‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 223 sur 329 · AUDI SEF · texte numérisé non relu

AUDI SEF

P. Atba Cottier : Lu chapelle de Sotre-Dami d<

Compassion... <l< Bulle, p. 15 et 50. SKL I. — /-Vl 1896, pi. XI. 1897, pi. XXI. [Rai >u.|

ARDIN. Famille vaudoise possessionnée à Gingins dès li' XVIe s., d'où elle essaima < l ;• u -différentes localités de la région. 1/ moitiés ■ de gueules à une tour d'argenl enflammée d'or. Vincent, seigneiu

de< Javelière. de vint seigneur de Pegnins

par son mariage en 1674 avec la petite till<- d'Eléonore de Nassau, princesse de Porl ugal, mais le domaine du Martheray, qui était son lot, fui déjà vendu en 1681. On voil cependant ses descendants en porter encore le titre en 1717. — Le premier pasteur 'le Longirçd, J. Ardin, t 1670, appartenait à la même famille. — Olivier.: I logie. \ M. i:

ardis/eus, Vins. Originaire des Grisons, il se rendit en 1536 à Bâle où il fui professeur de mathématiques de 1542 à 1556. Il a fort probablement traduit son nom allemand Arduser (voir ce nom) en Ardisaeus; cependant, on n'a pas pu établir jusqu'ici de relations de parenté avec cette famille. — Voir LL. — Athenae Rauricx. [A.iî. et L. J.]

ARDON (<;. Valais, D. Conthey. V. DGS). Localité où l'on découvrit des vestiges de la domination romaine et peut-être les ruines d'un temple en l'honneur de la déesse Isis et en outre des sépultures du moyen âge sans mobilier funéraire. Anciennes formes : Ardun, . Vrduns, . Irdunum, . hrduno. Ardon formait autrefois avec Chamoson, Saint-Pierre et Magnou une seule seigneurie appartenant à l'évèché de Sion, et s'en trouva, à deux reprises, isolé par la châtellenie savoyarde de Conthey- Hérens. Après la guerre entre le comte Pierre de Savoie, et l'évêque de Sion, Henri de Rarogne, il passa à la Savoie victorieuse en 1260, mais revint à ce même prélat en 1268 par un arrangement avec le comte Philippe, frère et successeur du précédent. Cependant, Amédée VII, le Comte rouge, vainqueur de l'évêque, exigea, comme son prédécesseur, que la Morge de Conthey servît de limite entre le Valais épiscopal et le Valais savoyard.

Au moyen âge, un major etun vidomneadministraient au nom de l'évêque la baronnie d'Ardon-Chamoson, qui tenait son plaid sur la^place de Saint-André, dans ce dernier village. Le vido'mne exerçait la justice aux mois de mai et d'octobre; le major le reste de l'année probablement. La majorie appartenait aux nobles de Chamoson, puis aux de Pont de Saint-Martin, originaires du val d'Aoste; elle passa ensuite aux de Chevron, en 1431, qui l'administraient au nom de la Savoie. Lors de la conquête de 1475, Walter Supersaxo l'adjugea au siège de Sion, duquel relèvera désormais le major attitré. Le vidomnat fut successivement aux mains des nobles d'Ardon, des de Chamoson. enfin des de Chevron- Villette depuis 1340. Le dernier de cette famille, Nicolas, remit, le 9 janvier 1571, pour 50 écus d'or à Jean et François de Monthéolo, ses héritiers, ses droits sur le vidomnat d'Ardon-Chamoson, qui resta à leurs descendants jusqu'en 1798. Après la conquête du Bas-Valais, lors de laquelle le château du Crest près d'Ardon fut détruit, Ardon continua à former une majorie avec Chamoson, Saint-Pierre de Clages et Magnou, reconnaissant les droits de l'évêque et des sept dizains. En retour, il obtint la confirmation de ses anciens privilèges et même de nouvelles concessions. Au militaire, ce territoire dépendait du gouvernement de Saint -Maurice, dont le titulaire passait en revue la milice de la majorie. Ardon demeura réuni à Chamoson jusqu'en 1798; d'après un arrangement de 1386, il comptait pour un tiers, et Chamoson pour deux tiers. Cependant, chaque village avait ses procureurs et jouissait d'une certaine autonomie administrative. Quand la Révolution de 1798 supprima les droits seigneuriaux, Ardon sut tirer parti des événements et racheta les fiefs de la mense épiscopale en 1806, les dîmes du chapitre et de la cure de l'endroit en 1808. Devenu partie intégrante du canton du Valais, il se vit incorporé au district de Conthey, dont il partagea les destinées.

