‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 88 sur 329 · ALI0D · texte numérisé non relu

ALI0D

ALIOTH

la suite d'une dispute religieuse avec les ecclésiastiques bernois, il fut banni du territoire bernois le 21 mai 1534. Il se vit expulsé de Constance et d'Ulm comme arien en août 1534 et en octobre, Bullinger écrivit contre lui. Menant une vie errante, on le trouve à Strasbourg et Wittemberg. Au début de 1537, il est à Thonon, puis à Genève ; le synode de Lausanne, en mai 1537, le condamne à se rétracter et nous le rencontrons ensuite pasteur dans le bailliage de Thonon jusqu'en 1539. En mars 1543, il est à Constance, en juin 1544, il fait une visite à Bullinger. En janvier 1547, à cause de ses erreurs ariennes, il est emprisonné à Augsbourg après s'être rétracté le 2 février, il est réhabilité. Thomas et Ambroise Blaurer le soutiennent financièrement et le recommandent à Bullinger. Il gagna alors péniblement sa vie en vendant des ouvrages de médecine et de mathématiques. En avril 1548, nous trouvons sa famille à Frauenfeld, en mai à Winterthour. Plus tard, il est à Memmingen, en février 1554 il est en prison à Augsbourg et dès lors nous perdons sa^ trace. En 1534, on le représente sous les traits d'un homme petit et boiteux, chauve, à la barbe longue partagée en deux pointes, famélique et à la veste noire usée jusqu'à la corde. Il donnait toutefois à ses adversaires l'impression d'un homme sincère, pieux et inolfensif. A l'audience de 1534. il avait déclaré que Farel partageait sa conception religieuse, ce qui permit à Pierre Caroli d'accuser d'arianisme Farel et même Calvin, qui traitait Aliod avec indulgence, et de trouver beaucoup de crédules. — Voir Herminjard : Correspondance des Réformateurs, t. III-VI. — Rriefwechsel der Bruder A. u. Th. Blaurer ; éd. par Traugott Schiess, t. III. — Fr. Roth : Augsburgs Befoimntionsgeschichte, t. III. [E- B.l

ALIODI, ALLIODY. Famille reçue à la bourgeoisie de Neuchàtel vers le milieu du XVIe siècle. Elle venait très probablement de France à la suite des persécutions religieuses et descend peut-être du pasteur Claude d'Aliod (voir ce nom). — Isaac, « libraire » (relieur), à Neuchàtel, a reçu en 1579, 40 livres pour avoir relié 4 registres de reconnaissances. La famille s'est éteinte au XVII* siècle. [L. M.]

ALIOLUS, de Melide. En 1421, il est mentionné avec Estomaxius, son compatriote, parmi les artistes employés aux travaux de restauration du dôme de Côme. — Vegezzi : Esposizione storica. — SKL. [Dr G T.]

ALIOTH. Famille bourgeoise de Bâle, Arlesheim et Bienne ; le berceau est la ville de Bienne. Le premier ancêtre de cette famille qui ait laissé des traces jusqu'ici est Claude, de Bienne (* en 15... ■{■ en 16...). Il a laissé des descendants non seulement en Suisse (à Bâle, Arlesheim, Berne, Nidau, Wangen, Meiringen, Œrlikon, etc.), mais aussi en France et en Amérique. Armoiries : Coupé d'or à l'aigle éployée de sable et d'azur à trois monts de sinople en pointe, une tour d'argent 9ur le mont de droite et une colombe du même volant dans sa direction à senestre. Devise: plus d'honneur que d'honneurs. Le fondateur delà branche bàloise et d'Arlesheim est un descendant de Claude Allioth de la huitième génération, nommé : — 1. Jean-Sigismond, *à Bienne le 2 nov. 1788, fà Bâle le 5 mai 1850 ; il épousa en 1813 Chrischona Hornung. de Mulhouse. Dès l'année 1812, il se fixa en Alsace, où il pratiqua le commerce. Après avoir appris en Angleterre la fabrication mécanique de la chape, il créa à Bâle, en 1824, la filature de chape. La maison J. -S. Alioth et Cie fut la première sur le continent à travailler par des moyens mécaniques. Il posa ainsi les premiers fondements de la Société industrielle pour la chapeà Bâle qui existeencore. En 1830, il transféra à Arlesheim le siège de ses affaires, et y passa la plus grande partie de son existence ; il habitait la propriété dite « Andlauerhof » et possédait le château de Birseck. En 1840, il devint bourgeois de Bâle. Parmi ses descendants, il y a lieu de citer : — 2. Daniel- Aiifjuste, *le 15 novembre 1816 à Guehwiler (Alsace) ,-j- le 24 janvier 1889 à Arlesheim ; il épousa en 1840 Marie Falkner. Il dirigea avec succès la fabrique créée par son père qui, en 1873, devint la société en commandite par actions Chancel, Veillon, Alioth et Cie. Il fut co-fon-

Daniel-Aùguste Alioth (1816-1889).

D après un dessin de Julius Sulzer

(1818), lithogr. par L.Wegner.

dateur et membre du conseil d'administration de la société d'assurances sur la vie « La Bâloise », ainsi que de la Banque hypothécaire de Bûle-Campagne ; il fut également député au Grand Conseil de Bâle - Campagne et membre du conseil communal d'Arlesheim. Il fit construire dans sa propriété une chapelle qu'il mit à la disposition de ses coreligionnaires protestants. Il habitait la maison du coadjuteur du chapitre de la cathédrale appelée «Vorderer Hof ». En reconnaissance des services rendus par lui à la communauté, la commune d'Arlesheim lui conféra la bourgeoisie d'honneur. Alioth prit part à la guerre du Sonderbund en qualité d'officier d'état-major et obtint en 1863 le grade de colonel. — 3. Frédéric-Sigismond, frère des n°s 2 et 4, * le 19 juin 1819, f le 12 avril 1878 ; épousa en 1855 Marie Le Grand. Docteur-médecin, il pratiqua son art à Arlesheim et se voua avec zèle à l'étude de la botanique ; il fut un grand bienfaiteur de la commune d'Arlesheim. — 4. Jules- Achille, frère des n»s 2 et 3, * à Mulhouse le 26 septembre 1822, f à Arlesheim le 13 janvier 1898. Il fut directeur technique dans la filature paternelle .1 -S. Alioth et Cie transformée plus tard en Société industrielle pour la chape. Dans l'armée, il parvint au grade de major du génie. Il posséda le château de Birseck et la propriété dite «Andlauerhof». Il épousa en 1850 Emilie Marquis, du Chatelard, et en 1858 Lucie Franck, de Mulhouse. — 5. Auguste-Maximilien, fils du n° 2, * le 29 janvier 1842, f le 1er février 1892 ; épousa Aurélie-Marie Charpentier (marié en secondes noces avec J. Schâublin). Il fut architecte à Bâle et l'ami de Jacob Burckhardt (voir la correspondance éditée par Trog). Il construisit la maison Veillon (actuellement Passavant-Allemandi, Gartenstrasse, 1) et la maison Burckhardt -Heusler, dite « zur Zosse » (Faubourg Saint-Alban, 96K II fut capitaine d'infanterie. —6. Sjgismond-Guillaume, fils du n° 2 * le 12 février 1845 à Arlesheim, f le 1er octobre 1916 dans cette localité ; il épousa en 1873 Sally Vischer. En 1869, il entra dans la filature de son grand-père J.-S. Alioth et C'H, sous la direction de son père et lorsqu'en 1873 elle se transforma en société en commandite par actions Chancel, Veillon, Alioth et Cie, il en devint l'un des gérants. Lors de la création, en 1882, de la Société pour la chape, il y occupa les fonctions de directeur, puis en 1888 celles d'administrateur-délégué, poste qu'il occupa jusqu'au printemps 1914. Il appartint au Grand Conseil de Bâle- Ville de 1884 à 1889 et de 1893 à 1908, et fut également membre du comité de la chambre de commerce bàloise qu'il présida de 1898 à 1906, maître de l'Abbaye des Tisserands, secrétaire de la société académique et atteignit dans l'armée le grade de colonel à l'état-major général. A l'occasion du 450" anniversaire de la fondation de l'Université de Bâle, en juin 1910, la Faculté de philosophie lui conféra le titre de docteur honoris causa, en reconnais-

Sigisniond Guillaume Alioth

D'après une photographie.

