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ses mur- il h XVIIe s., augmenta rapidement .Afin de pouvoir donner plus facilemenl satisfaction aux besoins les plus urgents de la ville, Le Grand Conseil décida. Le 24 janvier L859, de charger L'Etal des travaux public- qui incombaient encore à La \ ille, ;'i l'exception des fontaines, moyennant une subvention annuelle de La ville de 150 000 fr. Une loi sur l'extension de la ville, du 27 juin L859, autorisa le remplissage des fossés, 1 aménagement de nouvelles voies d'accès, et la démolit mu totale ou partielle des murs et des remparts. La démolition des murs commença en 1861 entre la porte Saint-Alban el le Frôschenboliwerk (Schûtzenmattstrasse) ; les autres murailles disparurent dans les années suivantes II ne subsista que trois portes : celles de Saint-Alban, de Saint- Jean et du Spalen. Les remparts et les fossés firent place à de belles promenades. Bâle-Campagne, se basant sur le traité de séparation, émit des prétentions sur le produit de la vente des terrains des fortifications. La ville n'admettant pas cette réclamation, il s'ensuivit un long procès, le Schanzenprozess, qui prit fin par un accord ratifié les 2 mars-20 avril
D'autres institutions désuètes furent également supprimées. Déjà en 1833, la milice de Bâle dut être licenciée sur un ordre de la Confédération. Mais tôt après une nouvelle milice, la Slandestruppe, forte de 201 hommes, fut reconstituée avec une partie de l'ancienne et placée sous les ordres du lieutenant-colonel Joh. Burckhardt. Elle avait en particidier à faire le service de police. Elle jouissait de peu dç, considération dans la population et fut supprimée en 1856 ; ses attributions furent remises à un corps de police mieux organisé.
Le brillant essor du commerce et de l'industrie et partant l'accroissement et l'extension de la ville furent interrompus quelquefois par des événements extérieurs. En 1855 une épidémie de choléra fit de nombreuses victimes. Puis vint l'affaire de Neuchâtel ; la ville fut occupée par les troupes fédérales du 26 décembre 1856 au 2 février 1857. Un chômage prolongé dans l'industrie bâloise de la soie, causé par la guerre de sécession en Amérique, provoqua l'émigration de nombreux rubanniers. Mais la plus grande perturbation fut apportée par la guerre franco-allemande de 1870-1871. Les fréquents arrêts du trafic sur les lignes de chemins de fer, françaises ou allemandes, débouchant à Bâle, ne faisaient pas seulement obstacle au commerce en général, mais rendaient plus difficile le ravitaillement de la ville en denrées alimentaires et en combustible. Le passage de nombreux Allemands chassés du midi et du centre de la France, l'immigration en masse des habitants de Strasbourg, l'arrivée de milliers de blessés français à peine guéris et enfin l'internement à Bâle d'une partie de l'armée de Bourbaki, tout cela causa une pénurie de logements très sensible. Mais le commerce et l'industrie débarrassés de la concurrence de Saint-Etienne et, pendant plusieurs mois du cordon douanier à la frontière de la haute Alsace refleurirent bientôt. La conclusion de la paix fut suivie d'une nouvelle immigration assezimportante, composée surtout d'Alsaciens fortunés.
Les modifications qui se produisirent peu à peu dans la composition de la population eurent pour résultat de renforcer le parti radical. Dès 1850 il eut pour chef, à côté de Karl Brenner, Wilhelm Klein, qui en 1863 fut élu au Conseil national et en 1867, avec Nikolaus Halter et Samuel .Bachofen, au Petit Conseil. Le premier grand succès du parti radical fut obtenu sur le terrain religieux. Le point de départ du mouvement de réforme de l'église fut l'entrée en scène de Johann-'NYilhelm Rumpf, dont le nom fut biffé, le 26 mai 1857, de la liste des pasteurs candidats à cause de ses opinions anticléricales. Le conilit provoqua la fondation d'une Société pour la réforme de l'église qui, en 1873, obtint une modification de la liturgie du baptême. La loi du 5 janvier 1874 sur l'organisation de l'église nationale évangélique tint compte des vœux des radicaux.
