‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 89 sur 329 · IN · texte numérisé non relu

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AXLEMOGNE

ALLENWINUKN

nu grand rôle avec

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ii'in-jri's Willu'lm BruscliWL'iler Oeorg Allemann

I > ■ 1 1 1- parti dans les troubles pode 1790 à IHi't. Le fils fréquenta l'école de perfectionnement de Furstenau,

puis l'école cantonale êvangéiique ; enlin l'insi ■ 1 1 1 1 théologique qui j était rattaché, et dont lis professeurs Kind et Schirks exercèrent une grande influence sur lui.

lui 1832, il poursuis it ses él mies de théologie à Berlin sons Hengstenberg, Schleiermacher, Steffens ri Neander. Pasteur durant quelques années à Davos-Village, puis en 1836 à Fideris. En 1837, il collabora à la fondation d'un établissement tout à la fois école normale, école réale et orphelinat à Schiers. En 1839, appelé à la direction de cet institut, il le conduisit de 1839 à 1862 avec intelligence el persévérance au milieu île circonstances difficiles, aidé par une épouse des plus capables qui lui fut enlevée en 1856. La charge étant devenue trop lourde pour ses seules forces, il accepta un poste de pasteur à Malans en 18(32. Pendant trente ans, il fil partie du Conseil île l'église êvangéiique des Grisons, et fut doyen du synode à plusieurs reprises. En 1880, il résigna ses fonctions pastorales. — Voir Wilhelm Bruschweiler : Seminardir. G. A., Bàlel883.— 43.Jahresber. d. Ans tait Schiers 1880-1881. — 2. Jérémie, pasteur, frère du n° 1, * le 28 décembre 1811 à Tschappina, + le 15 janvier 1896a Malans. Consacré en 1841, il fut pasteur successivement à Grûsch, Tamins, Zernez et Sils dans le Domleschg. Il s'intéressa particulièrement à l'école et à l'assistance et fut membre et président du conseil de l'église êvangéiique des Grisons. Ayant répondu à un appel d'Eichberg, dans le Rheintal saint-gallois, il y fut pasteur durant vingt-cinq ans. Peu de temps avant sa mort, il s'était retiré à Malans. C'était un novateur convaincu et actif. — Voir TRG 1897, p. 209. — Giovanoli : Leichenrede beiBeerdig. des H ni Pfr. J. A. 1896. [F.P-1

G. Canton de Soleure. — Nicolas, d'.Eilermannsdorf, pédagogue, * le 28 mai 1795 à Soleure, fit ses études à l'ancien collège. En 1818, devenu prêtre, il enseigna au progymnase de ce même collège, appelé école cantonale depuis 1857, y devint en 1829 maître de rhétorique et depuis 1839, maître d'histoire et de géographie. Il mourut le 2 juin 1862. Il est l'auteur d'un manuel pour l'enseignement de la langue allemande, 1827, d'un autre pour l'histoire du moyen âge et l'histoire moderne, 1849; de YAllgemeine Erdbeschreibung fur Gymnasien, Real- und Gewerbeschulen, 1851, 2'' éd. 1855; de YAllgemeine Staalengeschiclite, 3 vol., 1862. Tous ces ouvrages ont paru chez .1. Gassmann, Bis, à Soleure. — Voir F. Fiala : Gescliichtlicltes iïber die Scinde von Solothurn, 5e partie, 1881, p. 55. — L. R. Schmidlin : Die Kirchensàtze des Kts Solothurn, 2e partie, p. 75. — Kantonsschulbericht, 1861-1862, p. 44. [F. v. Arx.]

ALLEMOSNE. Le fief des seigneurs d'Allemogne au pays de (le.x. s'étendait sur une partie du territoire de Genève ; il relevait du domaine de l'évêque de Genève. En 1300 il est possédé par une famille qui en portait le nom. A cette date, le comte de Savoie concède à Guillaume de Joinville, sire de Gex, les hommages de Guillaume d'Allemogne, damoiseau. Au XVe et au XVIe s., les de Viry élaienl possesseurs île cette seigneurie, qui passa par les de Menthon à la famille de Livron. Les nobles de Châtillon en Michaille, avaient droit, en 1573, pour un tiers à ce fief, avec les de Livron. La maison des de Livron conserva la seigneurie d'Allemogne pendant tout le XVIIe s., comme nous l'apprennent les terriers du fief en 1669. Les de Conzié succédèrent aux de Livron. François-Joseph de Conzié. marquis d'Allemogne. échangea avec la seigneurie de C,enè\e,le 2 janvier 1772, ses terres >ur le ter-

ritoire de la République contre celles dépendant du château de l'eney, près de Thoiry, Panières, Saint-Jean de Gonville.

