L'Ofenpass va. de la vallée grisonne de Munster
qui est reliée au Vinslgau et à la vallée de lAdige à Zernez dans la liasse-hngadine.
C'est probablement par là que passèrent, en 1222, le roi Frédéric II, et en 1413, le roi Sigismond, qui tous deux venaient de Trient. Ils se dirigèrent ver- Coire par la Fluela et la Strela.
Nous laisserons de côté les cols secondaires ne servant qu'à la contrebande ou au trafic local, et se trouvant sur la ligne principale du partage des eaux. Tel est le col de Murelto, connu depuis 1375, allant, par le Val Malenco, de Maloja à Sondrio, dans la Valteline. Et nous jetterons un rapide coup d'œil sur quelques-uns des cols que le Moyen Age connaissait à l'intérieur du pays, pour traverser les Alpes bernoises, uranaises ou glaronnaises. N'ous n'ajouterons rien à ce que nous avons déjà dit du Lôtschenpass. de la Gemini et du Grimsel, à propos des migrations des Walser.
Le col du Sanetsch (Senin), va de Gsteig près de Gessenay à Sion, est cité pour la première fois dans un document de 1252, à propos d'un différend de frontière entre l'évêque de Sion et la ville de Berne. Le col du Rawil, entre la Lenk et Sion, est mentionné en 1376; le sire Tùring de Brandis, en Emmental, le franchit pour aller porler secours à son beau-père, Antoine de La Tour- Châlillon, en lutte avec les Haut-Valaisans. La Furka et I'Oberalp étaient, déjà du temps des Romains, les passades les plus fréquentés entre le Valais et les Grisons. Mais l'ouverture de la route du Gothard leur porta un grand préjudice. Les cols du Krùzli (de Sedrun à Amsteg) et du Bruni (de Disentis à Amsteg) doivent avoir servi, au Moyen Age. aux communications entre le couvent de Disentis et le Maderanertal, avec lequel il était en relations, mais on n'a pas de documents qui le prouvent.
Le col du Panix et celui de Segnes, aboutissant tous deux à Elm et partant, le premier de Panix, dans l'Oberland grison, le second de Flims, sont dans le même cas. Le fait singulier que des troupeaux de moutons venant de Brigels allaient depuis très longtemps pâturer sur l'Alpe de Muttsee. située sur territoire glaronnais, prés du Kistenpass, semble indiquer un usage antérieur à la Réforme. Je parlerai dans le chapitre suivant d'autres anomalies ayant une signification historique et qu'on rencontre dans l'Oberland grison, le Rhàtikon et la contrée de Silvretta.
Dans les Temps Modernes, depuis l'époque de la Ré-
é par C. Haldenwang (17S9),
ALPES (LES
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forme et surtout au XIX'- s., le nombre des passages alpestres utilisés, notamment ceux où l'on a créé des routes carrossables, s'est augmenté dans une si grande mesure, que nous ne saurions en parler en détail dans cet article. Nous passons donc au chapitre suivant.
8. Pâturages alpestres (alpes) et noms de montagnes.— Déjà au Moyen Age, les Alpes avaient pris une telle importance au point de vue du trafic, que de siècle en siècle, voir de décade en décade, les lieux-dits se multiplient à l'infini dans les documents, si bien qu'ils forment la meilleure source de renseignements historiques où nous puissions puiçer. Etant donné cette abondance, nous serons obligés dé nous en tenir aux cas typiques. Nous procéderons de l'Ouest à l'Est. De 12.72 à 1378, la partie du Val de Bagnes, située en amont du Pont du Quart, appartenait aux sires de Quart près d Aoste ; cela explique parfaitement et le nom de ce pont et les allées et venues de soldats et de marchands au col de Fenêtre, pendant le Moyen Age.
« L'alpe Mundmar, — aujourd'hui Mattmark, — comprenant aussi le Distel et l'Eien devrait s'appeler Muontmor, du nom de la montagne. » Elle fut vendue, vers l'an 1300, par le comte Jocelyn de Blandrate, major de Viège, um 40 Pfund Môrsiger Wâhrung der ganzen Gempiwle von Saaspi'Ti Marliswald hinein.
