BEAUX-AI1TS
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qui construisit l'École polytechnique (1859-1864), l'observatoire de Zurich (1860) et l'hôtel de ville de Winterthour (1865-1869). Ses meilleurs disciples furent Lasius (ancienne banque de Zurich), Frédéric Bluntschli (église Renaissance à coupole à l'Enge). La grande période de construction des années 1870 à 1880, où domine le style baroque modéré, trahit nettement l'influence de Paris (quartiers de maisons d'habitation, bâtiments d'administration, maisons de commerce, etc.). En matière de construction d'églises, c'est le gothique moderne qui domine, puis la construction de briques avec détails gothiques, et la Renaissance allemande. Dans le bâtiment profane, la Renaissance est suivie d'un baroque modéré qui se manifeste dans la construction d'hôtels de banques, de compagnies d'assurances, le néo-gothique apparaît à l'hôtel de ville de G. Gull (1898). Le sytle gothique appliqué au Musée national par Gull (1893-1898) paraît mieux approprié. Des architectes étrangers, Fellner et Hellmer à Vienne, construisirent en 1890 le théâtre municipal, en 1893- 1895 la Tonhalle. Vers 1900 débuta le mouvement du Heimatschutz qui remit en honneur l'architecture du XVIIIe s.
2. Sculpture. La sculpture la plus ancienne est la sculpture décorative. La base et les chapiteaux de l'ancien Fraumùnster sont de l'époque carolingienne ; les bas-reliefs du cloître du Fraumùnster (1145-1170) sont de style roman, de même que quelques reliefs à l'intérieur et au portail principal du Grossmunster, de nombreux chapiteaux avec oiseaux, griffons, lions, feuillage et rinceaux. Certains motifs décèlent l'école de Pavie, mais la plupart sont inspirés par l'art du Roussillon et des Pyrénées orientales, qui pour leur part dépendent de l'art maure et même sassanide (1130-1190). Les plus riches de ces sculptures sont les motifs décoratifs du cloître du Grossmunster, vers 1200, dont copie exacte a été faite en 1840. Un cavalier à la tour Nord, la partie inférieure de la statue de Charlemagne à la tour Sud du Grossmunster, mais avant tout la dalle funéraire d'Ulrich de Regensberg au Musée national, l'ancien sceau de la Prévôté, les stalles du chœur de l'église de Cappel, les clefs de voûte du transept du Fraumùnster et quelques chapiteaux révèlent une époque florissante de la sculpture zuricoise vers 1300. L'art gothique postérieur se manifeste, sous une forme sobre, dans les dalles funéraires de Diethelm de Toggenbourg provenant de Bubikon (Musée national) et de Bernard Gradner à Eglisau (f 1489), dans la partie supérieure de la statue de Charlemagne, etc. La Renaissance est représentée par une Madone d'importation lombarde qui ornait autrefois la maison de la Blanche demoiselle (Musée national), les enseignes de certaines maisons, des figures de fontaines ; le baroque apparaît dans d'autres enseignes de maison, dans la fontaine Minerve- Bellone (Musée national) et surtout dans l'ornementation de l'hôtel de ville : 23 bustes, masques, poissons, feuilles et guirlandes exécutés d'après les dessins du Bâlois Joh.-Jakob Keller (1698). L'église du couvent de Rheinau contient les motifs les plus importants de la statuaire : le maître-autel 1723, de J.-Th. Sichelbein : stalles du chœur 1707-1710, de A.-J. Tschupp ; le tombeau de saint Fintan, également de Tschupp, autels sculptés, etc. Au cours du XVIIIe s., les fontaines de Zurich se multiplient, et autour du Tyrolien Franz-Ludwig Wind, établi à Kaiserstuhl et dont les masques de la Meise sont l'œuvre principale (achevés en 1757), se groupe toute une école d'artistes qui laisse après elle des fontaines ornées de vases et de figures. Des travaux plus simples datant de la même époque ornent bon nombre de petites villes zuricoises. Le Wurtembergeois Valentin Sonnenschein crée de fins modèles pour la fabrique zuricoise de porcelaine au Schoren. Zurich possède en la personne d'Henri Keller, établi en Italie, un éminent sculpteur de style classique. La ville est pauvre en art plastique de la première moitié du XIXe s. ; mais la grande période constructive des années 1880 réveilla l'art de la sculpture. On érige le monument de Zwingli, (de H. Natter, 1885), celui d'Alfred Escher (de R. Kissling, 1889), celui de Pestalozzi (de H. Siegwart, 1898) ;
on procède à l'importante décoration sculpturale du bâtiment de physique de l'École polytechnique (Kissling 1890), du bâtiment principal des postes et du Palais Henneberg (cortège de bacchantes, d'Adolf Meyer 1899). Kissling et Meyer sont les sculpteurs zuricois de la lin du XIXe s., le vingtième voit éclore un nombre infiniment plus grand de talents.
