CANTON
(C. Grisons, l>. Iloinzenberg, Cercle Domleschg). Ruines d'un château dans le voisinage de Paspels. Primitivement fief de l'évêché de Coire concédé aux barons de Vaz ; le château passa par alliance en 1338 au comte Rudolf von Werdenberg-Sargans. Lors de la querelle de Schams, en 1431, l'intérieur de la tour fut incendié, puis reconstruit plus tard et flanqué de créneaux. Lors du renouvellement du traité avec Schwyz et Glaris, en 1458, les comtes Wilhelm et Georg von Werdenberg- Sargans s'engagèrent à prêter aide et secours avec leurs deux châteaux d'Alt- et de Neu-Sùns. — Voir Wegelin : Reg. v. Pfàfers, n° 592. — Tschudi II, p. 587. — Kriiger : Die Grafen von Werdenberg-Heiligenberg-Werdenberg- Sargans, p. 381 et Reg. n° 931. [A. Mooser.]
CANTELMI, Giacomo, de Naples, fils du duc de Popolo, * 13 juin 1640, archevêque de Césarée 27 septembre 1683, nonce en Suisse 12 mai 1685-10 décembre 1687. Il travailla à la prospérité du couvent de Saint- Luzi à Coire, à la participation des cantons catholiques à l'expédition de la Morée contre les Turcs et au règlement des différends confessionnels à Glaris. Nonce extraordinaire en Pologne et en Espagne 1689, cardinal 1690, t archevêque de Naples 11 décembre 1702. ■ — Voir LL.
— LLH. — AS I, VI, 2. — Wirz : Bullen und Breven, XLI. — Gfr. 34, 77 ; 47, 324. — Mayer : Gesch. des Bistums Chur II, 514. [J. T.]
CANTIENI. Ancienne famille rhétoromanche de Schams (Grisons). Son nom est une contraction de Ca et du nom encore répandu Antieni. Diverses branches existent aux Grisons et à l'étranger, surtout en Amérique et en Australie. Les suivants furent landammann à Schams : — 1. Vyent 1424, — 2. Gion 1533 et 1544,
— 3. Beat 1777 et 1789,— 4. Casper 1877. — 5. Georg- Anton, fut landammann à Waltensbourg 1773. — Voir LL. — Conrad : Register dils mastrals dil Cumign da Schons. [G. Conrad.]
CANTIN. Famille bourgeoise d'Estavayer-le-Lac dès le XVIe s. Elle a donné des gouverneurs d'Estavayer, des notaires et des ecclésiastiques. Armoiries : de gueules à la colombe d'argent tenant un rameau feuillu de sinople en son bec, et posée sur un mont à trois copeaux du dernier. — Voir Dellion : Dictionnaire.
— Grangier : Annales d'Estavayer. [H. V.] CANTIUIMCULA, Claudius (Chansonette), * entre 1490 et 1500 à Metz, étudia à Leipzig et à Louvain et devint ordinarius legum à l'université de Bâle 1517, recteur 1519. En face du mouvement de la Réformation, il garda une attitude réservée, quitta Bâle en 1524, professeur à l'université de Vienne 1535-1541, et mourut chef de la chancellerie des pays autrichiens à Ensisheim après 1564. Auteur d'une Topica, Bâle 1520. Il fut un des premiers juristes du XVIe s. Son successeur à Bâle fut Bonifacius Amerbach. — Voir ADB. — W. Vischer : Gesch. der Universitàt Basel, p. 246. [C Ro.]
CANTON. Le terme de canton (allemand Ort, Stand, Kanton), servant à désigner les membres ou États de la Confédération suisse, apparaît pour la première fois sous la forme quantons, traduction française du latin pars, pagus, locus, latus (en latin du moyen âge canto, cantonus, quantonus, qui signifie coin, quartier, partie d'un pays) dans les manuels du Conseil et les comptes du trésorier de Fribourg à la date de 1475. Ce sont les Mémoires de Philippe de Commines (éd. Lenglet) qui introduisirent le mot dans la littérature. Dans la première partie de son œuvre, écrite en 1489-1491, l'auteur semble entendre par cantons les campagnes par opposition aux villes ; dans la seconde, écrite en 1496- 1498, il emploie le mot dans son sens plus général. Entre temps les chancelleries françaises avaient adopté ce terme, comme on peut le voir par deux lettres adressées par Charles VIII aux Confédérés, du 19 juin 1491 (archives de l'État de Berne) et du 3 juin 1493 (archives de l'État de Zurich). Depuis ce moment, il revient sans cesse dans les actes et documents émanant de France. L'exemple des Français fut suivi par le pape, puis par toute l'Europe. C'est en 1650 que le mot apparaît pour la première fois dans un document allemand (voir AS I, p. 1714 et 1717) ; dès la fin du XVIIe s., il était devenu d'usage courant dans les pays de langue allemande.
