‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 128 sur 425 · BOURBAKI · texte numérisé non relu

BOURBAKI

reur de nouvelles parties ; l'aménagement et l'exploitation modernes en ont fait une forêt magnifique. — Voir Étrennes fribourg. 1897. — ASHF III (notice sur Bulle). [G. Castella.]

BOULOZ (C. Fribourg, D. Veveyse. V.DGS). Com. politique de la paroisse de Porsel. Bedolosci, Bollos, Boloch, Boloz. D'après le P. Dellion, Bouloz serait cité en 1017 dans l'acte de donation faite au couvent de Saint-Maurice par Rodolphe III. A la fin du XIIe s., le seigneur Cono de Prez donna au couvent d'Hauterive son alleu de Bouloz. Vers 1150, Hugues de Rueyres céda au couvent de Hautcrêt la dîme de la « grange de Bou-

contre l'armée française. En 1761-1763, avec le grade de général, il fit la guerre contre les Mingos, Peaux- Rouges de l'Ohio, et les anéantit complètement. — Montet : Dictionnaire. — Aug. Burnand : Le colonel Henry Bouquet, dans RH V 1906. [M. R.]

BOURBAKI EN SUISSE (L'ARMÉE DE). La forteresse française de Belfort fut investie en janvier 1871 par un corps d'armée allemand. L'armée de l'Est, sous les ordres de Charles-Denis Bourbaki, fut constituée en vue de délivrer la place. Elle prit contact les 15-17 janvier, sur la Lisaine, avec le corps ennemi von Werder. Le 17, Bourbaki, averti de l'approche du général

Le désarmement de l'armée française de Bourbaki aux Verrières. D'après une composition de Gustave Roux.

loz ». Cette donation fut confirmée par bulles des papes Adrien IV, du 24 avril 1155, et Alexandre III, du 4 novembre 1179. Guillaume de Rue abandonne, en 1188, au couvent de Hautcrêt tous ses droits et ses possessions de Bouloz. Les de Prez et de Rue, qui possédèrent des terres dans ce village, les cédèrent en grande partie au même monastère. La grande dîme de Bouloz fut vendue à Louis de Savoie par acte de 1306. — Il exista au moyen âge une famille de ce nom dont les membres furent des bienfaiteurs du monastère de Hautcrêt. — Humbert apparaît comme témoin en 1155. — Géroldus, bourgeois de Romont, et ses frères Andréas et Rodulphus, sont cités dans un acte de la fin du XIIe s. — Voir Diesbach : Regeste frib. — Gumy : Regeste d'Hauterive. — Dellion : Dict. hist. IX. — Kuenlin : Dictionnaire. — MDR XII. [G. Corpataux.]

BOUQUET. Nom de plusieurs familles vaudoises. L'une, originaire de Gex, se fixa à Céligny et à Rolle à la révocation de l'Édit de Nantes. Elle a donné : — 1. Louis, 1704-1781, lieutenant général en Hollande. — 2. Henri-Louis, 1715-1765, servit en Hollande, puis en Sardaigne, en France et enfin en Angleterre. En 1754, il fut nommé colonel du Royal américain qui se battit

von Manteuffel à la tête de l'armée du Sud, se décida à la retraite et tenta de forcer le passage vers Lyon. Surprises par les manœuvres rapides de l'adversaire, ses troupes démoralisées et désorganisées furent rejetées sur la frontière helvétique. Leur chef tenta de se suicider le 26 et fut remplacé le même jour par le général Clinchant qui atteignit Pontarlier le 28 et résolut d'entrer en Suisse. Les troupes de couverture étaient alors concentrées dans le Jura bernois ; le général Hans Herzog, envoyé en grande hâte sur les lieux, atteignit Les Verrières le 31 vers minuit et fut avisé peu après de la proximité de l'armée française. Un parlementaire de l'état-major du général Clinchant, le colonel Chevals, se présenta et négocia l'internement dont l'acte fut signé au quartier-général français jouxtant la frontière, en présence du lieutenant-colonel suisse Sieber. Armement, équipement et caissons devaient être déposés à l'entrée. Vers 5 heures du matin, le 1er .février, Clinchant et son état-major traversèrent Les Verrières, où ne stationnaient que le bataillon bernois 58 et une batterie d'artillerie ; toutes les autres troupes disponibles étaient échelonnées sur la frontière et le long du Valde-Travers. L'armée française était dans un état lamen-

BOURBAN (BOURGBAN)

