II. Zwicky de Glaris
— 1. Johann-Peter, fils du n° 6, 7 avril 1692 - 28 avril 1779, juge au tribunal des Cinq 1719, vicelandammann 1724-1726, 1734-1736 et 1754-1756, landammann 1726-1729.
1736-1739 et 1756- 1751».
bailli de Werdenberg 1731, capitaine et propriétaire d'une compagnie au service de France 1734, député à la Diète, du Conseil secret de guerre, fondateur du fonds protestant cantonal d'indigence auquel il fit une donation de 4000 florins. Homme d'État bienfaisant, aussi bourgeois de Mollis et Kerenzen. — 2. Johann-Peter, fils du n° 8, 20 mai 1692 - 23 janv. 1738, Dr en droit civil et canon, conseiller, juge consistorial et bailli de Mendrisio 1722. — 3. Fridoi.in, fils du n° 10, 6 sept. 1702-15 févr. 1751, capitaine, porte-bannière du pays et conseiller. — 4. Jost, petit - fils du n° 13, 19 juil. 1745 - 22 oct. 1813, bailli de Sargans 1783.
— 5. Johann-Heinrich, fils du n°2, 7 oct. 1731 - 21 mai 1794, lieutenant au service de France, juge au tribunal des Cinq et membre du landrat 1759, conseiller, bailli de Wrrdenberg 1785, représentant fédéral à Bàle 1793. -- 6. Caspar, fils du n° 5, 21 déc. 1765-8 août 1821, banneret, juge au tribunal des Neuf, intendant de l'arsenal et directeur des sels. — 7.
Johann - Heinrich, fils du n» 3, 16 nov. 1732-2 oct. 1799, Dr med., juge au tribunal des Cinq 1756, porte-bannière du pays 1770, vice - landammann 1784-1786, landammann 1786- 1789, député à la Diète 1784- 1789. - - 8.
JOHANN-HEINRICH, descendant du n° 4 (I), 5 janv. 1752- 13 sept. 1798, trésorier général 1780, dernier bailli du Bheintal 1789, du landrat 1794 et conseiller. — 9. Fridolin, pet it - lils du n° 3, 5 déc. 1758 - 16 mai 1814, du Conseil de guerre, major du
Johann-Peter Zwicky (n° 1) D'après une gravure de Heidegger.
Fridolin Zwicky (n° 9).
D'après un portrait à L'huile.
.loliann-Peter Zwicky (n° 10).
D'après un portrait à l'huile.
du pays 1781, conseiller, landammann 1799-1802 ; rendit de grands services dans l'organisation militaire. — 10. Johann-Peter, fils du n° 7, 29 mars 1762- 22 mai 1820, seigneur de Schwandegg, président du Conseil de guerre, Landeshauptmann, trésorier de Glaris-protestant, conseiller, banneret, sous-préfet du canton de la Linth, membre du Conseil de la Linth, initiateur du comité du monument Salomon Gessner à Klôntal 1788, ami de Goethe.
III. Zwicky de Kerenzen. ■ — 1. Johannes, descendant du n° 1 (I), 19 août 1725 - 13 mai 1774, bailli du Val Maggia. — 2. Fridolin, descendant du n» 1, 28 janv. 1853 - 25 avril 1911, juge cantonal et conseiller d'État d'Appenzell à Herisau.
IV. Zwicky de Bilten. — 1. Fridolin, petit-fils du n» 8 (I), 25 févr. 1733 - 29 nov. 1813, premier-lieu l enant au Piémont, du landrat 1761, chanoine et avoué d'église 1762, juge consistorial, conseiller et député dans les bailliages tessinois, ancêtre commun des Zwicky de la maison Zwicky de Bilten. — 2. JOHANN- Friedrich, descendant du n° 1, * 8 nov. 1876, fabricant et filateur à Malans, premier vice-président de la Société des familles Zwicky. — Voir J.-J. Kubly-Mûller : généalogies et regestes (mns.). — P. Thùrer : Collectanea (mns.). — AS. — ■ LL. — LLH. — J.-J. Blumer : Urkundensammlung. — J.-H. Tschudi - Chronik. — Trûmpi-Chronik. — Schuler-Chronik. — Caspar Zwicky : Familienchronik (mns.). — Baron de Zurlauben : Code militaire des Suisses. — Das Duch der Familien Zwicky (périodique publié par la famille). — Obituaires de Mollis. — J.-P. Zwicky : Gesch. der Familien Zwicky.
— P. Thùrer : Verz. der (.Marner Ofjizirre in fremden Diensten (mns.). — AGS III. — Deutsch- schweiz. Geschlechterbuch III. [J.-P. Zwicky.]
B. Canton de Saint-Gall. Vieille famille de médecins et d'officiers de l'ancien comté d'Uznach, originaire du canton de Glaris, établie au commencement du XVIe s. à Uznach et Gommiswald, où elle est encore bourgeoise par quelques familles de la ligne catholique des Zwicky. En 1810, une brandie émigra eu AI aci et fut l'origine des actuels Zwicky de Gauen en France et de la famille qui est bourgeoise de Tliahvil (Zurich) depuis 1916. L'ancêtre commun est — 1. Ha.ns, chirurgien, député, participa en 1499 à la guerre de Souabe, en 1515 à la bataille de Marignan. — ■ 2. PAUL-ViNZENS, arrière-petit-fils du n° 1, * en Italie le 11 févr. 160(1, f au Portugal, le 5 juil. 1663, lieutenant-colonel contre la Suède 1632, capitaine au service du Portugal L660.
— 3. Franz-Jakob-Johann-Ulrich, fils du n° 2, 1er janv. 1633-30 sept. 1682, lieutenant au service du Portugal, banneret, juge et major général à Schwyz et Uznach. — 4. Vinzens-Anselm, arrière-arrière-petitlils du n° 3, * à Uznach 21 avril 1804, f à Guebwiller 8 avril 1851, fabricant et propriétaire en Alsace, fondateur de la branche française. - - [J.-P. Zwicky.] — 5. Johann-Paul, arrière-petit-fils du n° 4, * à Guebwiller (Alsace) 22 déc. 1906, généalogiste, historien, premier rédacteur du périodique de famille, fondateur de la Société des familles Zwicky, auteur d'ouvrages généalogiques, d'une bibliographie généalogique de la Suisse et de Gesch. der Familien Zwicky ; collaborateur au DUBS et à l'A GS ; bourgeois de Thalwil depuis 1916. — [J. M.] — Voir archives d'Uznach et Gommiswald, de Guebwiller, Soultz et Colmar en Alsace. — Archives des cantons de Saint-Gall, Scliuw et Glaris. — J. Widmer : Gesch. von Gommiswald. - Kuster Chronik. — Archives et documents de la famille Zwicky de Gauen (Zurich 1924). — ■ Da* Buch der Familien Zwicky (périodique de famille). [.T. -P. Zwicky. j
ZW1EBELNKRIEG 1513
ZWINGENSTEIN
ZWIEBELNKRIEG 1513 (Guerre des oignons).