Le fief d'Allemogne s étendait principalement (dans le canton île Genève] sur des terrée a RiisBin, Satignv, Dardagny, Bourdigny et Malval ; il était très entremêlé avec le fier de Lugrin. Allemogne était au moyen âge une seigneurie en toute justice. — Voir : Itegeste genevois, n" [464, — Philipon : Dict. lojjographi<iue de l'Ain. — I Genève AE: B.C. \ol. 273, p. 62, terriers du Bef d'Allemogne. [Louia Blondbl.1

ALLENBACH, ABRAHAM, 1631-1705, notaire, trésorier et préfet à Adelboden, était issu d'une ancienne famille de la vallée. En 1656 il écrivit la relation de la bataille de Vilmergen ; de 1678 à 17<H, il fut préfet et composa une : Adelboden-Ckronikgeschrieben von mir A. A. 110-1 mi l:i. Jahremeines Alters i.Mns in-fol.42p.. d'après llaller. Bibl. IV, n° 664). Il faut remarquer spécialement la description de l'épidémie de peste de 1669, vécue par l'auteur. La chronique, oubliée depuis longtemps, existe en copies. — Mns aelv. XIV, 30, 37, de la Bibfioth. de Berne. [B. B.]

ALLENLÙFTEN (en français Toi '-iventi (C. Berne, D. Laupen, Com. Mùhleberg. Voir DGS). Hameau sur l'ancienne route de Berne au canton de Vaud et passage très fréquenté autrefois. Dans le Buchholz et le llupfenwalde, tumulus de l'époque de llallslalt fouillé depuis 1847. Urnes funéraires et riches trouvailles en particulier une ceinture en or. Voir Jahn: Chronik. Il s'y trouvait jusqu'en 1798 un intendant du gouvernement, tenant une hôtellerie et un dépôt, pour les convois de vin acheminés sur Berne. C'est dans ce hameau que le 5 mars 1798, les colonels bernois Auguste de Crousaz et Emmanuel de Goumoéns furent massacrés par leurs soldats mutinés. Comme le mot Luft signilie en allemand suisse vent, la signification de ce nom est la même qu.' Allenwinden : ce dernier se rencontre fréquemment et désigne des collines ou de petites élévations qui sont exposées « à tous les vents». — Voir A. Jahn : Chronik, p. 64. [O. T.. E. b. et h. St.,

ALLENSPACH, Joseph Urbain, rédacteur à Zurich, originaire de Hauptwil (C. Thurgovie), naquit à Kùsnacht au bord du lac de Zurich, le 24 mai I864 et se rendit, âgé de 19 ans, à New-York, où il épousa Louise-Marie Heusser. En 1886, il est à Zurich dans une maison d'édition, de 1887 à 1889 à Zolingue et de nouveau à Zurich comme administrateur d'un journal. Il se fit ensuite correspondant libre de journaux à Zurich, après avoir déjà exercé cette profession à Zolingue. De même ici. il utilisa ses loisirs à écrire, spécialement pour le théâtre d'amateurs. Une pièce populaire en cinq actes, Die Burgfluhbethli, et une quantité de pièces en un acte, ainsi que de petites œuvres poétiques et des nouvelles furent les fruits de son travail. Membre du comité du parti radical et de 1903 à 1913 membre du Grand Conseil de la ville de Zurich. En 1903, il se vit appelé à la rédaction du Tagblatl de la ville de Zurich, qu'il avait déjà rédigé à diverses reprises durant plusieurs années comme remplaçant du rédacteur. Il est bourgeois de Zurich depuis 1911. — Brùiumer et renseignements divers. [F. H.]

