BONER
BONHOMINI
lée d'Aoste, il fut membre du clergé de Sion le 14 août 1301, curé de Savièse 1302, de Nendaz 1305, chanoine de Sion du 5 février 1308 au 15 janvier 1333, officiai de l'évêque de 1307 au 9 mars 1323. — Voir Gremaud. — Archives de Valère. [D. I.]
BONER. Famille éteinte de la ville de Berne, mentionnée de 1294 à 1529 ; plusieurs de ses membres ont fait partie du Grand Conseil. — Ulrich, 1324-1349, moine et prédicateur à Berne, rédigea avant 1340 un recueil de fables intitulé Der Edelstein et dédié au chevalier et trouvère Johann von Ringgenberg. Il contient 100 fables, imitées en partie du latin, et fut imprimé en 1461 à Bamberg comme un des premiers ouvrages allemands Lessing a consacré une étude approfondie à une nouvelle édition publiée par Breitinger en 1757. — Voir LL. — SBB I. — AHVB II, III, IV. — ADB. — Bâchtold : Gesch. der deutschen Lit. in der Schweiz. — F. Balsiger : Boners Sprache... Diss. Bern. [P. de St.]
BON ET. Famille de médecins originaire de Vantou en Dauphiné. — 1. André, f 1639, docteur en médecine, fils de Pierre, chirurgien du duc de Savoie, reçu bourgeois de Genève gratuitement le 30 décembre 1617. Du Conseil des Deux-Cents 1618, du Conseil des Cinquante 1627. — 2. Jean, 1615-1688, fils aîné du n° 1, reçu docteur en médecine à 19 ans. Du Conseil des Deux-Cents et de celui des Cinquante en 1637. Senebier lui attribue à tort le Traité de la circulation des esprits animaux, qui est
l'ouvrage d'un homonyme français. — 3.
Théophile, fils du n° 1, 1620-1689, s'établit à Neuchâtel comme médecin du Prince. Il chercha à introduire dans cette ville une réglementation de l'art de guérir et s'attira la haine de certains personnages. Il quitta Neuchâtel à cause de cela et revint à Genève où il pratiqua pendant 27 ans, puis devint sourd. Il se voua dès lors à la littérature médicale. Entre 1670 et 1689, il publia 16 volumes, et des traductions.
Dans le plus célèbre de ses ouvrages, le Sepulchretum, Bonet fait, le premier, une esquisse d'ensemble de l'anatomie pathologique. — 4. Jacques-André, petit-fils du n° 2, docteur en médecine et avocat, eut maille à partir avec ses collègues à cause de ses dettes ; la protection que lui accorda le Petit Conseil dans cette lutte qui dura de 1743 à 1746, occasionna la dissolution du corps des médecins par eux-mêmes. — 5. Frédéric, fils du n° 3, * 1652, du Conseil des Deux-Cents 1688, conseiller de l'électeur de Brandebourg et son résident en Angleterre. — 6. Louis-Frédéric, frère du n° 5, docteur en droit, 1670-1761, du Conseil des Deux-Cents 1702, conseiller 1721, syndic 1732, résident de Prusse 1761.
Il fut anobli par le roi de Prusse en 1723. — 7. Frédéric-Guillaume, fils du n° 6, du Conseil des Deux- Cents 1758, conseiller 1769, syndic 1771. Armoiries : d'argent au sautoir d'azur accompagné en chef d'une tête d'aigle de sable, becquée d'or et languée de gueules, en pointe d'une serre de sable onglée d'or, à dextre et à senestre de deux demivols de sable, celui de dextre contourné. — Voir Gautier: Médecine. — Archives de Genève: Mns. Galiffe. — AHS 1918, p. 23. [M.-L. G.]
BONETTI. Famille de Saint-Maurice connue aux XIIIe et XIVe s. — 1. Pierre, bourgeois de Saint- Maurice 1265, châtelain 1268. — 2. Jean, curé de Savièse 1300, puis de Nendaz, chanoine de Sion, officiai de l'évêque vers 1330. [Ta.J
Théophile Bonet.
D'après une estampe de l'époque.
(Coll. Maillart.)
BON FOL (ail. Pumpfel) (C. Berne, D. Porrentruy V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes : Bunfol, 1136 ; Bonfo, 1147 ; Bonfou, 1161; Munfol, 1188; Bonfoul, 1321 ; Benfoul, 1386. Armoiries : d'argent à la bande d'azur à une étoile du même. On y a trouvé des monnaies romaines et en 1884 un cimetière burgonde entre Bonfol et Beurnevésin.
