités dans le blason, des notices sur les ordres de chevalerie, les marques des charges et dignités, les ornements et l'origine des armoiries, les rois d'armes et les tournois, etc. Avec un grand nombre de planches et d'exemples tirés des armoiries des familles, villes et provinces de France. Suivi de l'Abrégé chronologique d'édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de la noblesse;Chapitre 95 sur 162 · ORD DICTIONNAIRE HERALDIQUE. ORD SC · texte numérisé non relu

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las V, lorsqu'il maria, en 1325, son fils Casimir avec la princesse Anne, tille du duc do Lithuanie : il a été renouvelé on 1705 par Frédéric-Auguste de Saxe, élu roi de Pologne. Les chevaliers de cet ordre portent une croix d'or à huit pointes, émaillee de gueules, bordée d'argent, cantonnéo de flammes de feu, chargée en cœur d'un aigle blanc, qui a sur l'estomac une autre croix de môme environnée des armes et des trophées de l'électoral do Saxe, et de l'autre côté le nom du roi en chiffres avec cette devise : Pro /We, lege et rege, le tout surmonté d'une petite couronne de diamants. Le collier est composé d'aigles d'or couronnées et enchaînées.

Ordre de Saint- Jacques. L'ordre de Saint- Jacques de l'Epée doit sa naissance à la charité de treize gentilshommes qui se dévouèrent à la garde des chemins qui conduisaient à Saint-Jacques, et à protéger les pèlerins. Ils tirent d'abord les trois vœux de religion, pauvreté, chasteté, obéissance; mais le pape Alexandre III, en confirmant ce nouvel ordre militaire, permit aux chevaliers de se marier ; la bulle est de l'an 1175. Ces chevaliers étant devenus très-puissants par les conquêtes qu'ils firent sur les Maures, et par la libéralité des différents princes ; le roi de Portugal a fait unir à sa couronne la grande maîtrise de cet ordre, établi dans ses Etats, et Ferdinand et Isabelle demandèrent au pape la même grâco pour la grande maîtrise de l'ordre établi dans le reste de l'Espague. Pour être reçu chevalier, il faut faire preuve de noblesse de quatre races, tant du côté paternel que du côté maternel, et aucun des ancêtres du présenté ne doit 'avoir été juif, sarrazin, ou hérétique, ou repris par l'inquisition. Les chevaliers, présentement, font vœu de pauvreté, d'obéissance et de chasteté conjugale : à ces trois vœux , ils en ajoutent un quatrième, ordonné dans le chapitre général tenu en 1652, savoir : de défendre et de soutenir, tantenpublicqu'en particulier, la croyance de l'immaculée conception de la sainte Vierge. L'habit de l'ordre est un manteau blanc avec une croix rouge fleurdelisée et terminée en épéo sur la poitrine.

L'ordre d" Alcantara , appelé auparavant de Saint-Julien du Poirier, a eu à peu près les mêmes commencements que l'ordre de Saint-Jacques. Cet ordre fut confirmé comme ordre militaire par le pape Alexandre III, en 1177. La grande maîtrise fut annexée à la couronne d'Espagne par le pape Adrien VI. Les chevaliers eurent la permission de so marier en 1540. Leur habit de cérémonie est un manteau blanc , chargé sur le côté gauche d'une croix verte fleurdelisée. Ils font les mêmes vœux que les chevaliers de Saint -Jacques. Les armes de l'ordre sont d'or, au poirier de sinople accompagné en pointe de deux entraves d'azur.

L'ordre de Calatrava fut institué pour combattre les Maures. Alexandre III l approuva en 1164 ; la grande maîtrise est aussi annexée à la couronne d'Espagne. Les chevaliers font les mêmes vœux que ceux j'AI-

cantara; ils sont habillés do même; mais la croix de Calatrava est rouge.

L'ordre d'Avis, en Portugal, eut aussi pour but, à son origine, de combattre les Maures. Il fut confirmé comme ordre militaire en 1162. Jean III, roi de Portugal, fit unir à sa couronne la grande maîtrise de cet ordre. Les chevaliers portent pour habit do cérémonie un grand manteau blanc, chargé vers l'épaule gauche d'une croix de sinople fleurdelisée , accompagnée en pointe , do deux oiseaux de sable affrontés.

Ordre du Christ. L'ordre du Christ fut fondé en Portugal par le roi Denis I en 1318, pour animer la noblesse contre les Maures. Le pape Jean XXII confirma cet ordre en 1320, et lui réunit tous les biens des templiers qui avaient été supprimés, et lui donna la règle de Saint-Benoît. D'abord, les chevaliers firent les trois vœux essentiels de pauvreté, chasteté et obéissance; mais Alexandre VI leur permit de se marier.

La marque de l'ordre est une croix patlée, haussée de gueules, chargée d'une croix pleine et haussée d'argent ; le coliierest une chaîne d'or à trois rangs.

Ordre de la Sainte- Ampoule. Cet ordre ne se confère qu'aux quatre seigneurs qui possèdent les baronnies de Terrier, de BeUestre, de Sonastre, et de Louversi, qui relèvent de l'abbaye principale do Saint-Remi. Ils se qualifient barons chevaliers de la Sainte- Ampoule. Ils portont le dais lorsqu'on la transporte de l'abbaye de Saint-Bemi à la métropole de Rheims pour le sacre des rois. La marque de cet ordre est une croix d'or émaillée de blanc, chargée d'une colombe tenant de son bec la sainte ampoule , couronnées de quatre fleurs de lis a'or. Le ruban est noir.