ALLENWINDEN (C. et D. Lucerne). Point culminant (514 m.) de la Musegg, connu sous ce nom depuis 1425. L'on prétend qu'il s'y trouvait au XIIIe s. un château fort, YArburg. Le custode de la ferme retirait annuellement de la propriété deux boisseaux de noix. Vers 1325, les propriétaires de cette campagne étaient les frères Matins et Hartmann von Obernau, en 1425 Henri Tripscher, puis Geisseler, Lussin, la famille de l'avoyer Tammann de 1490 à 1600, la famille Wâber jusque vers 1825. Celte année-là se produisit une rixe entre le capitaine Jos.-Ant. Wàber et son beau-père le colonel Béat Felber; provoquée par ce dernier, elle eut des suites mortelles et fut la cause du procès Felber qui eut un grand retentissement. — Voir Pfyffer : Gesch. d. Kt. Luzern II, p. 364. [P. X. w.]

ALLENWINDEN (C. Zoug, Com. Baar). Vge sur la vieille route Zoug-.Kgeri ; il forme le centre de ia région de «Grut» dont plusieurs fermes sont comprises dans la paroisse de Saint-Michel, de Zoug. Il possède son église, qui, à cause de Saint- Vendelin, patron des propriétaires

ALLËNWINDEN

ALLKRIIKIMGEN

de bétail, est un lieu de pèlerinage très fréquenté ; il a aussi sa maison d'école. Depuis la construction de la nouvelle route cantonale Aloosrank viaduc sur la Lorze-Neuàgeri, le trafic ne se l'ait plus par Allenwinden. L'église, qui existait déjà en loi 4, et qui, en 1699, fut reconstruite par le capucin Marquard Imfeld, puis agrandie et restaurée à une époque récente, est une filiale de la paroisse de baar. La chapellenie, ou bénéfice du vicaire, fut instituée en 1749. L'église possède un bon tableau de M. Deschwanden : « Vision », ou comment dans sa prison sainte Agathe reçoit la visite consolatrice de saint Pierre. — Voir B. Staub : Kanl. Zug, p. 65. — A. Nùscheler : Goltes/iàuser, dans G/V. 39. [A. W ]

ALLENWINDEN (C. et ville Zurich, avant 1893 Com. de Fluutern et Holtingen). Très ancienne ferme de l'abbaye de Zurich, apparaît déjà en 1299 et fut vendue au couvent de Selnau en 1307. Allenwinden embrassait à l'origine toute la région située, à l'Ouest, entre la route de l''luntern vers le Zurichberg, à l'Est, entre celle de Hottingen vers Urùt, au Nord, jusqu'au Kràhenbuhl et au Sud vers Schowingen. — Voir UZ VII-VIII et X. — Vôgelin. Allés Zurich II, p. 519. — En 1440, UELiAUenwinder d'Uster fut reçu gratuitement bourgeois de Zurich (Stammta/eln zut Geschirhle der Famitie Ammann, XIV. — Burgerbuch 1, p. 362). [R. H.]

ALLÉON. Parmi les religionnaires du nom d'Alléon ou Aléon qui arrivèrent à Genève, quelques-uns, comme Théodore, ne firent que passer (1701). Parmi ceux qui s'y établirent, on relève la mention de:

Loris, chaussetier, 1699-1709, venant d'Annonay. — [G. R.] — H vint en outre une famille que Galiffe, dans ses Notices généalogiques (vol. III, p. 8) dit originale de Savigliano (Chavillan) en Piémont, mais fixée un temps à Lyon, avant son arrivée à Genève. Cette famille, alliée de suite aux familles patriciennes genevoises, fut représentée au Conseil des CC. successivement par : — 1. Pierre, * à Lyon, reçu bourgeois de Genève le 9 novembre 1604, du Conseil des CC en 1611, ■j- le 26 septembre 1615. — 2. Jacques, son fils, du Conseil des CC en 1643,

Îen 1670. — 3. Jacques, ls du n° 2, * en 1638, du Conseil des CC en 1698, + en 1704. — 4. François, fils du n° 3, du Conseil des CC en 1728, f en 1752, maître orfèvre (voir SKL).

Famille éteinte au XIXe s.

Armes: d'azur au grillon d'or armé et lampassé de gueules. — Voir : Genève AK. [L.G.]

