V1ND0NISSA
VINCY (C. Vaud, D. Rolle, Corn. Gilly. V. DGS). Hameau qui lui autrefois le centre d'une seigneurie importante dont le château fut incendié parles Bernois en 1530. La seigneurie de Vincy appartint de 130(3 à 1718 aux MestraJ de Mont ou d'Aruffens, à la suite d'une concession de Louis Ier de Savoie. Elle l'ut acquise en 1718 par les Gaudard, en 1724 par les Vasserot. Ce sont les Vasserot qui ont l'ait construire le chàleau actuel de Vincy, sur l'emplacement d'une ancienne gentilhommière, dite chàleau de Vaux. -- G. de Lessert : Le château et l'ancienne seigneurie de Vincy, 1912. [M, R.]
après la défaite romaine dans la forêl de Teutobourg
(9 après J.-C.) et que cet emplacement remplaça, vers l'an 14 après J.-C. le camp abandonné d'Oberhausen, près d'Augsbourg. Ce fut à Vindonissa qu'incomba dé sormais la mission de veiller sur la frontière dont la ligne s'étendait du Haut- Rhin aux sources du Danube. Il résulte d'inscriptions, particulièremenl d'une belle pierre tombale marquant la sépulture du centurion C. Allius Oriens, que la XIIIe légion, Gemina, fut, la première, chargée de la surveillance de cette partie de la frontière de l'empire. Elle fortifia son camp au rooj en
Plan de Vindonissa en 102;, de
par C. Fols. D'après l'ouvrage de F. Stahelin Di'i Schweiz in rômischer /.cit.
VINDONISSA (actuellement WINDISCH) (C. Argovie). I. Histoire. Vindonissa, nom dérivé du celte vindo blanc, était un oppidum (établissemenl fortifié) des Helvètes, situé sur le prolongement oriental de la tertasse fluviale entre l'Aar et la Reuss. pies de La localité actuelle de Brougg. L'histoire de l'établissement celtique est ignorer. On ne sail pas non plus en quelle année les Humains y établirent un camp militaire. Le prince impérial Tibère doit avoir passé par Vindonissa vers l'an lô avanl J.-C, en se rendant d'AugSl en Rhétie pour y l'aire
campagne. Mais on n'a pas encore découverl d'indices archéologiques permettanl d'établir avec certitude qu'une station militaire d'étape ail existé à celle époque au enn 11 uen I de l'Aar el delà lieuss. La masse des petites trouvailles remonte à la dernière période augustine. Il esl probable que Vindonissa devint le camp d'une légion
d'un rempart de buis el de terre et cantonnait dans de légers baraquements de bois. Une assez grande inscription sur pierre, datant de 21 environ après J.-C, rend vraisemblable l'hypothèse que certaines constructions en pierre existaient à cette époque déjà. A la ^uiie de troubles dans la région du Danube en 'i.~> el 46 après J.-C, la XIIIe légion lui transférée à Pcetovio, en Pannonie. Elle fut remplacée par la XXIe légion, Hapax, une troupe insoumise, recru! ée parmi les peuplades alpe tre ■ i qui s'étail rendue impopulaire dans la région du Bas- Rhin, où elle avait résidé. C'était l'époque où les empe leurs Caligula et Claude fortifiaient les frontières de l'empire. La légion Rapax contribua à ces travaux en construisant en pierres, les remparts, les portes el les bâtiments de son camp I ne partie de ses constructions furent agrandies Des inscriptions des a Mine- 17, 50 el 51
VINDONISSA
VINDONISSA
après J.-C. témoignent de ces travaux, ainsi qu'une quantité de tuiles munies de leurs marques. La légion acquit une triste célébrité par sa cruelle et sanglante répression des Helvètes, qui, en 69 après J.-C, l'année des trois empereurs, avaient pris les armes en faveur de Galba (Tacite, Hist. I, chap. 67, 68). L'empereur Vespasien, favorable aux Helvètes, éloigna enfin la légion de Vindonissa et l'y remplaça par la légion XI (C. P. F = Claudia Pia Fidelis). En 73 et 74, cette légion s'employa activement à la conquête de la Décumanie (Bade et Wurtemberg) ; elle déploya, pour cette raison, moins d'activité dans le domaine de la construction que la XXIe légion. Par contre, il semble qu'à cette époque la population civile attachée au camp ait fortement augmenté. En 79, sous le règne de Titus, elle éleva, ainsi que l'atteste une inscription, un arc en l'honneur de Mars, d'Apollon et de Minerve. La même inscription indique que cette population constituait une municipalité (vicus) et possédait des autorités locales, les curateurs. Des pierres tombales et votives de soldats, d'un adjudant et d'un ingénieur de la XIe légion, témoignent que cet établissement militaire jouissait d'un certain bien-être. Domitien ayant stabilisé la frontière aux agri décumates et Trajan ayant transporté son activité militaire sur la frontière septentrionale de l'empire, du Rhin au Danube, le camp permanent de Vindonissa devenait superflu. En 100 à 101, la XIe légion s'établit dans le camp nouvellement fondé à Brigetio en Pannonie, sans être remplacée par des troupes nouvelles. Outre les légions mentionnées, les cohortes auxiliaires suivantes furent stationnées à Vindonissa : C XXVI (volontaires romains), C III HI (Ibères), C VI et VII R (Rhètes).
