Littéhatuhk. Le goût delà poésie parail a voir existé
à Bâle Iri-s anciennement . Lus noms des héros et les reproductions <le scènes tirées des légendes héroïques, <|in se trouvent dans le chœur et dans la crypte de la cathédrale, en l'ont foi A l'époque des Minnesânger on rencontre entre autres Walther von Klingen, le fondateur du couvent de Klingenlhal. Le premier poète impoli.mt est Konrad von Wilrzburg, f 1:287 ; parmi ses (Biivres, les légendes d'Alexius, de Sylvester el dePantali'on ont été composées à l'instigation de méeènes bàlois liant, placés. Il a habile longtemps la Spiegelgasse, actuellement Auguslinergasse. Le coloris et le ton de ses brillants tableaux de la vie des chevaliers ont probablement été empruntés à la vie de Bâle au temps de l'empereur Rodolphe. Jusqu'à la Réformation on ne voit plus à Bàle de poète de quelque importance. Le premier littérateur de renom au début des temps nouveaux est Sébastian Bru ni, f 1521 ;son Narrenschiff parut à Bâle en 1494. Cet auteur satirique, venu de Strasbourg, a vécu près de 30 ans à Bâle où il entretint des relations avec les humanistes les plus célèbres. On peut citer après lui Pamphilus Gengenbach, imprimeur et auteur dramatique de l'époque de la Réformation ; il était originaire de Nuremberg et fut le seul lien entre Bàle et les Meistersinger. L'auteur satirique Valentin Bolz, f 1560, de Rufach (Alsace), était prédicateur à l'église de l'Hôpilal et à celle des Gordeliers. Ses pièces nous font connaître la civilisation de Bàle à cette époque Le Gliick- Inft Schiff de Joh. Fischart est rempli d'allusions à la région des environs de Bâle et à des faits locaux. La guerre de Trente ans inaugure une époque de silence et de stérilité qui dura presque sans interruption jusqu'au XVIIIe s. où l'on peut citer le professeur J. Spreng (1699-1768) qui fut couronné comme poète par l'empereur Charles VI pour ses brillantes traductions d\'.< psaumes. Son liiotikon Riuracum est son œuvre maîtresse. Le jeune Pierre Ochs (1752-1821) fit bientôt oublier ses poésies de jeunesse par son histoire de Bâle, Ce n'est qu'au XIXe s. que Bàle eut ses propres poètes. J -P. Hebel fraya une nouvelle voie en faisant usage du dialecte indigène. Le développement intellectuel fut favorisé bientôt par une renaissance de la vie scolaire et universitaire, par la poésie classique d'Allemagne, par la création d'un théâtre permanent et surtout par les travaux de Wilhelm Wackernagei, germaniste et premier professeur de littérature ma lerne. Philippe Hindermann, instituteur primaire, se fit le poète chroniqueur plein d'humour de son lieu d'origine, le Petit-Bâle. Le poète lyrique, K.-R. Hiqenbinh occupe un rang plus élevé. Bilth. Rober composa des tableaux historiques. Avec Wackernagei, qui appartient à la littérature de l'Allemagne, on voit se former une véritable école de poètes bâlois. Th. Meyer-Merian, Jonas Breitenstein et Fr. Oser lui doivent beaucoup. En premier lieu il faut citer Jacob Burckhardt, le plus grand historien et historien de l'art, de Bàle, qui a publié deux petits volumes de poésies lyriques. Jicob Mïhly a publié des ouvrages en dialecte et en haut allemand. Les ouvrages de Th. Meyer-Merian (1818-1887) sont fortement influencés par Jérémias Gotthelf ; il excelle surtout dans l'idylle et dans de courts morceaux épiques, peintre hors ligne de scènes de la vie bàloise Jonis Breitenstein, pasteur à Binningen, est, de tous les poètes bâlois, celui qui a le plus de chaleur et de sentiment. Cependant quant au succès, ils sont tous surpassés par Fr. Oser, pasteur-chansonnier, le préféré de tous les compositeurs de chœurs pour voix d'hommes et de chœurs mixtes. A côté de lui on peut citer les poètes lyriques et dramatiques Immanuel Stockmeyer, Jacob Probst et Amolli von Salis. Un élément épique s'introduit dans la littérature bàloise avec trois noms féminins : Selma (pseudonyme d'une Bàloise), Emma Kron (Mme C Brenner), et Elis. Hetzel-Hetzel qui cultiva le roman historique local. Tous ces auteurs furent influencés par Goethe et Hebel. C'est le cas aussi pour R. Kelterborn qui publia des pièces bouffonnes de couleur locale et une idylle. Cette prédilection pour la poésie idyllique s'explique par le caractère bâlois qui est en général contemplatif. On a tenté de donner un aperçu de l'activité des poètes bàlois dans une collection de poésies lyriques, la
Basilea poetica (parue pour la première fois en 1874).
