‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 217 sur 329 · ARBALÉTRIER, AR- BALESTIER, ARBA · texte numérisé non relu

ARBALÉTRIER, AR- BALESTIER, ARBA

■ LESTERII, BALISTIER ou BALISTERM. Famille H originaire du Pays de Gex mentionnée pour la première fois à Genève dans la personne de Pierre Balistier en 1258. Elle a fourni de nombreux bourgeois, fonctionnaires publics et dignitaires de l'église. Armoiries : une arbalète accompagnée en chef de deux étoiles (émaux inconnus). — Voir Gautier, Borel, Covelle. — Armoriaux genevois. — Sordet mns. — Galiffe mns. — Arch. d'État Genève. [Th. F.]

ARBAZ (C. Valais, D.Sion.V.DC.S). Anciennes formes du nom : Alba, Arba. Arbaz eut des seigneurs très tôt déjà : les comtes de Granges y possédaient un domaine au Xe s. U passa par alliance en partie aux comtes de Lenzbourg et à Humbert aux Blanches mains, premier comte de Savoie, au XI es. Le fils de ce dernier, l'évèque Aimon I de Sion, donna à son chapitre de la cathédrale, par testament de 1052, ses possessions d'Ayent-Arbaz, qu'il tenait delà comtesse de Lenzbourg, sa mère, et d'Ulrich V, de Lenzbourg, son oncle. Ces propriétés revinrent à la Savoie, on ne sait dans quelles circonstances. Vers la fin du XIIe s. la seigneurie d'Ayent-Arbaz paraît divisée en deux parties : l'une, propriété des sires d'Ayent, dynastes riches et considérés, éteints vers 1350 ; elle revint vers 1291 à l'évêché de Sion; l'autre, inféodée aux nobles de Bex par la Savoie, passa ensuite, par les femmes, aux de La Tour, déjà majors de Sion. Désormais, à l'exception de quelques terres relevant de la mense épiscopale- Arbaz reconnaîtra pendant près de deux siècles la juridiction des de La Tour, qui l'administreront par le mé-

AHBEDO

AKBEDO (BATAILLE D)

tral, dit de Bex, habitant le château d'Ayent, depuis 1260. A la suite du meurtre de l'évèque Guichard Tavelli, en 1375, les dizains, vainqueurs à Saint-Léonard, rasèrent le Hasenbourg, le château d'Ayent, et repoussèrent à Arbaz Thuring de Brandis. Arbaz ayant été revendu à l'évèque Edouard de Sion, la mense épiscopale renouvela à diverses reprises ses franchises et accorda de nouveaux privilèges en 1537. En 1566, elle concéda l'exercice de la justice, et en 1707 ménagea une entente entre Arbaz et le reste du dizain au sujet de la bannière. Cet état de choses dura jusqu'à la Révolution, qui supprima les droits de l'évèque. Pourtant, un arrangement intervint entre Arbaz et la mense épiscopale, en 1806, pour le rachat des fiefs et des dîmes. A la suite de ces événements, Arbaz restait rattaché à Ayent. L'évèque Jean-Joseph Blatter avait, en 1747, ordonné le partage des biens communaux avec Ayent, mais cette division ne satisfit personne et le prélat Hildebrand Roten crut faire œuvre de pacification en décrétant, en 1753, le retour au statu quo ante. Enfin, vers 1840, trois arbitres procédèrent à un nouveau partage définitif, que le Grand Conseil sanctionna en 1877. Si Arbaz dépendit d'Ayent au spirituel jusque dans la seconde moitié du siècle dernier, il eut dès 1667 une chapelle sous le vocable de la Visitation de la Vierge. En 1821, une église la remplaça, desservie pendant l'hiver par le vicaire d'Ayent. Un recteur à demeure fixe fut. depuis 1860, attaché à son service. Enfin, 1880 vit se consommer la séparation. Aujourd'hui, Arbaz forme une commune et une paroisse de plus de 500 âmes, avec une église construite en 1911. Registres de paroisses depuis 1860 (?)

— Voir Gremaud IV, 305. — Geschichtforscher IV, 20.

— Chartes sédunoises, 340. — Van Berchem : Jean de la Tour, p. 50-60. — Charrière : Sires de la Tour. — Boccard : Histoire du Vallais, p. 87. — Muller : Histoire des Suisses II, 345. — Notes du chanoine Fardel. Archives d'Arbaz. [Ta.]

