‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 112 sur 329 · ALT · texte numérisé non relu

ALT

vents cédaient en fief à an certain nombre d'habitants d'Alpnach-Stad le droit de passage, ainsi que les biensfonds qui en faisai- ni partie. Il parait que chaque tiers se distribuait à plusieurs bateliers qui effectuaient de concert le transport îles passagers et îles marchandises. Déjà en 1424 il y eut un procès à propos du droit de passage. Les familles Winkelried, Hàcki et consorts plaidèrent contre un certain nombre de paysans qui prétendaient que le lac était domaine public et faisait partie du bien communal. Les juges décidèrent qu'un bout du pas sage à Niederstad sciait libre, mais qu'il ne serait permis de débarquer que des cargaisons dont les passagers seraient propriétaires; il était interdit d'expédier un chargement sans !<• consentement des bateliers.

Le trafic augmentant toujours. l'Etat s'intéressa à la navigation et au transport des marchandises jusqu'au haut de la vallée et par le Brûnig. En 1578 l'entrepôt fdieSustJ fut construit; en 1889 il fallut le démolir pour la construction du chemin de 1er du Brûnig. Les bateliers, lesrouliers et les muletiers furent mis sous la surveillance de l'Etat et durent prêter serment chaque année à un jour fixe. Le lac était considéré comme appartenant aux bateliers. 11 paraît qu'au milieu du XVIIe s. une nouvelle répartition eut lieu. En 1608, il n'y avait plus que cinq droits de passage. Dès lors la navigation fut soumise à des redevances. En 1824 chacun de ces droits fut taxé officiellement à 10000 livres, soit environ fr. 13 500 de notre monnaie. Ce n'est qu'après 18Ô0 que la navigation à vapeur s'étendit sur le lac d'Alpnach. En 1851, les sociétés de navigation à vapeur demandèrent au gouvernement d'Ohwald libre parcours sur le lac, on n'accéda pas à leur demande malgré l'intervention des autorités fédérales. Ce n'est qu au printemps de 1858 que l'on réussit à conclure pour la durée de deux ans, avec les propriétaires des droits de passage, une convention qui autorisait les sociétés à naviguer sur le lac. Toutefois le transport était soumis à de grandes restrictions en faveur des bateliers. Les bateaux à vapeur commencèrent leur service en juin 1858. La même année on commença la route du Briinig. La direction des Postes fédérales ouvrit à Alpnach-Stad un bureau et l'on organisa le transport en voiture des passagers et îles marchandises parle Briinig. En 1860, l'Etat construisit un débarcadère au « Franzosenplatz ». La convention avec les bateliers fut modifiée en ce sens que les bateaux à vapeur eurent le droit de débarquer et d'embarquer librement moyennant une indemnité annuelle de fr. 400.— à la corporation des bateliers dont le chef desservait la station. La convention se renouvelait chaque année. Ce n'est qu'en 1872 que la question l'ut réglée définitivement; les sociétés réunies de navigation à vapeur se libérèrent complètement de leurs obligations envers les bateliers. En 1880 les redevances concernant le lac furent rachetées et abolies. Les bateliers se démirent peu à peu de leurs fonctions, tout en gardant leur confrérie qui fut dissoute en 1889.

En 1315, les combats de Morgarten firent aussi souffrir Alpnach-Stad et Niederstad. Le soir de la Saint-Jacques, le 24 juillet, la Hotte des Lucernois se mit en campagne el réussit à pénétrer très avant dans le lac d'Alpnach. IN abordèrent à Niederstad et réduisirent en cendres le hameau entier.

On considère aussi comme faisant partie d'Alpnach- Stad. soii de Niederstad la ferme de Rengg (voir cet article). Fn 1701. l'évêq le Constance donna l'autorisation

de bâtir une chapelle qui fut consacrée en 1702 à Saintih : les gouvernements d'Unterwald la dotèrent d'armoiries et de vitraux. — Voir Durrer : K.u. A.d. Unterwaldens. Einkeit Unterwaldens.— Kûchler: Chronik von Alpnach. (lihsli: Origines.... — Truttmann : Morgarten dans /.'/-. Klausen Kal. 1916. — t^cherer : Die ttômer in Unterwaîden. — Obituaires de Sarnen et d'Alpnach. -- Nbl. der Antiq. Grselhchaft Zurich, 1916. — Protocoles du Conseil d'Obwald, Cadastre et Vctes dans les Arrh. il Alpnach. — Arch. Obwald, dos-,. Schifl'ahrt. — Gfr. 21, 22. 38 et i8. | ai. T.]

ALPSTEIN. Voir S^entis.