ALLEOUD. Famillequi apparaît à Genève au XVIIIe s. avec Pierre, Antoine et François, de Poujols en Dauphiné, admis comme habitants en 1739, 1741 et 1747. En 1785, Pierre fils de Pierre, horloger, est reçu bourgeois. Parmi les personnages marquants, signalons : Caroline-Marie, *à Genève le 27 avril 1811, artiste peintre, élève d Hornung, qui prit part aux expositions genevoises de 1832 et 1X47. Elle peignait souvent de souvenir et sur émail. Elle épousa le 2 juin

I8'i9 Abraham -Auguste Petil pierre, au Petit-Saconnex. — Voir Genève AE. - SKL. [h. C]

ALLERHEILIGEN. Couvent de bénédictins à Schaff-

house, dans l'ancien évêché de Constance, fondé au milieu du XIe s. par le comte Eberhard III de NelUnburg dans sa propriété au bord du hhin. En 105'2 le pape Léon IX consacra un autel dans cet édifice provisoire, la soi-disant chapelle de fondation ou d'Eberhard,qui existe encore en partie. Ensuite eut lieu la construction du monastère proprement dii, prévu pour loger douze moines, et d'une église consacrée en 1064 in honore sancti Salvatoris... omniumque... sanciorum (QSG III, 139) ; l'évèque de Constance Humold présida la cérémonie. C'est ainsi que l'église et le couvent furent appelés St-Salvator, et plus tard exclusivement Allerheiligen. L'antique monastère fut bieniôt insuffisant; peu après la mort du fondateur Eberhard (10787), dont la dépouille mortelle fut déposée dans le couvent, il fut complètement démoli et remplacé par un établissement plus grand qui existe encore en grande partie. La pose de la pierre angulaire de l'église, la collégiale actuelle, eut lieu en 1087 ; la construction fut achevée et consacrée entre 1 102 et 1104; c'est une basilique romane cruciforme, à colonnades et au chœur à pans coupés. Cependant, depuis cette époque jusqu'à nos jours l'argent manqua pour l'édification de la seconde tour. Dans la seule qui existe on vit jusqu'en 1898 la grosse cloche fondueen 1486etportantl'inscription popularisée par Schiller: vivos voco, mortuos plango, fulgura frango Cette cloche se trouve maintenant à côté de l'église. Les autres bâtiments du couvent se groupèrent autour du cloître roman, un des plus grands de la Suisse, qui s'appuie sur la façade Sud. Le jardin servit des 1582 de lieu de sépulture pour les patriciens de Schafl'house, dontlesbellesépitaphes ont été conservées sur les murs du cloître. A l'Ouestde l'église s'élevèrent, à côté de 1 ancienne chapelle d 'Eberhard ou d'Erhart, celles de Saint-Jean et de Marie et à l'Est, celles deSaint-Oswald, Saint-Nicolas etSainte-Anne. Enl484 l'abbé Detikofer construisit à l'angle Nord-Ouest du domaine du couvent, la nouvelle abbaye qui, dépouillée de son ani cienne ornementation, renferme actuellement une partie

Couvent d'Allerheiligeu à Schafl'house m 1600, d'après un tableau Me Hans-Kaspar Lang ; il après la chr [ue 'le Rùeger. Archives de Schafl'house.

de l'administration cantonale. Ce bâtiment était relié à la salle, dite cruciforme, construite dans la première moitié du XV' s., en grande partie restaurée en 1632 et

ALLEIU1EILIGE.N

ALLET

pour laquelle il fallut sacrifier la partie supérieure de la chapelle de Saint-Jean. Après la Heforme, l'église eut également à subir plusieurs rénovations malheureuses, ainsi en 1594. 1751-1/53, 1853, etc. Le verger entre le monastère et le Rhin servit, après la liéformation et pendant troi des, de champ de tir à la corporation Bchaffhousoise di archers; au XIX1, s., ce terrain se couvrit de fabriques. Pour l'histoire de la construction d'AUerheiligen ainsi que pour les autels, reliques, etc., les gravures et plans, voir notamment Rûeger: Chronik, p. 242-254. — Rahn: Statittik schweiz. Kunstderikmâler(ASA 1889, p.184).— Nûscheler: Gotteshâuser der Schweiz II. I, 31. — Ilenkini;: Das KlosterAR (Schaffh. Nbl. 1889-1891). - Wuscher-Becchi : Die Âbtei AH, Bâle, 1017 (avec riche bibliographie).