3. Travaux d'orfèvrerie. Les seules œuvres d'inspiration religieuse qui soient conservées proviennent de Rheinau ; le plus ancien objet est une tête de saint Maurice, de 1206, conservée dans un reliquaire de Dumeisen de Rapperswil (1668) ; une tête rie saint Biaise, du XVe s. (Musée national), puis des statuettes en argent bosselé, des monstrances, des calices de messe et un reliquaire du XVIIe s. La Réformation a anéanti les trésors d'argenterie des autres églises. Nombreuses sont par contre les pièces d'orfèvrerie profane de qualité supérieure : les coupes, surtout les coupes des abbayes d'artisans (les plus belles se trouvent au Musée national), les ouvrages de Félix Keller (1562-1599), d'Abraham Gessner (1571- 1613), d'Hans-Peter Rahn (1591-1629), de Diethelm Holzhalb (1600-1641), d'Hans-Heinrich Riva (1616- 1660), de Melchior Ambùel (1618-1654), des deux Hans Scheuchzer (1607-1636) et (1646-1687), etc., les œuvres plus récentes de H.-C. Weber (1766 à env. 1830). Hans- Jakob Stampfer (1507-1579) et Heinrich Bullinger (1784-1849) furent de remarquables inédailleurs.
4. Peinture et gravure. Les plus anciennes peintures remontent à la fin du XIIIe s. : un cycle des saints Félix et Régula provenant de Saint-Jacques (en copie seulement), une Madone au Grossmunster, les symboles des évangélistes dans le chœur du Fraumùnster, peints vers 1270, des tableaux dans la chapelle de la Madone du Grossmunster (copies en couleurs), des scènes d'une légende de sainte Madeleine dans le chœur du Fraumiinster peintes vers 1300 et assez effacées. Les peintures héraldiques de la maison zum Loch remontent à 1304, de même la célèbre Wappenrolle de Zurich. Il est probable que le codex Manesse soit d'origine zuricoise. Le XIVe s. est représenté par des fresques à Oberstammhein, à Brùtten, à Obervvinterthur, à Cappel, à Winterthour, à Fâllanden, à Bassersdorf et dans les arcades du chœur du Grossmunster. La chapelle du château de Kibourg contient le dernier cycle complet de fresques.
De 1437 à 1525 la Lux- u. Loyen Brudcrschaft réunit à Zurich des artistes locaux et étrangers. L'œuvre du peintre zuricois dit «à l'œillet », peintre sobre influencé par Schongauer, est bien certainement la première qu'on puisse délimiter. Elle a été attribuée récemment (Rott) à Peter Zeiner (1464-1510), autrefois (Hugelshofer) à Hans Leu l'ancien (1465-1507). Le Maître « à la violette », était, d'après Rott, Hans Leu l'ancien établi à Zurich, mais probablement d'origine souabe. Ce n'est qu'avec Hans Leu le jeune (env. 1490-1531) qu'apparaît une véritable individualité d'artistes; à l'époque où florissait la peinture suisse, il représente Zurich sans égaler des peintres plus célèbres tels que Nicolas Manuel et Urs Graf. Les meilleurs artistes se mirent à la peinture des vitraux. La Réformation mit fin à la peinture religieuse. Il ne restait que le portrait, l'illustration des livres et, dans la peinture sur verre, le vitrail de famille. Hans Asper (1499-1571) a fait le portrait des hommes les plus remarquables de la Réformation. Jost Ammann (1539-1591), un des artistes les plus féconds, a, dans ses illustrations de livres exécutées à Nuremberg, laissé une œuvre abondante représentative des mœurs du temps et en outre portraituré ses contemporains sur cuivre et sur bois.
