VISITANDINES
Placido Visconti (n° 1 1.
D'après un portrait ;> L'huile.
enfant de carnation (vai iantes). — 1. Placido, t à Curio L823, mathématicien, dessinateur et architecte. Il partil en 1784 pour la Russie, travailla pour Catherine II el pour Paul I. construisit différents édifices à Gatschina et à Paulosk ; le pont du parc impérial de Paulosk porte son nom. Il construisit les casernes d'Ingerburg en 1797 et rentra au pays en Î800. — 2. Santino, dit aussi Pietro-Santo, * vers 1752; f 1819 à Curio. Architecte en Russie de 1784 à 1800, il fit, entre autres, les plans de la villa impériale de Paulosk, jouit de la faveur de Catherine II et de Paul I, qui le fit capitaine et conseiller. — 3. Davide, fils du n»l, * 1768 à Curio, t 1838 à Saint - Petersbourg, architecte, souche de la branche russe. En 17*7. il travailla à la construction du palais de Peterhof, construisil en 1825 l'église catholique Saint-Stanislas ; chevalier de Saint -Anne 1818, de Saint- WJadimir 1827, attaché, comme architecte, au ministère des affaires étrangères 1828. Conseiller impérial et naturalisé russe 1833, anobli 1834. -- 4.
Carlo-Domknico, fils du n» 1, 1775 - 16 oct. 1852 à Curio. Architecte, se rendit avec son père en Russie et collabora aux constructions de Gatschina et des casernes d'Ingerburg ; il travailla longtemps dans les parcs- et jardins impériaux. En 1816, il revint à Curio et y fonda une école de dessin. Député au Grand Conseil 1827-1834.
— 5. Giovanni-Antonio, fils du n° 2, * 1782, f 1875 à Curio ; maître-constructeur, reconstruisit les fortifications d'Alexandrie (Italie) et construisit des roules h des ponts à Acqui. — 5 bis. Alessandro, fils du nc 3,
* ."> déc. 1810 à Saint-Pétersbourg, entra au service de la Chambre des finances et du ministère des affaires étrangères de Russie. Conseiller de cour el commandeur de l'ordre de Sainte-Anne. — 6. Placido, * 1827, t 1900 à Curio, fils du n° 4, architecte, travailla à la construction de plusieurs chemins de fer en Suisse et à l'étranger. Professeur pendant vingt ans à l'école de dessin de < lurio. — 7. Alessandro, fils du n° 5Ms, * 4 mai 1839 à Saint- Pétersbourg. t 1888. Officier russe, lit la campagne du Caucase 1857-1859, colonel 1879, général 1887. Commandeur de l'ordre de Sainte- Anne. — 8. Eugenio, fils du n°7,
* 1865. à Saint-Pétersbourg, chef de sect ion a u mini -t ère des affaires étrangères, courrier du cabinet à Berlin, Vienne, Home, Paris et Londres. — 9. Giovanni, ingénieur, petit-fils du n° 5, t 1903, fit les premiers projets du funiculaire de la Madonna del Sasso à Locarno et les projets des usines hydro-électriques de Grindelwald. — SKI.. — AliS 1914, 1919, 1925. — G. -P. Corti : Famiglie patrizie del C. Tieino. — A. Oldelli : Dizionario. — G. Bianchi : Artisti ticinesi. — Benois-Simona : Lugano un semenzaio d'artisti. — BStor. 1885, 1909. — P. Schàfer : Dos Sottocenere im Mittelalter. — Alm. ticin. 1927. — G. Merzario : / Maestri comacini. — P. Vegezzi : Esposizione storica [G. Trezzini.]
VISETTI. Famille éteinte de Menilrisio. donl les armoiries sont : à un lion ; au chef rétréci chargé de quatre étoiles rangées en fasce ; à la Champagne rétrécie chargée de trois étoiles rangées en fasce (sceau de 1816: ('•maux inconnus). Suivant E. Torriani, les Visetti étaient originaires du Val Solda (Italie) ; ils étaient à Mendrisio déjà dans la première moitié du XVIIe s. — 1. Pietro, cité en 1639, est le premier de la famille mentionné à Mendrisio. — 2. Prospero, t en octobre 1715, fut reçu dans la bourgeoisie de Mendrisio en 1702.
