VAUDOIS DU PIÉMONT
VAUDOIS DU PIEMONT
berg, Friedrich Reiser fut instruit des doctrines vaudoises par le Fribourgeois Marmeth. Reiser avait visité vers 1420 la confrérie de Fribourg. Il travailla avec succès à la réunion des Vaudois et des Hussites. En 1434, il fut consacré évèque par un taborite délégué du concile do Bàle. Les frères de Bohème furent les représentants de l'union des Vaudois et des Hussites. En 1479 encore, Félix Hemmerli publia un traité contre les apostats et mentionne des frères à Zurich, en Uri, à Berne et Soleure.
Au moyen âge, les points principaux de la doctrine et de la constitution des Vaudois étaient les suivants : Les pauperes au sens strict, nommés ministri ou apôtres dans Les branches lombarde et allemande, menaient une vie complètement apostolique. Ils pratiquaient la pauvreté et la chasteté, se livraient à la prédication, portaient le vêtement apostolique, robe de laine et sandales. Ils partaient par groupes de deux pour l'exercice de leur apostolat. Ils observaient exactement les préceptes évangéliques, se refusant à tout serment, à tout mensonge, à toute effusion de sang, ainsi qu'à la guerre et à la juridiction criminelle. Les apôtres, auxquels on donna plus tard, en Italie, le nom de Barbets, entendaient des confessions, administraient la pénitence et célébraient la messe. Ils professaient que le pape, les évêques et les prêtres n'avaient pas le pouvoir de rémission des péchés, que les consécrations d'églises et les pèlerinages étaient inutiles, qu'il ne fallait pas adresser des prières aux saints ni à la Vierge. Les seuls jours fériés étaient le dimanche et les jours consacrés aux apôtres. Ils réprouvaient le purgatoire, les messes des morts, l'encens, la sépulture en terre sacrée, la vénération des images saintes. Les prédicateurs itinérants confessaient les adeptes (amici ou credentes) et leur administraient, les sacrements. Ces amis étaient des laïques, attachés à l'église par des liens extérieurs. Par leur attachement à la Bible, leurs traductions des saintes Écritures, leurs méthodes d'enseignement, qui comportaient notamment la connaissance de livres entiers de la Bible qu'ils apprenaient à leurs auditeurs, les Vaudois contribuèrent, quoique d'une façon difficile à préciser, à la préparation de la Réformation.
Celle-ci, lorsqu'elle fut prèchée par Luther, fit naître chez les Vaudois un parti évangélique, qui chercha à nouer des liens avec la Réformation. Le synode des Barbets, siégeant en 1526 dans le val de Laux, envoya deux délégués en Suisse et en Allemagne. Une seconde députation vint en Suisse en 1530. Les Barbets George Morel et Pierre Masson se rendirent à Berne chez Haller, probablement à Neuchâtel chez Farel, à Bàle auprès d'Œcolampade et à Strasbourg. A leur retour, ils pressèrent leurs coreligionnaires d'adhérer à la Réformation. Répondant à leur invitation, Farel, Antoine Saunier et Robert Olivétan se rendirent au synode de Chanforan au val d'Angrogne en sept. 1532. L'assemblée décida d'accepter la doctrine des réformateurs de l'observance zwinglienne et chargea Olivétan de traduire la Bible en français. Un groupe d'opposants voulait maintenir l'ordre ancien et chercha l'appui des frères de Bohème, mais sans succès. Saunier et Olivétan propagèrent dès lors la Réformation au Piémont. En août 1532, Saunier fut arrêté à Angrogne et n'échappa à la peine de mort que grâce à l'intervention de Berne. La guerre de 1536 ayant fait passer le duché de Savoie à la France, celle-ci prit contre les Vaudois les mêmes mesures que contre les Luthériens. En avril 1545, près de 4000 Vaudois furent massacrés à Cabrières et à Mérindol en Provence. Genève accueillit 700 fugitifs et leur procura des terres. Sous l'influence de Farel, de Calvin et de Bèze, les villes protestantes de Suisse intervinrent en 1536, 1545-1546 et 1557 à la cour de France en faveur des Vaudois, généralement sans résultat appréciable. Lors du rétablissement du duché de Savoie à la suite de la paix de Cateau- Cambrésis (1559), le duc Emmanuel-Philibert de Savoie fit avancer, en 1560, une armée contre les Vaudois. La victorieuse résistance des Vaudois leur valut, en juin 1561, la paix de Cavour, qui leur accordait la liberté religieuse dans les vallées de la Luserne, de Saint-Martin et de Perosa. Les municipalités s'y organisèrent sur le modèle de Genève. De nouvelles répressions s'étant pro-