Ordre de h Cosse de genêt. L'ordre de la Cosse de genêt fut institué par le roi saint Louis, à la solennité de son mariage. 11 fut en vigueur jusqu'au règne do Charles VI. La devise était, Exaltât humiles. Le collier de cet ordre était composé de cosses de genêt entrelacées de fleurs de lis d'or, renfermées dans des losanges cléchées ; au bas pendait une croix fleurdelisée. On voit la description fidèle de ce collier, dans un ancien registre de la chambre des 'comptes de Paris, de l'an 1393, où se trouve un compte rendu par Charles Poupart, argentier du roi, dans lequel il y a la dépense faitej pour le collier du roi, et pour ceux que 1 on envoya au roi d'Angleterre et à quelques seigneurs anglais. 1

Ordre du Porc-épic, ou du Camail. L'ordre du Porc-épic, ou du Camail doit son institution à Louis de France , duc d'Orléans , second fils du roi Charles V. En 1394, ce prince voulant rendre plus solennelles les cérémonies du bapiême de son fils, institua cet ordre compose de 25 chevaliers, y com-

firis le duc, qui en était le chef. Les chevaiers devaient faire preuve de quatre races. Leur habillement consistait en un manteau de velours violet, le chaperon et le manlelet d'hermine ; une chaîne d'or au cou au

bout de laquelle pendait un porc-énic, avec cette diviso : Continus et emtnus. Cet ordre fut aussi appelé du camail, parco que le duc d'Orléans donnait, avec le collier, une bague d'or garnie d'un camayeu ou pierre d'auathe, sur laquelle était gravée la figure d'un porc-épic. Louis XII , fils de Charles d'Orléans, étant parvenu à la couronne, conféra le collier à quelques chevaliers ; mais après sa mort l'ordre fut aboli. Il paraît que cet ordre se donnait quelquefois à des femmes, puisque, dans une création de chevaliers du 8 mars 1438, le duc d'Orléans le donna à mademoiselle de Murât et à la femme du sieur Potron de Saintrailles.

Ordre du Croissant. L'ordro du Croissant fut institué par René, duc d'Anjou, roi de Sicile et comte de Provence. Cette institution se fit à Angers, l'an 1448, sous la protection de saint Maurice , qui fut déclare chef de cette chevalerie. Pour y être admis, il fallait être duc, prince, marquis, comte ou vicomte, ou issu uancienne chevalerie, gentilhomme de quatre races. Ces chevaliers s engageaient par serment à plusieurs pratiques de piété. Tous les ans, le jour de saint Maurice, ils élisaient un chef, auquel on donnait le nom de sénateur : ils devaient lui obéir dans tout ce qui concernait le bien de : l'ordre. Les jours de cérémonie, ils portaient des manteaux longsiusques à terre ; savoir, le prince ou chef de l'ordre,' un manteau de velours cramoisi fourré d'hermine; les chevaliers un manteau de même, fourré de menu vair; sous ces manteaux ils avaient des robes de damas gris fourrées de même ; sur la téte des chaperons couverts et doublés de velours noir, avec cette différence que ceux des chevaliers avaient un bord] d'or, et ceux des écuyers un bord d'argent ; ils portaient tous sous le bras droit un croissant d'or émaillé, sur lequel étaient écrits ces mots : Loz en croissant. Le nombre des chevaliers était fixé à cinquante.

Ordre de l'Epi et de rHermine. L'ordre de l'Epi et de l'Hermine, ainsi appelé à cause du collier, fut institué par François I", duc de Bretagne, pour 25 chevaliers nobles et sans reproches. Leur habillement de cérémonie était un grand manteau de damas blanc, doublé de satin incarnat, le mantelct et le chaperon de même ; par dessus le grand collier de l'ordre, composés d'épis de blés entrelacés avec des lacs-d'amour, le tout d'or; an bas une hermine émaillée de blanc sur une terrasse de sinople avec celte devise : A ma vie.

Ordre de la Charité chrétienne. Cet ordre eut pour fondateur Henri Ul, roi de France; il institua cette chevalerie en faveur des soldats estropiés au service. La marque devait être une croix ancrée en broderie de satin blanc bordée d'azur, chargée en cœur d'une losange d'azur, à une fleur de lis d'or, avec cette devise : Pour avoir bien servi. Ce nrince assigna des revenus à cet ordre sur les hôpitaux et maladreries du royaume; il lui donna une maison située dans le faubourg Saint-Marcel à Paris ; colle institution

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était d'une très-grande utilité, mais ce prince n'en put voir Exécution. Henri IV voulut suivre les vues de son prédécesseur, mais il ne réussit pas plus heureusement. L'établissement de l'Hôtel royal des Invalides remplit parfaitement le but que s'étaient proposés les deuxmonarques.

Ordre de la Légion-d' Honneur. L'ordre do la Légion - dllonneur, qui avait eu pour origine les armes d'honneur, fut institué pour récompenser le mérite civil et militaire, par Napoléon Bonaparte, encore premier consul, le 19 mai 1802. D'après cette premièro organisation, il se composait de seize cohortes, qui correspondaient à seize divisions des départements de la France. Outre un grand chancelier de la Légion, lequel résidait à Paris, chef-lieu général, chacune des seize cohortes, avait son chancelier et son cheflieu. Il n'exista d'abord que quatre degrés hiérarchiques : légionnaire, officier, commandant et grand officier. Chaque cohorto comptait 7 grands officiers, 20 commandants, 30 officiers et 350 légionnaires. Ainsi, à l'origine, la légion ne devait avoir que 6412 membres. Dès la première année de l'empire, .au-dessus des grades déjà existants, il H en fut créé un cinquième, celui de grand cordon. Peu de temps après, le nombre des chevaliers (titre que les légionnaires reçurent),devint illimité, puis celui des titulaires des autres grades, augmenta successivement.

En 1805 seulement fut réglée la décoration. Pendant l'Empire, elle consista en une étoile à cinq rayons doubles, surmontée de la couronne impériale ; le centre de l'étoile, entouré d'une couronne de chêne et de laurier, présentait d'un côté l'effigie de l'empereur avec la légende : Napoléon empereur des Français et de l'autre, une aigle tenant la foudre, avec les mots Honneur et Patrie pour exergue.

Celte décoration, était en argent pour les simples chevaliers, en or pour les autres grades. Les chevaliers et les officiers la mrtaient suspendue à la boutonnière de 'habit par un ruban moiré rouge, seulement es ofuciers avaient de plus une rosette; les commandants la portaient en sautoir avec un ruban plus large; les grands officiers portaient la décoration en or avec une plaque en argent au côté droit de l'habit; les grands cordons, outre une plaque plus grande au côté gauche de l'habit, portaient un large ruban qui passait de l'épaule droitojau côte gauche, et au bas duquel était suspendu l'aigle de la légion.

La Restauration conserva l'ordre de la Légion-d'Honneur, mais à l'effigie de Napoléon on substitua celle d'Henri IV et des fleurs de lis à l'aigle. Los commandants prirent le nom de commandeurs et les grands cordons celui de grand-croix; 1830 se contenta de remplacer les fleurs de lis par des drapeaux tricolores, et enfin un décret du Président vient de rétablir l'effigie de l'Empereur sur la décoration.

