CAPELLE
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* 1705, curé à Dardin 1729-1730, Medels 1730-1762, vicaire épiscopal dans le Cadi, f 1762. C'est sous lui que l'église de Medels fut agrandie, puis consacrée le 11 septembre 1744. — 2. Georg, de Salux, curé à Brienz 1787-1843, doyen du chapitre 1830, t 8 mai 1844. — 3. Franz, de Salux, curé à Mons 1839-1844, Lenz 1851-1891, chanoine et doyen du chapitre, f 30 janvier 1891. [J. SlMONET.]
CAPELLE, Guillaume-Antoine-Benoit, baron d'empire, 1775-1843. *à Salles-Curan dans l'Aveyron, fut préfet à Livourne, puis à Genève, de novembre 1810 au 26 décembre 1813. Son administration ne fut pas mauvaise pour Genève dont il défendit souvent les intérêts. Il fut traduit le 5 janvier 1814 devant un commissaire d'enquête, accusé de n'avoir pas pris des mesures suffisantes pour empêcher l'entrée des Alliés à Genève. Disculpé, il continua sa carrière sous les Bourbons. — Voir E. Chapuisat : La Municipalité de Genève pendant la domination française. — • Le même : Propos du Temps passé, dans BIG XLIII. — Sordet : Dict. des familles genevoises. [C. R.l
CAPITAINE. Chez les anciens Confédérés, le capitaine était le chef suprême d'une troupe militaire (Feldhauptmann, Stadlhauptmann, Quartier hauptmann) ; Vobrister Hauptmann était chef de l'armée des Confédérés. Il avait à ses ordres des capitaines de piquiers ( Spiessenhauptmann) toujours à cheval, commandant à l'infanterie lourde, des capitaines de hallebardiers ( Halbartenhauptmann) , commandant l'infanterie légère, et des capitaines d'arbalétriers et d'arquebusiers (Hauptmann der Armbrust- oder Bûchsenschûtzen) . Les capitaines étaient nommés par les Petits Conseils (ainsi à Lucerne 1643), ou les Grands Conseils des villes ou les gens de la campagne (dans les bailliages d'Oberhasli et de Saanen 1628 ; les Amtshauptleute de la campagne zuricoise). Comme chefs des compagnies ou Fâhnchen, les capitaines nommaient librement les officiers subalternes et les sous-officiers (caporaux). Dans le service mercenaire, le capitaine n'était plus seulement chef, mais encore propriétaire de sa compagnie, dont il disposait à sa guise. L'État moderne fait du capitaine une classe intermédiaire entre les officiers subalternes et les officiers supérieurs. Il est le chef d'une unité de troupe : compagnie, escadron, batterie, ambulance, et depuis la réorganisation militaire de 1907, il est monté s'il est chef de compagnie. — Voir Hist. militaire de la Suisse, cahiers 3, 6 et 7. — G.-J. Peter : Ein Beitrag zur Gesch. des zixr cher ischen Wehrwesens im 17. Jahrh. [H. Br.]
CAPITANEI ou CATTANEI. Dénomination que l'on rencontre au Tessin et en Italie et qui eut différentes significations. Capitaneo signifiait, entre autres, gouverneur avec des attributions militaires. C'est ainsi que le gouverneur du val Lugano et, à un moment donné, celui des régions du lac Majeur pour le duc de Milan avaient le titre de capitaneo de Lugano ou de capitaneo du lac Majeur. Sous la domination suisse le bailli de Lugano avait aussi le titre de capitaneo ou capitano générale, parce qu'il était le chef militaire des quatre bailliages tessinois relevant des XII cantons.
Capitaneo désignait aussi une catégorie de nobles. D'après les libri feudorum des Longobards, les capitanei ou valvassores majores appartenaient à la haute noblesse. Ils tenaient leurs fiefs directement du souverain laïque ou ecclésiastique et, en rang, ils venaient après les ducs, les marquis et les comtes et avant les valvassores minores, les autorités et les bourgeois des villes. Ils correspondaient en rang aux barons d'Allemagne.
Au Tessin, on rencontre des capitanei dans différents endroits : à Locarno, Ascona, Sessa, Gudo, Gnosca, etc. Dans la pieve de Locarno particulièrement, ils formèrent une corporation puissante et jouèrent un grand -rôle économique et politique dans l'histoire de la région (voir art. Locarno). Ils y apparaissent déjà dans la seconde moitié du XIIe s., et étaient originaires de la Lombardie ; ils jouirent d'une grande influence non seulement dans la pieve de Locarno, mais aussi dans une grande partie du canton actuel du Tessin et jusque dans la Valteline. Suivant LL, les de Capitanei ou Cattanei de la Valteline seraient originaires de Locarno. D'après Oldelli et Nessi, une branche des nobles de Locarno
s'établit à Milan au cours du XVe s. en gardant le nom de de Capitani et reçut le titre de comte. L'habitation de ces nobles à Locarno (aujourd'hui Hôtel Belvédère) fut donnée au sanctuaire de la Madonna del Sasso par le comte Giovan Battista de Capitanei en 1747.