A la nouvelle des grosses pertes essuyées à la bataille de Novare (6 juin 1513), un grand soulèvement paysan éclata dans les cantons de Lucerne, Berne et Soleure. Il dura plusieurs semaines dans le canton de Lucerne. Les instigateurs du mouvement étaient Rudolf Mettenberger, dit Mieschbùhler, de YVillisau, et Hans Heid, enseigne à Entlebuch. Les paysans se réunirent lé 4 juillet près de la chapelle Saint-Ulrich à Ruswil et établirent, leur camp, au nombre de plusieurs milliers, dans les jardins situés devant la partie de la ville de Lucerne dite Kleinstadt, d'où le nom de guerre des oignons. Sur leurs sommations, on mit en arrestation l'ancien avoyer Feer et son 111s Hans, le trésorier Ratzenhofer, Konrad Hasfurter, Jakob Schmid, les capitaines Hans Hauser et Arnold Moser et le chevalier Renward Gôldlin sous l'accusation d'avoir accepté des présents aussi bien de la France que de .Milan. Tous faisaient partie du Conseil. Arnold Moser fut condamné à mort, après une procédure sommaire.
Peter Feer, le héros de Dornach, mis à la torture et frappé d'amende, ne fut rétabli dans ses charges et dignités qu'en 1515. Le 6 juillet les paysans se retirèrent après avoir reçu une solde de 10 schillings par homme. Le 21 août, les commissaires des XI cantons s'entremirent. Il fut interdit de conclure pour des cadeaux ou des pensions des alliances étrangères comportant l'envoi de troupes. Les attributions administratives et de police appartenant jusqu'alors aux autorités ne devaient pas être étendues. La somme due par le duc de Milan devait aussi être répartie aux bailliages. Les insurgés, auxquels une amnistie générale fut accordée, se réservèrent la faculté de participer à l'enquête ouverte contre les partisans de la France. Les gens de YVillisau, qui avaient une querelle particulière avec leur avoyer Heinrich von Iberg, obtinrent sa mise en arrestation et sa condamnation à 1000 florins d'amende comme participation aux frais judiciaires occasionnés par la révolle. L'enseigne Heid qui, en 1514, avait fomenté de nouveaux troubles, fut exécuté en janvier 1515 avec trois autres chefs. — Voir Segesser : Hecli.tsge.srli.. III, p. 271. — Theod. v. Liebenau : Gesch. der Stadt Willisau. — Jos.-Ant. Balthasar : Helvetia I, p. 599, 1823. — Kas. Pfyffer : Gesch. <les Kts. hv.ze.rn I. p. 216. [P.-X. w.]
ZWIESELBERG (G. Berne, D. Thoune. V. DGS). < lommune disséminée dont les hameaux s'espacent sur la chaîne de collines du même nom. De nombreuses antiquités celto-helvètes y ont été trouvées. On ne possède pas d'indications précises au sujet d'une ruine, située à l'extrémité Sud-orientale de la chaîne ; elle peut avoir été une résidence des seigneurs de Strâttlingen ; Zwieselberg faisait partie de la moitié de leur seigneurie qui passa en 1466 à Adrien de Bubenberg. La basse juridiction passa à Berne en 1607, ainsi que celle de Thierachern, et lit partie du bailliage de Thoune. La haute justice relevait de la juridiction de Seftigen. Zwieselberg fit toujours partie de la paroisse d'Amsoldingen. — AHVB 12, p. 103. — A. Jahn : Chronik, p. 85. — Le même : Kt. Bern, p. 268. — Ragionenbuch (aux Arch. d'État, Berne). [L. S.]
ZWILCHENBART. Vieille famille bâloise, de la corporation des pêcheurs au XVIe s. — 1. Ludwig, t 1510, pêcheur, prévôt de la corporation des pêcheurs et membre du Conseil. — 2. Andréas, 1786-1866, négociant, consul américain à Bâle, fondateur de l'agence d'émigration Zwilchenbart. — WB. — Collection Meyer à la Bibl. de l'université, Bâle. [C. Ro.]
ZWILLIKON (C. Zurich, D.Affoltern, Com. Affoltern am Albis. V. DGS). Vge, Coin, civile dès le milieu du XIXe s. Établissement romain. En 1269, le couvent de Frauenlal possédait des terres à Zwillinkon. Le village était peuplé de paysans libres, relevant du tribunal de
Rifferswil. Selon le Markenbuch de 1360, il existait à Zwillikon une chapelle, dépendant de l'église de Lunkhofen. En 1840, elle fut transformée en maison d'habitation. Population : 1920, 242 hab. — UZ. — A. Nuscheler : Gotteshàuser. [Hildebrandt.]
ZWIMPFER. Familles de la région du lac de Sempach, citées depuis la fin du XIIIe s. — Heinrich, de Sempach, 1386, marchand de harengs ; ses marchandises ayant été brûlées en 1395 par Milan, les Lucernois usèrent de représailles. — Voir H. v. Liebenau : Urk. und Reg. zur Gesch. des Gotlhardpasses, dans Arch. S. G. XX. [P.-x. W.]
ZWINGEN (C. Berne, D. Laufon. V. DGS). Vge et Com. dont l'histoire se confond avec celle du château de ce nom. En 1242, Zouingen. Celui-ci est mentionné pour la première fois en 1242 et l'on ignore par qui il fut construit. L'évêque de Bâle l'avait obtenu du couvent de Saint-Biaise en 1141. Au cours des siècles,
Zwingen au milieu du XVIIe s. D'après une gravure sur cuivre de Matth. Merian (Bibliothèque Nationale, Berne).
Zwingen passa aux Habsbourg pour revenir à l'évêque en 1459. Dès le commencement du XIVe s., les seigneurs île Ramstein l'avaient en fief héréditaire et ils finirent par se considérer comme les propriétaires de ce manoir. Lorsque la famille s'éteignit, en 1459, la veuve et le beau-fils du dernier Ramstein, Ursule et Thomas de Falkenstein cherchèrent à s'en faire reconnaître propriétaires. Après des tractations qui durèrent treize ans, l'évêque resta maître de ce domaine. De bonne heure, il installa au château un bailli chargé d'adminisl rer su seigneurie de Laufon-Zwingen qui, jusqu'en 1793, comprenait Zwingen avec le château, Laufon et son faubourg, Liesberg, Rôschenz, Wahlen, Blauen. Nenzlingen, Dittingen et Brislach. Le bailli de Zwingen statuait sur les affaires civiles et correctionnelles. Quant aux affaires criminelles, il les instruisait, la cour de Porrentruy prononçait le jugement et le châtelain de Zwingen l'exécutait. Lors de la réunion de l'évêché à la France en 1793, le château fut vendu comme bien national pour 285 000 fr. au citoyen Laquiante, secrétaire de l'ambassadeur de France à Bâle (1795). Après avoir passé entre les mains de plusieurs parents de Laquiante, il fut acquis en 1913 par la Fabrique de cellulose et de papier S. A. qui a construit une usine à proximité. En 1908, Zwingen fut érigé en paroisse détachée de Laufon. Population : 1818, 250 hab ; 1930, 938. — Trouillat. — A. Daucourt : Dict. II. — W. Merz : Dus Schloss Z. im Birstal. [G. A.]
