‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 156 sur 213 · II. Famille bourgeoise de Lucerne en · texte numérisé non relu

II. Famille bourgeoise de Lucerne en

III. Famille de paysan- mentionnée à Pfaffnau (Lucerne) dès 1400. d'où un rameau s'établit à Roggliswil vers lô8o. Se- membres revêtirent diverses charges dans ces deux villages: Amtmann de Saint-Urbain, juge, sautier, président de commune. — Archives d'Étal Lucerne. — Gfr. [H.-A. v. S.]

WINTERLIN (Winterle). Anton, * 1805 à De gerfelden, dessinateur à Bâle, exécuta en 1865 le panorama de la ville depuis la tour de la Martinskirche. Ses nombreux albums de dessins contiennent des vues de Bâle el de la Suisse ; ils sont conservés au cabinet des estampes de Bâle. On en a tiré nombre de gravures el lithographies, f 1894. —SKL. [C. Ro.]

WINTERLIN, JOHANN-KASPAR, de Lucerne. bénédictin, conventuel de Mûri 1596, musicien, peintre el graveur, y 27 févr. 1634. — M. Kiem : Mûri II. p. 105. 197. 492. -- K.-A. Kopp: Die Stiftsbibl. rem Beromûnster II, p. 10. — ASA XXXIII, p. 260. [J. T.]

WINTERSBERG (C. Saint-Gall, D. Ohertoggenburg. Y. DGS). Ancien bailliage de la juridiction h>egenbourgeoise de Thurtal (Krummenau), paroisse de Kappel. En 1398, Eberhard von Sax reçut de l'abbaye de Saint-Gall le fief de son père Les droits de juridiction furent attribués aux comtes de Toggenbourg, aux barons de Rarogne, enfin au couvent de Saint-Gall. En 1464 les compagnons de l'allmend se rachetèrent «le leurs dernières redevances. Ordonnances d'allmend 1458, 1491, 1725. 1744 et 1770. Un château de Wintersberg lui la résidence des seigneurs de Krummenau, mentionné en 1266. — H.Wartmann : I ri,. IV, p. 558. - M. Gmiïr : Rechtsquellen II. p. 481. -- F. Rothenflue : Chronilc, \>. 105, 90. — N. Senn : Toggb. Archiv, p. 39, 13, 44, 92. — K. Wegelin : Gesch. der Landschaft Toggb. I. p. 125, 237, 289, 291. - I. von Arx : Ces, h, chien I. p. :,:iti. — N/. Gallei Mil. 1911. p. 20. [H. E.]

WINTERSINGEN (C. Bâle-Campagne, D. Sissach V. DGS). Coin, ci Vge. En 1190. 1226, Wintersingen Etablissement romain sur la colline pie- de la ferme il. Iiieiilchl. Ihm- le voisinage, le champ d'Einach occupe probablement l'emplacement d'un établissement galloromain. Le- noms de lieux comme wallende Brunnen. primitivement Walenbrunnen, Steinler, du- alte Strass (1447), gumenstall == maison sur le kumen, du latin itiiiiim vallon ou fossé, Porthalden, Blenetzen fplanicn j sont d'origine romaine ou -c rattachent à la colonisation romaine. La proximité d'Augsl explique l'abondance de- souvenirs romains. Wintersingen doit son nom à une colonisation alémannique. Le Freihof. possession du roi ou de l'empire, remonte à l'époque franque. Il est encore attesté en 1360. lorsque le comte Sigmund von Tierstein renonça .i i e fief impérial, l'ayant vendu aux duc- d'Autriche. En 1196, l'église de Wintersingen appartenait an chapitre de Saint-Léonard de Bâle. Le -'< oct. 1234, la collation de Wintersingen lut attribuée après une longue contestation a Konrad von CEschgen, de Rheinfelden. Elle passa ensuite à Sigmund von Tierstein et fut rattachée a un domaine de Maisprach. Le 0 juil. 1313, Sigmund von Tierstein lit don de la collation à la commanderie teutoniipie de Beuggen, à Laquelle elle appartint jusqu'en 1821. En 1341 déjà, le village de Wintersingen, avec sa liante juridiction, appartenait au comte Otto de Tierstein. Avec la seigneurie de Farnsbourg, le villagi passa en 1461 à la ville de Bâle. En janvier 1529, la commune refusa un prêtre envoyé par la commanderie de Beuggen el réussit à obtenir du Conseil de Bâle. comme pasteur, Jakob Schlaiup.de Memmingen, qui

WINTERSTEIN

WINTERTHOUR

était pasteui à Oberwil. Le 6 août L748, Winters-ngen lui ravagé par une trombe d'eau, qui détruisit trois maisons, une étable, une grange et deux petits bâtiments ei causa la mort de six femmes. L'influence il i Pestalozzi se lii sentir très tôt à l'école de VVintersingen. — ULB. — Archives d'État de Bâle-Campagne. -Dan. Bruckner :

Merkwùrdigkeiten, p. 2367. — L. Freivogel : Dû Landschafl Basel, p. 23. — BJ 1913, p. 13. - - K. Gauss : Reformierte Baselbieter Kirchen unter katholischem Pa-

onate. [K. Gauss.]

