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Bailliages communs

Les 16 bailliages communs, qui changeaient de baillis tous les deux ans, souffraient beaucoup des cérémonies si fréquentes

de l' Aufritt qui avaient généralement lieu en juin. Pour les bailliages de Baden, du Freiamt et la Thurgovie, la Diète recevait le serment du nouveau bailli, de sorte qu'une installation officielle n'eût pas été nécessaire; à Sargans, elle avait lieu huit jours après l'ouverture de la Diète par des envoyés spéciaux Le bailli entrant en charge à Frauenfeld reçut encore en 1698 et 1716 le droit de recevoir l'hospitalité pour lui, les conseillers de sa suite et 8 chevaux chez l'abbé de Wettingen. L'installation du bailli de Baden était une lourde charge pour le? cantons aussi bien que pour leurs sujets et les baillis eux-mêmes, et provoquait de nombreuses plaintes. Aussi décida-t-on. en 1729, de le nommer pour sept ans au lieu de deux. Le 8 nov. 1479, un accord fut conclu

entre les quatre cantons protecteurs Zurich, Lucerne, Schwyz et Glaris et le couvent de Saint-Gall, d'après lequel les premiers envoyaient tous les deux ans un landeshauptmann à Wil, pour les représenter auprès de l'abbé et aider ce dernier dans le gouvernement temporel de son- pays. Ce fonctionnaire était installé en mai, et à cette occasion, l'abbé lui prêtait serment de combourgeoisie, puis les sujets le Yalle. Landschaft le serment de ûdélité. Cette cérémonie fut appelée plus tard

Carton de vitrait de 1640 avec le bnilli Vinzenz Wagner arrivant à cheval dans son bailliage de Moudon. (Collection Wyss au Musée historique de Berne. i

la prestation du serment et avait lieu à Gossau aux frais de l'abbé.

Le bailli du couvent d'Engelberg, nommé par les IV YValdstàtten, protecteurs de ce dernier, eut son installation jusqu'à ce qu'en 1642 Schwyz et Unterwald proposassent de le supprimer L'abbaye fut. vraisemblablement délivrée de cette obligation à partir de ce moment. — LL. — Abschiede. — P. Kasser : Aarwangen. — Tillier. — Actes dans les diverses archives cantonales. [Az.]

AUGE. Voir Au.

AUGSBOURG (CONFESSION, INTÉRIM et PAIX D'). Les dissensions provoquées dans l'empire par l'introduction de la Réforme ont donné naissance à trois actes importants, datés d'Augsbourg, qui inté-

AUdSBUIUiKK

AUGUSTA I.AUKICOHI .M

ressent indirectement la Suisse. — I. CONFESSION d'Augsbourg, Rédigée par les théologiens luthériens

Mélanchlon, Agricola, Jonas et Spalalin, elle fut lue devant la Diète à Augsbourg le 25 juin 1530. La Confession d'Augsbourg n'a jamais été admise en Suisse ; Zwingli l'avait repoussée dans sa Fidei ratio ad Carolum imperatorem. — II. INTÉRIM d'Aui.s- BOURG. Il fut décrété à la Diète d'Augsbourg par l'empereur, en mai 1548, après la guerre de Smalkalde Rédigé par les catholiques Pflug et llelding avec la collaboration du protestant Agricola, il représente la doctrine catholique sur la justification, l'église, les sacrements, la messe, le carême, les excommunications, et concède aux protestants l'usage de la coupe de communion et le mariage des pasteurs. Il fut vivement combattu par Bullingcr et Calvin, mais, ayant été imposé aux villes de l'Allemagne du Sud, quantité d'ecclésiastiques et de laïques de ces régions se réfugièrent en Suisse. Dans le nombre nous trouvons Ambroise Blarer, Jakob Funkli, Wolfgang Musculus (Muslin), etc. — III. Paix d'Augsbourg. La paix religieuse, conclue dans cette ville en septembre 1555 ne proclama pas la liberté religieuse moderne, mais donna aux souverains le droit d'embrasser l'une des deux confessions, et les populations devaient se conformer à la foi de leurs princes (cujus regio ejus religio). Comme la paix d'Augsbourg ne comprenait pas les adhérents de Zwingli, elle contribua à relâcher les liens qui unissaient les églises protestantes de l'Allemagne aux églises réformées suisses. [E.B.]