Le développement général de la ville donna naissance à un nouvel essor littéraire favorisé par les représentations théâtrales, la vie scientifique, un commerce de librairie florissant et de fécondes relations avec l'étranger. Dans le cours des vingt ou trente dernières années, nous voyons surgir un grand nombre de poètes de talent. Rudolf Wackernagei, l'historien de la ville, * en 1855, montre qu'il a hérité du talent de son père en composant des festivals. C.-A. Bernoulli, * 1868, ouvre la série des écrivains plus jeunes ; il cultive à la fois les genres dramatique et épique et le roman. Jacob Schaffner, * 1878, Hermann Kurz, * 1880 et Félix Môschlin, * 1882, ont écrit des romans locaux. Parmi les contemporains, on peut encore citer: Albert Gessler, Emile Beurmann, le peintre, Alrred Sarasin, Emanuel Stackelberger, Hud. Schwarz, Rulh Waldstàlter, Paul Kaegi, Fritz Liebrich, Theobald Bœrwart, Willy Schalch, Franziska Stœcklin, Paul Siegfried et avant tout Dominik Millier, l'écrivain satirique bâlois par excellence. La Société d'utilité publique et la Société Quodlibet travaillent actuellement à répandre la culture littéraire. — Voir pour plus de détails les articles consacrés aux noms ci-dessus. [ Ernst Jenny.]
6. Musique Les plus anciens renseignements sur la musique à Bàle concernent l'exercice du chant sacré par le clergé, les œuvres chorales du couvent des dominicains et des chartreux, l'introduction de l'orgue à la cathédrale (Pentecôte 1303). Plus tard sont mentionnés des constructeurs d'orgues, ainsi Hans Tugi ; puis les fifres de la ville, petit orchestre d'instruments à vent subventionné par le Conseil, chargé de fournir les hérauts, de jouer à ses banquets et de donner des sérénades, l'été, sur le pont du Rhin. Ces fifres furent dans la suite des musiciens employés comme Turmblâser jusque dans le XVIIIe s. — Au XVIe s., la musique fit son apparition dans les grands spectacles populaires et dans des réunions privées, chez Félix Platter, Bon. Amerbach, Ludwig Iselin. (Partitions à la bibliothèque publique.) Le chant protestant se développa ; Samuel Mareschall, organiste de la cathédrale, publia un recueil de cantiques. Au XVIIIe s. apparurent les concerts privés. Un Collegium musicum organisa des concerts pour ses membres et ses invités, dans lesquels chantaient des cantatrices italiennes ; un orchestre d'amateurs et de professionnels y joua les nouvelles symphonies. Les directeurs furent Pfaff, Dômrnelin, Kachel, etc. La musique instrumentale était aussi appréciée dans la vie privée. Lukas Sarasin, à la «Maison Bleue», possédait des collections d'instruments et d'oeuvres musicales et donnait des concerts dans sa salle de concert. Au XIXe s. les amateurs furent peu à peu remplacés dans l'orchestre par des professionnels La société des concerts, plus tard Allgemeine Musikgesellschaft, donna au casino, et dès 1876 à la salle de musique, des concerts d'abonnement, aujourd'hui accessibles à chacun. Les directeurs furent : Tollmann, Wassermann, Reiter, Volkland, Suter. Les trois derniers dirigèrent aussi le Gesangvsrein fondé en 1824 et la Liederlafel fondée 1852. Des auditions régulières de musique de chambre eurent aussi lieu et des chœurs d'hommes furent constitués ; le plus ancien est le Basler Mdnnerchor (1825). Les exécutions des œuvres de Bach ou Beethoven à la cathédrale sont réputées. (Première exécution de la Passion de saint Jean '1861 ; Jubilé de Beethoven 1894.) Il faut mentionner encore le chœur populaire de la société d'utilité publique, très nombreux, ainsi que le Bachchor qui exécute des cantates à la cathédrale. De grandes fêtes musicales eurent lieu en 1820, 1840, 1860 (Société suisse de musique), 1852, 1875, 1893 (Fête fédérale de chant), 1903 (AUgemeiner Deutscher Musikverein), 1917 (Société des musiciens suisses).
L'opéra (théâtre de la ville) n'acquit que tardivement une réelle valeur, le système du fermage usité jusqu'à la fin du XIXe s. s'y opposant. Sous la direction du maître de chapelle Gottfried Becker, les exécutions sont devenues irréprochables.
L'école de musique, fondée en 1867 par J.-J. Schàublin, et le conservatoire (1905), autrefois dirigé par S Bagge, ont surtout été développés par Hans Huber.
BALE
(organisation militaire)
BALE
directeur de 1896 à 1918 ; puis par son successeur, Hermann Suter et depuis l'automne 1921, par Willy Rehberg. L'école comptait 1256 élèves en 1920, elle réunit tout l'enseignement musical et théâtral. Il existe, en outre, nombre d'écoles de musique privées.
L'Université possède une chaire de musique (prof. Nef) ; cette branche ligure aussi au programme de l'université populaire.
