ARAGO
Pays de Vaud et au règlement des démêlés avec l'abbé de Pfâfers. — R. Steimer: Die pdpstlichen Gesandten in dcr Schweiz. — AS VI, 1. [P.-X. W.]
AQUIDURUM. Voir ZURZACH.
AQUILA (C.Tessin, D.Blenio. X.DGS). Corn, et paroisse. Anciennes formes du nom : Aquilo,Aguilli, Aguillono, Degheri, Degrurn, Anguene. Aquila est mentionné pour la première fois en 1196; outre les hameaux de Dangio, Grumarone, Pinaderio et Ponto, il comprenait encore, vers 1200, la vicinanza de Ghirone. Ghirone fit partie de la commune politique d'Aquila jusqu'en 1853 ; à cette date cette dernière, ainsi que l'ancienne bourgeoisie, furent partagées en deux, mais la séparation définitive de la bourgeoisie n'eut lieu qu'en 1914. Sous la domination des chanoines de Milan, il formait une des six rodarie de la vallée de Blenio ; il était en outre le cheflieu de la fagia de medio, composée des vicinanze d'Aquila, de Consiglio (les communes actuelles de Ponto Valentino, Castro et Marolta), Torre. Grumo et Lottigna, une des trois circonscriptions administratives du Val Blenio. Au début du XIIIe s., les habitants d'Olivone et d'Aquila, qui se croyaient menacés dans leur autonomie par l'assujettissement des vallées ambrosiennes à Rodolphe Orelli, de Locarno, se liguèrent et se révoltèrent. La lutte fut acharnée et se termina par les sentences arbitrales des barons Albert et Henri de Belmont, le 1er novembre 1213. Les gens d'Aquila et d'Olivone étaient condamnés à une amende de 300 florins et à reconnaître la juridiction des nobles locarnais. Quelques années plus tard en 1219, Aquila,
Monument érigé à \c[uasana en mémoire des combats des gens
du Prâligau contre les Autrichiens envahisseurs sous les
ordres du comte von Sulz et du colonel Baldiron.
avec la plupart des vicinanze de Blenio, est impliqué dans un procès contre les nobles de Locarno Au point de vue ecclésiastique, Aquila forme une paroisse de rite ambrosien. L'église de Saint-Victor est DHBS — 24
déjà mentionnée le 1er novembre 1213. L'édifice actuel date de 1730 et fut consacré le 18 mai 1895; le clocher, de style roman tardif, qui est encore celui de l'ancienne église, fut rehaussé d'un étage en 1600 L'église possède un tableau de la Trinité, qui doit être une copie allemande, faite en 1579, du tableau de Durer, de 1511. Les registres des baptêmes datent de 1685, ceux de mariages de 1779 et ceux de décès de 1726. Population: en 1258, 68 ménages; en 1567, 92 ménages; en 1870: 1225 hab.; en 1900, 719 hab.; en 1910, 677 hab. — -Voir Meyer: Blenio und Leventina. — Meyer: Die Capitanei von Locarno. — BStor. 1880, 1881. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo riguardanti la Svizzera.
— Rahn : Monumenti. — Pometta : Moti di Libéria nelle terre ticinesi... — Magistretti : Liber notitiae sanctorum Mediolani. — Nuova raccolta délie leggi del C. Ticino. [C Trezzini.]
AQUILA. Voir Aigle.
AQUILESCO (C.Tessin, D.Blenio, Com. Ghirone). Hameau de la paroisse de Ghirone, appartenant autrefois à la Com. d'Aquila, dont il fut détaché une première fois en 1836; le 17 juin 1853, le gouvernement le réunissait définitivement à la Com. de Ghirone. — Atti del Gran Consiglio ticinese. [C. T.]
AQUINÉE, ACQUIIMEAZ, ACQUENÉE. Famille noble, d'origine italienne sans doute, devenue bourgeoise de Genève avec Matthieu, banquier-changeur, en 1450.
— Léonard fut plusieurs fois syndic dès 1488. — Guillaume, membre du Conseil des Cinquante en 1512, puis conseiller, fut syndic en 1521. Il se distingua comme un des principaux Mamelus (partisans du duc de Savoie), et fut, après 1526, au nombre des condamnés ; il se retira à Versoix où il vivait encore en 1540. De sa femme, fille de Perceval Peyrolier, syndic, il eut trois fils : Louis, Michel et Léonard qui portèrent le titre d'Aquinée dit Peyrolier et furent les derniers du nom. La succession des familles Aquinée et Peyrolier, dont les biens avaient été confisqués comme biens de Mamelus, fut longue et difficile. Elle nécessita l'intervention des Confédérés, du prince-évêque de Genève, du duc de Nemours et même du roi de France, François Ier. Tous les droits de la succession furent acquis parla Seigneurie de Genève en 1558. Le fief d'Aquinée s'étendait non seulement à des maisons et terres à Genève, dans les Franchises de cette ville, à Plainpalais et sur le Pré l'Evêque, mais aussi à Vandœuvres, Cologny, Pressy et dans le canton de Vaud, à Saint- Cergues et Tannay. — Voir Galiffe : Not. gen. II, p. 35. — Arch. d'Etat Genève :P, H., n° 1054 ; T. et D. : fief Aquinée. [L.B.]
