‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 158 sur 425 · BRUSSE-LAMOTTE · texte numérisé non relu

BRUSSE-LAMOTTE

BRUTTISELLEN

nisée par des gens de la Valteline. Des légendes, de vieux noms de routes, celui de la ferme ai Romani, près de Viano, et de la famille éteinte des Romano témoignent d'établissements romains. En 602 Brusio et Poschiavo furent pillés par les Lombards. Au XIIe s., l'empereur fit don de Brusio à l'évêque de Coire, de qui la famille von Matsch, entre autres, le tint en fief. En 1408, les gens de la vallée de Poscbiavo adhérèrent à la Ligue de la Maison-Dieu ; ils furent pendant quelque temps, jusqu'en 1487, sous la domination de Milan. En 1537, ils rachetèrent pour 1200 florins d'or tous les droits de souveraineté de l'évêque, ce qui fut le début de l'émancipation des différentes communes. Selon un jugement du 19 juin 1542, Brusio avait une part des revenus et offices de la Valteline et le droit de nommer un juge pour son compte. Avec la nouvelle division du canton en circonscriptions et districts, du 1er avril 1851, Brusio devint une commune indépendante, formant à elle seule une circonscription. Il passa à la foi réformée peu après 1549 ; mais les massacres de la Valteline (1620) et de Poschiavo (1623) obligèrent beaucoup de protestants à s'enfuir. En 1738, un arrangement intervint entre catholiques et protestants, aux termes duquel un quart des revenus et offices devait revenir aux seconds. En 1704 Brusio vendit pour 2500 livres au capitaine Ulrich de Salis-Samaden toute la part de bénéfices à laquelle la commune avait droit dans l'administration de la Valteline ; mais le tribunal de la Ligue de la Maison-Dieu cassa l'acte de vente. Sur une terrasse rocheuse au-dessus du lac de Poschiavo se trouve la chapelle de Saint-Romerio (Remedius) ; c'était une fondation monastique remontant à l'an 1100 et qu'on attribue aux Capitanei. Le pape Léon X supprima le couvent en 1517 et en attribua les biens à l'église Notre- Dame de Tirano. Le 1er janvier 1907 on a ouvert à Brusio une grande installation de forces motrices qui dessert entre autres le chemin de fer de la Bernina et le chemin de fer rhétien. Registres de paroisse dès 1627.

— Voir SB, vol. 51. — Registres de Brusio. [T. Semadeni.] BRUSSE-LAMOTTE ou BREUSSE dit LA- MOTTE, JACQUES, *1727, fils de Louis, originaire de Loriol en Dauphiné, reçu bourgeois de Genève en 1732, fut un fougueux représentant. Élu membre du Conseil des Deux-Cents en 1782, proscrit la même année, il fit partie de la colonie genevoise de Constance. De retour à Genève en 1789, il fut condamné au bannissement perpétuel par le premier tribunal révolutionnaire comme entaché de conservatisme. — Voir Karmin : D'Ivernois.

— Sordet : Dict. des fam. genevoises. [C. R.] BRUSTLEIN, BRÛSTLIN, BRUSTELLIN. Famille patricienne (Achtburger) de Mulhouse qui a donné à la ville des conseillers et des bourgmestres, et dont des branches s'établirent en France, en Prusse, à Bâle et à Brougg (cette dernière éteinte dans les mâles en 1906). Armoiries : de sable au cor d'or lié de sinople, surmonté de trois anneaux d'or. D'après le chroniqueur Henric Pétri, elle était à Mulhouse une des familles les plus considérées

et des plus remuantes. Après que les privilèges furent enlevés à la noblesse et aux Achtburger, elle entra dans les corporations et à son propre compte ou au nom de la ville mena campagne contre la noblesse du Sundgau. — 1. Cunin, du Conseil 1398, bourgmestre de Mulhouse 1404. — 2. Hans, avoyer 1441, bourgmestre 1450, collabora à la conclusion de la paix entre Mulhouse et Johann zu Rhein. — 3. Hans, membre du Conseil, député en 1506 à la conclusion de l'alliance avec Bâle et à la préparation de celle avec les Confédérés. —

4. Martin, prévôt de corporation, capitaine des troupes de Mulhouse dans la campagne de Milan, prit Pavie en 1512, prit part à la bataille de Marignan 1515, chercha en 1523 à expulser Ulrich von Hutten de Mulhouse, fut banni en 1536 pour tentative de soulèvement en faveur des mercenaires. Il se fixa à Bâle où il est mentionné en 1542 comme Sechser de la confrérie des Jardiniers. —

5. Daniel, sous-avoyer, un des chefs des Grosshàufischen qui voulaient renouveler l'alliance avec les

ItHBS II — 21

cantons catholiques. Il fut condamné à mort après l'insurrection de 1590. — 6. Johann-Eduard, * 1846, ingénieur, construisit les lignes de chemin de fer Bâle- Delémont, Bâle-Flûh, du Gurten et du lac de Thoune. — -7. Alfred, frère du n° 6, * 1853, avocat, rédacteur de la Schweiz. Grenzpost et de la Basler Morgenzeitung, directeur de l'Office fédéral de la poursuite pour dettes et faillite, député socialiste au Grand Conseil de Berne, au Conseil national 1902-1911. — Voir Henric Pétri : Chronik der Stadt Mûlhausen. — Cartulaire de la ville de Mulhouse. — - Meininger : Arbre généalogique de l'ancienne famille patricienne B. — AGS I. [A. st.]

BRUTAL-RADIKALE ou RADM/ENNER. Nom donné à la gauche du parti radical lors de la régénération zuricoise ; soutenu par de nombreux adhérents à la campagne, ce groupe se distingua par la virulence de son journal, le Schw. Freiheitsfreund. Ce nom fut repris dans d'autres cantons. — Voir Wettstein : Régénération des Kts. Zurich 1830-1839, p. 528, 534. [W. U.]

BRÙTSCH. Famille du Hegau (Schaffhouse). Mentionnée dès la fin duX IVes. (Étymologie SI V, p. 1226)

— Konrad, * 1863, avocat à Schaffhouse. Il fut plusieurs fois président du Grand Conseil et s'occupa entre autres de la revision du Code pénal en ce qui concerne les délits commis par des enfants [Rippmann.]

BRÙTTELEIM. Voir Bretiège.