Une famille d'artistes, les Meyer, a joué un rôle essentiel dans l'art local zuricois, didactique et mesuré. Winterthour a donné naissance à Anton Graff, un des plus célèbres portraitistes de la seconde moitié du siècle. Salomon Gessner (1730-1788) illustra lui-même ses poèmes ; il a dessiné et peint à la gouache des paysages. Joh.-Kaspar Fùssli (1706-1782) s'est acquis une notoriété par sa Gesch. der bestru Kûnstler in der Schweiz. Joh. -Rudolf Fùssli (1709-1793) a publié en 1763 l'Allgemeines Kûnstler Lexicon, que compléta son fils Heinrich. Le fils de Joh.-Kaspar, Joh. -Heinrich Fùssli (1741-
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1825), établi à Londres, fut le plus génial des artistes zuricois et prépara la voie au romantisme. La tendance classique et académique eut en Heinrich Meyer (1760- 1832), ami de Goethe, et en Heinrich Lips, de Kloten (1758-1817), ses meilleurs représentants. Parmi les nombreux artistes du XIXe s. dont la série prend fin avec le peintre de la fantaisie allégorique, Albert Welti (1862-1912), citons le peintre d'histoire Ludwig Vogel (1788-1879) et le peintre animalier Rudolf Koller (1828- 1905). Dès 1900 la peinture zuricoise s'est richement épanouie et a fait de Zurich une vraie ville d'art.
5. Peinture sur verre. De la peinture sur verre du XIVe s. il ne subsiste que trois fenêtres à Cappel, puis on perd complètement ses traces jusqu'à l'époque où le vitrail de famille apparaît, vers la tin du XVe s. Le premier maître zuricois, Lux Zeiner (cité de 1479 à 1513), appartient à l'école gothique tardive. La Renaissance marque l'apogée de la peinture sur verre zuricoise avec les noms célèbres d'Ulrich Ban (t 1576), de Niklaus Bluntschli (1525-1605), de Karl von Egeri (t 1562), de Jos Murer (1530-1580) et ses fils Christof (1558-1614) et Josias (1564-1630). Les meilleurs maîtres du XVIIe s. sont Hans-Jakob Nùscheler I (1583-1654) et Hans-Jakob Nùscheler II (1614-1658), ainsi que Hans- Wilhelm Wolf (1638-1710). Cet art disparaît à Zurich au XVIIIe s.
Mentionnons, pour terminer, l'industrie artistique des poêliers zuricois qui florissait à Winterthour aux XVIe, XVIIe s. et encore au début du XVIIIe s., avec les célèbres artistes Erhart, Pfau, Graf et Sulzer, et dans la seconde moitié du XVIIIe s. à Zurich (Bachofen, Locher).
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F. Militaire. 1. Jusqu'à la chute de l'ancienne Conféilération. a) Infanterie. Les manuels de ville et l'ancienne chronique zuricoise ne contiennent que peu de renseignements sur l'organisation militaire de Zurich au XIVe s. et encore ces données sont-elles peu importantes. Au début du XVe s., les renseignements deviennenl plus nombreux ; c'est ainsi qu'on constate à cette époque une forte augmentation du corps des arbalétriers.
Des transformations beaucoup plus importantes furent opérées durant la guerre de Zurich, du fait de la nouvelle tactique des Confédérés qui, après la défaite d'Arbedo en 1422, avaient adopté comme arme la longue pique. Nous trouvons à ce sujet des renseignein<'iit>dans un travail d'état-major, de 1442-1443, déposé aux archives de l'État de Zurich, document unique en son genre, bien qu'incomplet. Il comporte une organisation des troupes divisées selon les armes, un projet d'ordre de bataille et un rôle des hommes avec leurs noms, qui ne comprend à vrai dire qu'une partie du ban, car la reprise des hostilités en 1443 empêcha l'achèvement de ce travail. Ces travaux préparatoires ne visent que l'élite des troupes zuricoises, environ la moitié de l'effectif total : 473 arbalétriers, 61 arquebusiers, 635 piquiers, 1591 kurtz werinen, principalement des hallebardiers. La troupe était disposée en trois contingents : celui précédant la bannière (avant-garde) ; le gros des troupes (masse de combat) et l'arrière-garde. Le document renseigne sur la disposition des défenses à droite de la bannière et, pour une partie, à gauche de la bannière. Les troupes d'attaque formaient un carré de 56 hommes de front et de 20 hommes en profondeur. Autour de ce carré se trouvaient une partie des piquiers, probablement sur trois rangs. Il en était de même pour l'avant-garde et pour l'arrière-garde. Les arquebusiers, arme spéciale, formaient un organisme indépendant et se tenaient une bonne partie d'entre eux du moins, en tête de l'avant-garde. Le carré qui. durant la guerre de Zurich, constituait un élément d'attaque trop faible, a été remplacé peu à peu au XVe s. par un quadrilatère, comprenant le même nombre d'hommes de front et en profondeur. Le nombre des piquiers s'est aussi augmenté au détriment des hallebardiers.