De Capitaneo dériva probablement le nom de famille Cattaneo que l'on rencontre assez fréquemment au Tessin.— VoirMeyer: Die Capitanei von Locarno. — Weiss : Die tess. Landvogteien. — LL. — BStor. 1912. — Du Cange : Glossarium. — Oldelli : Dizionario. [C. Trezzini.]
CAPITEL. Famille d'Augsbourg, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1622, actuellement éteinte. Armes : d'azur à trois chevrons d'argent. — Jérôme, 1585-1635, et son fils André, 1624-1700, furent maîtres de la Monnaie à Genève. — Voir Galiffe : Not. gen. VI, 174. — Galiffe et Gautier : Armoriai. [H. Da.]
CAPITO, Wolfgang - Fabricius , (nom latinisé de Kôpjel), * 1478 à Hagenau, f 1551 de la peste. Dr med. à Fribourg en Brisgau 1498, licencié en droit, puis en théologie à Fribourg 1511, prédicateur à Bruchsal 1512, à la cathédrale de Bâle 1515, ainsi que professeur de théologie et doyen de la faculté de théologie 1518, recteur 1517 ; auteur d'une grammaire hébraïque et premier éditeur du psautier en hébreu ; prédicateur à la cathédrale de Mayence 1520-1523. De 1523 à sa mort, à Strasbourg et ailleurs, il travailla résolument en faveur de la Réformation, participa à la Diète d'Augsbourg 1530 et collabora à la rédaction de la Confessio Tetrapolitana 1531-1532 à Berne ; auteur du Berner Synodus. Il participa aux négociations en faveur d'une union entre la Haute-Allemagne et les Suisses à Bâle 1535-1536, et travailla sans relâche à l'aplanissement du différend surgi entre Luther et Zwingli au sujet de la Cène. — Voir J. W. Baum : Capito und Bucer. — ADB. — J. J. Herzog : Realencyclopàdie fur protestantische Théologie und Kirche. — W. Vischer : Gesch. der Universitdt Basel, p. 227. [C. Ro.]
CAPITULATION. Convention par laquelle une puissance en autorise une autre à lever des troupes sur son territoire.
I. Caractères généraux. Dans le texte des traités d'alliances entre la Suisse et d'autres États, les capitulations formaient un chapitre spécial ( Capitulum). Les obligations militaires des parties contractantes y. étaient stipulées : recrutement, solde, subsistance, durée du service, pensions, effectifs, congés, nomination des officiers, secours réciproques en cas d'invasion, uniformes etarmement. Du XVe jusqu'aumilieuduXIXes., le Corps helvétique a conclu des capitulations avec la France, l'Empereur, le duc de Savoie, le Pape, les rois de Naples, d'Espagne, d'Angleterre, de Sardaigne, de Hollande, de Prusse, les Républiques de Venise et des Provinces-Unies, etc.
La couronne de France réussit à faire établir à son profit un droit de préférence, en cas de requêtes présentées par plusieurs puissances à la fois. Le fait de fournir des troupes à différentes nations en guerre, ne constituait pas un acte d'hostilité de la Suisse envers l'un ou l'autre des belligérants. La neutralité politique n'en était pas influencée.
