‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 109 sur 329 · ALPINISME · texte numérisé non relu

ALPINISME

qu'une grande partie du travail était faite en ce qui concerne « les sommets les plus élevés de la Suisse et l'histoire de leur ascensions (sous-titre de l'ouvrage de Studer : Veber Eis und Schnee, Heine 1871). Environ 200 sommets dépassant 3250 ni. (limite d'après Studer) n'avaient été le but d'aucune ascension.

En 1894, deux Anglais firent l'ascension de la dernière cime de 4000 m., le Combin de Zesselta ; en 1904, JIM. Paul Montandon, Albert Weber et Max v. Wyss triomphèrent du petit Lauteraarhorn, 3742 m., dernière haute cime des Alpes non explorée; en 1905 ce l'ut le tour d'un sommet oublié du massif de la Gnmsel, de l\ïlpli.stock dont un Anglais lit l'ascension«; en 1916 M. P. Montandon et ses amis achevèrent l'exploration des Seetalhôrner, dans le Baltschiedertal, entreprise par Edm. de Fellenberg en 1879, et atteignirent les dernières pointes encore vierges de la contrée. En comparant ces dates on appréciera Le travail accompli dans ces 50 années de tourisme. Grâce à cette activité continue à laquelle ont pris part le club et ses sections, des membres isolés, Suisses et étrangers, les Alpes suisses et celles des contrées limitrophes ont été explorées à fond et on s'est rapproché autant que possible du but suprême, la connaissance complète des Hautes-Alpes, grâce à une concurrence internationale, qui a fait de la Suisse le Playg round of Europe, et dans laquelle le C. A. S. occupe une place honorable. Dans le domaine scientifique, ses cartes et le mesurage du glacier du Rhône sont ses principaux titres de gloire. Dans ces domaines le C. A. S. n'a été dépassé par aucun de ses rivaux les plus audacieux. Si cela n'est pas le cas, dans la même mesure, pour l'assurance des guides, le C. A. S. a le mérite d'avoir toujours respecté l'honneur professionnel et les intérêts matériels des guides et de s'être abstenu de toute influence et de tout patronage égoïste.

L'exploration des Alpes n'est pas achevée ; elle offre encore du travail, une source d'étude et de joies pures pour de longues années et d'innombrables alpinistes. Mais les ascensions, l'exploration, la description des Alpes par la parole et l'image devront toujours s'inspirer du plus pur esprit scientifique et patriotique et l'activité sportive indispensable ne devra être considérée que comme un moyen que le but à atteindre ne suffit pas à sanctifier. — Voir Ch. Morf : Les pionniers du Club alpin; étude historique.

— Dr Buss : Die ersten 25 Jahre des Schweizer Alpenklub. - Chronik der Sektivn Davos S. A. C. 188G-90.

— Ginella-Hohl, L. : Festschrift der Sektion Zofingen S. A. C. 1814-99. — Dr E. Walder : Festschr. zum AOjâhrigen Bestehen der Sektion Uto des S. A. C. — Simeon Meisser : Gesch. der Sektion Bliàtia S. A. C. 1864-1904. — Hiltbrunner : Festschr. zum 25jrihr. Bestehen der Sektion Oberaargau S. A. C. 1881-1900.

— W. Forster : Festschr. zum. 25jàhr. Bestehen der Si ktion Weissenslein S. A . C. 1880-1911. — D' H. Dùbi : Die ersten fùnfzig Jahre des S. A. C. (trad. Iranç. par D. Delétra). — Dr A. Helbling : Gesch. der Sektion Aarau des S. A. C. 1803-1913. — A. Ludwig : Festschr. zur 50jâhrigen Jubilâumsfeier der Sektwn St. Gallen S. A. C. 1803-1913. - Rud. Bûhler : Gesch. der Sektion Tôdi S. A. C. 1803-1913. — Tâuber : Festschr. zum 5Qfâhrigen Bestehen (1er Sektion Uto des S. A. C. — D1 11. Dùbi : Die ersten 50 Jahre der Sektion Bern s. A. C. 1803-1913. - P.-X. Weber : Festschr. der Sektion Pilolus 1804-1914. — Jean Gut : Seplenniums- Bericht der Sektion Pfannensliel 1909-10. lH. Dûbi.]

ALPIN a. — 1. Nom de la grande Loge suisse (voir Franc-maçonnerie). —2. Revue maçonnique, paraissant depuis 1875; organe central de l'Union des Loges suisses. I es ili-ux premières années parurent à Lausanne chez Forster-Goodmann, la suite à Herne, de 1877-1893 chez Haller et depuis 1894 chez Buechlei &(>. 3. — Almanach maçonnique édité en 1859 et 1860 par le Dr F. Schauberg à Zurich et imprimé chez Orell Fûssli & <>. dans la même ville. Cet Almanach ne doit pas être considéré comme un prédécesseur officiel del'Alpina. [h. Tsch.]

alpin a. Organe officiel du C. A. S. (voir cet article). On peut considérer comme précurseurs de ['AJpina quelques revues particulières, telles que : Die Alpenpost, éditée par Walter Senn, 1871-1874 ; Nette Alpenpost, Zurich, Orell Fûssli, 1875-1882: Schweizer Alpen-Zeitwng dhbs — 16

rédigée par Lavater et E. Walder, 1883-1893. Sous le même titre à'Alpina avait déjà paru à Winterthour de 1800 à 1809 une revue rédigée par C. U. de Salis-Marschlins et J. A. Steinmùller. [te. Waldbr.]

