BONAPARTE
fit rappeler les ouvriers autrichiens en Suisse et, cette mesure n'ayant pas suffi, invita Bombelles à rompre les relations diplomatiques. Berne, devenu canton Vorort en 1835, profita de l'avènement au trône de l'empereur Ferdinand, le 31 mars, pour présenter des excuses à Vienne. Les relations furent reprises et Bombelles présenta de nouvelles lettres de créance, mais au lieu de les remettre personnellement, comme c'était l'usage, il les fit parvenir par la poste. Bombelles resta à son poste auprès de la Confédération jusqu'au 5 mai 1843 et mourut le 7 juillet suivant. — Voir AS II. — Dierauer V. — Correspondance d'Autriche, t. 2129, 2130, 2131 (aux Arch. fédérales). [A. R.]
BOMBINASCO (C. Tessin, D.Lugano, Com. Curio. V. DGS). Hameau situé entre les territoires d'Astano, Bedigliora et Sessa. Sa propriété fut l'objet de longues discussions entre Curio et Bedigliora ; en 1850, il fut attribué définitivement à Curio. La chapelle a été bâtie vers 1670 ; la chapellenie date de 1691. — Mas-poli : La pieve d'Agno. — Tamburini-Galli : Guida del Malcantone. [C. T.]
BOMER, Maria-Dominika, 1795-1854, avant-dernière prieure de Katharinental, élue le 17 nov. 1836. Elle fonda un établissement pour jeunes filles abandonnées. — v. Mùlinen : Helvetia sacra II, 179. — KKZ 1854, p. 350. [Sch.]
BON. Nom de plusieurs familles autochtones de la région de Genève. Celle qui a donné le plus de magistrats était bourgeoise dès la fin du XVe s. — Etienne, du Conseil des Deux-Cents 1535-1544, de celui des Soixante 1536. Son fils — Louis, du Conseil des Deux-Cents 1552, conseiller 1557, syndic 1561, trésorier 1563-1565, date de sa mort. — Etienne, son fils, du Conseil des Deux-Cents 1580. — Voir Archives de Genève : Galiffe mns. [C. R.]
BON, Girolamo, secrétaire de la République de Venise, résident auprès de la Confédération suisse du 8 octobre 1644 au 23 mai 1648. Il obtint des III Ligues grisonnes et des cantons primitifs l'ouverture de leurs passages et conclut le 19 avril 1648 une capitulation avec Zurich et Berne pour la levée d'un régiment. — Voir ses 299 Dépêches en copie aux Archives fédérales. — Cérésole : Venise et les Suisses. [A. R.]
BONAC, BONNAC, Jean-Louis d'Usson, marquis de, militaire et diplomate français, * 1673, t 1er septembre 1738, fut accrédité par Louis XV comme envoyé extraordinaire le 30 septembre 1727 auprès de la Confédération suisse et rappelé le 2 avril 1737 ; il proposa le renouvellement de l'alliance avec l'ensemble des cantons suisses, mais les pourparlers se rompirent. — • Voir AS I. — LL. [A. R.]
BONADUZ (C. Grisons, Cercle Rhâziins, D. Imboden. V. DGS). Vge et paroisse. Le castellum beneduces est mentionné dès 960 et 976. Le village forma à l'origine une communauté avec Rhâziins, puis s'en détacha et défendit son territoire durant des siècles dans une série de démêlés ; il devint commune politique autonome en 1529. Le sceau et les armoiries portent l'image de sainte Anne, patronne du lieu. Bonaduz dépendait de la seigneurie de Rhâziins. La famille seigneuriale s'étant éteinte en 1459 avec Georg, les droits passèrent aux comtes von Zollern et en 1497
par échange à la maison d'Autriche, qui inféoda la seigneurie avec Bonaduz surtout aux Travers et aux Planta. Le congrès de Vienne l'attribua aux Grisons en compen- JW% WHV^SiWW sation de la .Valteline ; le transfert n'eut lieu en fait qu'en 1819. La construction de la route inférieure (Bernardin et Spliigen) en 1818 provoqua un mouvement de transit important qui disparut en 1882 à l'ouverture duGothard pour reprendre après l'éta-
Sceau de Bonaduz.
blissement de la route de Versam à Uanz en 1881. L'ancien chemin de l'Oberland franchissait les hauteurs de Bonaduz pour atteindre Sculms et Versam ; la commune bâtit en 1853 le célèbre pont dominant de 80 mètres la gorge de la Rabiusa ; il s'effondra faute d'entretien et fut remplacé par un autre en bois. L'ouverture de la ligne Reichenau-Ilanz en 1902 isola de nouveau Bonaduz de la circulation. Au XVIIIe s. existait au village une imprimerie ambulante, propriété d'Anton Moron.
