‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 211 sur 213 · POSTFACE · texte numérisé non relu

POSTFACE

Au moment où il travaillait encore au Dictionnaire géographique de la Suisse, l'éditeur Victor Attinger songeait à entreprendre, sitôt cette publication terminée, une nouvelle œuvre identique, mais consacrée au passé de notre pays. Deux collaborateurs au Dictionnaire géographique lui restaient : Henri Brunner, ancien rédacteur de l'édition allemande et Mlle Jeanne Kuiïer, secrétaire à la rédaction. Forts de leurs expériences, tous trois se mirent à l'œuvre dès 1912 et posèrent les premiers jalons de ce qui devait être le Dictionnaire historique et biographique de la Suisse. Mais la guerre survint et avec elle les angoisses, l'incertitude du lendemain, le bouleversement des prix. Toutes les études préliminaires durent être reprises sur de nouvelles bases. Victor Attinger soumit son projet à quelques personnes : Charles Robert, directeur de la Bibliothèque de la Ville de Neuchâtel ; Jean Grellet, président de la Société suisse d'héraldique et M. Marcel Godet, directeur de la Bibliothèque nationale suisse.

En 1917, l'entreprise était suffisamment au point pour qu'on pût songer à en informer le public savant. La Société générale suisse d'histoire, réunie en septembre 1917 à Beromiinster, fut sollicitée d'accorder son patronage au dictionnaire en préparation. Elle y consentit volontiers, convaincue certainement de l'importance de l'œuvre et des services qu'elle était appelée à rendre aux historiens et à tous ceux qui s'intéressent au passé de la Suisse.

Au moment d'arriver à la réalisation de son projet, Victor Attinger comprit que le concours des bibliothèques et des archives de la Confédération, des cantons et des communes lui était indispensable. Il fallait les intéresser d'une façon particulière au bon renom de la publication et les représenter à la tête de celle-ci. Il le fit en désignant, deux co-directeurs : M. Marcel Godet, directeur de la Bibliothèque nationale, et Henri Turler, archiviste de la Confédération. La direction était complétée par deux secrétaires généraux : Jean Grellet et Henri Brunner. Le premier mourut en septembre 1918 et fut remplacé par M. Léon Montandon. Le second, qui était alors bibliothécaire à Winterthour, ne pouvait, du fait de son éloignement de Neuchâtel, jouer un rôle actif dans la publication. Il se contenta d'établir la nomenclature primitive des articles à étudier et à servir de collaborateur-chef pour le canton de Zurich. Ses fonctions de secrétaire de rédaction allemand furent remplies par M. Salomon Wackernagel, de septembre

1918 à fin 1919, puis par Alfred Zesiger, de décembre

1919 à fin 1920, enfin par M. Hans Tribolet, dès janvier

De nombreux collaborateurs s'avéraient indispensables pour la rédaction des articles. Dans tous les canlons, bibliothécaires, archivistes, professeurs, historiens locaux, amateurs éclairés, furent mis à contribution. Bien plus, on fit appel à des spécialistes : préhistoriens, héraldistes, numismates, juristes, historiens de l'art, du droit ou de la littérature, archéologues, etc.

Tandis qu'on demandait aux premiers des articles se rapportant à leur canton : histoire des communes, des familles ou récits des faits locaux, les seconds étaient chargés de notices d'un ordre plus général ou de chapitres à introduire dans les monographies cantonales. Le choix des collaborateurs locaux a été laissé aux soins de collaborateurs-chefs, en général un par canton, qui avaient toute latitude pour l'adjonction ou la suppression des articles à publier.

Un secrétariat de rédaction fut constitué à Neuchâtel. C'est lui qui traitait avec les collaborateurs, recevait les articles, les revisait et les préparait pour l'impression ; il donnait les textes à traduire, les contrôlait et soignait la correction des épreuves. Il avait encore la mission importante de rassembler la documentation nécessaire à l'illustration, vues, portraits, armoiries ou cartes préhistoriques ou historiques.

Le Dictionnaire historique, de même que le Dictionnaire géographique, a paru en deux langues française et allemande. Cette double édition n'a pas été sans soulever de nombreuses difficultés de traduction, notamment dans les articles spéciaux, où les auteurs faisaient emploi de termes dont l'équivalent n'existe pas dans l'autre langue. Mais, cependant, rien n'a été négligé pour donner au Dictionnaire historique le caractère d'une œuvre scientifique et en faire avant tout un instrument de travail pratique. On réclama des auteurs des articles concis, sans développements historiques trop étendus, et limités à l'exposé des faits principaux d'un événement, ou à la succincte biographie de personnages ayant joué un rôle en vue. On ne peut raisonnablement demander à un dictionnaire de consacrer une monographie à chaque commune ni une généalogie à toutes les familles de Suisse. Du reste les articles sont complétés par une bibliographie, souvent abondante, qui permet au lecteur de poursuivre une étude plus approfondie, s'il le désire.

La marche du dictionnaire fut hésitante à ses débuts. Il y eut des tâtonnements, des lenteurs provoquées par des retards apportés à la livraison des articles. Les premiers textes furent remis à l'imprimeur au cours de l'année 1918, mais le tome I ne fut achevé qu'en août 1921. A partir de ce moment, l'allure de la publication devint plus régulière et plus rapide. Les dates ci-après permettront de s'en convaincre :

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