ORIFLAMME. — (1) L'oriflamme estoit la bannière et l'enseigne ordinaire dont l'abbé cl les moines de la royale abbaye de Saint-

(i) Du Cangc, disserl, 18.

Denys s© servoient dans leurs guerres partioufieres, c'est-à-dire dans celles qu'ils entreprenoient pour retirer leurs biens des mai ris des usurpateurs , ou pour empêcher qu'ils ne leur tussent enlevez. Et comme leur condition et l'état ecclésiastique , où ils s'estoient engagez, ne souflroit |>as qu'ils maniassent les armes , ils abandonna. i ut celle charge à leur avoué, qui recevoit des mains de l'abbé cette cnsoigne, et la portoil dans les combats. Car c'est là le véritable usage de l'oriflauMne, quoi que quelques suivants en ayenl écrit autrement, étaient avancé dos choses peu conformes à la vérité.

Pour commencer par la recherche du nom d'oriflamme, la plupart des écrivains estiment, qu'on le doit tirer de sa matière, de sa couleur et de sa forme. Quant à sa figure, il est hors de doute qu'elle estoit faite comme les bannières de nos églises, fendues en divers endroits jtfir le bas, oruées de franges, et attachées par le haut à un balou de travers, qui les tient étendues, et est soutenu d'une forme de pique. Us ajoutent que sa matière estoit de soie ou de lafelas, sa couleur rouge. On a donné le nom d'oriflamme à cette bannière, parce qu'elle estoit découpée par le bas en ligure de Uainmes, ou parée qu'estant de couleur vermeille, lorsqu'elle volligeoit au vent, elle paroissoit de loin eu guisede flammes, eleu outre, parce quelamatierede la lance qui la soutcuoit estoit dorée.

L'oriflamme estoit donc l'enseigne particulière de l'abbé et du monastère de Sainl- Denys , qu'ils faisoient porter dans leurs guerres par leur avoué. Car c'estoit là la principale fonction des avoiioz, qui en qualité do défenseurs et de protecteurs des monastères et des églises, eutrepreuoient la conduite de leurs vassaux pour la défense de leurs droits, et portoient leurs enseignes à la guerre : d'où vient qu'ils sout ordinairement appelez les porto-enseignes des églises, siijiiifcn ecclesiarum. Les comtes du Vexin et de Pontoise (lj avoient ce titre dans le monastère de Sainl-Denys dont ils estoient les avouez et les protecteurs, et en cette qualité ils portoient l'oriflamme dans les guerres qui s'entreprenoient pour la défense de ses biens. D'où vient que pour le plus souvent cette bannière est nommée l'enseigne de Saint-Denvs, dans lés auleurs, non parce qu'elle estoit conservée en l'église de ce monastère, mais parce qu'elle estoit la bannière ordinaire qu'on portoil dans les

guerres de celte abbayo. D où l'on peut illuire qu'elle n'a esté portéo par nos rois dans leurs guerres, qu'après qu'ils sont devenus propriétaires des comtez de Pontoise et de Mante . c'est-à-dire du Vexin ; ce qui arriva sous le règne de Philippes I, <>u de Louys le Gros, sou lils. Car l'histoire remarque que Simon, comte de Pontoise et d'Amiens, avant dessein de se retirer au monastère de Saint-Claude donna à l'abbaye de Cluny (2) la ville de Manie, et ses dépen-

(1) A. Duchcsne, en l'IIUt. de Bedaine, I. i.ch. 3.

(2) Preuves; de l'HUt. de Coucy, p. 313, BibL Uun., p. 5i7.

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dances, et que ic roy Philippes s en estant emparé, vraysemblablemenl comme d'une Place frontière, et nécessaire à l'Estat , sur les plaintes qui lui en furent faites, en fit la restitution à ce monastère, par acte passé à Mante l'an mille soixante et seize, qui est l'année que Simon se relira à Saint-Claude. Mais il y a lieu de croire que le roy s'en accommoda depuis, avec les moines de Cluny, d'autant que nous lisons qu'incontinant après , cette place fut en sa possession, et qu'il en disposa comme d'un bien qui luy apparlenoit. Car Orderic Vital [1) assure que le même roy voulant appaiser Louys, surnommé le Gros, son lils, qui vouloit se venger de Bertracle do Monfort, sa belle-mere, qui l'avoit voulu empoisonner, luy fil don de Pontoise, de Mante et de tout le comté du Vexin. Suger (2) ajoûte que Louys, à la prière de son pere, consentit depuis que Philippe*, tils du roy el de Bertrade, jouisl du comté de Mante : et ce en faveur du mariage que le roy el Bertrade procurèrent à ce jeune prince avec l'héritière de Moullhery. Tant il v a qu'il parolt assez que le comté du Vexin tomba au domaine de uos rois en ce temps-là et qu'ainsi ce fut en cette qualité qu ils ont commencé à faire porter l'oriflamme, ou l'enseigne de Saint-Dcnys dans leurs guerres : l'histoire n'en faisant aucune mention avant le règne de Louys le Gros; car je ne m'arrête pas aux discours de ceux qui ont avancé qu'elle estoit connue dès le temps de Dagobert, de Pépin el de Charlemague, toutes ces histoires qui ont débité ces fables, estant à bon droit réputées pour apocryphes.

Il faut donc tenir pour constant que Louys la Gros fut le premier de nos rois qui, en qualité de comte du Vexin, tira l'oriflamme de dessus l'autel de l'église do Sainl-Denys, et la lit porter dans ses armées, comme la principale enseigne du protecteur de son royaume, et dont il invoquoit le secours dans son cry d'armes, particulièrement k>rsqu'ayant appris que Henry V, roy d'Alemagne venoit eu Fiance avec ses troupes (3). 11 est arrivé dans la suite que nos rois, qui estoient entrez dans les droits de ces comtes, s'en .sont servis pour leurs guerres particulières, comme estant la bannière qui portoil le nom du protecteur de leur royaume, ainsi que j'ay remarqué , la lirant de dessus l'autel de l'église de Sainl-Denys, avec les mêmes cérémonies, et les mêmes prières que l'on . voit accoutumé d'observer lorsqu'on la meltoit entre les mains des comtes du Vexin pour les guerres particulières do co monastère.

