‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 108 sur 213 · WATT · texte numérisé non relu

WATT

WATTENWIL

Grand Conseil, t septembre 1834. — H. Kohler et H. Péquignot : Biographies jurassiennes. — ■ BT 1930, p. 178. [H. T.]

WATT, von. Famille importante, aujourd'hui éteinte, probablement originaire du domaine de Watt près de Roggwil (Thurgau), bourgeoise de Saint-Gall au XIVe s. Armoiries : d'argent au griffon de sable colleté d'or. — I. Konrad, cité à la fin du XIVe s. parmi les fonctionnaires de la ville. Était bourgmestre lorsqu'il tomba à Vogelinsegg en 1403. — 2. HUG, fils du n° 1. f vers 1460-1461, acquit en 1418 le château de Rebstein, en 1432 celui de Steinach ; du Pelit Conseil 1436-1456, commerçant réputé. A.\ ec — 3. Peter, cousin présumé du u" 1. el avec Nicolas de Diesbach, il fonda vers 1415 ou après, une société de commerce, citée de 1428 à 1458. Elle eut son siège à Berne, puis à Saint-Gall, et fut en relations d'affaires avec Barcelone, Lyon, Venise, la France du Nord, Leipzig, Berlin, Dantzig, Francfortsur-1'Oder, Breslau, Posen, Varsovie et Cracovie, exportant les toiles de Saint-Gall et de la région du Bodan, dans la fabrication desquelles elle était intéressée. En 1430, Peter obtint conjointement avec les trois frères Konrad, Hug et Hans un diplôme d'armoiries du roi Sigismond. — 4. Peter, cousin du n° 2, t vers 1402, commerçant pour le compte de la susdite société surtout dans les régions de l'Est ; s'établit en 1427 à Nuremberg dont il devint bourgeois en 1428 : il obtint aussi une lettre d'armoiries en 1430. Souche d'une branche nurembergeoise, florissante jusque dans la seconde moitié du XVIe s. — 5. Paul, bis du n° 4, ecclésiastique, professeur à Leipzig, chancelier de l'ordre teutonique. f 1505, évêque de Samland. — 6. Hektor, fils du n° 2, f 1474. du Petit Conseil, bourgmestre 1460, alternativement bourgmestre, ancien bourgmestre ou bailli impérial sans interruption de 1465 à 1474. — 7. Lienhard,

fils du n° 6, f 1520, négociant, du Petit Conseil depuis 1510. — 8. Hans. dis du n° 6, f 1517, riche négociant ; fut depuis 1480 environ à la tète d'une nouvelle société de commerce dans l'Est de l'Europe. — 9. Georg, neveu des nos 7 et 8, f 1543, négociant et conseiller, collabora à l'introduction de la Réforme à Saint-Gall.

— 10. Hektor, frère du n° 9 ; f après 1550, négociant avec l'Est de l'Europe, bourgeois de Cracovie 1510, y fonda une branche de la famille. — 11.

Joachim , plus connu sous le nom de Vadian, fils du n° 7, 1484-1551, humaniste, bourgmestre, réformateur ; étudia à Vienne, maître es arts 1508, puis docent et professeur ; recteur de l'université de Vienne 1516-1517. Il dirigea des publications philologiques et scientifiques : éditions et commentaires d'historiens de l'antiquité (Salluste), de poètes (Ovide), de géographes et naturalistes (Pline l'ancien, Denys le Périégète, Pomponius Mêla) ; auteur de discours et poèmes, d'une poétique 1518; créé poète lauréat en 1514 par Maximilien. Il étudia aussi la médecine et fut médecin de la ville de Saint-Gall 1518, du Petit Conseil 1521, bourgmestre la première fois 1520, puis dès lors alternativement bourgmestre, ancien bourgmestre et bailli impérial. C'est principalement à son action, tant spirituelle que politique, qu'est dû l'établissement de la Réforme à Saint-Gall. Il combattit la secte des anabapt istes, s'occupa d'organiser l'église réformée saint-galloise et tenta même de séculariser le couvent. Président de la seconde dispute de Zurich 1523 et de celle de Berne 1528, il contribua à faire accepter la première confession helvétique de Bàle en 1536. Auteur de nombreux écrits théologiques et de polémique réformée. Ouvrages historiques en allemand : Chronik

■'^jjjjjjjy--

H^Mf^fl

Joachim von Watt (Vadian).