BOURDILLAT

table. Durant leur trajet vers l'intérieur, hommes et chevaux reçurent les premiers soins de la population compatissante. Le 1er février encore, le Conseil fédéral répartit les internés entre les cantons d'après leur population et leurs moyens ; Berne en reçut 20 000, Zurich 11 000, Vaud et Argovie 8000 chacun, Saint-Gall 7000, Neuchâtel 1000, etc. Les tableaux de répartition accusèrent un total de 83 301 hommes dont 54 000 entrés à Sainte-Croix, Vallorbe, le Val de Joux, les autres aux Verrières. 72 000 fusils, 64 000 sabres et environ 300 canons furent remis aux autorités suisses. Ceux des 10 000 chevaux qui purent être sauvés furent partagés entre onze cantons et vendus plus tard aux enchères. La caisse d'armée, contenant 1 682 584 francs, fut conduite à Berne. L'armée de l'Est fut hospitalisée pendant près de deux mois dans des camps d'internement, organisés dans 188 localités ; les officiers étaient séparés de leurs hommes, et les plus élevés en grade libres de séjourner dans certaines villes. Il y eut 1700 décès, dont 22 à Morges le 2 mars causés par l'explosion de munitions et 21 à Colombier (Neuchâtel) à la suite d'un accident de chemin de fer le 22 mars. Après la conclusion de la paix, le 13 mars, commença le rapatriement, terminé le 24. La France exprima sa gratitude à la Suisse par un décret solennel de l'assemblée nationale de Bordeaux. Les frais, s'élevant à fr. 12 154 396 étaient complètement remboursés le 12 août 1872.

A ces événements se rattache l'émeute de la Tonhalle de Zurich, le 9 mars 1871. Les Allemands de cette ville avaient organisé ce jour-là une fête de la victoire dans l'ancienne Tonhalle; elle fut très fréquentée, mais offusqua bon nombre de Zuricois. Un mouvement se produisit le soir sur la place de la Tonhalle et la foule, mêlée d'officiers français, le sabre au clair, pénétra dans la salle de fête. Les troupes stationnant dans la ville rétablirent l'ordre, mais se montrèrent insuffisantes pour réprimer les troubles qui durèrent jusqu'au 12 mars. Une levée de troupes devint nécessaire. Cet incident diminua beaucoup les sympathies du pays pour les officiers internés. ■ — Voir E. Daval : Les troupes françaises internées enSuisse... en 1871. — P. Troxler : Bourbaki und der Uebertritt der franzôsischen Ostarmee in die Schweiz 1871. — A. Bachelin : L'armée de VEst en Suisse. — Ed. Secrétan : L'armée de l'Est. — Ed. Jacky: L'occupation des frontières suisses en 1870-1871 et Ventrée en Suisse de l'armée française de l'Est. [H. Tr.]

BOURBAN (BOURGBAN). Famille mentionnée à Nendaz (Valais) dès le XVe s. • — 1. Pierre-Joseph, * à Nendaz le 10 décembre 1734, chanoine de Saint- Maurice 1758, grand sacristain 1791, f 9 octobre 1791. — 2. Pierre-Alexandre, * à Nendaz le 18 avril 1854, chanoine de Saint-Maurice 1876, professeur au collège 1882, archiviste et professeur d'histoire, prieur de la communauté, f 22 septembre 1920. Il s'occupa des fouilles faites sur l'emplacement de l'ancienne basilique d'Agaune et publia le résultat de ses recherches entre autres dans ASA et dans la Revue de la Suisse catholique. A publié : la Chronique Bérodi ; la biographie du chanoine Veguer ; L'enseignement à Saint-Maurice du Ve au XIVe s. — Jérôme, frère du précédent, curédoyen de Leytron où il construisit l'église actuelle en 1895. [Ta.]

BOURBERAIN, Claude, de Dijon, fut graveur de la monnaie de Neuchâtel de 1590 à 1596 et de 1599 à sa mort survenue en 1607. Avant de venir à Neuchâtel il aurait travaillé pour la ville de Genève, et de 1595 à 1599 il grava les coins des monnaies de l'évêque de Bâle. On lui doit aussi la plaque funéraire, en bronze, de Pierre Vallier dans l'église de Cressier. — AIN 1894. 111. — S KL. [L. M.]

BOURBON. Deux femmes de cette famille eurent à gouverner le comté de Neuchâtel. — Marie, duchesse d'Estouteville, comtesse de Saint-Pol, fille de Jean, * 30 mai 1539, épousa en 1557 Jean de Bourbon et en 1563 Léonor d'Orléans-Longueville, comte de Neuchâtel. Devenue veuve en 1573, Marie de Bourbon prit la régence du pays de Neuchâtel pendant la minorité de son fils Henri Ier d'Orléans. Elle sut administrer avec beaucoup de fermeté et de prudence, fit l'acquisition de la seigneurie de Valangin (1592) et restaura les finances de