Ju vénal des Ursins (4) a décrit ainsi les cérémonies qui s'observoient lorsqu'on conçoit l'oriflamme au Chevalier oui la devoit porter : « Le roy s'en alla à Saint-Denys, visita les corps SS., fit ses offrandes, fil bénir l'oriflamme par l'abbé de Sainl-Denys, et la bailla à messire Pierre de Villers, le-

(I) Orderic, I. vm, xi, xu, p. 700, 813, 884.

(i) Sutfer., in Lud. c. 8, 17.

(3) Doublet, I. m, ch. 13.

(I) Jorenal des freins, an. 1381.

qncl fit X* swment accoutumé.» Le m^me autour ailleurs (I) : « Lo roy alla a Saint- Denys, etc. les corps de sainl Denys et de ges compagnons furenl descendus et mis sur l'autel. Le roy sans chappcron et sans ceinture, les adora, et ttt ses oraisons bien et dévotement et ses offrandes, et si firent les seigneurs. Ce fait, il Ht porter l'oriflamme, et fut baillée à un rie) chevalier, vaillant homme, nommé Pierre de Villcrs l'ancien, lequel reçut le corps de notre Seigneur et IW les seraiena en tel cas accoutumez: et après s'en retourna le roy au bois do Vincennes. »

J'insérerai en cet endroit le serment qui es toit fait par celui h qui on donnoit la charge de porter 1'orifhmme. « Vous jurez et promettez sur le précieux corps de Jésus- Christ sucré cv-prAsent, et sur le corps de monseigneur saint Denys et sos compagnons qui cy sont, que vous loyalement en vostre personne tendrez et gouvernerez l'oriflnmbo du roy monseigneur, qui cy est, à l'honneur et prolit do l«y, et de son royaume, et pour doute de mort,. ne autre avHoture, qui puisse venir, neladélaisserez,et»fcrez partout vostre devoir, comme bon et loyakbevalier doit faire Mi vers son souverain et droiturtarseignetn'.»

Plusieurs sont tombée en cette erreur qu'ils ont crû que l'oriflamme n'ostoit tirée de l'église de Saiut-Bowys, que lorsque nos rois avoient de fitoheuses guerres sur les bras pour repousser leurs ennemis, qui vonoient attaquer leurs Etats, et pour les défendre contre leur» imultes, « et non mie quand on veut conqneslcr autre pays, » ainsi qnc Ju vénal des Ursins (2) parie en quelque endroit de son histoire, ou bien lorsqu on faisoit la guerre aux infidèles,, ainsi que Froissort (3) a avancé : parce qu'il est sans doute que cette enseigne a toujours passé

Cour la prinoipalo de nos armées, sok que i guerre fust entreprise ponr la défense des frontière*, soit qu'elle fust au dedans contre les ennemis de l'Etat.

Sous Philippes le Bel (4), en la bataille de Monts en Puele l'an mil trois cens quatre, cette même oriflamme fut portée par Anseau de Chevreuse, vaillant chevalier, qui y perdit la vie, ayant esté etoutfé de la chaleur et de la soif. Meier écrit que les François la perdirent en cette bataille, et qu'elle fut prise et déchirée par les Flamens. Il est vray que la Chronique de Flandres (a) dit quo la nuit qui suivit ce combat elle fut à terre, sur le champ où la bataille fut donnée. Mais Guillaume Uuinrt, qui y fut présent, ainsi qu'il raconle luy-méme, assure que l'oriiùunrne qui y fut perdue en- ce combat, n'estoit pas la véritable» mais une oriflamme contrefaite, que le roy avoit fait élever ce jourlà, pour échauffer le courage des soldats.

11 n'y a donc pas lieu de s'ostonner, si les Flamens se persuaderont alors qu'ils s'estoienl rendus maUtcs-de l'oritlamuie, n'ayant

<l> Javénnl des Uftlns, an. 1382.

(4) Idem, an. tJWfi.

(5) Kroissarl, vol. », e. tari.

(*) Cmi» Piiil.

(5) Uiroa. de FUnd., c. 47

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u distinguer la fausse d'avec la véritable, e qui est d'autant plus probable, que nous voyons qu'incontinent après elle parut encore dans nos armées. Car on l'an 1315 le roy Louys Hutin la fit porter en la guerre mi'il eut contre 1rs mêmes Flamens, ot on donna la garde à Herpin d'Erquery.

Depuis Charles VI l'histoire ne fait plus mention de l'oriflamme, estant probable que nos rois cessèrent de la faire porter dans leurs armées depuis que les Anglois se rendirent maîtres de Paris, et delà meilleure partie de la France sous le règne de Charles V II, qwi, aprè?r les avoir chassez, ayant établi une nouvelle manière de faire la guerre, et institué dos compagnies d'ordonnance, inventa aussi ta cornette blanche (1), qui a esté daus la suite la principale bannière de nos armées.

OREE. Filière qui n'a qne la moitié de la largeur de la bordure, c'est à-dirc, un douzième do la largeur de l'écu, et qui est éloignée dti bord de l'écu à une distance égale à sa largeur, en quoi elle diffère do la filière qui touche les bords. On dit en orlc, dos meubles de l'écu, posés dans le sens de l'orlo, pourvu toutefois qu'il y en ait plus ou moins de huit, et aussi ue ceux qui accompagnent les pièces honorables, lorsqu'ils se trouvent dans le même sens. Huit meubles dans l'écu se posent ordinairement en orlc, ce qui ne s'exprime pas. Lorsqu'il y a plus d'un orlo dans l'écu, ils sont l'un dam l'autre ; s'ils s'en trouvait plusieurs qui fussent l'un sur l'autre, ou l'un à côté de l'autre, on les nommerait faux Sens. On nomme ainsi l'orlo seul qui, an lieu d'être à une distance égale à sa largeur du bord de l'écu, en est plus éfoigné, etif occupe que la circonférence a'un écusson. Chariot— d'argent, M'orle d'azur. Picardie. Aingeville — d'argent, à l'orlo de sable. Pi-

Vandricnurt — dû glïculcs, à l'orle d'argent, sunnonié d'un lambel de quatre pend<mts aussi d'argent. Picardie.

Cornu — do gueules, à l'orlo d'argent Baignmtx — d'or, à quatre orlos de sable. Bretagne.

