BOUDRY
seconde moitié du XVIIIe s Elle a donné des membres du Conseil des Deux-Cents et du Conseil des Soixante. Armes : d'argent à deux pointes de sable surmontées de roses de gueules. — Gai. : Not. gen. III, 76. — Armoriai genevois. — Covelle : LB. — SKL. — Sordet : Dict. des familles genevoises. [H. Da]
BOUCHET, du BOUCHET, BOCHET. (Voir aussi Dubochet.) Nom porté de toute ancienneté par de nombreuses familles dans le bassin de Genève. — Jean, syndic en 1383 et 1404. — Jean, son fils, conseiller en 1439, étaient vraisemblablement originaires d'Avully. Le SKL mentionne cinq orfèvres des XVIIe et XVIIIe s. portant le nom de Boucbet. Au XIXe s., il faut citer — Paul, 1794-1873, originaire de Troinex, qui fit à la ville de Genève un legs de 127 000 fr. dans le but de créer des conférences du soir destinées aux classes populaires et un autre legs: 150 000 fr., à l'église pour améliorer le traitement des pasteurs. Une rue porte son nom. — Voir Archives de Genève, Ms. Galiffe. — ■ Arthur Massé : Les parrains illustres des rues de Genève. [C. R.l
BOUCHU, Claude, 1628-1683, marquis de Lessart, intendant de Bourgogne, fut chargé au début de 1662 d'une mission à Genève à propos des tentatives de l'évêque d'Annecy de rétablir le catholicisme à Avully, Chancy et Moens, qui dépendaient de Genève, et sa réclamation de dîmes et autres biens ecclésiastiques dans,le pays de Gex possédés par la même ville. — Voir Gautier VII, 409. — Rott : Repr. diplom. VI. [L. S.] BOUDEVILLIERS (C. Neuchâtel, D. Val-de-Ruz. V. DGS). Vge et Com. Armoiries : de gueules à la croix tréflée d'or. Anciennes formes : Boudeviler, 1195 ; Botdaviler, 1202 ; Budevilier, 1304 ; Boudevillie, 1377. La première mention est de 1195. A cette époque, l'église de Neuchâtel avait des terres à Boudevilliers et le prieuré duVal-de-Travers des droits de dîmes. Tous les trois ans, ce dernier, dont le seigneur de Valangin était l'avoué, y tenait le plaid de Saint-Pierre pour les hommes qui relevaient de lui au Val-de-Ruz. Les deux autres années, le plaid se tenait à Essert (Chézard). En 1308, Jean de Châlon-Arlay donna Boudevilliers au comte Rollin de Neuchâtel qui en disposa par testament en faveur de sa fdle Marguerite. Dans la suite, on voit le frère de celle-ci, le comte Louis, posséder Boudevilliers. En 1371, il disposa que ce village passerait à sa mort à Jean d'Aarberg, seigneur de Valangin, ce qu'il confirma par testament en 1373. Cette donation ne fut pas suivie d'effet et Boudevilliers, quoique enclavé dans la seigneurie de Valangin, se rattacha constamment au comté de Neuchâtel. Une mairie avec cour de 12 juges y fut instituée à une date inconnue (probablement XVe s.) ; au XVIIIe s., elle ressortissait pour le civil au comté de Neuchâtel et pour le criminel et les causes matrimoniales à la juridiction de Valangin. Par décret du 18 janvier 1807, Alexandre Berthier supprima la mairie de Boudevilliers et la rattacha à celle de Valangin. L'église de Saint-Jaques de Boudevilliers était une annexe de celle d'Engollon ; toutes deux furent incorporées en 1510 au chapitre de Valangin. A la Réforme, Boudevilliers eut ses pasteurs, dont plusieurs desservaient en même temps Engollon, et en 1563 il fut rattaché à l'église de Valangin, avec laquelle il forme encore une paroisse. La commune de Boudevilliers comprend, outre le village de ce nom, les hameaux de Malvilliers et de la Jonchère; c'est sur son territoire que fut fondé en 1872 l'hôpital de Landeyeux pour le Val-de- Ruz. Population : 1860, 630 hab. ; 1900, 528 ; 1910, 534 ; 1920, 603. — Voir Matile : Hist. de la seigneurie de Valangin. — D. Junod : Boudevilliers, dans MN 1895-1896. — Arch. d'État Neuchâtel. [L. M.]