Les principaux compositeurs bâlois sont Hans Huber et Hermann Suter ; au XIXe s., Auguste Walter. — Voir K. Nef : Die Musik in Basel. — W. Merian : Basels Musikleben im 19. Jahrh. ; Gedenlischrift der Allgemeinen Musikschule. — Bernoulli, dans Schweizerische Musikzeitung, 1905. — Riggenbach et Wôlftlin, dans Basler Beilrdge, vol. 7 et 9. — Meyer, Probst, Refardt, dans BJ 1884, 1890, 1905, 1920, 1921. — Publications jubilaires du Mànnerchor, delà Liedertafel et du Gesangverein. [E. Refardt.]
7. Organisation militaire. A Bâle, comme dans d'autres villes, le service militaire reposait au moyen âge essentiellement sur la bourgeoisie. Les unités de troupes étaient formées parles quinze corporations et la Chambre haute ( Hohe Stube), collège des chevaliers et Achtburger, auxquelles vinrent s'ajouter en 1392 les trois sociétés du Petit-Bàle. Jusqu'à la suppression de la Chambre haute en 1515, celle-ci fournissait la cavalerie tandis que l'infanterie était recrutée dans les corporations, auxquelles incombait aussi le service de garde dans la ville. L'obligation de porter les armes commençait à 14 ans révolus; au XVIe siècle à 16 ans. Dans les expéditions, les quinze corporations étaient divisées en quatre corps, bannières, auxquels s'ajoutèrent dès 1392 les trois bannières de la bourgeoisie du Petit-Bàle. Dans chacun de ces corps, les corporations et sociétés conservaient leurs emblèmes particuliers tandis que l'emblème général était la bannière de la ville. Dans le service impérial, celle-ci était accompagnée de la bannière d'empire. Pour la défense de la ville, les corporations étaient également divisées en quatre corps, dès 1411 en cinq corps, qui avaient chacun la garde d'un secteur de murailles. Le lieu de rassemblement de toute la milice était le marché aux grains. Dès 1400, par suite de l'accroissement territorial de Bâle, les contingents des bailliages vinrent s'ajouter à ceux de la ville. Vers 1460, les troupes bâloises comptaient environ 2000 h. de pied fournis par les corporations (dont environ 200 arbalétriers et 50 coulevriniers) et 80 cavaliers ; en outre 600 h. d'infanterie pris dans les quatre bailliages. Peu à peu on fit appel à des mercenaires, notamment des archers et des cavaliers. Chaque bourgeois devait s'équiper à ses frais. L'artillerie de défense de la ville se composait à l'origine de Springolfe (arbalètes montées sur un banc) : celle de siège, de balistes. Le premier canon employé par la ville fut fondu en 1378 ; les pièces de campagne, Tarrasbiichsen, firent leur apparition dans l'expédition de 1425. Le soin de l'artillerie incombait au maître canonnier. La direction des affaires militaires était en mains du Conseil, dès 1373 d'une commission du Conseil. Toutes les affaires importantes de la ville étaient confiées à une sorte de Conseil secret, appelé d'abord Heimlicher, puis dès 1406 les Neuf et à partir de 1445 les Treize.
Tandis qu'à l'origine chaque bourgeois, à l'exception des conseillers, devait personnellement accomplir ses devoirs militaires, l'usage s'implanta peu à peu dans la suite de se trouver des remplaçants rétribués. Ce qui était exception d'abord devint la règle au XVIIe s. pour tous les bourgeois aisés. On aboutissait ainsi de plus en plus à la troupe soldée, lorsque la guerre de Trente ans fournit l'occasion d'enrôler sur une plus grande échelle. Cette troupe soldée atteignit en 1622 le chiffre de 400 h divisés en quatre compagnies de 100 h.; à la conclusion de la paix son effectif fut considérablement diminué. De cette troupe sortit la première garnison de la ville de Bâle, qui avait pour principal service la garde des portes . La caserne était au Blômlein, un bâtiment de l'ancien couvent de Steinen. Les soldats ne devaient pas être Bâlois ; seules les places de sergents et d'officiers étaient confiées à des bourgeois. La garnison subsista jusqu'à la fin du
XVIIIe s. L'entrée d'une garnison française, en octobre 1798, qui prit immédiatement le service de garde des portes, dépouilla la garnison delà ville de ses principales fonctions. Un an après elle fut dissoute. Pendant la Républiqne Helvétique Bâle fut ainsi sans garnison. En 1804, la garnison fut rétablie sous une autre forme et sous le nom de Standescompagnie. Son effectif légal était de 200 h., et son principal devoir était de monter la garde sous les portes de la ville. La caserne était également au Blômlein. La compagnie était sous les ordres d'un commandant qui était en même temps commandant de place. Elle prit part aux actions militaires de 1831 à 1833 et dans la journéedu 3 août 1833 elle couvrit, comme arrière-garde, la retraite delà milice bâloise. La conséquence de cette défaite fut l'occupation du canton par les troupes fédérales et la dissolution de la Standescompagnie. Après la constitution du canton de Bâle- Ville, les autorités militaires s'occupèrent à fin 1834 de reconstituer une nouvelle garnison. Elle reçut le nom de Standestruppe. Elle fut bientôt cependant au-dessous de sa tâche. Les désertions ne faisaient que se multiplier, provoquées surtout par le bureau d'enrôlement français de Saint-Louis. Le service de place devenait plus difficile d'année en année. La mauvaise discipline obligea même en 1848 à un licenciement partiel de la troupe. On pensait de plus en plus à la supprimer, lorsque, après maintes désertions, toute la garde de la porte Saint-Jean abandonna son poste dans une nuit de décembre 1855 pour aller s'enrôler pour la guerre de Crimée au bureau anglais de Huningue. En conséquence le Grand Conseil, dans une séance extraordinaire de janvier 1856, supprima la garnison de Bâle. Avec elle disparaissait aussi la dernière troupe permanente de Suisse.