Sur un promontoire rocheux, au bord du Rhin antérieur, se dressent les ruines du château de Wackenau qui commandait le passage du Rhin sur la route de Hohentrins à Rhâziins.
Fief autrichien, Bonaduz resta catholique. Il ne se sépara qu'en 1773 de l'église-mère de Rhâziins et utilisa d'abord la chapelle de Saint-Georges, sur le Rhin antérieur, réputée la plus ancienne église et la première colonisation de la région. Celle de Notre-Dame, dans le village, avec un autel dédié à sainte Anne, est plus récente. Une chapelle fut bâtie en 1773 à Saint- Magnus sur le bord Nord de la terrasse.
Un incendie détruisit presque tout le village le 11 juillet 1908 : 83 maisons et étables. Une souscription nationale réunit la somme de 426 000 fr. qui permit la reconstruction immédiate. Registres de naissances dès 1738, de mariages dès 1782, de décès dès 1783. — Voir : Regesten von Bonaduz. — Mohr : Codex dipl. I, niis 56 et 65, II, n° 76. — P.-C. Planta : Die currâtischen Herrschaften, p. 417. — K.-A. Bieler : Die Herrschaft Rhâziins. [K. A. Bieler.]
BONALINO, BONALINI. Famille bourgeoise de Roveredo en Misox.Le landammann THADDEUS(Thado) joua un certain rôle dans le pays au commencement du XVIIe s. Il commanda une compagnie aux ordres du major Ruinelli en Valteline en 1525 et 1526 contre les Espagnols. — F. Sprecher : Gesch. der bundnerischen Kriege und Unruhen I, p. 253 et 523. — Rott : Inventaire III. [L. J.]
BONAPARTE EN SUISSE (LES). 1. NAPOLÉON Bonaparte, 1769-1821, passa en Suisse à deux reprises : en 1797, du 21 au 24 novembre, venant d'Italie, il traversa Genève, Lausanne, Morat, Berne, Soleure et Bâle pour se rendre à Rastadt ; et en mai 1800, étant Premier Consul, à la tête de l'armée de réserve, il passa par Genève, Lausanne, Saint-Maurice et franchit le Saint- Bernard pour descendre en Lombardie. — Voir Art. Napoléon Ier. — 2. Joséphine, 1763-1814, femme de Napoléon, séjourna quelque temps après son divorce, en 1810, à Sécheron près Genève, d'où elle entreprit des excursions dans le canton de Vaud, à Neuchâtel, sur les bords du lac de Bienne, à Hofwil, Berne, Thoune, Interlaken ; elle acheta le château de Prégny, où elle séjourna aussi en 1812. — 3. Marie-Louise, 1791-1847, 2e femme de Napoléon. Du 2 au 7 mai 1814 traversa la Suisse avec son fils, le roi de Rome, et une suite de 70 personnes, par Bâle, Schaffhouse et Zurich pour se rendre à Vienne. La même année, se rendant à Aix-Ies- Bains, elle traversa notre pays à l'aller et au retour ; en 1829, elle séjourna encore quelques semaines à Genève.
— 4. Joseph, ex-roi d'Espagne, 1768-1844, vint en Suisse en 1814 sous le nom de Comte de Survilliers, acheta le château de Prangins, qu'il abandonna ainsi que notre pays, lors du retour de son frère de l'île d'Elbe.
— 5. Louis, ex-roi de Hollande, 1778-1846, arriva sur le territoire suisse sous le nom de comte de Saint-Leu, en avril 1814, et séjourna jusqu'à la fin de l'année à Soleure. — 6. Jérôme, ex-roi de Westphalie, 1784-1860, séjourna en 1814 à Lausanne et à Berne; il fit un second séjour en 1835 à Lausanne où sa femme mourut. — 7. Hortense de Beauharnais, femme de Louis, 1783- 1837 ; expulsée de France après Waterloo, elle se rendit à Sécheron ; expulsée aussi, elle traversa la Suisse pour se rendre à Constance. En 1816, elle fit une cure de lait à Gais où un Appenzellois la demanda >en mariage. En 1817, elle acheta le château d'Arenenberg où elle vécut dès lors presque constamment jusqu'à sa mort. — Voir art. Arenenberg et Beauharnais. — 8. Louis-Napoléon, 1808-1873, vint en Suisse en 1815 avec sa mère, la reine Hortense, et fut élevé à Arenenberg. Voir Art.
BONAKD
BONELI
Napoléon III. — Voir B. von Mulinen-Garowsky : Bonapartes Reise durch die Schweiz irn Nov. 1797 dans AHVB 3. — Karl Mùller: Die letzten Tage des alten Bern.
— ASHR. — AS II. — Budé : Les Bonaparte en Suisse.