ALITHEAD0T0SK1

AIXAMAM»

sance des services rendus à l'Université et à la Villr de

Mâle. — 7. Louis-Rodolphe, fils du n»2. *lef> mai 1848

à A ilislni m, où il mourut le 1« juillet 1916 ; il épousa

en 1873 Berthe de Speyr.

Après avoir ti ses

études d'ingénieur, il entra comme directeur technique dans la filature paternelle Chancel, Veillon, Alioth et C'" où il était intéressé ; il quitta ce poste peu de temps avant l'agrandissement et la transformation de cette filature en Société anonyme pour la cliape en 1882. Dès lors, il se consacra exclusivement à l'électrotechnique et fonda d'abord à Baie et ensuite à Mùnchenstein une usine électrique qui devint en 1895 la S. A. d'électricité Alioth et fusionna en 1910 Louis-Rodolphe Alioth avec 'a société d'électricité

i isis 1916)> Hrown, Boveri et C". Louis-

D après une photographie. Rodolphe fut l'un des tout

premiers pionniers de l'industrie électrique suisse et contribua pour une grande part à son développement, à sa renommée et à l'extension de son champ d'activité à l'étranger. 11 y a lieu de mentionner spécialement ses entreprises hardies dans le domaine des chemins de fer électriques. En 1903 l'Université de Lausanne lui conféra le titre de docteur es sciences honoris causa, en reconnaissance de ses mérites. Alioth fit également une belle carrière militaire et obtint le grade de colonel du pénie. — 8. Daniel-Alkred, fils du n° 2, * le 8 février 1850, f le 6 février 1913, avocat et notaire à Bàle, membre de la cour d'appel et capitaine d'infanterie. Il épousa en 1882 Julie-Louise Vischer et en 1891, Rose-Barbara-Adèle Veilh. [Hans-Frana Sarasin.1

ALITHEADOTOSKI. Voir FÛSSLI, JuH. KONR.

ALIUM, ALLIUM, HALIUM. Formes diverses

d'AlGLE.

ALI-AGE (DROIT D'). Voir Hallage.

allalin (COL D'). (V. DGS). 3570m. Col entre le Rimpfischhorn etl'Allalinhorn, conduit deMattmark, dans la vallée de Saas, à la Tàschalp et à Zermatt. Le nom d'Allalin ne vient pas de l'arabe, comme on l'a admis d'après Engelhardt, savant de Strasbourg, car les Sarrasins n'ont jamais paru dans la vallée de Saas, mais provient, comme le démontrent les formes originelles Ayguelina, Aquilina, du dialecte franco-provençal parlé par la population qui habita la vallée de la Viège avant l'invasion germanique. Ainsi, quoique n'ayant pas la même origine, ce nom paraît avoir un sens identique à celui du col de l'Adler voisin. Ce passage a été franchi pour la première fois le 11 septembre 1828, de Tàsch a Saas, par le géomètre prussien Ernest Michaelis, alors occupé en Suisse, et le 14 août 1847, de Mattmark à Saas, par le professeur Melchior Ulrich, Jacob Siegfried, le pasteur H. Schoch, avec le pasteur U. Jos. Imseng et les guides Jean Madulz et François Andermatten. — Voir Frôbel et Heer : Mitteil. aus dem Gebiet der theoretischen Erdkunde, Zurich 1836, I, p. 231, réimprimé dans le JSAC XXXIX, p. 358- 361. — Berg- und Gletscherfahrten, Zurich 1863, II, p. 100-116. — L. G. Iselin : Walliser Ortsnamen und Walliser Urkunden dans ASG 1894, fasc. 5 et 6; 1896, fasc. 3. [H. Dubi.]

ALLAMAN (C. Vaud, D. Rolle. V. DGS). Localité déjà habitée à l'époque celtique et qui tire son nom probablement d'un nom de personne celtique. En construisant au XVIIIe siècle la route actuelle, on a trouvé des antiquités gauloises et romaines. Le pont d'Allaman sur l'Aubonne reliait les diocèses de Lausanne et de Genève. Le plus ancien seigneur d'Allaman connu est Humbert de Rossillon, en faveur duquel Jean, coseigneur d'Aubonne, reconnut en 1326 la haute juridiction et le droit de fourches en deçà l'Aubonne. En 1421, 1* duc de Savoie ayant retiré la seigneurie d'Allaman des

Rossillon, à la suite de reprise d engagere, 1 iuféeda à Guigne de Briord, châtelain de Nyon, qui la revendit en 1434 à François de Russin. Elle passa de là en 1546 aui Challet, puis en 1573 aux Diesbach, de Berne, en I576 aux Cerjat, en I722 aux Langallerie, et enfin en l7.">."> à Gaspard Sellon, de Genève, dont descend M"" de Loriol, la propriétaire actuelle du château. Celui-ci est une intéressante construction du XVI« siècle, incendiée en 1530, restaurée et transformée en 1723. C'est à Allaman que, le 17 septembre 1471, Philippe de Compey assassina le seigneur Bernard de Menthon. Jean Sellon, seigneur d'Allaman, fut créé comte de l'Empire par Joseph II (voir Sellon). Voltaire tenta d'acheter la seigneurie d'Allaman, mais il fut éconduit par le gouvernement bernois. Le comte Jean-Jacques de Sellon, fondateur de la société de la paix, reçut au château d'Allaman Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, Maret, duc de liassano, et le comte de Cavour, fils d'une Sellon. — DU Y 1,58-60. [M. r.]

ALLAMAN. Famille noble, qui possédait au XIIIe siècle une partie de la seigneurie de ce nom (Vaud). A la lin de ce siècle, Rodolphe d'Allaman, chanoine de Lausanne et de Genève, était conseiller du roi d'Angleterre Edouard, et il était en 1302 professeur à l'Université de Paris. — Reymond : Dignitaires, iixA.

Famille noble de Romont. Acquit vers 1550. par alliance, la seigneurie d'Echichens (Vaud), qui passa aux Guibert à la fin du même siècle. —DHV I. [M. R.l

ALLAMAN-AUBONNE-GIMEL. Chemin de fer électrique, à voie étroite, de 9913 mètres, achevé en 1898, relie le bourg d'Aubonne et la station de Gimel au réseau fédéral. Cette ligne a, comme le Morges-Apples- Bière, pour but de relier les communes du pied du Jura aux rives du Léman. Voir Rapport sur le chemin de fer du versant sud-est du Jura vaudois, Lausanne, 1899, et DHV I, 412. [M. R-]