Dans la campagne les hommes étaient aussi astreints au service de 16 à 60 ans ; les rôles étaient tenus par le bailli. Chacun avait à se procurer les armes et l'équipement ; on en faisait même une condition pour l'autorisation de mariage. Dès 1619, on fit annuellement des inspections. Jusqu'en 1700 environ la troupe se composa de deux divisions ; 600 hommes, l'élite, devaient se tenirtoujours prêts ; les autres seulement en cas de besoin. Toutefois une organisation militaire plus complète fit défaut jusqu'à la conclusion du défensional de 1688. Tous les hommes des XIII cantons astreints au service, furent divisés en trois contingents et chaque canton eut à fournir un nombre d'hommes déterminé. Pour le premier contingent, Bâle dut fournir 400 hommes et une pièce de six livres ; pour le second et le troisième, le double De cette manière, Bâle fut aussi forcé d'introduire une discipline plus sévère. La division en compagnies date de 1688 ; ensuite on partagea la campagne en huit districts militaires, chacun de deux compagnies. Le recrutement et la répartition eurent lieu par le bailli. En 1713 et en 1714 on forma deux régiments d'infanterie, chacun de neuf compagnies. En 1735, on ajouta une compagnie de grenadiers par régiment. Ce n'est qu'en 1795 environ qu'on adjoignit à chaque régiment une compagnie de chasseurs. Chaque régiment était commandé par un colonel, un lieutenantcolonel et un major ; chaque compagnie avait trois officiers ; on les choisissait tous sans exception parmi les bourgeois de la ville. Dès le début, l'artillerie fut complètement négligée ; ce n'est qu'en 1781 qu'on créa un parc d'artillerie de deux compagnies de 60 hommes et deux canons. L'effectif d'un régiment d'infanterie était peut-être de 2100 à 2200 hommes en moyenne. Comme instructeurs, on employait des soldats d'âge mûr qui avaient servi. Un officier, le Landmajor, était commandant en chef. On faisait l'exercice le dimanche après le service divin, ce qui occasionna des conflits avec le clergé. Deux inspections avaient lieu annuellement, sur lesquelles on possède des rapports lamentables.
Pour terminer, citons encore la Compagnie de volontaires de la ville de Bâle, créée par le major Nicolas Miville et composée de 80 jeunes gens. En 1746 on porta l'effectif à 250 hommes, de sorte qu'on fut à même de former une section d'artillerie et une de cavalerie. Dès 1745 la compagnie porta l'uniforme. Dans la suite, sa
liALK
Kild. \\|s\ IIcin IUDICI VIRE)
IJALE
tâche consista surtoul à fonctionner lorsqu'il y avait des fêl es ou des revues. Bile survécut ;'i la Révolution el ne fut dissoute que Lorsque tous les bourgeois furent astreints au service militaire en vertu de l'organisation militaire adoptée sous l'Acte de Médiation. Voir
Auguste. Bernoulli dans HZ 1918. — Paul Kôlner dans H/. L907 el 1909. — Cari Wieland : Ueber dos baslerische Militârwesen. L.-A. Burckhardt : Gemdldi
i/rr Srhii'ciz XI : lier Kiiiilim lldsrl. — A. Ileusler :
Witteilungen aus den Basler Rats bûcher n z. X. des 30jâh Krieges, dans BVG Bas. VIII. — Le même : Der Bauernkrieg. — Hans Wieland : Einiges Ubei die... Militargesellschaft von Basel, dans Schweiz. Mili-
liirzi'iisclirift, 1X54. — liaiih. — Rud. Wackernagel : Geschichteder Stadt Basel II, 1, p. 294-313. fC. R.et H.Tr.]
8. Organisation Judiciaire. Deux faits sonl particulièrement importants dans l'histoire de l'organisai ion judiciaire delà ville de Bàle : 1° Que la ville comme place de marché formait un district judiciaire spécial. 2° Que dès le XIIe s. la juridiction sur la ville n'était pas remise à l'avoué de l'évêque, mais à un bailli épiscopal spécial. Celte fonction était exercée par des ministériaux de l'évêque. Le tribunal du bailli de Bâle était en concurrence avec celui de l'évêque, dont il dépendait et à qui revenait une part des amendes qu'il infligeait. Cependant le tribunal de l'évêque a rarement fonctionné à côté de celui du bailli. Ce dernier, sous la présidence du bailli, prononçait sur les crimes graves, particulièrement sur ceux qui demandaient des peines sévères, et sur les procès en matière immobilière. Quelquefois des contrats de vente d'immeubles étaient passés devant le bailli.
