‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 74 sur 329 · Abbé de Mûri. Albert ou Adalbert I, abbé de Mûri · texte numérisé non relu

Abbé de Mûri. Albert ou Adalbert I, abbé de Mûri

1284 1298, scella en 1285 une lettre d'investiture en faveur du frère R. Knochli, commandeur de l'ordre teutonique à Hitzkirch et conclut la même année un arrangement entre le couvent de Frauenlal et l'ancien curé Jean, de Sarmenstorf. C'est sous son règne que fut prononcée la sentence arbitrale des chevaliers Louis von Liebegg et Conrad von Heidegg dans le différend entre le couvent et le chevalier Rodolphe von Barro, de Bremgarten, causé par une question de propriété et de droits à Aristau ; le jugement attribua au couvent les dîmes et les bois à Schoren, un bois de chênes, ainsi que divers droits. En 1297, Albert céda par acte au couvent de (înadental un fief héréditaire dans le Renfstal. - Voir: Gfr. 20, p. 309. — Kiem : Gesch. des Klostpys Mûri ï, p. 118. [G . Wiedebkehr.1

C. Ecclésiastiques — Albert, chanoine de Lausanne et écolâlre de la cathédrale vers l'an 1000. — Reymond : Dignitaires, p. 253. [M. R.]

Albert, de Strasbourg (Argentinensis). Chroniqueur, auquel on a attribué pendant un certain temps la chionique de Matthias von Neuenburg. Cuspinien a, en elfet, publié en 1553 chez Oporinus à Hàle, à la suite de son ouvrage De consulibus Romanorum, un Cltronicon Magistri Alberti Argentinensis incipiendo a Riidolpho primo Habsburgensi usque ait sua tempora (1273-13491. Il est reconnu aujourd'hui que cette chronique est l'œuvre de Matthias von Neuenburg, un secrétaire de l'évêque Rerlhold de Strasbourg. Tout, au plus admet-on que Matthias a utilisé des renseignements oraux de son contemporain Albert de Strasbourg, ou même encore une chronique de ce dernier aujourd'hui perdue. Cuspinien attribue encore à Albert un livre de facéties du roi Rodolphe 1er de Habsbourg, le Liber faceliarum, actuellement perdu. Si l'on connaît peu les œuvres d'Albert de Strasbourg, on n'est pas davantage renseigné sur sa vie. Plusieurs suppositions ont été émises à son sujet, dont la plus plausible est que noire chroniqueur doit être identifié avec Albert II, évêque de Freising et comte de liohenberg, * vers 1303 f 25 avril 1359 à Stein s/Rhin. Le surnom de « Strasbourg » lui venait de ce qu'il avait été chanoine dans cette ville. 11 fut candidat à l'évêché de Constance en 1334-35, puis de nouveau dix ans plus tard ; enfin, en 1349, il était nommé par le pape à l'évêché de Freising. En celle ipialiié, il accorda à Albert 11 d'Autriche des secours contre les Suisses en 1354. — Wenck : Albr"chl von Hohenberg u. Matthias von Neuenburg, dans Nettes Arc/tic, 1884, p. 29-98. — L. Wieland: Beïtrïige zur Kenntnis (1er Uterarischen Tûligkeit des Matthias von Neuenburg, dans Abhandlungen (1er Kgt. Ces. (1er Wissenschaften zit Gôttingen, phil-hist. Klasse. 1891 et 1892. —Diction, d'/tist. et de géographie ecclésiastiques. [1^- M.|

Albert (de Weidhofen), chanoine à Munster (Lucerne), fonda un obit, et f 1335. — Voir M. Riedweg : Gesch. des Sliftes Munster, p. 473. [P. x. W.l