En 1079, le comte Bourcard, frère du fondateur Eberhard, appela à Allerheiligen l'abbé Guillaume de Hirsau qui, à la place de la discipline relâchée, rétablit la règle sévère des bénédictins de Cluny. Il contribua ainsi à la future grandeur du couvent. Déjà sous son élève, l'abbé Siegfried (1082-1096) puis scius les successeurs de ce dernier, Gérard (1096-1098) et Adalbert (1099-1131), il atteignit son apogée. Chaque jour environ trois cents religieux et laïques se rencontraient à table. Pendant la querelle des Investitures, dans le dernier quart du XI* s., le couvent fut un adversaire actif de l'empereur. Le fondateur s'était réservé le droit d'élire l'abbé, mais son lils déjà y renonça en faveur des moines. Les abbés étaient consacrés par l'évêque de Constance. Le pape Grégoire VII plaça le monastère sous l'autorité directe du Saint-Siège en 1080 et le déclara affranchi de toute autre autorité ecclésiastique ou laïque. L'immunité que les Nellenburg avaient possédée pour tous leurs alleux schall'housois fut confirmée par de nombreux papes et empereurs, et les droits que l'abbaye possédait en qualité de seigneurie franche, ainsi que ceux de ses avoués, précisés et étendus. Outre la haute juridiction dans son territoire, fort importante en elle-même et source de revenus, le couvent possédait encore beaucoup de droits utiles. Le fondateur lui axait fait don de Seliaffliouse, avec tousses droits sur les marchés, monnaies, forêts, chasse, pêche, moulins, cens fonciers, dîmes, etc., ainsi que d'une série de propriétés. Son lils Bourcard et après lui beaucoup d'autres bienfaiteurs multiplièrent les donations. Les propriétés foncières, droits et revenus du monastère s'étendaient dans le canton de Schaffliouse actuel, le pays de Bade, en Wurtemberg, Bavière, Brisgau, Argovie, ïhurgovie et dans les Grisons. Déjà au XII0 s., Allerheiligen était une des abbayes les plus riches de l'Allemagne du Sud et de la Suisse actuelle. Cependant, peu à peu, la ville de Schaffliouse, placée dès l'origine sous l'autorité du couvent, chercha à se rendre indépendante et, durant les XIV1, et XVe s., écarta de plus en plus le couvent des affaires. En 1524, une convention passée entre le dernier abbé Michel Eggenstorfer et la ville de Schaffhouse, transforma le monastère en prieuré, ce qui signifiait pour lui une véritable tutelle. En même temps, les droits et les propriétés de bon rapport passèrent à la ville. Enfin la sécularisation complète et la suppression du couvent furent l'œuvre de la Réformation. L'abbé et les moines reçurent des prébendes jusqu'à leur mort; plusieurs d'entre eux se marièrent. La gérance de la fortune du monastère fut confiée à un administrateur de la ville. Jusqu'au moment où d'autres administrations et fondations furent englobées dans le fonds ecclésiastique et scolaire cantonal, en 1855, la gérance d'AUerheiligen resta entre les mains d'une administration spéciale. Les précieux restes de l'ancienne bibliothèque du couvent, entre autres des Codices des IXe au XIe s., sont conservés actuellement à la bibliothèque des pasteurs, dans la salle cruciforme du monastère. — Voir Baumann : Das Kl. AH. in Scltaffhausen (<JS<: III1. — Mone : Quellensammg. zur baci. Gesch. I. 80-98. — Urk-. req. f. den Kt. Schaffh. 1906. — Annales Scafus. (Mon. Germ. Script. V. 388). — Fickler : Quellen u. Forsch. z. Gesch. Schwabens u. cler Ostschweiz, Mannh. 1859. — LL XVI, 161, 164, 177. — Rûeger : Chronik, p. 242. — Harder : Chronik. — Kirchhofer. Schaffh. Nbl. 1822-1843. - v. Mùlinen : Helv. Sacra I, 119. - AS A VII, 288. - Henking: Das Kl. AH (Schaffh. kanl Festschrift 1901). — II. W. Harder: Die Klosterpflegerei lus 1798 (BVG Sch. IV, 131). -