En 1273, Rodolphe de Habsbourg transforma, contre tout droit, le bailliage de la ville en un bailliage impérial, c'est-à-dire que dès lors le bailli fut nommé par lui, avec l'arrière-pensée de pouvoir un jour incorporer la ville aux biens que sa maison possédait en Alsace et en Argovie. Mais en 1386, c'est la ville elle-même qui acquit, à titre d'hypothèque, la charge de bailli. Le tribunal du bailli perdit, de plus en plus d'importance ; comme tribunal criminel il ne siégea plus que rarement, en 1468 par exemple. Il était devenu surtout un tribunal de police sous la présidence d'un sous-bailli.
A côté du tribunal du bailli existait celui de l'avoyer, dont la charge dépendait de l'évêque L'avoyer, à l'origine probablement l'administrateur des biens d'empire remis à l'évêque à Bàle et autour de la ville, siégeait d'abord au tribunal du bailli et présidait en outre celui qui portait son nom. Il prononçait sur les causes civiles, particulièrement sur les conflits nés des transactions du marché, et, dans les premiers temps, aussi sur les délits de peu d'importance. Dès la fin du XIIIe s. les contrats de vente d'immeubles étaient passés devant lui. En 1385, la ville acquit la charge d'avoyer, qui devint ainsi le centre de son administration judiciaire. Tous les jours l'avoyer tenait séance avec ses dix jurés à l'hôtel de ville, et quatre fonctionnaires spéciaux qui avaient seuls le droit de parler pour les parties devant le tribunal. Ceux-ci étaient instruits avant la séance des affaires de leurs clients. La procédure se réduisait à une plainte et réponse ; dans les cas compliqués avec réplique et duplique. Les jurés pouvaient également poser des questions. Puis le tribunal délibérait et le jugement était prononcé, après un court exposé de l'affaire, mais sans considérants.
A côté des tribunaux de l'avoyer et du bailli, le conseil de ville obtint aussi un droit de justice. Le conseil n'était d'abord qu'une délégation de la communauté, mais ses membres eurent à fonctionner dans les deux tribunaux précités. De la sorte, il entra très tôt déjà en contact avec l'administration judiciaire. Vers 1270 il obtint que les contrats immobiliers seraient passés seulement devant lui, à l'exclusion du tribunal du bailli ou de celui de l'avoyer. En 1286 Rodolphe de Habsbourg érigea le conseil en tribunal spécial pour juger des délits contre la tranquillité publique. Ces compétences furent étendues lors du
deuxième Stadt friede, du milieu du \iv s. ( ne nouveauté étail introduite, c'est que le conseil pouvait poursuivre d'office les délits soumis à -a compétence. La juridiction du conseil entra naturellement en conilii avec celle du bailli, mais un arrangement de 1366 régla leurs compétences respectives. Il y avait en outre V Unzûchler- Gericht, choisi parmi les membres du tribunal du conseil qui, dès le milieu du XIV' s., punissait les délits de police. Les droits de juridiction delà ville furent complétés, surtoul dans la deuxième moitié du XIV'1' s. par divers privilèges qui interdisaient de recourir à des tribunaux étrangers.
Le Petit-Bâle, incorporé à la ville en 1392, avail son organisation judiciaire particulière. Les causes importantes étaient jugées par le tribunal de l'avoyer, qui subsista après 1392. La communauté des sujets du couvent de Saint -Allian. comprise dans les murs de Bàle dès la deuxième moitié du XIIIe s., resta soumise à la juridiction particulière du prieur de ce monastère jusqu'en 1383 II faut encore mentionner: tribunal de l 'officiai de l'évêque, qui punissait les délits ecclésiastiques (parjure, usure), et prononçait sur les conflits matrimoniaux et les testaments; après la Réformation, ce tribunal fut remplacé en partie par une Cour matrimoniale. On lui soumettait parfois des poursuites pour dettes pour obtenir plus facilement satisfaction, ce qui n'était pas sans porter préjudice aux compétences de l'avoyer ; les compétences judiciaires et disciplinaires des organes des corporations sur leurs membres, en particulier en matière professionnelle ; les tribunaux du doyen de la cathédrale et de l'archiprêtre ; la cour féodale des ministériaux de l'évêque, présidée par le comte palatin bâlois ; le tribunal dit du Kohlenberg des gens sans aveu, et le tribunal rural appelé Gescheid.