ALLAMAND. Famille vaudoise, connue à Rougemont dès 1456. Armoiries : d'azur au demi-vol d'argent, alias, à l'aigle d'argent. — L'un de ses membres, François-Louis (1709-3 avril 1784), fils de Thomas, régent au collège de Lausanne, après un séjour prolongé en France, Hollande et Allemagne fut dès 1749 pasteur à Ormont-dessus, Bex, Corsier, puis de 1773 à sa mort, professeur de grec et de morale à l'Académie de Lausanne. Il a écrit divers ouvrages de théologie et de philosophie dont la plupart sont restés manuscrits et conservés à la Bibliothèque cantonale de Lausanne. En fait d'ouvrages imprimés, mais sans nom d'auteur, on a de lui : Lettre sur les assemblées des Religionnaires en Languedoc, Rotterdam 1745. Pensées anti-philosuphiques (opposées aux Pensées philosophiques de Diderot), La Haye 1751, et YAnti-Bernier ou nouv. Dictionnaire de théologie, 2 vol. 1770. Il a été en correspondance avec Voltaire et avec Gibbon. Son frère Jean-Nicolas-Sébastien (1713-2 mars 1787) se tourna vers les sciences naturelles et physiques, devint en 1742 professeur de physique à l'Université de Leyde, en 1759 recteur de cette Université, et il mourut dans cette ville. Il forma le cabinet d'histoire naturelle de Leyde, et publia une édition en 24 volumes (1766-1770) des œuvres annotées de Buffon. Il a collaboré à la traduction en français des commentaires latins d'Alb. Schultens sur les livres de Job (Leide 1748) et des Proverbes (1752). — Verdeil : Hist. du Canton de Vaud 111,201 et suiv. — Au sujet de sa « Lettre sur les assemblées», Edm. Hugues: Hist. de la restaur. du protest, en France au XVIII' s. II, p. 245 et suiv. — E. Dardier; Lettres de P. Rabaut à Ant. Court, 2 vol. passim (v. la table des noms propres) et Eug. Ritter : RHV d'oct. 1903. — Pour sa correspondance avec Voltaire, Maillefer : RHV d'oct. à déc. 1898. — Rossel : Hist. litt. — Gindroz: Hist. Inst. publ. dans le canton de Vaud. — Conservateur suisse, XI. — B. van Muyden : Pages d'histoire lausannoise, 319. — de Montet: Diction, des Vaud. et Genevois 1,8-9. — [M. R] — Charles-Henri, * aux Verrières en 1776, f à Fleurier en 1840. d'une famille venue aux Verrières dans le courant du XVIIe siècle et naturalisée neuchâteloise en 1786. Allamand, neveu et petit-lils de médecin, étudia la médecine à Besançon et Paris. Il s'établit d'abord, en 1799, à Dombresson, puis en 1802 transféra son domicile à Fleurier où il resta jusqu'à sa mort. Il fut l'introducteur de la

ALLANTSEK

ALLEMAGNE

vaccine au Val-de-Travcrs. Il est connu comme historien, et vit deux de ses mémoires couronnés et publiés par la société d'émulation patriotique, tandis que le troisième, revu et corrigé, ne parut qu'après sa mort. Ce sont : Essai statistique sur la mairie des Verrières, Neuchâtel, 1833; Statistique delà Cliatellenie du Val-de-Travers, Neuchâtel, 1836 ; Description de la Juridiction de Travers. Xeuchàtel, 1843. Allamand lit aussi partie de la Société helvétique et de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, où il présenta plusieurs communications. — Quartier-la-Tente : Le Canton de Neuchâtel, IIIe série, p. 584. — Actes Soc. helv. se. nat. 1840. — [L- M.l — Alphonse-Antoine, * à Genève en 1813. consacré au Saint-Ministère en 1836, fut nommé en 1844 pasteur de Saint-Gervais, mais dut bientôt s'absenter pour cause de maladie et mourut à Orange le 1er janvier 1846, après avoir fourni une carrière courte mais bien remplie. — Voir Heyer : Eglise de Genève. — Donat, * à Genève en 1821, j en 1857, docteur en médecine. Après de brillantes études il s'établit à Epernay (Marne) et s'y fit promptement une nombreuse clientèle. Dans la dernière invasion du choléra, qui fit dans cette ville tant de victimes, il rendit d'immenses services par ses talents et son dévouement, mais il tomba dans un épuisement qui mit bientôt fin à ses jours. — Voir Sordet : Dict. [A. Ga.]

ALLANTSEE, maître Ambroise, de Fûssen, vicaire, des chartreux de Baie en 1480. Il avait un frère Jean, f après 1518, chanoine de Saint-Pierre à Bâle, professeur à l'Université de Bâle, qui se rattachait aux nominalistes. - Voir Bas. CI, p. 338-40. — Vischer ; Gesch. der fjniversitât, p. 168. [L. M.]

ALLARD. Au XVIe s., puis de 1691 à 1717, un grand nombre de familles du nom d'Allard, venant surtout du Dauphiné, de la Provence, mais aussi du Bourbonnais et de Beims, passèrent à Genève. Quelques-unes s'y installèrent. A l'une de ces dernières appartient Jean, le prodigieux aventurier dont les méfaits eurent pour théâtre presque toutes les cours européennes pendant la période 1565-1584. — Voir Genève AE. — France protestante. — Pour Jean Allard, cf. Doyen Bridel : Les Etrennes helvétiennes, 1824. [C. R.]

ALLASIDERUS. Voir Wurstisen.

ALLAZ. Famille vaudoise de Villars-le-Terroir, dès le XV» siècle. [M. R.]

ALLE (ail. Hall) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Vge et paroisse sur l'Allaine. C'est une des plus anciennes communes de l'Ajoie. Quelques ossements et objets trouvés vers le milieu du XIXe s. prouvent qu'il y eut un établissement romain en cet endroit. 797, Walo ;1248, Alla; 1263, Halla; 1284, Aulla. — Ce village est cité pour la première fois en 797 : Angelram, évêque de Metz, confirme la donation faite par Wascon, abbé de Saint-Nabord, en Lorraine, au comte Wolmerus, avoué du couvent, de différentes propriétés, entre autres Aile, appelé Walo (Notnina villarum Walo quae est juxta Morsperc castrum in ElisaciaJ. En 1179, une bulle du pape Alexandre III confirme à l'abbaye de Moutier-Grandval un domaine situé à Aile (apud Allam). Pour le luminaire de son église, l'abbaye retirait d'Aile cinq sols. Aile souffrit beaucoup pendant la guerre de Trente ans du passage des Suédois qui brûlèrent le village en se retirant (1634). En 1637, nouvel incendie par les Français. Aile était chef-lieu d'une des cinq mairies d'Ajoie (voir ce mot). C'était un des centres de réunion des paysans révoltés (1730-1740). Un procès fameux dans les annales judiciaires du pays est celui qui s'éleva au XIVe siècle entre les communes d'Aile et de Courgenay, au sujet de la possession d'une vaste forêt située sur les pentes X. du Mont-Terri. Ce procès dura jusqu'en 1865. Un autre procès célèbre s'engagea entre Aile et la bourgeoisie de Porrentruy : pour avoir le droit de se réfugier au chef-lieu en temps de guerre, les habitants d'Aile et autres villages d'Ajoie devaient céder chaque année une certaine quantité de bois. Un acte de 1331 reconnut ce droit à la ville, mais il y eut souvent des contestations. La Révolution lit cesser les réclamations. L'église d'Aile n'a d'ancien que la tour qui date du XIIIe siècle. Jusqu'en 1779, elle fit partie du diocèse de Besançon et c'était le prébendier de Chemandain (doyenné de Sexte) qui nommait le curé d'Aile, lorsque la cure devenait vacante pendant les mois de mars, juin, septembre et nims — 12

décembre. Population : 1764, 696 h. ; 1836, 885 ; 1850, 918; 1880, 1052; 1900, 1238 ; 1910, 1124. Les registres de baptême et de mariage datent de 1556 et ceux de décès de 1598. — Voir L. Vautrey : Notices historiques I, 1863. — A. Daucourt : Dictionnaire historique I, 1899. — J. Trouillat : Monuments I-V. [G. A.]

ALLE (NOBLES d'). Une famille de ce nom existait au moyen âge; Henri et Bourcard vivaient en 1136; Louis en 1182 ; Hugues était moine à Lucelle en 1212. Gertrude donna tous ses biens à l'abbaye de Bellelay en 1263. La famille s'est éteinte vers la fin du XIVe s. ; son habitation, appelée improprement « château » fut détruite probablement pendant les guerres de Bourgogne, et reconstruite par les de Valoreille. Cette famille, qui exerça de hautes charges à la cour de Porrentruy, disparut du pays à la Révolution française. Aujourd'hui, le « château d'Aile » est une auberge. [G. A.]

ALLEMAGNE (EMPIRE et RÉPUBLIQUE).