ARBEDO, ARBEDUM (C. Tessin, D. Bellinzone. Voir DGS). Com. et paroisse, célèbre surtout par la bataille du 30 juin 1422 entre les Confédérés et Philippe-Marie Visconti, duc de Milan. On a trouvé à Arbedo des tombes du premier et du second âge du fer. Au moyen âge, le chapitre de Bellinzone, dont Arbedo dépendait, possédait dans ce village des immeubles et des redevances. Le 30 juin 1422, Arbedo fut incendié pendant la bataille ; en 1483, il fut dévasté par la peste. En 1798, à partir du 24 octobre, il dut subir l'occupation des troupes françaises qui avaient occupé le Tessin. En 1285, une chapelle de Saint-Christophe est signalée à Arbedo. Suivant Borrani, elle ne serait autre que l'église des SS.Carpoforo et Maurizio, qui existe encore aujourd'hui entre Gorduno etGnosca. Dans ce cas, il est peu probable que les gens d'Arbedo aient utilisé cette chapelle éloignée et placée au delà de la rivière du Tessin,d'autant plus que l'église deSanPaolo existait déjà alors dans le voisinage. Nous croyons plutôt que Saint- Christophe d'Arbedo était dans le village même. En 1255, première mention de l'église de San Paolo, aujourd'hui appelée couramment Chiesa rossa à cause de sa couleur extérieure ; elle devint célèbre à la suite ' de la bataille parce que les morts furent ensevelis dans l'ossuaire quadrangulaire au Sud de l'église. Les travaux de restauration de ces dernières années • ni démontré que cette église date de différentes époques. Au début, c'était une chapelle avec atrium étrusque (?) entourée de tombes païennes. La seconde construction, de style médiéval, renfermait la première ; c'étail l'église du temps de la bataille avec le clocher encore existant. La troisième, l'actuelle, est un agrandissement de la seconde ; elle remonte probablement au XVe s. et contient des peintures intéressantes du XVIe et nue cène probablement du XVe s. Des deux cloche-;, l'une remonte à 1581 et l'autre à 1774. Dans et devant l'église on découvrit une grande fosse remplie de squelettes, ceux des guerriers tombés à la bataille. L'ossuaire, aujourd'hui disparu, était de beaucoup postérieur. La séparation ecclésiastique d'Arbedo et de Bellinzone fut décrétée par saint Charles Borromée, au mois de décembre 1583. Le premier curé fut un Antonio

Cusa, de Bellinzone, qui, en 1591, officiait déjà depuis plusieurs années à Arbedo. A partir de cette époque, l'église de San Paolo fui délaissée parce que trop éloig née

L'Eglise

rouge à Arbedo, sur le champ de bataille. (I) après une aquarelle d'Abassina.)

du centre du village et le culte eut lieu dans l'église actuelle de Santa Maria Assunta. Celle-ci a été bâtie en 1625 sur l'emplacement d'une ancienne église, qui, suivant Borrani, remontait au XIIIe s. La paroisse jouit, dès juillet 1791, du titre d'église prévôtale. Registres paroissiaux depuis 1671. Habitants: 1591: environ 350; 1900: 1042; 1910: 1200. Voir Borrani:

Bellinzona, la sua chiesa e i suoi arcipreti. — ■ BStor. 1880, 1884, 1885, 1896, 1906, 1907, 1909. — Monti : Alti délia visita pastorale di Mgr. Ninguarda. — -Baroffio : Dell' invasione francese nella Svizzera. — Atli del Gr. Consiglio del C. Ticino. — Rahn : Monumenti. [C. Trezzini.]

ARBEDO (BATAILLE D') appelée aussi bataille de Bellinzone, ou quelquefois bataille de San Paolo. La bataille du 30 juin 1422 n'est qu'un épisode sanglant de la politique transalpine, qui pendant plus d'un siècle inspira les hommes d'État de la Suisse centrale. Les comtes de Sax avaient signé en 1417, avec Uri et Obwald, un traité de combourgeoisie qui reconnaissait à ces derniers le droit de tenir une garnison à Bellinzone. Des conilits soulevés entre combourgeois fournirent aux petits cantons l'occasion de faire une descente à Bellinzone à la fin de février 1419. Pour conserver au moins le val Blenio, Misox et le Monte Dongo, les Sax cédèrent à Uri et à Obwald la ville et le comté de Bellinzone pour la somme de 2400 florins (1er sept. 1419). Mais le duc de Milan, Philippe-Marie Visconti, n'entendait point perdre Bellinzone. Uri et Obwald ayant refusé de lui vendre cette ville, Philippe supprima les privilèges douaniers en faveur des Suisses et envoya vers le Nord le célèbre condottiere Francesco Bussone, comte de Carmagnola, qui prit Bellinzone (avril 1422) et s'empara de toutes les possessions des Suisses au Sud des Alpes jusqu'au Monte Piottino. A cette nouvelle les Uranais et les Obwaldiens franchirent le Gothard et des-

ARBEDO (BATAILLE D')

cendirent jusqu'à la Moesa; ils flrenl courir des bruits alarmants pour engager Les autres Confédérés à prendre pari à l.i campagne. .Mais Zurich refusa son assistance alléguanl que Bellinzone étail en dehors de la zone d'influence des Confédérés. Après avoir inutilement de-

La bataille d'Arbedo d'après une miniature de la chronique lue ernoise de Schilling (vers 1520).

mnndé^à^Carmagnola de restituer la forteresse et de s'arrêter, Uri réussit à obtenir l'aide des cantons en répandant la nouvelle que l'ennemi était arrivé au Monte Piottino et qu'il voulait dévaster le val d'Urseren ; à l'exception de Berne, tous les cantons accordèrent alors leur secours. Vers la fin de juin les troupes franchirent le Gothard dans l'ordre suivant : Uri, auquel s'ajoutèrent les hommes de la Léventine ; Unterwald et Lucerne; ensuite Zoug et finalement Schvvyz, Glaris et Zu-

ARBEDO (BATAILLE D')

rien. Ce fut une faute grave que l'on devait payer cher, que de marcher en formation aussi dispersée contre un ennemi très supérieur en nombre. Les gens d'Uri el de la Léventine, un corps de volontaires, ceux d'Unterwald

et de Lucerne, en tout, 2500 hommes environ, le contingent de Zoug compris, qui arriva plus tard, avancèrent sous les ordres d'Ulrich Walker, avoyer de Lucerne, jusque sous les murs de Bellinzone, qu'ils essayèrent de prendre d'assaut Ils réussirent à rompre en plusieurs endroits les murs de la ville, mais ne purent y pénétrer ; ils se retirèrent au Nord et établirent leur camp dans les environs d'Arbedo pour y attendre le reste des Suisses. Ils négligèrent le service de renseignements, surtout dans la région au delà de la forteresse vers le Monte Ceneri et la plaine de Magadino. Chose encore plus grave, l'indiscipline s'infiltra parmi eux, si bien que 600 à 800 hommes, la plupart Lucernois, quittèrent le gros de la troupe pour faire, contre la volonté des chefs, une expédition dans la Mesolcina. A la nouvelle de la descente des Suis-< -.