BRÙTTEIM (C Zurich, D. Winterthour. V. DGS). Com. politique et paroisse. Villa romaine. 876 Pritta. Armoiries : tranché d'azur et d'argent à une faucille au naturel brochant sur le tout. L'abbaye de Saint-Gally fut d'abord propriétaire de la plupart des terres ; puis ce fut, depuis la seconde moitié du Xe s., le couvent d'Einsiedeln, qui y possédait en propre dix fermes administrées par des intendants. Les fonctions d'avoué du domaine, relevant d'Einsiedeln, furent d'abord tenues en fief par les comtes de Rapperswil, puis, depuis Rodolphe Ier, par la maison de Habsbourg, à qui appartenait également le droit de haute justice. Ces droits passèrent en 1452 à la ville de Zurich, en même temps que le comté de Kibourg. Le nom de Brûtten fut porté par une famille de chevaliers, ministériaux d'Einsiedeln, qui avait sa résidence a l'endroit dit a im Buch ». Il existe un rôle coutûmier de Brûtten datant delà domination autrichienne, mais transmis seulement par un manuscrit du XVIe s. Les dîmes appartenaient à Einsiedeln, avec le droit de collation, qui passa en 1834 à la ville de Zurich. Dès 996 existait à Brûtten une chapelle, qui fut agrandie en 1560 et 1774. L'église a été refaite en 1907. Population : 1634, 230 hab.; 1920, 475. Registres de naissances et de mariages dès 1590, de décès dès 1685. — Voir SSR. — Stauber : Bilder aus der Gesch. von Brûtten. — Ringholz : Gesch. des Stiftes Einsiedeln. [E. Stauber.]

BRUTTIIM. Famille valaisanne mentionnée à Nax- Vernamiègeau XIIIe s., puis danslachâtelleniedeGranges-Grône au XIVe s., à Bramois, à Arbaz, à Saint-Léonard et à Sion. Elle acompte de nombreux prêtres et notaires. — Jean-Pierre-Philippe, de Grône, curé de Loèche-les-Bains 1771, chancelier épiscopal 1773-1776.

— 2. Maurice, de Grône, curé de Troistorrents 1770, doyen de Monthey 1781, f 1804. — 3. Auguste, 1810- 1894, président de Sion et professeur au collège. [Ta.]

BRUTTISELLEN (C. Zurich, D. Uster. V. DGS). Vge et Com. civile de la paroisse et Com. politique de Wangen. 1228 Brutissellon, 1243 Brittesselde, 1269 Brittissellin : auberge de Briti (voir SI VII). La terre et les revenus, d'abord aux mains de ministériaux et des Habsbourg qui y avaient des sujets, passèrent au couvent du Zurichberg, à la prévôté et à l'hôpital de Zurich, et à celui de Rapperswil. Les Habsbourg avaient le droit de juridiction sur le village qui dépendait alors du bailliage de Kibourg. Les chevaliers de Saint-Jean à Bubikon eurent plus tard la basse justice, et, à côté du chapitre du Grossmunster de Zurich, des dîmes à Bruttisellen et Wangen, qu'ils vendirent en 1618 à Zurich. En 1813, un bâtiment d'école y fut construit. Bruttisellen forme aujourd'hui une

Novembre 1922

BIUÎTTISELLKN

BUBENBERG

commune scolaire primaire, et depuis 189'.) secondaire avec Dietlikon. lue fabrique de souliers a été créée en 1894. En 1634, 38 hab. ; 183(5, 163 ; 1910, 817. [C. B.]

BRÙTTISELLEN (NOBLES DE). Famille de la suite des comtes de Habsbourg. — Hugo, 1207-1243, témoin dans un arbitrage entre l'abbesse de Sâckingen et le comte de Habsbourg Rodolphe le vieux 1207; arbitre dans la contestation de partage entre les comtes Albert et Rodolphe de Habsbourg 1238 ou 1239. Voir Zeller-Werdmùller : Ziircher Burgen I. — UZ I-II. — Herrgott: Genealogia Habsburgica II, p. 209. — FRB II, 182. — Kopp : Eidgen. Bunde II, 1, p. 584. [F. H.'

BRUWILER, Hans, de Saint-Gall, devint en 1502 vicaire de Saint-Théodore à Râle où il étudia avec Zwingli, puis de Saint- Alban. Curé de Liestal en 1524, il se tint sur la réserve, mais demeura à son poste lorsque la Réforme fut introduite ; doyen de la campagne 1529, fl540 à Liestal. — Voir K.Gauss: Reformations gesch. Liestals. — Zw. III, p. 385. [K. Gauss.]

BRUYKESSEL, Kaspar. Horloger d'origine inconnue, bourgeois de Lucerne 1522, de Rerne 1547. Il fut nommé régulateur des horloges de la ville ( Zytgloggenrichter) à Rerne en 1555 ; f probablement en 1567. — Voir S KL. [L. S.]

BRUZELLA (C. Tessin, D. Mendrisio. V. DGS). Com. et paroisse de la pieve et décanat de Ralerna. Ancienne forme du nom : Brusella. Première mention : 852. Anciennement Rruzella fit partie de la paroisse de Ralerna, puis forma une paroisse avec Caneggio, dont il se sépara au commencement du XIXe s. Population : 1845, 189 hab. ; 1900, 247 ; 1910,241. Registres de paroisse dès 1649. — Monti : Atti. — Hidber : Urkundenregister. [C. Trezzini.]

BRYNER, Jean, de Rassersdnrf (Zurich), * à Rassersdorf le 29 octobre 1816, t à Lausanne le 7 décembre 1905. Peintre, coloria en 1833 des vues du canton de Vaud, puis l'album de la fête des Vignerons. Dès 1838, il se voua à la gravure, et édita de nombreuses vues de Lausanne et des reproductions de tableaux de Calame, de Dubois, de Diday. Fut pendant plusieurs années maître de dessin au Collège cantonal et au Collège Galliard, à Lausanne. — SKL. [M. R.]

BUACHE. Famille de Payerne (Vaud), citée dès 1419. En 1803, une branche a opté pour la nouvelle commune de Corcelles. [B.|

BUBENBERG (ALT et NEU) (C. Rerne. V.

DGS). Deux ruines de tours portent ce nom : Alt- Rubenberg près de Frauenkappelen a presque entièrement disparu ; Neu-Rubenberg près de Schlieren, commune de Kôniz, possède encore quelques murs sur une colline dans l'ancienne juridiction de Sternenberg. Elles ne jouèrent aucun rôle dans l'histoire, et il n'y eut jamais de seigneuries de ce nom. — Voir Mulinen : Beitrâge II. — J3BG I, 17. [H. Tr.]