9. De 1875 A 1921. Le parti radical arriva à ses fins politiques par suite de l'entrée en vigueur de la Constitution fédérale du 29 mai 1874. Celle-ci assure l'égalité des droits aux habitants suisses comme aux ressortis-
sants du canton, non seulemenl en matière cantonale, mais aussi en matière communale, à L'exception des affaires puremenl bourgeoises; elle accorde également la liberté complète d'industrie. La Constitution bâloise de I «'(7. revisée en 1 858, «lut et re mise en harmonie .i\ ec la nouvelle Constitution fédérale. De profondes modifications y fuient apportées touchant le système électoral, la formation du gouvernement et La participation du peuplg ;'i la direction de- affaires de l'Etat. Pour l'élection du Grand Conseil, on adopta Le vote direct et secn t, pai quartiers, et au lieu du renouvellement partiel un renouvellement total. Les deux bourgmestres, le Petit Conseil de 15 membres et les divers collèges gouvernementaux furent remplacés par un Conseil d'Etat de sept membres, responsables de leurs département-. Les droits populaires furent étendus par l'introduction du référendum et du droit d'initiative. La nouvelle constitution fui adoptée par le peuple le 9 mai 1875. En vertu de celle-ci, ce qui subsistait de l'administration communale passa, le 1er octobre 1876 à L'Etat ; seules les trois communes rurales conservèrent encore provisoirement leur propre administration. La commune d'habitant s prévue parla Constitution fédérale ne fut pas instituée, mais les autorités de la ville remirent leurs compétences en matière municipale à l'Etat pour ne plus conserver que les attributions d'une commune bourgeoise. En conséquence, un Grand Conseil de bourgeoisie fut institué le 9 octobre 1876. La séparation de la fortune de la bourgeoisie d'avec celle de l'Etat fut réglée par un accord le 6 juin 1876.
L'élection du Grand Conseil, le 30 mai 1875, faite sur les bases de la nouvelle constitution, donna pour la première fois une majorité radicale et une représentation correspondante au Conseil d'Etat. Le parti radical conserva dès lors la majorité sauf dans la période 1878-1881. Avec l'appui des conservateurs, il a apporté d'importantes réformes et améliorations : gratuité de renseignement et du matériel scolaire, corrections de rues et canalisations d'eau, installations de bains publics, d'une policlinique générale, d'une caisse cantonale de maladie, réforme de l'impôt progressif. La loi du 19 juin 1902 ouvrit largement les portes de la bourgeoisie, mais elle eut peu de succès auprès des étrangers domiciliés à Bâle ; jusqu'en 1914, un petit nombre d'entre eux seulement avait profité des nouvelles facilités d'acquérir la bourgeoisie.
Vers 1870, le parti socialiste, recruté uniquement dans la classe ouvrière, entra en scène aux côtés du parti radical ; il commença à prendre un peu d'importance dans les années 1880. En 1885, un candidat socialiste fut admis pour la première fois sur la liste radicale lors de l'élection du Grand Conseil, mais sans succès. L'année suivante, une élection partielle permit à un représentant ouvrier de prendre place dans celte autorité. L'Union ouvrière, fondée le 29 avril 1886, eut tout d'abord un programme limité : encouragement à former des syndicats professionnels et création d'un journal ouvrier. Danslasuite, le parti socialiste s'efforça principalement de mettre fin au régime dit patriarcal, en enlevant à l'initiative privée et à la bonne volonté des patrons, pour le remettre aux mains de l'Etat et des grandes associations ouvrières, le soin de pourvoir aux besoins intellectuels et matériels des ouvriers. Son programme portait encore : extension de la protection légale à toutes les catégories de travailleurs ; lutte contre le chômage ; prise en considération des intérêts des ouvriers dans les soumissions ; création d'un office permanent de conciliation ; institution de comités d'employés et d'ouvriers ; création d'asiles de vieillards ; augmentation de la propriété foncière de l'Etat afin de lutter contre la spéculation sur les terrains ; construction de logements à bon marché.
Les droits populaires furent encore étendus : La loi du 3 mars 1890 remit au peuple la nomination directe du Conseil d'Etat et du député au Conseil des Etats, jusqu'alors élus par le Grand Conseil. Le 10 mai 1891 une initiative demandant l'élection des juges par le peuple fut acceptée. Une première initiative concernant l'introduction du système proportionnel pour la nomination du Grand Conseil fut re-
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poussée les 22-23 novembre 1890 ; une deuxième aboutit les 25-26 février 1905. Le système proportionnel n'a pas encore été appliqué à l'élection du Conseil d'Etat.