diuies, elles se groupèrent, le 11 nov. 1571, en Union des Vallées, pour la défense commune des droits découlant de la paix de Cavour. Sous le règne de Charles- Emmanuel Ier (1580-1630), les Vaudois furent peu molestés. La lutte suprême, qui dura plusieurs dizaines d'années, commença sous Charles-Emmanuel II. Le 25 janv. 1655, il ordonna, sous menace de la peine de mort et de la confiscation des biens, que les Vaudois ou bien abjurassent leur foi, ou bien se retirassent dans la région délimitée par le traité de Cavour. L'attaque des troupes ducales commença en avril. Les sévices commis dans cette campagne émurent la moitié de l'Europe. Cromwell prépara une intervention ; il recueillit de l'argent en Angleterre et le fit distribuer par les autorités genevoises. Il invita les villes protestantes de Suisse à opérer une intervention armée. En mai, Berne avait député à Turin le major Gabriel Weiss, qui n'obtint aucun résultat. C'est alors que les quatre villes de Zurich, Berne, Bàle et Schaffhouse décidèrent d'envoyer une ambassade commune, composée de Salomon Hirzel, Karl von Bonstetten, Benedikt Socin et Johann- Jakob Stockar. Cette ambassade réussit à obtenir, par le traité de Pignerol, une amnistie pour les soldats vaudois et à assurer aux habitants la liberté religieuse dans le territoire délimité par le traité de Cavour. Mais les représailles n'en continuèrent pas moins. En 1662, les villes protestantes de Suisse firent des représentations au roi de France et au roi d'Angleterre et envoyèrent le colonel Diethelm Holzhalb en députation à Turin. En oct. 1663, une députation composée de Hans- Caspar Hirzel, de Zurich, et de Gabriel Weiss, de Berne, fut envoyée à Turin. Ce ne fut que le 14 févr. 1664 que les villes suisses obtinrent du duc des lettres patentes par lesquelles il accordait une nouvelle amnistie aux Vaudois et leur attribuait les vallées de la Luserne, Saint- Martin, Perosa, San Bartolomeo et Prarostino.
En 1685, Louis XIV révoqua l'Édit de Nantes. Pressé par le roi de France, le duc Victor-Amédée II publia, le 31 janv. 1686, un édit annulant toutes les concessions accordées jusqu'alors. Une nouvelle députation des villes protestantes chercha à apporter, en dépit de l'attitude menaçante de la France, des secours aux Vaudois réduits à la situation la plus précaire. Tous les efforts des députés Johann-Caspar von Murait, de Zurich, et Bernhard von Murait, de Berne n'aboutirent qu'à un édit du 9 avril 1686 autorisant les Vaudois à émigrer en Suisse. Mais comme ils ne voulaient pas partir, on passa aux mesures d'exécution. Ce ne fut qu'après avoir subi une lourde défaite que les gens des vallées se décidèrent à émigrer. Les deux Murait, comme plénipotentiaires des villes protestantes, et Govones comme ministre du duc, conclurent en octobre 1686 à Lucerne, une convention aux termes de laquelle le duc accordait aux Vaudois un sauf-conduit pour la Suisse. En janvier 1687, les premières troupes vaudoises arrivèrent en Suisse, d'autres apparurent les mois suivants. 3300 personnes durent être hébergées dans les cantons protestants. Une partie seulement de ces réfugiés se décidèrent à se rendre au Palatinat et en Wurtemberg. Les Suisses avaient pris l'engagement vis-à-vis du duc que les Vaudois se tiendraient tranquilles. En juin 1687, le bailli bernois de Lausanne put encore empêcher 300 Vaudois d'entreprendre, d'Ouchy, une incursion en Savoie. Un second corps de 600 à 700 hommes fut retenu le 9 juin 1688 à Saint-Maurice et interné à l'île de Saint- Pierre. Mais les internés quittèrent ce lieu et émigrèrent dans le Sud de l'Allemagne. Avec le secours de l'Angleterre et de la Hollande, un nouveau corps fut formé en 1689. Fort de mille hommes, commandés par le prédicateur Henri Arnaud, il passa de Prangins en Savoie dans la nuit du 27 août 1689 et atteignit, après une marche de dix jours, les vallées vaudoises. Mais les Vaudois ne purent conserver le terrain reconquis : Us se retranchèrent au fond de la vallée de Saint-Martin où ils passèrent l'hiver. Au printemps de 1690, lorsque la Savoie se sépara de la France et passa à la coalition antifrançaise, les Vaudois se rallièrent au duc, qui leur accorda une amnistie et les enrôla dans son armée. Cette entreprise porte dans l'histoire le nom de Glorieuse rentrée. Une seconde tentative échoua en septembre 1689.