ZWINGENSTEIN (C. Saint-Gall, D. Unterrheintal. Com. Au. V. DGS). Château en ruine qui est mentionné pour la première fois en 1303 sous le nom de Twingenstain. Il servait de maison forte au grand domaine de Lustenau, dont se détacha celui de Widnau sur la rive gauche du Rhin. Le château fut donné en gage en 1395.
ZWINGER
ZWINGER
avec la seigneurie de Lustenau, par les comtes de Werdenberg au chevalier Ulrich von Ems. Durant la guerre d'Appenzell ce dernier le tint ouvert à disposition du duc Frédéric d'Autriche, de suite que les Appenzellois le luirent d'assaut en 1405, après la bataille du Stoss. Ils le mirent à la disposition de leur capitaine, Rudoli' von Werdenberg, mais en 1410 les Ems rentrèrent en possession du château. En 1430, il était la propriété de Prick von Gossolt, qui entra en lutte avec les Peyer, seigneurs gagistes du Rheintal. Gossolt abandonna Zwingenstein, que Sigismond d'Autriche inféoda à Hans von Wydenbach en 1447. Mais les Appenzellois, iiui se disaienl suzerains du Rheintal, déclarèrent ne pas pouvoir tolérer qu'une maison sise à leur frontière restât ouverte à l'Autriche. Ils occupèrent le château de Zwingenstein et le détruisirent.
Une famille de ministériaux de l'abbé de Saint-Gall porta le nom de Zwingenstein. Elle est mentionnée en 1288 avec Heinbich et s'est éteinte en 1442, avec Wilhelm. Armoiries (celles des Marschalk de Mammertshofen) : d'argent à deux pattes de lion de gueules armées de sable, passées en sautoir. — A. Nâf : Chronik, p. 1071. — G. Felder dans St. Gall. Nbl. 1907. — H. Wartmann : Hof Widnau-Haslach. — Wappenrolle von Zurich, nouv. éd. [J. M.]
ZWINGER (Zwingger). Famille de savants et d'humanistes de la ville de Bàle, issue de l'ancienne famille des Spiser (Speiser, Spiesser), dite Zwinger, de Bischofsy.ell, où elle est mentionnée depuis 1415 et était représentée au Conseil au XVe s. déjà. Les Zwinger acquirent la bourgeoisie de Bâle en 1526 et donnèrent à l'université huit professeurs éminents en six générations. Armoiries (d'après le diplôme d'armoiries conféré en 1492 à Jacob Zwinger par l'empereur Frédéric III) : de gueules à une lance d'argent posée en bande entourée d'une lanière de sable. — 1. Pe- LAGIUS Zwincker, frère de Jacob, privat-docent à l'université de Heidelberg 1458, doyen de la faculté de philosophie 1464-1465. — 2. Leonhard, f 1538, fils de Jacob, pelletier, acquit en 1526 la bourgeoisie de Bâle. — 3.
Theodor, 2 août 1533-10 mars 1588, fds du n» 2, humaniste et médecin, chimiste et pharmacologue, Dr. med. de l'université de Padoue 1559, professeur de grec à Bàle 1565, de morale 1571, de médecine théorique 1580, recteur de l'université 1565. 1572 et 1581 ; rédigea en 1570 les nouvelles lois de la faculté de médecine, fonda le Fiscus inedicus et inaugura des discussions mensuelles.
Dans sa Physioloqia médina, il reprit plusieurs des doctrines de Paracelse.
A publié Hippocratis XXII Commentarii, Methodus apodemica, ainsi que le Theatrum vitee humaine, commencé par son heau-père Conrad Lycosthenes. — 4. Jakob, 1569-1610, fils du n» 3, Dr med., médecin el directeur de l'hôpital, professeur de grec 1595, recteur de l'université 1606, où il enseigna en clinique. Auteur de divers ouvrages médicaux et philologiques, éditeur des œuvres de son père, f de la peste. — 5. Theodor, 1597-1654, fils du n° 4, théologien, archidiacre 1620, pasteur à St. Theodor 1627, antistès, Dr Iheol. et professeur d'Ancien Testament 1630, recteur de l'université 1636 et 1644. Calviniste éprouvé, il combattu des tendances luthériennes el détermina l'adhésion de Bâle à la Confession helvétique. Comme antistès, il remplaça en 1642 l'hostie par la rupture du jiam dans le rite de la Sainte-Cène et justi-
Theodor Zwinger (n° 3).
D'après un portrait à l'huile
Theodor Zwinger (n" 5).
D'après une gravure sur cuivre
de J. -Jakob Thurneysen.
1658-1724, fils des premiers
du n° 6, médecins
lia ce changement dans son ouvrage sur l'histoire de la Sainte-Cône. Auteur d'un commentaire de l'Épitre aux Romains. Lors de la guerre des Paysans, il demanda une punition sévère pour les rebelles. — 6. JOHANnes, 1634-1696, fds du n° 5, théologien, professeur de grec 1656, controversiarum 1664, Dr theol.
1665, professeur de l'Ancien Testament 1685, bibliothécaire de l'université, recteur 1666, 1681 et 1693, travailla pour l'adhésion de Bâle à la formule du Consensus- helvétique qui, de son vivant toutefois, devint déjà caduque. Il défendit la doctrine de Dordrecht contre les arminiens et les amyraldistes ; comme la plupart de ses contemporains, il était adversaire du système de Copernic. — 7. Theodor était considéré comme un de son temps ; professeur d'éloquence 1684, de physique 1687, d'anatomie et de botanique 1703, de médecine pratique et archiater 1711, recteur de l'université 1704-1711, médecin particulier du margrave de Bade-Durlach et du duc de Wurtemberg, membre de l'Académie léopoldine des sciences naturelles, sous le nom d'Aristotèle Ier, et de la Société royale de Berlin. Il refusa des appels de Berlin, Cassel et.
Leyde. Auteur de : Historia colleyii Medicorurn Basiliensis, d'un manuel de médecine infantile, d'un Compendium medicinœ universœ, de Theatrum Bo-
tanicum et de Der Sichere und geschwinde Arzt. - Johann -Rudolf, 1660-1708. frère du n° 7, logien, aumônier au régiment Stuppa 1686, vicaire de St. Alban 1688, pasteur à Liestal 1690, à St. Elisabeth de Bàle 1700, antistès de l'église bâloise 1703, Dr theol. 1704, membre de la Société anglaise pour la propagation de la foi.
Auteur de : Der Trost Israels. — 9. Joh.-Rudolf, 1692-1777, lils du n°7, Drmed., professeur de logique 1712, d'anatomie et de botanique 1721, de médecine pratique 1724, recteur de l'université 1729, 1740 et 1752 : médecin de la seigneurie de Rôteln dès 1720, médecin de l'évêque de Bâle et du chapitre d'Arleshoim, membre de l'Académie léopoldine sous le nom de Avicenna 11. fondateur de la Societas physicomedica Helvelica (ancêtre de la Société helvétique des sciences naturelles) 1751, auteur d'ouvrages médicaux et éditeur des aphorismes d'Hip-
Johannes Zwinger (n° G).