ALBERT I, duc d'Autriche et roi des Romains, lils aîné de Rodolphe de Habsbourg et de Gertrude (Anna) de Hohenberg, * vers 1248. Il est cité pour la première fois en 1270; en 1276 il était marié avec Elisabeth Mlle de Meinhard de Tirol (1263-1313) qui reçut, en 1282, le duché de Carinthie. En I28l, Albert reçut de son père l'administration des terres enlevées à Ûtlokar de Bohême ; Tannée suivante il fut investi, conjointement avec son frère, puis à partir de 1283 seul, de l'Autriche, de la Styrie, de la Carniole et de la marche des Vendes. A la mort de son père, 15 juillet 1291, Albert eut à faire face à l'opposition qui s'élevait de toute part contre les Habsbourg. Après s'être rendu maître de la situation à l'Est et avoir perdu tout espoir de monter sur le trêine, il se tourna contre ses adversaires coalisés de la haute Allemagne pour les écraser. Les plus importants étaient l'évêque de Constance, son parent de la branche des Habsbourg- Laufenbourg ; le comte de Savoie et son frère le seigneur de Vaud ; la jeune maison de Kibourg; les villes impériales de Zurich et de Berne; Guillaume, abbé' de Saint-Gall, de la maison de Monll'ort, et ses parents; Elisabeth de llomherg et Rapperswil. enfin les fondateurs de la Confédération suisse, Uri, Schwyz et Unlerwald. Uri et Schwyz s'étaient alliés le 16 octobre 1291 à Zurich contre les Habsbourg. On combattit avec des succès partagés jusqu'à l'arrivée d'Albert. Le 31 mai il se

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Albert I". roi i\e< Romains, il après les Merckwùrdige Uebe bleibsel. L775. '

fil prêter sermenl .1 Lucerne, assiégea Zurich quclqui jours, continua 1 poursuivre ses ennemie qui Furent promptemenl contraints de se séparer. Après fa prise de Wil, la paix fui conclue en août avec ses principaux adversaires de I Ksi : l'évêque de Constance, I abbé de Saint-

Gall et Zurich. Les années suivantes virent l'hostilité entre Albert el Adolphe de Nassau, qui avait été désigné le 5 mai 1292 par les princes t li 1 teurs pour Buccéder ■ > Rodolphe de Habsbourg

Albert d'Autriche chercha ;i augmenter sa puissance par des alliances el les mariages de ses filles, jusqu'au moment où l'opposition grandissant contre le roi, les princes se tournèrent vers lui. Après la mort d'Adolphe de Nassau, tombé le 2 juillet 1298 à la ha taille de Gôllheim, Albert fut élu roi. Schwyz et Uri avaient mis à profit la rupture entre le roi et le duc d'Autriche pour se faire délivrer des lettres de franchise par le premier le 30 novembre 1297. Ces lettres ne furent pas confirmées par le nouveau roi. Au printemps de 11108, Albert se rendit de nouveau dans la haute Allemagne et y faisait de grands préparatifs contre la Bohême et autres adversaires de sa politique, lorsqu'il fut assassiné par le fils de son frère Rodolphe, Jean, et quelques complices : Rodolphe de Wart, Rodolphe de Balm, W aller de Eschenbach et Conrad de Tegernfeld. Le crime eut lieu le 1er mai 1308. entre Windisch et Brugg, à l'endroit où la veuve d'Albert lit élever le couvent de Kônigsfelden. — Voir Kopp : Gesch. der eidgenôss. Bande III. — Dierauer : Bis t. de la Confédéral ion suisse I.

— Ivo Luntz : l rkunden u. Kanzleiwesen der Së/ine /•'<<dolfs von Habsburg, dans Mitteilgn. des Instituts fur ôsterr. Geschichtsforschung, 1916, p. 411-478. — J. Rernoulli : Propst Johann von Zurich, Kônig Albrechls I. Kanzler, dans JSG 1917.— Notes du D' C. Rrun. [h. M.]