WINTERSTEIN, Ki;\si - 1 1 1 ixun il.

chimiste, * 17 juin 1865 à Ernstthal en Saxe, privat-docent à l'École polytechnique fédérale de Zuricb 1894, professeur extraordinaire 1901, ordinaire 1912 de chimie organique et physiologique.

Auteur de nombreux mémoires de chimie botanique, agricole et physiologique, dans Biochemiscla Zeitschrift, Hel-

etica chimica min. Zeitschrift fur Unlersuchung der Nahrungs- ". Genussmit- •'<. Berichte der deutsch. chemischen lirsrllîcliaft, etc. — DSC l(.':s--'. [P. Meintel.]

WINTERSTETTER, GEORG, chanoine de Constance, curé d'Ingoldingen 1460, professeur de droit. Pendant la querelle épiscopale entre Ludwig uni Kreiberg et t»tt<> von Sonncnb erg, il fut institué vicaire général de Constance par le pape et l'empereur de 1 Wti à 1479 et eut fréquemment, en cette qualité, à intervenir dans les affaires ecclésiastiques de Suisse. En H78, il sépara la paroisse d'Erstfeld de celle d'Altdorf, trancha un conflit au couvent «le Tànikon et chercha inutilement à se l'aire nommer prévôt de Bischofszell. - Regesta Episcoporum i onstant. Y. — Gfr. Reg. — J. Vochezer : Geschichte des fùrstl. Hauses Waldburg I. — Freiburger Diôzesanarchiv 52, 1924.— OG II. p. 134. [Herdi.]

WINTERSWYCK. Voir Welsinck von Winters-

w YCK.

WINTERTHOUR (C. Zurich, D. Winterthour. V. DGS). Ville et chef-lieu de district. Wintarduro, Winturtura, Wintartura étail au IXe s. la désignation de la localité alémannique qui s'était élevée sur l'emplacement du Vitudurum celto-romain (voir art. Oberwini'ertih m Grâce à sa situation favorable, elle acquit bientôt une nouvelle importance. Dans son voisinage, le duc Bôurcard I d'Alémannie vainquit, en 919 ou 1)20, le roi Rodolphe 11 de Bourgogne. Une autre localité s'élait. entre temps, formée à quelques kilomètres de Winterthour; elle prit le nom de Niederwinterthui Vlais vers la fin du XIIe s., elle surpassa en importance la première, de sorte que le nom de Winterthoui lui fut donné.

I. Armoiries et sci u x. Winterthour emprunta ses m moiries aux comtes de Kibourg : d'argenl à une bande de gueules accompagnée en chef et en pointe de deux

lions du même. En 1512, le pape .Iules II autorisa la ville à porter sur ses bannières la croix du Christ avec les instruments de la passion, ainsi que les insignes pontificaux, mais elle n'en fit pas usage. Le plus ancien sceau, employé en \-l~rl. porte dans la partir inférieure de l'écu un lion. Légende : S. Fi. sculteti ei civium de.

Wiiiiiriur. Un second lion apparaît en I-J76 sur le sceau de l'avoyer Wezzel :

ces nouvelles armes se retrouvent, à partir de 1290,

sur le sceau rond de la ville, ainsi que sur le petit sceau

«lu Conseil, créé peu après.

Voir^HS 1924, p. 132.— Zw. 1,83. — A. Hafner,

dans Nbl. il. Stadtbibl. II'. 1883. — Glarner Fahnenbuch,

II. Préhistoire. La découverte de nombreuses monnaies, armes ei objets de l'âge du bronze dans les environs de Winterthour fournil la preuve que la région était habitée à l'époque celtique. Mais, comme on n avail rien trouvé de semblable sur le territoire de la

ville on pensait, récemment encore, qu'il n'avait été colonisé que par les Alémannes. Toutefois, la mise au jour des restes d'une villa rustique à la Marktgasse en 1923 et d'une tombe romaine, avec urne funéraire, à

Wintersingen en 1 v - ■ 7 . D'après nue gravure d'Eman. Bùchel (Bibl. Nal .. Berne

la Walkestrasse, en 1926. sont des témoignages que Winterthour étail aussi habité à l'époque romaine. Niederwinterthur, par contre, ne date que des Alémannes.