AUGSBURGER. Famille patricienne de Berne. Voir

OUGSPURGER.

AUGSBURGER, Niklaus, de Grosshôchstetten, devint président de sa commune pendant la Révolution française, dont il partageait les idées. Le 17 décembre 1797 il réunit une assemblée de commune dans le but de demander au gouvernement pourquoi il levait des troupes. Aucune décision ne fut prise, mais Augsburger et quelques autres furent arrêtés le 22 janvier 1798 et condamnés à six ans de réclusion. Cette condamnation en fit un martyr, et Mengaud exigea son élargissement avec menaces. Relâché le 4 mars, il devint huit jours après président de la municipalité provisoire de Grosshôchstetten et le 24, député au Grand Conseil helvétique. Il appartint à ce corps jusqu'au 7 août 1800 sans y jouer un rôle important Augsburger termina sa carrière comme hôtelier de l'Ours à Konolfingen. — Voir H. Tiirler : Beitrdge zur Berner Révolutions geschichte dans Helvetia ( Monatschrift der Studenlenverbindung HelvetiaJ 1894, 240. — F. Bùhlmann : Das Landgericht Konolfingen zur Zeit des Uebergangs und der helvet- Republik, dans AHVB 1919 et JA. [H. T.]

AUGST. Voir Augusta Rauricorum, Baselaugst et Kaiseraugst.

AUGSTGAU. La première mention concernant l'Augstgau date de 752. Il s'était formé autour de l'ancienne Colonia Augusta Raurica lorsque les Alémannes se furent définitivement établis vers 450 sur la rive gauche du Rhin après la ruine de l'empire romain. Nous ne possédons pas de témoignages contemporains de l'ancien Augstgau. A cause de l'importance que l'Aar eut de tout temps comme rivière frontière, entre autres entre la Rauracie et l'Helvétie, l'on peut être certain que l'Augstgau ne doit pas son existence à une séparation d'avec l'Aargau, comme on l'a cru, mais qu'il s'est formé d'une manière indépendante. Par contre, il' s'est lui-même divisé avec le temps en Gau plus petits durant l'époque carolingienne. Les documents attestent en 835 l'existence du Sisgau, en 926 du Frickgau, en 1080 du Buchsgau. L'on a mis en doute que ce dernier ait fait partie de l'Augstgau; à notre avis c'est à tort et cela en considération de sa dépendance du diocèse de Bâle et de l'habituelle coïncidence des frontières des diocèses avec celles des anciens Gau. L'étendue de l'Augstgau peut être déterminée grâce aux descriptions postérieures des Gau qui en résultèrent. Sa forme était celle d'un triangle limité à l'Ouest par la Birse, la Lucelle et la Siggern, au Sud-Est par l'Aar et au Nord par le Rhin. On ne peut admettre à notre avis que l'Augstgau se soit étendu à l'Ouest jusqu'au Birsig. Le document d'Henri II, de

1004, sur lequel repose cette hypothèse, concerne la Hardi d'Alsace (in Al satin saltusj. Deux descriptions de la frontière, «lu Xl\ • s., font passer celle-ci par la Birse aussi bien pour le Sisgau que pour le landgraviat de

IOO lOOl

L'Augstgau au VIII* siècle et ses subdivisions : le Sisgau,

le Frickgau et le Buchsgau depuis l'an 1000 environ.

(D'après Merz : Burgen des Sisgaus).

Haute-Alsace. Quand les Francs eurent rejeté les Alémannes vers la fin du Ve s., ils introduisirent dans le pays conquis leur organisation en comtés, en plaçant à la tête de chaque Gau un comte, juge et administrateur royal, dont la charge devint avec le temps héréditaire. Il y a de fortes raisons de croire que les comtes de Homberg furent les successeurs des anciens comtes de l'Augstgau. La division de l'ancien Gau aurait eu pour conséquence celle de la première famille comtale en plusieurs branches. Celle qui avait son siège à Homberg aurait possédé le Sisgau et le Frickgau, celle de Froburg le Buchsgau. — Voir A. Heusler : Verfassungsgeschichte der Stadt Basel im Mittelalter. — A. Burckhardt-Finsler : Die Gauverhàltnisse im alten Bistum Basel dans BVG Bas. XI. — Th. Burckhardt-Biedermann : Die Kolonie Augusta Raurica. — Le même : Gaukarte dans QSG III. — Merz : Sisgau IV. [Cari Roth.]