Au point de \ ue ecclésiastique, cette paroisse remonterait au XI' s. Sun église, consacrée aux saints Jean- Baptiste ei Jean l'Evangéliste, relevai! du chapitre de Sn.n; le chanoine-sacristain en avait la collation. L'église primitive desservil la Localité jusqu'en 1488, et fut reconstruite quelques années plus tard. Son clocher, élevé en 1525, fui conservé quand on procéda vers 1890

à la bâtisse du troisième édiliee. Il existait an

\nion une chapelle dédiée à Saint-Antoine fondée le 7 juin 1541 par les nobles de Monthéolo, chapelle restaurée vers 1780. Ses tonds permirent d'entretenir un

prêtre, (pii remplit l'office de vicaire pendant plus de deux siècles. Depuis 1832, Chamoson, qui relevait d'Ardon, au moins depuis cinq siècles, s'en sépara pour former une paroisse. Liste des majors d'Ardon : Maurice Waldin 1505 ; Hildbrand de Riedmatten 1608 ; François Yosl 1614 ; Pierre-Maurice de Riedmatten 1672; Philippe de Torrenté 1701 : Paul Kunschen 1720; Jean-Arnold Blatten 1733; Jean-Chrétien Roten 1752; François-Xavier de Courten 1762; Marie-Antoine Augustini 1781 ; Nicolas Roten 1798. Registres de paroisse depuis 1853 (?). — Voir F. Boccard : Hist. du Valais. — Gremaud. — Furrer : Geschichte... ûber Wallis — Hameau : Le Vallais historique. — Gay du Borgeal : Hist. du Valais. — Anne de Rivaz : Notice historique sur l'Eglise paroissiale d'Ardon. — ■ Ritz : Dècanat d'Ardon. — Archives locales. [Ta.]

ARDON, d'. Famille de vidomnes du village de ce nom, éteinte au XIVe s. Armoiries:

de gueules à deux clefs d'or posées en sautoir. — Boccard, figure parmi les barons épiscopaux au traité de la Morge en 1179. — Sont encore connus, les vidomnes: Boson, 1202-1204; le chevalier ANSELME, 1209-1228. et ses fils, Jacques, Ulrich, Pierre et Guillaume. Cette famille possédait des biens à Ergisch et à Morel dans le Haut Valais. [Ta.]

ARDÛSER. Famille des Grisons (v. aussi l'art. Ardis.-eus). — 1. HANS, landammann, t 1580 à Davos Il fut juge matrimonial, architecte, greffier, premier fourrier dans la campagne de Calais, bailli à Maienfeld, landammann à Davos, commissaire des comptes enValteline, député en Autriche et à la Diète. — 2. HANS, fils du n° 1, * 1557 à Davos, devint maître d'école à Maienfeld en 1577. Il se rendit à Feldkirch chez un peintre nommé Moriz et son fils Jôrg. Dès 1580 il exerça son métier de peintre décorateur de maisons et d'églises à Alvaschein, Flums, et tint l'école pendant l'hiver à Lenz puis à Thusis. Il devint bourgeois de ce dernier lieu en 1583. Connu surtout par une chronique et son autobiographie. Cette dernière va jusqu'en 1605, la première de 1572 à 1614. —3. Jo- HANNES, * 1584, t 1665.

est peut-être fils du n° 2.

