‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 31 sur 213 · VAUDOIS DU PIÉMONT · texte numérisé non relu

VAUDOIS DU PIÉMONT

armes. Les deniers sortis de l'atelier de Nyon étaient au nom du comte de Savoie.

A partir de 1536, l'émission de la monnaie épiscopale prit fin. Le canton de Vaud, constitué en 1803, frappa les espèces suivantes : 40 batz, 20 batz, 10 batz, 5 batz, 1 franc, 2 y2 batz, 1 batz, y2 batz, 1 rapp. En 1825, il adhéra au concordat monétaire conclu avec les cantons de Berne, Bâle, Fribourg, Argovie et Soleure, en vertu duquel furent émises par ces cantons des pièces de 1 et 5 batz. En 1845, une pièce de 1 franc vit le jour ; elle était destinée à commémorer la nouvelle constitution acceptée le 1er août de cette année.

Bibliographie. Engel et Serrure : Traité de numismatique du moyen âge. — A. Morel-Fatio : Histoire monétaire de Lausanne, publ. par fragments dans MDR 34-36 et nouvelle série 1. — M. Besson : L'art barbare dans l'ancien diocèse de Lausanne. — J. Gruaz : Contribution à l'hist. monétaire du Pays de Vaud, dans RHV 1916. — L. Coraggioni : Mûnzgesch. der Schweiz. [L. S.]

VAUD (Vaudo, Vuado), de. Nom de plusieurs familles genevoises. A l'une, qui s'appelle Fournier alias de Vaud et qui est presque toujours mentionnée sous ce dernier nom, appartiennent — 1. Pierre, cordonnier, originaire de VufTlens-le-Château, bourgeois de Genève 1410, syndic 1441, conseiller 1442. f avant 1446. —

2. François, des Cinquante 1474, 1476, 1478, 1484. Fut, entre autres, envoyé à Lucerne pour l'affaire Hans Mùller en 1484 et député en Savoie pour garder les passages en vertu des lettres ducales de prohibition interdisant d'aller aux foires de Lyon (1485-1486). —

3. Girard, frère du précédent, des Cinquante 1459- 1460, du Petit Conseil 1461-1462, 1467, 1472-1473, 1475-1478, 1481, 1484-1486, 1488-1491, 1493-1495, 1498, 1501-1502, 1504-1510 ; syndic 1471, 1474, 1483, 1487, 1492, 1503. Il fut notamment délégué à Fribourg (oct. 1475) pour négocier la paix avec les Suisses, et, en 1477, au sujet de la rançon exigée par les compagnons de la Folle Vie. Il est mentionné dans les RC pour la dernière fois en mai 1510. — RC. — J.-A. Galiffe : Matériaux. — J.-A. Gautier : Hist. de Genève I. — J.-J. Chaponnière et L. Sordet : Les hôpitaux de Genève avant la Réformation, dans MDG III. — Archives d'État Genève. [H. G.]

VAUD (LE) (C. Vaud, D. Nyon. V. DGS). Corn, et Vge. En 1333, Dou Vuauz ; 1458, Luz Vuaud. La commune comprenait autrefois plusieurs villages distincts et la localité actuelle n'a donné son nom à l'ensemble qu'au XVIe s. La localité principale était primitivement Volatard, aujourd'hui complètement abandonnée et dont un plan de 1816 marque encore l'emplacement exact. La tradition veut que le village de Volatard ait été décimé au XVe s. par la sorcellerie et par la peste et que ses habitants se soient retirés au Vaud. Un lieu dit : En la bataille, cité en 1522, pourrait indiquer une autre cause d'abandon. Le nom du village de Volatard est mentionné pour la dernière fois en 1556. Il existait encore, sur ce territoire, le domaine de Molanson, Montlaçon ou Monte Laciano, qui fut donné au couvent de Bonmont en 1145 et devint ainsi le noyau d'une agglomération. La « communauté » de Volatard, Le Vaud et Molanson passa reconnaissance en 1522 en faveur du couvent de Bonmont. L'autorité du monastère avait été contestée précédemment par Amédée de Viry, seigneur de Mont-le- Vieux, qui avait même saisi les bestiaux des laboureurs. Le duc de Savoie, par mandement du 30 mars 1451, ordonna à Viry de se désistîr. L'abbé de Bonmont tenait au Vaud un châtelain, et la cour de justice fonctionna encore sous le régime bernois. Au XVIIe s. le gouvernement, bernois dut venir en aide aux communiers tombés en une grande pauvreté. L'aisance y est maintenant générale. — DHV. — Archives cantonales. [M. R.]

