VIND0N1SSA
Objets trouvés a Vindonissa. : 1. Sandale de bois avec clou et trous pour les cordons. — 2. Cuiller de bois. — 3. Tablette à e en bois portant des traces d écriture. — 4 Bouchon de bois. —5. Boucle de ceinture en bronze. — 6. Stylet en fer servant
écrire
à écrire. - 7. Aiguille en fer prendre un liquide goutte à goutte, en fer. — 15. Poignard en fer. — SC l:.;j'.iix de fer (forcer,) — 2\ cuiller d'os.
„. stylet en fer servant
b. Hache en ter. — 9. (xarniture en bronze d'un étui de hache en cuir. — 10 Baguette pour
— 11. l'ointe de javelot en fer. — 12. Couteau à manche d'os. - 13. lié en os. — 14. Percoil
16. Chaîne de 1er. — 17. Pince de dentiste, en fer. — 18. Ciseau de fer. — 19. Lime de fer. —
Compas de 1er.— 22. Scie.— 2.S. Spatule de bronze. — 24. Truelle à poignée de bois. —25. Petite
VINDONISSA
VINDONISSA
époque romaine et au commencement du moyen
b) Le camp des légionnaires à la Breile. Il occupait une surface de 2000 pieds romains de long (592 m.), direction Ouest-Est, et de 1500 de large, direction Nord Sud. Du Nord au Sud, ce camp était partagé par une route, la Via principalis, tandis qu'une autre route, traversant le camp dans sa plus grande longueur, s'infléchissait vers le Sud. Le contour du camp, déterminé par les conditions du terrain, forme un heptagone irrégulier, de 22,17 hectares. A l'Ouest, et au Sud, ainsi qu'à l'Est, il est bordé d'un double fossé. Le fossé extérieur est profond de li pieds, large de 16 pieds, l'intérieur, profond de 7 pieds, large de 32. Le rempart se composait primitivement de deux palissades de bois, distantes de 3 m., dont l'intervalle était rempli de terre et portait un chemin de ronde. Plus tard, cette enceinte fut remplacée par deux murs parallèles, dont l'intervalle était également rempli de terre. On obtint ainsi une muraille de 3 m. d'épaisseur, faisant partie du camp construit en pierre à l'époque de Claude. Des tours s'élevaient de distance en distance, soit encastrées dans le mur. soit <n retrait. On n'a déterminé jusqu'ici qu'une petite tour carrée, avec passage pour eau, sur le front Sud et une tour de dimensions plus vastes, en retrait du mur, dans l'angle Sud-Ouest. La Bûhlturm, avec poterne, sur le Iront Est, appartient certainement à la dernière période de l'empire; il en est probablement de même de la puissante tour du Nord-Ouest, qui n'a pas encore été complètement explorée.
Des quatre portes que comportait un camp romain, i rois ont été retrouvées à Vindonissa. La porte du Nord (Porta principalis sinistra) et la porte du Sud (Porta principalis île rira ) étaient, flanquées de louis. La porte il ii Mord, de beaucoup la plus simple, était située direc- I ement sur les falaises de l'Aar ; elle n'avait donc aucune importance stratégique. La porte du Sud, par contre, servait aux communications du camp avec le pays. L'entrée principale était flanquée de deux passages pour les piétons. Comme les seuils des portes latérales sont de 90 cm. plus bas que la chaussée passant par l'entrée centrale, il faut en inférer que la Via principalis a été surélevée au cours du l,r siècle. Cette hypothèse est confirmée par des investigations faites sur cette route. De grands trous quadrangulaires dans les murs de la porte Sud et de la porte Nord prouvent que des portes de bois ont précédé les portes de pierre. Les tours protégeant les portes de bois étaienl soutenues par huit puissantes poutres d'angle. La porte occidentale, marquant l'extrémité de la roule Est-Ouest (via decumana) , était toute différente. Deux tours circulaires à la, base, de 7,7 m. de diamètre, flanquaient un corps central en forme de niche comportant Irois passages, bordés, à l'intérieur du camp, de murs de 5 m. de long. L'édifice, large de 28,4 m. ou 100 pieds environ, se trouve dans une position étrangement anormale, ce qui provient de l'entrecroisement, à angle obtus, du front Ouest et de la via decumana. La partie supérieure des deux tours était polygonale. Bien qu'on se soii rendu compte depuis longtemps que cette porte appartenait à une ville plutôt qu'à un camp, on croyail pouvoir inférer de la construction en forme de niche de sa partie centrale, qu'elle était fort ancienne, ce qui semblail confirmé par une des inscriptions de l'époque de Claude, datant de l'année 50-51. Mais les tours polygonales, placées à l'angle du corps central avec lequel elles n'étaient cependanl pas contiguës, sont d'un style postérieur. A moins de découvertes nouvelles, établissant que Vindonissa lut entourée de murailles au IIe s., ainsi que le l'ut probablement Augst, la tour Ouest devrait être attribuée à la nouvelle fortification du camp en 260 après J.-C, attestée par les inscriptions. La porte orientale n'a pas encore été découverte.