De 100 à 260, Vindonissa fut sans garnison. On admettait autrefois que la localité avait perdu toute importance ; récemment, on a trouvé de nombreux indices permettant d'affirmer au contraire que la population civile, restée sur les lieux, s'était établie dans le camp abandonné, et que, tirant parti de la situation favorable de Vindonissa, elle avait, sinon agrandi, du moins conservé le liais dans un certain état de prospérité.
Jusqu'à ces derniers temps, on s'était fait une idée erronée de Vindonissa à l'époque du Bas empire. Une inscription témoigne qu'en l'an 260, une muraille avait été reconstruite par la troupe. Il ne peut s'agir que de l'ancien rempart du camp. En outre, certains puissants fondements de tours d'angle du camp, trop peu explorés, ont le caractère des castels du Bas empire plus que de fortifications d'une époque antérieure. Le profil et les tours polygonales de la porte occidentale sont d'un style tout différent de celui des autres portes du camp et semblent appartenir également aux reconstructions du Bas empire. Cette période ne vit pas reparaître la grande légion du Ier siècle de l'ère chrétienne. La défense des frontières était assurée par des troupes réduites, cantonnées dans de petits castels puissamment fortifiés. Les villes reçurent des garnisons. La frontière, le limes, ayant été enfoncée par les Alémannes, Vindonissa fit partie de la longue chaîne de places fortifiées échelonnées sur le Rhin. La localité formait probablement une agglomération citadine, fortifiée, habitée par des civils et possédant une garnison qui était en liaison avec la légion I Martia, stationnée à Augusta-Raurica.
En 298, l'empereur Constance Chlore battit une armée d'Alémannes près de Vindonissa. Puis une ère de tranquillité s'établit, particulièrement sous Constantinle-Grand (306-337). Sous Valentinien Ier commença la lutte suprême contre les Germains. A cette époque, la fortification de Vindonissa, devenue apparemment trop grande, fut abandonnée ; ses matériaux servirent à construire, à 1,6 km. dans la direction de l'Ouest, sur l'Aar, un petit castel, puissamment fortifié (Altenburg). Après le départ des troupes romaines en 401, Vindonissa conserva une certaine importance. Dans les Notitia Galliarum, la localité est mentionnée comme siège d'un coadjuteur ; au VIe s. encore, Vindonissa fut temporairement le siège de l'évêque d'Aventicum. En 517, au concile d'Épone, un certain Bubulcus, signait en qualité d'episcepus civilatis Vindoninsis ; il en est de même en 541 et 549 d'un Grammatius au concile d'Orléans.
Une insciiption du commencement du moyen âge, murée dans l'église de Windisch, et les ruines romanes de la Tour Noire de Brougg peuvent être des vestiges d'une église assez importante ayant existé à Vindonissa à l'époque carolingienne.