BOUDON, David. Graveur, dessinateur et peintre genevois, issu d'une famille originaire du Languedoc, fixée à Genève dès 1745, * 11 juin 1748, date et lieu de décès inconnus. Ayant passé son existence d'homme hors de sa patrie, son activité est peu connue. A Genève et au château de Valangin (Neuchâtel), les œuvres DHES il — 17
signées par lui qui s'y trouvent (une dizaine) permettent cependant de lui donner une place honor;b!e parmi les artistes genevois. — Cf. Notes manuscrites de C. Roch. — MN 1921, 108. [C. R.]
BOUDRY (C. Neuchâtel, D. Boudry. V. DGS). Ville et paroisse, chef-lieu du district du même nom. Armoiries : coupé de Neuchâtel et d'azur à un poisson d'argent posé en fasce. Des fouilles faites en 1805 et 1917-1918 dans la grotte du Four (Gorges de l'Areuse) ont mis au jour des objets du déclin de la période de la Tène : objets en fer et en bronze, des pointes de flèches en silex, des ossements et des tessons de poterie (MN 1871, 1919). Anciennes formes : Buldri, Baudri, 1278 ; Boudri, 1306 ; Budri, 1336 ; Bouldry, 1346. Première mention 1278 ; à cette date Boudry échut en partage à Anne et Marguerite de Neuchâtel. En 1343, le comte Louis de Neuchâtel lui donna une charte de franchises copiée sur celle de Neuchâtel ; en 1369 il lui octroya le droit de percevoir un
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Le château et la tour Marfaux à Boudry en 1906. D'après une photographie.
ohmgeld. A la mort de Louis, Boudry fut adjugé en douaire à sa veuve Marguerite de VufQens, qui épousa en secondes noces Jaques de Vergy (1373). Ces deux seigneurs commirent nombre d'exactions à Boudry, rançonnèrent les habitants et finalement mirent le feu au bourg. Les bourgeois en appelèrent à Isabelle, comtesse de Neuchâtel, qui s'empara de Boudry (1377) ; cette ville lui fut attribuée moyennant une indemnité de 2000 fl. aux Vergy. L'histoire de Boudry ne présente dès lors aucun événement important. En mai 1831, la ville reçut la visite du commissaire royal de Pfuel ; le 22 septembre suivant, après l'insurrection d'Alphonse Bourquin, les bourgeois votèrent une déclaration demandant des mesures énergiques pour s'opposer à toute tentative d'agression royaliste, et réclamant la convocation d'assemblées primaires. Il se formait un camp de Boudry, républicain, en opposition au camp de Valangin, royaliste. Le 29 septembre, Bourquin évacuait le château de Neuchâtel, et la déclaration de Boudry n'eut pas de suite.
Boudry formait une châtellenie avec cour de justice de 14 juges, comprenant dans son ressort, en matière civile : Boudry et Bôle, et en outre, en matière criminelle : Bevaix, Rochefort et Cortaillod. En 1832, les mairies de Bevaix, de Cortaillod et la partie Sud de celle de Rochefort furent réunies à Boudry à qui on adjugea aussi la juridiction criminelle de Gorgier. La révolution de 1848 mit fin à la châtellenie ; Boudry devint le cheflieu du district du même nom, siège de la préfecture, du tribunal et d'une justice de paix. Du bourg même dépendait les hameaux de Vermondins et de Pontareuse, où se trouvait l'église. AuXIV's.il est fait mention d'un plaid de Pontareuse, devenu plus tard celui de Boudry.
La Bourgeoisie. La charte de 1343, fut l'origine de la bourgeoisie de Boudry, qui se confond avec la commune. Les autorités étaient les mêmes. En 1531 elle obtint un droit de sceau et en 1540 celui de nommer un \ maître-bourgeois et un sautier. Dans la suite, Boudry
Août 1922
BOUGERIES
BOULEYRES
eut deux maîtres bourgeois. Ses couleurs étaient le bleu et le rouge. Comme organisation politique, la bourgeoisie de Boudry joua aux côtés des bourgeoisies de Neuchâtel, Landeron et Valangin, un rôle important dans l'histoire du pays de Neuchâtel. Elle fut supprimée en 1848 et Boudry devenu commune bourgeoise eut à sa tête un conseil administratif ; une municipalité, soit commune d'habitants, y fut introduite en 1875. Les deux organismes vécurent côte à côte jusqu'en 1888, époque où ils furent remplacés par la commune actuelle. En 1870, la commune d'Areuse lui fut incorporée.