— Meyer : Die fruhern Besitzer von Arenenberg. [A. H.l BONARD. Famille bourgeoise de Romainmôtier
1432, de Groy 1638, de La Praz 1680, établi»; au Lien au XVIIIe s. Une branche se fixa à Cossonay vers 1770 où son nom s'orthographia Bonnard, puis au début du XIXe s. à Lausanne. — 1. Emile, 1832-1900, colonel, député au Grand Conseil, fondateur des Entrepôts de Lausanne. — 2. Aknold, journaliste, * 30 avril L860 à Croy, instituteur 1870-1889, rédacteur du Nouvelliste vaudois 1889-1914, collaborateur de la Patrie Suisse dès 1893, créateur en 1894 de l'Agence télégraphique de Lausanne. — 3. Arthur, 1874-1915, professeur de minéralogie et de pétrographie à l'Université de Lausanne; — Voir aussi Bonnard. [A. B. et M. R.] BOIMCOURT (ail. Bubendorf) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Coin, et paroisse.
Anciennes formes, BononisCuria 1140, Boouncor 1147, Boncurt 1173, Bmigort 1187 ; Boncorl 1229 ; Buobendorf 1303 ; Bubendorf f 1305. Le Crêt Châtillon serait, d'après Quiquerez, remplacement d'un ancien camp romain pouvant contenir une légion entière.
Ce poste commandait la voie qui reliait Lyon au Rhin ; il n'est pas éloigné de la tour deMilandre, construite sur une spécula romaine. Boncourt est mentionné pour la première fois en 1140 ; à cette date, l'archevêque de Besançon donne l'église de Boncourt à sa métropole. En 1331, le chevalier Henri de Délie tenait du duc d'Autriche un domaine à Boncourt. C'est à peu près de cette époque que date la situation singulière de la localité qui appartint pendant plusieurs siècles à la principauté de Porrentruy et à la seigneurie de Délie. L'enchevêtrement des droits des deux seigneuries à Boncourt provoqua à plusieurs reprises des contestations et des mésintelligences entre les sujets de l'évêque de Bâle et ceux de l'Autriche, dont les communaux, les places, les forêts, les chemins, l'église et le cimetière étaient indivis. Cette situation compliquée ne prit fin qu'en 1780 (voir carte de l'Ajoie, t. I, p. 136). Par la convention du 20 juin entre la France, qui détenait la seigneurie de Délie depuis le traité de Westphalie, et l'évêque de Bâle, ce dernier obtint entre autres la partie française du village de Boncourt L'église, dédiée aux saints Pierre et Paul, releva de Besançon jusqu'en 1779 ; c'était le chanoine de la métropole, prébendier de Grammont, qui nommait à cette cure dans les mois qui n'étaient pas réservés au pape. L'édifice, reconstruit en 1920-1921, a une tour du XIIe-XIIIe s., malheureusement abîmée lors de la reconstruction, et un chœur gothique, de la même époque probablement. Elle contient de superbes sculptures en chêne exécutées par Jean-Pierre Breton (1674- 1751) et ses frères, Henri-Joseph, Jean-Jacques et Jacques-Michel. En 1792, Rengguer tint à Boncourt une assemblée populaire où il fit signer une déclaration prononçant la déchéance du prince-évêque J.-S. de Roggenbach. Boncourt possède une des plus importantes fabriques de tabac de la Suisse, fondée en 1814 par F.-J. Burrus. Population : 1764, 311 hab. ; 1818, 454 ; 1850, 647 ; 1880, 847 ; 1910, 1026 ; 1920, 1120. Registres de naissances^ dès 1595, de mariages dès 1673, de décès dès 1660. — Voir Trouillat. — - Quiquerez : Topographie d'une partie du Jura oriental. — Vautrey : Notices I. — Daucourt : Dictionnaire I. — L. Herbelin : La principauté de Porrentruy et la seigneurie de Délie à Boncourt de 1283 à 1780. [G. A.]
BONCOURT-ASUEL (NOBLES DE). La famille de ce nom fut, aux XIVe et XVe s., vassale de celle d'Asuel. Armoiries : de gueules à deux haches d'armes d'argent, en sautoir. — Valnerus, chevalier, cité en 1173. — Bergherus en 1175. — Perrin-Vadrel en 1310. — A partir de 1345, la généalogie des Boncourt - Asuel a pu être établie d'une manière certaine (Trouillat, IV). — Janisetus ou Pouceat en est le fondateur,
1345-f vers 1391. Son fils — Jean, dit bâtard d'Asuel, écuyer 1379-1400, fut châtelain de Porrentruy et résida au château d'Asuel, ce qui lui valut le surnom d'Asuel. C'est sous le surnom de Boncourt, dit d'Asuel, que cette famille est désignée dans les actes jusqu'au XVIIe s. — Le dernier du nom, Philibert, entré au service de l'Espagne, fut tué au siège d'Ostende en 1603. — Voir Trouillal . — Vautrey : Notices I. [G. A.]
