AÉRO-CLUB SUISSE
Sociétéayant pour but le développement et l'étude de l'aéronautique. Siège social à Berne. Seul pouvoir sportif suisse recoi par la Fédération aéronautique internationale, à,laquelle il est affilié et dont il observe les règlements. Fondé le 8 septembre 1901 par fusion immédiate avec la Société suisse d'Aérostation, créée à Lausanne en 1900 sous la présidence de M. Albert Barbey.
et qui fut la première société aéronautique en Suisse. La I présidence <\u nouveau club lui donnée au colonel d'Étatmajor Théodore Schaeck, de Genève, qui avait été le promoteur de l'aérostation militaire (voir Schaeck). On attribua la \ ire-présidence à M. Albert Barbey. Dès 1902.
le club s'occupa d'organiser des ascensions, d'abord avec
un ballon I '■ à un fabricant
d'Augsbourg, puis avec des ballons achetés par le club ou par sos membres. En 1907,
le ballon suisse Cognac, l'ilote par M. V. de Beauclair, se classa second au grand concours international a I dit « Coupe Gordon Bennett d'aérostation ».
En 1908, le ballon « Helvélia », monté par le colonel Schaeck et le 1" lieutenant Emile Messner se classa premier dans cette grande compétition, partant de Berlin le 11 octobre, à 3 h. 59. pour aller atterrir à Borgset (Norvège) le 14 octobre, à 5 heures, couvrant une distance de 1212 km. et tenant l'air pendant 73 heures, ce qui constituait le record du monde. De ces 73 heures, 43 furent passées au-dessus de la mer. L'épreuve devant, aux termes du règlement, être courue l'année suivante dans
le pays du vainqueur, la coupe Gordon-Bennetl 1909 fut disputée à Zurich. Le vainqueur fut l'Américain Mix. La Suisse fut encore représentée à la coupe Gordon-Bennetl de 1910, à Saint-Louis Amérique) par le colonel Schaeck et le capitaine Messner, qui se classèrent 4""* et 5D". L'Aé. C. S. engagea plusieurs ballons aux coupes Gordonli. onetl de 1912. à Stuttgart, et 1913, à Paria.
En 1910, l'Aé. C. S., dont le développement di venait toujours pi u>- considérable, Be subdh isa en trois sections : Mittelschweiz (Suisse centrale), à Berne, Ostschweizerischer Verein fur Luftschiflahrl (Association aéronautique de la Sui^s»- orientale), à Zurich, et Section romande, à Lausanne. L'année suivante, |. Club suisse d'aviation, fondé entre temps, à Genève, fui admis comme quatrième section. Les sections sont autonomes. Elles ont leurs représentants au Comité central et à la Commission sportive, qui constituent le~ deux pouvoirs suprêmes en matière administrative et sportive.
Ascensii
de 1 ['ra/iia, capitaine Spelterini, le H juin 1894, à Neuchàtel.
L Aéro-Club suisse a joué un rôle de premier plan dans la vie aéronautique suisse, Dans le domaine de l'aérostation civile, il a entièrement centralisé l'activité sportive ci c'esl par si's sections ou par ses membres qu'ont été organisées toutes les grandes manifestations el ascen-
AERONAUTIQUE
AERONAUTIQUE
sions, En aviation, son activité a été également considérable bien que là l'initiative privée se soit fait une large place. C'est sous 1rs auspices île l'Aé. C. S. que s'est constitué, sous la présidence de M. Emile Messner, le Groupe aéronautique international île l'Exposition nationale suisse île 1914, grâce auquel la Suisse s'est trouvée, au début de la guerre en possession de plusieurs appareils qu'elle a pu utiliser pour l'armée. Il a enfin représenté la Suisse à toutes les conférences internationales ayant trait à la navigation aérienne. L'Aé. G. S. et ses membres ont organisé entre 1902 et 1916,387 ascensions, auxquelles ont pris part environ 1Ô00 personnes. Il a seul qualité pour délivrer les brevets internationaux de pilote d'aérostat, de dirigeable ou d'aéroplane, les épreuves devant être subies sous le contrôle de commissaires sportifs désignés par lui et les procès-verbaux approuvés par la Commission sportive. La délivrance du brevet international de pilote aux Suisses qui subissent leurs épreuves à l'étranger ne peut être effectuée qu'avec l'assentiment de i 'Aéro-Club suisse. [H.W. o'EvERSTAG.l
AÉRONAUTIQUE et AÉROSTATION.