Le Lôtschental est mentionné pour la première fois en 1233; la croix qui est au sommet du Lôtschenpass (qui conduit dans le Gasterntal) apparaît en 1352 dans un acte par lequel Jean de Weissenbourg engage à la ville de Berne ses biens situés sur le cours supérieur de la Kamler, qui s'étendent id niveos montes in Gastron, ad Crucem. En 1366 les gens de Loèche s'allient à ceux de Lôtschen ; ces derniers s'engageaient à garder les passages entre la Bassya de Cftampilz usque ad das BaUnhom quod
est sufjT Gandercum. Champilz, c'est sans aucun aoute Gampel ; le Balenhorn, le Balmhom, qui tire son nom d'une grotte située dans les rochers à sa base Nord -Est; quant à (iandegg, Justinger, qui connaît aussi Balm, en parle à propos des expéditions de 1384 et 1419, l'appelle: ((le col près de la croix». En 1367, les gens de Loèche obligèrent à garder les passages non plus seulement les habitants de Lôtschen, mais aussi ceux de Lagastrona. Dans le document confirmant ce contrat, en 1380, on lit Mi de Leura ajuvare debent custO'Ure passagium ad Crucem tantuin. Il apparaît ainsi clairement que, vers 1380, les limites de Lôtschen ou Loèche et Gastern d'une part, celles de Frutigen de l'autre, se rejoignaient sur l'étroit plateau qui part du Lôtschenpass, sous le Ferden Bothorn, longe la Begizzifurgge, et ahoutit au Balmhom. Cette « Regizzifurgge » tire son nom d'une famille Regez habitant Loèche-les-Bains.
En 1252, la Gemmiest appelée planum île Gurmilz etdépend du major de Loèche. En 1318, on la nomme mous et hospitale 'le Curmyz et elle appartient a Jean de La Tour- Chàtillon. En 1374, on parle d'une barricade de bois destinée à empêcher les incursions des Valaisans dans la vallée de la Kander, qui y pénétraient par lis gorges. Cela n'a de sens que -i la frontière entre le Valais et Berne traversait la route de la Gemmi au-dessous de la Spittelmatt, prè~ du Stock, et si l'on admet que des intrus pouvaient arriver sur le territoire de Gaster par le- gorges du Schwarzbach. Ainsi, lorsque les avalanche- descendent de l'Altels, situé entièrement sur territoire bernois, et causent
des dommages aux bergers de Loèche habitant la Spittelmatt, elles dérangent un état de possession vieux de plusieurs siècles, et produisent un déplacement de frontière ju>que bien au delà de la ligne de partage des eaux. Un autre nom de sommet apparaît encore plus tôt dans la vallée de Grindelwald. Dans un document de 1220, les limites du domaine impérial accordé au couvent d'Interlaken par Frédéric II sont fixées ainsi : a Sc/ioneicra usque ad Alpigalam et adglaciem inferiorem. Peu de temps après 1246, Walter et Conrad de Wàdiswil vendent au couvent un alleu appartenant à leur mère: la Wergistalalp. Les limites en étaient les suivantes: de la partie basse du Kalli jusqu'au glacier inférieur, en passant par dessus les Boneren le long du glacier jusqu'à la Lutschine. Puis la frontière suivait cette rivière jusqu'à son confluent avec le Wergistalbach qu'elle remontait jusqu'au confluent avec le Marbach. De là, elle se dirigeait vers le Boten
L'hospice du Grimsel, d'après un dessin de .I.-.I. Wetzel (1825), tiré de Y Annuaire du CAS, 1903.
Stock (truncus rubeus, Rotstock, 2668 m.), la Scheidegg, et atteignait l'Kiger (3974 m.) en suivant l'arête. Le domaine entier était ainsi situé au Nord du Mons Egere. C'est la première fois, à notre connaissance, que ces hauts sommets sont désignés comme frontière du pays, du nom qu'ils portent encore aujourd'hui. Les empiétements du domaine privé, sinon du domaine d'Etat, au delà de la ligne de séparation des eaux, sont très caractéristiques dans la contrée du Grimsel. Le trafic par ce col se perd, comme nous l'avons dit, drns la nuit des temps ; il fut réglé par une convention en 1397. Sur le col se trouvait alors une petite auberge où se faisait l'échange des denrées, mais nullement un hospice, malgré le nom de Spittel. Le 16 avril 1382, l'écuyer Jean IV de Bubenberg vendait aux hommes libres du Hasli, qui était pays d'empire, son alpe du Grimsel ou de Niederaaren, pour le prix de 50 bons florins. Les droits d'un groupe d'habitants de Gluringen, dans la vallée de Conches, à qui l'avoyer Ulrich II de Bubenberg avait affermé ce même alpage à titre héréditaire en 1375, contre une redevance de 5 llorins, demeuraient réservés. Cet état de choses, reconnu par une convention de 1511, subsista jusqu'en 159K; à cette époque, les gens du Hasli revendirent l'alpage d'Unteraar aux pâtres qui l'avaient loué II fut la propriété des gens de Biel. Bitzingen et de Gluringen jusqu'en 1843; à cette date, le Hasli le racheta. L'alpe d'Oberaar, fort pauvre, appartenait également, en 1430 aux gens du Hasli, qui l'affermèrent pour le prix de 15 florins; avant cette date, les documents font défaut;