D'après un portrait à l'huile (Bibl. de la Ville, Saint-Gall).

der JEble von St. Catien (grande et petite chronique. 720-1530) ; fragment d'une histoire de l'empire romain ; Gesch. der frdnkischen Kônige ; Epitome ; Diarium, 1529-1533. Il laissa, à sa mort, sa bibliothèque à la ville, où elle forma le noyau de la. Vadiana. — 12. Be- NEDIKT, 1569-1616, quitta Saint-Gall pour Nuremberg au plus tard en 1591, y fut reçu habitant, suivit l'école de chant. Auteur de chants religieux, historiques et politiques, inventeur de nouvelles formes de strophes ; forma plusieurs collections de chants de maîtres, et travailla à la diffusion de leur art et des méthodes employées à Nuremberg. Son fils Martin reprit en 1629 la bourgeoisie de Saint-Gall, où il vécut. Ses enfants furent les derniers du nom de Watt. — H. Ammann : Die Diesbach- Watt- Ges. des 15. Jahrh., dans MVG XXXVII.

— Vadianische Briefsammlung, publ. par E. Arbenz et H. Wartmann dans plusieurs volumes de MVG 1880- 1913. — Joachim v. Watt: Deutsche hist. Schriften, publié par E. Gotzinger, 3 vol. — Joh. Kessler : Joachimi Vadiani Vila, publ. par E. Egli et R. Schoch en complément à Kessler : Sabbata. — E. Gotzinger : Joachim Vadian, der Reformator u. Geschichtsschreiber von St. Gallen. — W. Éhrenzeller : Joachim Vadian.

— G. Geilfus : Joachim von Watt als geouraphischer Schriftsteller. — Autres contributions biographiques, de E. Arbenz, T. Schiess, etc. — Barth 16 579. - ADB. [W. Niep.]

WATTELET. Famille fribourgeoise, originaire de Joincle (France), établie à Morat dans la première moitié du XVIe s. e1 admise dans la bourgeoisie de cette ville en 1575. Armoiries : d'azur à un arbre de sinople terrassé du même, accompagné en chef d'un soleil d'or entre deux fleurs de lys du même. — Hans, 1851-1927, Dr phil., avocat, historien, un des fondateurs, en 1893, de la Société allemande d'histoire du canton de Fribourg dont il fut viceprésident de 1905 à sa mort. Auteur de plusieurs travaux ayant trait surtout à l'histoire de Morat et du Murtenbiet. Son exposé de la bataille de Morat est généralement admis et rectifie la conception traditionnelle en plusieurs points. Publications : -4ms dem alten Murtenbiet, 6 études parues dans FG VIII, IX, X, XIX, XXI et XXIII ; Die Schlacht bei Murteii, 1889 ; Die Schlacht bei Murtcn, dans FG l ; Die Schlacht bel Murten, 1926, publ. par E. Flùckiger et A. Bùchi pour le comité d'organisation du jubilé de la bataille 1926, etc.

— J. - F. - L. Engelhard :

Chronik der Stadt Miuh n

— FG XXIX, avec liste de ses publications. — Étr.

frib. 1928. [R. JIerz.]

WATTENTINGER.

Famille éteinte de Baden où elle apparaît du milieu du XVe à la fin du XVIIIe s. Armoiries : de sable à une ramure de cerf d'or posée en barre, accompagnée d'une étoile d'or au canton dextre du chef et d'une croisette d'argent au canton senestre de la pointe. — Hans, avoyer alternatif 1538-1562. — W. Merz : Wappenbuch Baden. — LL. [H. Tr]

WATTENWIL (C. Berne, D. Seftigen. V. In. si Com. et Vge paroissial. En 1261, Watinwile : 1294, Waticnwilc : 1300, Wallwile. Jahn fait dériver le nom de rnili villa lieu situé sur le sol desséché d'un lac, et mentionne des maisons dites «maison des païens», ainsi qu'un ancien castel situé sur l'emplacement de la cure actuelle. On ne sait rien de son histoire. Les premiers propriétaires historiquement connus dans la région furent les seigneurs de Montenach au XIIIe s., qui

Hans Wattelet.