VAUDENET. Famille genevoise originaire de Châtillon-sur-Seine (Bourgogne), admise à la bourgeoisie en 1641 ; elle ne cessa de lutter pour le parti des réformes dînant les troubles de la première moitié du XVIIIe s. Armoiries: un chevron accompagné de trois étoiles, deux en chef, une en pointe (émaux inconnus). — 1. André-Rorert, 1650-1740, entra au service d'Angleterre ; de retour au pays, il eut un procès retentissant

contre le conseiller Pierre Gautier. Son défenseur, Pierre Fatio, obtint l'acquittement (1706). Cette affaire passionna le peuple et provoqua la révolution de ITuT. durant laquelle Vaudenet fut accusé de faire profession de déisme et banni. Ayant fait amende honorable, il fut réintégré. — 2. Rorert, 1693-1743, neveu du n° 1, l'un des chefs du parti micheliste lors des troubles de 1734- 1738. Fut emprisonné en juillet 1737, à la suite d'une lettre publique au comte d'Essex, écrite en termes violents et jugée offensante pour le comte de Marsay, résident anglais en Suisse. Ses partisans manifestèrent et obtinrent sa libération. Cette affaire et celle de ses codétenus provoquèrent une quinzaine de jours plus tard la prise d'armes du 2 août 1737, qui elle-même déclencha la médiation. Vaudenet trouva dès lors un emploi auprès de l'infant Don Philippe, qui avait envahi la Savoie. — L. Sordet : Dict. mns. — Galiffe : Matériaux gén. — Galiffe et Gautier : Armoriai genevois. — A. Corbaz : Pierre Fatio. [A. Cz.]

VAUDERENS (C. Fribourg, D. Glane. V. DGS). Vge et Com. de la paroisse d'Ursy. Au XIIe s., Vualdenens ; 1215, \Toudenens ; 1403, Youderens, c'est-à-dire chez les descendants de Waldan ou de Waldilo, noms propres germains. On a découvert près de la station de Vauderens des vestiges d'une voie romaine. Les familles nobles de Prez et de Maillardoz ont eu des propriétés à Vauderens. Statuts communaux de 1785, de 1824. Population : 1920, 294 hab. — J. Stadelmann : Études de toponymie romande, dans ASHF VII. — H. Jaccard : Essais de toponymie, dans MDR VII. — ASHF IV. 178. — F. Kuenlin : Dict. II. — A. Dellion : Dict. XI. - P. /Ebischer : Notes s m- les routes romaines du canton de Fribourg, dans RHS 1930. [J. N.]

VAUDOIS DU PIÉMONT. Lors de la grande famine de 1176, le marchand lyonnais Valdès, influencé par la parabole du riche, résolut de vivre en état de pauvreté évangélique. Des disciples s'assemblèrent autour de lui. Il se fit prédicateur itinérant, ses compagnons se constituèrent en confrérie des pauvres prédicateurs. Ils se donnèrent le nom de Pauperes spiritu ou Pauperes de Lugduno. Le nom de Vaudois. \'aldesii, leur fut donné par leurs adversaires ecclésiastiques. Le synode de Latran de 1179 leur refusa l'autorisation de prêcher. Comme ils refusèrent de se soumettre, ils s'attirèrent les persécutions de l'Église. En 1185, ils furent excommuniés par l'évêque de Lyon qui les expulsa de son diocèse. C'est alors que les Vaudois s'unirent avec une association d'artisans ascétiques de la Lombardie, les Humiliâtes, qui continuèrent l'idéal des Vaudois sous le nom de Pauperes Lombardi. Au commencement du XIIIe s., au plus tard, on rencontre des adeptes de ces deux mouvements au Nord des Alpes, à Strasbourg, en Bavière et en Autriche. 11 esl | in-,sible qu'ils aient fait, à cette époque, leur apparition en Suisse. En 1211. 80 Vaudois furent brûlés à Strasbourg. Vers ce temps, la branche française et la branche lombarde des Vaudois se séparèrent. Seule cette dernière, établie dans les vallées alpestres du Dauphiné et du Piémont occidental, se développa. Au milieu du XIIIe s., on rencontre en Allemagne de nombreuses traces des Vaudois.

Le chroniqueur bernois Justinger signale la présence d'hérétiques à Schwarzenbourg en 1277, de frères de l'esprit libre à Bremgarten en 1374, sous la conduite de Lôffler. Le mouvement ne devient plus saisissable en Suisse qu'à partir de 1399. Justinger mentionne qu'on rencontre dans les villes et dans les campagnes des gens de tout état vivant dans l'incroyance. C'est à Fribourg que fut intenté le premier procès contre les Vaudois. Ils avaient des adeptes à Berne, Soleure, Bâle et Saint- Gall. En 1429, une partie des mêmes gens furent de nouveau traduits en justice à Fribourg. Les grands procès de Fribourg, en 1430, révèlent leurs conceptions religieuses et leur action. On trouve alors des adeptes à Thoune, Cerlier et dans de nombreux villages fribourgeois. Nombre d'entre eux furent condamnés à de longs emprisonnements, d'autres à la confiscation de leur fortune ou à des amendes. Beaucoup furent obligés de porter une croix fixée à leurs vêlements. En 1437 et 1438, des relaps furent condamnés au bûcher. Certains émigrèrent à Soleure, Neuchàtel et ailleurs. A Nurem-

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