Haller parle d'une carte en deux feuilles: Vallistellina ciun vicinis Regionibus Bormio, Clavenna ri parti bus Rhaetiœ a Johanne Ardeisero... Ba^ilser, 1625. Il devint bourgeois de Zurich en 1620, et, comme ingénieur, dirigea les travaux de fortification de la ville en 1642 ; il publia la Geometriœ- Theoricae et Practirœ. Ses manuscrits sont à la bibliothèque de la ville de Zurich. — 4. Christian,

von Hohendachs, de Schmitten, fut de 1662-1674 curé de Obersaxen, puis de 1674 à sa mort, curé de Mais. En 1677, il fut anobli par l'évêque Ulrich Demont et ajouta à son nom von Hohendachs. — 5. Christian, de Alvaneu-Lenz, fut successivement curé de Salux 1661-1670, de Bonaduz 1670-1674, de St.

Le capitaine Joh. Ardûser, ingénieur de la ville de Zurich.

(Gravure sur cuivre de Joh. Schweizer, datée de 1 654 . j

AKDUNUM

AREUSE

.Maria dans la vallée de Munster 1679-1682, de Samnaun 1682, de Tinzen 1691, de Mons 1701-1703. Il mourut le 14 septembre 1718. — Voir H. Ardùser : Chronik. — ADB. — R. Wolf : Biographien sur Kulturgesch. der Schweiz, IV. — Truog : Die Biindner Pràdikanten. - — J.-J. Simonet : IV eltgeistliche in Graubiinden. [M.S.etL.J.]

ARDUNUM. Voir Ardon.

ARDUTIUS. Famille. Voir Faucigny, de.

AREGGER. Famille. Voir Arregger et Arig, Ober.

ARENENBERG. Domaine et château dans la commune thurgovienne de Salenstein. Son nom était d'abord Ahrenshalden, puis Narrenberg. A l'origine c'était une vigne où, vers 1400. des patriciens de Constance bâtirent un pavillon d'été, puis, en 1540, le bourgmestre de Constance Sébastian Gaisberg y fit édifier un petit château. En 1585, le propriétaire, Hans-Konrad von Schwarzach de Constance y ajouta une tourelle. Le domaine fut reconnu propriété libre par les Confédérés. En 1731, le baron C. Anton von Riipplin zu Kefikon und Wittenwil l'acheta pour son beau-fils, Anton

Le château d Arenenberg tel qu'il était à 1 époque de la reine Horteiise. (Photographie de 1860 environ.)

Prosper von Streng, dans la famille duquel il resta jusqu'en 1817. L'ex-reine de Hollande, Hortense, l'acheta alors pour 30 000 florins. Elle fit abattre le mur d'enceinte et transforma le château en villa en l'agrandissant beaucoup ; elle y tint sa cour pendant les mois d'été de 1825 à 1837. Après sa mort, Napoléon, prisonnier à Ham, le vendit (1843) à un particulier, mais l'impératrice Eugénie le fit racheter en 1855. En 1906, elle en fit don au canton de Thurgovie à la condition de maintenir le Musée Napoléon installé dans le château. Les autres bâtiments, transformés, abritent depuis lors une école d'agriculture. — Meyer : Die frûheren Besitzer von Arenenberg. — Fùhrer durch das Napoleonische Muséum. [Sch.]

ARENTHON, d'. Maison de chevalerie savoyarde, éteinte. Armoiries : bandé de gueules et d'argent de six pièces. Elle donna à Genève et à Lausanne plusieurs chantres et chanoines dès le XIVe s. La plupart des d'Aienthon, mêlés à l'histoire de Genève, portent le second nom d'ALEX à cause d'une de leurs seigneuries. — Jean, évoque d'Annecy, eut quelques difficultés avec le magistrat de Genève pour avoir pris le titre, dans une procuration, d'Evêque et Prince de Genève en 1664. — Voir Arch. d'État Genève : P. H., n° 3442 ; Analyses des actes notariés, Ve série, T et D. [C. R.]

ARESE, Jean-François, comte d'. * 15 mars 1642 d'une famille milanaise. Il fut successivement colonel en Espagne et en Sicile, puis Charles II d'Espagne le chargea ad intérim du poste d'ambassadeur auprès des Confédérés et des Grisons, en 1681. L'année suivante, il devenait gouverneur de Mortara, puis il fut ensuite trésorier général, général d'artillerie à Milan, gouverneur

Benedikt Aretius. (Portrait à

l'huile sur bois à l'auditoire de

théologie de l'Université de

Berne.)

de FinalJet,Ten*1096, de Novare. Il mourut le 10 avril 1721. — Rott : Inventaire. — LL. [J. G1.]