YAUFFELIN
YAl'LRUZ
Un édit du 23 mai 1694 rétablit dans leurs droits les gens des vallées, mais en 1698, le duc, agissant sous la pression de Louis XIV, obligea plus de 2500 réfugiés français à s'exiler. La plupart trouvèrent accueil en Wurtemberg. Les Vaudois ne reçurent leur pleine et entière reconnaissance que par acte d'émancipation de Charles- Albert, du 17 févr. 1848. Ils formèrent le noyau d'une église protestante vaudoise dans l'Italie régénérée des XIXe et XXe s.
Bibliographie.. H. Bôhmer : 11 aldenser, dans RE XX. — E. Comba : Storia dei Valdesi, 1930. — Bulletin de la Société d'histoire vaudoise. — I. v. Dollinger : Beitrâge zur Sektengesch. des Mittelalters II. — T.-W. Rôhrich : Mitteilungen aus der Gesch. der evangel. Kirche des Elsasses I. — Fetscherin : Beitrag z. Gesch. der Waldenser, dans A V IL — G. -F. Ochsenbein : Aus dem schweiz. Volksleben des 15. Jahrh. Der Inquisition sprozess iridcr die Waldenser zu Freiburg in Ue. im Jahre. 1430. — L. Keller : Die Reformation und die àltern Reformparteien in ihrem Zusammeuliang dargestellt. — J. Jalla : Farel et les Vaudois du. Piémont, dans Guillaume Farel 1489-1565. — J.-C. Môrikofer : Gesch. der evangel. Fluchtlinge in der Schweiz. — A. Pascal : Le iiinhasmu dei cantoni e dei principi protestanti di Svizzera e Germania al Re di Francia in favore dei Valdezi (1536-1559), dans Boll. Stor.-bibliogr. Subalpino XVIII et XIX. — A. Stern : Oliver Cromwell und die evangel. Kantone der Schweiz. — G. Meyer von Knonau : Die evangel. Kantone und die Waldenser in den Jahren 1663 et 1664. — E.-C. Klinkert : Die evangel. Kantone und die Waldenser in den Jahren 1655 und 1685-1686. — E. Blresch : Bern und die Waldenser im Jahre 1686. — IL Arnaud : Hist. de la Glorieuse rentrée des Vaudois dans leurs vallées, 1710. — de Rochos d'Aiglun : Les Vallées vaudoises. élude de topographie et d'histoire militaire, dans Bulletin du bi-centenaire de la Glorieuse rentrée. — Renaudin : Journal de l'Expédition des Vaudois, dans Bull, de la Soc. d'hist. vaudoise, n° 5. — Cramer : La Glorieuse rentrée (ibid. n° 32). — E. Bàhler : Der Freischaarenzug nach Savoyen vom Sept. 1689, dans JSG XLII. — Le même : Kulturbilder aus der Refugiantenzeit in Bern. — Honingen-Huene : Beitrâge zur Gesch. der Beziehungen zwisehen der Schweiz und Holland. — Mme A. de Chambrier : Henri de Mirmand. — H. Vuilleumier : Hist. dt l'Église Réformée du Pays de Vaud III. — M. Viora : Si min délie Leggi sui Valdese di Vittorie Amadeo II (1930, avec bonne bibl.). — A. Piaget : Le capitaine ./.-./. Bourgeois, dans MIV 1926-1928. [L. v. Muralt.]