Dans cet article, nous ne remonterons pas au delà de 1870. Pour les rapports antérieurs, voir l'article Empire germanique. — Relations politiques. Dès le mois de novembre 1870, les Etats de l'Allemagne du Sud entrèrent dans la Confédération du Nord. L'union, une fois réalisée, l'empire allemand fut proclamé à Versailles, le 18 janvier 1871. Achevée en même temps que l'unité italienne, l'unité allemande provoqua tout d'abord des craintes dans le Conseil fédéral. La répartition des forces à nos frontières était complètement modifiée. Désormais quatre grandes puissances encerclaient la Suisse. De plus, le projet de Bismarck d'annexer l'Alsace entière menaçait de couper les communications directes entre Bâle et Paris et de léser ainsi gravement nos intérêts commerciaux.' C'est pourquoi, au début de février 1871, appuyé par les gouvernements bâlois et bernois, le Conseil fédéral décida d'entreprendre auprès du chancelier impérial des démarches en vue d'obtenir des garanties pour la Suisse. A cette fin, il envisagea trois solutions : «1° demander que l'extrémité méridionale de l'Alsace ne fût pas annexée. 2° si l'Allemagne persistait à détacher entièrement l'Alsace de la France, chercher à obtenir la cession à la Suisse d'une partie de ce territoire pour y établir depuis Baie une jonction, la plus directe possible [sic], avec le réseau des chemins de fer français. 3° si l'on ne pouvait obtenir cette cession, réclamer des garanties pour le transit, direct et franc de droits, des marchandises expédiées entre la France et la Suisse par le territoire allemand. » (Message du 28 juin 1871.) Mais il reconnut presque immédiatement que sa première proposition était irréalisable et il donna pour instruction à son ministre à Paris de soumettre aux intéressés les deux autres projets. MM. Thiers et Favre promirent de soutenir les revendications de la Suisse ; mais, de l'autre côté, « nous ne reçûmes pas un aussi bon accueil ». En effet, Bismarck opposa un refus brutal à toutes nos demandes. Aussi le Conseil fédéral ne vit-il pas sans satisfaction la France conserver la forteresse de Belfort et une bande de terrain à la frontière jurassienne. Quant au transit, les dispositions du traité du 13 mai 1869, conclu avec le Zollverein allemand furent simplement étendues à l'Alsace -Lorraine.

Le 20 février, la Suisse avait reconnu l'Empire allemand. Dès, lors, elle s'occupa de régler ses relations avec le nouvel État.

Avant la guerre franco-allemande, la Confédération du Nord, la Bavière, le Wurtemberg et le Grand-Duché de Bade avaient chacun des représentants accrédités auprès du Conseil fédéral. Le 4 avril 1871, le général de Roeder présenta au président de la Confédération ses lettres de créance, en qualité de ministre plénipotentiaire de S. M. Guillaume I". Les missions diplomatiques du Wurtemberg et de Bade furent supprimées. Celle de la Bavière fut maintenue. De son côté, le Conseil fédéral accrédita M. Hammer, colonel, auprès des cours de Berlin et de Munich. En outre l'Allemagne consentit à assumer la protection de nos compatriotes établis dans des pays étrangers où la Suisse n'avait pas de représentants diplomatiques.

En 1869, l'Italie, le Wurtemberg, Bade et la Confédération du Nord avaient subventionné le Gothard. Dans la pensée de Bismarck, cette voie devait relier directement

Oct. 1919

ALLEMAGNE

ALLEMAGNE

la Prusse à l'Italieel tenir l'Autriche à l'écart, lui vertu de la convention du 2** octobre 1871, lo Wurtemberg et Bade furent remplacé* par l'Empire allemand.

Dana le courant de l'hiver IH7I-7-?. le gouvernement uni rial lii savoir a lï Suisse qu il t - : 1 1 dinpcn: : conclure avec elle un traité d'extradition. Des négociations furent engagées. Elles ahontirenl an traité du 24 janvier 1S7'i qui entra en vigueur le 6 juillet miivant. Il avait été précédé d'une convention pas»é«, le 25 juillet 187**. entre la Suisse, l'Allemagne et l'Ttalie. relativement au transport au r notre tprri toi re d'individus extradés d'Italie en Allemagne el inveraémenl

Avant la fondation de l'Empire, il n'avait pas été possible au Conseil fédéral de conclure nn traité d'établissement avec l'Allemagne, en raison de la diversité de- législations internes des ..tnts allemands L'unité une fois réalisé*, Iterlin proposa d'entamer des Donrparl^rs à ce sujet. I,ps négociations, longues et pénibles, furent plusieurs l'ois interrompue-. Enfin on parvînt à s'pntendre et un traité fut signé le 27 avril t S7<». Dans ses dispositions essentielles, il était analogue an traité franco-suisse «le 18fi't, à cette différence près qu'il excluait le système des actes d'immatriculation.

Le perrement du fiothard rencontrant des difficultés imprévues, il fallut augmenter les subventions L'Allemagne et l'Ttalie consentirent à accorder chacune 10 millions et la Suisse 8 : ce qui porta les subventions respectives à 30. 55 et '28 millions, soit 113 millions an total Ce fut l'objet delà convention additionnelle du |'> mars I878

T,e traité de commerce conclu avec le Znll><prt>in en 1869 arrivait à échéance II fut dénoncé par la Suisse et remplacé par le traité du 23 mai 1881.

Dans le même temps, d'autres conventions portant sur des points spéciaux furent conclues avec nos voisins du Nord (activité des médecins dans les régions frontières, douane allemande à la gare de Bàle, correspondance entre autorités judiciaires, pêche du saumon dans le Rhin).

Pendant ces dix premières années, les relations entre l'Allemagne et la Suisse avaient été correctes et cordiales, sans être particulièrement bonnes. Les svmpathies s'en allaient, pour la plupart, vers la France. On l'avait bien vu, en mars 1871, lorsque le peuple de Zurich avait manifesté sa désapprobation à l'égard de la colonie allemande qui célébrait les victoires germaniques d'une façon peu décente. C'avait été un événement sans suites. Mais depuis lors, était survenue une série de petits incidents contraires à la politique du «Chancelier de fer» et qui devaient, quelquesannées plus tard, faire éclater l'orage.

En 1878 (13 mai-2 juin), deux attentats furent commis sur la personne de Guillaume Ier, par un fou et par un anarchiste. Bismarck en accusa les socialistes qui lui faisaient opposition et prit contre eux des mesures d'exception Plusieurs chefs cherchèrent un asile dans notre pays et s'établirent à Zurich d'où ils menèrent une campagne ardente contre le gouvernement impérial. Au mois d'août 1880, les socialistes-démocrates tinrent leur congrès à Winterthour et la lutte continua de plus belle. Leur journal, le Sozialdemokrat attaquait toujours plus violemment le système bismarckien. Des contrebandiers le colportaient en Allemagne. On peut imaginer la colère du chancelier devant son impuissance à atteindre ces « mauvais patriotes ». Le ministre d'Allemagne à Berne se plaignit amèrement de cette situation au Conseil fédéral. Celui-ci invita le gouvernement de Zurich à sévir conlreles agitateurs ; mais les autorités des bords de la Limmat ne bougèrent point. Cette attitude s'explique peut-être, en partie. par le fait que la police zuricoise avait obtenu la preuve que le gouvernement impérial entretenait des agents provocateurs parmi les socialistes. En effet, au cours de l'automne 1887, le commissaire de police, Fischer, chargé par le Conseil fédéral de faire une enquête sur les agissements des socialistes, avait découvert que les nommés Karl Schrôrlrr el Christian Haupt étaient aux gages de la police berlinoise. Cette découverte n'aurait probablement pas eu un effet aussi retentissant, si Fischer, à l'insu de ses supérieurs, ne l'avait communiquée aux députés socialistes allemands Behel et Singer, qui portèrent l'affaire à la tribune du Reichstag (27 janvier 1888). Il s'ensuivit un échange de notes entre Berlin et Berne. Les au-

torités allemandes dînent reconnaître l'inconvenance de leurs procédés, mais, de son côté, le Conseil fédéral se vit obligé de blâmer sévèrement l'indiscrétion du commissaire de police zuricois, Kn tout cas, c'était un sérieux avertissement à la Suisse. Le 18 avril Bnivant, le Conseil fédéral malgré la pmip-iation de Ruchonnet, décida d'expulser quatre membres du comité de- socialistes allemands. Le- relations entre les deux pays demeurèrent tendues. Kn février 1889 un nihiliste, nommé- Brynstein, habitant Zurich, fut victime d'explosifs qu'il manipulait. Rismarch lit passer au gouvernement russe un rapport dénaturant les faits. Le Conseil fédéral dut convaincre le t-ar de la fausseté de -es informations.