Novarin de Longchnmps — d'azur, à la fleur de lis d'argent, surmontée d'un lambel du mémo ; à l'orle denché d'or, ert sa partie extérieure. Comtat Venaissin

Gaudechnrt du Fayel, — d'argent, à neuf mcrleltes de gueules on orlo. Picardie.

Caylus de Rouairoux — d'or, au léopard lioimé de gueules, accompagné do seiae étoiles du même en orle. Languedoc.

La BbwHaye de Thevray — d'argent, h la bandodeguoulcs, accompagnée en chef d'une merlctto do sable, et on pointe do trois croisettes du même en orle. Normandie.

ORNEMENTS EXTÉRIEURS DES ARMOI- RIES. — Ce n'est point assez de connaître les armoiries et do les blasonner, il faut encore savoir distinguer les marques d'honneur et les ornements qui accompagnent quelquefois les armoiries. Ces marques d'honneur et ces accompagnements sont les couronuos, les casques, les cimiers, les lambrequins, les

(i) Doublet.

marques des emplois et los ordres de chevalerie. Voir ces différents mots.

Il y a sopt manières de placer dans les armoiries les marques des dignités.

La première est de les faire entrer dans les armes mêmes de la famille, comme firent les Boutheillcr de Senlis, oui portaient d'or à une croix de gueules, chargée de cinq coupes d'or. Les personnes qui avaient des offices à la cour, surtout les tilles et les dames attachées aux reines, mettaient sur leurs tombeaux, dès le xnr siècle, des fleurs de lis et des roses ; et il ne faut point douter que la plupart des fleurs de lis portées en armoiries par tant de familles ne soient des marques des offices remplis auprès des rois par quelqu'un de leurs membres, et non des concessions particulières.

2* Elles peuvent former un quartier des armoiries, comme elles faisaient dans celles des électeurs séculiers de l'empire ; Bavière, portait le globe impérial ; Saxe, deux épées; Brandebourg, le sceptre, c 3* Elles se metteut en cimier, comme toutes los couronnes et les tiares, chapeaux, mitres, mortiers.

4* Elles s'accollent derrière l'écu, comme ta croix des archevêques, l'ancre de l'admiraulô, les bâtons des maréchaux de France. S'il n'y a qu'une pièce, on la met droit en pal, et en sautoir s'il s'en trouve deux.

5" Elles se mettent aux côtés de l'écu comme les épées du connétable et celles du grand écuyer.

6° On les place au-dessous de l'écu comme les canons acculés du grand maître de l'artillerie.

7* Elles entourent l'écu, comme les colliers des ordres de chevalerie et le pallium de quelques archevêques. -

Les marques des dignités ecclésiastiques, sont là tiare et les clefs pour le pape ; le chapeau rouge pour les cardinaux; le chapeau vert pour les archevêques et évêques ; la croix a double traverse pour les patriarches et primats; la croix simple pour les archevêques ordinaires et pour les cardinaux qui ont eu des légations ; la crosse et la mitre pour les évêques et les abbés; la crosse pour les abbesses; le chapeau noir pour les protouotaires.

Les chantres des chapitres ou églises collégiales commencèrent au xvh* siècle à mettre un bâton dejehœur derrière leurs armoiries, les prieurs ont un bourdon.

OTELLES. — Les otelles que porte la maison de Comminges, sont prises par quelques uns pour des hastelles ou ételles de Lois, qu'ils font dériver d'hastula; d'autres ont jugé, d'après leur ligure et leur couleur, que ce devait être dos amandes pelées, et le P. Monet y a vu dos fers de lances ; enfin le P. Ménétrier, qui d'abord avait cru reconnaître dans cetto figure une blessure enflée ou bosse, et avait illustré cette conjecture d'une foule do passages des auteurs sacrés et profanes, a pensé plus lard que c'étaient des pignons de combles ou de toits qu'on nommait anciennement hastulas en latin et

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otelles en notre langue. Pour nous, nous pensons avec Juste! et Le Laboureur que ces prétendues otelles ne sont autre chose que )e champ dos armes de Comminges, qui étaient : d'argent à une croix pattée de gueules , les bras de la croix, en s élargissant .peu à peu, ont fini par remplir l'écu et ne laisser que

Suaire petites éenancrures de la grandeur et gure de quatre amandes pelées. On peut suivre dans les anciens sceaux des Comminges, celte extension progressive des bras de la croix. Les familles autres que celle de Comminges, qui portent cette figure dans leurs armoiries sont toutes relativement assez récentes, et les ont prises à l'imitation de cette grande et illustre maison du Midi.

Comminges — de gueules, à quatre otelles d'argent, adossées en sautoir. Guyenne et Gascogne.

Montault Saint- Sivié — écartelé, aux 1 et 4 de gueules, à quatre otelles d'argent, adossées en sautoir; aux Set 3 de gueules, àdeux mortiers de guerre d'or ; sur le tout de gueules, à la croix pattée d'argent, soutenue par une main garnie d'un gantelet du môme.

Guyenne et Gascogne, r OURS. — animal qui parait dans l'écu de profil et passant, ne montrant qu'un œil et qu'une oreille. Ours assis, est celui qui parait droit sur son derrière. Ours accroupi, est celui qui parait sur son derrière, les deux pattes de devant touchant à terre. Ours m pied, celui qui parait dressé sur ses pattes de derrière. Ours rampant, celui qui semble marcher sur ses pattes de derrière, et qui a le corps incliné en avant. Allumé, se dit de l'œil de l'ours, lampassé de sa langue, et armé de ses griffes, lorsqu'ils sont tTun émail différent.

Rommecouri — d'or, à l'ours de sable allumé d'argent. Champagne.

Cahors — d'azur, à un ours passant d'or ; au chef d'argent, chargé do trois croisettes de gueules. Guyenne et Gascogne.

Borne — d'or, à l'ours passant de sable, armé et lampassé do gueules. Languedoc.

Ossun — d'or, h l'ours passant de sable sur une terrasse de sinoplc.

Crosey— d'argent, à un ours menaçant do sable, armé de gueules. Franche-Comté.

Senemont — d'argent, à l'ours rampant de sable, contre un rocher de sinople, semé de fleurs de lis d'or.

Bermond — d'or, à l'ours rampant ou sur pied, de gueules, accollé d'une épée d'argent avec la ceinture de même. Languedoc.