D'après une gravure sur cuivre
de Joli. -G. Seiller.
théo-
Theodor Zwinger (n° 7).
D'après une gravure sur cuivre
de Joh.-G. Seiller.
ZWINGLI
ZWINGLI
pocrate en traduction latine. — 10. Friedrich, 1707- 1776, frère du n° 9, médecin et botaniste, prof, d'anatomie et de botanique 1751, de médecine théorique 1752, médecin particulier du margrave de Bade. Auteur de la partie des Merkwùrdigkeiten de Bruckner traitant les sciences naturelles ; publia une nouvelle édition du Theatrum botanicum et de Sie.heren und geschw. Arztes. La famille s'éteignit avec — 11. Jakob, 1728- 1804, petit-neveu du n° 7, pasteur à Liestal et doyen du chapitre de Liestal. Par contre, la branche de Bischofszell existe toujours, ainsi qu'une branche fondée à Mulhouse par — 12. David Zwinger, * 1540, f après 1619, neveu du n° 2, pasteur et chroniqueur des troubles île la ville de Mulhouse. — Voir Album magistrorum artium univ. Heiddberg. — Tabl. généal. imprimé vers 1695. — Athenœ Rauricœ. — Coll. des lettres de Zwinger (Bibl. de l'univ. de Bâle). — Livre de famille Zwinger- Stuckelberg (mus.). — LL. — LLH. — M. Lutz : Nekrologe. — K.-R. Hagenbach : Gesch. der theol. Schule Basels.
— ADB. — Gernler'sches Stammbuch. — Realenzyklopàdie fur prot. Théologie, vol. 18. — A. Burckhardt : Geschichte der med. Fakultàt zu Basel. — A GS I.
— BZ XV. — WB. — Généalogie de la famille Zwinger à Mulhouse . — AHS 1895, p. 116; 1897, p. 51 ; 1925, p. 37. [Adr. Stuckelbebo.]
ZWINGLI. I. Famille de Wildhaus (Toggenbourg). Le nom dérive probablement de Twing = clos, cour clôturée, soit les habitants du clos. On peut aussi chercher l'origine du nom dans Zwinge = boucle, ce qui serait confirmé par les armoiries : parti d'or et de sable à une boucle de l'un à l'autre. D'après une troisième explication le nom viendrait de Zwilling = jumeaux. Une dérivation de zwingen = forcer, ne peut être retenue (Zwingliana II, 33). — 1.
Ulrich, scelle un acte en 1487. En 1494, il figure comme ammann de Wildhaus et St. Johann. Il vit encore en 1510, mais meurt probablement vers 1519, père du réformateur. — Zwinglis sdmtl. Werke VII, p. 19. — 2. Ulrich (en ail. Muldrych), réformateur, 1484- 1531. a) Éducation. * 1er janv. 1484 à Wildhaus, fils du n° 1 et de Margareta Meili. Il est initié à l'étude du latin frère de son père, le doyen Bartholomâus à Wesen ; âgé de dix ans, il est envoyé à l'école latine de maître Gregorius Biinzli à Bàle, puis il suit, à Berne, l'enseignement de l'humaniste Heinrich Wôlfflin (Lupulus). Pendant le semestre d'hiver 1498- 1499, il est immatriculé à Vienne, puis exclu, probablement en sa qualité de Suisse pendant la guerre de Souabe. Pendant le semestre d'été 1500, on le retrouve à Vienne. Dans l'intervalle, il est peut-être allé à Paris. A Bâle depuis 1502, il y acquiert en 1506 le grade de maître es arts. La même année, il est nommé curé de Glaris. Ainsi Zwingli a été nourri des leçons de la faculté des arts et imprégné de la conception aristotélicienne qui dominait la scolastique chrétienne ; mais sa formation scolastique était celle de l'ancienne école pénétrée de l'esprit d'Aristote, de Thomas d'Aquin et île Duns Scott,, tandis que Luther s'était au contraire formé à l'école moderne de Guillaume d'Occam. Cette dernière faisait une distinction bien tranchée entre le Créateur et la créature, la science et la foi, alors que, d'après l'ancienne école, le monde s'élevait par degrés de la nature à Dieu, dans une entière harmonie delà science avec la foi et de la philosophie avec la théologie. La période universitaire de Zwingli n'a pas encore été étudiée d'une façon approfondie. Comme curé de Glaris, Zwingli agil selon la foi et la doctrine de l'Église catholique. En politique, il se déclare partisan de l'alliance avec le pape (Fabelgedicht vom Ochsen, 1510). Il fait un récit de l'expédition de Pavie de 1512 et prend part, comme aumônier des Glaronnais aux campagnes de 1513 (bataille de Novare) e1 de 1515 (bal aille de Marignan). Impressionné par ce qu'il a vu, il se prononce contre la participation aux guerres étrangères (Der Labyrinth, 1516). Il s'attire par là l'animosité du parti français, doit quitter Glaris et devient curé d'Einsiedeln. A Glaris déjà, il avait augmenté ses connaissances
par le
/ w uiuh
par une lecture assidue des auteurs classiques et des pères de l'Église ; en 1513, il avait commencé l'étude du grec. Par correspondance, il entra en rapports avec les humanistes groupés autour de Glaréan, de Béat Rhénan et d'Érasme de Rotterdam, auquel il rendit visite à Bàle en 1516. En 1516-1517, il copia et annota les épîtres de saint Paul publiées par Érasme dans son édition du Nouveau Testament grec. Il devient humaniste, ce qui signifie qu'il se détourne de la méthode scolastique, qu'il recherche la pureté classique du style, s'efforce d'acquérir la liberté de la forme propre aux essais et retourne aux sources, y compris celles du christianisme. Depuis 1523, il étudie aussi l'hébreu. Il devient adepte de l'universalisme religieux et philosophique d'Érasme. Dieu est la vérité, celui qui recher-
Ulricli Zwingli. D'après un polirait peint en 1531 après sa morl par Hans Asper (original au Musée des Beaux- Arts, Winterthoui .
che la vérité, recherche Dieu. C'est pourquoi les païens aussi peuvent arriver à la véritable connaissance de Dieu. L'homme est naturel par son corps, divin par son esprit. Il peut arriver à Dieu par ses forces spirituelles. Le fondement de la morale est la loi du Christ formulée dans le Sermon sur la montagne. Par la culture feruditio) l'homme est conduit à l'humanité. La sagesse chrétienne conduira à la restauration du christianisme. La religion devient davantage une vie intérieure. Zwingli critique ses formes extérieures, la vie monastique, les pèlerinages, la vénération des saints, les jeûnes, les reliques. Il conserve pourtani ses relations avec Rome, accepte, en 1518, la dignité de chapelain épiscopal et une pension. Sa lutte contre les pensions françaises, sa réputation de savant et de prédicateur lui valent un appel à Zurich comme curé du Grossmûnster. Dans une lettre au chanoine Utinger, il confesse ses péchés contre les mœurs à Einsiedeln.