ARETIUS (forme grecque de Marti), Benecltctus, t 22 mars 1574, fils du pasteur de Bâtterkinden (Berne), était en 1539 étudiant au collège des Cordeliers ; il étudia à Strasbourg et Marbourg.

Il était maître de logique dans cette dernière université, lorsque, le 6 août 1549, il fut appelé comme directeur ou gymnasiarque à l'école latine de Berne ; il devint en 1553 recteur et professeur des langues grecque et hébraïque, et, dès 1564, de théologie. Il fut un des meilleurs pédagogues de l'ancien Berne. Son portrait à l'huile se trouve dans l'auditoire de théologie de l'université de Berne. Il publia beaucoup, entre autres à Bâle : Partitiones methodicœ grammatical Ebree. Botaniste et grand ami de la nature, Aretius gravit le Stockhorn et le Niesen (1557), visita le Hasli, la région de l'Engstlenalp, le Kiental et les sources de la Simme. En 1567, il fut chargé par le Conseil de légitimer l'exécution de l'antitrinitaire Valentin Gentilis. Il le fit dans : Valentini Gentilis justo capitis supplicio affecti brevis historia. En 1573 parut à Berne son œuvre principale: Théologies, problemata, compilation de théologie et de toutes les connaissances naturelles et médicinales de l'époque. L'ouvrage eut plusieurs éditions : Genève 1579, Morges 1583 et Lausanne 1617. — Voir A. Haller : Benedikt Marti. — J.-H. Graf : Gesch. der Mathematik und Naturwissenschaften I, 25-29. — W.-A.-B. Coolidge : Josias Simler et les origines de l'alpinisme jusqu'en 1600. [E.B.]

AREUE (COL D') (C. Grisons, D. Hinterrhein. V. DGS). Etymologie: Areuetal, Areuen-Alp, du romanche rôven : gorge ou pente dénudée. La route d'Areue, dont on voit encore des vestiges de pavement, partait d'Isola et conduisait au Rheinwald ; à Nufenen, elle se confondait avec le passage du Vogelberg et aboutissait à Pitasch et Ilanz. Ce trajet très direct de Chiavenna à Ilanz, demandait 16 heures et demie; il a été peu à peu abandonné depuis l'ouverture de la Via Mala en 1473. Dans le val d'Areue devait exister au XIIIe s. un hospice qui fut peu à peu recouvert par le glacier ; la cloche, retirée de la glace, est dans le clocher d'Isola. — Voir R. Reinhard : Passe und Strassen, p. 142. — J. U. von Salis-Seewis : Gesammelte Schriften, p. 259-260. — E. Lechner : Thusis und die Hinterrheintàler, p. 22. ■ — ■ Z. Pallioppi : Ortsnamen des Kts. Graubunden I, p. 85. [L.J.]

AREUSE ou REUSE (C. Neuchâtel, D. Val-de- Travers et Boudry. V. DGS). Rivière prenant sa source à Saint-Sulpice et se jetant dans le lac de Neuchâtel près de Grandchamp. L'Areuse formait, sur une partie de son cours, la limite entre les terres de Gorgier, vassales d'Estavayer, et celles du comté de Neuchâtel. Cette démarcation dura jusqu'en 1357, époque où la seigneurie de Gorgier fut réunie à Neuchâtel. A sa sortie du Val-de-Travers et jusque près de Boudry, l'Areuse passe dans des gorges très resserrées, qui, pendant longtemps, furent à peu près inaccessibles. C'est en 1874 que se constitua une société pour y établir un sentier et des passerelles et ouvrir ainsi cette région aux promeneurs. En ce faisant, on facilita l'accès a cinq grottes qui se trouvent dans les parois de rocher sur la rive gauche de l'Areuse, à savoir : la Baume du Four, la Grotte de Vert, la Grotte de Bourguet, la Grotte de Cotencher et la Grotte des Chaumes. Celle de Cotencher a été explorée à fond dans les années 1916-1918