BONDELI, von (BUIMDELI , PUNTELI) . Vieille famille de la ville de Berne, originaire de Port près de Xidau, reçue à la bourgeoisie probablement en 1534 avec Erhard, membre du Grand Conseil de 1542 à 1557. Armoiries : coupé d'argeni à une croix ancrée d'azur et d'azur à un poisson d'argeni (bondelle). Jusqu'en 1798 les Bondelli siégèrent sans interruption au Grand Conseil et dix d'entre eux revêtirent la charge de bailli. —
1. Samuel, du Grand Conseil 1651, bailli de Wangen 1662, du Petit Conseil 1672, bailli de Lausanne 1680. —
2. Simeon, fils du n° 1, 1658-1734, entra au service de l'Électeur de Brandebourg, puis de la Prusse, fut député auprès des cantons évangéliques 1688, de la Savoie 1691, au Congrès de Ryswyk 1696, en Angleterre 1699, dans les Pays-Bas 1701 ; du Grand Conseil de Berne 1701, directeur du Stift 1717. Il fut anobli le 17 avril 1703, avec ses frères Gabriel, Emmanuel et Johann- Erhard, par Frédéric I, roi de Prusse. — 3. Emmanuel, frère du n° 2, 1660-17 34, professeur de philosophie à Berne 1684, du Grand Conseil 1691, entra au service de l'Électeur de Brandebourg 1697, bailli d'Aubonne 1701, d'Échallens 1720, du Conseil secret 1733. Il est la souche de la branche actuellement vivante ; en 1708, il acquit la seigneurie de Chàtelard près de Clarens. — 4. Susanne-J/z/i'e, * 1731, f 8 août 1778, petitefille du n° 2. Élève de Samuel Henzi et du pasteur J.-J. Gruner de Berthoud, elle fut une des femmes les plus connues et les plus instruites de l'Europe au XVIIIe s. A Berne elle était le centre de la vie littéraire et entretint des relations et une correspondance avec les écrivains, les artistes, les hommes d'État et les philosophes les plus en vue de l'Europe. Elle fut une admiratrice de Rousseau et prit un grand intérêt à la Nouvelle Héloïse. Wieland, qui vint à Berne en 1759 en qualité de précepteur, fut un de ses adorateurs. Son journal et sa correspondance présentent un grand intérêt, mais elle n'a jamais rien publié. — Voir J.-J. Scuâdelin : Susanna Julie B. — E. von Mùnch : Margarithen I. — BT I, 1853, 201 (avec bibliographie). — Une autre famille patricienne, de même nom et de même origine, fut reçue à la bourgeoisie de Berne en 1591 et s'éteignit au milieu du XIXe s. Elle adonné plusieurs pasteurs et membre? du Grand Conseil. — Voir LL. — LLH. — Mûlinen : Beitràge VI, 450. — AGS II. [P. de Steiger.]
BONDO (C. Grisons, Cercle Bregaglia, D. Maloja. V. DGS). Com. et Vge. Première mention : 1429. L'histoire du village est celle de la vallée. La communauté du Bregaglia commença à se subdiviser au XVe s. et les villages formèrent des communes politiques. En 1545, l'arbitrage de Joli. Travers donna à Bondo le droit d'être entendu au sujet des affaires des Grisons et de la Valteline. En 1556, le village acquit d'Ob- et Unter-Porta tous les biens de l'église Santa-Maria in Castromuro. Un jugement du tribunal d'Ob-Fontana-Merla, de 1593, détermina la frontière sur la Bernina entre Bondo et Poschiavo. En 1630, à la suite de la contribution imposée par Serbelloni, Bondo dut hypothéquer ses alpages de la Bernina au chevalier Baptiste Salis-Soglio ; elle les recouvra en 1645. Un réfugié de Vérone, Guido Lonca, iulroduisit la Réforme le 15 août 1549. Le baron von Castelmuro acquit en 1839 les ruines de l'église, qu'il restaura et légua plus tard avec les biens afférents au cercle de Bregaglia. Registres de naissances dès 1663, de mariages dès 1675, de décès dès 1709. — Voir Regestes communaux de Bondo. — Lechner : Das Bergell. — Comba : Visita ai Grigioni riformati itaiiani. — A. Gay : La Riforma nelle vallate italiane del Grigione. [T. Semadeni.]
BONDU. Famille payernoise citée en 1499, éteinte vers 1690. Elle a fourni plusieurs membres des Conseils, deux bannerets et l'avoyer Jean, 1628-1639. [B.]
BONELI, Johannes, venu probablement de la val-