AUGST-WYHLEN, usine électrique de 15 à 20000 HP construite de 1908 à 1912 par Bâle-ville sur la rive gauche du Rhin en aval de l'embouchure de l'Ergolz. Elle utilise la chute du fleuve entre Baselaugst et Rheinfelden, en commun avec l'usine de Wyhlen édifiée à la même époque parles usines de transmissions de Rheinfelden et fournit l'énergie électrique à Bâle-ville et à Bâle-campagne. [C. Roth.]

AUGUSTA, de (d'Aosta). Ces seigneurs étaient une branche des vicomtes d'Aoste (Italie); ils acquirent des biens importants notamment à Naters où ils sont mentionnés pour la première fois en 1249. Leur résidence était la tour près du cimetière actuel, et qui passa plus tard par héritage aux d'Ornavas. Entre 1249 et 1275, ils ont possédé le vidomnat de Naters.

— 1. Guillaume chevalier, 1249-1256. — 2. Normand, fils du n° 1, paraît du 15 janvier au 6 mai 1285 comme chancelier et chantre du chapitre cathédral de Sion. — 3. Pierre IRr, fils du n° 1, 1249-1275 chevalier et vidomne de Naters. — 4. Pierre II, fils du n° 3, vidomne de Naters. Pour raison d'inceste, puis de félonie envers son suzerain, l'évêque Boniface de Challant, il fut emprisonné et en 1312 privé de son fief. — Voir BWG II.

— Imesch: Gesch. von Naters. [D.I.] AUGUSTA RAURICORUM ou RAURICA (CO- LONIA). I. Histoire. En 43 avant notre ère, Munatius Plancus, nommé par César, quelque temps avant sa mort, au poste de gouverneur de la Gaule nouvellement conquise, fonda deux colonies : celle de Lugdunum (Lyon) et celle de Raurica (Baselaugst). Cette dernière s'élevait sur le territoire d'un petit peuple celtique de 23 000 âmes, les Raurici ou Rauraci établis entre le Rhin et le Jura. Quelques années plus tard, la nouvelle colonie reçut d'Auguste le nom d' Augusta Rauricorum,

AUGUSTA RAURICOKUM

AUGUSTA KALRICORUM

lors d'une réorganisation entreprise par ordre de L'empereur.

Nous ignorons tout de l'histoire de cette colonie : les inscriptions, rares et fragmentaires, ne nous fournissent

Stadtmauer 1 Mur d'enceinte Tempel mit PorttkusZ Temple avec portique

brosser Tempe/ 3 Grand Temple

Theater 4- Théâtre

Baser 5 Sains

Haus mttMosaîk 6 Maison avec mosaïque

Thurm 7 Tour

Bruchenfiopf & Tête de pont

Plan de situation d'Augusta Rauricorum (Baselaugst) et de Castrum Rauracense (Kaisevaugst).

que l'indication de quelques magistratures et fonctions religieuses. Il est probable que, comme ceux de Lugdunum, ses habitants jouirent du droit de cité romain ; les nouveaux citoyens furent inscrits dans la tribu Quirina. Mais nous ne pouvons dire avec certitude si la colonie comprenait tout le territoire des Raurici, ou seulement celui de la ville. Cette dernière hypothèse est cependant la plus vraisemblable.

Nous ignorons aussi si des troupes y furent cantonnées, tout ce que nous savons, c'est que, vers la fin du Ier s.; sous Vespasien ou ses successeurs, quelques détachements des légions I Adjutrix et VII Gemina Félix, établies à Mayence, y séjournèrent, sans doute dans le but d'effectuer quelques grands travaux d'édilité.