On ne connaît encore que peu de choses de la répartition du camp et de ses bâtiments. La l 'in principalis, reliant la porte Nord à la porte Sud, avait autrefois un lusse d'évacuation d'eau, couvert en bois ; il fut remplacé plus tard, de chaque côté de la route, par un canal maçonné, contigu à un portique pour les piétons. La largeur de cette route, passant par-dessus les canaux, était
de 5,9 m. ou de 20 pieds. Elle était bordée, à l'Est, de boutiques quadrangulaires, alignée- contre le portique, à l'Ouest de quelques-uns des principaux bâtiments du camp. La route de la porte Ouest n' i pas encore été suffisamment explorée, mais il semble qu'elle ait été également bordée d'un portique et de boutiques. On a retrouvé des traces des routes secondaires du camp.
Les renseignements sur les casernes sont encore insuflisants. Ce devaient être des baraques allongées, construites sur un plan uniforme. De chaque côté d'une cour étroite s'alignaient 12 dortoirs, dans lesquels 96 hommes étaient répartis (1 contubernium = 8 hommes). A chaque extrémité de la cour se trouvait le logement des sous-officiers, plus grand que celui des soldats. Ainsi chaque moitié de caserne logeait une centurie de 100 hommes, chaque caserne un manipule de 200 hommes. Trois casernes manipulaires contenaient une cohorte de 600 hommes, 10 cohortes constituant l'effectif d'une légion, soit 6000 hommes. Il doit donc avoir eu à Vindonissa, 30 casernes manipulaires, sans compter celles pour les auxiliaires et les cavaliers. On ne connaît encore que des vestiges de quelques casernes au Nord du camp, où elles devaient être construites sur deux rangées ; on a aussi retrouvé quelques traces de casernes dans la partie orientale et à l'Ouest du prétoire.
Du prétoire, bâtiment de l'administration centrale, situé sur la Via principalis, il reste les traces des pièi carrées situées au Sud et ouvrant sur la route de la porte de l'Ouest, un mur avec portique sur la rue, donnant sur l'Est, et une cour centrale, dont le milieu est occupé par un petit bâtiment isolé, en forme de temple.
Un seul édifice du camp a été complètement exploré : les thermes, construits au .Nord du prétoire et alignés, eux aussi, sur la Via principalis. Occupant un carré de 44 à 70 m. de côté, ils contenaient tous les aménagements faisant partie d'un établissement de bains luxueux de l'époque impériale. Les côtés des thermes étaient occupés par des étuves et de longs vestiaires. par les appareils de chauffage avec quatre foyers, puis plu- lard, sur la façade méridionale, par un vaste portique, véritable basilique à 16 groupes de colonnes disposées par quatre. L'intérieur était richement décoré de mosaïques à motifs géométriques, de peintures murales, de bosselages. Les pavements et les murs des bains chauds étaient chauffés par des hypocaustes. Ces thermes furent construits par la XXIe légion, à l'époque de Claude ou de Néron : la XIe légion les agrandit et les transforma partiellement à l'époque lia vienne. Vers 150 après J.-C. déjà, la partie Ouest fut détruite par la population civile qui en réduisit la partie orientale en un petit établissement balnéaire, d'un profil tout différent.