Carmagnola transporta de la Lombardie à Bellinzone son armée qui comptait 16 000 hommes, dont 4 à 5000 cavaliers sous les ordres d'Angelo délia Pergola. Les gens de Carmagnola arrivèrent dans les environs de Bellinzone le 29 juin au plus tard, tandis que les contingents de Zoug, Schvvyz, Glaris et Zurich étaient encore en marche.

Voulant attaquer par surprise les Confédérés avant que tous leurs contingents ne se fussent réunis, Carmagnola cacha son armée sur les pentes du Monte Ceneri et principalement dans les environs de Magadino. Dans la nuit du 29 au 30 juin, il porta ses troupes de Magadino à Bellinzone. Il les avait divisées en quatre corps, dont il commandait lui-même le premier, le deuxième était, commandé par Angelo délia Pergola, le troisième par Zenone d'Istria et le dernier par Piacentinode Brescia. Le 30, à la pointe du jour, les escadrons d'Angelo délia Pergola sortirent des portes de la ville et se lancèrent à l'assaut. Les Confédérés, qui croyaient toujours avoir à faire avec la garnison seule, furent déconcertés à l'apparition de l'armée de Carmagnola. Ils se rangèrent en ordre de bataille et s'élancèrent contre les cavaliers milanais y semant le désordre et la mort. La rencontre eut lieu près de l'église de San Paolo ; elle coûta la vie à 400 cavaliers. Mais la bataille commençait seulement. Tandis que délia Pergola faisait mettre pied à terre à ses cavaliers, les masses de l'infanterie milanaise sortirent de la ville pour livrer

ARBEN

ARBON

bataille. L'arrivée du contingent de Zoug ne pouvait changer grand'chose : il était impossible que 2000 Suisses pussent rejeter plus de 15 000 .Milanais. D'autre part, il n'était plus possible aux Confédérés, assaillis de front et sur les lianes, d'interrompre le combat. Les Suisses se retirèrent donc avec de graves pertes dans le village d'Arbedo. Ils avaient l'intention de passer sur la rive droite de la Moesa, mais un corps milanais avait pris les devants et coupé le passage. Ils durent continuer la bataille, barricadés dans le village qui, par malheur, fut incendié par les Lucernois ; les Suisses se retirèrent alors sur l'arête où vient finir le Monte Arbino, au Sud- Est d'Arbedo, renversant ainsi le front de bataille. Protégés par la montagne, ils faisaient face au Nord contre les Milanais qui les harcelaient d'en bas et leur coupaient toute retraite, et se défendaient désespérément dans l'attente de secours qui n'arrivaient pas ; leur situation devint intenable. Ils demandèrent une trêve et pendant que l'on négociait, ils se réorganisèrent. La trêve ne fut pas accordée et la bataille reprit . Vers le soir, les assiégés virent arriver les secours ; c'étaient les soldats rentrant de leur équipée dans la Mesolcina. Les combattants s'élancèrent alors de leur arête sur les troupes milanaises ; ils réussirent à s'ouvrir un passage, passèrent sur la rive droite de la Moesa et commencèrent leur retraite. Contrairement à la légende, Carmagnola ne les poursuivit pas ; il trouva prudent de les laisser partir. A Claro, les vaincus rencontrèrent les Schwyzois et un peu plus loin les Zuricois. Bien que les pertes des Milanais fussent plus importantes (de 900 à 1000 morts), celles des Confédérés étaient très sensibles. Outre tout le train avec 1200 chevaux et mulets et quelques douzaines de prisonniers, parmi lesquels le chef de l'expédition, Walker, de Lucerne, l'ancien landammann d'Uri, Pierre d'Utzingen, Henri von Moos, Germain Seiler et Hartmann Golder de Lucerne, les Suisses avaient laissé sur le champ de bataille au moins 500 des leurs sans compter 18 Léventinais et des mercenaires étrangers. Le Bùrgerbuch de Lucerne, de 1422, parle de 358 morts ; la chronique de Zimmermann, de 1427, d'environ 500 morts ; la chronique de Saint-Gall, de 1473, de 400 ; la chronique de Thurgovie, de 1472, de 1100. Suivant Morone, on compta 1100 cadavres de Suisses sur le champ de bataille. Uri avait perdu son landammann, le capitaine Rot et le banneret Piintiner ; Zoug le landammann Kollin et son fils; Nidwald les landammanns Bartholomâus Zniderist, Thomas et Heinrich Zelger ; Obwald le banneret Zum Hofïen ; Lucerne perdit 40 membres du Grand Conseil. Mais les Confédérés avaient sauvé leurs quatre bannières ainsi que l'honneur des armes ; ils avaient même conquis une bannière ennemie, qu'ils suspendirent aux parois de l'église de Saint-François à Lucerne. — Voir Meyer : Politique et campagnes des Confédérés au delà des Alpes jusqu'à la victoire de Giornico, dans Histoire militaire de la Suisse III. — Pometta : Corne il Ticino II. — Dierauer III. — Lavizzari: Escursioni nelCantone Ticino. — v. Liebenau : La battaglia di Arbedo dans BStor., 1886 et 1905. — Ed. Wymann : Das Schlachtjahrzeit von Uri. [C. Trezzim.1

ARBEN. Voir Arbon.

