‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 121 sur 425 · BORROMEO, BORROMÉE · texte numérisé non relu

BORROMEO, BORROMÉE

mé membre d'honneur du Grand Conseil. En 1836, en qualité de membre de la Constituante, il lutta pour la suppression des couvents, puis rentra dans la carrière ecclésiastique comme pasteur à Arbon. En 1848, il fit également partie de la Constituante. Bornhauser a laissé des écrits politiques ainsi que des poésies lyriques et épiques et des drames, entre autres : Ueber die Verbesserung der thurg. Verfassung, 1827 ; Gemma von Art (tragédie). ■ — Voir J. Christinger : Th. Bornhauser. — Hartmann : Galerie des Suisses célèbres. — R. Weber : Poet. Nationalliteratur II. [Th. Greyerz.] BORNU (C. Vaud, D. Cossonay, Com. Pompaples). Moulins. En 1149 Bornul, 1158 Bornu, de Burgonovo 1200. Ancien hôpital dépendant de l'hospice du Saint- Bernard, cité dès 1228, avec une chapelle Saint-Nicolas, et qui fut sécularisé à la Réforme. Près de là, un moulin important est cité dès le XVe s., auquel devaient moudre les habitants de La Sarraz et des villages voisins. Les eaux du Nozon s'y séparent en deux ruisseaux dont l'un se dirige vers la Thièle et le Rhin, l'autre vers la Venoge et le Rhône, ce qui a fait dire que le moulin Bornu est au milieu du monde. Ce bâtiment appartint aux Gingins-La Sarraz, puis au XVIIIe s. aux Senarclens, et enfin aux DuPasquier, propriétaires du château d'Orny. — DHV. [M. R.] BORRANI, BORRANA, de BORRANIS. Vieille famille de Brissago, établie depuis longtemps à Ascona, Milan, Monza, Florence et Paris. Le gouvernement austro-lombard reconnut sa noblesse en 1774. Armoiries : d'argent au rosier de sinople arraché du même, fleuri de neuf roses d'azur accolé d'un serpent d'argent. Selon la tradition, qui n'a pas été confirmée, une Margherita Borrana aurait sauvé en 1512 Brissago de l'occupation française, puis espagnole. Suivant Liebenau, ce fait ne peut être arrivé qu'en 1524, lorsque Anchise Visconti, après le départ des Français du lac Majeur, menaça Brissago. — 1. Giovan-Pietro, professeur de grec à l'Université de Bologne, où il avait fait ses études, puis à celle de Parme. En 1572, il reçut une grosse pension du duc Ottavio Farnese ; en 1540, il avait été créé chevalier par l'évêque de Majorca. Il publia vers 1544, à Venise, Corona pretiosa, ou dictionnaire italien, latin et grec ancien et moderne. — 2. Antonio, chanoine de Santa-Maria délia Scala à Milan, dès 1649 auditeur général du prince de Piombino. t après le 3 février 1676. — 3. Francesco-Antonio, * 1712, f av. 1760, secrétaire royal et ducal du sénat de Milan. — 4. Gian-Antonio, professeur d'humanités au collège helvétique de Milan, publia en 1618 un ouvrage sur Horace et un autre de rhétorique. — 5. Siro, prêtre et historien, * 1860 à Ascona, curé de Campo Valle Maggia 1885-1888, de Losone 1888-1900, de Comano 1900-1903, de Montecarasso 1903-1921, dès 1921 de Verscio. En 1909, il fut nommé directeur des fouilles de la nécropole de Gudo. A publié : Ticino Sacro, 1896, et Bellinzona, la sua chiesa et i suoi arcipreti, 1909 ; collaborateur au BStor. — Voir AHS 1914. — BStor. 1885, 1887. — Baroffio : Memorie storiche. — Borrani : Ticino Sacro. — Oldelli : Dizionario. [C. Trezzini.]

BORRAT. Famille du Val d'Illiez (Valais), connue dès le XVIe s. — Claude, docteur en théologie, aumônierdu couvent de Collombey où il mourut le 25 août 1685. — Maurice, chancelier de l'évêché de Sion vers 1660, curé de Saint-Maurice 1672-1673, prieur du Val d'Illiez 1673, doyen de Monthey, | 21 septembre 1689. [Ta.]

BORRER, Josef-Anton, 1823-1905, étudia à Munich, peintre et sculpteur à Soleure dès 1850. On a de lui des portraits, décorations d'églises et autels. — S KL. [j, k.]