L'accroissement de la population permit à Zurich de mettre sur pied, vers la fin du XVe s., environ 4000 hommes rangés sous la bannière de la ville et 1500 groupés autour du Venli (fanion), c'est-à-dire sous un drapeau plus petit qui fut toujours, à Zurich, bleu et blanc et de forme carrée. Zurich participa aux guerres de Bourgogne avec 2000 hommes seulement, mais la troupe était bien équipée et bien disposée sous les ordres du capitaine Hans Waldmann. L'aspect des troupes zuricoises a été décrit en détail par l'ambassadeur de Milan, Imperialis, lorsqu'il les vit marcher, le 5 février 1490, dans l'expédition dite de Saint-Gall. Dans la guerre de Souabe et dans les guerres du Milanais, les troupes zuricoises comptaient beaucoup de volontaires qui faisaient campagne à leurs frais pour conquérir du butin. On trouve déjà de ces volontaires au XIVe s. Un recensement des troupes en 1529 accuse un effectif de plus de 12 000 soldats, mais plus du 60% ne furent pas appelés sous les drapeaux lors des guerres de Cappel. A la fin du XVIe s., pour la mise sur pied de 6500 hommes, on ajouta 4 compagnies de volontaires de 300 hommes chacune. Les arbalètes avaient depuis longtemps fait place aux armes à feu ; le nombre des piquiers s'était considérablement accru, celui des hallebardiers avait fortement diminué. Jusqu'à cette époque l'instruction militaire était donnée avant tout à la jeunesse à partir de l'âge de 16 ans ; toutefois la troupe astreinte au service militaire s'exerçait aussi. A partir de 1585, le Conseil prit des mesures pour perfectionner le tir.
Comme l'organisation militaire s'était révélée insuffisante, on institua en 1624 dix quartiers militaires, que Hans-Conrad Gyger a maintenu sur sa carte des quartiers de 1643, ainsi que sur dix cartes spéciales. Cette organisation nouvelle tenait compte du système des signaux d'observation, adopté à Zurich, qui permettait une mobilisation rapide et assurait la liaison avec les cantons et les régions amies. On forma 73 compagnies, groupées par quartiers et ayant chacune 200 hommes, à quoi venaient s'ajouter les quatre compagnies franches de 300 hommes, en tout 15 800 hommes, répartis en quatre bans. Depuis 1630, l'instruction de la troupe se fit au moyen du règlement d'exercice du colonel Georg von Peblis, officier palatin au service de Zurich, puis au moyen du livret militaire du capitaine Hans-Konrad Lavater, paru en 1644. Cet officier obtint que les hom-
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mes astreints au service se réunissent 16 dimanches après-midi pour faire l'exercice. Selon le Defensional de 1647-1668, Zurich devait fournir, pour le premier contingent de 12 000 hommes de l'armée confédérée, 1400 hommes et 6 pièces d'artillerie, et en plus 50 cavaliers.
A la suite des expériences faites dans la seconde guerre de Villmergen, on créa en 1713 vingt quartiers militaires qui mettaient sur pied 40 bataillons de 500 hommes. Le bataillon comprenait 4 compagnies ordinaires et une compagnie franche ; en tout, une ar-
sociétés militaires de la ville. La troupe était instruite dans les quartiers, à certains jours dits Trulltagen, par des instructeurs qui étaient pour la plupart d'anciens soldats, sous la surveillance des capitaines de quartiers. b) Artillerie. C'est à la guerre de Sempach que Zurich utilisa pour la première fois des bouches à feu. L'artillerie fut notablement augmentée dans la guerre de Zurich. Les canons conquis sur l'ennemi dans les grandes guerres du XVe s. accrurent encore l'effectif de l'artillerie zuricoise. En 1528-1533, les fondeurs de canon Fiiessli ne fondirent pas moins de 162 grands et petits ca-
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Zurich. Le Kaufhaus et ses abords en 1855. D'après le Zùrcher Taschenbuch de 1921-192