III. Histoire, constitution, n) Winterthour sous la domination des Kibourg, 1180-1264. Niederwinterthur est mentionné pour la première fois en 1180. 11 avail déjà alors une certaine importance, puisque dans le rayon des fermes qui le composaient put se développer une place de marché, avec son territoire et son statut propres : ce marché devint une ville par la suite. On n'a pas de renseignements précis sur la fondation de celle-ci, probablement par le comte Hartmann III de Kibourg; l'acte de fondation est perdu. Elle est duc non à des raisons militaires, mais à des considérations économiques. Niederwinterthur n'avait pas d'importance stratégique; il était au croisement îles routes commerciales importantes, celles de Zurich à Schaffhouse et à Frauenfeld et celle qui remonte du Rhin dans la vallée Supérieure de la Toss, ce qui lui donnait une situation avantageuse. Il reçut, en outre, du comte Hartmann, le droil de marché, ce qui fit de lui le centre économique du bailliage extérieur. Le comte Hartmann travailla avec ardeur à son développement ; il érigea la paroisse en 1180. Winterthour possédait en 1230 les caractères d'une ville ; il avail son propre sceau en 1252, un Conseil en 1254, e1 une muraille d'enceinte est signalée en 1255. A la léi e de l'administration se trouvait un avoyer, nommé par le comte. La bourgeoisie exerçait la juridiction sur les domaines de la ville, décidait des impôts et de la réception de nouveaux bourgeois; mais dans les questions importantes, elle avail besoin de l'assentiment de sou seigneur. Avec l'accroissement de la bourgeoisie, il devint nécessaire de remplacer l'assemblée des bourgeois par une délégation qui, dans la. suite, se transforma en Conseil. Les bonnes relations de la ville avec son maître se gâtèrenl sous Hartmann l'Ancien, à la suite de l'inféoda lion à .Marguerite, épouse de Hartmann, des fiefs kibourgeois et du droil de coupe dans [es forêts de l'Eschenberg, ainsi que de conflits avec le bailli] r des questions d'administration. Au printemps de 1264, les bourgeois détruisirent le château du Buhl, sur quoi Hartmann recourut à l'aide de son neveu, Rodolphe de Habsbourg. Quelques mois avant sa mort, il lui remit de nombreuses propriétés, parmi lesquelles Winterthour. — VSNG 1904, p. t. — ZSGU 1925. p. 107.

b) Winterthour sons In domination des Habsbourg, 1264-1415. Rodolphe de Habsbourg réprima le soulèvement cl infligea une amende à la. ville, mais pour le

reste il la traita avec douceur. \.i- -12 juin 1264, il lui accorda un nouveau statut, lequel étendit ses frontières ei posa les Ikiv,.. rie son autonomie économique, ainsi

WIiNTERTHOUR

WINTERTHOUR

que celle de la bourgeoisie. Rodolphe ne se réserva que la haute justice, la nomination des fonctionnaires e1 la ratification des réceptions à la bourgeoisie. En 1275. il lui accorda de nouveaux privilèges. En 1297, les droitci franchises ainsi que les vieilles coutumes de la ville lurent codifiés. Léopold IV transféra en 1396 le tribunal de Thurgovie à Winterthour. La ville fut hypothéquée à plusieurs reprises ; en 1369 au comte Hug den Tumben. en 1380 à Johann von Bonstetten, en 1384 aux comtes Dietbelm et Donat de Toggenbourg.