Saillies- Leme — d'argent, à un ours au naturel, montant sur un hêtre de sinople, sur lequel il jette du sel avec sa patte. Béarn.

Louis de la Grange — de gueules, semé do grains de sel d'argent, à l'ours en pied enchaîné d'or, lampassé, armé et colleté d'azur, brochant. Flandre.

Ourcières — d'argent, au chef de gueules, à l'ours debout de sable, portant entre ses pattes une couronne d'or, brochant sur le tout.

Bermand — d'or, à un ours debout de sablo, portant sur ses pattes une hache d'armes, lo manche arrondi d'argent Champagne.

Du Roux — d'or, h l'ours do sable, surmonté de deux étoiles d'azur.

Perard — de gueules, à une bande d'argent, chargée d un ours de sable, au chef d'or. Bourgogne.

Cordes ou Cor doue — d'azur, à un ours d'argent, tenant en ses pattes un inonde croiselté d'or. Provence.

Traversier d'Aliul — d'azur, à l'ours debout d'or, adextré d'un château à trois tours d'argent. Guyenne et Gascogne.

Traveriier de Fautillon — d'azur, à Tours d'argejt; au chef du môme, chargé d'un amandier de sinopie ; à la bordure de gueules , chargée de huit flanchis d'or. Guyenne et Gascogne.

Baron — d'or, è un ours contourné, naissant de sable, tenant de sa patte dextre une épée haute d'argent, surmonté de deux roses de gueules et soutenu d'une étoile d'azur. Dauphiné.

Loques — d'or, à un ours passant et arrêté

HERALDIQUE. PAl 578

de gueules, surmonté d'uue étoile a? môme. Provence.

Alfonse — d'azur, a deux ours affrontés d'or, soutenant une fleur de lis du môme. Languedoc.

Montreuil — d'argent, à trois têtes d'ours em musclées et enchaînées d'or.

Morlat de Museau — d'argent, à une tôte d'ours de sable, emmuselée de gueules.

Baigntux — d'or, à trois têtes d'ours de sable, emmuselées de gueules. Orléanais.

Bologne- Alanson — d'or, a une patto d'ours de sable, mise en bande, montrant le dehors, chargée de six besanls d'or, 3, 2 et 1. Dau-

Nichaud — d'azur, à la patte d'ours d'or en bande. Guyenne et Gascogne.

Bologne — d'argent, à une patte d'ours en pal, percée en rond de six pièces, 3, 2, et 1. Dauphiné.

Guixon — d'or, à trois têtes d'ours, arrachées de sable, muselées d'argent. Bourgogne.

PAIBS. — «Sous les deux premières races, ditM.deMas-LatricdanssaNoticesuHapairic, le mot pairs, no désignait que des hommes l'égale condition : ainsi les princes se donlaient réciproquement ce litre, les évêques s'appelaient mutuellement de ce nom, et les membres d'un môme corps ou d'une même association le prenaient et le recevaient entre eux pareillement. De là vint l'usage d'appeler surtout pair», les vassaux d'un même suzerain, tenus de siéger avec lui pour rendre la justice. Les véritables pairs de France, quoiqu'ils ne portassent pas encore ce nom, étaient donc, à la fin de la seconde race, les hauts seigneurs qui relevaient immédiatement du roi de France et qui devaient se réunir avec lui en cour de justice pour rendre les jugements importants.

A la un do la seconde race, les grands vassaux de la couronne, qui se partageaient à eux seuls presque toutes les terres du royaume, étaient les ducs de France, de Bourgogne, de Normandie et d'Aquitaine ; les comtes de Toulouse, de Flandre, et ceux de Vermandois, auxquels succédèrent les comtes de Champagne. Les rois ne possédaient plus que le petit territoire dont Reims et Laon étaient les villes principales et qui s'étendait entre la Seine, la Marne et l'Oise, sans môme atteindre vers l'Ouest la ville de Soissons, appartenant au comte de Vermandois.

L'élévation du duc de France à la couronne en 987, réduisit à six le nombre de ces hauts feudataires. Grands seigneurs terriens, ils avaient inféodé à leur tour une partie de leurs domaines, pour se former une cour et des vassaux; et Hugues Capot eu succédant à Louis V, eut pour vassaux les anciens feudataires de la couronne e>i

Dictio>n. Hkrai.diqlk.

sa qualité de roi; et les tenanciers particuliers en sa qualité de duc de France.

La plupart des évêques possesseurs de fiefs élaient soumis pour le temporel à des seigneurs |>articuliers, et se trouvaient aiusi rangés parmi les arrière-vassaux de la couronne ; mais le petit nombre qui relevaient immédiatement du roi, furent alors promus à la dignité de pairs ; et comme ils appartenaient presque tous à la province ecclésiastique de Beims, ce fut cette province qui fournit presque tous les pairs ecclésiastiues, savoir l'archevêque de Beims et les vêques de Laon, Noyon, Beauvais, et ChAlons. Les autres évêques de la métropole do Beims, de môme que ceux du reste de la France, avaient au-dessus d'eux des seigneurs particuliers ou môme ne reconnaissaient pas pour supérieur le roi de France dont ils se trouvaient indépendants. 11 arriva doue que le sixième pair ecclésiastique, quoique son diocèse était hors de la province de Reims, fut l'évêque de Langres qui relevait immédiatement du roi. »

Les douzo plus anciens pairs connus sont ceux qui assistèrent, sous Louis VII, au sacre de Philippe Auguste, le 1" novembre 1179, dans l'ordre suivant. Pairs laïcs : Lo duc de Bourgogne, Hugues 111. Le due de Normandie, Henri le Jeune, roi d'AngJeterre. Le duc de Guyenne, Richard d'Angleterre, frère du précédent. Le comte de Champagne, Henri I". Le comte de Flandres , Philippe d'Alsace. Le comte de Toulouse, Baymond. Pairs ecclésiastiques : L'archevêque duc de Beims, Guillaume de Champagne. L'évêque duc de Laon , Royer de Rosay. L'évêque duc de Langres , Manassès de Bar. L évêque comte de Beauvais, Barthélémy de Montcornet. L'évêque comte de ChnWs . Gui do

Joinville. L'évèque comto de Noyon , Baudouin.