A l'extérieur du camp, au Xord-Ouest de la porte du Nord, on a découvert en 1904, une colline de détritus amoncelés provenant de la voirie du camp et dont le sol a la propriété de conserver dans leur état naturel les objets qui y sont enfouis. I l'esl ainsi qu'on a retrout é des débris végétaux, des objets en bois, en cuir, des pores d'habillement. Les objets en métal se sont excellemment conservés. Cet le colline est devenue un précieux réservoir pour le musée de Brougg et donne une image complète de la vie quotidienne des légionnaires, leur façon de se vêtir, leur nourriture, leurs outils, leur armement, leurs jeux, leur instruction, leur religion Elle ne contient que des objets du 1er siècle. Les puissantes poutres et les madriers enfouis dans ces déblais sont les restes des échafaudages du haut desquels les charriots versaienl leurs chargements.
e) Constructions à l'extérieur du camp. Le plus bel édi lice de \ indonissa était l'amphithéâtre. Il fut découvert en 1897 par Otto Hauser, qui exécutait des touilles de sa propre initiative : acheté pour 22 000 fr. par la Confédération en 1898, il fui complètement mis au joui i I soigneusemeiii entretenu. Il forme une ellipse bien proportionnée de 1 12 sur 98 m. de diamètre. L'espace réser vé aux spectateurs, large de 20 m., était ménage entre les ileux murs extérieurs. <in accédai! à l'arène par, l'Ouest et par l'Est, le portail principal de l'entrée dû public s'ouvrant du côté -Nord. 12 petites cages d'esca-
VINDONISSA
VINDONJSSA
lier, construites sur la périphérie, donnaient accès aux gradins supérieurs. La surface de l'édifice était de
.Vil Ml m., ce qui donnait place à 10 000 spectateurs en-
I lirai ri', construit par la
\ ii'im. Primitivement . ce XIIIe légion, était en bois :
\ ers ">ii après J.-C, il l'ut incendié ; d'importantes massés de décombres ont ('•té trouvées dans la pari ie Nord ; il fut reconstruit en pierre et en bois par la XXIe légion. Il doit avoir été utilisé jusque vers la fin de l'époque romaine.
Entre l'amphithéâtre et le camp s'étendait un grand forum de 122 m. sur 138, donnant accès, au Nord et au Sud, à do nombreuses loges qui étaient évidemment des boutiques. Il semble que le côté .Nord du forum était fermé par une basilique.
Cette vaste place de marché témoigne de l'importance du trafic commercial dont la garnison était, le centre et qui s'effectuait entre les habitants des deux rives du Rhin. Il est fort probable que le nom de Forum Tiberii, transmis par Ptolémée, se rapportait à Yindonissa. On suppose avec vraisemblance que Forum Tiberii était la désignation officielle du commencement de l'époque romaine et Vindonissa le nom originaire, qui l'emporta assez rapidement sur l'autre.
Sur la pente qui est à l'Orient du camp, bordant la route menant d'Unterwindisch à la Reuss, on a découvert deux petits sanctuaires de forme à peu près carrée. Le plus grand mesurait 3,5 m. sur 4 et contenait deux pierres d'autel avec inscriptions votives à Apollon et aux nymphes, invoquées comme divinités de la santé et des eaux. La dédicace à Apollon provient du légal impérial L. Munatius Gallus et date de la fin du Ier s. La forme de ce petit temple est celle des sanctuaires gaulois. Il fut incendié et hâtivement reconstruit vers 100 après J.-C, puis définitivement détruit après l'an 340 de notre ère. Ces conslrurl unis permet tenl de supposer qu'une partie de Vindonissa s'étendait jusqu'à Unterwmdisch et que des citoyens romains y cohabitaienl avec des indigènes romanisés.