ARBENZ, Johann-Jakob, d'Andelfmgen, * 14 novembre 1835, | 9 mai 1904. Vécut à Rheinegg où son père Joh.-Jakob enseigna depuis la fondationde l'école secondaire (1829) jusqu'à sa mort (1852). Il fut aussi maître secondaire dès 1858 pendant 46 ans et fonctionnaire de laCom.de Rheinegg qui lui conféra la bourgeoisie d'honneur. Chroniqueur de la commune, il entreprit une biographie de J.-L. Custer et une description de la station climatérique de Walzenhausen. — Emit.e, d'Andelfingen, * le 22 janvier 1848 à Rheinegg, fie 27 avril 1917. Il étudia à Zurich, Heidelberg, Leipzig et Berlin, professeur de langues grecque et latine au gymnase de Saint-Gall, de 1872 à 1913. Il fut recteur de cet établissement de 1891 à 1899. Avec la collaboration de Wartmahn et de Schiess, il publia la correspondance du réformateur saint-gallois Vadian, ce qui lui valut en 1909 le titre de docteur honoris causa de l'université de Zurich. Il donna une étude populaire sur Vadian dans St-Gall. Nbl. — Tagblatt der Stadt St. Gallen, 1904,

40. — Théorie und Praxis, 15. — Europâiscke Wanderbilder, 254. — [P. lit.] — Paul, de Gross-Andelfingen (Zurich), *le 23 septembre 1880 à Zurich, étudia à Zurich et Berlin, obtint son doctorat à Zurich 1905, et fut successivement'privât docent, entre autres de géologie à l'université de Zurich et à l'Ecole polytechnique fédérale dès 1908, professeur extraordinaire de géologie en 1914 et professeur ordinaire à l'université de Berne en 1916. II a publié : Geologische Unlersuchung des Frohnalpstockgebiets (Matériaux pour la Carte géologique de la Suisse, 1907). [E. B.]

ARBERG. Voir Aarberg.

ARBETIO ou ARBITIO. Général romain, magister equitum. En 355 (d'après quelques auteurs en 354), il fut envoyé en Rhétie par l'empereur Constantin II pour y combattre les Lentienses alémanniques qui faisaient souvent de lointaines incursions dans le territoire de l'empire. Il subit d'abord quelques défaites, puis les battit à plate couture. Le lieu de la bataille n'est pas connu, il se trouve dans la région du lac de Constance. — J. Krapf: Ueber Ammianus Marcellinus XV 4. — G Reinwald : Ueber den Ort der Lentienserschlacht, 355. — SVB IV, p. 61. — Archit' fiir osterreichische Gesch. 90, 1, 175. — Pauly-Wissowa : Realencyclopàdie des klassischen Altertums II, 411. [C. B.l

ARBIGNON. Les nobles d'Arbignon tiraient leur nom du hameau d'Arbignon, près de Collonges (Valais), désigné aujourd'hui sous le nom de Haut de Collonges.

Mentionnés vers 1200, ils avaient des possessions à Arbignon, Collonges, Morcles, etc. Des rameaux s'établirent dans le canton de Vaud, à Aigle, Vevey, Lutry. Armoiries : d'azur au sautoir d'or chargé de cinq tourteaux de gueules. — 1. Pierre, hypothéqua une part de ses biens en 1233 à son cousin Rodolphe pour pouvoir prendre part à une croisade. — 2. Guillaume, fut créé chevalier en 1323 par Edouard de Savoie sur le champ de bataille deVarey. — 3. Guillaume, prieur commanditaire d'Aigle, f à Rome en 1466. — 4. Berthod, châtelain de Saint-Maurice en 1492. — 5. Barthélémy, châtelain de Saint-Maurice de 1500 à 1512. — 6. Jean, châtelain de Monthey en 1526. — 7. Maurice, coseigneur du val d'Illiez et de Saint-Paul, gouverneur de Montmélian en 1574. — Au XIVe s., les d'Arbignon s'établirent à Colombey où ils possédaient un château-fort, sur les ruines duquel fut bâti en 1643 le cloître des Bernardines. En 1573, ils vendirent au Valais leurs droits de fief dans le bailliage de Monthey et dans le Val d'Illiez. La famille s'éteignit au commencement du XVIIe s. — Rameau : Le Vallais historique. — Gremaud. [J.B. et D. I.]

ARBON (C. Thurgovie, D. Arbon. V. DGSï. Aille et château au bord du lac de Constance; à l'époque néolithique, la contrée était déjà habitée. Près du Hôrnli et à la Bleiche, on découvrit en 1882 et en 1885, sur une surface de 50 ares des restes d'habitations lacustres et des objets qui sont déposés au musée d'Arbon. On présume avec raison qu'avant les Romains, il y avait une colonie celtique. Le nom latin d'Arbor Félix se rencontre pour la première fois dans Y Itincrarium Antonini, du IIIe siècle après J.-C, comme désignation d'un poste fortifié sur la route de Vitodurum à Brigantium et de Constantin à Curia Bœtorum. Arbon figure comme château à deux tours dans la tabula Peutingeriana (IVe s. ap. J.-C.) Des fouilles, exécutées en 1892 et 1902, ont permis de déterminer l'emplacement du château. On y trouva des monnaies romaines datant de 80 av. J.-C. à 375 ap. J.-C. On peut en conclure que le château fut détruit du temps de Valentinien I, probablement par les Alémannes. Toutefois, il resta poste militaire, car la Notifia dignitatum, sorte d'annuaire officie! byzantin, rédigé vers 400, fait mention, en même temps que de Bracantia et de Vimania, d'un tribunus cohortis Hercalese Pannoniorum Arbonœ. Arb or Félix faisait partie de la

AIU50.N

ÀMBON

province Reetia prima. Ammien Marcellin (XXXI, 10), le mentionne encore comme château vers 378. En 1891, on décou; ril aussi à Arbon des tombeaux alémanniques contenanl des scramasaxes, des fibules, des boucles

Vue d'Arhon. d'après un dessin de L. Rohbock, gravé sur acier par J. Umbach vers 1870.

d'oreilles, des bracelets en bronze et des boucles de ceintures incrustées.