Église. Primitivement, Boudry dépendait de l'église de Pontareuse, hameau situé au Nord de la ville et qui a disparu depuis, absorbé par celle-ci. La paroisse de Pontareuse, mentionnée en 1228, était très grande ; elle s'étendait du lac à la frontière de Franche-Comté. Dans la suite s'en détachèrent les paroisses de Cortaillod, Bôle-Bochefort et des Ponts-de-Martel. L'avouerie de Pontareuse et de Vermondins appartenait à Pierre de Vaumarcus ; il la vendit en 1282 à Girard d'Estavayer, dont le fils, Bollin, la céda à son tour à Bodolphe de Neuchâtel. La Réforme ne s'établit pas sans luttes à Pontareuse ; le premier pasteur fut Christophe Fabry. En 1611 les bourgeois de Boudry furent autorisés à construire dans leur ville un temple, qui fut agrandi en 1647 avec les matériaux provenant de celui de Pontareuse. De ce dernier il ne reste plus rien qu'un petit monument érigé sur son emplacement au XIXe s.
Divers. Le château de Boudry a probablement été agrandi par le comte Louis de Neuchâtel (XIVe s.). Il subsiste encore, ainsi que la tour Marfaux, reconstruite en 1548. Par contre, la tour Chauffaud, qui dominait le pont sur l'Areuse, au bas du bourg, a été démolie enl835. C'est vers cette époque que l'on a supprimé les trois portes de la ville. Sur le territoire de Boudry existent l'hospice cantonal des incurables de Perreux, l'orphelinat de Belmont, appartenant à la ville de Neuchâtel, et à Boudry même, le musée de l'Areuse, fondé en 1872. L'industrie des toiles peintes a été représentée du milieu du XVIIIe au milieu du XIXe s. par trois fabriques, une à Boudry, une aux Isles et la troisième à Grandchamp. Boudry est la patrie de Philippe Suchard et le lieu de naissance de Jean-Paul Marat, l'Ami du peuple. Population : 1779, 930 hab. ; 1851, 1484 ; 1888, 1801 ; 1900, 2109 ; 1910, 2313. Registres de naissances dès 1638, de mariages dès 1699, de décès dès 1747.
Bibliographie. Matile. — Chambrier : Hist. de Neuchâtel. — J. Grellet : Boudry, une bourgeoisie neuchâtel ois e, dans Étrennes helvétiques, 1901. — Exposé de la constitution de Neuchâtel et Valangin dressé en 1806. — Quartier-la-Tente : Le Canton de Neuchâtel, 2e série : Le district de Boudry. — Louis Favre : Boudry, dans MN 1870. — A. Bonhôte : U église de Pontareuse, dans MN 1870. [L. M.]
BOUGERIES (C. Genève, Rive gauche). Au moyen âge, Bougeries désignait des terrains vagues entre le lac et l'Arve : 1° Les Petites Bougeries, autrefois terrain de pâquiers communs, en face du temple de Chêne- Bougeries. Ce terrain, passablement réduit au XIXe s., forme la Place des Bougeries (depuis 1919 place du colonel Alfred Audéoud). 2° Les Grandes Bougeries, ou Bougeries de Villette, terres autour de l'actuel Rondeau des Bougeries, à proximité de l'Orphelinat de l'Hospice général (commune de Chêne-Bougeries). En 1774, le Conseil des Deux-Cents les céda à l'Hôpital général de Genève. En 1801, grâce surtout aux démarches à Paris de Jean-André Rigaud (1750-1804), les deux Chêne, protestant et catholique, furent séparés administrativement. Rigaud donna à la partie protestante le nom de Chêne-les-Bougeries, devenu dans la suite Chêne-Bougeries. 3° Aux Bougeries, nom d'une ' ferme près de Crête (Vandœuvres). — Voir Archives de Genève : Registre des abergements, n° 43, p. 40. — C. 6. -- Archives du Bureau 1912-1913. — Note de M. Ch. Roch. — Le Chênois, 1915, n° 1. [O..K.J
BOUGY, de. Famille vaudoise, qui a donné entre autres Jean, prévôt de la cathédrale de Lausanne en 1394-1398. [M. R.j
BOUGY-SAINT-MARTIN (C. Vaud, D. et Coin. Aubonne. V. DGS). Cette localité doit son nom à une
église saint Martin citée en 1235. A la suite de la fondation de la ville d'Aubonne, cette localité perdit peu après de <mi importance. En 1276, l'église n'ayant plus que trois paroissiens tomba au rang de filiale de l'église de Trevelin, paroissiale d'Aubonne. Le hameau liait par devenir un simple domaine rural La famille de Lesseri joignit au milieu du XIXe s. le Signal de Bougy à cette propriété cpii, depuis, a passé en d'autres mains. — 1)11 V. [M. R.]