BUBENBERG, de. Famille bernoise, dont l'histoire est intimement liée au développement de l'État de Berne. La plupart de ses membres furent élevés au rang de chevaliers. Armoiries : à l'origine : parti de gueules au lion d'or et d'azur à une fasce d'argent surmontée de trois monts du même ; plus tard : coupé d'azur à une étoile d'argent et d'argent. Un Cuno von Rubenberg, selon la légende, aurait été le premier architecte de la ville ; mais on n'en trouve pas trace dans les documents. La famille est mentionnée pour la première fois avec — 1. Peter I, cité comme avoyer entre 1235 et 1246. — 2. Heinrich, avoyer 1257, 1258-1263, 1266, chevalier ; t avant 1274. — 3. Cuno, chevalier 1268, avoyer 1269-1271 ; t 1274. — 4. Ulrich, frère du n° 3, chanoine de Moutier-Grandval 1267, curé de Schùpfen 1268, chevalier 1282, avoyer de Rerne 1284- 1293. — 5. Johann, le vieux, fils du n° 3, membre du Conseil 1293, seizenier 1295, chevalier 1299, avoyer 1323-1324 et 1326-1327 ; t avant le 16 mai 1348. — 6. Johann II, le jeune, fils du n° 4, chevalier 1331, huit fois avoyer entre 1319 et 1350, accusé de corruption et déposé en 1350, il semble pourtant qu'il fût de nouveau membre du Conseil en 1369. Il acheta en 1338, du chevalier Johann von Strâttlingen,la seigneurie de Spiez et en reçut l'investiture du duc Albert d'Autriche, pour lui et ses descendants, le 1er juin 1368. A côté de la maison

Sceau de Johann de Bubenberg en 1320 environ.

qu'il possédait dans l'actuelle rue des Gentilshommes, il y en avait, deux autres qui appartenaient à des membres de sa famille. A l'extinction de celle-ci en 1516, elles fuient achetées toutes trois par Louis d'Erlach et, rebâties en l'an 1752, formèrent I' ' Erlac.herhof. — 7. Ulrich II, fils du n° 6, membre du Conseil 1347, bailli d'Aarberg 1365, avoyer de Berne 1367-1381. — 8. Johann, le jeune, fils du n°6, chevalier 1339, commandant de Laupen pendant la guerre du même nom, membre du Conseil 1342, avoyer 1364-1367 ; t avant le 1er juin 1368. — 9. Otto, frère des deux précédents, membre du Conseil 1365, bailli de Laupen 1369, chevalier 1386, avoyer de Berne 1383- 1393, membre du Conseil après 1397. —10.

Vincenz, également fils du n° 6, chevalier de l'Ordre teutonique, commandeur à Kôniz 1365, à Beuggen 1379- 1389, commandeur général pour l'Alsace et la Bourgogne, ammand'Altishofenl380.

— 11. Markwart, chevalier de l'Ordre teutonique, commandeur à Sumiswald 1371- 1398. — 12. Heinrich IV, arrière-petit-fils du n° 6, membre du Conseil 1422, bailli d'Aarbourg 1425 et 1434-1437, avoyer de Thoune 1426-1430, chevalier 1438, six fois avoyer de Berne entre 1447 et 1463, surarbitre entre Zurich et Schwyz 1450 ; f 1464. — 13. Adrian, fils du n° 12, * vers 1431 à Spiez, fut page à la cour du duc de Bourgogne, membre du Grand Conseil 1451, bailli de Lenzbourg 1457-1461, de Payerne 1476, du Petit Conseil 1464, chevalier 1466, fit un pèlerinage au Saint-Sépulcre de Jérusalem 1466 ; envoyé en Savoie pour le renouvellement de l'alliance avec le duc 1467, avoyer 1468-1469, 1473-1474, 1477-1479, chef des troupes envoyées à Mulhouse 1468. Dans l'affaire des seigneurs justiciers (Twingherrenstreit), il soutint énergiquement la cause des vieilles maisons nobles, à qui Berne, selon lui, devait sa force. Ami de la Bourgogne, il chercha tant qu'il put à empêcher la rupture avec Charles-le-Téméraire, ce qui lui valut d'être expulsé du Conseil et banni le 11 juillet 1474 par le parti français que menait Nicolas de Diesbach. Il ne s'en mit pas moins à la disposition de son gouvernement quand éclata la guerre avec la Bourgogne, et fut chargé de la défense de Morat, qu'il tint avec 1500 Bernois et 80 Fribourgeois, du 9 au 22 juin 1476, contre 40 000 Bourguignons. Comme défenseur de Morat, il compte parmi les figures les plus populaires de l'histoire suisse. Il fut deux fois, en septembre 1476 et août 1477, du nombre des ambassadeurs envoyés auprès de Louis XI, lequel se vengea la seconde fois par un traitement extrêmement blessant des sentiments anti-français que Bubenberg avait manifestés antérieurement, f entre le 1er et le 7 août 1479. On obtint avec peine de l'ensevelir en terre sainte, le pape s'y opposant, probablement parce que Bubenberg était sous le coup d'une excommunication. Une statue lui a été élevée à Berne en 1897. — Voir SBB I. — 14. Adrian, fils du n° 13, * vers 1458, fit en 1480 le pèlerinage de Jérusalem et fut créé chevalier ; du Petit Conseil 1480, fut membre de différentes ambassades bernoises : ainsi à la diète de Worms 1495, à Rome, avec l'empereur Maximilien 1496, aux Pays-Ras 1498, commandant des Rernois à Dornach en 1499 ; f 1506 à Morges, dernier de la descendance légitime. Les difficultés d'argent où se trouvait sa maison l'avaient obligé, comme déjà son père, à aliéner une grande partie du domaine familial, qui s'était étendu peu à peu aux seigneuries et châteaux de Spiez, Mannenberg, Schadau, Alt et Neu Rubenberg, Stràttlingen, Wattenwil, Thierachern et Reutigen. — Voir SBB I. — Le dernier membre de la famille fut — - 15. Adrian, fils naturel du n° 14, membre du Grand Conseil 1537, bailli de Romain-

BUBENDORF

BUBIKON

môtier 1537-1548, intendant du chapitre de Zoflngue 1549-1555, de celui de Berne 1562-1563 ; t 1564. — Voir SBB II. — LL. — F. W. von Mûlinen : Die Herren v. B. dans GHS III, avec indication des sources. — AHS 1908. [H. Tr.l

BUBENDORF. Voir Boncourt.

BUBENDORF (C. Bâle-Campagne, D. Liestal. V. DGS). Vge, Com. politique et paroisse. 1239 Bubendorff. On y a trouvé des tombes celtiques et des établissements romains à plusieurs endroits, à Bad et à Furlen, ainsi qu'une route romaine àNeuhof et à langen Hag. Situé sur une ancienne terre d'Empire, ce que rappellent encore les noms de Kùngsbrunnen et de Kônigsbaum, Bubendorf passa de bonne heure, par une donation du roi, ou peut-être seulement des Frobourg, à l'évêque de Bâle. Le domaine, la plus grande cour collongère du pays, comprenait, outre Bubendorf, Ramlinsbourg, les terres de Gùrbeln dans la juridiction de Hôllstein, de Wildenstein,et une partie de celles de Ziefen et de Lupsingen. Le chapitre de Bâle l'inféoda à un noble, qui prit par la suite le nom de von Bubendorf. Gomme ses descendants devenaient trop puissants aux yeux de l'évêque, ils furent expulsés de leur domaine. L'église, dédiée à la Vierge Marie et plus tard aussi aux 10 000 vierges, fut attribuée le 6 novembre 1401, par le pape Boniface IX, au chapitre épiscopal ; elle passa avec la Réforme à la ville de Bâle. Le premier pasteur fut le Souabe Marx Heiland, qui de 1529 à 1534 fut en même temps doyen du chapitre de Waldenbourg, dont Bubendorf relevait. Après sa retraite en 1535, la paroisse fut réunie à celle de Ziefen, embrassant dès lors les villages de Bubendorf, Ramlinsbourg, Ziefen, Arboldswil et Lupsingen, jusqu'à ce que les deux paroisses fussent de nouveau séparées en 1810. Un contrat du 20 mai 1607 assurait à la famille Strûbin, de Bâle, le monopole de la cure d'âmes à Bubendorf et à Ziefen. Aussi de 1535 à 1795 la paroisse n'eut-elle que deux fois, 1639-1646 et 1734-1750, un pasteur qui ne fût pas un Strûbin. Durant les troubles de 1831-1833, Bubendorf tint pour la ville, ce qu'elle manifesta par son vote au scrutin de 1831 ; aussi le préfet et le greffier de Liestal y transportèrent-ils leur siège. Mais le 3 mars 1833, Bubendorf se mit aussi du côté de la campagne. Le village a été pourvu d'une nouvelle église en 1833.