ALPINISME. Nous désignons par ce mot les excursions dans les hautes montagnes. Ce n'est guère qu'avec Albert de Haller que l'alpinisme commence à se développer. Mais au point de vue historique, on connaît à llaller des précurseurs, tels que Henedikt Marti (Aretius) et Johann Millier (Rhellicanus) à berne ; Josias Simler, Johann Stumpf et Conrad Gesner à Zurich, /Egidius Tschudi à Glaris, qui ont fait des excursions et des ascensions et ont publié leurs impressions. L'énorme poème de Joli. -Rudolf Rebmann : Poetisch Gastmahl und Gesprùch iweyer Bergen des Niesens und Stockhorns en arriva même à deux éditions (1006 et 1620). Les œuvres de Thomas Platter, Fabricius Montanus, Ulrich Campbell, Thomas Schôpf, Joh.-Jakob Scheuchzer prouvent que leurs auteurs avaient une grande expérience des Alpes. Ces ouvrages, toutefois, n'ont pas été compris par les contemporains ; du reste, parus au cours de deux siècles troublés, ils ne réussirent pas à attirer les élrangers en Suisse, conséquence naturelle de l'alpinisme. C'est alors qu'apparut le poème de Haller Die Alpen, composé en 1729 et publié en 1732 ; il fit une profonde impression sur les contemporains qui, pour la première fois, se rendirent compte d'une manière générale de la beauté de la nature alpestre. Haller, qui passait pour le premier des poètes de langue allemande alors vivants, popularisa le sentimentde la beautédes Alpes (Alpensinn) qui, sans lui, serait peut-être resté le privilège de quelques natures exceptionnelles ou le partage exclusif des populations montagnardes. Dès 1741, on fait, par sport, l'ascension de hautes cimes et une foule d'étrangers viennent en Suisse, poussés par le romantisme et uniquement pour « retourner à la nature ». « L'industrie des étrangers » commence à jouer un grand rôle dans l'économie de notre pays.

La publication de cartes géographiques y a beaucoup contribué : cartes de la Suisse de Tschudi (1560) et de Munster (1562) ; carte bernoise de Schôpf (1578, réduite et publiée par Joseph Plepp en 1638, réimprimée en 1672); Topographia Helvetiœ de Merian (1642) ; cartes de Zurich et de la Suisse de Joh. -Conrad Gyger (1620- 1668); carte du Valais d'Anton Lambien (1682) ; carte de la Suisse de J.-J. Scheuchzer (1712). Citons ensuite les cartes restées manuscrites : cartes bernoises de Samuel Bodmer (1701-1717) ; le premier panorama des Alpes de Micheli du Crest (1755), etc. Le grand Atlas de la Suisse de Joh. -Rudolf Meyer publié de 1786 à 1802 et son célèbre relief de 1802 ; enfin la carte de la Suisse à l'échelle de 1:100000 de Guillaume-Henri Dufour (publiée de 1855 à 1862). Ces cartes furent complétées par des « guides », tels que la Cosmographie de Sébastien Munster (1543), la Topographie de David Herrliberger (1"54-1773), les Eisgebirge des Scliweizerlandes deGottl.-Sigm. Gruner (1761), les Merkwiïrdige Prospekte aus den Schweizerbei gen de Sigmund Wagner (1776-1783), l'État et les Délices de la Suisse (1730), les Descriptions des Alpes (1781) et les Nouvelles descriptions des glaciers (1785) de Bourrit, les diverses B> iefe aus der Schweiz d'Andreae (1776), Hirschfeld (1767-1785), J. Bernoulli (1777), De Luc (1778), Goethe (1779), Coxe (1781), Sherlok (1782), von Bonstetten (1782) et surtout de Meiners (1788-1790). Il y eut en outre des ouvrages spéciaux de J.-S. Wyttenbach : Kurze Anleitung zu einer Alpenreise (1777) et Beschreibung des Schweizerlandes (1782), Storr et Hacquet (1781,1785)', Bridel : Course de Bâte à Btenne (1789), Robert : Voyages dans les XIII cantons (1789i, K. Spazier : Wanderungen durch die Schweiz (1790). Ebel : Anleitung in der Schweiz zu rcisen (1793). Cette liste ne comprend que les ouvrages antérieurs à I798, leur nombre s'étant dès lors accru d'une manière trop considérable pour pouvoir être mentionnés. N'oublions pas en terminant les magnifiques gravures d'Aberli, Rieter, Biedermann, Lafond, Lory, Wolf, Wocher, Birmann, Fûssli, Keller, Freudcnberger, Kônig, Zehender, etc.

Premières ascensions les plus connues (voir articles consacrés aux noms ci-dessous) :

1518 : le Pilate(Vadian).

1536 : le Stockhorn (Jean Muller = Rhellicanus).

Fév. 1920

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