b) Foi. Le 1er janv. 1519, Zwingli annonce qu'il ne fondera plus sa prédication sur les péricopes ecclé-
ZWINGLI
ZWINGLI
siastiques, mais sur l'évangile selon saint Mathieu, montrant ainsi sa volonté d'entrer dans les voies de la réforme humaniste. D'accord avec l'évêque de Constance, il combat Sarnson. le marchand d'indulgences. V partir de décembre 1518, Luther fait son apparition dans la correspondance de Zwingli. Pour celui-ci, Luther esl « un homme qui reflète véritablement l'image du i hrisl . un Élie. Zwingli approuve son attitude à l'égard de Eck à la dispute de Leipzig, en 1519, ainsi que sa condamnation du droit divin de la papauté. Il
rec mande les écrits de Luther en chaire. En août
1519, la peste se répand à Zurich. Zwingli, qui était à Pfâfers, regagne son poste. En septembre, il tombe malade. Cette épreuve et l'influence de Luther font de lui un réformateur. Il expose son attitude nouvelle dans le Pestlied. Dan? cet ouvrage, il abandonne toute revendication de l'homme à l'égard de Dieu. L'homme est le vase que le potier peut conserver ou briser. Sa foi nouvelle, Zwingli la prêche en chaire et la répand dans des écrits d'occasion, tirés pour la plupart de ses sermons : Vom Erkiesen und Freiheit der Speisen, Apologeticus Archeteles, Von Klarheit und Gewissenheit des Wortes Gottes, tous de 1522, puis ses deux ouvrages essentiels sur la réforme : Auslegen und Grùnde der Schlussreden et Von gottlicher u. menschlicher Gerechtigkeit. La Bible est le fondement de la foi et de la vie chrétienne ; la tradition et l'autorité doctrinale des évèques ne répondent pas à la volonté du Christ. Seul l'esprit de Dieu permet une connaissance vivante des Saintes- Kent ures. Le critère de l'esprit est la foi en Jésus- Christ. La somme de l'Évangile est le rachat par Jésus-Christ, qui nous accorde le pardon de nos péchés par la grâce de Dieu. Zwingli enseigne la doctrine réformée de la justification par la foi. La foi ne consiste pas à tenir la vérité, mais dans la confiance en Dieu. Christ a annoncé la volonté de Dieu. L'homme fait constamment l'expérience qu'il n'obéit pas à cette volonté. Zwingli ne considère pas comme Luther le péché originel comme une faute, mais comme une maladie, une condition misérable. L'homme ne peut être sans péché. Ici, Zwingli s'écarte d'Érasme, il dénie à l'homme la libre volonté de faire le bien. Néanmoins, le croyant est reconnu comme juste devant Dieu à cause du Christ. Mais en conclure à sa passivité morale, serait une complète méconnaissance de la foi. Celui qui a reconnu la misère du péché et l'amour de Dieu, vouera toutes ses forces au bien. Ce n'est pas à lui, mais à Dieu qu'il attribue le bien qu'il fait. La doctrine de la justification par la foi supprime le dogme catholique que hors de l'Église il n'y a point de salut. Le croyant n'a pas besoin de l'intermédiaire d'un prêtre, ni des sacrements, ni de l'intercession des saints, pour recevoir les forces de la grâce. Zwingli enseigne avec Luther le presbytérianisme de tous les croyants. L'église est la communauté des vrais croyants. Dans son ensemble, elle est invisible, mais visible partout où la parole divine est annoncée et la foi éveillée, c'est-à-dire dans chaque communauté distincte. Mais Dieu étant seul capable de voir dans les cœurs, les vrais croyants ne peuvent être distingués des chrétiens qui ne le sont que de nom. La communauté est dirigée par la parole et par l'esprit. Elle doit être autonome vis-à-vis du pouvoir. Elle possède le droit de nommer les pasteurs, d'organiser le culte, de prononcer l'exclusion. Selon la conception première de Zwingli, l'État n'a aucun pouvoir sur l'Église. -Ici résident les germes de la tolérance. La vie de l'homme est déterminée par le rapport de la justice divine et de la justice humaine. Il n'est donné à personne d'accomplir la justice divine. Si l'homme était libre, ce serait la lutte de tous contre tous. C'est pourquoi Dieu a accordé aux hommes la justice humaine, les autorités, les juges, la loi pénale, la propriété, les cens et les dîmes. La justice humaine n'esl pas un compromis entre la justice divine et l'état de péché des hommes vivant dans le monde. La justice divine est absolue; l'accomplissement de la justice humaine ne saurait justifier l'homme devant Dieu. Elle est nécessaire pour rendre possible l'existence des communautés humaines el pour l'éducation de l'homme. C'est pourquoi l'autorité esl ordonnée par Dieu pour
la punition des méchants et la protection des faibles. Ses lois devraient s'approcher le plus possible des lois divines.
Chez Zwingli, la foi nouvelle se manifeste en première ligue par une altitude et par des actes. Mais dans la mesure où elle est une théologie, Zwingli s'inspire de sa culture scolastique et humaniste. En se servant des possibilités de connaissances données aux hommes, il cherche à se rendre un compte clair de ses expériences en matière de foi, celles de la toute puissance et de la providence de Dieu (De providentiel Dei, 1530). Il fait appel aux témoignages de Moïse, de saint Paul, de Platon, de Sénèque. La vérité divine n'a pas à être formulée en préceptes philosophiques ou théologiques, car la vérité est là où se trouve le Saint-Esprit. Aussi Zwingli admet-il l'admission dans le ciel île païens à l'âme noble (Fidei Expositio, 1531). Il s'en tient à la conception humaniste el universelle de la vérité. Par là, il n'est pas un subjectiviste moderne qui trouve la vérité eu lui-même, mais il conçoit la vérité comme souveraine. Zwingli tend à une conception symbolique de la religion : ce que Pline appelle Nature, nous l'appelons divinité, notre Dieu. Par divers symboles nous exprimons une réalité, qui se trouve au-delà de ce que nous pouvons concevoir. L'ouvrage théologique essentiel de Zwingli est : De vera et falsa religione Commentarius, 1525. Voir aussi Fidei ratio adressé à Charles-Quint, 1530.
rj Réformation. En 1520, Zwingli renonce à la pension du pape ; il devient chanoine le 29 avril 1521, abandonne la prêtrise le 12 nov. 1522 et est installé par le Conseil comme prédicateur ; en 1525, il est directeur des écoles. Le 2 avril 1524, il fait confirmer par l'Église son mariage jusqu'alors secret avec Anna Reinhart, veuve de Hans Meyer von Knonau.