C'est au mois d'avril de la même année qu'éclata l'incident qui mit le feu aux poudres. In inspecteur de police de Mulhouse, du nom de Auguste Wn/ilaentuth. pntra en rapports avec, un socialiste allemand établi à Bâlp. nommé Lutz. dans l'espoirde faire de son compatriote nn aeent provocateur et un espion. Après avoir échangé plusieurs lettres, ils convinrent de se rencontrer à Rheinfelden. le dimanche 22 avril. «Mais Lutz avait prévenu quelques camarades et avisé le préfet de Rheinfelden qui semble avoir agi de connivence avec eux » La conférence commencée, survint la police argoviennp qui arrêta Wnhlgemuth et saisit la correspondance. Le Conseil fédéral n'en fut informé que trois jours plus tard. M. de Biilow. ministre d'Allemagne en Suisse, réclama énprgiqupment 'a mise en liherté immédiate de l'inspecteur de police. Le Conseil fédéral refusa et, 1p 3 mai suivant, rendit contre Wnhlgemnth un arrêté d'expulsion, attendu que cet étranger s'était livré sur notre territoire à des actes contraire au droit des gens.

Bismarck s'enfonça dans le propos de proclamer l'innocence de son agpnt. Il demanda au gouvernement suisse de retirer son arrêté d'expulsion et menaça, s'il n'nhtpnait pas satisfaction, d'établir un blocus à notre frontière et de retirer la garantie donnée à notre neutralité En même temps, il invoqua la nécessité où se trouvait l'Allemagne d'entretenir une police spéciale dans notre pays, pour la raison que la Suissp offrait une trop large hospitalité aux socialistes et aux anarchistes et montrait trop de mansuétude à leur endroit. De plus, il reprochait au Conseil fédéral de ne pas appliquer l'article 2 du traité d'établissement de 1876. stipulant que les sujet- allemands, pour s'établir en Suisse, devaient produire non seulement un acte d'origine, mais pneore un certificat de bonne vie et mœurs. 11 ne prétendit rien de moins que cette dernière pièce devait être exigée et que cette disposition donnait à l'Allemagne un droit sur nous.

Le Conseil fédéral refusa de revenir sur sa décision et répliqua que la police politique n'est pas un devoir spécial à la Suisse, résultant de sa neutralité. Quant à l'interprétation de l'article 2, il répondit justement que l'interprétation allemande était contraireà l'esprit du traité : que la Suisse ne saurait faire dépendre du consentement d'un antre gouvernement l'admission d'étrangers sur son territoire et tolérer ainsi une atteinte à sa souveraineté.

Bismarck avait obtenu des démarches analogues de la Russie et de l'Autriche-Hongrie. Le Conseil fédéral n'eut aucune peine à rassurer ces deux puissances. D'autre part, les Etats du Sud de l'Allemagne commençaient à faire opposition à la politique impériale. Le chancelier se rendit compte que ses menaces restaient vaines. Avec un geste de rage, il dénonça le traité d'établissement de 1876(20 juillet .1889).

Durant cette crise, le chef du Département Politique, N'uma Droz, avait montré une remarquable fermeté et un grand sens politique. Le Conseil fédéral, les Chambres, le pays tout entier l'avaient approuvé sans réserves.

La Suisse resserra la surveillance des anarchistes et des agitateurs. Un procureur général de la Confédération fut créé. Mais les rapports entre les deux pays restèrent tendus. D'ailleurs, peu de temps après, Bismarck eut l'occasion de montrer son ressentiment.

Le 15 mars 1889, reprenant un projet qu'il avait déjà communiqué, huit années auparavant, à divers gouvernements, le Conseil fédéral avait invité les états industriels à se faire représenter à Berne au mois de septembre, dans une conférence dont le but était d'examiner l'opportunité d'une entente internationale sur la réglementa-

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tion du travail et la protection des ouvriers. Peu après avait éclaté l'affaire Wohlgemuth. Le 12 juillet, le Conseil fédéral avait décidé d'ajourner la conférence au printemps suivant. Au début de 1890, la question fut reprise. Le 5 février, une invitation fut lancée aux gouvernements européens. Le même jour, Guillaume II convoquait à Berlin une conférence analogue. Le prince de Bismarck, hostile au projet, avait caché l'initiative suisse à son souverain. Des notes furent échangées. Far courtoisie, le Conseil fédéral consentit à céder le pas à la démarche impériale.

Ce petit incident ne laissa pas d'inlluer sur la situation du chancelier auprès de l'empereur. Le 19 mars 1890, Guillaume II demanda à Bismarck sa démission. Dès ce moment, nos relations avec nos voisins du Nord devinrent plus amicales. Sur l'initiative delà chancellerie impériale, on entra en négociations en vue d'un nouveau traité d'établissement. Les pourparlers furent rapides ; ils aboutirent au traité du 31 mai 1890 qui entra en vigueur le 20 juillet suivant. C'était, d'une façon générale, la reproduction de l'ancien traité. Seul l'article 2 était modifié. Les nouvelles stipulations introduisaient l'emploi de certificats d'immatriculation, mais sans effet rétroactif. C'était la consécration de la victoire morale remportée par la Suisse l'année précédente. Après la chute de Bismarck, l'Allemagne avait repris sa politique des traités de commerce. Le 10 décembre 1891, un nouveau traité fut passé avec elle, sur la base des tarifs suisses d'avril 1891. A ce même moment, la France adopta des tarifs extrêmement protectionnistes. La rupture des relations commerciales qui s'ensuivit avec nos voisins de l'Ouest, contribua certainement au développement de l'influence germanique en Suisse, tant au point de vue économique qu'au point de vue moral et politique. Le terrain était d'ailleurs préparé depuis quelques années. L'ouverture du Gothard (1882) avait donné à notre pays une haute importance, et l'Allemagne en avait profité plus que l'Italie. Dès lors, «l'Empire allemand devient le pôle attracteur qu'était naguère l'Empire français. »

En 1893 (2 mai), au retour de son voyage en Italie, l'empereur Guillaume II fut reçu à Lucerne par le Président de la Confédération. Cette entrevue fit la meilleure impression.

Jusqu'en 1909, on peut noter quelques rares incidents : en 1898, des difficultés au sujet d'obligations militaires auxquelles on voulait astreindre certains Suisses établis en Prusse; en 1901, des protestations de la presse contre le projet allemand de construire des fortifications sur les hauteurs de Tiillingen; en 1908-1909, un conflit relativement au tarif des farines.

D'autre part, il faut mentionner, en 1902, l'intervention allemande qui mit fin à l'affaire Silvestrelli, et quelques années plus tard la revision du traité d'établissement de 1890. Dès 1906, l'Allemagne avait engagé des négociations à ce sujet. On parvint à s'entendre trois ans plus tard. Le 13 novembre 1909, un nouveau traité fut signé qui entra en vigueur le 1" octobre 1911. A la demande de l'Allemagne, l'article 2 exigeant les certificats d'immatriculation fut supprimé.