Quand L'évêché de Windisch fut transféré à Constance (550-583) la contrée d'Arbon lui fut annexée et lorsque Gall et Colomban arrivèrent au bord du lac de Constance, vers l'an 600, ils trouvèrent à Arhona une petite communauté chrétienne, formée de Romains et d'Alémannes, sous la direction du prêtre Willimar. Saint-Gall y mourut en 627. Pendant les lui les entre l'évêché de Constance et le couvent de Saint-Gall, Arbon servit de point d'appui aux troupes de l'évêque. Au moyen âge, la famille des ministériaiix d'Arbon est en possession de la localité ; l'évêque l'a certainement chargée de la garde du château. En 1255, le village reçut le droit de marché, et peu après celui de cité. Il avait alors pour baillis les nobles de Kemnat et de Bodman, héritiers des derniers d'Arbon. De 1263 à 1265, Conradin, le dernier des Hohenstaufen, résida au château d'Arbon et conféra à la ville le droit de justice et de ban, en souvenir de ce séjour, En 1282, Rudolf I, évêque de Constance, racheta la ville pour la somme de 3000 11 < » ri :i s . dépendant, elle fut de nouveau donnée engage, en 1379, aux Peyer de Hagenwil, et, en 1422, aux Môttcli de Rappenstein. En 1441, l'évêque Henri IV rattacha la ville à l'évêché : dès lors, jusqu'en 1798, elle fut administrée par un bailli au nom de l'évêque. Lorsqu'en 1460 les Confédérés s'emparèrent de la Thurgovie, l'évêque de Constance fit valoir ses droits d'immunité : toutefois, il dut convenir que le château et la ville d'Arbon seraient toujours à la disposition des Confédérés. Cependant, de nombreux conflits de compétence s'élevèrent dans la suite entre les deux parties.

A cette époque, les communes, actuellement indépendantes, de Steinach, Morschwil, Horn, Goldach. Egnach, Roggvvi) et Steinebrunn faisaient partie depuis l'an 900 déjà de la paroisse d'Arbon. En 1457 on construisit la tour d'église, mais l'évêque Henri IV n'y donna son autorisation que sous certaines réserves concernant la sûreté du château. En 1494 la ville fut détruite par un incendie. Pendant la guerre dg Souabe, en 1499, les

Confédérés occupèrent le château el La ville, parce cru 'ib> doutaienl de La neul i alité de l'évêque 1 1 ugo von Breil enlandenberg. Sous cet évoque, le château fui rebâti : la boiserie de la grande salie se trouve maintenant au

Musée Nal tonal de Zurich.

En 1525, la Réformation fut introduite à Arbon. et

pour un temps le service religieux cal holique en! ièremenl suspendu. Les réformés lurent cependant

oblige-, en 1537. de rendre L'église principale aux catholiques el de se cont enl er, pour leur culte, de la chapelle d'Erdhausen, quoiqu'ils lussent beaucoup plus nombreux «pie ces derniers, soit 180 cont re 15. Ot état de choses dura jusqu'à la fin des dissentions confessionnelles, soit pré- de deux siècles. Les deux parties finirent par .-'entendre: Les charges et les places de conseillers furent pourvues à double:

l'ammann de la ville devait toujours être catholique. Lors de la quatrième paix générale (Landfriede) conclue en 1712, la parité des deux confessions fut garantie pour l'avenir par les cantons de Berne et de Zurich.

Au commencement du XVIII0 s., le commerce de la toile et l'industrie qui en dérive apportèrent de l'animation et de l'aisance dans Arbon. Les maisons Eberz, Fingerlin, Furtenbach, Alberti et Mayr blanchissaient et teignaient parsemaine 3 à 400 ballots de toile de 150 livres, qu'elles expédiaient jusqu'en Espagne. Le gouvernement épiscopal, voulant prélever un droit sur cette exportation, occasionna de nouvelles dissensions qui se terminèrent en 1728 par le traité arbitral de Diessenbofen. Le commerce de la toile dut plus tard céder la place à l'indusl rie cotonnière qui prit son essor au milieu du XIX1, s. pour disparaître à la fin du siècle et faire place à son tour à la fabrication des machines. Cette dernière est de nos jours encore en pleine prospérité; elle a donné à la ville un essor inattendu et a fait d'elle la localité la plus populeuse et la plus industrielle du canton de Thurgovie. Adolf Saurer (f 1920), dont le père était venu de Sigmaringen (Alle-

magne), occupe plus de 5000 ouvriers à la construction de machines à broder et d'automobiles. La ville qui, en I .s 4 4 , ne comptait que 660 habitants, a dépassé actuellement le chiffre 'de 10 000 âmes. En 1895, la vieille tour de l'église, datant de 1457. lui remplacée par une nouvelle, et l'on restaura

i'e^lise: les frais se montèrent à 120000 francs. En 1920, les deux confessions, qui avaient eu jusqu'alors une église commune, prirent la décision de se séparer à l'amiable. L'ancienne église fut définitivement cédée aux catholiques, et les protestants résolurent de construire une église pour leur propre compte. Cette dé-

Premier sceau de la ville d Arbon (9 juillet 1384).