Enfin la Constitution helvétique de 1798, en transformant également en cantons les différents États, confédérés et alliés, et les bailliages communs, consacra l'usage définitif de ce terme. L'ancienne Confédération, composée de cantons et de pays alliés, combourgeois et sujets, a formé deux groupements bien distincts parmi les premiers : la confédération des VIII cantons et celle des XIII cantons. La première comprenait tous les cantons- villes et les cantons-campagnes qui étaient entrés dans la Confédération dès le XIVe s. et qui, pour cette raison, s'appelèrent plus tard les « huit anciens cantons », à savoir Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug et Glaris. Jusque vers la fin du XVe s., ces huit États eurent la tendance à maintenir leur cercle aussi fermé que possible et à n'y admettre de nouveaux membres qu'à titre de combourgeois ou d'alliés. Fribourg et Soleure, notamment, en firent l'expérience, puisque après 1481, alors qu'ils étaient censés posséder depuis cette date tous les droits, ou à peu près, des États confédérés, la résistance obstinée des cantons-campagnes réussit à les faire exclure temporairement des sessions de la Diète et de la conclusion des traités avec l'étranger. L'admission définitive de Fribourg et de Soleure en 1502 mit fin pour toujours à l'exclusivisme des huit anciens cantons. Bien que ceux-ci n'aient pas cessé de prétendre vis-à-vis des nouveaux États à une situation dirigeante et qu'ils aient conservé, par exemple, le droit de déclarer la guerre et de conclure des alliances comme ils l'entendaient, leur cercle s'était élargi dès 1501, avec l'admission de Bâle et de Schaffhouse. Ce groupe des XII cantons, associés pour le gouvernement commun des bailliages italiens de Lugano, Mendrisio, Locarno et Val Maggia (voir ces art.), s'agrandit en 1513, avec l'entrée d'Appenzell, admis par les sept anciens cantons de l'Est à gouverner avec eux le Rheintal inférieur, pour former le groupe des XIII cantons dont se composa jusqu'en 1798 l'ancienne Confédération. Après la République helvétique, les textes ne parlent plus que de cantons, et le nombre de ceux-ci s'accrut aussitôt, avec l'Acte de médiation, de six États nouveaux, jusqu'alors alliés et combourgeois, pays sujets ou bailliages communs, à savoir Argovie, Grisons, Saint-Gall, Thurgovie, Tessin et Vaud. Puis l'admission en 1815 des derniers alliés et combourgeois qui restaient encore : Valais, Neuchâtel et Genève, achevait de constituer la Suisse actuelle des 22 cantons.
Au cours de l'histoire, on voit apparaître au sein même de la Confédération des VIII, puis des XIII cantons, des groupements particuliers de cantons qui se trouvaient dans une situation identique vis-à-vis de certains pays alliés, soumis à leur protectorat, ou bailliages communs, ou qui, après la séparation confessionnelle de la Réforme, s'associèrent pour pratiquer, dans les limites du lien fédéral, une politique particulière, catholique ou protestante. Voici quels étaient ces groupements secondaires : il y avait d'abord les III cantons forestiers ou Waldstâtten, représentés par Uri, Schwyz et Unterwald, qui depuis 1500 possédaient et gouvernaient en commun Bellinzone, Riviera et le val Blenio (plus précisément Uri et Schwyz avec Nidwald seul en ce qui concernait Bellinzone, avec Obwald seul en ce qui concernait le val Blenio) et qui, comme souverains de ces contrées, avaient leurs conférences régulières. Les trois cantons sus-nommés formaient avec Lucerne depuis 1332 (et 1359) un groupe de IV cantons forestiers, protecteurs de la petite république de Gersau ; les mêmes États, moins Uri à partir du commencement du XVIe s., étaient également associés comme protecteurs de l'abbaye d'Engelberg. Par contre, dans le groupe des IV cantons qui étaient depuis 1464 les protecteurs de la ville de Rapperswil, c'était Glaris, et non point Lucerne, qui s'ajoutait aux trois cantons forestiers. Enfin un troisième groupe de IV cantons apparaît en 1451 ; c'est celui que formaient Zurich, Lucerne, Schwyz et Glaris comme cantons protecteurs de l'abbé de Saint-Gall, avec lequel ils avaient conclu le traité de combourgeoisie perpétuelle qui faisait de l'abbé un membre allié de la Confédération. A partir de la Réforme, on a les V cantons, soit Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald et Zoug, qui constituèrent depuis 1524 le noyau solide de la Con-
GANTONE
CAPEDER
fédération catholique, ayant leurs assemblées à eux qui se réunissaient régulièrement, concluant librement avec l'étranger des alliances et des capitulations militaires, formant durant les guerres de religion le parti en lutte contre les villes protestantes de Berne et de Zurich. Les