Bàchtold : Erwerb. der Landschafl Schaffh. [stâdt. Festschrift, 1901). — Werner ; Verf.- Gesch. der Stadt Schaffh. 1907. Wuscher-Becchi: Die Abtei A H, i9il.— Katalog der Ministerialbibliotheh Schaffh. I«77. — Mezger: Gesch. der Stadtbibliothek Schaffh. 1871. |ii.u erner.I

allerheiligen (C. Soleure, I). Olten-Go Com. Hâgendorf. Y. lias . Grand domaine qui s'appelait autrefois Berkisuryler. Pour le repos de son Ame et de celle de ses parents, le comte Louis deFroburg donna au couvent de bénédictins de Schôntal, le 8 octobre 1261 , une propriété qu'il avail à Berkiswyler. Après la suppression du couvent (1525) la propriété passa à la ville de Soleure; au XVIII* s., elle était devenue propriété de la famille patricienne Grimm, de Soleure. Le 17 sept. 1697, le vicaire général de l'évêque de lia le accorda à J.- C. Grimm, capitaine au service de France et membre du Conseil de Soleure, la licence de faire célébrer la messe dans une chapelle sur la montagne de Berchiswil. La chapelle fut dédiée à Tous les Saints et peu à peu le nom d'AUerheiligen devint celui de toute la propriété. Pendant la révolution française, des ecclésiastiques français séjournèrent près de la chapelle; celle-ci dut mulheureusement faire place au sanatorium soleurois qui depuis 1911 s'élève sur l'Allerheiligenberg. — Voir E. Niggli : Sol. Lungenheilstâtte auf A. dans le Sankt- Ursen-Kal. 1911, p. 51. E.N.J

ALLERHEILIGEN (C. Soleure, 1t. Soleiire-Lebern. Com. Granges. V. DGSJ. Eglise près de Granges. Au XVIe s. déjà, il y avait sur le Helgenfeld une chapelle fort visitée par les pèlerins, surtout lorsque les pèlerinages à Obeibùren eurent été supprimés par le gouvernement bernois. En 1682, la chapelle fut reconstruite et transformée en une belle et vaste église; l'architecte en fut Urs Schmitz, de Granges (Rit 1682, p. 168). Le chanoine J.-T. Hartmann, de Soleure, la dota en 1689 d'une prébende pour un chapelain et un vicaire. En 1694 le couvent de Bellelay fit des démarches pour y construire avec ses propres moyens un couvent qui devait servir d'asile à ses moines. I r.nis la convention passée avec le gouvernement, il est stipulé que six religieux au moins, dont les deux tiers Soleurois, séjourneront à Allerheiligen. La [convention fut ratifiée par le général de l'ordre des Prémontrés avec la réserve que l'Etat de Soleure, en cas de transfert du monastère, rembourserait au couvent de Bellelay tous ses fiais et dépenses. Le projet n'aboutit pus (RM lO'.Mi. p. 19). En 1807 une chapellenie l'ut instituée, mais en 1811 le titulaire se fixa à Granges où l'on venait de construire une nouvelle cure. L'église renferme trois autels du plus beau style baroque. A la voûte du chœur on voit les armes de Soleure, surmontées de l'aigle impériale et supportées par deux lions. Dans les bas-côtés, il y a six tombes de chapelains ou de parents avec les armoiries desSchmid, Schûrmann, Peter, Altermatt, Christ. L'église fut consacrée le 4 ou 5 septembre 1693 par l'évêque Pierre de Montenach. Une chapelle latérale avec un autel rococo a été construite en 1754 sur l'emplacement d'une chapelle plus ancienne. Dans la tour se trouvent deux cloches; la plus ancienne est un don de J.-J. Boggenstil, Marie M. von Arx et de la commune de Granges : elle porte les armes de Boggenstil, von Arx et de Granges. En 1864 un connaisseur en art, F. Zetter, de Soleure, découvrit la fameuse Madone de Jean Holbein (de 1522) qui est conservée au musée de Soleure ; elle est connue sous le nom de Zetter sche Madonna von Solothurn. C'est aussi de l'église d'AUerheiligen que proviennent deux portraits d'anges, de Melchior Wyrsch, aujourd'hui au musée de Soleure, et une statue originelle de l'archange Michel avec le démon enchaîné sous ses pieds, actuellement dans l'église de Granges. [K. N.l

ALLET (autrefois aussi ALLIETI, ALLETI). Famille apparaissant au début du XIV' s. à Loèclre, bourgeoise aussi de Loèche-les-Bains et Agarn. Au XVIIe s., Samuel se fixa à Berne où il fut reçu habitant en Kii8. Au XlX1 s., une branche, qui existe encore, se fixa à Sion où déjà antérieurement les Allet avaient été bourgeois quelque temps. Pendant quatre siècles, cette famille revêtit les plus hautes charges du dixain de Loèche et il n Valais, donna au clergé une lignée d'hommes éminents et acquit à plusieurs reprises au service étranger une

ALLET

ALLET

grande renommée et de hautes distinctions. Elle a fourni au Valais un grand-baillif, 2 gouverneurs de Monthey, 7 gouverneurs de Saint-Maurice, 1 gouverneur d'Evian, etc. (Furrer : Wall.

