‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 66 sur 329 · AIDE-MAJOR · texte numérisé non relu

AIDE-MAJOR

AIOLE

Il rfi difficile de dire quand I aide féodale cessa d'être perçue. Elle disparut très lentement. Des le XIIIe siècle, on voit des seigneurs en affranchir leurs tenanciers (MDR XXXI, n. 1101. 1412); mais ce sont des faits exceptionnels ; plus souvent les hommes en paient leur li bération. Au milieu du XIV siècle, les bourgeois de Lausanne paraissent s'être débarrasses de l'aide due à l'évêque pour l'acquisition de nouvelles terres. Dans le Pays île Yauil, la conquête hernoise ne supprima pas immédiatement ces redevances. Quisard, dans son commentaire, en parle longuement. Au XVII" siècle, elles semblent ne plus exister. Dans les terres de Romainmôtier, elles avaient été abolies par LL. EE. en 1591 ,.VZ)fl III, p. 33, 879). En I650. Fribourg parait les réclamer des sujets enlevés à la Savoie. En Valais, il nous a été impossible de fixer une date précise. Dans le comté deNeuchâtel, l'aide était perçue encore au XVIIIe siècle.

Sur l'aide féodale : en général : Ernst Mayer : Deutsche u. franzôsische Verfassungsgeschichle... (Leipzig 1889) t. I, p. 74 et 77. - A.

Esmein : Cours élémentaire d'histoire du droit français..

220, 609 et suiv. - Henri Sée

\igle pavait avoir été, ilès le XII' siècle tout au moins, aux mains îles comtes de Savoie. Des vidomnes, qui prirent le nom de noble d'Aigle (voir ce mot), administrèrent

Aigle vu de la gare : d'après une gravure en couleurs de E. Lafon. Environs de 1860.

Il'»* éd. (Paris 1912) p. 194, : Les classes rurales et le régime domanial en France au moyen âge. Paris 1901, p. 482 et suiv. — En Suisse : J. J. Hisely : Histoire du comté de Gruyère. Introduction: p. 322 et suiv. [MDR IX (1851)].— François Forel et Charles Le Fort : Chartes communales du Pays de Vaud... p. XLVII-XLVIII [MDR XXVII (1872)]. — DHV: art. Aides et Ormonts. — Pierre Quisard : Le Commentaire coustumier... éd. Schnell et Heusler [Zeit. f. Schiv. Recht. t. 15). - B. de Cérenville et Ch. Gilliard : Le subside de 1432 (RHV 1917 . — Boyve: Annales historiques... — R. Hoppeler : Beitrâge zur Geschichte des Wallis im Mittelalter (Zurich 1897) p. 95-96. — L. Stouff : Le pouvoir temporel et le régime municipal dans un évêché de l'empire germanique jusqu'à la Réforme [L'Evêché de Bâle] (Bâle 1890) t. II, p. 26. — N.-F. de Mùlinen : Recherches historiques sur les anciennes assemblées des Etats du Pays de Vaud. Berne, 1797. — A. von Tillier : Geschichte des eidg. Freistaates Rem... (Berne 1838) t. II, p. 466. — Voir les documents cités au cours de l'article. [L. K.] AIDE-MAJOR (Genève). Voir Major.

AIENT. Voir Ayent.

AIGEN. Famille saint-galloise. Voir Eigen. AIGLE (en ail. .Elen) (C. Vaim\ D. Aigle. Voir DGS) Armoiries : Coupé de sable et d'or, à deux aigles de l'un en l'autre. Devise ancienne: Recta volât cum scientia et 'nisticia. La plus ancienne mention de cette localité date de 1152, sous la graphie Aleo. mais elle existait déjà antérieurement. On y a trouvé des tombeaux de l'âge du bronze ; puis, sur une colline près du château, les restes d'un bâtiment romain avec aqueduc, et enfin une agrafe en fer incrustée d'émaux, de l'époque franque.

Le noyau de la localité était au Bourg, où était l'église paroissiale dédiée à saint Jacques (aujourd'hui église allemande protestante). Non loin étaient le château, demeure des vidomnes puis des baillis bernois, et le prieuré de Saint-Maurice, compris dans le quartier du cloître. Au quartierde la chapelle était la maison de Saint-Bernard.

cette terre en leur nom. Le 15 juin 1232, le comte Thomas de Savoie passa un accord avec les frères Jacques et Pierre de Saillon aux termes duquel il leur céda la peauté (poderio) d'Aigle, excepté le fief des chevaliers et le bourg d'Aigle. Peu après, les Saillon acquirent le vidomnat luimême. Il résulte de cet acte que dès ce moment, le bourg avait une administration distincte du reste de la seigneurie, et qu'il était déjà doté de franchises, dérivant sans doute de celles de Villeneuve. Du moins, le texte confirmé le 18 mai 1314 par le comte Amédée V s'inspire-t-il directement de ces dernières. Franchises ne veut pas nécessairement dire administration autonome. Mais le 19 juin 1288, le bailli du Chablais G. de Septème, nommant quatre syndics ou procureurs de la localité, paraît plutôt confirmer une désignation des bourgeois que faire un établissement de son propre chef. En tout cas, l'administration locale est constituée à cette date. Les bourgeois devaient, suivant l'usage, la chevauchée au comte de Savoie. Mais l'acte du 18 mai 1314 réserve qu'ils devront pouvoir aller et venir en un jour par bateaux, et en 1392 la comtesse de Savoie Bonne de Bourbon dispensa les habitants du bourg d'Aigle de se joindre à la chevauchée jusqu'à ce que, dit la comtesse, « tous nos autres gens aient passé, afin qu'ils ne souffrent perte en leurs biens».

Les bourgeois d'Aigle eurent souvent maille à partir avec les seigneurs du voisinage. Tant et si "bien qu'en 1464, le conseil de Berne leur accorda quelques secours pour les aider à briser l'orgueil de leurs voisins, cela au moment même où une autre expédition bernoise marchait sur Bex. C'était une première prise de contact dans cette région entre Berne et les ducs de Savoie. L'idée d'avoir depuis l'Oberland et le Gessenay un débouché direct sur la plaine du Rhône et la Savoie devait tout naturellement venir aux Bernois. Elle fut réalisée au moment des guerres de Bourgogne. Dans la nuit du 11 août 1475, 1000 hommes du Gessenay auxquels s'étaient joints des contingents des Ormonts et de Château-d'Œx firent irruption à Aigle. Le château était défendu par un seigneur Jean de Compey-Torrens, vidomne du lieu. Après une courte résistance, celui-ci demanda à négocier, et au cours îles pourparlers parvint à s'enfuir. Verdeil rapporte que, pour se venger, les Bernois massacrèrent la garde du

AKiLK

Page 1