mi i' de 20 000 hommes et en outre 3600 hommes de troupes de réserve. Depuis 1677, le mousquet avait été remplacé par le fusil à pierre avec baïonnette. Les piquiers disparurent, et, après eux, les hallebardiers. Un nouveau règlement d'exercice, de 1713, tint compte des simplifications survenues dans l'armement. C'est à partir de cette époque aussi qu'on vit apparaître les premiers uniformes. L'ordonnance imprimée de 1770 modifia et améliora le service de la défense nationale de Zurich qui était quelque peu tombée en décadence ; cette ordonnance s'inspirait de la tactique de ligne de Frédéric-le-Grand ; l'uniforme bleu foncé, le tricorne et la buffleterie blanche ressemblait à l'équipement prussien. Les chasseurs ou carabiniers institués par le bailli Salomon Landolt et répartis en 4 compagnies, portaient un uniforme vert foncé avec buffleteries noires. L'infanterie du canton comprenait alors quatre brigades composées de 20 régiments à 2 bataillons de 500 hommes chacun, en tout 20 000 hommes. Mais par suite de l'insubordination des troupes de la campagne. il ne trouva que 1000 à 1200 hommes pour marcher au secours de Berne, lors de la chute de l'ancienne Confédération ; ils n'eurent même pas l'occasion de combattre. L'instruction des officiers était faite par quelques dhbs vu — 34
lions pour la ville, y compris les pièces destinées à remplacer les 18 canons perdus lors de la bataille de Cappel. Il est compréhensible qu'une grande attention ail été vouée à l'artillerie de position au milieu du XVIIe s. surtout, où de nouvelles fortifications furent aménagées. A l'issue de la guerre de Trente ans, les effectifs de l'artillerie furent augmentés par suite de l'acquisition des 26 canons dits de Benfeld, avec leurs munitions ; c'étaient des pièces suédoises de trois à vingt-quatre livres, se trouvant en Alsace et que Zurich put acheter de la Cour de Suède. L'artillerie n'était pas une arme spéciale jusqu'au moment où fut fondé, en 1686, le collège d'artillerie et de pièces d'artifices qui entreprit l'instruction des canonniers. Dans la seconde guerre de Villmergen, l'artillerie zuricoise se révéla normalement efficace. Dans la seconde moitié du XVIIIe s., il existait sous le contrôle du directeur de L'arsenal S compagnies d'artillerie de campagne avec des canons de 3 et de 6 livres et des obusiers. Deux canons de campagne furent ad joints à chaque régiment d'infanterie. En 1778. 100 vieux canons furent refondus à Strasbourg et d'après le système Gribeauval ; il en résulta 100 nouveaux canons, dont 46 pièces de 4 et 24 pièces de 8 livres, plus 12 obusiers, de sorte que Zurich était absolument à la hauteur
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quant à son matériel d'artillerie. L'uniforme était bleu foncé avec parements rouges. Le petit corps du génie formait une partie de l'artillerie.
c) Cavalerie. A l'époque où l'art militaire suisse atteignit son apogée, Zurich avait aussi un certain nombre de cavaliers, qui étaient pour la plupart des arbalétriers
Zurich. Le Niederdorflor démolie en 1812. D'après une aquarelle de Wilh. Scheuchzer, exécutée d'après un document du début du XIXe
montés. Ce ne fut qu'à la guerre de Trente ans que la cavalerie zuricoise fut créée par Hans-Konrad Werdmùller qui fut plus tard général dans la guerre des Paysans et qui s'était initié à fond en Hollande au service de la cavalerie. En 1644, il institua sur l'ordre du Conseil, 11 compagnies de 80 à 100 cavaliers. D'après le règlement de la cavalerie de l'année suivante, chaque rnin|>,i'j nu' av;til i'i -.i lèle mi capitaine ( I litt meistt i) ; ceux-ci étaient placés sous le commandement du colonel de cavalerie Werdmùller. Les hommes devaient fournir, outre le cheval et la selle, une carabine en bandoulière et deux pistolets. Uniforme : tunique bleue avec parements rouges et boutons blancs. Depuis le début du XVIIIe s. ces cavaliers s'appelèrent dragons. En 1770, on comptait 8 escadrons de dragons de 109 hommes. Uniforme : bleu clair avec parements jaunes ; à cause de sa belle conduite en 1712, l'escadron du quartier de Kibourg reçut des parements rouges. Les armes furent désormais un sabre noir et une carabine. Dans la seconde moitié du XVIIIe s., des exercices occasionnels eurent lieu avec des unités mélangées, par exemple en 1781. Depuis 1770, il y eut pour toutes les armes plus de revues que précédemment, dont une de deux jours qui portait sur la monture et sur les armes. Toutefois l'instruction laissait encore à désirer.
