‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 322 sur 329 · MANQUES EN SUISSE (LES · texte numérisé non relu

MANQUES EN SUISSE (LES

Bank in Schalîhausen, Scliaffhouse.

Toggenburger Bank, Lichtensteig.

Basollandschaftlicho Kantonalbank, Liestal. Gréd. agric. et indust. de la Broyé, Estavayer. St. Gallische Kantonalbank, Saint-Gall.

Caisse d'amortissement de la dette publique,

Fribourg (depuis 1893 Banque de l'Etat de

Fribourg).

Thurgauische Kantonalbank, Weinfelden.

Graubûndner Kantonalbank, Coire.

Ziircher Kantonalbank, Zurich.

Banca délia Svizzera italiana, Lugano.

Crédit gruyérien, Bulle.

Appenzell A.-Rh. Kantonalbank, Hérisau.

Kantonale Spar- und Leihkasse von Nid-

walden, Stans.

Banque cantonale neuchâteloise, Neuchâtel. Banque commerciale neuchâteloise, Neuchâtel. Schatïhauser Kantonalbank.

Glarner Kantonalbank, Claris.

Obwaldner Kantonalbank, Sarnen.

Banca popolare di Lugano, Lugano.

Kantonalbank Schwyz, Schwyz.

Credito ticinese, Locarno.

Zuger Kantonalbank, Zoug.

Basler Kantonalbank, Bâle.

Appenzell I.-Rh. Kantonalbank, Appenzell.

Banques dont l'émission a été supprimée en 1881-1882:

Bank fur Graubiinden, Coire.

Caisse hypothécaire du canton de Fribourg, Fribourg.

Banque cantonale neuchâteloise (ancienne), Neuchâtel.

Bank in Glarus, Claris.

Banque populaire de la Broyé, Payerne.

Banque fédérale, Berne.

Leihkasse Glarus, Claris. [H. Schneebeli.]

BANQUES EN SUISSE (LES). Les banques suisses ont cela de caractéristique qu'elles se sont développées relativement tard. La cause en est que l'industrie et les autres branches de l'économie nationale n'ont commencé à fleurir et à prendre de l'essor qu'au milieu du XIXe s. Ce n'est que depuis la constitution de la Confédération, en 1848, que le commerce et l'industrie furent affranchis des innombrables péages et octrois. A partir de 1850 les principales voies ferrées furent construites dans notre pays, qui de cette manière s'unit plus étroitement au trafic mondial. Il est vrai qu'en Suisse on connaissait déjà au moyen âge le commerce d'exportation, surtout dans les soieries ; les transactions en argent et en billets de change s'effectuaient au XVe et au XVIe s. par ce qu'on appelait « les banques de change» (à Zurich età Bâle). Elles disparurent au XVII Ie s. parce que le commerce privé n'en voulait pas. On les remplaça par des banques de prêts, établies par les villes, lesquelles accordaient des crédits à l'industrie et au commerce, ou bien par des banques concessionnées par l'État, telle que la maison Leu & Cle à Zurich, qui s'occupait spécialement de prêter l'argent des particuliers soit à des souverains, soit à des États étrangers. Les capitalistes se faisaient une telle concurrence que le taux des placements ordinaires sur hypothèques du pays avait considérablement baissé et n'était plus profitable. Au XVIIIe s. et au commencement du XIXe, des banques privées s'établirent en grand nombre dans toutes les villes commerçantes ; dans la plupart des cas, elles avaient leur origine dans des maisons de commerce, d'expédition ou même des fabriques. Le commerce d'exportation nécessitait une section de banque, qui devenait peu à peu une institution indépendante de l'entreprise. Jusqu'à la fin des années 1830, ces banques privées effectuèrent pour la Suisse toutes les transactions relatives aux payements et aux crédits.

Au début du XIXe s. furent fondées des caisses d'épargne dans un grand nombre de localités situées souvent dans des contrées industrielles. La transition de l'agriculture à l'industrie avait fait naître un prolétariat auquel on voulait fournir l'occasion d'économiser un petit pécule pour les temps difficiles ; la plupart des caisses d'épargne fondées dans cette période sont dues à un but philanthropique. Dans bien des cas,

la fondation eut lieu par des sociétés d'utilité publique, et dans les commencements, les fonctions d'administrateurs étaient des postes honorifiques. Avec le temps, la plupart des caisses d'épargne se transformèrent en établissements à but lucratif.