Registres de naissances et de mariages dès 1529, de décès dès 1795.

— Voir Freivogel : Die Land. Basel in der 2. Hdlfte d.18. Jahrh. — Merz : Burgen des Sisgausl. — A. Bernoul-

li : Basel in den 30er Wirren.— Basler Nbl. 1907-1910. — K. Weber: Die Bevolution im Kanton Basel, 1830-1833.

— [K. Gauss.] — Sur le territoire des bains actuels de Bubendorf, on a trouvé des monnaies romaines, des urnes funéraires, des restes de maçonnerie et des briques moulées, également romaines. L'ancienne voie romaine du Hauenstein passait par là. On y a trouvé aussi des tombeaux alémannes qui témoignent d'une colonisation postérieure. La source connue depuis longtemps sous le nom de Kônigsbrunn donna l'idée de créer des bains qui étaient très fréquentés, notamment au XVIIe s., pour leurs vertus curatives. Cette source n'est plus utilisée aujourd'hui ; en revanche, il y a à Bubendorf des bains d'eau saline. Dans les troubles de 1830-1833 qui aboutirent à la scission, c'est aux bains de Bubendorf que commença le mouvement contre la ville : il s'y tint le 18 octobre 1830, sous la direction de Stephan Gutzwiller, une assemblée de 40 hommes des cinq districts de la campagne, qui adressa au Grand Conseil une pétition pour demander une nouvelle constitution. Les mécontents organisèrent au même endroit le 29 novembre une nouvelle assemblée, qui réclama la recon-

naissance de la souveraineté du peuple et la convocation d'une constituante. — Voir Basler Zeitschrift fur Geschichte... 9, p. 350. — Bruckner : Merkwiirdigkeiten, p. 1764. — A. Bernoulli : Basel in den 30er Wirren. [O. G.]

BUBENDORF, von. Vassaux des seigneurs de Frobourg, ils étaient aussi détenteurs de la cour collongère de Bubendorf comme fief du chapitre de Bâle ; ils sont mentionnés pour la première fois en 1239 en la personne de Rudolf. — 1. Henmann, conseiller en Autriche 1378. — 2. Heinrich, chanoine de Zofingue 1378, prévôt du chapitre 1389, f le 28 févr. 1394. — 3. Wernher, chanoine de Zofingue, f 1383. — Voir Merz : Burgen des Sisgaus I. — Zimmerlin : Jahrzeitbuch des Stifts Zofingen. — Brunner : Das allé Zofingen.

Gfr. 16.

BUBIKON

déjà. Plus tard

[K. G. et Gr.] (C. Zurich, D. Hinwil. V. DGS). Com.

politique et scolaire, paroisse. Elle porte les mêmes armoiries que la maison des chevaliers de Saint- Jean :

écartelé, au 1 de gueules à une croix d'argent, aux 2 et 3, d'or à un B de sable, au 4 de sable à la croix ancrée d'argent. Le nom dérive du nom de personne ahd. Buobo = fermes des descendants de Buobo. L'abbaye de Saint -Gall possédait des droits fonciers à Puapinchova en 811 les de Toggenbourg y eurent des

Bubikon en 17G5. "D'après une gravure sur cuivre de la Topographie de D. Herrliberger.

terres. La basse justice appartenait à la maison des chevaliers de Saint-Jean ; la haute justice, par contre, aux Grûningen. Le chroniqueur Johannes Stumpf, qui fut prieur de la maison de Saint- Jean et pasteur de la commune de 1522 à 1543, y introduisit la Réforme. Le premier bâtiment scolaire fut construit en 1696, et reconstruit en 1836. Des filatures y ont été installées dans la première moitié du XIXe s. ; l'asile Friedheim pour enfants abandonnés a été fondé en 1846 par le procureur général David Rahn. Population : 1634, 262 hab. ; 1836, 1583 ; 1920, 1795. — Voir SSR. — G. Strickler : Das Zurcher Oberland. — Mem. Tig. I-IV.

La maison des chevaliers de Saint-Jean à Bubikon a été fondée vers la fin du XIIe siècle par Diethelm von Toggenburg sur la rive Ouest du Schwarz. Le fondateur fut enterré dans la chapelle de l'ordre ; sa pierre tombale, remplacée au XVe s., se trouve dans la chapelle gothique du Musée national. A Bubikon succédèrent les fondations des commanderies de Tobel, Leuggern, Wâdenswil et Kûsnacht. Le commandeur Heinrich von Lichtensteig, t vers 1297, augmenta considé-

BtlBLIKON

BUGH

rablement les possessions de la maison. Dès 1467, les commandeurs de Bubikon et de Wâdenswil revêtirent la charge de grand maître. Sous le grand prieur Rudolf von Werdenberg apparurent en 1480 des administrateurs laïques. En 1528, la commanderie passa aux mains du grand maître de Zurich, mais avec cette clause que l'administrateur devait être un zuricois réformé. En 1618, la ville de Zurich acquit toutes les propriétés de l'ordre, administrées par le grand maître de Zurich, consistant en la maison de Zurich, les droits de collation et les dîmes de Buchs et de Wangen (Zurich), ainsi que les droits de justice à Wangen et à Brùttisellen. Escher von Berg acquit en 1789 le reste de la seigneurie et le vendit en 1790 à Zurich ; la maison des chevaliers avec les terres qui en dépendaient restèrent la propriété de Escher. Ce domaine est aujourd'hui morcelé. — Voir Zeller-Werdmiiller : Das Ritterhaus Bubikon dans MAGZ XXI. — Der Freisinnige 1901-1902. — ASA, NS, XII. [F. Heoi.]

BÙBLIKON (C. Argovie, D. Baden. V. DGS). Village ; en 850 Pullinchova ; en 1300 Bùebelinkon. Après la conquête de l'Argovie par les Confédérés, il forma avec Wohlenschwil et Màgenwil le district inférieur du Freiamt, soumis au bailliage de Bremgarten. Il avait droit de présentations des sous-baillis. Il fut incorporé au district de Baden en 1803 et réuni en 1906 à Wohlenschwil, dont il dépendait déjà au spirituel. La dîme se payait autrefois à Kônigsfelden. Le village brûla à la bataille de Wohlenschwil lors de la guerre des paysans 1653. En 1920, 308 habitants. — Voir Zschokke : Gesch. des Aargaus. — Taschenbuch der hist. Gesellschaft des Kts. Aargau 1902. [O. Z.]