d) Commandement. Il était placé en mains du Conseil. Lors d'une mobilisation, on avait à décider d'abord, dans les temps anciens, si l'on entrerait en campagne avec la bannière ou avec le fanion ou encore avec les deux à la fois. Un état-major était institué pour la levée des troupes. Le commandant du contingent principal qui accompagnait la bannière portait le titre de « capitaine en chef Un état-major assez nombreux comprenait jusqu'aux conducteurs de chars et aux équipages. Les Ratgeber, c'est-à-dire les représentants du Petit et du Grand Conseil avaient une importance particulière ; ils accompagnaient les troupes et exerçaient une grande influence. Il y avait toujours un état-major spécial pour le fanion des fusiliers. Dans la période comprise entre la guerre de Souabe et la guerre de Cappel on constate que les états-majors se composaient longtemps des mêmes personnes. Il se forma de cette manière une sorte de caste d'officiers ayant un sentiment très prononcé de leur solidarité. Au capitaine était adjoint un banneret qui ne portait que rarement lui-même la bannière (cet office incombait ordinairement au porte-bannière) ; il était plutôt le conseiller du commandant, une sorte de chef d'état-major. Le recrutement de la troupe était assuré par quelques personnalités compétentes désignées à cet effet par le Conseil ; elles fixaient le nombre d'hommes à fournir par les corporations, les seigneuries, les bailliages et les communes. Les prévôts des corporations, les baillis et les sous-baillis désignaient les gens appelés à entrer en campagne. Lorsque les quartiers furent institués au XVIIe s., l'ancienne direction militaire se révéla insuffisante. Elle fut remplacée par un Conseil de guerre. En outre les colonels, les capitaines de quartiers avaient aussi une influence considérable. Lors des mobilisations, ils étaient chargés de la besogne principale ; il en fut ainsi jusqu'à la chute de l'ancienne Confédération.
e) Flotte. On trouve mention au XIVe s. déjà de bateaux servant au transport de troupes sur le lac de Zurich, mais la flotte de guerre n'apparut qu'à l'époque de la guerre de Zurich. Outre deux bateaux construits à Bregenz, il existait à cette époque deux puissants radeaux armés en- guerre, le Ganz et l'Ente qui, avec une flotte de barques, furent utilisés contre les Confédérés. Dans l'affaire de Wàdenswil en 1646, les Zuricois remontèrent le lac avec une flotte de plus de cent bateaux. La guerre de Villmergen, en 1656, fit augmenter la flotte : les deux bateaux Biber et Otter furent mis à l'eau ; à la fin du XVIIe s., une nouvelle unité fortement armée, le Neptun, puis le Seepferd. En 1783 de grandes manœuvres eurent lieu sur le lac pour démontrer quels étaient les moyens de défense de la ville contre des forces ennemies venant du lac. A la fin du XVIIIe s., un nouveau grand bateau Stadt Zurich fut construit. En 1798, il y avait 2 compagnies de matelots armés. Dans les combats entre Français et Autrichiens, ces bateaux — ou du moins ceux qui existaient encore — jouèrent un rôle, à côté de nombreux autres plus petits. Dans le Bockenkrieg (1804), le Stadt Zurich servit au transport de troupes, mais quelques années plus tard le reste de la flotte de guerre zuricoise disparut ; il en reste un vestige au Musée national, sous la forme d'un lion de bois qui ornait la proue du Stadt Zurich.
2. De 1798 jusqu'à l'État fédêratif. Sous l'Acte de médiation et à l'époque de la Restauration, le canton de Zurich déploya beaucoup d'efforts pour sa défense militaire, reconnaissant par là, qu'avant la chute de
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(historiographie)
l'ancienne Confédération, les sacrifices avaient été insuffisants. De plus il fallu! approvisionner à nouveau les arsenaux que les Français avaient vidés. De 1803 à 1832, le canton était divisé en trois arrondissements militaires et chacun de ceux-ci en 6 grands quartiers, autant que possible, de même importance. Le régiment de secours formait le noyau des nouvelles troupes zuricoises ; il se composait de 3 bataillons d'infanterie, de 2 compagnies de carabiniers, de 2 compagnies d'artilleurs et d'une compagnie de dragons, en tout 1929 hommes, que le canton devait fournir à l'armée confédérée forte de 15 200 hommes. Il existait en outre des troupes de contingent, une milice qui devait être convenablement instruite, et des réserves dont la majeure partie n'existait que sur le papier. Le service militaire devait être accompli de 16 à 46 ans, à partir de 1816 de 19 à 41 ans. A l'époque de la Restauration, Zurich avait à fournir 3700 hommes à une armée confédérée qui en comptait 34 000 en chiffre rond.
