‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 227 sur 329 · AR(.0\IJ · texte numérisé non relu

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L'Argovie autrichienne comprenait donc doréna vaut le canlon iiri nid d'Argovie, sauf le Fricktal et le district de Zurzach, niais en j)lu.s la partie septentrionale du canton actuel de Lucerne, d'où le comté de Willisau avait été détaché au XIVe s. par hypothèque. La frontière orientale était assez mal définie, le landgia\ ial d'Argovie dépassant la Reuss et la frontière cantonale actuelle et englobant depuis le XIIIe s. un fragment de l'ancien Zurichgau, c'est-à-dire le Freiamt sur la rive droite de la Reuss, avec le Kelleramt Lunkhofen.

4. Conquête de l'Argovie 1415. Lorsque le duc Frédéric IV d'Autriche eut aidé le pape Jean XXIII à s'enfuir du concile de Constance, le roi Sigismond le mit au ban de l'empire, le 30 mars 1415, et ordonna à tous ses voisins de s'emparer des possessions du duc, qui lui aussi avait pris la fuite. Les Confédérés avaient déjà été poussés à pénétrer dans l'Argovie. Le roi réussit à gagner les hésitants et à apaiser leurs scrupules. Après s'être soigneusement garantis de tous côtés, ils pénétrèrent en Argovie le 15 avril 1415. Ils n'avaient pas à craindre de

Pillage des environs de Bremgarten parles Zuricois, d'après la chronique de Schodoler.

résistance sérieuse. Les Bernois se mirent les premiers en marche, renforcés par des troupes de Soleure et de Bienne, et s'emparèrent facilement des villes de Zofingue, Aarbourg, Aarau, Lenzbourg et Brugg, ainsi que des nombreux châteaux de la contrée. Le 17 avril, les Lucernois aussi entrèrent en campagne et s'emparèrent de la petite ville de Sursee, puis du bailliage de Saint- Michel. Ils avancèrent vers le Nord à travers les bailliages de Reichensee et de Meienberg vers Villmergen et Mellingen. Les Zuricois suivirent un jour plus tard. Ils prirent d'abord le village de Dietikon et le Freiamt (Affoltern) sur la rive droite de la Reuss; puis ils marchèrent sur Mellingen qui se rendit le 21 avril. L'armée réunie remonta alors vers Bremgarten, où les autres troupes des cantons confédérés, sauf Berne et Uri, se joignirent à elle. Sans résistance sérieuse, cette ville se rendit à des conditions favorables. L'armée entière attaqua ensuite la forteresse de Baden, et l'obligea à capituler le 17 mai, après que les Bernois eurent tiré sur le « Stein » avec leurs bombardes. Les vainqueurs emportèrent les archives de l'Autriche antérieure, qui étaient conservées dans cette ville, démolirent les murs et mirent le feu aux constructions de bois. Ainsi finit la domination autrichienne en Argovie. Entre temps, le duc Frédéric IV s'était humilié devant le roi et avait obtenu de lui qu'il ordonnerait aux Confédérés de rendre le pays conquis. Mais les Confédérés tinrent tête à la colère du roi, ayant bien vite compris qu'il avait plus à cœur de se procurer de l'argent que d'aider au duc à recouvrer ses possessions. Sigismond céda, en effet, aux Bernois leurs conquêtes contre une hypothèque de 5000 fi. et le 22 juillet 1415, le reste du pays conquis à Zurich, contre une

autre de 4500 il. ; il autorisa également les autres cantons a participer à cette opération financière. Auparavant déjà, il avait confirmé les droits et privilèges tradi- I ionnels de quelques-unes des villes conquises d'Axgovie. Ainsi ce pays n'était au point de vue juridique qu'un gage de l'empire ; mais comme les circonstances ne permettaient pas de songer à une restitution, ce paya passait définitivement aux mains des Confédi