Les ducs d'Autriche ayanl cherché à l'aire de Winterthour une place forte, la ville prit un caractère militaire qui se traduisit non seulement par la construction de fortifications, mais aussi par des changements dans la structure de la bourgeoisie. La noblesse, rare encore. augmenta en nombre et en importance ; elle s'accrut de celle du voisinage, dont les membres vinrent s'établir en ville ou se tirent recevoir bourgeois externes. La direction des affaires lui fut confiée. L'avoyer et les 5ep1 membres du Conseil étaient surtout choisis dans la noblesse. Au début, le comte nommaii le Conseil pour une année, mais bientôt l'ancien Conseil obtint le droit d'élire le nouveau. Au XIVe s., les deux Conseils existaient simultanément. Suivant une ordonnance de 1417. deux membres du Conseil restaient en permanence danles autorités, tandis que les cinq autres désignaient chacun un nouveau conseiller pour leur succéder, pui< ils formaient l'ancien Conseil. Il se constitua ainsi une aristocratie de familles capables d'entrer au Conseil : elle abusa souvent de son pouvoir e1 provoqua du mi contentement dans la bourgeoisie. Le- artisans demandèrent de pouvoir se grouper en corporations, et être représentés au Conseil, mais ils furent éconduits. Il en résulta, en 1342, une lutte passionnée qui aboutit à l'exil des nobles ; mais un arbitrage de la reine Agnès fut favorable à la noblesse et les proscrits purent rentrer en ville. De nouveaux troubles éclatèrent en 1352 Un Conseil des quarante (Grand Conseil) fut créé et rendu accessible aux bourgeois de toutes catégories. Il ne se réunissait que sur convocation de l'avoyer . du Conseil et siégeait, avec celui-ci. La tranquillité régna pendant cinquante ans, puis les victoires des Appenzellois firent pénétrer à Winterthour des idées démocratiques. Onze jours après la bataille du Stoss, la bourgeoisie se rassembla pour élire un nouvel avoyer : elle chercha aussi à s'assurer ce droit de nomination en exigeant de l'avoyer qu'il déposât son mandat au bout d'une année s'il n'avait pas été réélu par la commune. La participation des bourgeois à la nomination de l'avoyer fut déclarée obligatoire en 1406, et le cumul des fonction- interdit en 1407. Des changements se produisirent aussi dans le domaine de la justice. Les appels des jugements du tribunal de l'avoyer ne furent plus adressés à Constance, mais au Conseil de Winterthour.

Les guerres d'Appenzell ébranlèrent la fidélité di Winterthour à l'égard de l'Autriche. Lorsque les Appenzellois et les Schwyzois pénétrèrent en Thurgovie. qu'ils brûlèrent Elgg et s'emparèrent de Kibourg, la ville chercha protection à Zurich, avec qui elle conclut, le 2 sept. 1407. un traité de combourgeoisie en réservant ses droits seigneuriaux. Winterthour s'obligeait à restei neutre dans les guerres qui éclateraient entre l'Autriche et Zurich et les Confédérés. Les bourgeois qui étaient mécontents de cette alliance, s'entendirent secrètement a\ ec le bailli autrichien Hermann von Sulz. lequel, à la tête d'une armée, s'empara de la ville le 24 mars 1408 11 l'obligea à rompre avec Zurich et à prêter hommage à l'Autriche. L'ancien avoyer Gôtz Schultheiss, un des principaux auteurs de cette alliance, fut noyé dans la Thur. Un mouvement qui apportait aux bourgeois plusieurs nouveaux droits échoua en 1410-1412 grâce à la noblesse, de sorte que la constitution de Winterthour conserva son caractère aristocratique.

Voir Chronik des Johannes von 11"., dans QSG III. - G. Geilfus : Dn- Wilnirir Simliioldsbrief des Grafen Rudolf von Habsburo : Festschrift 1864. — A. Ziegler : Ubanitag u. Albanifeier in II- 1264-1804, dans Nbl. d. Stadtbibl. II. 1919. — H. Glitsch : Beitr. zu al Winterthurer Verfassungsgesch. 1906.

c) Winterthour sou re, 1415-1442. Lorsque le

WINTERTHOUR

WINTERTHOUR

duc Frédéric IV eu1 été nus au ban de l'empire, \\ in1 ei thour rendit hommage à l'empereur. Deux ans plus tard, celui-ci Le détacha du comté de Kibourg : il l'éleva au rang de ville impériale, en promettant de ne jamais la détacher de l'empire, il l'affranchil de toute juridiction étrangère e1 lui accorda le droit de haute et basse justice .iiii-i que les condamnations capitales. Il conlinna la franchise impériale en I 133 e1 la domination sur I tel i lingen en 1437.

d) Retow à la domination autrichienne, 1442-1467. Les étroites relations de Zurich avec l'empereur Frédéric III, la restitution du comté de Kibourg à l'Autriche quifaisail de Winterthour une enclave, les promesses de l'empereur el les sympathies mm éteintes pour la maison d'Autriche engagèrent la ville à renoncer, en 1442, à la franchise impériale. En récompense de ce geste, l'empereur confirma les droits de la ville et étendit son territoire jusqu'à la (liïize, au Lindberg, Briihlbeiu ri Eschenberg. Dans la guerre des Confédérés contre l'Autriche et Zurich. Winterthour servil de place d'armes ù l'Autriche : il entretint une forte garnison pendant plusieurs années et prit part à de i ibreux I .m i -