AREUSE

ar<;eng\u

Les recherches, dirigées par MM. Auguste Dubois, de Neuchâtel, et Dr Stehlin, de Bâle, ont donné des résultats des plus intéressants au triple point de vue paléontologique, anthropologique et glaciologique. (Voir art. Cotencher.) — Matile I. — A. Dubois : Les gorges de l'Areuse et le Creux-du-Van. — Le même : L'Areuse ou La Reuse (Bull. Soc. neuch. de Géographie, t. XX). — Le même: Notes sur les fouilles exécutées en 1916 dans la Grotte de Cotencher (MN 1916). IL. M.] AREUSE (C. Neuchâtel, D. Boudry. V.DGS). Localité entre Colombier et Boudry, tire son nom de la rivière Areuse qui coule à 500 m. plus au Sud. Armoiries: de gueules au lion contourné d'or, une barre d'azur chargée de trois étoiles d'argent brochant sur le tout. En 1903 on a découvert à Bel-Air, près Areuse, un cimetière burgonde. Areuse est mentionné pour la première fois en 1178.

En 1311, Pierre, co-seigneur d'Estavayer. reconnaît tenir en fief de Rodolphe de Neuchâtel, l'avouerie de ce village. Areuse, érigé très tôt en commune, dépendait de la juridiction et de la paroisse de Colombier; il possédait une chapelle — disparue aujourd'hui — consacrée à Notre-Dame. Au début du XIXe s , Areuse se trouvait dans la situation anormale d'être une commune sans territoire, sans école, et de n'abriter aucun de ses ressortissants. H se composait alors de treize maisons, dont 10 étaient sur le territoire de Colombier et 3 sur celui de Boudry. La juridiction de Colombier ayant été supprimée en 1832, Areuse fut incorporé à celle de Boudry. Cette situation prit fin en 1870. Au premier janvier de cette année, la commune d'Areuse fusionnait avec celle de Boudry, suivant décret du Grand Conseil du 20 novembre précédent. Tous ses ressortissants, environ 200, devenaient originaires de Boudry, et sa fortune, 30 000 francs environ, était versée dans les Fonds de la Chambre de Charité de cette ville. — Matile : Monuments I. — Trouillat I. — Bulletin du Grand Conseil, t. 29. — MN 1904, p. 191. — Revue Charlemagne 1910. — Arch. d'État Neuchâtel, doss. Areuse. [L.M.]

AREZZO, P. Bernhardin d'. Général de l'ordre des capucins, célèbre par sa sainteté. Il visita en 1695 la province suisse des capucins et tint le 20 juin à Dornach un chapitre de province, à l'occasion duquel une grande foule s'assembla pour recevoir sa miraculeuse bénédiction. — Meyer: Chronica Capucinorum, p. 426. [E. W.]

ARGAND. Famille originaire de Bonne (Haute- Savoie), venue à Genève dans la seconde moitié du XVIIe s. La plupart des membres de cette famille se vouèrent à l'orfèvrerie, à la joaillerie et à l'horlogerie. Armoiries: d'azur au lion léopardé d'or accompagné en pointe de trois croissants du même. — — 1. Jacob, * le 16 août 1729, du Conseil des Deux-Cents de 1770 à 1792, auditeur 1778-1781, membre de la Chambre des comptes, de celle des appellations, etc. — 2. Jaques, 16 janvier 1733-10 septembre 1782, était doué d'un génie très inventif et perfectionna beaucoup la bijouterie à Genève. — 3. François-Pierre-Ami, célèbre physicien et chimiste, * à Genève le 5 juillet 1750, f dans cette ville le 14 octobre 1803. Il fut collaborateur de Montgolfier dans la construction des aérostats et trouva une nouvelle méthode pour la distillation des vins, mais il est surtout connu par l'invention des lampes à double courant d'air et à cylindre de verre, dite lampe Argand, qui fit une révolution dans l'éclairage. Elle fut brevetée en Angleterre en 1784 et en France en 1785 et 1787. Argand eut beaucoup à lutter pour protéger ses droits contre un certain Lange, avec lequel il finit par s'associer, et contre le pharmacien Quinquet. Il eut même le chagrin de voir ses lampes prendre à Paris le nom de lampes à la Quinquet, bien que ce dernier n'ait eu, en réalité, aucune part à leur invention mais tout au plus à leur perfectionnement. — 4. Jaques-Antoine, * le 25