5. Période de sujétion, 1415-1798. Tandis que le territoire occupé par les Bernois resta dès le débul leur propriété incontestée, dans les autres contrées la situation ne fut définitivement réglée qu'après de longues négociations. Zurich proposa d'abord que toutes les conquêtes lussent la propriété commune des cantons. Mais finalement le principe opposé prévalut, chacun ne devant garder que ce qu'il avait conquis seul, sans l'aide des autres, sauf quelques exceptions. Le 18 décembre 1415 Zurich accepta de partager avec les cantons de Lucerne, Schwyz, Unterwald, Zoug et Glaris le gouvernement du territoire qu'il tenait en hypothèque, et partagea avec Berne celui de Baden. Ainsi avail été créé le premier bailliage commun. Mais il y eut bientôt toutes sortes de difficultés qui ne furent réglées définitivement que dix ans plus tard. Zurich garda seul le Freiamt d'Affoltern avec le Kelleramt Lunkhofen ; Lucerne le bailliage de Saint-Michel avec Sursee; par contre Zurich, Schwyz, Unterwald et Glaris prétendirent à une part du gouvernement des bailliages de Meienberg, Richensee et Villmergen, également conquis par Lucerne seul et qui furent incorporés dans le bailliage commun des six cantons, à la suite d'une sentence arbitrale de Berne. La situation dans les bailliages communs d'Argovie était ia suivante à partir de 1450 : a) La ville et le comté de Baden appartenaient aux VIII cantons, et étaient administrés par un bailli nommé alternativement tous les deux ans par les cantons souverains ; b) Les villes de Mellingen et de Bremgarten dépendaient également depuis 1443 des VIII cantons et du bailli de Baden ; c) Le bailliage du Waggental, appelé aussi bailliages en Argovie ( Aemter im AargauJ et depuis le commencement du XVIe s. Freiamt ou bailliages libres, fut soumis jusqu'en 1532 à six cantons. Le bailli n'y résidait pas, mais se rendait dans son bailliage deux fois dans l'année et lorsque les circonstances l'exigeaient. Les Bernois n'avaient pas passé sur la rive gauche de l'Aar en 1415, sauf que le seigneur de Wildenstein avait été contraint à leur prêter hommage. Ils divisèrent le pays conquis en bailliages d'Aarbourg et de Lenzbourg. Mais les 4 « villes libres » Zofingue, Aarau, Lenzbourg et Brugg gardèrent leur autonomie communale et ne furent pas soumises aux baillis. On avait accordé aussi des privilèges spéciaux à beaucoup de domaines seigneuriaux. A l'époque de la Réformation (1528), lorsque les couvents bernois furent sécularisés, Berne fit du chapitre (Stiftschaffherei) de Zofingue (sans la ville) et de Konigsfelden, deux bailliages spéciaux et attribua à ce dernier, appelé Hofmeisteramt, en outre le Amt im Eigen. Du pays de la rive gauche de l'Aar inférieur, les Confédérés n'avaient occupé qu'une petite partie qui fut attribuée au comté de Baden, comme bailliage de Leuggern. Le reste, maintenu sous la souveraineté des ducs d'Autriche, souffrit cruellement pendant l'ancienne guerre de Zurich, parce que les Confédérés ravagèrent le pays. Plus tard, une série de seigneuries de la rive gauche de l'Aar, qui étaient fiefs des ducs, passèrent aux mains des Bernois. Ils occupèrent en 1460 Schenkenberg et en firent un bailliage propre, auquel ils ajoutèrent (1502-1503) la seigneurie récemment acquise d'Urgiz. En 1535, la maison de Biberstein avec la seigneurie de Kiingstein et en 1732 Kasteln avec Auenstein furent également acquis par Berne, qui en fit des bailliages. La maison d'Autriche n'eut finalement plus que le pays désigné aujourd'hui généralement sous le nom de Fricktal, administré depuis Ensisheim.

La Réforme fut d'abord bien accueillie en Argovie, surtout à Zofingue, et lorsque Berne adopta les idées nouvelles, l'introduction de la Réforme ne rencontra en Argovie qu'une résistance insignifiante. Dans le Freiamt et dans le comté de Baden, les cantons primitifs réussi-

Fascicule 1.

DICTIONNAIRE (HISTORIQUE l ET BIOGRAPHIQUE DE LA SUISSE

Der alamannisch-franhische Aaroau. *****+ ""/7 a ~:j..~nj /7--» . i/inn

( y compris le neneramc ae Lunnnore.

le canton d'Argovie depuis 1803.

SOLOTHU

*y$JF

iargau. , Osterreichiseher ftarqau um J400.

1 Berner /Iargau

2 Helvetischer Ht. /iargau

(westwàrts bis an die Wiqqerl

1 Gemeine fierrschaften. .

iHelvetischer Ht. Baden.

(samt Ke/leramt Lunkhofen).

isamc nenerami Luiinnoieni. ... -

Der Han ton /Iargau seit 1803. . . .

lArgovie franque-alèmane...

l'Aroovie autrichienne en 140

ni uuvic itgiiuuc oiciiigiii:

'Arqovie autrichienne en 1400.

1 Argovie bernoise..

2 le canton helvétique d'Argovie .

(à l'ouest jusqu 'à la Wiqger)

1 Bailliages communs

2 le canton helvétique de Baden.

(y compris le Kelleramt de Lunkhofen). .

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L' Argovie à travers les âges.

DHBS.

Fascicule H.

I Sâck/naen PUE/*,

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