BUBNA, Ferdinand, comte de, général et homme d'État autrichien, * à Zamersk le 26 novembre 1768. Il était feld-maréchal lieutenant sous les ordres de Schwarzenberg, lorsque les Alliés décidèrent de traverser la Suisse en décembre 1813. A la tête de la première division légère, forte de 20 000 h., il franchit le Rhin le 21 décembre à Grenzach, arriva le 22 à Soleure, le 23 à Berne et le 27 à Lausanne. A côté de sa mission militaire, il en avait une autre, d'ordre politique, qui consistait à ramener le pays de Vaud sous la domination bernoise. Mais devant l'attitude unanime des Vaudois contre Berne, il s'abstint de toute démarche en faveur de celleci. Son objectif principal était Genève, qu'il occupa le 30 décembre, et où il autorisa la constitution d'un gouvernement provisoire pour administrer la cité affranchie de la domination française. Lui-même nomma le 1er janvier 1814 une commission gouvernementale pour tout le Département du Léman, sous la direction du général Zechmeister. Il quitta Genève le 2 janvier, après s'y être emparé de l'artillerie et y avoir laissé une garnison de 3000 h. De Lausanne, il avait lancé le 27 décembre un corps volant sur le Valais, qui fut conquis sans coup férir. Le 30, Sion était occupé. En décembre 1814, le Conseil de Genève conféra à Bubna la bourgeoisie d'honneur, dont le diplôme lui fut envoyé dans une boîte d'or ornée de gravures. Il mourut à Milan le 6 juin 1825. — Voir art. Alliés — Dierauer . — ADB.

— Œchsli : Le passage des Alliés en Suisse. — Eug. Demole : Bubna et le gouvernement de Genève, dans JG 29 juin 1914. [L. M. et O. K.]

BUCANUS, Guillaume duBuc, ditBucANUs, d'une famille originaire de Rouen, pasteur à Yverdon et professeur de théologie à l'académie de Lausanne de 1591 à 1603. Ses Institutiones theologicse parus à Genève en 1602, manuel de dogmatique et de polémique, furent souvent réédités et traduits en plusieurs langues. [M. R.]

BUCELIN, Gabriel, de Diessenhofen, * 1599, moine bénédictin à Weingarten près de Ravensbourg 1617, puis prévôt à Feldkirch, f 1681. Généalogiste connu, il laissa entre autres : Rhsetia sacra et profana ; Topo-Chrono-Stemmatopographica; Constantia Rhenana.

— Voir LL. — v. Mulinen : Beitrâge I, p. 92. — Kindler von Knobloch : Oberbadisches Geschlechterbuch. [L. S.]

BUCER, Martin, 1491-1551, réformateur de la Haute-Allemagne, théologien et diplomate ; 1506-1516 dominicain à Schlettstadt, son lieu de naissance, dès 1517 à Heidelberg. Il quitta l'Ordre en 1521, fut prédicateur à Strasbourg 1523, et appelé en 1549 comme pro-

fesseur à l'université de Cambridge (Angleterre). Il joua un rôle très important dans l'histoire religieuse de la Suisse par les efforts, infructueux il est vrai, qu'il fit pour arriver à une union entre les Suisses et Luther. En 1528, il prit part à la dispute de Berne et s'entremit en 1529 pour organiser le colloque de Marbourg, qui n'eut pas de résultat. Lors d'une conférence à Bâle, en février 1531, il s'efforça de déterminer les Suisses à adhérer à la ligue de Smalkalde, renouvela en 1533 ses tentatives pour conclure une union, prit part au commencement de mai aux synodes de Berne et de Zurich où il recommença les négociations en mai 1534. Après avoir réussi à conclure en 1536 le concordat de Wittenberg entre Luther et la Haute-Allemagne, il s'efforça, lors des conférences de Bâle, en septembre 1536 et de Zurich, en mai 1538, de gagner les Suisses à une confession se rapprochant de la confession luthérienne, toutefois de nouveau sans succès. Il arriva cependant, lors du synode de Berne, en septembre 1537, à obtenir un rapprochement passager entre l'Église bernoise et Luther, et remania dans le sens luthérien le catéchisme bernois de Megander, disciple de Zwingli. Simon Sulzer, seconda efficacement par son influence ses tentatives de médiation. Par sa doctrine de la prédestination et sa manière de voir en discipline ecclésiastique, il a exercé une certaine influence sur Calvin, qui fut appelé en 1536 à Strasbourg par son entremise. — Voir G. Anrich : Martin Bucer (avec bibliographie). [E. B.]

BUCH (C. Schaffhouse, D. Reiath. V. DGS). En 806, Ratolvespuah (?) ; 1080 et 1270 oppidum de Gerold et Conrad von Buch ; du ahd. daz buoch = forêt de hêtres. Situé dans l'ancien comté du Hegau, plus tard dans celui de Nellenbourg, possession autrichienne, Buch faisait partie des villages du Reiath sur lesquels Schaffhouse obtint en 1723 de l'Autriche la souveraineté après de longs efforts. Le couvent de femmes de Sainte-Agnès, à Schaffhouse, obtint en 1341 et 1354 la basse juridiction sur Buch, de Bertold von Stoffeln et de Limpach, bourgeois de Diessenhofen ; il la conserva jusqu'en 1529, mais l'hypothéqua aux von Randegg de 1452 à 1480. Le bourgmestre Hans Peyer racheta en 1529 les droits de basse justice pour les céder peu après à la ville qui les conserva jusqu'en 1798. Buch fut rattaché au haut-bailliage de Buchthalen, Gailingen et Gennersbrunn. Il forma une enclave jusqu'en 1803, date où l'Acte de Médiation rattacha le district de Stein au canton. On possède un coutumier de 1483 et un terrier de 1487. Les Klingenberg brûlèrent le village dans la guerre contre la noblesse souabe 1464 ; gens et bêtes furent emmenés sur le Hohentwiel ; la guerre de Trente Ans fit aussi beaucoup de mal. Les démêlés au sujet de la frontière entre Buch et Ramsen durèrent de 1662 à 1777. La chapelle fut remplacée par une église, mentionnée en 1474 et dépendant de la paroisse de Gailingen-Randegg, incorporée au couvent d'Allerheiligen. Les prêtres de cet établissement y lurent la messe jusqu'en 1539, puis un prédicateur réformé venu de la ville les remplaça. Buch devint paroisse autonome 1713, date de la construction de la cure. L'église fut rebâtie en 1858-1861. Registres de naissances et de mariages dès 1635, de décès dès 1772. [H. Werner.]