VAUFFELIN (ail. Fuglistal) (C. Berne, D. Courtelary. V. DGS). Village paroissial. Première mention : 1188. En 1228, Walfelim ; 1311. Vallis volucrum (Vallée des oiseaux) ; 1358, Fuglistal. Bourcard de la Roche avait des possessions à Vauffelin, au XIVe s., de même que le couvent de Saint-Alban à Bàle. En 1405, ce dernier fit un échange avec Bellelay. La Réforme y fut introduite en 1530, e1 jusqu'en 1798, il fit partie de la paroisse d'Orvin. De cette date jusqu'en 1840, Vauffelin fut réuni à la paroisse de Péry et, enfin, en 1840, il forma une paroisse avec Plagne, Frinvilier et Romont. Cette dernière avait été séparée de Perles en 1839. Le 7 août 1791, un orage d'une violence rare causa de gros ravages à Vauffelin, si bien que
le prince-évêq lut faire une nouvelle
répartition de la dîme. Population :
1764, 336 hab. ; 1930, 268. — Voir Trouillat. — A. Daucourt : Dict. VIII.
Une famille noble de ce nom a existé au XI V* s. [G- A.]
VAUGONDRY (C. Vaud, U. Grandson. V. DGS). Vge et Coin., cités dès H5, faisant alors partie de la seigneurie de Grandson. On y voit une maison qui dut être un entrepôt de sel de Salins. Un grand nombre de bourgeois émigrèrent vers 1830-1840 dans le canton de Neuchâtel pour s'y occuper d'horlogerie.— DHV. [M. R.j
VAULION (C. Vaud, D. Orbe. V. DGS). Vge et
Cm. En 1097, In valle Leonis ; vers 1100. Vaïleuni. L'origine du village paraît être due à des serfs du seigneur de Cicon qui vinrent s'y placer à la fin du XIe s. sous la protection du couvent de Romainmôtier. Le seigneur dévasta les terres du couvent. Il en résulta un procès qui fut jugé en 1097. Le sire de Cicon garda le butin pris, mais se désintéressa des serfs, auxquels le prieur de Romainmôtier accorda des avantages spéciaux. Il en obtint ainsi le défrichement de la région voisine de la source du Nozon. Les habitants se groupèrent tout d'abord aux « Chesaux » sous la roche de la chapelle Saint-Julien. Une calamité inconnue les obligea. .iviint le XVe s., à s'installer sur l'emplacement actuel. En 1436, à la demande de 38 communiers, cette chapelle étant tombée en ruines, une nouvelle fut construite au village ; elle fut remplacée en 1606 par un autre édifice, auquel a succédé en 1755 le temple moderne. Le culte y offre cette particularité d'être accompagné. depuis 1744. par sept musiciens, dont trois trompette-, deux grands hautbois et un basson. La population de Vaulion a conservé son caractère agricole ; cependant on y taille aujourd'hui les pierres fines et le commerce a quelque importance. L'histoire de la localité se confond avec celle de la terre de Romainmôtier. La chapelle, filiale de Romainmôtier, est devenue paroissiale en 1735. Registres de baptêmes et de mariages dès 1629, de décès dès 1728. — DHV. [M. B.]
VAULRUZ (C. Fribourg, D. Gruyère. V. DGS). Com. et Vge. Anciennes formes : Vaurû, Vaulrû, Molare de Vaulruz, Val-de-Ruz : en allemand :
Mùhlsteingrube, Thaï bai h. Armoiries :
de gueules à la fasce ondée abaissée d'argent, à trois sapins au naturel mouvant chacun d'un coupeau de sinople posé en pointe. Au XIIIe s., Vaulruz était une petite seigneurie des sires de Billens. Par mariage, elle passa aux seigneurs de Blonay ; en 1302 ou 1303, Louis II de Savoie, baron de Vaud, en fit l'acquisition, mais l'investit à Mermet, coseigneur de Blonay. Vaulruz resta la propriété des barons de Vaud jusqu'en 1359, époque où Catherine, tille de Louis II. vendit ce fief à Amédée VI, comte de Savoie. En 1387, Jacques et Antoine Champion, de Saint-Michel en Maurienne, l'achetèrent pour le prix de 1610 florins d'or. Enfin, en 1538, François Champion vendit au gouvernement de Fribourg. Vaulruz, Sales, Maules et Romanens. Vaulruz tir partie ilu bailliage du même nom jusqu'en 1798. puis
Le château de Vaulruz en 1754. D'après une gravure sur cuivre de D. Herrlibcrger (Bibliothèque Nationale, Berne).