Durant près de trois siècles, la ville se développa en paix. On admet qu'au temps de sa prospérité, elle devait compter 30 à 40 000 âmes: mais ce chiffre est des plus hypothétiques, basé seulement sur le nombre de places que devait contenir le théâtre.

Augusta fut détruite une première fois lors de la grande invasion germanique de 260 ; elle se releva cependant de ses ruines sans retrouver toutefois son ancienne prospérité.

Vers 300, Dioclétien, ayant fortifié la ligne du Rhin, éleva une forteresse sur le bord du fleuve, le Castrum Rauracense (Kaiseraugst), destiné à protéger les habitants contre les hordes d'outre-Rhin, et en 370 Valentinien compléta ce système de fortifications. Néanmoins au début du Ve s., les Romains furent contraints d'abandonner la région aux Alémannes. Une de leurs bandes s'établit dans les ruines de la colonie. Leur principal cimetière se trouvait sur un plateau à l'Est du castrum ; il comptait plus de 1300 sépultures; la plupart sont construites avec des matériaux empruntés aux ruines de la ville voisine.

Très lût déjà, les ruines d'Augusta attirèrent l'attention des savants, et en 1544, Sébastien Munster en donna la première description dans sa Cosmographie. Le chroniqueur et commerçant bâlois, Andréas Ryff, fit faire des fouilles au théâtre et au Castel de 1582 à 1586, et en 1590-Basilius Amerbach publia une dissertation illustrée sur Augst. Pour empêcher des fouilles clandestines, le gouvernement de Bâle interdit en 1700 de faire des recherches dans les ruines d'Augusta Raurica. Cet état de choses dura jusqu'à la reprise des travaux, en 1850. Depuis 1877 la Société des antiquaires de Bâle a entrepris de nouvelles fouilles, mais elle dispose de ressources insuffisantes pour les mener à chef.

Th. Burckhardt-Biedermann : Die Kolonie Augusta Raurica, ihre Verfassung u. ihr Territorium, Basel 1910.

II. Topographie. Nous n'avons que des renseignements assez sommaires sur la topographie de la ville. La ville paraît avoir été entourée d'un mur d'enceinte dont on ne connaît pas encore exactement tout le tracé et qui peut-être même ne fut jamais construit en entier. Le plateau sur lequel s'élevait la colonie se termine au Nord près du confluent de l'Ergolz et du Violenbach par un promontoire élevé qui porte le nom de Castelen. On a voulu y voir la citadelle de la colonie, car suivant d'anciens rapports, il aurait été séparé de la ville par un double fossé aujourd'hui comblé. Il est possible que ce point, d'où l'on domine toute la vallée, ait été fortifié à l'origine, mais il est certain que de bonne heure il perdit son caractère militaire et se couvrit d'habitations : on y a en effet trouvé les ruines de plusieurs demeures, entre autres d'une maison avec hypocaustes et planchers en mosaïques. En arrière du Castelen s'élevaient les deux plus importants monuments de la cité, ceux dont les ruines attirent plus spécialement l'attention des visiteurs.

Situé dans un pli de terrain, le théâtre étale la masse imposante de ses murailles sur un front de 162 m. et sur plus de 20 m. d'élévation. La partie réservée au public (la cavea), formait un demi-cercle soutenu par de puissants massifs de maçonnerie sur lesquels s'étageaient les gradins couronnés par une galerie couverte. Des bâtiments de la scène, il ne reste que deux couloirs latéraux, limités par des murs de 3 m. d'épaisseur. Ce théâtre n'est pas le premier élevé en ce lieu : les fouilles ont mis à découvert les restes d'un théâtre plus ancien,

jber reste derl. Période I

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Plan du théâtre romain d'Augst. D'après le DGS I, 103.

et de dimensions moins imposantes, qui avait lui-même cédé la place à un amphithéâtre dont une partie des gradins a dû être de bois. Le plan de ces deux édifices est encore très nettement reconnaissable sur le sol.

En face du théâtre s'élevait un temple dont il ne reste que le soubassement recouvert de buissons. Des fouilles

AI GUSTA RAl'HICOItl M

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