BOUGY-VILLARS (C. Vaud, D. Aubonne. V.
DGS). Cette localité s'appelait autrefois Bougy-Milon el comprend le clos de Bougel qui fut donné en 986 au couvent de Romainmôtier avec le domaine voisin du couvent de Bonmont. Au XVIIIe siècle, une fromagerie y a été transformée en église. — DHV. [M.R.]
BOUJEAN. Voir BCEZINGEN.
BOULENAZ, Edmond. Graveur, * àConcise (Vaud) le 10 décembre 1859, a gravé à Paris plusieurs des planches du Tour du Monde, de la Géogr. universelle de Reclus, ainsi que le Traité d'anatomie de Testut. — SKL. [M. R.l
BOULENS (C. Vaud, D. Moudon. V. DGS). Com. et Vge. Bollens 1142 ; Boslens 1177. Boulens était au XIIe s. une seigneurie particulière dépendant du comte de Genevois. Le seigneur Ulrich de Boulens, devenu moine au couvent de Montheron, la lui donna. La « grange » de Boulens fait partie du domaine du couvent en 1163, tandis qu'à cette date la chapelle du lieu, dédiée à saint Nicolas, et filiale de l'église de Saint- Cierges, relevait du prieuré de Saint-Maire à Lausanne. Après la Réforme, la seigneurie de Boulens devint propriété de la ville de Lausanne. Le couvent de Montheron avait la moitié de la dîme de Boulens, le seigneur de Bercher l'autre moitié, qui passa ensuite au gouvernement bernois. Des documents de 1324-1330 signalent un exode des cultivateurs de Boulens que le couvent de Montheron remplaça par d'autres ; les causes de cet exode ne sont pas clairement connues. — DHV. — MDB VIII et X, 2e série. [M. R.]
BOULET, Bernard, dont le père Claude avait été reçu bourgeois de Genève en 1479. fut trésorier de la ville dès 1521. Mammelu notoire, ne rendant pas compte de sa gestion de trésorier, il quitta la ville en 1524 après une scène violente en Conseil avec le syndic Richardet qui le frappa de son bâton syndical. Le duc de Savoie épousa sa querelle et usa de représailles quand les biens de Boulet furent saisis par les Genevois. Les démêlés de Boulet avec Genève eurent plusieurs phases, tantôt en fuite, tantôt réintégrant la ville, il fut de près comme de loin une cause de troubles et d'inquiétude. En fin de compte, il fut condamné comme agent du duc en 1528. — Voir Archives de Genève. — Gautier II et VI. [C. RI
BOULEYRES (C. Fribourg, D. Gruyère. V. DGS). Forêt dont l'histoire est liée à celle du comté de Gruyère. Le comte Rodolphe Ier se réserva Bouleyres lors de la cession de Bulle à l'évêque de Lausanne en 1195 ou 1196, mais les gens de Bulle conservèrent, par actes subséquents, le droit d'y prendre du bois et d'y faire paître leur bétail. Il y eut, du reste, de nombreuses contestations entre les comtes et les gens des localités voisines jusqu'au moment où l'État de Fribourg devint propriétaire d'une partie du comté de Gruyère (1555). Les difficultés concernant les droits de parcours et de jouissance des bois surgirent de nouveau entre l'État et les communes et, en 1773, le gouvernement, se basant sur diverses ordonnances du XVIIe s., déclara Bouleyres propriété de l'État, comme dépendance du château de Gruyère, et se réserva toutes mesures de police et d'administration ; un plan d'exploitation fut établi en 1778. Les règlements de l'État mécontentèrent les paysans qui s'estimaient lésés dans leurs droits coutumiers. Ce mécontentement fut l'une des causes de l'insurrection dite de Chenaux (1781). Bien que le gouvernement eût facilement réprimé le soulèvement, il laissa les communes jouir de leurs anciens droits. L'abolition et le rachat des droits de pâturage grevant les forêts furent édictés en 1809. En 1820, la ville de Bulle, appauvrie par l'incendie de 1805, vendit à l'État les droits qu'elle possédait sur Bouleyres. L'État se rendit acqué-
BOULOZ