Le village n'occupé pas l'emplacement qu'il avait autrefois. Il aurait été constitué, selon la tradition, par les habitants de Vieux-Bonfol, situé non loin de Vendelincourt, de Truncheré, qui était, vers la frontière alsacienne actuelle, et de Vareroille, vers Damphreux. Ces trois localités n'existent plus, et l'on a souvent émis l'hypothèse qu'elles ont été détruites pendant les guerres de Bourgogne ou lors d'un autre événement historique dont le souvenir ne s'est pas conservé. Au XIIe s., la dîme de l'église de Bonfol appartenait à l'abbaye de Lucelle, au chapitre de Besançon et à celui de Moutier-Grandval. Au siècle suivant, il est question d'un Bonfol-le-haut. Le village souffrit beaucoup de la guerre de Trente-Ans ; en 1634, il fut mis à sac et brûlé par les Suédois. Pendant les troubles de 1730 à 1740, les habitants du village se rangèrent avec passion parmi les partisans des « commis » d'Ajoie. Les princes-évêques de Bâle possédaient à Bonfol un vaste étang, qui s'y trouve encore, et où ils se livraient au plaisir de la pêche. Bonfol relevait de la mairie de Cœuve ; d'après la tradition un château y aurait existé. Au spirituel, Bonfol se détacha de Damphreux en 1619. L'église, dédiée à saint Laurent, date de 1783. Le collateur était, dans les mois non réservés au pape, le chanoine de Besançon, prébendier de Champdolans. A Bonfol ont lieu chaque année, le lendemain de l'Ascension, des pèlerinages en l'honneur de saint Fromont, dont l'origine est inconnue. Le village est renommé dans toute la Suisse pour sa terre réfractaire avec laquelle se font les « caquelons ». Population : 1764, 805 hab. ; 1818, 920 ; 1850, 1263 ; 1900, 1340 ; 1920, 1173. Registres de paroisse dès 1803. — Voir Trouillat.
— Vautrey : Notices I. — ■ Daucourt : Dictionnaire I. — - Quiquerez : Topographie d'une partie du Jura oriental. [G. A.]
BONFOL, de. Famille noble citée duXIIeau XIVes. D'après A. Daucourt, elle serait la souche des familles de Vendelincourt, de Chatelvouhay et de Cœuve. — 1 . Wernerius, est témoin en 1136 dans l'acte de fondation de l'abbaye de Lucelle. — ■ 2. Wezelon, avoué de Porrentruy vers 1221, bienfaiteur de Lucelle. Ses fils Eberhard, Renaud et Ulrich sont qualifiés chevaliers. [G. A.]
BONGARS, Jacob. Diplomate, historien et philologue, * en 1554 à Orléans, f en 1612 à Paris De 1585- 1610, il fut au service du roi Henri IV et l'un de ses confidents. Après sa mort, sa bibliothèque, fort riche en ouvrages de typographie et en manuscrits rares revint à René Gravisset, banquier et joaillier à Strasbourg ; en 1628, le fils de ce dernier, Jacob, fit don de toute la collection à la ville de Berne en vue d'obtenir le droit de bourgeoisie de Berne. Actuellement elle forme une partie très appréciée de la bibliothèque de la ville.
— Voir H. Hagen : Jacob Bongars, ein Beitrag zur Gesch. der gel. Studien des 16. u. 17. Jahrh. [W.-J.Meyer.]
BONHAM, Georges, ministre anglais en Suisse du 8 décembre 1905 au 8 février 1909. [L. S.]