Dans la suite, différentes instances judiciaires furent créées, correspondant aux diverses branches du trafic, entre autres, pour les négociants et les marchands de céréales, les marchés au bois, aux poissons, aux légumes et aux fruits. Tout cela témoigne d'une grande activité dans le domaine judiciaire, mais ainsi qu'ailleurs, l'exercice de la justice tomba dans l'engourdissement dès le XVIIe s. On ne soutenait plus un procès civil jusqu'au bout, la coutume plus commode, s'étant introduite, d'amener les parties à conclure un compromis, sans quoi le défendeur avait toujours l'occasion, par le renvoi de délai en délai, de faire traîner le procès en longueur. Une nouvelle ordonnance judiciaire de 1719 n'apporta pas de grandes améliorations, mais bien celle de 1848, après que de sérieuses modifications eurent été introduites à la fin du XVIIIe s.
En matière pénale, l'introduction successive de l'ordonnance criminelle de Charles-Quint, la Caroline, apporta plusieurs innovations, entre autres l'application de la torture dans la production de la preuve Ce fut dès lors une pratique constante de recevoir des juristes au conseil, notamment de la Faculté de droit. La législation de la République Helvétique et de la période de Médiation introduisit également des changements. La torture ayant été supprimée par le Code pénal fédéral de 1799, la procédure criminelle fut rendue plus humaine et reçut une forme moderne dans le Code de procédure pénale de 1824. L'organisation des tribunaux fut également modernisée au début du XIXe s. [J. W.]
VII. Corporations. La population laïque de Bàle se divisait au moyen âge en trois groupessociaux : les chevaliers, les bourgeois et les art isatis. Si les chevaliers et les artisans étaient issus des sujets de l'évêque, les bourgeois descendaient des commerçants libres venus s'établir, dans le haut moyen âge, proche de la ville, sous la protection de la paix et de la liberté impériales. Cependant les chevaliers qui, primitivement n'étaient pas libres, pendant que les marchands l'avaient été de tout temps, s'élevèrent bientôt au-dessus de ces derniers au point de vue social par le noble service des armes, tandis que les artisans à côté d'eux, demeurèrent dans leur servitude et formèrent la classe sociale inférieure. Au point de vue corporatif, les chevaliers et les bourgeois consti-
BALE
(corporations)
BALE
tuaient la Chambre haute (Hohe Stube). Les artisans de leur côté, en leur qualité de sujets, Furent groupés à l'origine en corporations Féodales, mais se réunirent dans la suite en corporations de métiers. L'activité îles artisans liàhus s'exerça d'abord dans le cercle étroil des services journaliers de la seigneurie, ainsi que ce fut le cas partout, mais il en fut autrement dès le XIIe s., lorsque par suite du développement de la ville et de l'accroissement du nombre des artisans venus en grand nombre, la production commença à dépasser les besoins de la cour épiscopale. A la suite de cette évolution, les artisans se virent obligés de chercher des débouchés à leurs produits, et ils se présentèrent ainsi au marché dont le maître était l'évêque. Tous deux, évêque et artisans, avaient intérêt à organiser les transactions au marché. Le premier veilla au bon ordre au moyen de la police du marché, pendant que les artisans prirent leurs mesures pour former des corporations de métiers dont les statuts, sanctionnés par l'évêque, réglaient leur travail, les achats et les ventes. C'est ainsi que naquirent les corporations dans la période de 1160 à 1260. Elles avaient d'abord pour but l'organisation du métier, et, en outre, aussi le caractère de confréries religieuses pratiquant la solidarité chrétienne. D'autre part, quoiqu'elles se fussent complètement séparées des anciens groupements féodaux, elles conservèrent cependant diverses obligations seigneuriales. Comme dans les associations primitives, les nouvelles corporations, dans les premiers temps de leur existence, eurent à leur tête un prévôt choisi parmi les ministériaux. La ville comptait quinze corporations : celles de la Clef (marchands), de VOurs (monnayeurs, changeurs, orfèvres, potiers d'étain), de la Cuve (marchands de vin), du Safran (épiciers), des Vignerons (laboureurs et vignerons) ; les Boulangers, les Forgerons, les Cordonniers, les Tanneurs, les Tailleurs, les Fourreurs, les Jardiniers (jardiniers, aubergistes, revendeurs, charretiers, cordiers). les Bouchers ; celles du Spywetter (constructeurs et ouvriers du bois), de l'Etoile (tondeurs), du Ciel (peintres), les Tisserands, les Pêcheurs, les Bateliers. A la tête de chaque corporation se trouvaient le prévôt et le comité, appelé les « Six » (Sechser). Au XIVe s., chaque corporation élisait encore son prévôt. En 1401, elles perdirent ce droit par décision du Conseil qui remettait cette nomination exclusivement aux Six. Dès 1521, ces derniers firent les nominations avec les deux représentants de la corporation au Conseil. Les Six euxmêmes, élus à l'origine par la corporation entière, le furent depuis le XVe s., par le collège des Six ; les Six sortant de charge désignaient les nouveaux ; ainsi, en définitive, ils se nommaient alternativement les uns les autres. Les représentants au Conseil, étaient élus aux XIVe et XVe s., par les corporations et dès 1521 parle Conseil lui-même ; le conseiller sortant