A. Aérostation civile (Aéronautique civile). Jusqu'en 1785 nous trouvons en général peu de chose dans la littérature suisse sur l'aérostation et l'aéronautique. La presse de 1783 attira bien l'attention sur l'invention des frères Mongollier, et la Zûrcher Freitagszeitung y ajouta toutes sortes d'anecdotes édifiantes sur l'aéronautique. Le 10 mai 1785, le professeur lireilinger, qui fut certes le premier en Suisse, lit monter un ballon de la plate de la Limmat à Zurich, devant un nombreux public, survola plusieurs heures la ville et finalement atterrit près de Wallisellen. Dans les dix années suivantes les journaux suisses ne consacrent que quelques notices aux progrès de l'aéronautique. Du reste notre pays semble avoir peu pris part à cette découverte. C'est seulement depuis 1870, à la suite des magnifiques exploits des assiégés de Paris, qu'il semble se produire en Suisse un mouvement en faveur de l'aérostation, du moins en ce qui concerne la théorie, sans qu'il en soit résulté des applications pratiques. Pendant nombre d'années, la Suisse hébergea un des premiers inventeurs de ballons dirigeables, l'ingénieur Hàhnlein, qui construisit à Vienne, en 1872, un dirigeable, encore très apprécié aujourd'hui du point de vue technique, mais qui n'eut pas de succès à cause de la faiblesse de ses moteurs. Hàhnlein demeurait à^Frauenfeld ; il travailla à la fabrique Martini comme premier ingénieur jusqu'à sa mort, au commencement de ce siècle. Il fut l'excellent conseiller de plus d'un débutant qui se sentait attiré vers l'aérostation. Dans l'aéronautique active, ce fut le capitaine Spelterini, bien connu, qui le premier, le 6 juillet 1891, de I ici iip, organisa une série de courses en ballon dans les principales villes suisses. En cette même année, le comte Zeppelin faisait sa première ascension sous la conduite de Spelterini, et atterrissait à Lucerne. Spelterini a l'ait 561 ascensions dans tous les pays, parmi lesquelles beaucoup de traversées des Alpes, ainsi que des ascensions ayant un but scientifique.
Alb. Barbey fonda en 1900, à Lausanne, la première association suisse d'aérostation sous le nom de « Société suisse d'aérostation». Cette Société fusionna en 1901 déjà avec Y Aéro-Club suisse fondé par le Colonel d'Etat major gênerai Théod. Schâck. Par cette fondation, l'intérêt pour l'aérostation se développa rapidement. La propagande se lit par des conférences, et dès 1902 des amateurs firent, seuls, des ascensions avec le ballon Augusta qui leur était loué. Schâck s'efforça déformer rapidement un certain nombre d'aérostiers capables ; les courses devinrent plus fréquentes d'année en année. En 1903, l'Aé. C. S. acquit le ballon Mars, auquel vint s'ajouter en 1906 le ballon privé Cognac, propriété de MM. de Beauclair et de Gebhard Guyer, à Zurich ; ensuite le ballon Pommern du baron von llewald s'associa pour un vol avec passagers. L'activité aéronautique se développa en rapport avec cette augmentation du parc des dirigeables, et nous vo\ons de Beauclair concourir à l'étranger en qualité de pilote. En 1908 le dirigeable Helvétia s'associe au parc d'aérostats suisses, et gagne, dans la même année, le prix Gordon tienne!! pour la Suisse, dans le parcours Berlin-Norvège.
Ce fut le signal d'un plus grand développement de l'aérostation. En 1909, l'Aéroclub acquiert le dirigeable « Saint-Gothard » ; le parc s'augmente ensuite du dirigeable privé « Azurea » de M. Givaudan à Genève. Dans les années suivantes vinrent, s'ajouter le « Blitz ". le « Skaal », le « Théodore Schâck » et le «Léman», ce qui en y ajoutant le «Siriiis» de Spelterini, porte à 10 le nombre des aérostats suisses. Il reste à ajouter que la Suisse est en possession du plus grand aérostat qui fut jamais construit, le « Suchard », de 8000 m:l de contenance qui devait survoler l'Océan en 1910. Jusqu'au milieu de 1919, 387 voyages au total ont été entrepris avec ces aérostats, bien que les voyages aériens fussent interdits depuis 1917. Le 3 octobre 1909,17 ballons se disputèrent la coupe Gordon Bennett; ce fut l'Américain Mix qui la gagna. A la suite de ce concours international aérien, un concours de vitesse et d'espace fut organisé, 67 dirigeables y prirent part, nombre qui n'a nulle part été atteint. Les organisateurs zuricois cie ce concours y admirent les ballons dirigeables. C'est en ces années que Zeppelin faisait, sur le lac de Constance, ses essais qui eurent de brillants résultais : il réussit quelques incursions en Suisse. Dans la même période, Parceval tentait ses essais avec ses ballons non rigides. Ce fut l'occasion d'inviter à Zurich les représentants des deux systèmes avec leurs dirigeables. Malheureusement, Parceval seul put venir ; ses nombreuses randonnées fort réussies firent sensation.