ALBERT II, duc d'Autriche de 1339 à 1358. dit le paralytique ou le sage, * 12 déc. 1298 f 20 juillet I358, était le 4« fils du roi Albert I (f 1308) et d'Elisabeth fille du comte Meinhard de Gôrz-Tirol. Il fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, mais en 1322, il se chargea de l'administration de l'Autriche et de la Slyrie bour le compte de son frère Frédéric, prisonnier à Mùhlperg, puis, de 1326-1328, après la mort de Léopold, de l'Autriche occidentale. 11 épousa, en 1324, Jeanne de l'errette, dont on connaît 7 enfants, parmi lesquels trois fils (Rodolphe IV f 1365, Albert III f 1395 et Léopold III f 1386) lui succédèrent sur le trône ducal. Il régna d'abord en commun avec son frère cadet Otto jusqu'en 1339, puis seul jusqu'à sa mort en 1358 sur toutes les terres des Habsbourg. C'est sous son règne que se constitua la Confédération des huit cantons, dans une époque où les intérèis des confédérés étaient en opposition violente avec ceux de l'Autriche. Par son entrée dans la Confédération, Zurich, ville alliée de l'Autriche, provoqua l'irritation du duc. Une guerre s'ensuivit dans laquelle il s'agissait pour Albert non seulement de châtier Zurich, mais encore d'affirmer et de regagner sa situation compromise dans la Suisse centrale. Zurich subit trois sièges de courte durée, en septembre 1351, juillet 1352 et septembre 1354. Des pourparlers de paix furent entamés entre chacun des sièges et aboutirent à la paix dite de Ratisbonne, conclue dans cette ville les 23-25 juillet 1355. Cette paix rétablissait dans ses grandes lignes le statu quo mite 1350. — Voir Lichnowsky : Gesch. des Hanses Habsburg III. Vienne, 1838. — H. v. Liebenau : Lebensgeseh. der Kônigin Agnes von Ungarn, Ratisbonne, 1868. — A Dlil, 279. — A. Huber : Gesch. Oesterreichs, II, Gotha, 1885.

— A. Huber : Die Zeil der ersten Habsburger jlùs Ru-

dolf IV), Vienne. 1866. — Itieiauer : II, si. ,1, In Conf,

suisse I. Dândlikcr : Gesch. der S lad t u. des K an tons Zurich I c v. Wyss : lier Hegensburger Friede dans

Al hé ri il. duc d Autriche, dit le Paralj tique, d après les Merckwùrdige Ueberbletbsel. IT7G.

.4.SY;.4 1866-1867. - Th. Ritter : Die Pdlitik Zùrichsin

der -J. Unifie des XIV. Jahrh. Zurich, 1886. - Favre: La Confédération des huit cantons, Leipzig, 1879. — Dierauer : Chronik der Stadi Zurich {QSG XVIII), Bàle, 1900. — II. de Diessenhol'en : Fontes rerum Gertn. IV. — Matthias v. Neuenburg : Continualio, éd. Studer. — AS II, 2' éd.. p. 29-41 et '263-297. Th. Ghbybrz.

ALBERT III, duc d'Autriche, *lin 13*9 ou début de 1350 f 29 août 1395, dit «la tresse», fils d'Albert II le paralytique et de Jeanne de Ferrelt*». A la mort de son frère aîné et tuteur, Rololphe IV (1365), il eut avec son cadet, Léopold III, le gouvernement des terres indivises des Habsbourg, l'armi les adversaires de ces jeunes princes se trouvaient, à côté de seigneurs allemands el italiens, les Confédérés qui, déjà peu avant la mort de Rodolphe, avaient mis à profit les embarras de l'Anlriche pour lui enlever Zoug. Par la paix de Thorberg, 7 mai 1368, Zoug resta aux Confédérés. A la suite de désaccords, les deux frères, Albert et Léopold, procédèrent à un partage de leurs terres, en 1373 d'abord, puis, à titre définitif en 1379. Albert avait l'Autriche proprement dite, tandis que Léopold obtenait les autres possessions ainsi que l'Autriche antérieure. Ce partage eut pour conséquence de laisser Albert complètement étranger aux guerres (pie son frère avait à soutenir contre les Suisses. .Mais Léopold étant tombé à Sempach, Albert réunit les terres de son frère aux siennes, cela à la suite d'un accord, du Ri août 1336, avec Guillaume, fils aîné du premier. Dans ces conditions il se vit obligé de continuer la guerre, et pendant l'année 1387 poussa activement, avec Guillaume, à la reprise des hostilités, suspendues par une paix d'une année. Il aboutit au désastre de Nafels. Malgré son caractère pacifique, Albert, dominé par les intérêts de sa maison, chercha à recouvrer par la force les possessions tombées aux mains des Confédérés, et dans ce but déploya une activité politique intense, avec son neveu Léopold IV. pour se créer des alliés. Zurich fut un moment du côté de l'Autriche. Devant l'attitude résolue des Confédérés, les ducs reculèrent et consentirent une paix de 20 ans, 16 juillet 1394. — Voir ADB I, 281-283. — Dierauer : Histoire delà Confédération suisse I. [C. Brus.]

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