VI cantons étaient les cantons qui, depuis 1415, possédaient et gouvernaient en commun le Freiamt (voir art. Argovie, DHBS, p. 393), à savoir Zurich, Lucerne, Schwyz, Unterwald, Zoug et Glaris. Les V cantons qu'on a vus plus haut composaient avec Fribourg et Soleure un groupe de VII cantons qui avaient contracté entre eux en 1586 l'alliance appelée la Ligue d'or et qui, en tant que représentant « les sept cantons catholiques », formèrent dès lors un Sonderbund confessionnel. Il existait déjà auparavant un autre groupe de
VII cantons, celui des sept anciens cantons (à l'exception de Berne), composé de Zurich, Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug et Glaris, qui étaient associés par la possession commune du landgraviat de Thurgovie et du comté de Sargans (voir cet article).-
L'ordre de préséance ou rang officiel des cantons fut fixé de bonne heure par les habitudes adoptées en ce qui concernait, par exemple, la place occupée par les députés aux séances de la Diète, ou dans les cortèges solennels, et surtout l'énumération des États dans les actes officiels de la Confédération. Quant aux raisons qui décidèrent du rang, on tint compte à la fois de l'ancienneté de l'entrée dans la Confédération, de la préséance reconnue des villes sur les campagnes, enfin, plus généralement, de l'importance respective des divers États. Déjà dans le pacte de 1332 qui l'unissait aux trois cantons forestiers, Lucerne, en tant que ville, prit le pas sur ces derniers. A son tour Zurich, en devenant membre de la Confédération en 1351, prit le pas, comme ville d'Empire, sur Lucerne, simple ville des pays autrichiens ; c'est ainsi que cet État se trouva occuper la première place, qu'il devait toujours conserver. Il allait de soi que Berne, également ville impériale, unie aux Confédérés par l'alliance de 1353, prendrait aussi le pas sur les cantons forestiers. En 1361, la chancellerie de l'Empire, dans l'acte qui ratifiait les pactes d'alliance des Suisses, adoptait l'ordre qui fut bientôt officiellement consacré : Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, auxquels vinrent s'ajouter Zoug et Glaris, qui déjà avant 1420 se suivent toujours dans la liste. Ensuite, après 1501, Bâle fut longtemps considéré comme le neuvième canton, alors que Fribourg et Soleure, bien qu'admis antérieurement, ne venaient qu'aux dixième et onzième rangs, parce que la qualité de canton, contrairement à ce qui s'était passé pour Fribourg et Soleure, avait été reconnue à Bâle dès le début sans contestation. Si l'usage actuellement admis a replacé Bâle au onzième rang, c'est qu'on a suivi ici l'ordre chronologique, comme on a fait d'ailleurs pour tous les autres cantons qui vinrent s'ajouter par la suite aux huit anciens cantons. — Voir W. Œchsli : Orte und Zugewandte, dans JSG 13. — Le même : Die Benennungen der alten Eidgenossenschaft... dans JS G 41. [H. Tr.]
CANTONE, aujourd'hui CANTONI. Famille originaire de Cabbio, qui passa ensuite à Muggio. Elle a fourni bon nombre d'artistes qui travaillèrent surtout à Gênes. — 1. Bernardino, probablement le même que Bernardo de Cabbio, et souche des Cantoni à Gênes. En 1531, il entrait comme architecte au service de la ville de Gênes, où il est encore mentionné en 1576 ; architecte en chef 1546. Il répara le pont des Mercanti, fit le dessin de la place Fossatello et construisit la route du Castelletto. — 2. Antonio, frère du précédent et son collaborateur ; il vivait encore en 1567. — 3. Battista, en 1598 était un des concurrents au poste d'architecte de la ville. En 1599, il était appelé à Sarzana pour faire les plans d'agrandissement du chœur et de la sacristie de la cathédrale. — 4. Giorgio, architecte, succédait en 1621 au célèbre architecte Bartolomeo Bianco dans les travaux délicats de la Caméra. — 5. Pier-Francesco, de Cabbio, architecte. En 1625, il était nommé avec son frère Bernardo pour continuer les travaux des Bianco. Œuvres à mentionner : plan des fortifications entre Pagano et Rapallo ; agrandissement de la piazza délie Erbe à Gênes (1629) ; dès 1650, il entreprit avec Falcone DHBS II — 26
la construction du palais Durazzo, aujourd'hui palais royal, et l'acheva tout seul après la mort de Falcone (1657). — 6. Francesco-Maria, peintre et stucateur, de Cabbio. De 1722 à 1726, il travaillait à Gênes et sur
les bords du lac de Corne, à Gênes le couvent et l'église de la Consolation des Pères Augustins hors Porta Romana ; la route Cambiasi et le pont sur la Polcevera. — 8. Simone, * 1739 et f 3 mars 1818, fils du n° 7, architecte de Muggio. Il étudia sous la direction de son père et à Rome ; obtint le prix de l'académie de Parme.
Après l'incendie du 3 novembre 1777 qui avait détruit la grande et la petite salle du Conseil de
Gênes (palais ducal), Simone fut appelé à les réédifier et à refaire la façade du palais. Il refusa un appel delà courdePologne et de celle de Russis.