Cependant, l'origine de la banque moderne en Suisse doit être cherchée dans la création des banques d'émission. Abstraction faite de quelques émissions de billets par des banques privées, la première banque d'émission fut la Banque Cantonale de Berne, fondée en 1834. En 1836 fut créée la banque de Zurich, société par actions au capital d'un million de florins, s'occupant d'émission et de virements. Un an plus tard eut lieu l'ouverture de la banque de Saint-Gall, et en 1844 celle de la banque de Bâle. A partir du milieu du siècle passé, le commerce et l 'indus 1 ne prirent en Suisse un essor inattendu auquel les banques existantes ne purent plus suffire. Il manquait le type du crédit mobilier, qui a pour but de créer de nouvelles entreprises et de les soutenir dans leur développement en leur accordant des crédits à découvert plus ou moins considérables. Cette lacune fut comblée par l'établissement des grandes banques de crédit dont la fondation fut en partie favorisée par des groupes de banques allemandes et françaises. Le premier établissement de ce genre fut l'Institut de Crédit suisse ; viennent ensuite la Banque de Crédit suisse-allemande à Saint-Gall, la Banque de Winterthour,la Banque Commerciale à Bâle, la Banque Fédérale et beaucoup d'autres. Tout cela ne se passa pas sans une certaine fièvre de spéculation, sans crises et réorganisations.

L'agriculture vint aussi réclamer des conditions de crédit plus favorables, parce que les hypothèques, comme placement de capital, avaient perdu beaucoup de terrain en raison des emprunts considérables émis par les États, les chemins de fer et l'industrie. En créant des banques cantonales, on s'efforça de parer aux difficultés du crédit agricole. Ces établissements devaient aussi fonctionner comme caisses d'épargne garanties par l'État, en offrant une sécurité plus grande à la petite épargne. Au début, les banques cantonales furent des sociétés par actions avec participation et même garantie de l'État. Dès 1860 environ, on tendit à faire des banques cantonales des banques d'État pures, ce qui est actuellement le cas pour toutes, à l'exception de deux d'entre elles. Dans tous les cantons, sauf à Genève, existent des banques cantonales. Quoique les banques cantonales s'occupassent aussi de crédit sur hypothèques, on fonda cependant des banques hypothécaires, dont plusieurs précédèrent les banques cantonales. A peu d'exceptions près, comme par exemple les Caisses hypothécaires de Berne et de Genève, ce sont des établissements privés. Leurchamp d'activité consiste principalement en prêts sur des immeubles urbains. On fonda aussi des établissements spéciaux destinés à fournir des crédits aux artisans et aux petits commerçants, soit des caisses de prêt. Lors des crises des années 1860 et 1870, elles poussèrent comme des champignons. De 1861 à 1870, on fonda 71 caisses d'épargne et de prêts, les unes dans un but d'utilité publique, en connexion avec les caisses d'épargne; d'autres par des sociétés coopératives d'artisans ou d'industriels; ou enfin comme sociétés par actions à but lucratif; ce dernier genre a prévalu de plus en plus, et les coopératives ne sont plus qu'en nombre très restreint. Les petites banques locales, de même que celles de moyenne importance, ont de la peine à soutenir de nos jours la concurrence des grandes banques. C'est pourquoi il y en a beaucoup qui cherchent à s'affilier à une grande banque, soit en mettant leurs intérêts en commun, soit en fusionnant entièrement avec elle. C'est surtout dans ces dernières années qu'un grand nombre d'établissements locaux ont été transformés en succursales de grandes banques. Le dernier genre de banque en Suisse sont les banques financières ; elles ont été fondées pour soutenir d'importantes entreprises industrielles situées en grande partie à l'étranger. Depuis le commencement du siècle, toute une série Rétablissements de ce genre a pris naissance.

La grande concurrence que se faisaient les grandes banques commerciales les a engagées à se coaliser. Les

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