Dans leur ensemble, les relations devenaient chaque jour meilleures. Le nombre des sujets allemands établis sur notre territoire croissait chaque année. La politique de pénétration économique, soutenue par une diplomatie attentive, représentée à Berne pendant de longues années par le même ministre, s'affirmait incessamment. La finance allemande devenait prépondérante dans quantité d'industries suisses. L'importation allemande en Suisse n'avait cessé de croître depuis la conclusion du traité de commerce du 10 décembre 1891 . En 1901 , elle était supérieure de plus de 50%, à ce qu'elle était lors de l'entrée en vigueur du traité. L'exportation outre-Bhin avait augmenté de 25 "/0. L'Allemagne occupait le premier rang parmi nos acheteurs ; nous avions le sixième rang parmi ses clients.

Le 28 juin 1903, l'Allemagne dénonçait son traité de commerce. Après de longues négociations, un nouveau traité fut signé, le 12 novembre 1904. Le mouvement commercial augmenta encore. De 1901 à 1909, l'importation d'Allemagne en Suisse s'accrut de 43 "/„ et notre exportation en Allemagne de plus de 24 °/0.

Les étudiants suisses fréquentaient surtout les universités allemandes. L'influence intellectuelle germanique se faisait fortement sentir. Si bien qu'en 1903, un professeur suisse proclama que notre pays était une province allemande.

L'importance de cette pénétration et la puissance de la diplomatie allemande se manifestèrent en 1909, lors delà signature delà convention du GOTHARnfvoir ce mot). Depuis 1898, le Conseil fédéral était décidé à racheter à tout prix les obligations de la compagnie du Gothard visà-vis des Etats subventionnants. Il signa, le 20 avril 1909, avec les gouvernements de Berlin et de Rome une comention « qui aliène à perpétuité la liberté de fixation des tarifs sur la ligne du Gothard et celle des tarifs de transit sur toutes les lignes des C. F. F. ». C'est l'Allemagne qui tirait le plus grand profit des concessions contenues dans la convention. Une forte opposition se manifesta dans les diverses régions de la Suisse. Pendant plus de trois ans une campagne très vive fut menée contre l'accord. Au cours de la discussion finale, le Conseil fédéral rejeta les inconvénients de la convention de 1909 sur celle de 1869, affirma la supériorité du texte de 1909 et invoqua la nécessité où il se trouvait de concéder certains avantages à l'Allemagne. Les adversaires de la convention firent remarquer que le côté politique du problème avait été négligé. On souligna le fait que la Suisse était un client très important de l'Allemagne, client que celle-ci devait ménager. On vota les 4 et 9 avril 1913. La convention fut ratifiée par les deux Chambres à une importante majorité. Par suite de la guerre, les conséquences économiques de cet accord n'ont pas encore pu se manifester. Mais la campagne contre la convention eut un résultat immédiat qui fut d'ordre politique. Les opposants lancèrent un mouvement d'initiative constitutionnelle demandant l'introduction du référendum facultatif pour la ratification des traités internationaux d'une durée de plus de quinze ans et celle de la proportionnelle pour les élections fédérales.

Dans certaines parties du pays, une méfiance se manifesta à l'endroit de la pénétration économique allemande. Mais, dans son ensemble, la Suisse conserva ses sympathies à l'Allemagne et les relations restèrent excellentes.

En 1912 (3-7 septembre), en pleine campagne contre la convention du Gothard, Guillaume II était venu en Suisse faire visite au président de la Confédération et assister aux manœuvres d'automne. Il avait été reçu à Zurich et à Berne avec la plus grande cordialité. Des paroles fort aimables avaient été échangées.

Lorsqu'éclata la guerre européenne, l'Allemagne répondit immédiatement à la déclaration de neutralité de la Suisse. Elle assura le Conseil fédéral qu'elle respecterait le traité de Vienne. D'entente avec l'Autriche, elle renouvela sa déclaration, le 24 mai 1915. lors de l'entrée en guerre de l'Italie. Elle tint parole. Notre territoire ne fut pas touché.

En 1915, la Suisse assuma la protection des intérêts allemands en Italie. En février 1917, lorsque les Etats- Unis se tournèrent contre l'Allemagne, ce fut la Suisse qui défendit les intérêts allemands en France, en Grande- Bretagne, aux Etats-Unis et en Roumanie.

Au lendemain de l'armistice (11 novembre 1918), l'Empire allemand cessa d'exister. La République fut proclamée. Le Conseil fédéral la reconnut le 15 avril 1919.

Liste des Ministres d'Allemagne en Suisse avec les dates de remise des lettres de créance et de rappel :

Général de Boeder, 4 avril 1871—23 novembre 1882. — Otto de Bulow, 21 décembre 1882—19 août 1892. — Dr Clément-Augusle Busch, 5 octobre 1892—25 novembre 1895. — H. de Bulow, chargé d'affaires, 25 nov. 1895-20 mars 1896. - Comte de Tattenbach, 21 mars 1896-28 janvier 1898. — Baron de Botenhan, 8 févr. 1898— 17 déc. 1898. — Alfred de lîulow, 30 décembre 1898—12 octobre 1912. — Baron de Romberg, 1" novembre 1912— 10 janvier 1919. — D' Ad. Muller, 25 avril 1919.

Bibliographie: Pierre Clerget : La Suisse au XXe siècle, étude économique et sociale, Paris 1908. — Feuille fédérale suisse ; 'Recueil officiel des lois delà Confédération suisse. — L.-R. de Salis : Le Droit fédéral suisse, jiirisprxidence du Conseil fédéral et de l'Assemblée fédérale en matière de droit public et administratif de}>i<is

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le 29 mai (874, trad Eugène Borel, 2- éd , Berne 1902- 1907. — U' C. Ililiv : PoUtisrhe* Jahrbuch dttr Srhwfiwrixchm Eidg<"noii*pn*chaft, Berne 1886 et buîv. — Numa Droz : Bintoire. politique de In Su>*se nu XIX si,: ir. dans Paul Seippel : /." Suisse nu XIX' siècle, Lausanne. 1899-1901. - D' .1 SchollenbwBer : ff< scHchte fier »rhweiT"riscf>en PoWJIr,Frauenfeld1908, — (Imites (iai'icl : Ln cnt*ali*atinn économique en Suisse, 2» fascicule, Les Chemins de fer fédéraux, Paris-Genève 1913. [i.. i< )

Relations économiques. Par In fait d'une agriculture insuffisante, d'un manque de matières premières, d'une industrie très spécialisée, la Suisse se trouve étroitement placée sous la ilépenrîance de l'étranger. Au moment de la guerre de 1870. l'Allemagne et la Suisse étaient plutôt lihrp échangistes. Après la fondation de l'Empire, Bismarck n'hésita pas à s'engager dans le courant d« protectionnisme qui passait alors sur l'Europe. En 1879. l'Vllemagne fixa un tarif autonome irréductible. En 1885, elle releva encore ses tarifs. En Suisse, on entreprit la revision du tarif douanier de 18'<# (Revision de 1884 et Loi du 17 décembre 1887). Par ce dernier relè veinent, la Suisse eut l'avantage d'obtenir de l'Allemagne, en 1888. un tarif conventionnel portant sur des articles manufacturés et renfermant un certain nombre de concessions avantageuses. Ce fut le premier tarif conventionnel de l'Allemagne.

Vers 1890. le marché intérieur de l'Allemagne était saturé de produits nationaux. Après la chute n"e Bismarck, Guillaume II organisa un régime nouveau pour trouver des débouchés. Il reprit la politique des traités de commerce.

Le tarif suisse du 10 avril 1891 accentua l'élévation des taxes. Le traité de 1891 avec l'Allemagne fut conclu sur cette nouvelle hase.

Jusqu'à ce moment, la Suisse avait été la seule nation européenne qui eut constamment acheté à la France plus qu'elle ne lui avait vendu. Or, en 1891, la France se lança dans le protectionnisme à outrance. Il s'ensuivit une guerre économique avec la Suisse dont l'Allemagne tira profit.