BONHOM INI, Giovanni-Francesco, nonce apostolique en Suisse de 1579 à 1581. Avec lui commence la nonciature permanente en Suisse. * à Crémone le 6 décembre 1536, camarade d'études et ami de Charles Borromée, il devint abbé de Nonantula 1566, évêque de Vercelli 1572. Il vint en Suisse la première fois en 1570, puis parcourut en 1578 la Valteline et le Tessin à titre de visiteur de l'évêché de Côme. Il transmit ses impressions au pape, en particulier le désir émis dans de nombreux cercles d'une nonciature en Suisse. Grâce à l'appui de Borromée, cette fonction lui fut conférée le 2 mai 1579 par Grégoire XIII pour les évêchés de Constance, Coire, Lausanne, Sion et Bâle. (Lettres de
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créance du 27 mai suivant.) Il était surtout chargé d'en visiter les religieux et de veiller à l'exécution des décrets du concile de Trente. La situation particulière du catholicisme en Suisse lui créa en outre de nombreux devoirs. Ainsi s'explique son activité extraordinaire, plus grande que celle d'aucun de ses successeurs. Sa première intervention eut lieu à la Diète de Baden du 9 juillet 1579 ; le 16, il commença la visite de Lucerne, puis traversa les régions catholiques, présida des synodes, négocia avec les gouvernements, les Conseils et les ambassadeurs aux conférences de Lucerne et aux Diètes de Baden. Il tenta de réformer les mœurs du clergé, mais rencontra une vive opposition de la part des abbayes d'Argovie et de Thurgovie dont plusieurs refusèrent sa visite et appelèrent leurs avoués contre lui ; de longs démêlés en résultèrent. Il voua ses soins à l'érection d'un collège de jésuites à Fribourg malgré les Conseils, malgré le Père Paul Hoffàus, provincial de l'Allemagne du Sud. D'autres projets, comme le transfert à Fribourg du siège de l'évêque de Lausanne qui habitait alors la Bourgogne, furent sans résultat. Il encouragea l'évêque Blarer von Wartensee à Porrentruy dans ses tentatives de réintroduire le catholicisme dans les terres de l'évêché de Bâle. Son intervention dans l'évêché de Coire eut beaucoup de succès. La situation y était très tendue à la suite des luttes des Salis et de la ligue de la Maison-Dieu contre l'évêque Beat a Porta. L'évêché était menacé de sécularisation. Bonhomini négocia longtemps avec les représentants de la Maison-Dieu ; par l'accord de novembre 1580 a fut convenu que l'évêché payerait les sommes ex.gées par les Salis et que l'évêque Béat résignerait sa charge ; ce qui sauvait au moins l'existence de l'évêché.
L'activité du nonce irrita les cantons réformés ; Zurich, Berne, Bâle et Schaffhouse se plaignirent à la Diète de juin 1580, mais Bonhomini donna des réponses satisfaisantes aux ambassadeurs de ces cantons. Le 10 décembre 1580, lors de son dernier voyage à Fribourg, il fut retenu à Berne, comparut devant les avoyers et six membres du Conseil qui le prièrent d'éviter à l'avenir le territoire bernois. Il considéra cette interdiction comme une atteinte au droit public et adressa de Fribourg un rapport à Rome et aux cantons catholiques, ce qui provoqua une forte tension avec Berne. Zurich, Claris, Bâle, Schaffhouse et Appenzell intervinrent et provoquèrent un arbitrage. Le nonce n'y obtint aucune satisfaction et se plaignit plus tard de l'attitude trop peu énergique des cantons catholiques. La dernière négociation de Bonhomini fut l'installation du P. Peter Canisius à Fribourg et la prise de possession de l'abbaye de Marsens pour le collège des jésuites. Il se rendit en Italie en janvier 1581 et revint fin mai diriger l'élection de l'évêque de Coire. En automne, il devint nonce à la cour impériale allemande, en 1584 à Cologne, t à Liège le 25 février 1587. — Voir Fr. Steffens et H. Reinhardt : Nuntiaturberichte aus der Schweiz : die Nuntiatur von G.-F. B., introduction et vol. I et II. — J.-J. Berthisr : Lettres de J.-F. B. à P. Schnewly. — J. Kreienbiihler : Die Grûndung des Jesuitenkollegs zu Freiburg... 1579- 1 6 00 (en préparation). [Fr. Steffens.]
BONHÔTE. Famille de Peseux, bourgeoise de Neuchâtel, mentionnée dès le XVe s. Armoiries : d'azur à un tau accompagné en chef de deux étoiles et le pied accosté de deux cœurs renversés, celui de dextre posé en barre, celui de senestre en bande, le tout d'or. Elle a donné : — 1. Jaques-Alexandre- Auguste, 1815-1869, pasteur à La Sagne 1849-1855, à Boudry 1855- 1869. — 2. James-Henri, 1832-1892, archiviste-registrateur de l'État 1872- 1876, bibliothécaire de la ville de 1876 à sa mort, député au Grand Conseil 1880-1886, membre des autorités communales de Neuchâtel de 1871 à 1888. Il fut un des fondateurs de la Société d'histoire du canton de Neuchâtel et du Musée neuchàtelois, collabora à cette revue ainsi qu'à la Galerie suisse de Secrétan. A publié la Biographie neuchàleloise (en col-
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laboration avec l'abbé Jeanneret), le Glossaire neuchàtelois, et les Êtrennes neuchâteloises dès la 2me année. — 3. EUGÈNE, fils du n° 1, * 1857, avocat à Neuchâtel, député au Grand Conseil 1892-1919, président 1911-1912. conseiller national dès 1912. Rédacteur du code de procédure civile du Canton de Neuchâtel. [L. M.]