A l'époque dite de la Régénération, une loi de 1832 régla comme suit l'organisation militaire: L'institution de 4 arrondissements de 3 quartiers chacun. Toute la milice était comprise dans un premier ban : 1 compagnie de sapeurs, 1 compagnie de pionniers, 4 compagnies d "artillerie, 3 compagnies de cavalerie, 2 compagnies de carabiniers, 4 bataillons d*infanterie de 24 compagnies de 118 hommes, en tout 4840 hommes ; le second ban était composé d'une façon analogue, 3896 hommes ; landwehr de première classe 3671, de seconde classe 5037, ensemble 16 744. Depuis 1839, le canton devait fournir 6700 soldats à l'armée confédérée de 64 000 hommes. Mais l'année 1832 marqua un recul dans l'instruction. Le service de garnison ou de caserne en ville, peu goûté des paysans, fut aboli ; les recrues devaient être désormais instruites sur les Drillplàtze (place d'armes de la commune). On maintint toutefois en ville une sorte d'école militaire, notamment pour les plus jeunes officiers de toutes armes et les recrues des armes spéciales. On voua des soins intelligents à l'instruction des troupes, grâce à l'impulsion du lieutenant-colonel Johannes Sulzberger, de Frauenf'eld, pour l'infanterie, du major Bruno Uebel pour la cavalerie, du colonel Salomon Hirzel pour l'artillerie. Dans la guerre du Sonderbund les contingents zuricois furent parmi les plus capables de l'armée fédérale.
Bibliographie. J. Hàne : Militârisches aus dem Allen Zûrich-Krieg, zur Entwickelungsgesch. der Infanterie. — Le même : Mailàndische Gesandtschaftsberichle ûbcr ziirch. und luzernische Truppen im J. 1490, dans AS G 1899- — G.-J. Peter : Zur GesrJi. des ziirch. Wehrwesens im 17 Jahrh. — Nbl. der Feuerwerker 1850-1870. — F. Wegmann : Die erste zûrch. Kavallerie, dans ZT 1886. — F. Schulthess-Meyer : Das zûrcherische Militdr in der 2. Hdlfte des 18. Jahrh., dans ZT 1905. — G. Meyer von Knonau : Gemàlde der Schweiz ; Der Canton Zurich II. — A. Heer : Die Kriegs flotte auf dem Ziirivhsee. [f Johannes H^ene.]
V. Historiographie. L'historiographie zuricoise commence au XIVe s. avec le moine cordelier Johannes von Winterthur, qui passa dans divers couvents de son ordre, en dernier lieu à Lindau et peut-être aussi à Zurich. Sa chronique embrasse les années 1198 à 1348. Vers le milieu du XIVe s., l'avoyer Eberhard Mùlner (t 1382) rédigea des notices sur les événements contemporains ; elles nous ont été conservées dans la vieille chronique de Zurich. Au début du XVe s. un bourgeois de Zurich se mit à rédiger une chronique de la ville ; il utilisa essentiellement le travail de Mùlner et des notes' d'un auteur inconnu, contemporain de la guerre de Sempach. Pendant la guerre de Zurich, le chanoine Félix Hemmerli (f vers 1462) écrivit son Dialogus </>■ uobilitale et rusticitate, avec un supplément sur les origines de la Confédération. L'exécution de Hans Waldmann en 1489 et les troubles qui se produisirent en ville et dans la campagne donnèrent naissance à deux travaux remarquables sur ces temps troublés : le premier est appelé : Rapport de la ville de Zurich cl a été rédigé par un bourgeois, tandis que le second, le Rapport de Hôngg a pour auteur un paysan de ce village. Tous deux donnent une image de l'état des esprits
des paysans et des bourgeois et appartiennent à ce que l'historiographie zuricoise a donné de mieux. Le beaufils de Waldmann, Gerold Fdlibach, traite dans sa chronique de la guerre de Zurich ; il met en lumière la carrière de Waldmann, mais s'exprime très prudemment sur son compte. Des récits zuricois des guerres de Bourgogne existent et attendent encore les honneurs de l'impression ; seules les parties concernant Waldmann ont été publiées. A la fin du XVe s., le dominicain Félix Fabri (Schmid) écrivit une Historia Suevorum, qui contient des renseignements sur les débuts de l'histoire suisse. Tandis que l'historiographie zuricoise n'a rien donné au moyen âge qui puisse être comparé aux chroniques de Berne et de Strasbourg, il n'en a plus été de même dès la Réformation, qui marque le début d'une intense activité en matière historique. Heinrich Brennwald (f 1551), prévôt du chapitre et plus tard fonctionnaire de la ville, rédigea une chronique de la Confédération, dont les dernières parties contiennent des vues personnelles importantes. Johannes Stumpf (f vers 1576) fut acquis à l'histoire par Brennwald. Ancien prieur de Saint-Jean, puis pasteur, il composa, avec la collaboration de Bullinger, de Vadian et de Tschudi, une chronique de la Confédération, qui a été imprimée en 1548.