dimes et la collation, en 1(550 le château de Widen, etc. Cel accroissement de puissance éveilla la méfiance et la jalousie de Zurich, qui, à plusieurs reprises, cassa quelques-unes de ces acquisitions : ainsi en 1587, celle du château et de la basse justice de llegi ainsi «pie île la juridiction de Wiesendangen, en 1634 et 17 19, celles de la seigneurie de Wulflingen et Buch, Mais an redressement financier correspondit un amoindrissement de l'inlluence politique et une aggrav at mn de la dépendance de Winterthour à l'égard de Zurich. Ses dirigeants n'obtinrent plus aucune place en vue, et même ses droits écrits étaient attaqués. En 150"2, la ville perdit le droit de chasse sur l'Eschenberg. Une décision de 1506 stipulant que les étrangers devaient en appeler des sentences des tribunaux de Winterthour à Zurich fut une nouvelle cause d'amertume. A cette époque, quelques personnalités conçurent le projet de racheter l'hypothèque qui pesait sur Winterthour et de faire de celte ville une alliée des Confédérés. Les Habsbourg qui se considéraient toujours comme les seigneurs héréditaires de la ville favorisèrent ces espérances. L'empereur Ma m. milien accorda, en 15(15, à Winterthour de pouvoir se

Wintertl ■ vu du Heiligenberg en 1786. D'après une gravure coloriée de Joh.-Ulr. Schellenberg.

d'armes. Ses environs furenl dévastés, son commerce

paralysé et ses finances ruinées. En 1452, l'Autriche dut hypothéquer le comté de Kibourg à. Zurich; en 1458 elle perdit Rapperswil et en 1400. la Thurgovie. Winterthour, entouré par les terres des Confédérés et obéré de délies, tomba dans une situation intenable. Le duc Sigismond était hors d'état de lui aider et de garder la ville ; il l'hypothéqua, le 31 août 1467, avec son assentiment et la réserve de ions ses droits el franchises, à Zurich, pour 10 000 florins, dont il remit 8000 à \\ interthour.

Voir A. Ziegler : Stadterweiterungen und Xotzeiten von Alt.-W., dans Jahrb. der Lit. Vereinigung W. 1923. — A. Hafner : D?V Belagi rungvon W. durch die Eidgenossen 1460, dans Nbl. der Hùlfsges. W. 1877.

c) Winterthour sons la domination de Zurich, 1467- 1798. L'assujétissemenl à Zurich fut pénible pour AYinterthour. De nombreux bourgeois considères ne purent s'en accommoder et quittèrent la. ville. Au point de vue matériel, le changement de domination apporta de L' M'avantages. Libérée du danger de guerre, la ville u eul plus à consacrer toutes ses force- e1 ses ressources à des armements. En 1490, le taux de l'impôl lui abaissé de 10 à 5 °/|X) et ensuite successivement réduit pour al teindre i , " mii en 1650. En 1547, la ville se racheta de sa dernière grosse deiie. appelée Bernergûlt. Grâce à des excédents de recette- annuels, elle put acquérir des droits de dime, de cens et de collation, ainsi que des châteaux et des droits seigneuriaux. Ainsi en 1494, la collation de

Seuzach. en 1515 la dii i la collation de Wulflingen,

en 1598 le château de Môrsburg avec droits de justice sur Oberwinterthur et la dîme de Seuzach el Stadel, en ldi".i le château de Pfungen avec la basse justice, les

i achel er de l'hypothèque, ce qui lui fui confirmé expressément en 1544, par l'empereur Charles- Quint, lequel inféoda à la ville le droit de chasse sur l'Eschenberg el lui accorda même le droit, en cas de conflits avec Zurich, de faire trancher le différend à Constance, à Schaffhouse ou à Lîeberlingen. Lorsque celle lettre de franchises,

le secrète, parvint en 1549 à la connaissance de

Zurich, elle provoqua naturellement une grande colère. L'avoyer et les conseillers de Winterthour durent s'engager par écrit à ne rien l'aire à l'insu de Zurich pour augmenter les franchises de leur ville. Celles de 1544 lurent déclarées nulles et le document lacéré. Ainsi les efforts de Winterthour pour arriver à une plus grande autonomie furent rendus vains pour longtemps. Les anciennes franchises même ne furent pas toujours observées dans la suite. En 1667, le gouvernement zuricois décida d'exiger une prestation de serment formelle, parce qu'il avait appris que la bourgeoisie avait coutume de promettre fidélité et lovante, mais pas l'obéissance. La ville put écarter avec peine cette prétention humiliante, mais dès lors le pasteur et r Imtmann durent assister à la prestation de serment. Le clergé de Winterthour se plaignit aussi de passedroits toujours plus fréquents, car dès le XVIIe s.r Zurich donnait les prébendes de la campagne exclusivement à ses bourgeois : à partir de 1712, il agit de même à l'égard de la Thurgovie.