En mai 1521, Zwingli a son premier succès publie à Zurich. Grâce à son action, Zurich n'adhère pas à la capitulation militaire avec la France. Il cherche par son ouvrage : Gôttliche Vermahnung an die Eidgenossen zu Schwyz, de 1522, à engager d'autres cantons à supprimer les pensions et les services étrangers. La révolution religieuse est inaugurée par l'infraction de l'imprimeur Froschauer aux ordonnances du Carême. En avril 1522, une mission envoyée par l'évêque est obligée d'écouter Zwingli devant le Grand Conseil. Le clergé régulier fait aux prédications de Zwingli une opposition dont la violence fait craindre des troubles. Le chef ecclésiastique de Zurich, l'évêque de Constance. ne se décidant pas à effectuer les réformes nécessaires, Zwingli fait appel à l'autorité civile. Celle-ci ordonne une première dispute religieuse, tenue le 29 janv. 1523. Toute l'assemblée, Grand Conseil et clergé zuricois, se place sous l'autorité de la parole de Dieu et reconnaît que celle-ci a été justement annoncée par Zwingli. La voie de la Réformation est ainsi ouverte. Une seconde dispute décide du sort des images et des autels. Les autorités commencent par s'en remettre pour ces innovations aux communes, selon les principes de Zwingli ; plus tard, elles sont obligées d'intervenir directement dans cette affaire d'Église pour empêcher des désordres des anabaptistes. A Pâques de 1525, la messe est remplacée par la Sainte-Cène. Les biens ecclésiastiques sont sécularisés ; ils n'entrent pas dans la caisse de l'État, mais constituent un fonds spécial pour l'école, les sciences et l'assistance. Un tribunal matrimonial juge les affaires de mœurs et relatives aux mariages, les questions relatives aux bénéfices et exerce une surveillance sur les mœurs. Zwingli se prononce catégoriquement contre le mouvement anabaptiste. Le fond du différend ne réside pas dans la question du baptême des enfants. Primitivement Zwingli n'a pas estime que le baptême des enfants fût nécessaire. Ce qu'il réprouve avant tout, c'est la tentative des anabaptistes de fondei uni' communauté séparée, celle des soi-disant vrais justes, vivant exclusivement selon les lois de la justice divine et refusant de reconnaître les autorités, le serment, les juges, aussi parfois les impôts et redevances. Zw ingli y voit un retour à la justification par les œuvres. supprimée par la Réformation. Il voulait mener la lutte par des moyens spirituels et intervint pour que les anabaptistes fussent traités avec modération. Mais M
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devint partisan de la répression pénale lorsque les anabaptistes se mirent à contrevenir à réitérées reprises aux interdictions prononcées par les autorités de baptiser les adultes, lorsque les anabaptistes devinrent un danger pour la paix publique et que leur mouvement se répandit fortement dans les campagnes. Le mouvement anabaptiste et l'opposition des partisans de l'ancienne foi obligèrent Zwingli à admettre l'autorité du pouvoir civil sur l'Église. Mais il professait que les autorités devaient se laisser guider par l'Écriture Sainte et son interprète autorisé, le prophète. Zwingli était si bien l'âme de la politique zuricoise que Hans Salât disait ironiquemement qu'il était « à la fois bourgmestre, con-
Monument de Zwingli près de la Wasserkirehe à Zurich. D'après une photographie.
seil et chancelier » ; Zurich était une théocratie chrétienne gouvernée par un « prophète. »
d) La lutte pour la Ré formation. La tâche essentielle des autorités consiste à protéger la libre prédication de l'Évangile. C'est ainsi qu'il faut comprendre les interventions de Zwingli dans la politique. Zurich ayant été exclu de la Diète, Zwingli écrivit pour la défense de la ville, à la fin de 1524, son Ratschlag... damit Frevel und Unrecht nicht iiberhandnehme und Gottesfurcht und Unschuld erdrùcke. Dans Antwort, Valentin Compar gegeben, de 1525, dans ses ouvrages contre Eck et Faber, de 1524 et 1526, Zwingli s'oppose à ses adversaires catholiques, qui se réunirent lors de la dispute de Baden de 1526. Il cherche à fortifier la position de Zurich par des alliances, par la conclusion de combourgeoisies avec Constance, Strasbourg, les villes suisses et de l'Allemagne du Sud. A la dispute de Berne, en janvier 1528, se réunissent Zwingli et ses amis, venus du Nord et du Sud du Bhin. En Suisse, le champ de bataille est dans les bailliages communs. Les V cantons centraux posent en principe que dans les affaires de religion, la majorité des cantons co-souverains décide. Zwingli, par contre, estime que c'est à chaque commune à se prononcer pour ou contre la Réformation. Craignant une double
attaque de l'Autriche et des cantons catholiques, Zwingli cherche, en juin 1529, à provoquer une décision. Par une action militaire rapide et puissante, mais qui doit atteindre son but sans effusion de sang, il veut contraindre les V cantons catholiques à accepter, non la suppression de la messe et des usages catholiques, mais la libre prédication de l'Évangile, à refuser les pensions militaires, à punir ceux qui les acceptent et à payer les frais d'intervention. LaThurgovie serait occupée par les Zuricois en guise de gage (voir art. Kappel, Guerres de). Ainsi serait obtenu le succès de la Réformation dans les bailliages communs, mais le péril autrichien ne serait pas conjuré. A la Diète de Spire, au printemps de 1529, Ferdinand d'Autriche, agissant sur l'instigation de Charles-Quint, avait vivement attaqué les luthériens. Ceux-ci « protestèrent ». Le 22 avril 1529, la Saxe, la Hesse, Nuremberg, Strasbourg et Ulm formèrent une alliance pour la protection de la foi évangélique. Le même jour, Philippe de Hesse invita Zwingli à un colloque religieux avec Luther au sujet de la Sainte- Cène. Une polémique à ce propos s'était ouverte à la fin de 1524. Luther affirmait la présence réelle du corps et du sang du Christ dans le pain et le vin de la Sainte- Cène. Zwingli, par contre, s'en tenait à la conception, depuis lors reconnue juste par la plupart des exégètes du Nouveau Testament que les paroles : « Ceci est mon corps » et « Ceci est mon sang » devaient être interprétées dans un sens symbolique. Zwingli se rendit à Marbourg (du 4 sept, au 19 oct. 1529). A Strasbourg, il eut connaissance des plans d'attaque de l'Autriche contre les protestants suisses et ceux du Sud de l'Allemagne. Ce voyage avait pour lui un caractère essentiellement politique. Il cherche à attirer les villes combourgeoises dans la coalition anti-autrichienne de l'empire : la Hesse, la Saxe, le Wurtemberg, et dans celle qui se formait en Europe, entre la France, le Danemark et Venise. Mais en Suisse, Berne hésitait à cause de sa politique orientée vers l'Ouest ; et dans l'empire, les États demeuraient dans l'expectative en raison de la prochaine Diète d'Augsbourg. La France et Venise étaient provisoirement liées par la paix conclue avec Charles-Quint. L'accord avec Luther échoua. Par égard pour ses partisans suisses, Zwingli ne put accepter la formule transactionnelle et compliquée des théologiens de Strasbourg.