L'histoire de la Réformation et la vie de Zwingli forment la partie centrale do la chronique de l'antistès Heinrich Bullinger (f 1575). L'intérêt pour l'histoire prit à Zurich un puissant essor avec Stumpf et Bullinger et se maintint dans les siècles suivants. Laurentius Bosshart, de Winterthour, ancien chanoine au Heiligenberg près de Winterthour (f 1532), a rédigé une chronique des événements contemporains en se plaçant au point de vue des réformés. Parmi les chroniqueurs de moindre importance il faut mentionner : lliriih.ard Wyss, Ludwig et Hans Edlibach, Peter et Hans Fûssii et Werner Steiner. Josias Simmler (f 1576), fut un élève de Bullinger ; il a publié toute une série d'ouvrages d'histoire et de géographie de la Suisse, parmi lesquels : De Bepublica Helvetiorum libri duo. La réorganisation des Archives de l'État de Zurich vers le milieu du XVIIe s. donne l'occasion au secrétaire de ville et trésorier Johann-Heinrich Rahn (f 1708) d'écrire une Eidgenôssische Chronik. Mais la censure n'autorisa la publication que d'une petite partie de cette œuvre. L'église réformée trouve au XVIIe s. ses historiens dans les professeurs Hottinger, père et fils. Les publications historiques du bourgmestre Waser (| 1669) et du naturaliste Scheuchzer (f 1733) sont encore estimées aujourd'hui, tic même que les collections de Hans-Wilpert Zoller et Erhard Dûrsteler. A l'aide de ces riches collections, le bourgmestre Johann-Jakob heu (f 1768) édita de 1747 à 1765 VAllgemeines helvetisches eidgenôssisches Lexikon. Le chapitre des chanoines institua en 1713 une chaire d'histoire nationale et de politique. Son titulaire fut de 1725 à 1775 Johann-Jakob Bodmer (f 1783). Son action, ainsi que celle de Breitinger, ouvrit à la science historique à Zurich de nouvelles perspectives et eut une influence durable sur les générations suivantes. Bodmer et Breitinger publièrent le Thésaurus historiée Helveticse et V Helvetische Bibliothek. La société historique, fondée par Bodmer, V Helvetische Gesellschnft zurGerwe (plus tard Vaterldndisch- historische Ces.) devint le centre des études historiques jusqu'en 1790. Johann- Heinrich Fûssii (f 1832), élève et successeur de Bodmer, s'est fait un nom par une remarquable biographie de Waldmann. Le conseiller Johann- Heinrich Schinz(f 1800) fut non seulement numismate et archéologue, mais, avec le pasteur Johann-Heinrich Waser, qui fut exécuté en 1780, le fondateur de l'histoire économique zuricoise. Les deux pasteurs Johann-Konrad Fâsi et Johann- Konrad Fûssii, écrivirent Staats- und Erdbcschrcibiuigcu de la Confédération, tandis que les Memorabilia Tir/urina publiées au XVIIIe s. par Bluntschli et Werdmûller, furent reprises et continuées au siècle suivant par Friedrich Vogel. La chaire d'histoire nationale occupée avec distinction par Bodmer et Fiissli, passa vers 1833 à l'université naissante. Johann-Jakob Hottinger. Georg von Wyss et Wilhelm Œchsli furent leurs successeurs aux XIXe et XXe s. Les souvenirs autobiogra-
ZURICH
Monnaies zuricoises :
I. Empereurs et ducs d'AléMANNIE : 1 et 3. Denier et obole de l'empereur Othon I". - 2. Denier du duc Hermann, - II. Abbaye du Fraumùnster: 4. 6. 7. S. Bractéates. -*-V^™^*™'*-^V^™J^".?U^^sh9?ï 10. Angster, XV» s. — 11. Quadruple-ducat, or, 1640. — 12. Couronne d'or s. d. — 13. F onn d or, 1526. — U. Taler 151-. 15 Taler (Kelchtaler) . — 16. Florin d'or, s. d. — 17. Taler. 1556. — 18. Ducat, or, a l'effigie de Zwingh, 1819. — 19. Double ducal or 1718. — Le n° 9 qui ne pouvait être éliminé de la planche ci-dessus, empruntée a 1 ouvrage de Coraggioni n est pas un angster de Zurich, comme le pensait cet auteur, mais un rappen de la monnaie de Colmar en Alsace. — Les n n, it, ia, " sont réduits.
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