août 1755, t à Paris le 10 février 1796, se rattacha au parti révolutionnaire à Genève. Il fui nommé juge au tribunal provisoire de recours, en 1 793, cl en 1794 à la grande Cour de justice criminelle, rendant l'insurrection de la même année, il fit partie du Comité du 19 juillet et du premier tribunal, dont il démissionna le sixième jour. — 5. André, 1er septembre 1762-18 août 1829, avocat, fils du n° 1, membre de l'Assemblée nationale en 1793, juge de paix et membre du Conseil législatif en novembre 1796. Sous le régime français, il fit partie de l'Administration municipale de Genève (13 juin 1798- 29 janvier 1799) et fut f. P. a. Argand.

conseiller de préfecture. (Collection Maillard, Genève.) En 1814 il entra au Conseil représentatif où il siégea jusqu'à sa mort, avec une interruption de 1822 à 1823. Dufour-Vernes, dans sa généalogie de la famille Argand, fait d'André un membre de la Chambre des Appellations et un procureur de l'Hôpital en 1792 ; c'est une erreur, il fut élu à ces deux charges au mois de janvier de l'année suivante seulement, et il refusa la seconde. — 6. Jean-Robert,* le 18 juillet 1768, t le 13 août 1822, à Paris où il était allé se fixer après l'insurrection de 1794. Son père, fanatique de Rousseau, l'avait élevé selon les principes de ce philosophe, d'où les noms d'ÉMiLE Argand ou d'ARGAND-RousSEAU qui lui sont fréquemment donnés. Il se jeta avec fougue dans le mouvement révolutionnaire et fut secrétaire, en décembre 1792, du comité des Quarante qui dirigeait les Egaliseurs. Après la victoire, le 28 décembre, il fut nommé, malgré sa jeunesse, membre du Comité provisoire d'administration, et, lors de l'établissement du gouvernement constitutionnel, en 1794, il entra au comité législatif. Pendant l'insurrection de 1794, dont il fut un des chefs, il fit partie du Comité du 19 juillet, du premier tribunal révolutionnaire, de la Commission révolutionnaire et du second tribunal. Argand, très versé dans les mathématiques, est l'auteur de : Essai sur une manière de représenter les quantités imaginaires dans les constructions géométriques, Paris 1806, réédité par Houel en 1874. — Une autre famille de Corsier, Genève, a donné — 1. Jean-Simon, * à Corsier le 21 avril 1805, maire de Corsier, député au Grand Conseil de 1854 à 1862. — 2. Emile, * 6 janvier 1879 à Genève, fit des études de médecine d'abord, puis de sciences naturelles à Paris, Lausanne et Zurich. Doctorat à Lausanne, en 1909, avec dissertation sur L'exploration géologique des Alpes Pennines Centrales. Professeur ordinaire de géologie à l'Université de Neuchâtel dès 1911, et directeur de l'Institut de Géologie de cette ville. Ses travaux lui ont valu en 1909 le prix William Huber de la Société de Géographie de Paris, et, en 1913,1e prix Spendiaroff décerné par le Congrès géologique international réuni à Ottawa. Argand est, en outre, depuis 1917, vice-président de la Société géologique de France. Ses principales publications sont : Carte géologique du massif de la Dent Blanche, 1 : 50000e. — Les nappes de recouvrement des Alpes Pennines. — Les nappes de recouvrement des Alpes occidentales. — Sur l'arc des Alpes occidentales. — Voir Rec. gen. suisse I. — Sordet : Dictionnaire des familles genevoises, mns. ■ — SKL. — Heyer : Notice sur Ami Argand. — Bull, de la Classe d'Industrie et de Commerce de la Soc. des Arts de Genève, n° 73, 1861. — Montet : Biographies des Genevois et des Vaudois. — Les biograph. Didot et Michaud renferment des erreurs. — P. Dorveaux dans Soc. d'histoire de la pharmacie. [E.-L.Burnet.]

ARGENGAU. Partiedu duché d'Alémannievers l'an 1000. Formes du nom : Aragungeuve, Argangeuge, Argengeuve, Argungeuve, Argungoge, Argungove, en latin :

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