La première mention de trouvailles romaines à Vindonissa est faite par la chronique de Kônigsfelden (vers 1440). Elle rapporte que des pierres singulières, des pavements de style étrange et des monnaies païennes ont été découvertes lors de la construction du couvent de Kônigsfelden, vers 1312. A partir du XIVe s. le couvent utilisa, les canalisations romaines du Birrfeld. En 1489, dans un ouvrage, aujourd'hui perdu, sur les thermes de Baden, H. Gundelfinger décrivit une inscription de Vindonissa (inscription des Vicani de 79 après J.-C). Avec l'apparition de l'humanisme, Vindonissa excita plus d'intérêt. Dans le Stadtbuch de Brougg, le secrétaire de cette ville, Sigmund Fry chercha à reconstituer une image de l'ancienne cité romaine. Tschudi, Stumpf, Wagner, Hagenbuch, etc., étudièrent surtout les inscriptions. Le premier savant qui s'occupa à fond de Vindonissa fut F.-L. Haller, de Kônigsfelden (1755- 1838). Il collectionna des monnaies, fit des observations sur le terrain et se livra à certaines fouilles. Il transcrivit une foule d'observations sur Vindonissa dans ses deux ouvrages, restés manuscrits : Antiquitates Vindonissenses Illustrâtes et Vindonissa antiqua, 1773. Il les reprit plus lard dans son ouvrage Helvetien unter den Romern. Au XIXe s., ce fut surtout l' Antiquarische Gesellschaft de Zurich, qui s'intéresse à Vindonissa. En 1864, dans MAGZ. Ferdinand Keller s'occupa longuement des trouvailles ; en 1897, enfin, Jakob Heierli prit l'initiative de créer V Antiquarische Gesellschaft de Brougg et des environs, qui assuma la tâche d'explorer Vindonissa et prit, en 1906, le nom de société Pro Vindonissa. Sous son premier président, Samuel Heuberger, elle fit preuve d'une activité archéologique des plus féconde-. C'est à elle qu'on est redevable de toutes les connaissances topographiques acquises sur Vindonissa. A côté de Heuberger, ceux qui ont rendu des services particuliers sont Theodor Éckinger, fondateur de la société et conservateur du Musée Vindonissa, à Brougg, Léopold Frôlich et Konrad Fels.
II. Topographie, a) La situation de Vindonissa. La région de Vindonissa est située au conlluent de l'Aar. de la Heuss et de la Limmat. Les anciennes routes venant des cols grisons à l'Est, du Gothard et du cœur des Alpes au Sud, du lac Léman (Grand Saint-Bernard et route du Rhône) à l'Ouest, suivaient ces cours d'eau pour se diriger au Nord, sur le Rhin et le Danube par la vallée de la Wutach. Vindonissa ne se trouvait pas sur la grande artère transversale du Rhône au Rhin (Raurica), mais formait le centre naturel du trafic du Rhin au Danube, des provinces germaniques aux provinces rhétiques : elle conserva cette position aussi longtemps que les agri décumates ne furent pas occupés. En choisissant cet emplacement pour le cantonnement d'une légion, on a probablement voulu créer à la fois un poste d'observation de la Rhétie, peu sûre, et une base d'opérations contre la Germanie. Derrière la chaîne du Jura, protégé au Nord et à l'Est par deux fleuves, à l'entrée du passage qui permettait de faire de rapides incursions dans la région de la rive droite du Rhin, l'emplacement était admirablement choisi. L'éperon qui s'allonge au confluent de l'Aar et de la Reuss, coulant au bas de pentes rapides, constituait la position typique des lieux fortifiés des Celtes. On y a découvert un puissant fossé, antérieur aux Romains, large de 20 mètres et profond de 6. Les Romains s'installèrent à l'Ouest de cet emplacement sur un terrain plat, la Breite actuelle. A l'extrémité orientale de l'éperon, à 25 m. en contre-bas, se trouve actuellement, entre les deux fleuves, un terrain avancé, long de 1100 m., mais qui devait être considérablement plus petit il y a 2000 ans. Il était cependant assez grand pour former une tête de pont. C'est l'emplacement occupé par la population civile gallo-romaine. Les avancées de la chaîne de collines bordant le Sud du Plateau. dans la direction d'Oberburg, constituaient également un emplacement favorable pour l'habitat humain : il fut surtout occupé, semble-t-il, pendant la dernière