Mai- |,. pins grand dommage et la plus amère humiliai inlligés à. Winterthour consistèrent dans la limitation de sa liberté d'industrie et de commerce. En 1683, Zurich interdit l'ouverture d'une imprimerie à Winterthour : en 1689, il prétendil soumettre les industries de Winterthour à l'octroi d'une concession et exigea le

W11NTERTH0UR

WINTERTHOUR

paiement d'une redevance par les fabriques ; il interdil même, en 1717. l'introduction de nouvelles industries parce que l'activité industrielle était un monopole de Zurich. Mais Winterthour ayant introduit de nouvelles

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I,e Holdertor à Winterthour en 1867. D'après une aquarelle de J. Zicgler.

industries en se fondant sur l'avis de juristes, le gouvernement punit les contrevenants de l'amende et de la prison. En 1723, le gouvernement fit conduire à Zurich l'avoyer Georg Steiner, qui était L'âme de l'opposition à Winterthour. sons l'inculpation de relations de haute trahison avec un agent autrichien : il fut condamné à demander pardon et à payer une grosse amende, quoiqu'on n'eùl apporté aucune preuve de sa culpabilité.

La constitution de Winterthour conserva son caractère ai istocratique sous la domination zuricoise. L'avoyer tomba de plus en plus sous la dépendance du Conseil : il devait exécuter dès 1483 les décisions de celui-ci, même s'il ne les approuvait pas. A partir de 1531, deux avoyers alternaient chaque année. Au XVIIe s., l'ancien avoyer étail chaque fois nommé avoyer en charge. Le Conseil constituait en l'ait le gouvernement ; depuis 1436, par suite de la fusion de l'ancien et du nouveau Conseil, il comptait 13 membres avec l'avoyer. Il nommait les membres du tribunal de la ville el du Grand ( lonseil : a vec ce dernier, il formait l'autorité supérieure. Le Conseil était adversaire de toutes les nouveautés : en 1715, il s'opposa à l'élection de l'avoyer au scrutin secrel et en 17»>5 à la publication du statut de la ville. Encore le 24 janv. 1798, il refusa à la bourgeoisie <b pouvoir discuter de la constitution.

Voir G. Geilfus : Kullurgeschichtl. von II '. aus dem 18. Jahrh., dans Nbl. der Stadtbibl. W. 1882. — A. Ziegler : Il . 'm Zeil des ">«]. Krieges, dans Nbl. der Hûlfsges. II". 1930.

f) Winterthour de 1798 à nos jours. En février 17(18, l'avoyer, le Petit et le Grand Conseils remirent leurs pouvoirs à la bourgeoisie : le 21 mars, ils déposèrent définitivement leurs mandats, conjointement avec le tribunal de la ville, et firent place à un gouvernement provisoire de 25 membres. Huit jours plus lard, la bourgeoisie accepta la constitution helvétique, el renonça par là à moi autonomie. Le ô mai, les premières troupes françaises entrèrent à Winterthour. .Mais l'enthousiasme du début disparut bientôt devant l'oppresmiiii française, et lorsque en mai 1 Tl M t apparurent les Autrichiens, la disparition du régime helvétique causa plus de joie que de regrel s. Winterthour nomma aussitôt un nom eau gouvernement provisoire, qui se mit à rétablir les anciens droits de la. ville Mais la, vicl oire de Ma-séna à Zurich uni bientôt fin à ce rêve. La municipalité reprit la direct ion îles alla ires ; à partir de novembre 1799, elle fui secondée par une chambre communale. La situat ion de la ville de\ int toujours plus tragique du fait îles cantonnements e1 des réquisitions, si bien qu'au printemps de 180I plus d'un quart des bourgeois devaient être secourus. Les lutte- entre unitaires el fédéralistes

mirent souvenl la bourgeoisie en émoi. Apre- c coup d'État fédéraliste du -28 oct. 1801, l'unitaire David Sulzer dit Schwefeldavid. qui avait été relevé de ses Fonctions de commissaire de district, tenta de renverse]