ARBON

ARBORICULTURE

cision fut facilitée par des dons, en particulier par Adolf Saurer. Les écoles suivirent le développement de la ville. Pendant des siècles, deux écoles confessionnelles avaient subsisté avec peine: actuellement Arbon possède un enseignement primaire, secondaire et professionnel complémentaire. Depuis quelques années, la ville a aussi un musée historique. Les registres de baptêmes et de mariages datent pour les protestants de 1598 et ceux de décès de 1639, pour les catholiques de 1636. — Voir Schriften des Vereins fur Geschichte des Bodensees und L'mgebung, vol. 10, 32 et 34. — Oberholzer: Gesrh. der Stadt Arbon. [Sch.1

ARBON, von. Nom d'une famille de ministériaux de l'évêché de Constance et de plusieurs prélats qui tirèrent sans doute leur nom de la ville d'Arbon. Armoiries: d'argent à une aigle de gueules becquée d'or. Le premier représentant du nom est l'évêque Her- MANN I de Constance (1139-1165). Les chroniqueurs de l'évêché en font un baron. Des historiens modernes, tels que Roth von Schreckenstein et, après lui, G. Meyer von Knonau, ont contesté, à tort, qu'il fût membre de cette famille. Il est vrai que les barons d'Arbon ne sont mentionnés nulle part, mais, dans les documents relatifs à cet évêque, les von Arbon occupent un rang si exceptionnel parmi les nombreux représentants de la noblesse féodale, qu'on ne peut expliquer ce fait qu'en admettant un degré de parenté entre l'évêque et ses ministériaux. — Heinrich von Arbon, élu évêque de Coire en 1180, avait été auparavant chanoine de Salzbourg et de Coire. On a voulu identifier avec lui Heinrich I, abbé de Pfâfers de 1155 à 1158; mais à tort. Ni le catalogue des abbés de ce couvent du XVe s., ni Stôcklin dans ses Antiquitates Fabarienses ne donnent le nom de famille du dit abbé. — Werner, en 1201, est probablement identique au plebanus, archidiacre et doyen Wernerus, dont il est question de 1199 à 1236 parmi les chanoines de Constance. — Rudolf, était maire d'Arbon en 1255. — Hermann abbé de Pfâfers, 1330 f 12 juin 1361. Armoiries : trois milans. D'après Tschudi, Gallia Comata, p. 124, il aurait porté* plus tard d'argent à l'aigle de gueules. Hermann fut d'abord conventuel d'Einsiedeln ; il est mentionné pour la première fois abbé de Pfâfers le 1er juin 1330 et obtint de Charles IV en 1347, les droits régaliens. Avant son élection, Pfâfers avait beaucoup souffert des démêlés de Donaz von Vatz avec le chapitre de Coire; Hermann travailla activement et avec succès au relèvement du couvent. Il reçut en 1342 des avoués du couvent, Hartmann III et Rudolf IV von Montfort- Werdenberg et Sargans, la promesse qu'ils n'enlèveraient jamais le château de Wartenstein au couvent. En 1351, il prit en gage pour 350 florins la part de Rudolf IV à l'avouerie. Il édicta en 1343, de concert avec son chapitre, une ordonnance sur l'emploi du sceau du couvent. De 1336 à 1442, il fit adapter aux livres liturgiques une nouvelle notation musicale. — Wegelin: Pfàferser Regesten, 143-233. — Mon. Germ. V. 71. — Ringholz ; Gesch. Einsiedelns I, 190-193. — Gfr. 43, 314. — Eichhorn : Episc. Curiensis, 285. — Les von Kirchhof (de Cimeterio) sont probablement une branche cadette des ministériaux ; ils avaient leur château dans l'enceinte du cimetière. — Voir TU II et JII. — L'StG. — Kindler von Knobloch : Oberbad. Geschlechlerbuch. — Mohr : Cod. diplorn. et les sources citées ci-dessus. [Sch. et J. M.]

ARBONGAU. Partie du duché d'Alémannie avant l'an 1000. Dans une cinquantaine de documents de Saint-Gall des années 744 à 872 la situation du couvent est indiquée in pago Turgauensi vel in pago Arbonensi, ou in situ Arbonensi. En outre seraient situés dans le pagus Arbonensis: Steinach, Goldach, Môrschwil, Berg, Wilen, Buchen et Gommerswil Par conséquent le comté d'Arbon comprenait une partie de la Thurgovie et s'étendait au forestum Arbonense et au district du Wildbann qui appartenait à l'évêché de Constance et dont les frontières sont indiquées dans un acte de Frédéric Barberousse, du 27 novembre 1155. Il n'est ni attesté ni même probable que le comté d'Arbon

ait été administré par un comte. Après 872, il n'en est plus question nulle part. — Voir TU II, 149. [Sch.]