BONIFACE. Évêque de Lausanne 1230-1239, * en 1181 à Bruxelles de la famille Chitine Doyen de Sainte- Gudule, professeur à l'Université de Paris, écolâtre de Cologne, il fut nommé évêque de Lausanne par le pape, à la suite de conflits intestins à Lausanne. Il eut à soutenir de grandes luttes contre son clergé. Sous son épiscopat, dans la nuit du 5 au 6 août 1235, la ville de Lausanne fut brûlée, y compris la cathédrale et l'évêché. Il institua l'officialat dans son diocèse, résigna ses fonctions en juillet 1239 et se retira à l'abbaye de la Chambre près de Bruxelles où il mourut le 19 février 1260. Honoré comme un saint peu après sa mort, à Bruxelles, et plus tard à Lausanne ; fête le 19 février. A donné son nom à un décanat du diocèse actuel de Lausanne. — V. Schmid et Gremaud : Histoire du diocèse de Lausanne. — Kieckens : Saint Boniface de Bruxelles. — Acta sanctorum III. — MDR VIII, 2e série. [M. R.]
BONIFACE, Louis, * le 16 mars 1644 à Saint- Denys, baronnie de Cly, prêtre 1693, docteur en théologie, professeur de philosophie, coadjuteur le 19 août 1699 et prévôt du couvent du Grand-Saint-Bernard le 21 avril 1724, f le 4 août 1728. — Duc: La maison du Grand S. Bernard. [D. I.]
BONIFAS, Charles, homme de lettres genevois, * 1857, publia entre autres deux volumes de vers : Chansons douces, 1892 ; Au grand soleil et sous la Lampe, 1904. — Paul, son fils, * 1893, peintre-verrier, a su acquérir une certaine notoriété dans son art. Les musées de Genève et du Locle possèdent quelques-uns de ses travaux. Leur famille, issue de Pierre-David, fils d'Alexandre, avait été reçue à l'habitation de Genève en 1732. [C. R.]
BONINGEN (C. Soleure, D. Olten. V. DGS). Vge et Com. Armoiries : autrefois : de gueules à une gaffe et une rame d'argent en sautoir sur trois monts de sinople ; actuelles : d'argent à une gaffe et une rame d'argent en sautoir. On y a trouvé des objets de l'âge de la pierre et de l'âge du bronze et des tumuli de la première période de l'âge du fer. Dans le Hôlzli, des ruines romaines, des cubes de mosaïque et des fragments de poterie dénoncent des établissements romains. On rencontrerait aussi des briques de Saint-Urbain encastrées dans les murs de plusieurs maisons. Au moyen âge, Boningen partagea la destinée de la seigneurie de Fridau avec laquelle il passa à Soleure en 1463, qui l'attribua au bailliage inférieur de Bechbourg. La localité possédait un bac qui assurait le passage de l'Aar et un poste de douane. En 1542, cependant le Conseil de Soleure interdit le transport des marchandises d'une rive à l'autre. En 1567 et 1597 le village fut dévasté par l'incendie. Au spirituel, Boningen fit partie jusqu'en 1687 de la paroisse de Hàgendorf, puis de celle de Cappel. — Voir Eggenschwiler : Territor. Entwickl. des Kant. Solothurn. — Heierli : Archàolog. Karte des Kts Sol. — Rahn : Mittelalterl. Kunstdenkmâler des Kts Sol. [J. K.]
BONINO I, de Campione, sculpteur, f vers 1397. Son œuvre la plus connue est le monument élevé à Cansignorio délia Scala (f 1375) sur la façade de l'église de Sta. Maria Antica à Vérone. C'est un des meilleurs travaux de la plastique italienne du Trecento. Son premier travail connu est le monument du juriste Folchino degli Schizzi (1357) sur la façade de la cathédrale de Crémone. Bonino travailla aussi au .dôme de Milan avant 1397. Perkins lui attribua, ainsi qu'à Matteo de Campione, l'autel-tombeau de saint Augustin, construit entre 1350-1380 dans l'église de l'abbaye de San Pietro in Cielo d'Oro à Pavie. Suivant ALBK et contrairement aux affirmations de certains auteurs, ne sont de Bonino ni le monument de Lanfranco Settala dans l'église de San Marco à Milan, ni le monument deBernabô Visconti aujourd'hui dans le Musée archéologique de Milan. — ALBK. — SKL. — Rahn : Mitleilungen. — Pometta : Corne il Ticino. — Bonino II, de Campione, dit de Mi-
BONISWIL