■ les autorité- en levant La

milice des di-i i ici - i|e Winlerlhour el d'A ndelfingen ; il fut arrêté, mais relâché après le coup d'État unitaire du 17 a\ ni 1802. La nouvelle constitution fut acceptée par 230 voix contre 3, 418 citoyens ne votant cependant pas. Pendant le siège de Zurich par le généra] Andermal t . Wint ert b.our garda la neul râblé. Apre- l'intervenl ion du Premier consul, il délégua à la Consuli a de Paris Johann - Rudolf Sulzer, mais sans succès. Zurich obtint des privilège- étendus ; il fut divisé en 13 corporations (circonscription- électorales), tandis que Wmterthour n'en avait qu'une, quoique, sur la base de la population, c?tte dernière ville eût pu prétendre au quart de la représentation zuricoise. Elle n'obtint pas un Conseil de ville, mais, à l'instar des communes de la campagne, un Conseil de commune avec des compétences restreintes. Après la chute du régime de l'Acte de médiation, en 1813-1814. Winterthour réclama une plus grande autonomie en matière d'administration communale et une plus forte représentation dans les autorités cantonale-, mais sans succès ! La nouvelle constitution attribua à Zurich 130 sièges sur les 212 du Grand Conseil : Winterthour n'en eut que 5. Sur les 25 mandat- du Petit Conseil, Zurich en obtint 18, Winterthour aucun. A la suite de nouveaux efforts de la part de ce dernier, le Conseil d'État édicta une loi spéciale sur la situation des communes, laquelle attribua à Winterthour un collège électoral de 39 membres : ceux-ci nommaient les 13 membres du Conseil de ville. Le mouvement d'émancipation de 1830 trouva bon accueil à Winterthour. Cependant Zurich tenta de l'attirer à se- côtés en lui offrant l 'i siège- au Grand Conseil, mais cet le proposition fut rejetée par une assemblée extraordinaire de la bourgeoisie, le 21 nov. 1830. Winterthour fut à la tête de La députation du pays, qui remit, au gouvernement Le mémorial d'Uster. Le 20 mars 1831, Winterthour accepta presque à l'unanimité la nouvelle constitution (593: 9) puis se donna un statut urbain démocratique. Winterthour se rallia au mouvement provoqué pai l'appel de D.-F. Strauss à l'université de Zurich, en 1839, mais sans participer au putsch du 6 septembre. Il ne voulut rien savoir des mesures réactionnaires prises après la chute <\u gouvernement. C'esl pourquoi il accueillit l'ancien directeur de séminaire Thomas Scherr, el devint bientôt le centre de l'opposition radicale au gouvernement conservateur. C'esl à Winterthour que lui préparée l'assemblée populaire du 22 nov. 1840 à Bassersdorf, qui déclencha un nouvel essor du parti libéral. Lorsque le- radicaux revinrent au pouvoir a Zurich en 1845, ce fui .lonas Furrer. de Winterthour. qui fut élevé à la charge de bourgmestre. Winterthour \oi.i pour la constitution fédérale de 1848 avec 540 contre 12 voix.

Sou- la direction du président (le la ville, Johann- Jakob Sulzer, Winterthour connut un grand développement, à partir de 1858, notamment dans le domaine économique et en matière de constructions. Après que la

commune bourgeoi I été remplacée par la commun*

d'habitants en vertu de la loi de 1865, le nombre des électeur- doubla, ce qui donna la majorité aux éléments avancés. La ville devint le centre de l'opposition au système > radical d'Alfred Escher. En 1867, les mécontents se constituèrent en un parti démocratique afin de

WINTERTHOIR

WINTERTHOUR

remplacer la nouvelle aristocratie d'argenl par une véri table souveraineté populaire. Sous la direction de F.-J. Sulzer, Salomon Bleuler, Alberl Lange, Gottlieb et Théodor Ziegler, ce mouvemenl populaire pai \ inl en deux ans à son but, ta constitution canl onale a\ anl é1 é re\ isée en 1869, en introduisant le référendum, le droit d'initiative el l'élection directe des m h i ont es par le peuple.

I ,es idées démocral iques de r École de Winterthour • gagnèrent bientôt d'autres cantons et trouvèrent ac- . es dans la const it ut ion Fédérale de 1874. La [ >< >1 1 1 1que ferroviaire, par roui re, dont l'impulsion avail été donnée aussi par J.-J. Sulzer, passail un mauvais moment. La débâcle de la Wationalbahn en ISTn causa de si lourdes pertes à Winterthour. (|iii depuis cinquante ans n'avait plus réclamé d'impôts à ses bourgeois, qu'il dut recou ni' à l'aide de la Confédération pour faire face à ses propres engagements et à

ta garantie donnée solidairement avec les villes argoviennes.