Dans la suite les rois de France ayant réuni les grands fiefs héréditaires h jour couronne, et voulant illustrer des familles de leur royaume qui avaient rendu d'éminents services et à leur personne et h l'Etat, érigèrent de nouvelles pairies, et on augmentèrent le nombre à leur volonté. Ainsi la pairie devint la première dignité de l'Etat. Les pairs furent les grands du royaume, et . les premiers officiers de la couronne ; ils ■ composaient la cour du roi, c'est-à-dire, son premier tribunal, que par cette raison on appelait la Cour des Pairs. Depuis que le parlement et la cour du roi ont été unis, le parlement a toujours été considéré comme la cour des pairs.

Les pairs se tenaient près de la personne du roi, lorsqu'il tenait ses états-généraux ; et comme ils étaient les plus anciens et les principaux membres du parlement, ils y avaient entrée, séance et voix délibérativo en la grand'ebambre, et aux chambres assemblées toutes les fois qu'ils jugeaient à propos d'y venir, n'ayant pas besoin pour cela de convocation ni d'invitation. La place des pairs, aux audiences de la grniiiFchainbre, était sur les hauts sièges à la droite.

L'âge pour la séance des pairs laïcs au parlement, était flxé a 25 ans. Aux lits de justice, les pairs laies précédaient les évoques pairs.

Au sacre du roi, les pairs faisaient une fonction royale ; ils y représentaient la monarchie, et y paraissaient avec l'habit royal, et la couronne en tète; ils soutenaient tous ensemble la couronne du roi, et c'étaient eux qui recevaient le serment que le monarque faisait d'être le protecteur de l'Eglise et de ses droits et de tout sou peuple.

Outre ces fo net ions qui étaient communes à tous lest pairs, ils eu avaient encore chacun de particulières au sacre.

1* L'archevêque duc de Reims, qui a la prérogative de sacrer et couronner le roi, et de l'oindre de l'huile de la Sainte-Ampoule.

2° L'évêque duc de Laon, qui porte la Sainle-Ampoule au sacre du roi.

3* L'évèque duc de Langres, qui porte le sceptre, et sacre le roi en l'abseuce do l'archevêque de Reims.

fc-L évôi|ue comte de Beauvais; il porte et présente le manteau royal.

5" L'évèque comte de Châlons; il porte l'anneau royal.

6' L'évèque comte de Noyon; il porte la ceinture ou baudrier.

L'archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, était pair ecclésiastique ; mais le rang de celto pairie se réglait par celui de sou érection qui date seulement île 162*2.

Les six anciens pairs laïcs étaient représentés au sacre, ainsi qu'il suit :

1* Le due de Bourgogne; il porte la couronne royale, et ceint I épée au roi.

8* Le duc de Guyeuue; il porte la première bannière carrée.

HERALDIQUE. PAL 580

3* Le duc de Normandie ; il porte la seconde bannière.

k' Le comte de Champagne; 11 porte l'étendard de guerre.

5* Le comte de Toulouse ; il porte les éperons.

6* Le comte de Flandres ; il uorte l'épée du roi.

Les princes du sang, ayant atteitit l'âge de vingt ans, étaient pairs nés.

Les princes légitimés, étaient aussi pairs nés.

Les anciens pairs de France mettaient le manteau fourré d'hermine autour de leurs armoiries avec les couronnes de duc ou de comte selon leurs titres.

PA1RLE.— L'une des neuf pièces honorables, formée du pal abaisse et du chevron renversé, réunis au centre de l'écu, desorie qu'il ressemble assez à l'Y. Chaque branche de pairie a eu largeur deux parties des sent de la largeur de l'écu. En pairie, se dit de trois pièces ou meubles rangés dans le sens du pairie. Le pairie représente l'éperon de l'ancien chevalier.

L'origine de cette pièce est assez incertaine. Quelques-uns ont cru que c'était uu pallium d'archevêque et que comme on dit valet et anciennement varlet, de pallium on a fait paille et pairie. Je crois plutôt que ce mot vient de peruuta qui était un bois fourché comme un Y, dont on se servait anciennement dans les églises pour suspendre les lampes et pour étendre les habits sacrés. A na stase le Bibliothécaire dit dans la Vie de Léon III : Nec non et gabuthas fecit ex aura purissimo xv, cum gemmis pendent es in ptrgula aute altare. Les Italiens, pour dire que les imprimeurs ont fourché le texte, c'est-àdire pris une chose pour une autre, disent : Iïanno pergolato il iesto; les treilles se nomment pergulie, parco qu'elles sont souleuues sur des fourches : quelques-uns ont cru que ce mot venait du latin parilis, parce que ce sont trois branches do longueur égale disposées en Y.

Ysommc — d'azur, au pairie d'or, chargé de trois tourteaux du champ. Ile de France.

Briey — d'argent, au pairie d'azur, chargé de cinq billeltes du chaun», et accosté de deux ours affrontés de sable, bouclés de gueules. Lorraine.

Rocard des Dauges ~ d'azur, au pairie et au chevron d'or, entrelacés. Limosio.

Feugerets d'Orceau — d'argent , à trois rameaux chacun de trois branches de fougère de sinople, eu pairie. Normandie.

Cuniyham — d'argent, au pairie de sable, écartele d'azur à trois fer maux d'or, Tou-

Issaudun (V.) — d'azur, au pairie d'or, accompagné de trois fleurs de lis malordoanées de même.

PAL. — Les anciens écrivaient poux au plur.: l'une des neuf pièces honorables, posée perpendiculairement ; il occupe en largeur, étant seul, deux parties des sept de la largeur de fécu.

Quand il y a deux pals, l'écu est divisé e»

ïm PAL DiCTIONNAIRi:

cinq espaces égaux par cinq lignes perpendiculaires; chaque pal a une partie deux cinquièmes de largeur; les trois vicies de même proportion forment le champ.

Lorsqu'il y a trois pals, la division de l'ecu se fait par six lignes perpendiculaires a égales distances, et le partage en sept espaces; les pals ont' chacun une partie en Largeur.

Un plus grand nombre de pals dans l'écu se nomment vergetfes.

En pal, se dit d'un meuble de longueur dont la position ordinaire est d'être euïasce, et non en pal; on en voit peu d'exemples, et aussi de plusieurs meubles l'un sur l'autre, au nombre de plus de deux, car lorsqu'il n'y a que deux meubles dans l'écu, ils doivent être posés en pal ; trois ou quatre animaux dans cette position sont dits l'un sur l'autre, et non en pal.