Gesch.). De Rivaz et Leu rangent les Allet parmi la noblesse du pays. Un Aimon Allet apparaît dans un acte public en 1315. En 1387, Antoine Allet représente la commune de Loèche dans un traité avec la Savoie. En 1395, ce même Antoine fait avec Pierre de Rarogne un échange de propriétés situées dans la vallée d'Anniviers (Gremaud : Mém. et Doc.

de la Suisse romande). Armoiries : de gueules, au chêne de sinople sur 3 coupeaux de même supportant un agneau passant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or. — Parmi les personnages marquants, mentionnons: 1. Pierre, curé de Loèche du 7oct. 1511 à 1530. Fidèle adhérent du cardinal Schinner, il brigue en 1519 une prébende de chanoine à Sion, en possession de laquelle nous le trouvons en 15*21. Le 12 août 1528, il est nommé administrateur du chapitre deValère et le 3 oct. 1532 doyen de Sion. Dès 1532 il fut aussi officiai de l'évèque Adrien I, deRiedmatten,dont il fut le bras droit dans ses efforts pour le maintien du catholicisme en Valais. Le 10 janvier 1558 à Valère, il écrivit son testament et mourut ce même mois. — Voir BWG 1,275. — Arch. deValère. — 2. Etienne, immatriculé à l'université de Fribourg en Brisgau le 27 mai 1549 comme clerc de l'évêché de Sion, devint recteur de Saint-André à Valère, en 1551 chanoine à Sion et obtint le 21 janvier 15581a plus haute dignité du chapitre, le décanat de Sion ; -j- 1578. —Voir : B WG I et Arch. deValère. — 3. Pierre, enl544banneret, 1548, 1551 et 1560, major(anciennementpremier magistrat du dixain) de Loèche, 1558 gouverneur d'Evian, 1559 et 1560. 1564 et 1565, 1568 et 1569, grand-baillif duValais. C'est sous l'administration de Pierre Allet que les négociations avec le duc de Savoie aboutirent au traité de Thonon (4 mars 1564) en vertu duquel Evian fit retour à la Savoie, pendant que le district de Monthey était réuni définitivement au Valais (Perrig: Chronique. — Grenat: Hist. mod. du Valais . — Furrer.). — 4. Barthélémy, de Loèche, fils du n° 3, épousa Christine, fille du secrétaire d'Etat Martin Guntren, de Sion. Il fut major de Loèche en 1572, 1581 et 1602, puis gouverneur de Monthey 1582 et 1583 et depuis 1581 banneretde Loèche. Il représenta, en 1602, le Valais à la Diète de Soleure (AS I). Sous Henri IV il prit du service en France comme capitaine ; à la bataille d'Ivry (1590) il sauva la vie au roi qui, en témoignage de reconnaissance, lui remit sa propre chaîne d'or. Dans le Valais, il était à la tête des Francs patriotes unis au parti calviniste qui cherchait à arracher à l'évèque ses droits souverains et à faire passer le pays au protestantisme. Il attaqua surtout violemment les Jésuites qui, à cette époque, venaient de fonder dans le Valais leur premier établissement, et le 7 juillet 1614, il envoya à l'avoyer Pfyffer, de Lucerne, un mémoire contre

cet ordre. 11 mourut en 1620. - BWGl.- Furrer. — 5. Michel, fils du n° 4, 1608 major de Loèche, servit en France; il fut capitaine aux régiments Aregger et Zurmatten (Rott : Inventaire IV, 759). Il y eut encore plusieurs autres Allet capitaines au service de Fiance, entre autres, Pierre, Jacques, François, Eugène, ce dernier chevalier de Saint-Louis (LL). —6.