En Suisse, les événements exigeaient une solution rapide. Zwingli travaillait à la Réformation en Suisse orientale en visitant les synodes. Il visait particulièrement à la suppression du couvent de Saint-Gall. En juin 1531, il élabora un plan de transformation de la Confédération. Berne et Zurich devaient prendre la direction politique du pays, les cantons catholiques devaient être exclus du gouvernement des bailliages communs. Les milieux gouvernementaux de Zurich faisant une forte opposition à ces projets, Zwingli donne sa démission le 26 juil. 1531, mais se laisse décider à revenir sur sa décision. Le 11 oct. 1531, il accompagne à Cappel le gros des troupes zuricoises ; « voyant les siens en danger, il se précipita au second rang des combattants et y mourut courageusement ».
e) Les résultats. La Réformation d'essence zwinglienne demeura limitée aux quatre villes de Zurich. Berne, Bâle, Schaffhouse et leurs territoires, à la ville alliée de Saint-Gall, à des parties du Toggenbourg, des Grisons et de Bienne. Cependant par l'accord stipulé dans le Consensus tigurinus au sujet de la Sainte-Cène en 1549, Genève et Calvin, avec tous les territoires réformés par ce dernier, se rallièrent aux principes du protestantisme réformé. L'institution caractéristique de la constitution ecclésiastique de Calvin, le consistoire, conçu comme autorité à la fois laïque et ecclésiastique, qui s'était répandue dans l'Allemagne du Sud, particulièrement à Strasbourg et à Bâle, a son origine dans le tribunal matrimonial de Zurich. C'est ainsi que Zwingli a imprimé au calvinisme un des caractères les plus distinctifs de son développement historique.
Un monument, formé d'un bloc de granit, a été inauguré le 11 oct. 1838 à Cappel, à l'endroit où doit être mort le réformateur. Il porte l'inscription suivante :
HIC UDALRICUS ZWINGLIUS POST SEDECIM A CHRISTO NATO SjECULA LIBERTE ECCLESIiE CHRISTIAN.?: UNA CUM
ZWINGLI
ZWINGLIANA
MARTINO LUTHERO CONDITOR, PRO VERO ET PRO PA- TRIA ETIAM CUM FRATRIBUS FORTITER PUGNANS, IM- MORTALITATIS CERTUS CECIDIT DIE XI M. OCTOBRIS MDXXXI, et DEN LEIB KŒNNEN SIE TŒDTEN, NICHT ABER DIE SEELE : SO SPRACH AN DIESER STiETTE ULRICH ZWINGLI, FUR WAHRHEIT UND DER CHRISTLICHEN KIRCHE FREIHEIT DEN HELDENTOD STERBEND, DEN 11. OKT. 1531.
Bibliographie. E. Egli : Actensammlung. — J. Berchtold-Belart : Das Zwinglibild und die ziircherischen Reformationschroniken. — H. Zwinglis Werke, lre éd. complète, publ. par M. Schiller et J. Schulthess. — H. Zwinglis sàmtliche Werke, publ. avec l'assistance du Zwingliverein par E. Egli, G. Finsler, W. Kohler, 0. Farner, F. Blanke, L. v. Murait. — U. Zwingli, eine Auswahl aus s. Schriften, publ. par G. Finsler, W. Kohler, A. Rùegg. — W. Kohler : Das Buch der Reformation H. Zwinglis. — Johann Stumpf : Chronika vom Leben und Wirken des U. Zwingli, publ. par L. Weisz. — H. Zwinglis Briefe, traduites par O. Farner. — H. Zwingli, Von gôttlicher und menschlicher Gerechtigkeit, publié par L. v. Murait et O. Farner. — G. Finsler : Zwingli-Bibliographie, jusqu'en 1897. — Zwingliana, Mitteilungen z. Geschichte Zwinglis und der Reformation, dès 1897, avec des bibliographies spéciales des cérémonies commémoratives de 1919 et 1931. — R. Stâhelin : H. Zwingli (2 vol.). — A. Baur : Zwinglis Théologie (2 vol.). — Œuvres de W. Kohler : U. Zwingli u. die Reformation in der Schweiz ; Zwingli und Bern ; Das Marburger Religions gespràch. Versuch einer Rekonstruktion ; Das Reiigionsgespràch zu Marburg 1529 ; Zwingli u. Italien ; Die Geisteswelt U. Zwinglis : Christentum und Antike ; Zwingli als Theologe ; Die Ravdglossen Zwinglis zum Rbmerbrief (Festschrifl J. Ficker) ; H. Ztvinglis Bibliothek ; Armenpflege und Wohltàtigkeit z. Z. U. Zwinglis ; Zivingli und Luther, Ihr Streit uni das Abendmahl I ; Zùrcher Ehegericht und Genfer Konsistorium I ; Die neuere Zwingli Forschung dans Theol. Rtmdschau 1932. — U. Zwingli, Zum Gedàchtnis der Zùrcher Reformation 1519-1919. — H. Zwingli, Zum Gedàchtnis seines Todes am 11. X. 1531. — P. Wernle : Der evangelische Glaube. nach den Hauptschriften der Reformatoren. — A. Farner : Die Lehre von Kirche und Staat bei Zwingli. — A. Burckhardt : Das Geistproblem bei H. Zwingli. — O. Farner : Das Zwinglibild Luthers. — A. Waldburger : Zwinglis Reise nach Marburg. — Der falsche und der wahre Zwingli. — L. v. Murait : Zwinglis dogmatisches Sondergut. [L. v. Mubalt.]
Ulrich, fils du réformateur, 1528-1571, magister 1547, pasteur du Grossmùnster 1549, professeur d'hébreu 1556, pasteur à la Predigerkirche 1557. Son fils — Ulrich, 1556-1601, magister 1584, professeur du Nouveau Testament 1601. — ■ LL. — K.
Wirz : Etat. — Avec son fils ANDREAS, qui mourut jeune étudiant, s'éteignit la descendance masculine du réformateur qui, en ligne féminine, a encore de nombreux descendants. — Voir Dùrsteler St. : Nachfahrentafel des Reformalors, continué jusqu'à l'époque actuelle par P. Wehrli. Mns. Bibl. centrale, Zurich. [H. Hess.]
II. Famille d'Elgg, qui y apparaît tout d'abord aussi sous le nom de Schachenmann en 1531. Il est exclu qu'elle descende d'un frère du réformateur. — K. Hauser : Gesch. von Elgg, p. 379. — Stammbaum des Geschlechtes Zwingli, par le pasteur U. Beringer, en possession de Mme Zwingli à Elgg. — Jakob, 20 sept.
1862-30 nov. 1927, co - fondateur de l'association laitière et fromagère du Nord-Est, dont il fut gérant 1911-1926, président 1926 ; député au Grand Conseil 1886-1920. — Zum Andenken an J.
Zwingli. — Winterthurer Volksblatt 1927, n°96. — Landbole 1927, n° 281.