AQUINO, Ladislas, comte d', évêque de Venafro, nonce papal en Suisse du 23 juin 1608 au 27 octobre 1613. Il résida à Lucerne, plus tard à Locarno et Lugano. Le Conseil lucernois attesta à l'occasion de son départ de la ville, qu'il avait été un administrateur doux et capable, d'une conduite exemplaire, et qu'il ne s'était mêlé à aucune affaire séculière, comme enrôlement de soldats. Le pape Paul V le nomma cardinal en 1616. Un rapport de sa main sur la nonciature en Suisse se trouve en mns. à la Bibliothèque Nationale à Paris, f 1621. — Archives d'Etat, Lucerne : Actes de nonciature. — Balthasar. — Steimer. [P.-X. W.]
AR, ARA. Voir Aar.
ARAGNON, ARAGNUM. Voir yERNEN.
ARAGO, François- Victor -Emmanuel. Ambassadeur de France en Suisse, * à Paris le 6 juin 1812, f 26 nov. 1896. II était fils du célèbre astronome François Arago. Il fut successivement avocat, député au Corps législatif, deux fois ministre dans le gouvernement de la Défense nationale, et sénateur. Le 11 juin 1880, il était nommé ambassadeur de France en Suisse, en remplacement de Challemel-Lacour; le 9 juillet suivant, il présentait ses lettres de créances au Conseil fédéral. Pendant les quatorze années qu'il demeura en fonctions, Arago représenta la France à toutes les conférences diplomatiques qui eurent lieu à Berne. En 1886 notamment, il prit une part considérable à la conférence d'où sortit la convention internationale pour la protection de la propriété littéraire et artistique. Chargé, en 1891, de négocier le modus vivendi commercial entre la France et la Suisse,
Sept. 1920
ARALES
AHBAZ
il fit tous ses efforts pour provoquer la conclusion d'un
accord entre les deux pays. S;i I enhilive fut \.'imc. \u
mois d'avril 1894, il fut mis en disponibilité, à raison de son grand âge et de mutations dans le personnel diplomatique. | u k |
ARALES. Fief qui portail aussi Le nom de Ducommun. Il comprenait une partie de l'ancienne cbâtellenie genevoise de .lussy, près des hameaux des Etoles e1 de Moniaz. En 1045, le Conseil de Genève propo échange d'une dette de 24 001) florins avec l'intérêt, due aux frères Ducommun, des Etoles, de leur aberger, en fief noble, avec juridiction, cinq cents poses de bois près de Jussy. Cette offre acceptée, l'inféodai ion eut lieu le 16 novembre 1646. Les frères Ducommun, Joseph et Manassés, étaient originaires de Sion. En 1728, ce fief passa à Théodore Ferrier, dont la fille, héritière de ses biens, épousa Jean-Louis de Loys. La seigneurie de Genève racheta les droits de ce fief le 15 novembre 1760 à Sophie de Loys. Par le traité de Turin, une partie de ce territoire, avec les Etoles et Grange-Veigy, furent cédés à la Savoie contre Crète et Bessinge. — Voir Arch. d'État Genève: T. et D. fief d'Arales. — A. Corbaz : Un coin de terre genevoise, Jussy l'Evesque, p. 165. [L.B.]
ÀRAN (C. Vaud, D. Lavaux. V. DGS). Ce village est peut-être VEramus d'un diplôme de Rodolphe III relatif à l'abbaye de Saint-Maurice, d'environ 993. Sa première mention certaine est de 1142. A cette date, le sire Humbert de Cossonay tenait du même couvent des vignes à Erans, qui passèrent plus tard à la maison de Savoie. Mais l'évèque de Lausanne était à Arans le seigneur dominant, et les hommes de ce village marchaient dans son armée sous la bannière de la paroisse de Villette. Aran et quelques autres hameaux étaient autrefois l'un (les « quarts » de cette paroisse. C'est aujourd'hui le chef-lieu de la commune de Villette. On y remarque quelques maisons anciennes, l'une de 1595. — DHV. [M. R.|
ARANNO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Corn, et paroisse dans le haut Malcantone. Anciennes formes du
Fragments d'une pierre tombale trouvée è Aranno (la dernière pièce à droite est renversée
nom : Ranno, Aranum, Arano. En 1842 on y découvrit une pierre tombale avec inscription nord-étrusque, qui fut malheureusement brisée en quatre fragments par les ouvriers. Elle est aujourd'hui scellée dans le mur de la maison d'Antonio Pelli à Aranno; un relevé existe au musée historique de Lugano. Suivant la tradition, il existait à Aranno un château romain, sur les ruines duquel, affirme Lavizzari, fut bâtie plus tard l'église de Saint-Victor. Au spirituel, Aranno dépendait autrefois de la collégiale d'Aguo, et devait payer au prévôt et au chapitre une dîme qui, aux XVIIe et XVIIIe s., était de 20 mesures de céréales. Un chapelain exerçait le ministère au nom du prévôt d'Agno, qui était chargé de son entretien. Il avait aussi la pastoration deVernate, Iseo et Cimo En 1445 fut fondé un bénéfice laïque pour le chapelain. Aranno a été érigé en paroisse le 21 avril 1651 avec droit de présentation du curé par les habitants. L'église de Saint- Victor, mentionnée pour la première fois en 1352, a été restaurée et agrandie après 1651, en 1777 et en 1815. Elle fut consacrée le 6 mai 1888. Population: en 1591: environ 400 hab. ; 1900:261 ; 19l0 : 244. — Voir Lavizzari : Esrursioni nel cantone Ticino. — Monti : Atti délia visita di Mgr. Ninguarda. — Pometta : Sunto di storia ticinese. — Maspoli : La Pieve d'Agno. ■ — Weiss : Die tessinischen Landvogteien.
Brentani : Lugano e il Ceresio. — DStor. 1885 et