ALPES CHEMINS DE FEB DES
L'acte d'investiture du 28 mai 1430 stipulait que le domaine comprenait 1 alpe d'Oberaar, « aussi loin qu'elle s'étendait dans le Ha-li ». <)n en pourrait conclure en comparant les limites indiquées par Thomas Schôpf en 1578 et i>;« i- S. Boduier en 17H) que pendant un certain temps la front ère entre Berne et le Valais s'étendait, à l'Ouesl de Hausegg, beaucoup plus au Nord que maintenant; mais cette conclusion demande encore à être vérifiée. Le 16oct. 1514, jour île la Saint-Gall, [•• landammann et la commune vendent à a pieux vénérables el sages Hans Jûrgen et Hans Vlerlen, du Valais, dixain de \ iègi . commune de Stalden, agissant pour le compte des communes alpestres de Tôrbel et Kurgen », pour le pris de 850 livres bernoises, l'alpe d'Oberaar avec tous ses droits et dépendances, y compris en particulier le droit de se réfugier sur l'alpe d'Unteraar, au cas où la neige les y obligerait.
Une des meilleures preuves de la force d'expansion des Uranais dirigés par lems landammanns qui avaient acquis de l'expérience et du savoir-faire politique au cours de leurs luttes avec la maison d'Autriche, ce sont les incursions continuelles sur les territoires voisins de f;ian~ et d'Engelberg. Après de longs combats à coups de plume et à coups d'épée, la frontière entre Uri et Unterwald s'est peu à peu rapprochée, entie I309 et 1513, de la ligne qu'elle occupe aujourd'hui ; autrefois elle passait par le pied du Weissenberg. au Sud du point 1923 (Elwenstein), entre les alpes de Fùrren et d'Ebnet, puis le long de la Fluli, au Nord- Est jusqu'à la « Stâubi » (la chute de l'Aaet non pas le Stierenbach), ensuite vers l'Est, au pied du Schlossberg, et par l'arête jusqu'à la Schlossberglùcke. La frontière actuelle va du Bernpfad dans la Steyenllnh, au pâturage d'Ebnet, descend dans l'Enge, traverse l'Aa pour rejoindre le Stock, et remonte de là, à travers la foret de Mysi, sur l'arête du Grassen ; elle laisse aux Uranais l'alpe inférieure de Surenen tandis que celle de Blacken, en deçà de la ligne de partage des eaux, leur appartint de tout temps. Les Uranais ont mis la main sur le reste, en se réclamant de leur droit de refuge sur l'alpe de Surenen en cas d'orage et de chutes précoces de neige, et de leur droit de lihre passage sur les chemins et sentiers allant de Stans et Ouochs à leurs alpages de Surenenegg à travers le territoire du couvent.
La légende sûrement très ancienne du « Grenzlauf » essaye de justifier le déplacement de frontière jusqu'au Klausenpass, c'est-à-dire bien au delà de la ligne de séparation des eaux; ce déplacement valut aux gens d'Uri l'Urnerboden, situé sur territoire glaronnais. La frontière actuelle date du 30 août 1196; elle a été fixée à ce moment par une sentence arbitrale du comte palatin Otto de Bourgogne, protecteur du couvent de Sàckingen.
En 1540, l'abbé Paulus Nicolai vendit l'alpe de Cornera qui appartenait au couvent de Disentis, à Martin Farisio, de Faido, Albert Schwarz et Jacob Schanovio, qui la payèrent 400 florins et y firent passer leur bétail par la Bocca di Gadlimo et le Passo Vecchio. Cette alpe avait été inféodée, le 27 octobre 1487, par le prédécesseur de Nicolai, l'abbé Jean, à Jean de Manzett, d'une famille de ministériaux de Moos, et avait fait retour au couvent. De 1540 à 1913, date où elle fut rachetée et affermée à la commune de Tavetsch, cette alpe appartint donc, en droit privé, au Tessin.
On retrouve des cas analogues à la frontière orientale de notre pays. Les noms de Galtûrtal, dans le Pràtigau, et de Klostertal, sur le versant de la montagne où se trouve Montafun, prouvent qu'il se faisait déjà un certain trafic par le Klosterpass (Rote Furka), entre Sardasca près de Klosters et le Vorailberg, à une époque où, dans le Pràtigau, on parlait encore surtout roman, donc avant I arrivée des Walser. En effet, Galtûr signifie Cullura. U. Campbell assure, en 1572 déjà, que ce trafic existe depuis les temps les plus anciens. Et les faits suivants appuient cette idée: Galtùr, la commune la plus élevée du Paznaun tyrolien, fit partie de la paroisse de Ardez, dans la Basse-Engadine, jusqu'en 1383 ; à l'heure actuelle, les pâturages de Gross Fermunt, dans le Monlafun, appartiennent encore à la commune d'Ardez, alors que le passage du Fermunt franchit la frontière. Les pâturages du versant tyrolien du col de Fimber appartiennent encore aux communes engadinoises de Remùs et de Sent.
Ci exemples, qu il Berait Eacilede multiplier, prouvent qu une chaîne de montagnes, si inhospitalière qu'elle puisse être, ne saurait séparer longtemps des peuples île marne langue el de même mentalité, et que des cols. pour hauts et difficiles qu'ils Boient, obligent pour ainsi dire au trafic, dès que les inti nmuns l'exigent.
i in . onstate d'autre part que toute l'histoire des Alpe- esi dominée par la lutte pour la possession des passages alpestres el que ce n'esl pas -ans raison qu'on a appelé la Confédération de 1291 un Passstaat .
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ALPES (CHEMINS DE FER DES ALPES SUISSES). Au sens strict, cette désignation ne s'applique qu'aux grandes lignes internationales qui franchissent les Alpes suisses ou les traversent dans des tunnels. Leur histoire n'est pas ancienne comme celle des routes alpestres, et ne remonte pas au delà de 1810. Lors des premiers projets déjà, nous trouvons une riva-