BORRHAUS, Martin, dit Cellarius, * 1499 à Stuttgart, bachelier en théologie à Ingolstadt, se rendit en 1522 à Wittenberg où il se sépara de Luther. Après une vie errante, il arriva à Bâle en 1536 où il occupa la chaire de rhétorique 1541, puis celle de l'Ancien Testament 1546, fut recteur de l'Université en 1546, 1553 et

* le 2 oct nov. 1584,

1564 et mourut de la peste cette année-là. — Voir BJ 1900, p. 47. [C. Ro.]

BORROMÉE (LIGUE). Voir Ligue d'Or.

BORROMEO, BORROMÉE. Famille originaire de Toscane, établie à Milan en 1370, investie de la seigneurie d'Arona en 1439 et élevée à la dignité comtale en 1445. Les Borromée entrèrent en contact avec les Suisses pour la première fois à la fin du XVe s. Jost de Silenen, évêque de Sion, accusa en 1483 les deux frères Vitalien et Jean Borromée d'avoir tenté de l'empoisonner pour mettre à sa place leur frère, abbé d'Arona. Une guerre s'ensuivit dans laquelle l'évêque fut battu à Crevola. Vers 1500-1503 commencèrent les relations des Borromée avec les Suisses ; ils trouvèrent en eux des protecteurs contre le roi de France, les Sforza ou les Espagnols. En 1512, alors qu'il s'agissait de chasser les Français de la Lombardie, les Suisses et les Borromée firent cause commune. — 1. Ludovic. Le 10 septembre 1518, il fut reçu bourgeois de Lucerne et conclut le 4 décembre de la même année un traité de combourgeoisie avec Berne, sous réserve des droits souverains du duc de Milan. Attaqué de ce fait par les Français, il dut s'enfuir à Locarno. Il rentra en possession de ses biens, en février 1520, grâce à l'intervention des Suisses, de Berne et Lucerne en particulier. Le 27 avril, il fut reconnu allié des Suisses et placé sous leur protection spéciale. Le 6 mai 1520 Ludovic devenait combourgeois d'Uri et en juillet entrait dans l'alliance française aux côtés des Suisses. Ludovic mourut à fin 1527. après avoir joui constamment, dans les vicissitudes dj la lutte entre Français et Espagnols pour Milan, de la protection des Confédérés. — Voir AS I. — Dierauer. — Liebenau : Ludovico Borromeo, dans BStor. 1884. — [C. Trezzini.1 • - 2. Charles, archevêque de Milan, cardinal, 1538 au château de famille à Arona, f le 3 canonisé le 1er nov. 1610. Il étudia le droit à l'Université de Pavie et y obtint le grade de docteur le 6 décembre 1559.

Son oncle monta sur le trône apostolique vers la fin de 1559, sous le nom de Pie IV, et le nomma aussitôt au poste de neveu de cardinal ou de secrétaire d'État.

Élu le 8 février 1560 archevêque de Milan, Borromée prit possession, le 23 septembre 1565, du principal évêché de l'Italie et y acquit, notamment en 1576, lors de la grande épidémie de peste, par son activité bienfaisante extraordinaire, une célébrité universelle. Pour soigner les pestiférés, il fit appeler à Milan nombre de Suisses. Dans l'esprit du concile de Trente, il fonda toute une série d'institutions pour l'éducation des prêtres, dans lesquelles il admit aussi des Suisses, jusqu'au jour où il fonda pour ces derniers, en 1579, un collège particulier, le Collegium Helveticum Pour exécuter les décisions du concile, il convoqua six synodes provinciaux et onze synodes diocésains et entreprit de nombreuses visitations personnelles, en particulier dans le territoire de la Suisse actuelle, dont les trois vallées ambrosiennes, le décanat de Capriasca et la paroisse de Brissago faisaient alors partie de l'archevêché de Milan. Vers la fin d'août 1570, il fit une visite aux V cantons catholiques, à l'abbaye de Saint-Gall cl au château de Hohenems, puis, en août 1581, au couvent de Disentis. Les deux collèges jésuites de Lucerne et de Fribourg jouirent aussi de son appui et de ses

Charles Borromée.

D'après un tableau du XVI» s. au

couvent d'Einsiedeln.