1 État. Henri I" d'Orléans mourut en 1595, deux jours après avoir été rendu père du futur Henri II. Dans ces circonstances, Marie de Bourbon continua à administrer Neuchâtel jusqu'à sa mort, qui survint le 7 avril 1601. — Anne-Geneviève, fille de Henri de Bourbon, prince de Condé,*27août 1619, épousa en 1642 Henri II d'Orléans- Longueville, petit-fils de la précédente. Henri II mourut le 11 mai 1603 laissant deux fils, Louis-Charles, comte de Dunois, et Charles-Paris, comte de Saint-Pol. Le premier, faible d'esprit, entra dans l'église et remit le comté de Neuchâtel à son frère cadet en 1668. Ce dernier fut lue le 2 juin 1672 au passage du Bhin, et sa succession disputée entre sa mère, d'une part, et sa sœur d'un premier lit, Marie de Nemours, d'autre part. Après un procès resté célèbre, Anne-Geneviève de Bourbon fut investie de la curatelle de son fils aîné, l'abbé d'Orléans, devenu dément. Auparavant déjà, elle avait administré Neuchâtel conjointement avec ses deux fils. Elle mourut le 15 avril 1679. — Voir Chambrier : Hist. de Neuchâtel. — Bott : Belle-mère et belle- fdle, dans MN 1921. — A. Piaget : La duchesse de Nemours à la Neuveville, dans MN 1922. [L. M.]

BOURCART. Famille primitivement originaire de Bichterswil (C. Zurich), où elle écrivait encore son nom Burckhart. En 1760, un Johann-Jacob Burckhart émigra en Alsace, se fixa à Wesserling comme industriel en coton et francisa son nom. — Un descendant d'une branche de Guebwiller est Charles-Daniel, * le 20 mai 1860, fils de Charles, qui renouvela en 1871 sa qualité de citoyen suisse. Il fit des études à Bâle et à Leipzig, docteur en droit 1882, attaché et secrétaire de légation d'ambassade à Paris 1883, chargé d'affaires, puis ministre plénipotentiaire à Londres de 1895 à 1902, secrétaire du Département politique fédéral à Berne 1912, chef de la division pour les affaires étrangères, ministre en Autriche-Hongrie 1915, en Autriche 1918, et en Hongrie 1921. [A. B.]

BOURDIGNY.de (BOURDIGNIN). Famille noble du territoire genevois, mentionnée pour la première fois en 1236. Elle a fourni à Genève, à la fin du XVe s., des syndics et des conseillers. Dans un cartulaire des Archives de Genève, on trouve une miniature reproduite par Galiffe dans Genève Hist. et Archéol. avec la mention Hugues de Bourdigny, capitaine général -en 1450. — Voir Regeste genevois. — Galiffe : Not. gen. — Reg. du Conseil I — - Armoriai genevois. — C. de Mandach : Jean Sapientis de Genève, dans Gazette des Beaux -Arts 1918. — Arch. Genève: Mns. hist. 62. [A.-Pl. J.]

BOURDIGNY (C. Genève, Rive Droite, Corn. Satigny. V. DGS). Anciennes formes : Burdigniacum Burdignins. Dès 1292, Bourdigny était en grande partie une terre du chapitre de Genève ; fia seigneurie de Gex y avait d'autres terres qui relevaient des fiefs de Versonnex et de Chavilar. Le territoire était rattaché à la terre dite du Mortier, comprenant Satigny, Bourdigny, Peicy et Peney. En 1749, la partie de Bourdigny qui relevait de la seigneurie de Gex fut cédée à Genève par la France. La cure, qui dépendait du décanat d'Aubonne, est citée en 1153 dans une bulle d'Innocent IV qui la rattachait à ce moment au prieuré de Saint-Jean près Genève. L'église, relativement bien conservée, a été convertie en « fruitière ». — Voir Galiffe : Genève Hist. et Archéol. suppl. — Regeste genevois. — Jaccard : Essai de toponymie dans MDR, 2e série VIII. — Arch. Genève : P. H. n°* 71, 77. — MDR VII, 47, 316 ; XIV, 8, 29. [A.-Pl. j.]

BOURDILLAT. Famille éteinte de Divonne au pays de Gex, reçue à la bourgeoisie de Genève en 1633. Une branche s'établit il y a un siècle à Rouen et à Marseille. Armoiries : d'argent à un mur crénelé de sable, ajouré d'une porte et surmonté d'une tour couverte. — Jaques, horloger, 1730-1793. Englué fougueux, il blessa mortellement dans une émeute un nommé Mottu (13 février 1791) et fut condamné à un an de prison. Cette affaire eut sa répercussion devant le tribunal révolutionnaire et contribua à faire condamner à mort De Rochemont, avocat de Bourdillat dans son procès, et un certain Delorme qui avait pris part à la bagarre de 1791. Bourdillat fut massacré dans la nuit du 10 au

BOURBILLON

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