III. Famille de Zurich, éteinte en 1867 né de nombreux ecclésiastiques. Armoiries : parli d'or et de sable à une boucle (Zwinge) de l'un à
l'autre (Wappenbuch D. Meyer). L'ancêtre commun est — Joh.-Heinrich, d'Elgg, 1615-1680, pasteur à Grub (Appenzell) et bourgeois de Zurich 1636, pasteur à Affoltern am Albis 1659. — Johann-Ludwig, 1778- 1848, pasteur à Rickenbach (Zurich) 1804, doyen 1818- 1837. Liste de ses publications dans K. Wirz : Etat. — Barth III, p. 940. — Heinrich, fils du précédent, 1807- 1867, pasteur à Dàttlikon 1836, co-fondateur de l'établissement de Freienstein, géologue, f dernier de la famille. — Kirchenfreund 1867, p. 174. — Voir en général LL. — LLH. — K. Wirz : Etat. — Tabelles généal. de Hofmeister (mns. aux archives de la ville de Zurich). — Dùrsteler St. — Joli. Esslinger : Promptuarium (mns. de la Bibl. centrale). [h. Hess.]
ZWINGLIANA, MUSÉE ZWINGLI , ZWINGLI- VEREIN. Après l'exposition Zwingli, organisée en 1884 par la Bibliothèque de la ville de Zurich, le professeur E. Egli proposa la création d'un musée Zwingli. Mais la Bibliothèque de la ville ne put réaliser ce projet qu'en 1897, lorsque des locaux appropriés devinrent vacants dans le Helmhaus. Sous la présidence de l'antistès D.-G. Finsler, une Association pour le musée Zwingli (Vereinigung fur das Zwinglimuseum in Zurich) fut fondée à Zurich. Elle lança un périodique, Zwingliana, Mitteilungen z. Geschichte Zwinglis u. der Reformation, rédigé par le professeur E. Egli. Le Musée Zwingli comprend des manuscrits, des imprimés, des illustrations, des monnaies et des objets de toute nature, se rapportant à Zwingli. Il a été ouvert le 29 juin 1899 au Helmhaus à Zurich. En 1917, il fut transféré avec la Bibliothèque de la ville dans les nouveaux locaux de la Bibliothèque centrale et subit un nouvel aménagement en 1919. Les rapports annuels du Zwingliverein, publiés dans les Zwingliana donnent des renseignements sur le musée. Depuis 1905, l'Association pour le musée Zwingli porte le nom de Zwingliverein. Il publie ou a publié : les Zwingliana, dont le vol. V a été achevé en 1933 ; les œuvres complètes de Zwingli : Huldreich Zwinglis Sàmtliche Werke ; Quellen zur schweizerische Reformations geschichte I-III, 1901-1906 ; Quellen und Abhandlungen zur. schweizerische Reformationsgesch. I-VII, 1912-1933 ; E. Egli : Schweiz. Reformationsgesch. I, 1910.
Le Zwingliverein a collaboré au grand ouvrage commémoratif de 1919. Il prépare une édition de la correspondance de Bullinger, par les soins de T. Schiess. En 1933, il décida de développer les Zwingliana, et d'y ajouter le nouveau sous-titre : Beitràge zur Gesch. Zwinglis, der Reformation und des schweiz. Protestantis-
Ruines do Zwlng-Uri en 1820. D'après une aquarelle de Xaver Triner.
qui a don-
mus. — H. Escher : Entstehung und Enlwicklung des Zwinglivereins, dans Zwingliana 1933. — Rapports annuels, publiés dans Zwingliana. - - Festgabe des
ZWING-URI
ZWYER VON EVIBACH
Zwinglivereins zum 70. Geburtstag seines Prâsidenten, Hermann Escher, 1927. [Leonhard von Muralt.]
ZWING-URI. D'après la chronique du Livre Blanc. de Sarnen, écrite vers 1470, le château de Zwing-Uri s'élevait, au temps de l'expulsion des baillis, sur la colline en aval d'Amsteg (Uri). Égide Tschudi plaçait ce château à Altdorf ; il aurait été, disait-il, commencé par le bailli Gessler. On montrait là, comme les ruines du Zwing-Uri, les vestiges d'un ancien édifice dans le jardin de la maison de campagne de Waldegg. Ils ne sont plus visibles actuellement. Sur le Flùeli à Amsteg. par contre, existent encore les restes d'une tour mesurant 9 m. 65 de large et 9 m. 25 de profond. A en juger par l'apparence, cette tour n'a jamais été achevée, ce qui explique qu'elle ne soit mentionnée dans aucun document. Peu après 1868, un particulier construisit à cet endroit une auberge et utilisa des pierres de la ruine pour les murs de fondations. Le 26 sept. 1888, Jakob Indergand vendit cette propriété, pour 3400 fr., au peintre Joseph Hoffmann, de Vienne. Celui-ci, après son départ, voulut en faire don à l'empereur Guillaume II, qui le refusa ; il le légua ensuite à la Société des artistes allemands pour en faire une maison de vacances. Afin de prévenir une profanation, Antoine Dufour, de Versoix (Genève), président de l'Automobile-Club de Suisse, fit l'acquisition, en mars 1928, de la ruine de Zwing-Uri pour 6000 fr. Il la remit, avec un fonds de restauration de 4000 fr., en toute propriété, à la Société suisse des ruines et châteaux. Celle-ci fit disparaître la maison moderne d'habitation et l'écurie, et, avec les matériaux ainsi recouvrés, il éleva quelque peu la tour. — Gfr. 1857. — Schweiz. Rundschau 1891. — MAGZ XXI, p. 125. — KSB 1891, p. 271. -- A. Truttmann : W. Tell und die Gollhardstrasse, dans Pàdagog. Blàtter 1900. — Hist. Nbl. Uri 1925. — Arch. S. G. 19. — Das Biirgerhaus in Uri. — Article Waldegg. [E. w.]
ZWIRN, Matthias, de Rôtenbach (Berne), habitant perpétuel de Berne 1643, peintre verrier, cité jusqu'en 1678. — S KL. [h. S'.]
ZWŒLFER (Douzeniers). Après la mise en vigueur de la quatrième, puis de la cinquième lettre jurée à Zurich en 1489 et 1498, les douze corporations furent chacune représentées au Grand Conseil par 12 mandataires appelés Zwôlfer, par opposition au terme à'Achtzehner donné aux 18 députés de la Constaffel (voir art. Achtzehner VOM Rûden). Ces Zwôlfer étaient choisis cl élus chacun par les mandataires de sa corporation au Petit et au Grand Conseils. Le vote fut secret depuis 1627. Les charges étaient à vie et honorifiques. Les corporations subdivisées des forgerons et du Weggen avaient- droit : les forgerons comme les boulangers à 8 députés, les tondeurs et meuniers à 4. Le Grand Conseil élisait pour le Petit Conseil l'un des Zwôlfer de chaque corporation ; il se nommait Zunftratsherf, conseiller corporatif. Cette organisation dura jusqu'à la révolution de 1798. — Simmler-Leu : Von dem Régiment d. Eydgenossenschaft, 1722, p. 457, 461. — D. Wyss : Polit. Handbuch, 1796. — Gesch. der Zunft zur Schmiden in Zurich, p. 62. [H. Sciiulthess.]
ZWŒLFERKRIEG. Voir Villmergen (Guerres