Dans la suite l'industrie étrangère prit l'aéronautique en mains. A Lucerne s'ouvrit un grand parc pour ballons dirigeables où, plusieurs années durant, des parties d'aviation pleinement réussies eurent lieu sur des dirigeables français et allemands. Noire unique pilote de dirigeable, capitaine Santschi, fit sa première école à Lucerne, plus tard à Dùsseldorf et compléta son instruction à Berlin. 11 est naturel que dans ces années une foule de projets concernant les dirigeables prirent naissance en Suis>e. et que d'innombrables personnes, initiées ou non, s'emparèrent de cette question. C'est ainsi que s'ouvrit à Genève une entreprise de construction de dirigeables, sous la direction de M. Livenlhal; alors que l'architecte Chiodera, de Zurich, s occupait à réaliser des idées nouvelles sur l'aérostation, vinrent s'ajouter les projets de MM. Adrien Baumann et Tribelhorn, mais qui ne sortirent pas de la période des tâtonnements et des difficultés financières.
Jusqu'en 191 i, nos ballons suisses prirent part à presque tous les concours internationaux et nos pilotes formés à bonne école se rangent parmi les adversaiies les plus redoutés. Prirent part aux concours d'aéronautique Gordon Bennett pour la Suisse :
Berlin 1908 : 2 ballons : Helvétia avec Schâck et Messner ; Cognac avec de Leauclair et D1 Biehli. — Zurich 1909, 3 ballons : Helretia avec Schâck et Armbruster ; Azuréa avec Messner et Givaudan ; Cognai- avec de Beauclair et D' Biehli. — Saint-Louis U. S. A. 1910, 2 ballons: Helvétia avec Schâck et Armbruster; Azurra avec Messner et Givaudan. — Stuttgart 1912, 3 ballons: Helvétia avec Sorg et Mottet ; Azuréa avec B. 0. Millier et D1 Jacob ; Zurich avec de Beauclair et I)' Biehli. — Paris 1913, 2 ballons : Helvétia avec Armbruster et Seifi'erl ; Zurich avec de Beauclair et Dr Biehli.
Nos pilotes suisses prirent part à d'autres concours moins importants, et au pays même il y eut toule une série de concours nationaux. En tout cas au moment de la déclaration de guerre l'aéronautique suisse était en pleine voie de prospérité, et à n'en pas douter, son activité aurait pris plus d'extension encore, si la guerre n'élait venue tout paralyser du fait que tout le malériel dût être mis à la disposition de l'armée. Au moment où nous écrivons on peut prévoir que le développement de l'aérostation pourra bientôt reprendre. L'intérêt général est resté le même, il n'y aurait qu'une diminution du matériel à constater. Il va falloir immédiatement construire à nouveau. Les dirigeables devront être mis à l'arrière-plan à cause des grands frais qu'ils entraînent et faire place au \ieil aérostat. Le gaz d'éclairage pour gonfler les ballons nous manquera bien des années encore, par contre nous a\ons à noire disposition l'hydrogène qui le remplacera avantageusement, qu'on lecompri lans
AKRONAUTFQCE
AEHONAITIQUE
îles tubes ou qu'on l'utilise directement au sortir de la fabrique. Des établissements Fabriquant de l'hydrogène -nnt a nuire disposition, dès à présent, à Monthey (Valais), Steffisbourg (Berne), A Altaorfet à Lucerne.