BORROMEO, BORROMEE

BORRONÏ

faveurs. Après avoir surmonté de nombreux obstacles, il parvint à décider les capucins à fonder, en 1581 à Altdorf, et en 1582 à Stans, leurs premiers couvents en deçà des Alpes. Ils furent aussitôt suivis de nombreux autres, si bien qu'au bout de peu de temps, la Suisse fut constituée en province indépendante de l'Ordre des Capucins. De même, grâce à son influence, une nonciature permanente fut instituée en Suisse en 1579. Le premier nonce fut G. -F. Bonhomini qui avait accompagné le cardinal dans son grand voyage de Suisse en 1570. La Ligue Borromêe fondée en 1586 répondait certainement dans ses grandes lignes et son ensemble aux visées du cardinal, toutefois elle n'est pas son œuvre. Elle ne prit son nom qu'après le renouvellement de l'alliance en 1655 lorsque Borromêe, ayant été canonisé, fut devenu le protecteur des cantons catholiques alliés. Nombre de chefs de la Suisse catholique entretinrent une correspondance qui est encore conservée en grande partie aux archives archiépiscopales de Milan, à la Bibliothèque ambrosienne et aux archives des Oblats de San Scpolcro. — Voir Giussano : Vita di San Carlo.

— Glussianus-Oltrocchi : De Vita et rébus gestis S. Caroli. — Ratti : Acta Ecclesiae Med. II-III. — Sala : Biografia di S. Carlo ; documenti circa la vita et le geste di S. Carlo. — Sylvain : Hist. de Saint Charles Borromêe.

— Wymann : Der heilige Karl B. und die schweiz. Eidgenossenschaft ; Kardinal Karl B. in seinen Beziehungen zur alten Eidgenossenschafl. — - Le même auteur, dans Gfr. 71 et ZSK 1908, 1911, 1917, 1918, 1920 ; en outre, dans AS G 1896, Schweiz. Rundschau 1902-1903, 1905- 1906, SKZ n° 44, 1910, et Nidwalder Volksblatt 1899, n°s 51-52, 1900, n0s 1-10. — San Carlo B. nel terzo Centenario. — BStor. 1883, 1884. -- D'Alessandri : Alti di San Carlo. [E. W.]

Relations avec les III Ligues grisonnes. Sous l'influence de Borromêe, les catholiques des Grisons se joignirent aux cantons de la même confession et des députés de la Valteline se rendirent au concile de Trente. Ce fut l'origine de la lutte contre l'extension de la Réforme dans la Valteline et les Grisons, inaugurée par des entrevues de Borromêe avec l'évêque de Coire a Porta, l'abbé de Disentis et le juge de la Ligue Grise, à Urseren 1570 et dans le Misox. L'Inquisition et la Compagnie de Jésus ne furent pas reconnues légalement (décision de la Diète de 1558 entre autres), mais les visitations dirigées ou faites par Borromêe lui-même eurent un grand effet. Bonhomini prêcha au printemps 1578 en Valteline, mais fut expulsé par un édit des III Ligues du 2 août parce qu'il avait voulu exercer des fonctions judiciaires. Borromêe vint lui-même dans la vallée en 1580 et prêcha à Tirano qu'il quitta le 28 août. Sa visite à la Ligue Grise catholique eut plus de succès. Il se rendit à Disentis au mois d'août 1581 et travailla à la formation de bons ecclésiastiques indigènes ; dans la vallée du Rhin antérieur, il n'y en avait que 7 sachant la langue du pays, pour 30 000 habitants. Son activité dans le Misox fut plus féconde, la loi contre les prêtres étrangers, édictée pour les pays sujets, n'y ayant point d'effet. Il arriva le 3 novembre 1583 et un mois après tous les « hérétiques » étaient convertis ou jugés comme sorciers. Les III Ligues n'auraient pas permis qu'ils fussent brûlés pour hérésie, mais l'autorisaient pour cause de sorcellerie. La plupart des 108 inculpés s'en tirèrent avec des peines ecclésiastiquas après rétractations, onze d'entre eux, dont le prévôt de Roveredo, Domenico Quattrini, périrent sur le bûcher. Après ces événements, les visitations dans les Grisons furent interdites à Borromêe. Un projet d'atteindre Coire du Misox avait échoué devant l'attitude du bourgmestre de la ville, Jenni, et l'opposition de l'évêque. En Valteline, le bas peuple travailla à l'instigation de Borromêe à un soulèvement contre les hérétiques, auquel le roi d'Espagne avait promis son concours. Borromêe intervint encore en 1584 auprès du roi de France au sujet de la Valteline, mais sa mort, le 3 novembre, empêcha l'invasion qu'il y projetait. — Voir AS I, IV, 1 et 2. — C. Camenisch : C. Borromeo und die Gegenreformation im Veltlin (avec bibliographie). — Correspondance de Borromêe à la bibliothèque ambrosienne de Milan, au Vatican, à la Bibl. cantonale à Coire et aux archiv-s

épiscopales du canton, delà ville et du synode à Coire.