— 3. Giuseppe, fils du n" 2. 24 févr. 1674 - 15 janv. 1749, lieutenant baillival 1721-1737 et fiscal du bailliage de Mendrisio 1737-1743. — 4. Antonio, de Mendrisio, t 1757 à Gênes, où il habitait ordinairement. Prêtre, prédicateur de renom en Italie : fut député en 1745 par la
république de Gênes auprès de l'impératrice Marie- Thérèse. — 5. Alessandro, fils du n° 2. I 1 avr. 1675 - 29 juin 1749 à Mendrisio ; prêtre, Dr theol., curé de Sant'Antonio à Côme 1705 ; prévôt de Mendrisio de 1706-1747. — 6. Prospero, fils du n» 3, 6 juin 1713 - 21 janv. 1772 ; fiscal du bailliage de Mendrisio 1754, fut un des députés pour signer la convention avec l'État de Milan pour le règlement des frontières du bailliage. — 7. Giovanni - Ottaviano, fiscal de Mendrisio 1772- 1781. — 8. Lodovico Visetti-Gorini, de Mendrisio. t à Lugano 31 oct. 1824, capitaine au régiment Salis au service de France, chevalier de la Légion d'honneur. Il fit des legs importants aux hôpitaux de Lugano et de Mendrisio. — 9. Alessandro, petit-fils du n° 6, * à Mendrisio 13 mai 1788, t à une époque et dans un lieu inconnus. Député au Grand Conseil en L830. Avec lui s'éteignit la famille des Visetti. — AHS 1914. — S. Borrani : Tieino Sat ro. — A. Oldelli : Dizion. — E. Torriani :Storia eccli s ih Mendrisio. —P. Vegezzi : Esposiz. stoi . — A. Baroffio : Storia. — BStor. 1915. 1932. — AS I. — ASHR. [i . l
VISITANDINES. Ordre de femmes fondé par saint François de Sales, évêque de Genève e1 sainte Jeanni de Chantai. Ces deux saints établirent, en 1610, à Annecy, une congrégation de femmes qui visitaient les pauvres et les malades el leur apportaient des secours spirituels et corporels ; ces premières religieuses ne faisaient que des vœux simples et n'observaient que la demi-clôture. En 1618 déjà, un bref de Paul V érigea la Visitation en un ordre religieux qui adopta la règle de saint Augustin. Saint François de Sales rédigea de plus, pour ses religieuses, des Constitutions qui furent approuvées par le pape en 1626. A leur premier but. La visite des pauvres et des mal. nies, les visitandines substituèrent la prière, la récitation de l'office el l'< ducation de la jeunesse féminine; elles firent des vœux solennels et introduisirent la clôture.
L'ordre se développa rapidement en Savoie et en France. A la mort de sainl François i 1622). il comptait déjà treize couvents; à la mort de sainte Jeanni (1641), 87. De France, il se répandit en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Espagne, en Amérique et en Asie. Au XVIIIe s., qui marque l'apogée de son développement, la Visitation avait environ 200 maisons : 92 furent sécularisées par la Révolution. Au début du XXe s., on comptait 164 couvents et 7000 visitandines. Les monastères sont indépendants les uns des autres
et l'ordre n'a pas de supérieure générale ; chaqui
vent est soumis à l'autorité de l'évêque du diocèse, qui lui choisit un aumônier. Les visitandines portent un costume de laine noire avec une guimpe blanche et unicroix d'argent sur la poitrine.
La Suisse a deux couvents de visitandines, l'un à Fribourg, l'autre à Soleure : tous deux sont des fondations des religieuses de Besançon. En lti:c>. comme on craignait de voir la Franche-Comté dévastée par la guerre, onze visitandines quittèrent leur couvent de Besançon, sur l'ordre de l'archevêque Ferdinand de Retz, et vinrent se réfugier à Fribourg ; elles obtinrent du gouvernement le droit de résider à Fribourg tant que durerait la guerre, mais non d'y fonder un établissement. En 1651 seulement, les visitandines, qui avaient fait de nombreuses recrues dans la jeunessi patricienne de la ville, obtinrent l'autorisation d'érigei un couvent à Fribourg. Elles achetèrent la maison d'Affry où elles entrèrent le l'r mais 1653. Elles commencèrent immédiatement à bâtir leur église d'après les plans de l'édile Jean-François Reyff. Le 16 juillet 1656, le sanctuaire, dédié au Saint-Esprit, était consacré par Mgr Knab. En 1726. la supérieure Catherine-Cécile de Diesbach fit construire un nouveau bâtiment pour y loger le pensionnat de jeunes filles. A deux reprises, en 1798 et en 1848, le gouvernement fribourgeois interdit la réception de nouvelles novices et décida la suppression de la communauté par extinction ; ces mesures furent rapportées en 1804 et en 1859. De Fribourg. les visitandines de Franche-Comté tentèrent un établissement à Bulle et à Gruyères. Une communauté séjourna dans cette dernière localité de 1638 à 1651, se rendit ensuite à Thonon et à Annecy, puis fonda un nouveau couvent à Langres, en 1653.