En pals, se dit de plusieurs meubles de longueur qui sont droits contre leur ordinaire. Les meubles de longueur sont ordinairement en pals, excepte lorsqu'ils chargent des pièces diagonales, parce qu'ils en suivent la direction ; ainsi, lorsqu'ils sont en nais sur ces pièces, ou doit l'exprimer en blasounant.

Le pal est presque toujours pièce principale dans l'ecu; il y en a cependant qui chargent d'autres pièces honorables.

Il y a des pals abaissés, accostés, adextrés, aiguisés, alésés ; pals-bandes, bandés, bordés, bretessés, brochant, câblés, cannelés, chargés; pals-chevrons, cométés, componés , coticés % coupés, denchés, échiquetés , écotés, étnanchés, cnyoulés, engrélés ; pals-fasces, fichés, flamboyants, frettés, fuselés, losangée, maçonnés, néhulés, ondes, papelonnés, parti*, patlés, resarcelés, remplis, retraits, treillisés, vairés, vivrés, etc., etc.

On appelle un écu palé, quand il est chargé égalemeul de pals de métal et de couleur: et contrepalé se dit lorsque l'ecu est coupé et que les demi-pals du < hef , quoique d'émaux semblables à ceux de la pointe, sont néanmoins différents en leur rencontre • de sorte que silo premier du chef est de métal, celui qui lui répond au-dessous doit être de couleur.

Du Cauge le dérive de pallea, qui a signibé un lapis ou pièce d'étoiles de soie, et il dit que les anciens nommaient pales les tapisseries qui couvraient les murailles; qu'elles étaient d'étoiles d'or et de soie, cousues alternativement, un lé d'étoile d'or, u i lé d'étoLTe de soie; il ajoute que les anciens disaient paltr pour tapisser, et que de là on doit tirer 1 origine des mots pal et palé ; en eiFet, au siècle dernier on voyait dans les châteaux de vieilles tapi>senes d'étoffes d'or et de soie par bandes perpendiculaires et alternées qui imitaient le palé des armoiries.

Pérusse des Cars — de gueules, au pal de vair. Auvergne.

Meyseria — de sinople, au pal d'argent. Bresse.

/lolomier — de gueules, au |.al d'argent. Dauphiné et Bresse.

UEIIALDIQUE. PAL 582

Verfey — de gueules, au pal componé d'or et d'azur. Bresse.

Ferrures- Saur ebœuf — de gueules, au pal d'or, à la bordure denliculéo du même. Auvergne.

Chauveron — d'argent, au pal bandé d'or et de sable. Limosin et Berry.

Chandos — d'argent, au pal aiguisé de gueules.

Sentis (V.) — de gueules, au pal d'or. Ile

de France.

Alirebeau (V.) — do gueules, au pal d'argent écartelé d'argent à la fasce de gueules. Poitou.

Le Lude (V.) — d'azur, au pal d'argent, écartelé d'argeut au pal d'azur. Maine.

Tesserot — parti d'azur et d'argeut, au pal abaissé et bretessé de six pièces de sable, sur le tout, à dextre chaussé d'or. Limosin.

Godescart — d'argent, au pal de sable, au chef d'azur ohargé de trois besants d'or.

Ingrande(\.) — d'argent,' au pal de sinople, écartelé de sinople au pal d'argent. Anjou.

Beauvais (V.) — de gueules, a un pal patlé, alésé, au pied fiché d'or.

Miremont — d'azur, au pal d'argent, fretté de snble, accosté de deux fers de lance du second. Champagne.

Brochard de la Rochebroehard — d'argent, au pal de gueules côtoyé de deui pals d'azur. Poitou.

Frottier — d'argent, au pal de gueules, accosté de dix losanges de même, cinq de chaque côté, 2, 2 et 1. Poitou.

Caillou — d'azur, au pal d'or, accosté de deux lions affrontés du même, lampassés et armés de gueules. Guyenne et Gascogne.

Clavet — d'azur, au pal d'or, accosté de deux clefs d'argent. Guyenne et Gascogne.

Auber de Peyrlongue — d'azur, au pat d'argent, accosté de quatre étoiles d'or, au chef cousu do gueules, chargé d'une fasce ondée d'argent. Agénois.

Yaucille — de gueules, au pal d'argent, arcoslé de six merlettes du même. Normandie.

Pelley — d'argent, au pal de sable, accolé de deux demi-vols de gueules, au chef d'azur. Normandie.

Ravot d'Ombreval — d'azur, au pal d'or, chargé d'une losange de gueules, le pal accosté en chef de deux molettes d'éperon d'or, lie de Fiance.

Sorhouet — d'azur, au pal d'argent, accompagné de quatre pommes de pin d'or, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'argent. Ile de France.

Tulle — d'argent, au pal de gueules chargé de trois papillons d'argent miratllés d'azur. Com t i Venaissin.

P crues — d'or, au pal d'azUr, chargé d'une croix ancrée do sable. Bourgogne.

Bruncas— d'azur, au pal d'à rgent chargé de trois tours de gueules, et accosté ou soutenu par quatre jambes de lion d'or, mouvantes dus lianes de l'écu. Comlat Venaissin.

Le Douarin — d'azur, à un pal d'argent,

chargé de trois mouchetures d'hermino do sable. Bretagne.

Sublet d'Heudicourt — d'azur , au pal brelesséd'or, maçonné de sablo, chargé d'une vergette de môme. Lorraine et Normandie.

Serpes — d'argent, au pal de gueules, chargé de trois chevrons d'or. Guyenne et Gascogne.

Arberg — de gueules, au pal d'or, chargé de trois chevrons de sable. Ile «le France.

Ferriére$ — de gueules, au pal d'argent , accompagné de dix billettes du mémo eu orle. Limosin.

Crues ~ d'or, à un pal de gueules chargé de trois croisettes d'argent. Bresse et Bugev.

Chauveron — d'argent, au pal île sable, chargé de trois bandes d'or. Limosin.

La Cour — d'azur, au pal d'argent, chargé de trois chevrons versés de sable. Dauphiné.

Boudier — d'or, au pal d'azur, chargé d'un croissant d'argent entre deux étoiles du champ. Normandie.

Bordeaux — d'or, au pal d'azur, chargé do trois fleurs de lis du champ, et accosté de deux lions affrontés de gueules. Normandie.

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