En 1902-1903, la Suisse établit de nouveaux tarifs en vue de protéger l'agriculture. Le 28 juin 1903, l'Allemagne demanda la revision de son traité de commerce Les négociations furent longues. Un nouveau traité fut signé en 1904. Les droits ad valorem furent supprimés.

En 1913. rAllema?ne importait de Suisse pour une valeur de fr. 305 fi66 000 — . C'était notre meilleur client en importation. La Grande-Rretagne et la France venaient ensuite avec fr. 236162 000,— et fr. 141 2V7 000, — . C'était également d'Allemagne que la Suisse recevait le plus de marchandises (fr. 630 869 000,— ; France fr. 347 986 000, ; Italie fr. 207 027 000.-).

En 1917, en pleine guerre, la situation quant au rang, était la même, seuls les chiffres avaient augmenté [L. S.]

Relations lit'ératres. Les rapports littéraires entre l'Allemagne et la Suisse allemande ont pris dès 1871 de l'extension et se sont raffermis, ce qui est pour ces deux pays un grand avantage. La position de l'Allemagne comme nouvelle grande puissance et son état économique florissant ont favorisé les écrivains suisses sans entraver leur indépendance intellectuelle. Heureusement la littérature de la Suisse allemande avait, lors de la guerre franco-allemande, pris un tel essor qu'on pouvait à juste titre en être assez fier et considérer comme un point d'honneur de conserver l'originalité du cru. Jérémias Gotthelf avait la réputation d'un grand écrivain, et ses œuvres, éditées par un libraire de Berlin, s'étaientré pandues partout où l'on parlait allemand. Gottfried Relier avait éveillé l'attention par son livre Der grûxie Heinricli, se9 poésies et le premier volume des Leute von Sel hvyla. Des narrateurs fertiles tels qu'Alfred Hartmann et Jakob Frey prirent pour modèles ces deux écrivains distingués. Meyer, Widmann, Spitteler. Vôgtlin, Marti et d'autres suivirent leurs traces pareils à des Iroupes d'élite qui gardent, pour ainsi dire, la frontière intellectuelle. Ni la littérature du romantisme ni celle du Jung es Deutschland n'avaient réussi à s'amalgamer avec l'esprit alémannique; le même fait se reproduisit après 1880, lorsque de nouvelles tendances surgirent, telles que le naturalis-

r 1 1 * • . le symbolisme, le nihilisme décadent et les Frivoles Ueherbrp.ttl. Aucune de ces innovations littéraires, qui ne pouvaient pro*p*rer qu'au sein de grandes villes avides de sensations, toiles que Berlin, Munich. Hambourg, n'a pu prendre pied dans la Suisse allemande. En vertu de leur origine étrangère, Scandinave, slave, française, ces imitations n'ont pas été acceptées par le peuple Buisse qui, avec son solide bon ïens. les ,-, reconnues incompatibles avec Bon génie. Gottfried Seller et Conrad Ferdinand Meyer firent leur chemin sans tenir compte de ces modes changeantes. Leurs chefsd'œuvre, qui parurent à partir de 1870 et de 1880, juste au moment où la littérature allemande s'égarait sur les traces d'Ibsen, de Tolstoï, de Zola et de Maupassant, conservèrent à la littérature suisse son cachet original. Ils ne firent aucune concession aux idées nuageuses et passagères de l'époque, de sorte que rien ne vint troubler l'harmonie de leur travail et que leurs ouvrages, du premier jusqu'au dernier, ont conservé leur valeur primitive.

Il faut attribuer la considération dont ils jouissent. tout spécialement à l'accueil qu'ils ont reçu en Allemagne dès l'abord, et qui lenra faitgrand honneur. La Deutsche Rundschau et son directeur, M. Jules Rodenberg. ont tout particulièrement contribué à mettre en rein. m Keller Pt Meyer: ce journal a été le premier à publier les œuvres de ces deux auteurs, et c'est ainsi que l'Allemagne en lit connaissance. Ces deux écrivains suisses furent mis au même rang que Théodore Storm. D'autres journaux allemands de premier rang ont prêté leur concours aux littérateurs suisses et les ont favorisés ; nous ne sommes naturellement pas en mesure de leur rendre la pareille. Avant tout il faut citer le Kunstwarl, rédigé par Ferd. Avenarius, qui a le premier recommandé les œuvres de Spitteler, et les Sûddeutsche Monatshefte ; ce journal a non seulement publié de temps à autre des articles d'écrivains suisses, mais depuis bien des années il consacre son numéro du mois d'août spécialement à la Suisse et à sa littérature.

En général, l'estime dont jouissent les écrivains de la ' Suisse allemande dans l'empire voisin a augmenté depuis 1870, de telle sorte qu'actuellement, pour un jeune auteur qui s'adresse à un éditeur allemand ou à un directeur de théâtre, c'est plutôt une recommandation de pouvoir se présenter comme Suisse. On voit là un trait caractéristique de la mentalité allemande, contrastant avec l'esprit latin, c'est-à-dire une grande largeur d'esprit quant aux coutumes indigènes ; c'est avec plaisir que le lecteur voit le peuple peint tel qu'il est avec sa couleur locale, même quand le dialecte ou les expressions du cru lui rendent la lecture un peu difficile. La preuve en est non seulement la popularité dont jouissent les œuvres de Gotthelf, mais aussi le fait que les narrations en allemand bernois, de Rodolphe deTavel. ont trouvé de nombreux lecteurs, notamment chez nos voisins du Sud de l'Allemagne. Du reste la Zeitsrhrift des Allgemeinen deutschen Sprachx'ereins s'intéresse beaucoup à l'allemand suisse et se montre très compétente dans cette matière.

Les relations personnelles des écrivains des deux pays ont beaucoup favorisé les rapports littéraires entre l'Allemagne et la Suisse allemande. On voyage si facilement que ces relations sont devenues tout naturellement beaucoup plus fréquentes depuis 1871. De nombreux écrivains allemands ont été à Berne les hôtes de Joseph-Victor Widmann, qui, en outre, correspondait avec nombre d'auteurs allemands des deux sexes. De nombreuses Sociétés littéraires, telles que celles de Winterthour, de St-Gall, d'Aaran, d'Olten, de Soleure, de Brugg, et d'autres encore dans des localités plus petites, ont organisé des conférences du soir et fourni au public suisse l'occasion de voir de près des auteurs allemands qu'ils ne connaissaient que par leurs ouvrages. Le Cercle de lecture (LesezirkeV de Hottingen, à Zurich, fondé en 1882, s'y est appliqué avec beaucoup de succès ; il a même fréquemment donné la parole à des auteurs de langue française, preuve que la culture de la Suisse allemande n'a rien d'exclusif. Les tournées de déclamation en langue allemande ont tout particulièrement contribué à favoriser en Suisse l'emploi d'un allemand

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pur et correct, tel que celui de la langue écrite ; comme déclamateur, c'est Emile Milan quia eu le plus de succès. Tendant la guerre mondiale, les visites des déclamateurs se suivant sans interruption, nous en fûmes, pour ainsi dire débordés. A côté de maîtres dans l'art, comme Gerhart Hauptmann et Louis V\ ùllner, qui firent une profonde impression, la troupe de Max Reinhardt tint le public des théâtres en haleine par des représentations par trop nombreuses. Pour ce qui concerne l'art dramatique, cette invasion étrangère ne nous a pas nui, attendu que nos théâtres ont eu de tout temps des directeurs de nationalité allemande et qu'on ne voit pas fréquemment des Suisses devenir acteurs de profession. On a fait un premier pas pour nationaliser le théâtre, lors de l'Exposition nationale suisse de 1914, par la fondation du Heimatschutztheater.