BUCH. Famille patricienne éteinte de la ville de Soleure, issue de Sébastian Buch, pharmacien de Vienne qui devint bourgeois en 1554. Elle s'éteignit avec Franz-Viktor-Joseph 1707-1783, grand conseiller et bailli de Bechbourg. Armoiries : d'azur à une licorne issante d'argent armée d'or sur trois monts d'or ; plus tard les coupeaux sont remplacés par une couronne d'or. — 1. Urs, 1637-1699, grand conseiller en 1655, commandant à Dorneck 1677, Jungrat 1680, bailli de Flumental 1686, de Kriegstetten 1696. — 2. Franz- Viktor, 1685-1765, grand conseiller 1707, grand sautier 1712, Jungrat 1717, bailli de Flumental 1721, bourgmestre 1727, Altrat et bailli du Lebern 1728, de Bucheggberg 1733, trésorier et banneret 1736, avoyer 1742. Il reçut un gobelet d'or avec l'inscription Defensor patriae, pour la manière dont il avait traité l'affaire du « conseiller honoraire » avec le lieutenant général de Besenval. — 3. Felix-Hieronymus, 1717-1782, fils du

BUCH AM IRGHEL

BUCHEGG (COMTES DE)

n° 2, cadet dans le régiment Sury en Espagne 1735, enseigne 1736, capitaine dans le régiment des gardes suisses en France 1742, colonel de régiment en Espagne 1746, brigadier 1754, maréchal de camp 1763. Il se distingua lors del'expédition d'Alger et fut décoré del'Ordre de Saint-Jacques, lieutenant-général 1775. — Voir LL.

— LLH. — May de Romainmotier : Hist. milit. de la Suisse, p. 233, 259. — François Girard : Hist. abrégée des offic. suisses, p. 88. — Franz Haffner : Geschlechterbuch.

— P. Protas Wirz : Bùrgergeschlechter. — Bestallungsbuch. — Valerland 1885, 29 nov. et suiv. — Glutz- Hartmann : Der Conseiller honoraire. [v. V.]

BUCH AM IRCHEL (C. Zurich, D. Andelfingen. V. DGS). Com. politique et paroisse, comprenant Ober et Unter Buch, Bebikon, Desibach, Oberhub et Wiler. Armoiries : d'argent à un hêtre de gueules sur trois monts de sinople. Au XIe s. et vers 1240, Bouch ; dès 1248, Buoch. Le couvent de Zwiefalten (Wurtemberg) reçut vers 1090 l'église paroissiale et presque tout le sol en don du comte Kuno von Achalm-Wùlflingen; toutefois, après sa mort (1094), son frère Lùtold,t 1098, donna l'héritage aux fils de leur sœur, von Horbourg. Au XIIIe s., ces biens, y compris l'église et Wùlflingen, étaient une ancienne possession des Habsbourg. D'autres propriétés à Buch passèrent de ministériaux des Kibourg ou des Habsbourg aux couvents de Tôss, de Beerenberg, aux chapitres d'Heiligenbergetd'Embrach. Quand les Habsbourg recueillirent l'héritage des Kibourg, 1264, le château et le village de Wùlflingen et Buch furent attribués au bailliage de Winterthour. Le bailliage avec la haute et basse juridiction fut remis en 1376 aux seigneurs de Seen. Avec cette baronnie de Wùlflingen, Buch, qui formait la untere Herrschaft passa en diverses mains et en 1761 à Zurich. Le droit de collation appartenait avant la Réforme au chapitre de chanoines d'Heiligenberg ; Zurich se l'attribua ensuite. Le village passa en 1798 au districtd'Andelfingen, en 1803 à celui de Winterthour, en 1814 au haut-bailliage, puis dès 1831 district d'Andelfingen. En 1634, 311 hab. ; 1836, 784 (avec Gràslikon) ; 1920, 465. Registres de naissances et de mariages dès 1600, de décès dès 1646. — Voir Ortlieb et Berthold : Zwiefalten Chronik, dans Mon. Germanise Scriptores X. — UZ. — Habsburg. Urbar. — SSB. — LL. — LLH. — Bluntschli : Memorabilia Tigurina. — Nbl. der Naturforschenden Gesellschaft Zurich 1894. [O. Farner.]

BUCHBERG (C. et D. Schaffhouse. V. DGS). Vers 1125 : Buochperch. On a découvert au Sud du village vers le Murkathof des restes de fortifications en terre. Situé dans le landgraviat du Klettgau, Buchberg fut vendu en 1656, avec d'autres villages, par le landgrave von Sulz à la ville de Schaffhouse qui y exerça la haute juridiction. Il forme encore aujourd'hui avec Rûdlingen une enclave en territoires zuricois et badois dans la boucle du Rhin en amont d'Eglisau. La basse juridiction sur Buchberg, Rûdlingen et Ellikon appartenait au couvent de Rheinau qui le remit en fief. Les plus anciens tenanciers connus furent les nobles von Thengen, qui le vendirent en 1337 et 1339 aux bourgeois de Schaffhouse an dem Lewe ; il passa ensuite aux Fulach en 1373, au bourgmestre Hans Trùlleray en 1509, et en 1520 à la ville de Schaffhouse. Les revenus de ce fief, devenu haut-bailliage, étaient affectés à l'assistance publique. Rheinau possédait aussi des terres à Buchberg, par don de Lùtold von Weissenburg, vers 1125. ÇLes Randenburger, les Fulach, et le couvent de Saint-Biaise y étaient aussi propriétaires fonciers. Il exista peut-être un château sur le Hurbig, résidence des nobles von Buchberg, au Nord du village. Le fils du bourgmestre am Stad surprit et pilla ce château en 1451 pourse rembourser des intérêts d'une somme d'argent prêtée au couvent de Rheinau. Deux incendies détruisirent une partie du village en 1603 et 1767 ; la peste le ravagea en 1629. Le cercueil utilisé alors est encore conservé dans l'église. Cette dernière, mentionnée en 1275 et dont Rûdlingen dépendit dès le XIIIe s., était sous le patronage de la prévôté d'Œhningen qui y percevait aussi la dîme. La prévôté ayant fusionné avec l'évêché de Constance en 1534, Buch, quoique protestant, y fut rattaché aussi. Le pasteur était désigné par

Schaffhouse et confirmé par l'évêque. Les biens de ce dernier furent sécularisés en 1803 et Schaffhouse acquit en 1804 la paroisse, le droit de patronage et un riche bénéfice. L'église fut rebâtie en 1849. Registres de paroisse dès 1820. — Voir Rueger : Chronik. — Bâchtold : Pfarrpfrùnden. — Bàchtold: Bewerbung der Landschaft. [H.Werner.]

BUCHBERG (OBERER) (C. Saint-Gall, D. Gaster, Com. Benken. V. DGS). La commune de Obérer Buchberg est mentionnée en 1452. Un monument y fut érigé en 1519, cause première du pèlerinage actuel de Maria- Bildstein. — Voir AS G V, p. 359. — Tremp : Bildsteinpilger. [M.]