du district de Bulle de 1798 à 18 48. enfin de celui de la Gruyère. Le château, bâti au début du XIVe s. par Louis de Savoie, fut en partie brûlé vers 1387.
VAUMARCUS
L'État de Fribourg le vendit au Dr Ody en 1824; la paroisse L'acquil en 1859 et le château servit de cure jusqu'en L895 : on y installa en 1903 une école ménagère, en 1915 un refuge pour enfants belges et, dès 1919, un
orphelinal | r enfants du pays. Le village a été en
partie incendié en 1561 et en 1820. Il fut érige en padétachée de Riaz, en 1308, grâce à la générosité de Louis de Savoie. Au milieu du XVIe s., les hameaux des Mollettes et des Ponts, détachés de Bulle, furent annexés à la paroisse de Vaulruz. L'église primitive était située à l'Est de l'édifice actuel, qui a été consacre en 1819 : l'horloge provient du couvent de la Valsainte. Il y eut 'les chapelains à Vaulruz de 1437 à la fin du X1X-- s \u heu dit Bellefontaine se trouve la chapelle Saint-Prothais, bâtie à la fin du XVIe s. Dans la forêt de la Verguenaz a été construit en 1880 un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; c'est aujourd'hui un lieu de pèlerinage. Les prémontrés d'Ilumilimont possédèrent à Vaulruz, à partir de 1148 environ, la grange de Mollettes, vaste domaine dont une partie appartient aujourd'hui au collège de Fribourg. — F. Kuenlin : Dict. II. — A. Dellion : Dict. XII. — ASHF IV, IX, XII — MDR XXVII. — A. Magnin : Pèlerinages fribourgeois. — Étr. frib. 1809. — Archives d'État Fribourg. [J- Jordan.]
VAUMARCUS (C. Xeuchâtel, D. Boudry. V. DGS). Com. avec Vernéaz, ancienne seigneurie et château. En 1194, vallis Marguet ; 1228, Valmarcuel ; 1266, Val Marcui ; 1310, Vaulxmarcus = val de Marcold, nom propre germain. Armoiries : d'azur au chevron d'argent chargé de trois roses de gueules et accompagné de trois croisettes d'argent. La seigneurie de Vaumarcus est mentionnée dès le XIIIe s. ; elle était possédée par une famille de ce nom, en fief du seigneur de Neuchâtel. En 1309, Pierre de Vaumarcus vendit sa seigneurie à Bollin de Neuchâtel, pour 300 livres lausannoises. En 1337, le même Rollin reconnut que les châteaux de Vaumarcus et de Boudry étaienl des fiefs de Pierre de Grandson et qu'il lui in prêterait hommage. On ne sait si cette dépendance, qui est signalée pour la première fois, était de date récente ou si elle remontait aux origines de la seigneurie. La dernière des Neuchâtel, Isabelle, inféoda Vaumarcus à Girard, bâtard de son frère Jean, avec tous droits de juridiction, diverses terres à Provence (Vaud) el la seigneurie de Derrière-Moulin près de Gorgier. Celle branche illégitime des comtes de Neuchâtel reçut encore le fief de Travers, Rosières et Noiraigue en 1413 et acquit, en 1433, la seigneurie de Gorgier. Mais ces trois fiefs eurent chacun leur adminis- I ni lion distincte. Lors de l'arrivée de Charles-le-Téméraire à Grandson, Jean II de Neuchâtel- Vaumarcus remit son château au duc de Bourgogne, 1er mars 1476. Le lendemain, les Suisses le reprirent et le brûlèrent. A la suite de cette félonie, Rodolphe de Hochberg, comte de Neuchâtel, se saisit de Vaumarcus, qui ne fut restitué à son seigneur qu'en 1487. Vaumarcus fut érigé en baronnie en 1595. La dernière des Neuchâtel- Vaumarcus, Anne, épousa Ulrich de Bonstetten, lequel devint seigneur de Vaumarcus en 1599. Par Marguerite de Bonstetten, Vaumarcus passa aux Biiren en 1675. Ceux-ci en furent les derniers seigneurs. En 1831, Albert de Biiren vendit ses droits féodaux au prince de Neuchâtel, ne se réservant que le château et quelques terres.