ARBON NIER, d\ Famille noble vaudoise. Armes : Emmanché, en fasce de deux pointes et deux demipointes d'azur et d'or. Le 27 août 1427, le duc de Savoie reconnut que Claude d'Arbonnier, clerc, de Mathod, bourgeois d'Orbe, était le petit-fils de noble Guillaume Darzan, seigneur de Saint-Pierre d'Albigny en Savoie, reçu bourgeois d'Orbe en 1382. Le petit-fils de Claude, Georges II, devint co-seigneur de Dèzy. Chaque génération fournit à Orbe des châtelains et des gouverneurs ou syndics. Louis-Frédéric d'Arbonnier de Dèzy (1698-1780) s'engagea au service de France, et parvint en 1761 au grade de maréchal des camps. Son neveu Victor, capitaine au service de France, mourut syndic d'Orbe et avec lui s'éteignit la principale branche de la famille. Une autre branche subsiste encore dans l'État de New-York. — Dumont : Coll. généal. [M.R.]

ARBOR FELIX. Voir Arbon.

ARBORICULTURE. C'est aux Romains que nous devons l'origine de notre arboriculture : les premiers vergers et vignobles ont été plantés par des colons romains. L'invasion alémannique et burgonde fut néfaste à l'arboriculture comme du reste à toute l'agriculture. L'arrivée des moines irlandais lui donna un nouvel essor. Colomban (t 615) a planté des arbres fruitiers à Bregenz ; dans son testament, Tello, évêque de Coire, mentionne, en 766, des vergers à Seranio (Sargans), Maile (Mels),Campellos(Campliun). L'abbé du couvent deReichenau,Wallfried Strabo (843-850) créa un jardin potager et un verger. — L'arboriculture fut protégée très tôt par la loi. En 630 déjà, la Lex Bajuvariorum interdit, sous des peines sévères, d'arracher des arbres fruitiers; l'arrachement d'un simple framboisier était puni d'un sold'amende. La Loi salique protégeait la greffe; celui qui endommageait un greffon était puni de 3 à 15 sols d'amende. — Les Croisades eurent une certaine influence sur la propagation des espèces; les pèlerins et les Croisés rapportèrent d'Orient maintes espèces de fruits : bergamotes, prunes de Damas et de Jérusalem. Le moine saintgallois Ekkehard (f vers 1036) énumère, dans ses Benedictiones ad mensas, les mets servis dans les couvents de l'époque ; on y trouve à peu près tous les fruits connus de nos jours. Aux XIIIe et XVe s. l'arboriculture était soumise à la dîme ; c'est ainsi qu'on trouve, en 1225, la dîme des coings près de Lausanne ; celle des noix en 1237 à Romainmôtier, en 1326 à Sarnen et à Giswil, en 1428 à Meggen. Parmi les Suisses qui écrivirent des ouvrages d'arboriculture, mentionnons : le naturaliste Conrad Gessner, de Zurich (t 1565), Jean Bruhin, de Bâle, qui cultiva et dessina quelques fruits (1650) et surtout le Bernois Daniel Rhagor qui publia, en 1639, der Pflantzgart, un excellent traité d'arboriculture, de culture des légumes et de la vigne. Avant la Révolution française, les progrès furent lents; jusque là, l'arboriculture n'était pratiquée que pour satisfaire les besoins personnels. Dès le début du XIXe s., elle devint une branche importante de l'économie agricole. L'exemple fut donné par la Société économique de Berne. Il faut mentionner les noms de Emanuel-Friedrich Zehender, de Gottstatt (1791-1870), à qui l'on doit plusieurs écrits sur l'arboriculture, et de son père, le doyen Samuel Zehender, dont les vergers étaient célèbres. La première exposition d'arboriculture eut lieu à Zurich en 1843. En 1864 fut fondé le Schweiz Obst- und Weinbauverein ; en 1863 parut le Pomologische Bilderwerk, et, depuis 1865, la Monatschrift fur Obst- und Weinbau. Les sociétés et les associations se proposant le développement de l'arboriculture sont aujourd'hui en grand nombre, et la littérature sur ce sujet est considérable. Les progrès de l'arboriculture ont provoqué la création de fabriques de conserves de fruits, et permis une exportation de plus en plus importante. D'après le secrétariat suisse des paysans, la Suisse possédait en 1919: 6 000 000 pommiers, 4 000 000 poiriers, 2 000 000 pruniers, 500 000 noyers. En 1915, la récolte des fruits a été estimée à 1 10 millions de francs. — Voir O.Heer: Die Pflanzen der Pfahlbauten. — Der Obslgarten

AMIUKS DE UBKlTiK

ARCEGNO

années 1879 el 1881 Monatschrift far Obst- und

Weinbau, lisTu. — Daniel Rhagor : Der Pflantxgart. — E.-F. Zehender : Schweix. Obstbauer. — Vnn Agriculture. [e. Jackt.]

ARBRES DE LIBERTÉ. La seconde année de la Révolution française vil surgir de toutes parts en

France des arbres plantés sur les places publiques pour célébrer l'abolition de la féodalité. Cet usage s'esl ré pandu avec rapidité dans d'autres pays. En Suisse, les arbres de liberté ne sont pas connus avant 1792. Lors de la fête de Rolle et du Banquet des Jordils, I \ el 15

Arbre de liberté à Zurich en 1799. D'après une gravure

contemporaine sur cuivre. (Fragment du titre

du Nbl. der Zûrcher MiuikgeselUchaft).