élisait lenouveau. A l'origine, les deux classes supérieures, chevaliers et bourgeois, étaient seules représentées dans le Conseil de ville. Après la formation des corporations et leur accroissement, on appela les prévôts à participer aux délibérations dans des cas importants. Les corporations en profitèrent pour revendiquer toujours plus vivement le droit d'avoir une représentation permanente dans le Conseil ; ce mouvement dura jusqu'à la révolution de Brun à Zurich. En 1337, entrèrent définitivement au Conseil, à côté des quatre chevaliers et des huit bourgeois, quinze représentants des corporations, auxquels s'ajoutèrent en 1382 encore les quinze prévôts. Avec l'entrée des prévôts des corporations au Conseil, le président des prévôts, l'Oberstzunftmeister, fut lesecond magistrat de la ville après le bourgmestre. A enté du Petit Conseil, on institua, dans la seconde moitié du XI Ve s., un Grand Conseil à la suite du fait que l'appel, d'abord purement accidentel, des chefs de corporations (Sechser) au Conseil, devint à la fin une institution permanente. Les quatre corporations des marchands, des banquiers et des commerçants, les Herrenzilnfte, s'élevèrent bientôt au-dessus des Corps d'artisans, de telle sorte qu'elles prirent une position intermédiaire entre les corporations et la Chambre Haute. Il fut dès lors possible à l'artisan de s'élever de sa condition à celles du patriciat et de la chevalerie ; car, devenu riche, il pouvait se livrer au
commerce où, après avoir réussi, il entrait dans la Chambre Haute comme « rentier ». Dès lors, suivant les circonstances, il pouvait être créé chevalier. Cependant, même après l'entrée des corporations dans le Conseilles chevalier.s et les bourgeois conservèrent la prépondérance dans l'administration de la ville. LIne trans, formation se produisit toutefois dans la seconde moitié du XIVe s., lorsque la lutte ayant éclaté entre la ville et l'Autriche, les chevaliers et le patriciat entrèrent en conflit avec les corporations, conflit qui fut aggravé par le fait que les membres des classes aristocratiques détenaient pour la plupart des fiefs de l'Autriche. La conséquence fut que durant le XVe s., les familles dirigeantes quittèrent Bàle en nombre toujours croissant. En 1480, la Chambre Haute était presque déserte et ceux qui restaient encore furent totalement écartés du gouvernement, par la Réformation en 1529. Déjà en 1516, Jacob Meyer zum Hasen, fut le premier bourgmestre choisi parmi les corporations, mais élu encore par l'évêque ; puis en 1521, d'après la nouvelle constitution du Conseil, l'élection du bourgmestre et de l'Oberstzunftmeister fut de la compétence du Conseil. Le premier bourgmestre élu selon le nouveau principe fut Adalberg Meyer zum Pfeil. Les Oberstzunftmeister n'étaient déjà plus choisis au XVe s., exclusivement dans la Chambre Haute.
La Constitution de 1521 servit de base pourl'élection duConseiljusqu'àla Révolutionde 1798.Lescorporations furent aussi victimes des troubles de la Confédération. Elles se reconstituèrent avec la restauration du canton de Bàle en 1803, en vertu de l'Acte de Médiation, mais n'eurent plus aucun privilège politique ; il leur resta toutefois l'administration de leurs biens, la tutelle des veuves et des orphelins de confrères décédés, la protection des intérêts professionnels, en leur qualité de Corps de métiers régulièrement organisés. Enfin, on leur laissa la surveillance de la conduite morale et économique de leurs membres, domaine dans lequel à la vérité l'ancienne juridiction des maîtrises et des jurandes n'a plus à intervenir, les différends étant aujourd'hui tranchés par les autorités judiciaires ordinaires.
Tous les bourgeois qui avaient vingt-quatre ans révolus, qui étaient mariés ou exerçaient un métier, devaient entrer dans une corporation. Au point de vue politique, les corporations constituaient des corps électoraux. C'est pour cette raison qu'en vertu de la Constitution de 1803 on vit naître à côté des quinze anciennes corporations de la ville, quinze nouvelles corporations électorales dans les deux districts de la campagne. Ces dernières n'avaient aucun caractère professionnel. La Constitution de 1814 conserva ce mode d'élection, avec la différence que les corporations d'électeurs se divisaient dans la campagne en quatre districts. La séparation de 1833 supprima les électeurs de la campagne, et la nouvelle Constitution établit, comme Corps électoraux, pour la ville, seize corporations et pour la banlieue, deux. La seizième corporation était composée des bourgeois appartenant aux professions libérales et reçut son organisation par la loi de 1836.
Abstraction faite de modifications apportées en 1855, 1860 et 1868 en vertu de la Constitution fédérale de 1848, les corporations conservèrent à Bâle leur importance comme Corps de métiers et Corps électoraux jusqu'en 1874. La nouvelle Constitution cantonale de cette année-là supprima l'obligation de faire partie de ces associations, qui cessèrent aussi de fonctionner connue Corps électoraux. Dès lors, les élections se font par quartiers et par communes. On laissa encore quelques années aux corporations la tutelle des veuves et des orphelins de confrères décédés jusqu'au moment où cette attribution leur fut aussi enlevée pour être confiée par la loi de 1880 à la Chambre des orphelins.