— Arch. d'État Zurich, actes milanais. — Collection Simmler à la bibliothèque centrale de Zurich. — [C. Camenisch.] — 3. Federico, 1564-1631, cousin du n° 2, cardinal et archevêque de Milan. Il fonda la Bibliothèque ambrosienne à Milan et le Séminaire de Pollegio pour les trois vallées ambrosiennes tessinoises (1622). — Quesnel : Le card. Frédéric Borromêe. — 4 Federico, 1617-1673, nonce en Suisse de 1655 à 1665. C'est pendant sa nonciature qu'éclata la première guerre de Villmergen. Entraîné dans le conflit qui surgit entre les cantons catholiques au sujet du colonel Zwyer von Evibach, il dut publier en 1658 une défense contre les accusations de Schwyz. En 1670, il fut fait ca.'dinal et secrétaire d'État par Clément X.

— Voir LL. — Steimer : Die pàpstlichen Gesandten in der Schweiz [C. T.]

BORROMINI,BORROIVIINO, F/viih Tsro, architecte, s'appelait de son vrai nom Castelli. Il naquit le 25 sept. 1599, fils de G.-D. Castelli.

de Bissone. étudia à Milan dès 1608 et partit pour Rome en 1615 où il travailla à la construction de Saint-Pierre. Son œuvre dans cette ville est considérable ; elle consiste surtout en constructions et transformations d'églises. A citer entre autres : l'église de saint Charles aile quattro fontane et le

couvent voisin (1638-1640), le monument du cardinal Filomarino dans l'église des apôtres à Naples. De 1632 à 1638 il transforma le palazzo Spada et appliqua à la colonnade de la seconde cour les lois de la perspective qu'il employa encore à la Scala regia au palais du Vatican ; il construisit le couvent et l'oratorio de San Filippo Neri ; l'église de Saint-Ives à la Sapienza (1660) ; il fit la restauration de Saint-Jean de Latran (1647-1650) où il conserva les murs principaux et le plafond à caissons prévu par Michel Ange, et la nef transversale bâtie par Giacomo délia Porta ; l'église de Sant'Andrea délie Fratte. Il atteignit son apogée sous Innocent X qui l'appela à remplacer Bernini. Borromini travaillait à la chapelle Falconieri dans l'église San Giovanni dei Fiorentini lorsqu'il se suicida le 2 août 1567. Il fut un précurseur et eut une grande importance dans l'évolution de l'architecture ; il fut appelé le père du style baroque. — Voir SKL. — ALBK. — BStor. 1883, 1885, 1887, 1909. — Bianchi : Artisti Ticinesi. — Oldelli : Dizionario. — Vegezzi : Esposizione storica. [C. Trezzini.]

BORRONI, BvoccHi'do, intrigant et traître qui fit beaucoup de mal aux Grisons. Originaire de Berceto près Parme, il vint en qualité de protestant en 1592 à Chiavenna où il trouva auprès de ses coreligionnaires accueil et appui. Il prêcha la nouvelle foi à Chiavenna, fut nommé pasteur àTraona et même en 1596 chancelier à Chiavenna. Il entra secrètement en relations avec un certain Don Martin, avec le pape, Milan et l'Inquisition, pour dénoncer les prédicateurs, extirper la nouvelle foi des bailliages italiens et soulever ces derniers contre les Grisons. Au printemps 1596, il fut arrêté et traduit devant un tribunal, mais malgré la torture, il ne fit aucun aveu ; il fut en conséquence acquitté, mais banni du pays. Au commencement de 1601, il composa en latin une Informatione sur l'état et le gouvernement des III Ligues, qu'il remit au pape Clément VIII et au

Fraucesco Borromino.

D'après un portrait au Musée civique

de Lugano (original à Rome).

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