juillet 1791, furent érigées des perches surmontées du chapeau de Guillaume Tell, orné de rubans tricolores ; mais il n'est pas encore question d'arbres de liberté. C'est dans la principauté de Neuchâtel et dans l'évêché de Bàle qu'apparaîtront les premiers arbres de liberté ; le 5 septembre 1792, on apprend qu'un arbre de liberté a été planté à La Chaux-de-Fonds, devant la maison du maire, et un autre aux Eplatures. Le 21 octobre suivant, un troisième est élevé devant l'hôtel de ville de Porrentruy et un quatrième au Locle le 17 décembre. Dans le vignoble neuchâtelois, on en signale un à Peseux le 18 décembre 1792, et à Colombier le 4 février 1793. Genève n'a pas dû connaître les arbres de liberté ; dans la révolution du 4 au 5 décembre 1792, on planta des perches surmontées de bonnets rouges. Le premier arbre de la Suisse allemande paraît avoir été planté à Stâfa en 1795. En 1797, les arbres de liberté apparaissent au delà des Alpes : fin avril à Campione et fin mai à Son-

drio dans la Valteline. En 1798, au moment de la chute de L'ancienne Confédération, ils se multiplient : un arbre aurait été élevé à Montrera au début de janvier, le premier du pays de Vaud, mai- cette affirmation repose sur une erreur. Le 8 janvier 1 798, le bailli de Vevey, Emanuel-Rud. Tscharner, annonce au Coi crel de

Berne qu'« on voulait planter un arbre de la libi Montreux, mais que l'idée ae rencontra pas l'approbation populaire». La première mention certaine d'un arbre de liberté en 1798 est du 9 janvier ; ce jour-là, on en planta un à Bienne sur l'ordre de la commission militaire française. Voici, simplement énumérées, les autres mentions que nous avons trouvées : 11 janvier à La Neuveville, 17 janvier 1798à Liestal ; 19 janvier à Bàle devant l'hôtel de ville ; 24janvier dans tout le canton de Vaud ; 28 janvier à St. Johann (Toggenbourg), devant la maison du grand bailli ; 30 janvier à Mendrisio ; 1er février à Aarau après la dissolution de la Diète. Le 4 mars le conseil de Fribourg détermine les places de la ville où l'on plantera les cinq arbres « que l'on vient d'amener ». Le 9 mars les amis de l'ordre nouveau plantent devant l'hôtel de ville de Berne un arbre de la liberté. Dans le Bas-Valais, des arbres de liberté furent plantés à Saint-Maurice, 28 janvier, puis à Martigny, Monthey, dans l'Entremont, etc. et même à Sion, 1er mars. En janvier 1802, révolution à Fehraltorf (Zurich) et érection d'un arbre. \ ers la fin d'octobre 1802, on en signale un à Langenthal qui fut coupé.

Pendant les révolutions de 1830 et 1831, quelques localités plantèrent également des arbres de liberté : mai-juillet 1830 au Val-de-Travers ; 18 décembre sur Montbenon à Lausanne ; 28 décembre à Vernéaz près Vaumarcus ; 1er janvier 1831 aux Ponts-de-Martel ; 7 janvier et jours suivants, dans le demi-canton de Bâle- Campagne. Le 15 février, un arbre est planté dans la Léventine (probablement à Faido), surmonté d'un chapeau de Tell noir avec des plumes rouges et blanches. Au mois de mai et à la mi-août 1831. d'autres sont mentionnés dans le Valais et à Liestal, Sissach, Waldenburg. Depuis cette année on n'a plus planté d'arbres de liberté. — Voir C. Burnier : La vie vaudoise et la Révolution. ■ — Gautherot : La Révolution française dans l'anc. Evêché de Bâle I. — H.Fazy : Genève de 1788 à 1792. — A.Piaget: Hist. de la Révolution neuehâleloiselll. — T.Curti: Gesch.der Schweiz im l'J.Jahrh. — A. Gobât: Histoire de la Suisse... — P.Seippel: La Suisse au XIXe siècle. — ASH. ■ — L'arbre de la liberté en Vallais. — Arch. d'État Neuchâtel; Manuels du Conseil d'État. [R.-O. F.]

ARBURG près de Lucerne. Voir Allenwinden.

ARBURG. Voir AARBOURG.

ARCEGNO (C. Tessin, D. Locarno. Com. Losone. V. DGS). Anciennes formes du nom : Arcenium, Arcenio, Arzenio, Arzegnio. Sous-paroisse autonome du décanat d'Ascona, Arcegno fut séparé de la paroisse de Losone le 3 septembre 1801. En 1696 un chapelain y est mentionné. L'église actuelle remonte au XVIIe s.; auparavant existait une chapelle, dédiée à Saint- Antoine, construite de 1347 à 1357. L'évêque de Côme lui accorda, le 13 juin 1452, des fonts baptismaux. Primitivement, les évêques de Côme possédaient à Arcegno des droits régaliens qu'ils inféodèrent aux nobles Muralti de Locarno et Duni d'Ascona en 1257 et 1264. On ne sait au juste quand ces droits prirent fin; probablement par voie de cession et de rachat. Ainsi, le 27 avril 1525, eut lieu la cession du cinquième de la dîme à la commune, et en 1526, l'évêque investissait une personne d'Arcegno d'un autre cinquième. Arcegno fournit beaucoup de participants à l'émigration tessinoise en Italie. En 1832, la Compagnia di Roma, constituée en 1815 par ces émigrés, donna, selon l'usage de toutes les compagnie de contribuer à l'ornementation des églises de leurs villages, la grosse cloche, fit décorer la chapelle du crucifix et offrit le chemin de Croix qui longe la route conduisant à l'église. La Compagnia di Fircnze donna un tableau de la Vierge, qui est placé derrière le maître-autel. — Habitants : 1591 environ 200 ; 1900, 92. Registres de baptêmes et de mariages depuis 1683, de décès depuis 1705. — VoirMeyer: Die

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