Pendant plusieurs décades la commune fut obérer de délies et écrasée d'impôts, mai- Liràce à son commerce et à son industrie, elle parvint feu à peu à se relever. \ partir de 1900, la situation des localités suburbaines, en particulier de Veltheim, de Tôss et de Wiilflingen devint intenable : elles commençaient à souffrir du grand développement industriel de la ville. Elles demandèrent de- 1891 à être incorporées à Winterthour, qui

pendant longtemps lii opposition; enfin, eu votât

du 4 mai 1919. la fusion des communes de Ober-Winterthur, Seen, Tôss, Veltheim et Wulflingen avec la ville fut décidée. Elles formèrent, à partir du Ier janvier 1922, la commune de Gross-Winterthur.

Voir A. Ziegler : Ws Lage im Winter 1799 u. 1800, dan- Nbl. der Stadtbibl, II . 1906. — II. Strâuli : Stadtprésident Dr. •/. /. Sulzer, dans Nbl. der Stadtbibl. Il . 1931. — Die Stadt U. m Hiver Stellung :u den aarg. Vlitgarantiestàdten 1883. - Neues H interthurer Fagii'nii 1915, n" 274. — Bibliogr. concernant Winterthour de 1921 a 1930, dan- Nbl. der si, , dtbibl. 1932.

IV. Militaire. Sous la domination des Kibourg, Winterthour jouil d'une longue paix, mais sou-- les Habsbourg il fut mêlé à d'incessants conflits. Le 26 qov. 1269. lois du conflit entre Rodolphe de Habsbourg et le baron de Règensberg, la ville lui brûlée par ce dernier. Après la mort de Rodolphe, de graves dangers menacèrent Winterthour de la part des adversaires des Habsbourg. Les Zuricois tentèrent de s'en emparer avec une grande armée, mais les gens de Winterthour. avec le concours du comte Hugo von Werdenberg, leur infligèrent une grave défaite, le 13 avril 1292, à la léproserie de Si. Georg. Cette victoire est l'événement le plus fameux de l'histoire militaire de Winterthour. Les troupes de la ville suivirent le duc Léopold au Morgarten en 1315, elles échappèrent à la destruction parce que composées de soldats de pied. A Sempach, W'inlerlhour perdit peu île monde : par contre, su bourgeois trouvèrent la mort à Nàfels en 1388. La malheureuse bataille du Si os- en 1405 coûta la vie à 95 hommes de Winterthour, parmi lesquels l'avoyer Laurenz von Sal ; la ville y perdit sa bannière, de même qu'à :\;ifels. Pendant la guerre de Zurich, la ville l'ut de nouveau appelée à de grandsacrifices. En l'rôT. elle dut occuper Rapperswil. Pendant la. guerre entre les Confédérés et l'Autriche, en 1460, les premiers se présentèrent avec une forte armée

devant la ville, qui attendit en vain un secours de la -econde. Elle eut à subir un siège de douze semaines. Zurich étanl devenu propriétaire gagiste de Winter-

thour, cela valut à ce dernier la sécurité, mais sans le dispenser de participer à. des campagnes lointaines.

Ses troupes coniba I I lient sous |;i bannière de Zurich

dans les guerres de Bourgogne, de Souabe, du Milanais :

Le Schmiedtoi .i Winterthour en 1S67. D'aprc

ou- aquarelle 'le -I. Ziegler.

à Marignan, elles éprouvèrent de lourdes perles. Dans les "lierres confessionnelles et civiles ultérieures, Winterthour resta constamment fidèle à Zurich, (le n'est qu'en lévrier 1798 que sa milice refusa l'obéissance au gouvernement. En 1799, la ville devint une station d'étape pour l'appiw isionnemenl et les munitions ; elle

recul une garnison qui atteignit parfois l'ell'ect if de sept

compagnies. De 179.s à 1803, la ville entretint 347 000

Français, et, ei ire. en 1799, 'iS imiii Autrichiens. 7800

miliciens helvétiques, 13 nui) blessés el 18 000 prisonniers de passage. En octobre 1800, le total des irais de guerre causés à Winterthour s'élevait à 440 500 francs suisses. Le Directoire helvétique til vider l'arsenal en décembre 1799, et en 1802 la bourgeoisie fui désarmée après l'entrée des Français. Lors de l'occupation des frontières en 1805 et en 1809, Winterthour fui à ces

deux reprises le quartier général du général Watteville. Il ne connut la tranquillité qu'après la chute de Napoléon en 1815.

Voir A. Isler : Die Festung II ., dans Nbl. der Stadtbibl. II. 1920. - K. Hauser : Militarkollegium und Kadettenkorps in W., dans Nbl. der Stadtbibl. IL. 1914. - Le même : II. zur /.fit des Appenzellerkrieges. A. Hafner : Die Belagerung von II . durch dii Eidgenoa sen 1460, dans Nbl. der Hûlfsges. Il . 1877.

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