A l'Ouest du camp, sur la plaine s'étendant vers Brougg, on trouve surtout des vestiges d'établissements techniques, fours à chaux et à briques, réservoirs, restes de maisons d'habitation et d'auberges. C'est là que devaient exister les Canabee, l'agglomération îles négociants et des artisans. Les voies de communication éi aient bordées de tombeaux, ce qui a facilité les recherches. Quatre routes partaient de Vindonissa : celle du Nord-Ouest, partant de la pointe de l'Aar près de Brougg et se dirigeant sur Augusta par le Bôtzberg (bordée de tombes particulièrement nombreuses) ; celle du Sud-Ouest, longeant l'Aar jusqu'à Aventicum ; celle du Sud se dirigeant par la coupure de Hausen vers le Birrfeld dans la direction de Lucerne ; celle de l'Est, qui passait la Reuss au Gehling, près de Turgi, où elle bifurquait, une branche allanl au Nord", vers Tenedo (Zurzach), l'autre se portant du côté de l'Est, vers Aquae (Baden) e1 Turicum (Zurich). Les dernières tombes (sur le Gehling) sont à 2,5 km. du camp. La plupart des tombes primitives bordant ces routes contenaient des corps incinérés ; de la dernière période romaine, on trouve, dans le quartier d'Oberburg, des tombes conte nant des squelel tes.
Vindonissa tirail son eau potable du Birrfeld, qui for-
wiRS vu — 10
mait un vaste réservoir naturel. Actuellement encore, une canalisation souterraine, soigneusement maçonnée. qui part du pied oriental du Wiilpelsberg, amène l'eau dans un réservoir près d'Oberburg, d'où elle était ré-
La porte Ouest de Vindonissa. D'après une photographie.
partie au camp et au village. Tous lés 70 m. environ. des bouches étaient pratiquées dans la canalisation. Aujourd'hui encore, le débit de l'eau est de 16 à 18 litres à la seconde. Cette conduite fut redécouverte et remise en état vers 1310, lors de la construction du couvent de Kônigsfelden. Depuis quelques années, l'eau n'est plus consommée, mais utilisée seulement pour l'alimentation de quelques étangs. Une seconde canalisation, dont la source se trouvait plus au Sud et qui était construite plus soigneusement encore, est aujourd'hui ensablée. Elle esl probablement plus ancienne que l'autre et date sans doute du Ier siècle.
Aux alentours immédiats de Vindonissa, c'est à Altenburg qu'on a fait les trouvailles romaines les plus importantes. Actuellement encore, quelques maisons rustiques de ce petit village sont adossées aux murailles puissantes, liantes de 7,5 m. par place, d'un castel en forme de cloche de la dernière époque romaine. Le mur d'enceinte, épais de 3 m., était muni de tours extérieures massives, de forme semi-circulaire ; il était percé de deux portes. Près de la porte Ouest, on a retrouvé récemment les vestiges de deux tours de flanquemenl semi-circulaires. Ferdinand Keller mentionne une grande tour carrée à l'angle Nord-Est. Ce qui en restait a disparu en 1891, lors de l'établissement d'un canal pour l'usine électrique de Brougg. Une dépression du terrain devant le mur atteste que du côté de la leur. le castel était protégé par un large fossé. A Altenburg. on a découvert de nombreuses inscriptions du I soit dans les ruines des murs, soit encore en place. C'esl une caractéristique des castels de la fin de la période romaine. Les murs de l'ouvrage fortifié d'Altenburg lurent construits avec les meilleurs matériaux provenant des décombres de Vindonissa. Parmi ces matériaux de seconde main, on a découvert une inscription de l'an 260, relative à la reconst ruction d'un mur, ce qui permet de dater de l'ère valenl iiueune la construction du castel d'Altenburg.
D'autres emplacements sont connus par les trouvailles romaines qui y oui été faites, mais leur exploration méthodique reste à l'aire. Ce sont Srhindcllegi (aujourd'hui « in der Wildi »)i au-dessus d'Altenburg, sur l'Aar.
Se mbre 1932
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