Jean-Etienne, major il banneretde Loèche, délégué au renouvellement de l'alliance du Valais avec les cantons catholiques, à Altdorf, en l()9(i. — 7. François-Joseph, banneret

Eugène Allet (1814-1878)

D'après |une photographie du monu-

menti.dans I église paroissiale de

Loèche.

de Loèche, châtelain deVionnaz et Bouveret (1724), gouverneur de Saint-Maurice (1735), colonel du Llaut-Vaiais (LL). — 8. François-Alexis, gouverneur de Saint-Maurice, membre de la Diète, major et grand châtelain de Loèche, membre de la Chambre administrative sous le Régime helvétique, vice-grand-juge de la République (1753- 1814). — 9. EUGÈNE, (ils du précédent membre de la Diète, conseiller d'Etat, avait le titre de marquis d'Augustini (lue lui avait légué son beau-père le grand-baillif Augustini, mort à Loèche en 1837. — 10. Eugène, fils du précédent, *le 18 fév. 1814 à Loèche, entra le 0 mai 1832 au service du pape, et, de degré en degré, parvint au grade de colonel du régiment des zouaves (1866). Il prit part aux batailles de Vicence (1848), Castelfidardo (18 sept. 1860), Mentana (1867) et à la défense de Rome contre les Italiens) 1870). Il acquit au plus haut degré la confiance de ses subordonnés. Après Mentana le gouvernement pontifical lui offrit le grade de général. Il refusa disant : « Il y a beaucoup de généraux par le monde, mais il n'y a qu'un colonel île* zouaves pontificaux, et c'est moi.» (Union Allet, organe des zouaves canadiens). Chargé de décorations, il rentra dans sa patrie en 1870 après le licenciement de l'armée pontificale et mourut à Loèche le 23 mars 1878. Un buste dans l'église paroissiale de Loèche rappelle son souvenir. — (BWG lll.) -il. Alexis, frère du n» 6, * en 1820 à Loèche. Il fit ses études à Sion, Chambéry et Pise.

En 1845 il entra en qualité de chancelier au service du canton du Valais. En 1847, après la défaite du Sonderbund, c'est à lui qu'échut la tâche de remettre au nouveau gouvernement le palais du gouvernement et la chancellerie d'Etat. H se consacra dès lors à ses fonctions d'avocat ; sa science juridique et son éloquence remarquable, le placèrent rapidement au premier rang des hommes d'Etat du pays. Au Grand Conseil où sa circonscription de Loèche l'envoya siéger pendant 40 ans, il sut grouper autour de lui les adversaires politiques du gouvernement de 1848 et provoquer en 1852 une révision de la constitution qui abrogea les plus dures dispositions contre l'Eglise. Avec une activité opiniâtre il travailla à organiser le peuple et à le gagner à la conservation des principes traditionnels. Aussi les élections au Grand Conseil de 1856 donnèrent-elles au parti conservateur l'importante majorité qui lui fut assurée dans la suite. En 1855, Allet entra au Conseil d'Etat dont il fut toujours alternativement président ou vice-président et où il déploya une activité féconde pour le pays. La réconciliation de l'Eglise et de l'Etat, l'assainissement de la politique ferroviaire du pays, la construction de la route de la Furka (1865-1868), les premiers travaux de la correction du Rhône (1864) sont ses œuvres. Dans le domaine de la politique fédérale, il se fit également remarquer: de 1852 à 1873, il est député au Conseil national (on lui doit l'introduction du référendum dans la Constitution fédérale), et de 1865 à 1873, membre du Tribunal fédéral. A la suite de l'effondrement de la banque cantonale du Valais en 1870 il se retira du Conseil d'Etat. Personnellement intègre, il expia durement la confiance qu'il avait accordée à des fonctionnaires infidèles. Retiré de la vie publique, il termina ses jours à Loèche, sa ville natale, où il mourut le 2 fév. 1888. — 12. François-Joseph (I780-1862), fils du nn 8, président du dixain de Lnèche, membre de la Diète, ju^e à la Cour d'appel.— 13. Gaspard (1813-1879), fils du précédent et de Joséphine de Stockalper, curé-doyen de Loèche, chanoine, grand chantre de la cathédrale de Sion, député du clergé au Grand Conseil (B WG). — 14. François, de Loèche, lils de François-Joseph, * 1820. Ayant étudié à Sion et Brigue, il entra en 1840 dans l'ordre des Jésuites, obtint le grade de docteur en théologie, et, de 1849 à 1872, fut un des grands orateurs de la chaire en Allemagne. Quelques-uns de ses

Alexis Allet (1820-1888.) D'après une photographie.

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