AIGLE
château et livrèrent ce dernier au pillage. Le rire de
Torrens fui assassiné à Vevej le 10 mars 147(i. i
lils Louis de Compey fut tué en avril suivant dans un
Aigle. L'église allemande où prêcha Farel. D'après une photographie de 1879.
combat livré dans les terrains marécageux d'Outre- Rhône. Les bourgeois paraissent d'ailleurs avoir été d'accord avec les Bernois. En 1491, ils adressèrent à Leurs Excellences une représentation, leur demandant de ne rien innover dans le pays d'Aigle, qui s'était soumis volontairement, sans effusion de sang. Les Bernois avaient récompensé leurs aides de 1475 en cédant aux gens de Gessenay le domaine des Vallese, et à ceux de Chàteaud'Œx et de Bossinières ceux des Chivron. En 1533, ils acquirent de Philibert de Compey les droits des vidomnes.
La réforme fut prêchée à Aigle dès 1526. Farel, qui passait pour être le régent d'école Ursinus, y prêcha le 30 novembre déjà. Le gouvernement bernois hésita tout d'abord à le laisser parler, puis l'autorisa formellement le 8 mars 1527. Immédiatement après la dispute de Berne, en mars 1528, la messe fut interdite à Aigle, et c'est Félix de Diesbach, le propre frère du curé Nicolas de Diesbach, qui, en sa qualité de gouverneur du mandement, exécuta l'ordre d'interdire le culte catholique et de détruire les images. Cela ne se fit pas sans résistance. Le 6 septembre 1529 encore, le Conseil de Berne interdit à ses sujets d'Aigle de porter des chapelets et de discuter la vérité évangélique. Il ordonne que l'on envoie à Berne, pour être mis à la raison, «les adversaires de la Parole de Dieu ». Néanmoins, le 29 juillet 1528, Berne avait félicité les gens d'Aigle, par lettre solennelle, et leur avait témoigné toute satisfaction.
Des trois églises d'Aigle, l'église paroissiale dédiée à saint Jacques et où avait prêché Farel, fut affectée au culte allemand. Elle l'a été constamment dès lors, sauf de
1839 à 1866, où elle fut cédée au culte catholique. En 1528. ce fut I église du prieuré, dédiée à saint Maurice, qui devint paroissiale et qui l'est encore. L'église Saint- Pierre, qui dépendait du Saint-Bernard et desservait un liùpiial primitif, fut démolie. On a conservé un bénitier dan- la maison Aviolat qui doit avoir été construite sur son emplacement.
En 1642, on éleva à I é^li-e Saint-Jacques une t touroelle ' que Bignale Plantin vingt ans plus tard et à la construction de laquelle les gens de Levain et de Corbevrier durent contribuer comme anciens paroissiens. <t"u voit encore dans cette église une cloche fondue en 1436 par Jean Robert. Quanta l'église Saint-Maurice, elle a été réparée à plusieurs reprises, et dotée en 1902 de vitraux dessinés par Frédéric Rouge et exécutés par M. Hosch. A côté des églises, il y avait un premier hôpital dépendant du Saint-Bernard et un second hôpital fondé vers 1350 par Aymonet de Pontverre, «pour héberger les pauvres du Christ » et que ses descendants, les seigneurs de la Baume et de Pontverre, cédèrent à la ville par acte du 27 mai 1442. Celle-ci en avait déjà fondé un autre qui subsista, enrichi des biens du premier, jusqu'au XI.V siècle.
Après la Réforme, la ville d'Aigle s'augmenta d'un certain nombre d'immigrés qui avaient quitté le Valais pour cause de religion. Elle vécut dès lors d'une vie paisible sans incidents notables. Notons seulement que la communauté, qui avait obtenu en 1314 le droit de tenir deux foires annuelles, les vit porter à trois au XVIe siècle et à cinq en 1762. La peste fit de gros ravages à Aigle, en
Aigle. Entrée .lu château. Etat actuel.
Tiré d une notice sur Aigle, publiée par la Société d'utilité
publique d Aigle.
1348, en 1428, en 1564, et de 1626 à 1630, comme dans tout le reste du pays.
La révolution vaudoise de 1798 y fut proclamée sans incidant. En 1803, on brûla sur la place des Glariers une