YISPERTKRMINEN
VITICULTURK
En 1644, Il religieuses quittèrent Fribourg pour aller s'établir à Soleure où les appelait Mme de Caumartin, la femme de L'ambassadeur du roi de France. Cet établissement fut le premier de l'ordre en pays de langue allemande. Le 22 mars 1646, les visitandines de Soleure posaient la première pierre de leur église. En 1672 déjà, elles durent abandonner cette première résidence et se construire un nouveau couvent. Elles y entrèrent le 22 juin 1070, mais leur église ne fut terminée qu'en 1693. Depuis quelques années, les visitandines de Soleure, comme celles de Fribourg, ont renoncé à renseignement et fermé leur pensionnat de jeunes filles, qui ei.ui florissant. — Max Heimbucher : Die Orden und Kongregationen der Katholischen Kirche II (qui donne toute la bibliographie générale). — E.-F. von Mùlineu : Helvetia Sacra II. — Fuchs-Raemy : Chronique fribourgeoise — F. Kuenlin : Dicl. I, 316. — Konrad Schlàpfer : Freiburger Kirchen aus der Mille des 17. Jahrhunderts, dans ASA 1908. — J. Gremaud : Les visitandines de Gruyères. — Kir. frib. 1809. — FA 19G9. /./. XVIII. — J.-U. Burkhardt : Bas Kloster Mariée, Heimsuchung zu Soîothurn, dans St. Ursenl:aleniler 1889. [J. N.]
VISPERTERMINEN (C. Valais, D. Viège. X.DGS). Gom. e1 paroisse. \u XIIe s., villa Teiiinituiis. plus tard aussi Terbinen. Divers objets de l'âge du fer y onl été trouvés. Armoiries : de sinople au globe impérial d'argent, accompagné en chef de quatre besants du même posés en fasce. Ils rappellent les quai re anciennes communes qui fusionnèrent au XVIIe s. : Ob dem grossen Stcin, Niederhàusern, Staldner Grund (?) et Bonwiler (?) avec Sattel. Visperterminen, soumis au XIIe s. a la dîme du chapitre de Sion, appartenait au quartier extérieur ou grand quartier du dizain de Viège ; il fut représenté au landrat en 1335 et défendit en 1360 ses droits de forêt et de pâturage contre Viège. Les habitants de Nanzertermi se rattachent depuis le XIIIe s. à la paroisse de Nateis. Ils élevèrent en 1256 une église à saint Théodule qui, selon accord du 5 sept. 1265, fut une annexe de Viège. La, paroisse devint autonome en 1715. L'église actuelle est de 1835. Le rectorat Sainte- Catherine, existant dès 1656, fut transformé en 1783 en un vicariat. Registres de baptêmes et de décès dès 1787, de mariages dès 1763. La chapelle de pèlerinage de la Visitation de Marie, fondée en 1652, se rattache à la paroisse ; elle fut reconstruite entre 1730 et 1740, partiellement détruite par le tremblement de terre de I7."iti. puis complètement en 1855. Les chapelles des stations, du commencement du XVIIIe s., contiennent de riches sculptures grandeur naturelle de l'artiste uranais Niederberger. Population : 1798, 450 hab. ; 1930, 750. — L. Wyss (?) : Die Mundart von Visperterm i n m,. — A. Stebler : Ob den Heidenreben. — P. J. Studer : Noten... zu einer Statistik der Gem. und Pfarrei Visperterminen, mus. aux Arch. d'État Valais. — Gremaud I. [L. Mr.]
VISSAULA (originairement Fitzaula.) Nom d'une famille bourgeoise de Morat, probablement d'origine irlandaise. L'ancêtre — Etienne, s'est établi au milieu du XVIe s. avec son fils Pierre à Montilier; les deux ont été admis à la bourgeoisie de Morat en 1589. Les Vissaula ont joué un rôle important dans l'administration de la ville ainsi que dans les métiers et dans le commerce. La famille est éteinte à Morat depuis 1921.
Wmoiries : écartelé, aux I et 4, d'argent au lion de gueules, couronné d'or, lampassé et armé du même ; aux 2 et 3, de gueules à une rose d'argent, boutonnée d'or. — 1. Pierre, bourgmestre de Morat 1635-1638. -- 2.
Gi mi. m me, fils du n° 1, s'est distingué, comme capitaine de cavalerie, au service de l'empereur. Anobli en 1637 par Ehrenl'ridt. comte d'Orl enburg', qui l'autorisa à changer son nom en ab \ula ou von Aula, faveur dont les
Vissaula restés au pays n'ont pas fait usage. — 3. Jean-David, 1709-1803, grellier du tribunal, notaire, géomètre, lieutenant baillival pendant environ cinquante ans. — 4. Jean-Abraham, t 1823, a joué un rôle important pendant la Révolution e1 la Médiation. Il était receveur d'État, président du Conseil de ville et pendant plusieurs années, président du tribunal de district. — 5. Charles, député au Grand Conseil 1847, conseiller d'Etat 1870, conseiller national 1872- 1875. t 1875. — J.-F.-L. Engelhard : Der Stadt Murten Chronik. — A. d'Amman : Lettres d'armoiries et de
noblesse concédées à des fa mi Iles [ribouri/eoises, d; in-
AHS 1921. — E.-F. von Mûlinen : Prodromus, p. 181.