D'après une photographie

WATTENWYL

WATTENWYL

vendirent en 1268 un tiers de leur droit de juridiction sur Wattenwil à Jordan von Burgistein, et deux tiers à Konrad et Walter von Wattenwyl. Il est très vraisemblable, mais non certain, que cette famille patricienne bernoise est originaire de la localité. Les Burgislein paraissent avoir possédé par la suite toute la seigneurie, car elle fut divisée à nouveau en deux moitiés par les deux filles héritières de cette maison. L'une passa successivement aux Miinch von Munchenstein, par vente en 1411 à Elisabeth von Rùmligen et à sa fille Anna von Velschen, puis par héritage à Kaspar et Georg von Stein en 1459, à Bartlome May en 15111, qui possédait déjà l'autre moitié. Celle-ci avait passé par Hartmann von Spins et les Spiegelberg à Adrien de Bubenberg en 1464 ; son fils Adrien la céda en 1499 à Bartlome May. Reinhard von Wattenwyl acquit en 1533 toute la seigneurie. Elle passa au commencement du XVIIe s. à Hans Hugi de Soleure qui la vendit en 1639 à Albrecht Graf, lequel céda en 1641 les droits seigneuriaux aux gens du village. Ceux-ci vendirent en 1642 les droits de juridiction au gouvernement bernois, déjà détenteur de la souveraineté depuis l'acquisition du landgraviat de la Bourgogne de l'Aar, et qui avait rattaché Wattenwil à la juridiction de Seftigen. Au spirituel, Wattenwil fut jusqu'en 1659 une filiale de Thurnen. En considération du nombre d'anabaptistes qu'il y avait dans ses environs, il fut alors érigé en paroisse autonome ; son église ainsi que la tour furent érigées en 1683. — W.-F. v. Mulinen : Beitràge III. — LL. — A. Jahn : Chronik. — Le môme : Kt. Bern, p. 246. - - C.-F.-L. Lohner : Kirchen. - Heimatkun.de, des Amtes Seftigen. [H. Tr.]

WATTENWYL, von, de WATTEVILLE. Famille patricienne de la ville de Berne. Armoiries : sur les plus anciens documents (1295) une rose ; puis, avant 1453, deux chevrons abaissés juxtaposés; actuellement de gueules à trois demivols d'argent (2 et 1), blason qui a été octroyé à Nicolas de Watteville par un diplôme d'armoiries de l'empereur le 18 octobre 1453 (AIIS 1896, 54). Depuis plusieurs siècles, la famille fait usage de la forme française de son nom aussi bien que die l'allemande. A Berne, la forme du nom de Wattenwyl, qui est sans doute la primitive, s'est conservée officiellement tandis que les membres de la famille qui s'établirent en Suisse française et, plus tard, en Franche-Comté adoptèrent la forme Watteville transformée en « Batteville » dans les documents espagnols. Dans l'usage courant, la forme française s'implanta toujours davantage à Berne. Selon une ordonnance du Conseil exécutif bernois du 12 déc. 1928, les membres de la famille doivent être inscrits dans les registres bernois de l'état civil et. de la bourgeoisie sous le nom de Wattenwyl, dans les actes d'origine établis en langue française, on peut ajouter la formule « en français de Watteville ».

Le berceau de la famille est très vraisemblablement le village de Wattenwil (v. Mulinen, Beitr. III). D'après un tableau généalogique établi au XVIe s. par un archevêque de Salzbourg (en possession du comte de Zinzendorf), des seigneurs de Wattenwyl auraient vécu en Bavière aux XIe et XIIe s. Leurs descendants se seraient établis en Suisse. Mais il n'est pas possible d'établir un lien entre cette famille et celle de Suisse. Aux XIIIe et XIVe s., des Wattenville apparaissent à Tlioune et à Berne. En 1226. Ulrich fait partie du Conseil de Berne. A la fin du XIIIe s. on mentionne une série de membres de la famille, sans qu'il soit possible d'établir entre eux une parenté. Au XIVe s. plusieurs Wattenville sont bourgeois de Thoune. La famille actuelle remonte certainement à JAKOB, bourgeois de Thoune au milieu du XIVe s. Son fils Gerhard est mentionné comme bourgi ois de Berne à la fin du XIVe s. Niklaus, fils du précédent, du Conseil de Berne 1427. banneret 1432, avoyer

Jakob \<>n Wattenwyl.

D'après un portrait à l'huile

(Bibl. de la Ville, Berne).

de Thoune 1446. f 1465. Son fils NlKLAUS, bannerel des Boulangers 1466, mourut jeune la même année : après 9a mort, sa femme Barbara, née d'Erlach, mit au inonde en 1466, un fils — Jakob, dit Postumus (lils posthume), ancêtre commun de tous les Watteville actuellement existants. Il lit une brillante carrure d'homme d'État et de militaire, épousa une riche héritière, Magdalena von Muhleren. dernière de son nom, devint seigneur de Burgistein, Wattenwyl, Kirchdorf, Gerzensee, Blumensiem. Schônegg. Avoyer de Thoune 1490, du l'élit Conseil 1495, banneret des Boulangers 1496, trésorier 1505, avoyer de la ville de Berne 1512. f 1525.