BUCHBERG, von. Famille noble éteinte des Grisons. Selon Ardùser et LL, elle commence avec Andréas t 1080. Aux XIIe, XIIIe et XIVe s., on trouve une série de chevaliers de ce nom, qui se termine avec Georg, 1481, et Andréas, 1487. Selon LL,l'abbesse Adelheid II de Schânnis, vers 1127, était une Buchberg de la famille rhétienne. Le château des Buchberg se trouvait, selon la tradition, près d'Ems, ou peut-être aussi à l'Obérer Buchberg, dans le Gaster (?). — Vers la fin du XVIe s., une famille noble du nom de Buchberg apparaît à Lenz, représentée par - — ■ Paul-Ambrosi, landammann de la juridiction de Belfort, podestat de Plurs 1585 (JHGG 1890). Cette lignée s'éteignit vers 1792. — Une Buchberg, peut-être la petite-fille du précédent, épousa vers le milieu du XVIIe s. un Siméon de Lenz ; il se forma ainsi une branche Simeon von Buchberg (voir cet art.) — Voir LL. — LLH. — J. Arduser : Beschreibung. . p. 6. — Renseignements du chapelain Simeon à Sedrun. — Archives as Lenz. [L. J.]

BUCHEGG (COMTES DE). Famille importante de dynastes, seigneurs et possesseurs du Bucheggberg entre Biiren et Soleure.

Le château ancestral de Buchegg était situé sur une colline dominant le petit village d'^Etigen. Armoiries :

anciennement, de gueules au pal d'or chargé de trois roses de gueules ; plus tard de gueules à trois roses d'or en pal. L'origine et l'âge de la famille sont inconnus. Le premier mentionné est — 1. Hugo, témoin d'affranchissement accordé vers 1130 Lothaire au couvent de Trub, f 1185.

avoué du chapitre de Saint-Ours à mentionné comme chevalier 1224, 1252, avoyer de Berne 1253, f entre - 3. Heinrich, fils du n° 2, comte

dans un acte par l'empereur — ■ 2. Peter, Soleure 1218, comme comte 1273 et 1276.

1276-1313, chevalier vers 1292, avoué de Saint-Ours, prit part le 14 janvier 1301 à l'arbitrage d'une querelle entre le comte Otto von Strassberg et Fribourg. Le 18 février 1314, après une longue opposition, et sur l'intervention du duc Léopold d'Autriche, il remit son landgraviat au comte Hartmann von Kiburg. Il entra très vieux dans l'Ordre teutonique, f 14 août 1320. — 4. Hugo, fils aîné du n° 3, accompagna l'empereur Henri VII à Rome 1310, avoyer de Soleure 1315, fut l'un des chefs de l'armée du roi Robert de Naples, qu'il accompagna auprès du pape à Avignon 1319 ou 1320 ; il obtint du pontife l'élection de son frère Matthias à l'archevêché de Mayence ; bourgeois de Berne le 4 mars 1335, f le 20 mai 1347. Après lui, les biens de la famille passèrent aux branches collatérales, les Signau et les Senn de Mùnsingen. — 5. Berchtold, frère du n° 4, commandeur de l'Ordre des chevaliers teutoniques à Sumiswald 1302, d'Alsace et de Bourgogne 1305-1321, de Coblenz 1324. Il empêcha par son opposition, même contre son frère Matthias, lors d'une assemblée à Rense, l'élection du roi français Charles IV au trône impérial, projetée par le parti autrichien et les princes-électeurs ecclésiastiques; évêque de Spire 1328, de Strasbourg 1330-1353. Il soutint de nombreuses luttes, entre autres contre l'empereur Louis de Bavière, contre son propre chapitre, et prit part aux persécutions des Juifs durant la peste de 1349, f le 24 novembre 1353, dernier rejeton mâle. — 6. Matthias, fils cadet du n° 3, frère gardien des bénédictins de Murbach 1312, prévôt de Saint- Leodegar à Lucerne 1313, archevêque de Mayence 1321,

32fi

RlCIIEGCBERf,

WCHENSTEIN

grâce à son frère Hugo se maintint contre son compétiteur Balduin de Luxembourg, élu par le chapitre. Comme ses frères, il soutint toujours de toutes ses forces la maison d'Autriche contre Louis de Bavière et eut de nombreux démêlés avec la ville de Mayence, le landgrave de Hesse, etc. f empoisonné, semble-til, le 9 septembre 1328. — Voir SBB II et III (avec bibliographie). — ■ MGS I (avec sceaux). — BBG XVIII. [H.Tr.]

BUCHEGGBERG (C. Soleure. V. DGS). District. Ancienne seigneurie des comtes von Buchegg, il passa à l'extinction de cette maison à Burkhart Senn, deMiinsingen, par mariage en 1375àHemmannvon Bechburget de la veuve de celui-ci en 1391 à Soleure. Berne enayantacquis la haute juridiction en 1406 par l'achat du landgraviatdes Kibourg (selon les Soleurois en 1451), cette région forma jusqu'en 1798 un condominium soleurois-bernots. Les baillis étaientnommés tous les trois ans par Soleure. Les droits respectifs des deux souverains furent réglés par les accords de 1516, 1538, 1545, 1639, 1665. Berne protégea les prédicateurs lors de la Béforme, de sorte que toutes les communes adoptèrent la nouvelle foi. — Voir LL. — - Kasser : Aarwangen. — von Mulinen : Beitràge V. — Dierauer III. — Eggenschwiler : Territ. Entwicklg. d. Kt. Sol. — Kocher : Berns Malefiz- und Reli gionsrecht im Sol. Bucheggberg, Nbl. d. lit. Ges. Bern 1918, 1919. [L.S.]

BUCHEGGER. Famille bourgeoise de Wittenbach (Saint-Gall). — Franz-Eduard, 14 décembre 1814-2 janvier 1868, prêtre 1840, maître à l'école cantonale catholique de Saint-Gall, directeur de l'école normale de Saint-Gall 1848-1855, de celle de Seewen près de Schwyz 1856-1861, bibliothécaire du chapitre de Saint- Gall 1861. Il s'occupa de politique et a laissé plusieurs publications. ■ — Voir KKZ 1868, p. 26. — Archives du chapitre. [J. M.]

BUCHEL. Familles des cantons de Bâle et St-Gall.