A la suite de la forte augmentation de la population catholique, un parti catholique populaire put être créé. Les catholiques se plaignaient avec raison du traitement dont leur école avait été l'objet dans les années 1883-1884. Sur la proposition de la majorité du gouvernement, le Grand Conseil avait décidé, le 22 janvier 1883, la suppression de cette école ; le 5 février 1884, il adopta par 66 voix contre 50 une loi excluant de l'enseignement tout membre d'un ordre religieux ou d'une congrégation, c'est-à-dire la presque totalité du corps enseignant de l'école catholique. Cette loi fut confirmée par le peuple le 24 février suivant. La loi d'organisation de l'église catholique nationale ne s'appliquait qu'aux catholiques-chrétiens:les catholiques romains, n'ayant pas voulu se soumettre à ses dispositions, avaient préféré se constituer en communauté libre. L'Etat subvenait aux frais des cultes protestant et catholique-chrétien, tandis que l'église catholique romaine n'avait que les contributions de ses adhérents. En 19061e Conseil d'Etat fut invité par le parti socialiste à présenter un rapport sur la question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La votation eut lieu les 5-6 mars 1910 ; la séparation fut acceptée par 7413 voix contre 1036. Une loi, du 9 février 1911, règle la haute surveillance de l'Etat sur les églises officielles. Les églises protestante et catholique chrétienne reçurent chacune une nouvelle constitution, adoptées en votations populaires en décembre 1910 et février 1911. La communauté catholique romaine reste une institution privée.
L'introduction de la représentation proportionnelle et la réduction des circonscriptions électorales de 9 à 3 (loi du 27 novembre 1913) modifièrent toujours davantage la composition du Grand Conseil. Le parti socialiste progressa tout particulièrement ; de 43 représentants en 1908, il passa à 67 (avec les Grutléens) sur 130 sièges, en 1920. Les radicaux et les libéraux perdirent du terrain au profit des partis catholique et bourgeoisprogressiste ; les premiers tombèrent de 40 (1908) à 18 (1920), et les seconds de 25 (1908) à 17 (1921). En vue de défendre l'organisation sociale actuelle, les partis non socialistes se sont groupés, à l'occasion des grèves de novembre 1918 et août 1919, en un bloc national. En 1921 une divergence d'opinions au sujet de la révolution russe s'est manifestée dans le parti socialiste, aboutissant à une scission entre socialistes démocrates et communistes.
De grandes simplifications furent apportées dans l'administration de l'État : les territoires des communes de Riehen et de Bettingen furent incorporés au domaine de l'État (11 mai 1891) ; l'administration de la municipalité de Petit-Huningue, fut remise aux autorités du canton (21 avril 1892). Cette localité fusionna avec la ville de Bâle le 10 octobre 1907. Bâle ne peut songer, comme d'autres grandes villes, à absorber les localités voisines, parce qu'elles appartiennent soit à Bàle- Campagne, soit à l'Allemagne ou à la France. Les difficultés résultant de cet état de choses sont nombreuses et ne feront que grandir à l'avenir. Elles ont, entre autres, ramené sur le tapis l'idée d'une fusion avec Bâle- Campagne. En attendant, des conventions sur quelques points spéciaux ont été passés avec ces communes. Ainsi Binningen est alimenté d'eau par la ville depuis 1896. et dès 1902 rattaché à son réseau de canalisation ; en 19 10 Birsfelden, Allschwil, Bottmingen et Oberwil furent reliés au service du gaz de Bâle. L'énergie électrique nécessaire à la ville est fournie par une usine construite sur le Rhin près d'Augst. Les tramways de Aesch, de la vallée du Birsig, de Dornach et Muttenz, utilisent les ligues et les installations appartenant à la ville. Les tramways bàlois passent la frontière jusqu'à Saint-Louis et Huningue en Alsace, et Lorrach dans le pays de Bade.
L'accroissement de la ville repose sur la prospérité du commerce et de l'industrie. Celle-ci subit (les al l eintes sensibles pendant la guerre européenne. La ville eut à souffrir plus qu'en lisTlt. et plus qu'aucune autre cité suisse. Les maux de 1870 se répétèrent, mais consi-
dérablement, grossis. Il est vrai que quelques industries bénéficièrent de l'absence de concurrence, mais cela ne compensa pas les pertes occasionnées par le ralentissement des affaires et la dépréciation des valeurs allemandes. La navigation naissante sur le Rhin reçut un coup sensible du fait de l'interruption du trafic pendant la guerre et le traité de Versailles a remis son avenir en question. Mais Bâle ne s'est pas découragée et pendant la guerre encore, elle a su donner une forte impulsion à la vie économique en instituant la foire annuelle d'échantillons. — Population : Canton: 1775, 17 537 (ville 15 720, com. rurales 1817); 1815: 18 357 (ville 16 674, com. 1683); 1850, 29 555 (ville 27 170, com. 2385); 1880, 64207 (ville 60500, com. 3657); 1900, 112 227 (ville 109 161, com 3066); 1910, 135 918, (ville 132 276, com. 3642); 1920, 140 708 (ville 135980, com. 4728), dont 102 200 Suisses et 38 344 étrangers. — Voir pour l'époque depuis 1779, les publications sur les recensements.