ALPTHAL (C et D Schwyz. V. DGSJ. Cornmuneet paroisse. 1018 Albetal, tire son nom de la petite rivière .t'/i, qui est toujours appelée dans les anciens document- Albe, Allia: le nom est celto-roman et est à com-

parer avec Elbe (proto-germanique A Ibis), suédois Elf,

ainsi qu'avec les noms plus récents de ruisseaux Weiss-

acb, weissbach. L'histoire de la vallée remonte jusqu aux origines de la Confédération et débute par le contlit des frontières entre Einsiedeln et Schwyz. En 947 le duc Hermann de Souabe avait fait cadeau au couvent de la « sombre forêt »; puis en 1018, à Zurich, l'empereur Henri II avait décidé que celte propriété aurait pour limites les crêtes qui dominent Einsiedeln et envoient leurs eaux à la Sihl ; il attribuait par cela l'Alplhal à l'Abbaye. Sans tenir compte des décisions impériales les Schwyzois passèrent peu à peu la ligne de faîte et s'emparèrent du territoire situé au delà. Il s'ensuivit des querelles incessantes qu'on vidait les armes à la main (attaque du couvent 1314), des arbitrages, des amendes, des excommunications, des interdits. Cela dura jusqu'à la bataille de Morgarten et à la paix de 1350 qui assurèrent aux Schwyzois la possession incontestée de l'Alpthal jusqu'à la» frontière actuelle vers Einsiedeln. Le nom « Kriegmatten », que porte aujourd'hui encore une propriété située sur la route de Trachslau, est peut-être un souvenir de ces rencontres sanglantes. En 1690 une chapelle fut construite à Alptbal et dédiée à Sainte-Apollonie. Une fondation de 1091 permit l'érection d'unechapellenie qui devint annexe de Schwyz. r,n 1757, le conseil autorisa Antoine Sigwart et André Schmid, de la Forêt-Noire, à acheter à Alplhal une forêt en vue delà construction d'une verrerie ; en 1760, Siebner François Abyberg, l'ancien bailli .lean-Erançois Reding et François-Antoine Reding sont mentionnés comme propriétaires. La landsgemeinde de 1787 céda à Alplhal une partie de l'allmend appelée plus tard Kirchenried, en vue de l'érection d'une église et d'une cure dont la construction commença en 1789 (consécration en juillet 1797). L'année suivante, Alpthal reçut le droit de baptiser et d'enterrer ; enfin, en 1805, on l'érigea en paroisse. Le premier curé fut Michel Herzog, de Lucerne. En 1852-53, on construisit une école. Elle fut remplacée par une autre inaugurée le 10 octobre 1893. LTne nouvelle église portant le même nom que la précédente fut consacrée le 10 juillet 1887 par l'abbé Basile d'Einsiedeln. [M. Styger.]

ALRUNA, almanach édité par Jean Ernest Frédéric Wilhelm Millier, pseud. Filidor (1764-1826); années 1-4, 1805, 1807, 1809 el 1812, in-12», à Zurich, chez J. Fûssli fils, et Leipzig, chez J. B. Schiegg avec la collaboration artistique et littéraire de J. M. l'steri et de Franz Ilegi — Voir Gôdeke 2. t. V, p. 517 t. VIII, p. 62 [A.. Scb^r-I

ALSGAUGENSIS, COMITATUS. Voir A.I01E.

ALT. Nom de plusieurs familles des cantons de Fribourg, Lucerne et Saint-Gall.

A. Canton de Fribourg. Famille appelée primitivement Velliard; c'est sous ce nom que sont mentionnés les premiers qui furent inscrits au livre des bourgeois de Fribourg. à savoir:

Ulrich, en 1453 ; Jean, drapier, en 1467 ; Antoine, fils du susdit Ulrich, en 1472. La première reconnaissance bourgeoisiale dans laquelle se trouve la forme germanisée Alt est celle de Guillaume' en 1585; les frères Jean- Jacques-Joseph et Tobie-Protais-Alt obtinrent, le 3 avril 1687. de l'empereur Léopold Ier, un diplôme de noblesse et de confirmation de leurs armoiries: écartelé, aux I et 4, de gueules à la roue d'or à six rais du même ; aux 2 et 3 d'or, au lévrier rampant de sable, colleté d'argent. En 170i, Jean-Jacques-Joseph était seigneur de Prévondavaux (Fribourg), localité dont le nom se germanisait en Tielfenthal, d'où la famille se faisait appeler d Ail de Tieffenthal. Ces! sous ce nom d'Air a Tieffenthal que, le 21 mai 1704, le même empereur Léopold Ie' conféra au prénommé le titre de barmi d'empire et augmenta son armoirie d'un écusson parti de gueules à la laser d'argent, el d'or à une aigle <le sable à deux têtes posé en abîme. A citer: — I. Pro- TAIS, chancelier de Fribourg de 1648 à 1680 et savant mathématicien, f I68i. — 2. Jean-Jacques-Joseph, fils aîné du ii" l ; capitaine en France (I674) dans le régiment de Pfyffer, puis colonel d'un régiment suisse au service du due de Savoie pendant la guerre de la succession

Page 1