AGES
qui le conduisirent aux Antilles, aux Sandwich, à Fidji, à la Grande Barrière d'Australie, à l'isthme de Panama, etc. Au cours de ces expéditions, il recueillit un immense matériel zoologique qui fit le sujet de nombreux travaux. Voir entre autres: Three cru/ses of the U. S. Coast and Geodctic Survey steamer Blake 1877-1880, 2 vol. 1888; North American Acalephae, Cambridge 1865; Korth American Starfishes. 1877; On the development of the Ctenophora, 1874 ; Révision of the Echini, 2 vol. 1872. Ses travaux ont porté essentiellement sur les Echinodermes, les Coraux, les Vers et les Poissons d'Amérique. Mais les études qui ont eu le plus grand résultat, ce sont celles qu'il a consacrées aux récifs de coraux. Au moment où il a commencé ses recherches, deux théories étaient en présence: celle de Darwin, d'après laquelle les récifs se formi nt par le développement en hauteur de coraux sur un soubassement qui s'enfonce, et celle de Muriay qui prétend qu'ils s'édifient par le développement latéral de coraux établis sur un soubassement stable. Les études d'Agassiz le conduisirent à développer la théorie de Murray, en lui donnant une forme plus extrême encore; pour lui, les régions coralliennes sont plutôt en voie de soulèvement que d'alfaissement ; et les formes des récifs sont dues à l'érosion marine et éolienne. (Voir : A reconnaissance of the Bahamaand of t/ie elevated reefs of Cuba, clans le Bull. Mus. comp. zool. Harvard Collège, XXVI, 1894. — The elevated rref of Florida, id XXVIII. 1896 — The islands and coral reefs of Fiji. id. XXXIII, 1899. — The coral reefs of the tropical Pacific. 3 vol., dans les Mem. Miis. comp. Zool., XXVIII, 1903). Les recherches modernes, celles en particulier de W. M. Davis (Les falaises et tes récif s coralliens de Tahiti, dans Annales de Géographie 1918) semblent donner tort aux conclusions d'Agassiz; on doit considérer la théorie de Darwin comme générale, celle d'Agassiz comme ne s'appliquant qu'à des cas isolés, tels que la Floride. Les études d'Agassiz sur la Floride sont intéressantes parce que, en se basant sur l'âge des bancs de coraux qui la constituent, elles fixent les débuts de l'activité humaine à un minimum de 200,000 ans d'ici. Voir : G.-R. Agassiz : Letters and Becollections of Aleœander Agassiz wilh a sketch ofhis life and work (avec un portrait), Boston 1913. — Memoirs of the Mas. comp. zool. of Harvard Collège, Cambridge, 1910. — Who's Who in America, VI. 1910. — R. v. Hertwig in Silzungsberichte der math. K lasse der K. Akademie der Wissenschaften :» Mùnchen, 1911. — Handwôrterbuch der Xatuovissenschaften. 1. — Actes de la Soc. suisse des sciences naturelles, 1910. [R. O. Fhick.]
AGASSIZHORN. Sommité (3956 m.) dans les Alpes bernoises (V. DGS) à laquelle Desor donna ce nom en 1840 en l'honneur de Louis Agassiz ; première ascension en 1872. — De même I'Agassizjocii (3850 m.), col franchi pour la première fois en 1866. — Voir Dr Dubi : Hochgebirgsfùhrer durch die Berner Alpen, t. III, p. 44, 16, 1909. \k bi
AGASUL (C. Zurich, D. Pfâffikon. V. DGS). Très ancien hameau de la com. civile « Oberhofgemeinde »Illnau. En 764, Otger fit don au couvent de Saint-Gall de la moitié de ses biens patrimoniaux à Aghinsulaca, et en 774, Blitgaer fit de même pour sa propriété à Aginsulaga. Ilaiimot, abbé de Saint-Gall, afferma en 884 a Amalbert les biens du couvent à Agunsulun. Les deux comtes Hartmann de Kibourg remirent en 1239 au couvent de Xôss la moitié du domaine d'A. que le ministérial Henri de \\ urmenhusen lui avait donné. Son neveu (?) Pierre île Wurmenhusen compléta ce don en 1257. Le nom d'A. contient sûrement comme deuxième élément ahd. solaga, tulaga = mare, bourbier où le gibier se vautre (« siihlt »), un mot qui se trouve aussi dans le nom d'endroit Sulgen voir SI VII, 866): dans le premier élément ne se trouve guère le nom rare et douteux à'Ago (voir Fôrstemann I1 15 ss.) mais plutôt l'ahd. agana (GrafF ; Ahd. Sprachschalz I. 132) dont il faudrait prendre plutôt la signification de fétuque, une espèce de mauvaise herbe, liât, festuca) que celle généralement admise de balle du blé; donc mare près des fétuques? — DlETHALM d'A. (Agasuler), bourgeois de Zurich depuis 1401, était au service des seigneurs au Rùden. — Voir UZ I-III. — Mem. Tig. III. — Zùrch. Bûrgerbuch. I, p. 51. [F. H. et K. st."]
AGATHOPOLIS. Voir Neuenstadt.
AGAUNE. Voir Saint-Maurice.
AGEN, bataille d'. Lorsqu'en 121 av. J.-C. les Romains eurent organisé la Gaule narbonnaise, ils se trouvèrent menacés par l'invasion des Cimbres et des Teutons. C'était la première fois que des tribus celtiques et germaniques foulaient le sol romain pour en prendre possession. Après avoir, dans leurs incursions au nord des Alpes, entraîné deux tribus des Helvètes, les Toygènes et les Tigurins, ils battirent le consul romain, M .lunius Silanus, sur les frontières des Allobroges, tandis que les Tigurins seuls, sous la conduite de Divico, se dirigeant vers le sud-ouest, battaient complètement le consul romain Cassius Longinus dans le pays des Nitiobriges, près d'Agen sur la Garonne (Agienum, Lot et Garonne). Le consul et une grande partie de ses soldats tombèrent ; les survivants durent passer sous le joug. Cette défaite fut suivie en 105 de celle d'Arausio (Orange). Cependant les Tigurins ne surent pas profiter de leur victoire et Marius sauva Rome de l'invasion. L'endroit de la bataille n'est toutefois pas suffisamment déterminé. — Voir Tite-Live : Epit. LXV. — Gisi : Quellenbuch I (1869), p. 211-234. - C. Jullian : Histoire de la Gaule, III, p. 57 et 359. [k. Tatarinoff.]