Bibliographie : Rud. Hotz : Basels Lage und ihr Einfluss auf die Entwicklung... der Stadt (progr. du gymnase de Bâle 1894). — Alb. Burckhardt : Gesch. der Stadt Basel, dans Die Stadt Basel und ihre Umgebung. — R. Wackernagel : Gesch. derStadt Basel. — A. Heusler : Gesch. der Stadt Basel. — Festschrift z. 400. Jahrestage des ewigen Blindes zwischen Basel und den Eidgenossen. — Neujahrsblatt, (publ. par la Soc. d'utilité publique, spécialement: W. Vischer : Basel in der Zeit der Restauration 1814-1830. — • Aug. Bernoulli: Basel in den Dreissigerwirren. — Paul Burckhardt : Gesch. der Stadt Basel von der Trennung... 1833-1848.) Karl Weber : Die Révolution im Kanton Basel 1830-1833. — Alfred Wieland : Die militàrischen Massnahmen von Basel-Stadt in den Dreissigerwirren des 19. Jahrh. — Karl Meyer : Die Stadt Basel von 1848-1858, dans BJ 1906 et 1908. — R. Wackernagel: Denkschrift z.Feier der Enthùllung des Strassb. Denkmals. — Fritz Baur : Vor 25 Jahren{1870-1871], dans BJ 1896. — Adolf Im Ilof : Verfassung und Verwaltung der Stadt Basel, dans Schriften des Vereins f. Sozialpolitik 121. — Eugen Wullschleger : Die Stadt Basel. — Eug. Wullschleger : Aus der Geschichte der Arbeiterbewegun g in Basel. — Fried. Speiser : Staatl. Neuordnung des Verhdltnisses von Kirche und Staatin... Genf und Basel, dans Archiv fur Kalh. Kirchenrecht 93. ■ — ■ Heinr. Reese : Die bauliche Entwicklung Basels 1851-1897 . — Beitràge zur valerlàndischen Geschichte 1839-1901. — Basler Zeitschr.f. Gesch. u. Altertumskunde. — BJ 1879 ss. — Ratschlàge der Regierung an den Grossen Rat. — O.-H. Jenny: Die Bevôlkerungdes Kts. Basel-Stadtam 1. XII. 1910 (Mitt. des Statist. Amtes). — Alb. Burckhardt : Démographie und Epidemiologie der Stadt Basel. [G. Binz.]
IV. Armoiries. L'évèque de Bâle portait d'argent à la crosse de gueules; la ville adopta cette armoirie au
XIVe s. mais avec la crosse de sable.
En 1512 le pape Jules II concéda à Bâle une crosse d'or qui fut portée jusqu'à la Réformation. Le sceau de la ville paraît dès 1256; il représentait le chœur de la cathédrale avec les deux tours qui tombèrent lors du tremblement de terre. En 1778, le graveur Samson en exécuta un autre aux armes de la ville; sous la République helvétique, le sceau portait Tell et son fils. En 1904 un nouveau sceau fut gravé aux armes de la ville. Le sceau secret représentait dès 1367 le couronnement de la Vierge Marie. [E.-A. St.]
V. Bourgmestre et Oberstzunftmeister. Dès que l'évèque de Bâle eut, comme suzerain de la ville, vers le milieu du XIIIe s., conféré à la bourgeoisie, par la charte de franchises, le droit de former des corporations on vit apparaître à leur tête un bourgmestre. Jusqu'au premier tiers du XVIe s., il fut désigné par l'évèque lui-même (par l'intermédiaire de son représentant) ; il devait avoir rang de chevalier et était choisi presque exclusivement parmi les ministériaux de l'évêché. Le premier bourgmestre, choisi au sein des corporations, et qui n'était donc, pas chevalier, fut Jakob Meyer zum Hasen ; toutefois, c'est encore