Il favorisa les débuts de la Réformation, à la victoire de laquelle son fils Niklaus collabora. En qualité de banneret, il prit part, en 1499, à la campagne du Hegau. En été

1513, il commanda l'avantgarde des Confédérés à l'expédition de Dijon : en été, 1515, comme avoyer sortant de charge, il conduisit 5000 hommes à Domodossola. Pendant qu'il était avoyer fut posée, en

1514, la première pierre de la grande muraille de la plateforme de la collégiale de Berne. En nov. 1517, le duc de Savoie habita sa maison de la Grand'Rue (SBB IV ; F. Thormann : Schultheissenbilder). Les fils de Jakob, Niklaus, Hans- Jakob et Reinhard furent les fondateurs des deux lignes bernoises existantes aujourd'hui, ainsi que de la ligne hispano-comtoise de la famille, éteinte aujourd'hui. Actuellement, outre les branches suisses de la famille, il existe des branches en Italie, en France, en Angleterre et dans l'Amérique du Nord.

De nombreux descendants de Jakob Postumus furent portés aux plus hautes charges de la République de Berne. Au commencement du XVIe s., la famille Watteville fut admise parmi les six familles patriciennes privilégiées (présidence du Petit Conseil) avec le titre wohledelfest. 5 Watteville furent avoyers de Berne. 9 bannerets, 69 baillis et hauts fonctionnaires. La ligne aînée fait partie de la corporation des Boulangers, la cadette de celle des Gentilshommes. — Aux seigneuries de Jakob Postumus vinrent s'ajouter, dans la suite des temps, celles de Wyl, Jegistorf, Diesbach, Belp, Landshut, Bremgarten, Villars-les-Moines, puis, temporairement, celles de Colombier, Bevaix dans le comté de Netichâtel, celles de Bursinel, Luins. Férhy. Malessert, Montbenay, Mollens, Chardonne et Trevelin dans Le Pays de Vaud. Le tronc hispano-comtois acquit des seigneuries en Savoie et en Franche-Comté ; certaines furent érigées en marquisats, ce qui valut à leurs possesseurs le titre de marquis. Les seigneuries de Belp et Diesbach possédaient droit de haute justice et comptaient au rang des baronnies.

I. Ligne aînée. — 1. Niklaus, fils aîné de Jakob Postunins. prêtre, protonot. apost.. prévôt à Lausanne 15 1 'i-1521, chanoine de Constance, abbé commendataire de Montheron 1517. Dr en droit canon: fut envoyé à Rome pour y négocier diverses affaires concernant l'épiscopat suisse. Chanoine de Bâle 1518, prévôt à Berne 1521; il fut mêlé au mouvement de la Réformât ion. renonça en 1525 à ses dignités ecclésiastiques, se maria en 1526 avec la religieuse Clara May, acheta les seigneuries de Wyl et Grosshochstetten, fit partie des Deux-Cents de Berne depuis 1535 et fut. en 1530. un des présidents delà dispute de Lausanne, f 15.M. - Zwinglis Werke VIII, p. 101. -- ADB. - SBB IV. — ■ 2. PETERMANN, fils du n° 1. banneret des Boulangers 1577. t 1581. — 3. Johann, fils cadet du n° 1, 1541-1604. bailli de Lausanne 1578. du Petit Conseil 1581. bannerel des Boulangers, avoyer de la ville

WATTENWYL

WATTENWYL

Johann von Wattenwy] (n° 3).

D'après un portrait à l'huile

(Bibl. de la Ville, ISerne).

de Berne L582, général dans la campagne contre Le duc de Savoie 1589. L'issue malheureuse de cel i e expédition donna lieu à de vives attaques contre les avoyers de

Berne, tint furent finalement destitués. L'année >iiivante, i oui dois. Johann put se justifier des accusations portées contre lui. Il se maria quatre fois. I n Bis de son troisième mariage l'ut le fondateur de la branche de Reinhard ; des lils du quatrième mariage fondèrent les branches de Sigmund, Friedrich, . Johann-Kranz et Gabriel.

C'esl à cette dernière qu'appartiennent la plupart des Watteville actuels. - SBB IV. — F.

Thormann : Schultheis$enbilder.

Page 1