Recrutement. Les requêtes pour obtenir des levées étaient adressées à la Diète par les ambassadeurs des puissances étrangères. La Diète transmettait les demandes aux cantons. Comme la force armée de la Confédération relevait uniquement des cantons (jusqu'en 1798), les capitulations étaient conclues avec chaque canton séparément pour les compagnies ou régiments « avoués », c'est-à-dire enrôlés et organisés officiellement. A l'origine, les contingents n'étaient recrutés que pour la durée d'une campagne. Ils rentraient en Suisse pour être licenciés. Ils devinrent des corps permanents dès la fin du XVIIe s. Les recrues s'engageaient volontairement. Une seule fois, en 1813, il fallut recourir aux enrôlements forcés pour remplir les cadres des régiments suisses de Napoléon anéantis en Espagne et en Russie. Organisation et caractère national des troupes capitulêes. Les régiments suisses, accordés en vertu de traités, restaient sujets des cantons, qui conservaient tous leurs droits sur leurs ressortissants. Les corps « avoués », images réduites de la patrie, avaient leur propre jus-
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tice, leurs tribunaux, leur code et leur procédure. Chaque unité formait une communauté militaire (Kriegsgemeinde). Règlements, formules du serment, usages, batteries de tambours, signaux, marches et drapeaux gardaient leur caractère suisse Au XVIIIe s. drapeaux flammés aux couleurs du colonel et des cantons capitulants, traversés par une croix blanche, avec devise. Les régiments portaient le nom de leur colonel. En vertu d'une sorte d'exterritorialité, aucun soldat suisse ne pouvait être soustrait à ses juges naturels. Les jugements étaient prononcés sans appel : aucun roi ou prince n'avait le droit de les casser. Les cantons maintenaient leurs prérogatives avec la dernière énergie. Louis XIV, lui-même, fut contraint de leur céder. La juridiction militaire suisse s'étendait au criminel et au civil. Tous les procès d'étrangers contre soldats suisses étaient portés devant les conseils de guerre suisses. Les officiers suisses pouvaient parvenir à tous les grades, dignités et charges militaires dans les armées étrangères. Il y eut plus de 700 généraux suisses. Ils avaient des compétences disciplinaires et administratives étendues, ils étaient responsables de leur unité devant le gouvernement de leur canton, auquel ils devaient adresser un rapport mensuel sur la marche du service. Chaque régiment avait un conseil d'administration composé du quartier-maître, du major et du colonel. Les Suisses des régiments capitules jouissaient de privilèges, surtout en France, exemption d'impôts, de tailles, d'aides, de droit d'aubaine, de droits successoraux. Leur solde était plus élevée que celle des troupes nationales des pays où ils servaient. Le libre exercice de la religion était garanti. Les capitulations renfermaient l'interdiction de se battre contre des compatriotes (le cas se produisit à Malplaquet en 1709, et à Baylen en 1808), de servir dans les colonies et sur mer. Cette clause n'a pas toujours été respectée : en 1799, les demi-brigades helvétiques ont été envoyées aux colonies par le Directoire français. En cas de danger, la Diète pouvait rappeler ses régiments capitules pour la défense du pays. Les Suisses des régiments capitules n'étaient pas des mercenaires ; ils servaient à titre d'alliés ou d'auxiliaires.
Obligations militaires des puissances alliées. Si les frontières de la Confédération étaient menacées, ses alliés s'engageaient à lui envoyer un secours de cavalerie, d'artillerie, des convois de munitions et des subsides.
Effectifs. Ils étaient déterminés par les traités et par l'état politique de l'Europe. François Ier eut 163 000 Suisses dans ses armées, Louis XIV 120 000, Napoléon 90 000.
En 1704 (guerre de succession d'Espagne), 60 100 Suisses servaient à l'étranger (France : 24 700 h. (10 régiments) ; Hollande : 11 200 h. (7 rég.) ; Autriche 6400 h. (3 rég.) ; Espagne : 6400 h. (3 rég.) ; Savoie : 9400 h. (2 rég.) ; Pologne : 2000 h. (1 rég.).
En 1745 (guerre de succession d'Autriche), 78 000 Suisses combattaient dans six armées différentes : 23 000 en France, 21 000 en Hollande, 14 000 en Espagne, 11 000 en Savoie, 6700 à Naples, 2400 en Autriche. En 1789, les troupes capitulées comptaient 40 000 h., en 1826 32 000 h., en 1859 la division suisse de Naples avait 11 000 h. (4 rég. d'inf., 1 bat. de chasseurs et une batterie d'art). Les» régiments, formés au XVIe s., d'un nombre variable d'enseignes de 300 hommes, puis de compagnies de 100 à 200 h., se divisèrent au XVIIe s. en 2, 3 ou 4 bataillons. Au XVIIIe s. le régiment fort de 1400 à 3000 h., comprenait dans la règle 8 à 16 compagnies de fusiliers et grenadiers, groupés en 2 ou 3 bataillons. (Les gardes suisses de France seuls avaient 4 bataillons). En tout : 2 millions de Suisses ont servi à l'étranger.
Fin des capitulations. La Constitution fédérale de 1848 (art. 6) mit fin au régime des capitulations. Les enrôlements sur territoire suisse furent interdits le 20 juin 1849, et les capitulations définitivement supprimées, le 30 juillet 1859 par l'assemblée fédérale. Constitution fédérale de 1874, art. 11 : « Il ne peut être conclu de capitulations militaires ».