I:. Aérostation militaire (Aéronautique militaire). Les descriptions humoristiques < I u capitaine des milices Ihurgoviennes Debru ir, témoin de l'emploi des aérostats au siège de Venise, doivent être considérées comme la première mention, d'origine suisse, au sujet de l'utilisation d'aérostats dans un but militaire. Mais il ne peul être mis en doute que nos autorités militaires supérieures aient étudié très tôt les possibilités de l'emploi d'aérostats et en aient reconnu l'utilité. Lorsque Spelterini entreprit ses premiers voyages en Suisse, un grand nombre d'officiers y prirent part, et il est à remarquer que même le Département militaire lit faire deux courses depuis Berne. La première eul lieu le 28 juillet 1891 avec MM. le major Schack et le capitaine Steinbuch, la seconde, le 6 août 1891, avec MM. les colonels Albert el Paul de
de la compagnie d'aérostats restèrent les mêmes jusqti a début de la guerre mondiale. Par contre, le développement des troupes et des officiers progressait. Les dernier- s'occupaient aussi d'une manière active de I aérostation civile et par là contribuaient puissamment au développement rapide des entreprises privées. l)an- cet ordre d'idées, rappelons que la compagnie d'aérostiers fui pour beaucoup par son expérience dans la lionne réussite du concours Gordon Bennett à Zurich, de 1909. Bien qu'un développement et une réorganisation des troupes aérostières fussent envisagés dès 1911 et 1912, en particulier par H. le colonel divisionnaire Weberqui en avait la direction en qualité de cher du génie, un certain parti de l'état-major réussit à empêcher toute innovation, et à faire refuser les crédite les plus indispensables pour remplacer le matériel usagé. Le ré-ultat l'ut qu'au moment de la déclaration de guerre, la compagnie laissait beaucoup à désirer, ce qui était d'autant plus grave que dans les milieux compétents on commençait à reconnaître
La
upe Gordon-Beunett 1900 à Zurich. (D'après le Bulletin de l'Aéro-Club suisse, 1914)
Tscharuer. L'importance de l'emploi '"des'' aérostats au point de \ue militaire ne- pouvait échapper à nos officiers et l'Assemblée fédérale créa, en 1895, ensuite d'un message du Conseil fédéral, un corps d'aérostiers. La première école de recrues eut lieu l'été 1900 sous le commandement de M. le colonel Schack sous la direction duquel quatre officiers, von Gugelbèrg, Blattner, Ott et Messner, furent formés par les spécialistes Surcouf, de Paris, et Scherli, de Augsbourg. l»es école- de recrues et des cours de répétitions. eurent lieu périodiquement, si bien que la petite troupe du début se transforma en un impâgnie nombreuse qui fut commandée successivement par les capitaines Schmied, Messner et Mëyer. La compagnie prouva son utilité pour la première l'ois aux manœuvres de 1901. Comme matériel, la compagnie se servit d'abord d'un ballon sphérique de Surcouf. plus tard aussi du ballon rorl'-volani de Riedinger, qui s'imposait alors. Les générateurs de gaz étaient d'origine française, tandis que le matériel roulant et les autres engins étaient d'invention suisse. Il est bien permis de dire que l'éducation des officiers-aérôstiers ne pouvait résulter que de leur propre travail, n'ayant à cille époque aucun instructeur expert à leur disposition, et l'on ne s'étonnera point si quelques accidents, par exemple la perte d'un ballon, etc., sonl à enregistrer pendant la première année. A l'exception de quelques pelits changements sans importance, l'organisation et le matériel
l'importance de celte troupe. Un cours particulier, >ous la direction du major d'Etat major général Messner. fut organisé pour les aéronautes civils, et leur matériel reconstruit dans ce but. Mais cela donna aussi l'occasion
de réorganiser principalement le- troupes d'aérostation. Dans les année- 1916 a 1918, le capitaine Otto Sorg dirigea cette réorganisation d'une manière si parfaite qu'une troupe composée d'un état-major et de 3 compagnies de pionniers-aérostiers lurent à la disposition de l 'état-major général, avec ui\ matériel complet, un équipement et une préparation remarquable des officiers et des soldats. Le parc des chevaux fut complètement supprimé et remplacé par le service de camions. Il va sans dire que pendant la guerre, l'achat de matériel oorasionna de grandes difficultés, en particulier l'acquisition d'aérostat-. En celte circonstance, c'est de nouveau M le capitaine Sorg qui prit l'initiative de la réorganisation. L'industrie -uisse étant à même de livrer un matériel de ballon de première qualité, la construction d'aéro-tatpar les pionniers-aérostiers fut entreprise -mis la direction de- officiers. Dé- ce moment, chaque officier fut à même de diriger la construction de- aérostats militaires du type le plus moderne, ce qui rendit ['aérostation suisse complètement indépendante de l'étranger pour la construction d'aérostat-, La direction de l'aérostation est entre les mains du major Messner avec le capitaine Sorg pour adjudant. Le commandant de la l" compagnie est