Les corporations de Bàle subsistent toutefois comme abbayes. Elles conservent encore pour la plupart leurs belles maisons de société Leur activité s'est bornée depuis 1880 à l'administration de leur importante fortune, dont les revenus sont donnés chaque année en grande partie à des œuvres de bienfaisance et à des institutions de la ville. En outre, les confrères s'assemblent chaque année pour le repas tradi-
BALE
(historiographie)
BALE
tionnel de la corporation, puis pour les élections trisan- Quelles des autorités de l'association, ainsi que pour Les grandes festivités où elles paraissent en corps. 1/ nisation actuelle des corporations repose sur un décret du Conseil de la bourgeoisie de 1881, autorité à laquelle elles sont soumises.
Il ne faut pas confondre avec les corporations lis sociétés des faubourgs du Grand-Bâle et les trois Ehrengesellschaflen du Petit-Hâle. Les premières remontent à l'époque où les faubourgs n'étaient pas encore compris dans l'enceinte des fortifications, donc avant le XIVe s. Ils avaient, par rapport à la ville, une situation spéciale que l'on entrevoit bien dans les mesures prises par le Conseil en temps de guerre et d'incendie. Les habitants des faubourgs n'étaient pas astreints au service de garde générale, mais devaient veiller à leur propre sécurité. Telle est la raison de la fondation de ces sociétés des faubourgs, qui n'avaient donc qu'un caractère militaire et de police, pendant que pour tout ce qui concernait les métiers, les faubouriens devaient entrer dans les corporations. Lorsque les faubourgs furent compris dans l'enceinte des fortifications, on laissa aux sociétés de ces quartiers, chacune sous sa bannière, le soin de veiller à la sécurité de son faubourg. Ces associations subsistent encore, chacune avec son immeuble sis dans les faubourgs : a Saint-Alban la société zum Hohen Dolder, dans l'jEschen celle zum Rupf, dans les Stcinen celle zu den drei Eidgenossen, dans le Spalen celle zur Kràhe, à Saint-Jean celle zur Mdgd.
Les trois Ehrengesellschaften du Petit-Bâle eurent une plus grande importance et remontent probablement à 1300 environ. Leur origine est une conséquence de la transformation du Petit-Bâle en villeau XIIIes. Si elles ne furent pas essentiellement des corporations de métier, elles formaient cependant au début des associations d'intérêts des bourgeois du Petit-Bâle. La société zum Hâren (tenant de l'écu : un sauvage) groupait les propriétaires fonciers, les chasseurs et les pêcheurs, celle zum Rebhaus (tenant : un lion) réunissait les vignerons, celle zum Greifen (tenant : un griffon), les anciens artisans des couvents du Petit-Bâle : meuniers, tanneurs et tisserands. A l'instar des corporations, ces associations avaient aussi leur immeuble et obéissaient à un comité et à un prévôt. La réunion du Petit-Bâle à la ville de Bâle, en 1392, plaça, au point de vue politique, ces sociétés sur le même pied que les corporations. Les habitants du Petit-Bâle prêtaient serment de bourgeois à leurs sociétés qui, comme les corporations, agissaient en qualité d'autorités tutélaires. Elles marchaient en guerre sous leur propre bannière ; au point de vue militaire, elles jouaient au Petit-Bâle le même rôle que les sociétés des faubourgs à Bâle. Cependant comme elles ne formaient pas de véritables corporations, tout artisan du Petit-Bâle devait entrer dans un corps de métier de Bâle Elles furent supprimées aussi par la République helvétique en 1798, mais se reconstituèrent en 1803. En 1833 les trois Éhrengesellschafteii acquirent collectivement de l'État l'ancienne maison du tribunal du Petit-Bâle et la transformèrent en maison de société, laquelle fut encore agrandie en 1857. Les anciennes maisons corporatives zum Lôwen, zum Greifen et zum Hàren furent vendues. Une loi de 1874 enleva aux trois sociétés leurs droits en matière de tutelle. Actuellement encore, un repas, combiné avec un cortège, où sont portés les trois insignes d'honneur, les tenants de l'écu des trois sociétés, réunit chaque année en janvier les membres de ces confréries. De même que les corporations de métier et les associations des faubourgs, les trois sociétés du Petit-Bâle disposent d'une fortune importante dont les intérêts annuels servent à faire des dons à des institutions d'utilité publique de la ville. — Voir Andréas Heusler : Verfassungs geschichte der Stadt Basel im Mittetalter. — Traugotl Geering : Handel und Industrie der Stadt Basel. — Ed.-Fritz Knuchel : Die Umzûge der Klein- Basler Ehrenzeichen. — Basler Gesetzessammlung, 1803 ss. [Cari Roth.]
VIII. Monnayage. A Bâle neuf souverains ou Etats différents ont frappé monnaie.
1 . Les monnayeurs des rois mérovingiens y ont frappé des triens d'or.
2. Les roi et empereur Louis le Pieux et Conrad II, des deniers d'argent.