A. Canton de Bâle. Famille bâloise éteinte. — 1 . Ema- NUEL, dessinateur et aquarelliste, *1705; d'abord boulanger, il se consacra bientôt tout entier à son art. A l'exemple de Matth.Merian, il cultiva surtout le paysage et le dessin topographique. Parleur exactitude, ses nombreuses vues de Bâle et environs servent aujourd'hui de base à toutes les recherches sur le passé local. Les archéologues et les critiques d'art n'estiment pas moins ses relevés de la Danse des morts, des restes antiques de la Chartreuse de Bâle et du couvent de Klingental, etc., t 1775. — 2. Daniel, architecte, neveu du n° 1, 1726- 1786, auteur d'une série de beaux édifices bâlois. — 3. Johann-Ulrich, architecte, graveur et aquarelliste, fils du n° 2, 1753-1792, construisit entre autres la maison zum Kirschgarten, le Segerhof, etc. — Voir SKL. — BJ 1894, p. 187. — Basler Bauten des XVIII. Jahrh., p. 4. fC. Ro.l

B. Canton de Saint-Gall. — John, * 1839 à Riiti, sa commune d'origine ; en 1865, il émigra à Louisville (Kentucky) et y ouvrit en 1889 un hôtel, à proximité de la ville, au bord d'une route fréquentée; une petite ville qui prit le nom de Buchel se développa bientôt autour de l'hôtel. Buchel y exerça pendant 32 ans les fonctions de maître des postes; il y mourut le 24 juin 1911. — Voir St. Galler Nbl. 1912, p. 75. — Der Rheintaler 1911, n° 98^ 1912, n° 1 et suiv. [Bt.]

BÙCHELER. Ancienne famille zuricoise de Kloten, connue dès le commencement du XVe s. et dont plusieurs membres furent sous-baillis du village. [J.Frick.] BÙCHELER, BUCHLER. Famille du cantond'Appenzell (Rh.-Int.). — 1. Jakob Bûchler, d'Eggerstanden, conseiller, fut cause en 1535 du Bûchler ou Bannerhandel. Il excita le peuple contre le gouvernement, parce que le landammann Eisenhut et le secrétaire d'État Zydler avaient revendu aux Saint-Gallois une bannière conquise sur eux et retenaient les pensions dues à Appenzell. Les Rhodes-Extérieures et les Confédérés durent intervenir pour protéger Saint-Gall et Vadian. La Diète de 1539 confirma le jugement rendu par Appenzell contre Bûchler le condamnant à la perte de sa charge de conseiller et à une amende. — ■ Voir Vadian : Reimchronik. — Kessler : Sabbata. — Zellweger : Gesch. des Appenzeller Volkes III. — Bodemer :

Der Bannerhandel. — • 2. Anton-Joseph, architecte, trésorier et intendant de l'hôpital 1755. — 3. Josepii- Michael,* 1752, premier-lieutenant au service de France, banneret du pays 1783. — [R. Sch.-B.] — 4. Gottlieb, * 11 mai 1783 à Schwellbrunn, fut d'abord tisserand, puis devint par la suite le premier historien de son canton. En 1831, il se prononça, par sa brochure Die appenzellisch-ausserrhodische Landbtichsache, en faveur de la revision de la constitution. Il écrivit en outre : Ueber Rats- und Gerichtswesen und die frûhere Rechtspflege im Kt. Appenzell A.-Rh.; Gesch. der Familie Scheuss. Collaborateur de V Appenzeller Ztg. et de YAppenz. Volksblatt. f 8 avril 1863. — Voir Appenz. Ztg. 1863. n° 81. [A. M.]

BUCHELI. Famille lucernoise, du bailliage de Lucerne (commencement du XVIe s.). — Balthasar, de Malters, fit un pèlerinage à Jérusalem en 1583. — Karl, de Lucerne, orfèvre, directeur de la Monnaie de 1785 à 1797. [P--X. W.]

BUCHEN (C. Saint-Gall). Voir Thal.

BUCHENEGG (C. Zurich, D. Affoltern. V. DGS). Com. civile et scolaire avec Dâgerst, comprenant, outre Hinter et Vorder Buchenegg, quelques fermes sur l'Albis. En 1184 Bochenecke ; en 1232 Buochuneka ; à cette date tous les droits appartenaient au couvent de Cappel. Plus tard Zurich acquit de particuliers les droits de justice sur Buchenegg et Dâgerst et les incorpora au bailliage de Wettswil-Bonstetten. Hinter Buchenegg appartenait au bailliage de Knonau. Des traces de château se trouvent entre les fermes de Hermen et de Vorder Buchenegg. Possède une école probablement dès le milieu du XVIIe s. — Voir SSR. — Nbl. Waisenhaus Zurich 1920. — ZWChr. 1914, p. 355. [F. Hegi.]

BUCHENEGGER. Famille de prévôts de corporations et grands conseillers des XIVe et XVe s. à Zurich. — 1. Heinrich, ecclésiastique, notaire impérial public 1359. — 2. Ulrich, prévôt de la corporation des tisseurs de laine, ainsi que les nos 2 à 5 ; du Conseil de Noël 1369-1370 et 1370 à 1374. — 3. Walther, du Conseil de la Saint-Jean 1370, 1375 à 1398. — ■ 4. Johannes, du Conseil de Noël 1405 à 1409. — 5. Walther, du Conseil de Noël 1410-1416, du Conseil de la Saint-Jean 1416-1418. — ■ 6. Peter, membre du Conseil des Cornus, comme représentant de la corporation de la Meise en 1489, douzenier 1494. — Voir Gfr. 23, 301. — Dok. Waldmann. — Archives d'État Zurich. — ZStB. [F. H.] BUCHENEL. Nom de famille neuchâtelois mentionné au XIVe s. à Fontaines, à Môtiers et à Boveresse ; au XVe s. au Landeron. La famille actuelle est originaire de Fontaines et possédait la bourgeoisie deValangin déjà en 1400. [L. M.]

BUCHENRAIN (C. Lucerne. V. DGS). Vge, Com. Armoiries : d'or au hêtre de sinople terrassé de même. Buchenrain était primitivement un des domaines de Murbach, dont les fermages revenaient au prieur et au couvent des bénédictins de Im Hof. La commune et la paroisse sont mentionnées pour la première fois en 1257. En 1291, le village fut acquis par la maison d'Autriche ; jusqu'à la République helvétique, il appartint aux bailliages de Rotenbourg, puis de Lucerne. En 1395, la juridiction devint la propriété de Lucerne, où, en 1352, 35 hommes de l'endroit, appartenant à l'Autriche, avaient acquis le droit de bourgeoisie. Les travaux d'endiguement, nécessités par les fréquentes inondations de la Reuss, furent un lourd fardeau pour la commune ; c'est pourquoi elle fut dispensée dès 1520 de payer des impôts au bailliage de Rotenbourg. En 1455 et en 1748 des églises furent construites. Registres de paroisse dès 1592. — Voir Gfr. 44, p. 30 ; 74, p. 10. — Segesser : Rechtsgesch. I, p. 410, 432. — Ratsprotokolle. — Archives de Lucerne. [P.-X. w.]

BUCHENSTEIN (C. St.-Gall, D. Unter-Rheintal). Château en ruines situé sur les hauteurs, au Sud de Bernegg. Buchenstein était un fief dépendant de l'abbaye de Saint-Gall, dont les détenteurs portaient comme armoiries : de gueules à une faucille dentelée d'or. Après leur extinction, l'abbé Eglolf vendit le château aux von Rosenberg, de qui il passa en 1418 à Rudolf von Mogelsbeig, puis en 1439 aux Muntprat de Rosenberg, qui laissèrent le château se délabrer et en vendi-

Page 1