Par d'autres fondations on s'est efforcé d'organiser et de développer, sans entraves .quelconques, la littérature et la culture de la langue allemande. 11 existe depuis 1904 un Deutschsihweizerischer Sprachverein qui a pour but de cultiver la langue allemande écrite et nos dialectes. En 1903, à l'instar de la fondation Schiller, on a institué une Fondation Schiller suisse. De même en 1912 une Société des écrivains suisses s'est constituée ; ces deux institutions sont destinées à venir en aide aux écrivains suisses de profession, soit français, soit allemands. Une série de journaux littéraires qui ont été fondés dans le courant des années passées (la Schweizerische Rundscliau, qui paraissait jadis en trois langues, Die Hclnveiz. Am kœustichen Herd, SchweizerlandJ ainsi que quelques almanachs de bon aloi (SehT&eizer Heimkalender, 0 mein HeimatlandJ se sont efforcés ou s'efforcent encore d'éveiller l'intérêt des lecteurs suisses pour la littérature de leur pays ; en même temps un excellent annuaire qui paraît à Constance, le Bodenseejahrbuch, se voue à un but des plus honorables en publiant les articles des meilleurs écrivains des deux côtés du Rhin. La Nouvelle Société helvétique a fait une action fort méritoire en fondant les Illustrierte schweizerische Sonntaysblàtter qui ont pour but d'éliminer des suppléments du dimanche des petits journaux les textes d'une valeur douteuse d'importation étrangère et de les remplacer par de bonnes lectures du cru.

fl Par suite de l'extension toujours croissante de la lecture au sein delà population, les libraires et les éditeurs suisses ont beaucoup gagné en importance et sont actuellement mieux en état que précédemment de fournir à un auteur suisse l'occasion de placer avantageusement ses livres. Nous avons chez nous des auteurs distingués qui ne font éditer leurs ouvrages que par des maisons suisses. Mais la plupart finissent toujours par s'adressera une maison allemande afin de bénéficier d'un champ plus vaste pour la vente de leurs ouvrages, qui trouvent par là un public plus nombreux. Aussi nos auteurs les plus distingués jouissent d'une haute considération dans la littérature des deux pays; nous citons : G. Keller, G. -F. Meyer, E. Zahn, C. Spitteler, J.-C. Heer, II. Fédérer, A. Huggenberger, etc. Les sentiments d'amitié et la sympathie qui président à l'échange d'oeuvres littéraires entre la Suisse et l'Allemagne ont favorisé l'établissement d'écrivains allemands en Suisse et réciproquement. Karl Henkell, Victor Hardung, Hermann Stegemann, Riearda Huch, Hermann Hesse ont trouvé chez nous une seconde patrie, tandis que H. Leuthold, Walter Siegfried, Frank Wedekind et d'autres ont prospéré en Allemagne. Dans ces derniers temps encore, la vie des grandes villes d'Allemagne, de Munich en particulier, a exercé une vive attraction sur de jeunes écrivains suisses de talent ; la liberté dont y jouissent les hommes de lettres lésa séduits prématurément et non peut-être pour leur bien. Les expériences faites jusqu'à présent, nous font voir qu'un auteur suisse, pour avoir de l'influence sur ses compatriotes, doit vivre au sein de son peuple et prendre part à ses destinées. [o. v. o.~|

ALLEMAN ou ALEMAN, de ALEMANIS. Famille bernoise originaire probablement de Chieri, prés Turin. — 1. Jacques, apothicaire, qui le premier vint de Genève à Berne au milieu du KVe s. Membre du Grand Conseil en 1460, -j- vers 1483. — 2. Jkan, lils du n» 1, appelé ordinairement Jean Appentegger, du Grand Con-

seil de 1485 à 1520. — 3. Emmanuel, frère du n° 2 et père de — 4. Nicolas, qui, à partir de 1509 s'appela, d'après son père, Manuel, et porte seulement comme artiste son nom de famille N. M. D(eutsch.j. Voir Aianuel. — Bàcluliold et Vetter: Bibl. ait. Schnflwerke% XX. — BT 1900, 132. [il. T.]

ALLEMAN, ALAMANDI. Famille noble du Dauphiné. Armoiries : de gueules semé de fleurs de lys d'or, a la bande d argent. — En 1314, Guillaume, sire de Valbonnais, épousa l'héritière des baronnies d'Aubonne et de Coppet au pays de Vaud. — Il eut pour successeurs ses (ils Humbert et Hugues. Ce dernier mourut en 1304, et son héritage fut disputé après sa mort entre ses petites-filles, épouses d'un comte de Gruyère et des seigneurs de la Baume et de Ponlverre. — Lin frère de Guillaume, Arthaud, fut prieur de Romainmotier (1338-71), puis de Payerne( 1371-73). - DHV I. [M. r.j

ALLEMAND, I', Jean-Jacques. Voir Lallemand, Jean- Jacques.

ALLEMANDI, Michel-Napoléon, *à Ivrée le 13 juin 1807, f le 13 février 1858 à Bâle, où sa famille s'était lixée en 1821. Il fut ollicier en Espagne puis en Belgique ; rentré en Suisse il devint colonel lors de la campagne du Sonderbund. En 1848 il prit du service en Lombardie avec le grade de général, participa à plusieurs batailles puis retourna à Bâle où il mourut. — Voir Basler Nac/irichten, 1858. n»41. LA-U-1

ALLEMANDI (FONDATION). Marie-ErnESTINEAIlemandi, née Petit, de Basel-Augst, fit son testament le 26 janvier 1892, par lequel elle dunnait aux cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Soleure, un fonds, dont les intérêts doivent servir à doter une jeune tille pauvre. — Voir Sliftung Allemandi, Soleure 1898. |E. t.]

ALLEMANDS (CLUB DES). Club genevois qu'on voit prendre part à diverses manifestations révolutionnaires au commencement de 1793. Les noms de son président et de son secrétaire, Holtzapllel et Blay témoignent qu'il s'agit bien d'une société de personnes d'origine germanique. Il ne faut probablement pas le confondre avec un autre cercle Allemand, ou mieux peut-être Allamand (le local est loué au nom d'Allamand et Ciu), qu'on trouve aux Pàquis en 1794 et 1797. IE.-L. Ui-hnut.]

ALLEMANDS (RUISSEAU DES) (en ail. TOTSCHbach (C. Fribourg. Voir DOS). Il formait probablement l'ancienne frontière linguistique devant les villages, colonisés par des immigrants d'origine romane, de Pfanfayon et Plasselb ; mais les documents originaux manquent. C'est probablement le même cours d'eau que celui qui est mentionné sans autre nom que « ruisseau de Planfayon » dans le document du 15 octobre 1442, comme formant la frontière de la juridiction de Fribourg jusqu'à la Singine. — Voir Rec. dipl. du cant. de Fribourg. | A. Bûchi ]

ALLEMANN. Famille des cantons de Berne, des (irisons et de Soleure.

A. Canton de Berne. — 1. Benoît, 1808-1883, *à Oberbipp. Il fréquenta l'école normale de Hofwil, fonda, vers 1820, avec son frère Jacques, élève de Pestalozzi, un institut déjeunes gens dans la propiiété deNùchtern près Kirchlindach. L'établissement transféré en 1843 dans le château de Bumpliz, se développa et devint une institution renommée, fréquentée spécialement par les Suisses romands, les Français et les Italiens. Allemann inspecta en 1848 avec le célèbre pédagogue de Holwil, Théodore Mùller, les écoles secondaires du canton de Berne. C'était un pédagogue et un éducateur éminent. — Voir : Aipenrosen 1883, p. 139. — 2. Jacques, 1850- 1917, * à Grodey (Com. Sankt Stefan), fréquenta l'école secondaire de Zweisimmen et l'école cantonale de Berne, étudia la médecine à Berne et Munich et prit ses grades en 1875; il fut médecin à Rûti (Rheintal de Saint-Gall) de 1877 à 11*81, et à Zweisimmen de 1881 jusqu'à sa mort. [E. B]

B. Canton des Grisons. — - 1. Georges, de Tschappina, doyen et directeur de l'école normale de Schiers, * le 22 juin 1808, f le 17 juin 1881 à Malans. Son père, le hmdammann Georges et son grand-père jouèrent

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