— Jaquel : Souvenirs d'un Gruyérien IV, 49. [R. Merz.] VISSCHER VON GAASBECK, GUSTAV-ADOLF,
* 1859 à Java, architecte, à Bâle depuis 1895, directe'ui de la société de construction bàloise. Œuvres principales : la maison du Safran à la Gerberstrasse et la maison Wieland-Jahn au Lindenweg. f 1911. — 2. Richard, frère du n° 1. 1855-1929, dessinateur-architecte : travaux dans Basler Bauten des 18. Jahrh., auteur d'une monographie : Dos Zscheckenburlinzimmer in <ler Kartauszu Basel. — SKL. [C. Ro
VISSOYE, VISSOIE (C. Valais, D. Sierre. V. DGS). (loin, et Vge, qui fut donné en 1052 à l'église de Sion par l'évèque Aymon de Maurienne-Savoie. Il revint en 1193, par échange, à l'évêché, lequel l'inféoda à une famille qui prit le nom d'Anniviers, puis à ses héritiers par alliance, une branche des Rarogne. L'église el le château des vidomnes à Vissoye, firent de ce village le centre de la vie religieuse et civile de la vallée au XIIIe s. Au décès d'Hildebrand de Rarogne l'évèque Walter Supersaxo reprit Anniviers et plaça à Vissoye un châtelain (1466). En 1541 , la vallée obtint de pouvoir nommer cet officier. Au moyen âge, Vissoye formait un quartier de la communauté de la vallée. Depuis 1904, il constitue une commune autonome. L'église de Vissoye, connue dès le XIIe s., desservait primitivement la vallée entière. S'en détachèrent successivement Saint- Luc et Chandolin en 1802, puis Ayer. La première église, avec la chapelle Saint-Jacques, servit au culte jusque vers 1700 ; la deuxième eut son clocher brûlé en 1784. L'édifice actuel date de 1808. La tour, appelée château, brûla en 1879. — Gremaud. — Barth. Rameau : Châteaux valaisans. -- Léo Meyer : Die Sprachen von Eifisch. — Erasme Zufferey : Hist d'Anniviers. [Ta.]
VITAL (Vidal, Widal). Famille de la Basse-Engadine ((irisons), probablement originaire du Vintschgau, bourgeoise de Schuls depuis le XIVe s., plus lard aussi de Sent et Fetan : elle compte plusieurs ecclésiastiques
— 1. Andréa. * 11 sept. 1855, avocat à Fetan, député au Grand Conseil 1889, président 1892, conseiller d'Étal 1894-1903, député au Conseil national 1899-1919. Il contribua dans une grande mesure, comme président de la Sorietail retoromantscha, au réveil dp la langue romanche. — 2. Edgar, fils du n° 1, * 1882, artiste peintre à Fetan. — BM 1917. — DSC. — SKL. — [J.-R. T.] - 3. Ulrich, cousin du n° 1. Dr med. à Sent, t 1874. D'après lui est nommée la source principale des sources arséniques du val Sinestra. — 4. Fritz, fils du n° 3,
* à Sent en 1874, Dr jur. 1914, 3e puis 2e secrétaire du département fédéral de l'Intérieur, dès 1922 secrétaire de ce département. Auteur de divers mémoires SUI la culture des art s. [11. T.]
VITANI. Famille guelfe de CÔme, qui joua un rôle important dans l'histoire de cette république et dans la lutte contre les Rusca, dès les premières années du XIIIe s. En 1239-1249. les Vitani établirent un contri gouvernement à Memlnsio. en opposition à celui des lins a à (aime. En 1403-1 404, avec l'aide des Confédé rés, ils réussirent a chasser momentanément FranchinO Rusca de Lugano. qui reprit cependant le pouvoir à Côme en 1408. — P. Schâfer : Dos Sottt cenere im Vlittelalter. — C. Campiche : Dit Communalverfassung von Como. <■. Vittani : /// S. Eusebio, Côme 1925. — C. i ,i ni ii : Storia di Como. [C. T.]
VITICULTURE ET VIGNE EN SUISSE. La vigne est apparue en Suisse à une époque inconnue, mais certainement ires ancienne : on admet généralement que la création des premiers petits vignobles en