Le château est mentionné pour la première fois en 1285. Un « nouveau » château a été construit auprès du vieux manoir en 1735. Le tout a été vendu en 1888 par les Biiren à des particuliers. Le seigneur de Vaumarcus eut droit de haute, moyenne et basse juridiction, civile et criminelle, jusqu'en 1831. L'année suivante, la seigneurie ayant été vendue, la juridiction fut rattachée à celle de Gorgier.
Le bourg qui s'est constitué au pied du château est mentionné à la fin du XIIIe s. Il était rattaché au spirituel à Concise. Au début du XIXe s. une chapelle existait à Vaumarcus, où le pasteur de Concise venait
VAUTHEY
prêcher tous les quinze jours. Mais en 1812, Alexandre Berl hier décida de rattacher Vaumarcus à la paroisse de Saint- Aubin. La réunion effective eut. lieu en 1820. A la commune de Vaumarcus a été rattaché, en 1888, celle
Le château de Vaumarcus en 1820. D'après un dessin de C. Bourgeois.
de Vernéaz. Population : 1930, 154 hab. Depuis 1915. des <« camps », destinés à offrir à la jeunesse l'occasion de se recueillir au point de vue spirituel, sont organisés chaque été à Vaumarcus, par les Unions chrétiennes de jeunes gens. Actuellement, les installations permettent de recevoir 500 personnes par camp. — Matile. — ■ E. Quartier-la-Tente : Le cant. de Neuchâtel, 2e série. — Art. Gorgier ; Neuchâtel (Comtes de), [l. m.]
VAUMARCUS, de. Famille noble éteinte, qui possédait la seigneurie de Vaumarcus (Neuchâtel) au XIIIe s. Elle avait, en outre, des droits étendus sur les deux rives du lac de Neuchâtel. Armoiries : d'azur au chevron d'argent accompagné de trois croisettes du même. — 1. Pierre, vendit en 1266 au comte de Bourgogne, Jougne, qu'il tenait en fief de lui, en 1282, à Girard, coseigneur d'Estavayer, l'avouerie de Vermondins (Boudry) et de Pontareuse, ainsi que le droit de pêche sur une partie du cours de l'Areuse. — 2. Pierre, fils du n° 1, engagea sa seigneurie au comte de Neuchâtel pour 120 livres en 1306, puis la lui vendit en 1309, pour 300 livres lausannoises. — 3. Othon, fils du n° 2, écuyer 1337, chevalier 1339, fut bailli, soit gouverneur, du comté de Neuchâtel. Dernière mention 1357. — 4. Hemman, petit-fils du n° 3, chevalier de Saint-Jean. t à Sempach 1386. — 5. Louis, frère du n° 4, bourgeois et conseiller de Neuchâtel, reçut de l'évêque de Bâle, en 1423, le fief de Lamboing. Testa 1426. — 6. Jacques, neveu du n° 5, bailli de Cerlier pour Jean de Fribourg- Neuchâtel 1429. f 1470. — 7. Boland ou Rodolphe, fils du n° 6, maire de Bienne 1480. f après 1500, dernier de la famille. Sa fille Isabelle épousa en 1510 Georges de Rive, futur gouverneur de Neuchâtel.
Après la vente de sa seigneurie, la famille s'était fixée au Landeron. — Matile. — E. Quartier-la-Tente: Le C. de Neuchâtel, IIe série. — Notice sur la maison de Vauxmarcus, dans MHN IL [L. M.]
VAUTHEY. Très anciennes familles fribourgeoises du district de laVeveyse, bourgeoises, l'une deChàtel-Saint-