II. Capitulations avec les différents États. A. Capitulations entre la Suisse et la France. 1. Ancien-
ne monarchie. 1447. Les cantons autorisent Charles VII à lever 4000 h.
1470 (28 sept. Tours). Accord militaire entre Louis XI et les Suisses contre le duc de Bourgogne.
1474. Alliance avec Louis XI, secours réciproque, solde 4 y2 fl. du Rhin par mois.
1475. Traité portant capitulation militaire, confirme les précédents.
1480. Capitulation pour un corps suisse de 5950 fantassins et 400 cavaliers, sous Guillaume de Diesbach, de Berne, et Jacques de Faussigny, de Fribourg.
1481. Lettres patentes de Louis XI octroyant des privilèges aux militaires suisses.
1484 (2 août). Alliance renouvelée à Lucerne avec Charles VIII. Les deux parties s'engagent à refuser tout secours aux ennemis de l'autre. Recrutement clandestin interdit.
1496-1497. Ordonnance de Charles VIII créant et organisant la compagnie des Cent-Suisses de la garde. Première troupe permanente au service étranger.
1499 (16 mai). Lucerne. Traité d'alliance avec Louis XII. Paix et trêves séparées interdites. Envoi d'un secours français d'artillerie aux Confédérés en guerre avec l'empereur (guerre de Souabe).
1500-1510. Série de capitulations autorisant différentes levées de 4000 à 8000 h. (guerres d'Italie, bataille d'Agnadel).
1509. Capitulation particulière entre Louis XII et les Ligues Grises, assimilées à trois cantons suisses.
1516 (21 nov.). Paix de Fribourg ou Paix perpétuelle avec François Ier.
1521 (5 mai). Traité d'alliance avec François Ier. Les cantons devaient fournir 16 000 h., ne pouvant être divisés pendant la guerre et employés sur mer (art. 3 et 4). Le roi fournissait de son côté 1000 cavaliers et 12 canons sur réquisition (art 7). Ce traité servit de base à tous les accords postérieurs.
1521 à 1549. Série de capitulations avec François Ier, plus de 150 000 Suisses combattent en Picardie et en Italie ; bataille de la Bicoque, de Pavie, de Cérisoles. En 1526, furent instituées les revues mensuelles ou montres servant de base au paiement exact de la solde, au contrôle des effectifs, à l'inspection de l'armement. La formation en régiments date de la campagne de 1543-
1549. Alliance renouvelée à Soleure avec Henri II. Clauses militaires comme précédemment. 82 000 Suisses servirent sous ce règne.
1553. Capitulation générale des troupes suisses au service royal, restée en vigueur jusqu'en 1671. Les colonels seront élus par l'assemblée des capitaines et non plus par le roi.
1564. Alliance renouvelée à Fribourg, avec Charles IX. Clauses militaires comme précédemment.
1567. Capitulation du régiment Pfyffer, 6000 h. (retraite de Meaux). Effectif des compagnies fixé pour la première fois : 300 h., dont 30 portant cuirasse, 30 arquebusiers, 240 piquiers.
1571. La charge de colonel-général des Suisses et Grisons devient permanente.
1579 (27 août). Traité perpétuel et séparé entre le roi, Berne, et Soleure, pour la sauvegarde de Genève. Le roi prend à sa charge l'entretien de 5 compagnies de 300 h. en garnison à Genève. Les deux cantons fournissent 6000 h. au roi.
1582. Alliance renouvelée avec Henri III ; clauses militaires comme précédemment. Les Suisses s'engagent à préférer la France à tout autre allié.
1582 à 1603. Série de capitulations pendant les guerres de religion. Batailles d'Arqués et d'Yvry. Effectif de la compagnie 300 h. (40 vêtus de corselets de buffle, 30 arquebusiers, 15 mousquetaires et 215 piquiers (capitulât, de 1589).
1602. Alliance renouvelée avec Henri IV, à Soleure. Obligation réciproque de ne pas s'offenserr. Effectif des troupes de secours. Le roi promettait de ne pas déclarer la guerre ou faire Ja paix sans en informer le Corps helvétique, de ne pas accorder passage aux ennemis de la Suisse.
1614. Zurich, resté en dehors de l'alliance depuis
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H521, fait acte d'adhésion et fournira, dès ce moment, ■des troupes à la France.
1616. Création définitive par Louis XIII du régiment des Gardes-suisses de France (premier colonel : Gallaty, de Glaris). Pendant la guerre de Trente ans, série de capitulations pour 32 régiments d'infanterie suisse qui servent en Valteline, au Piémont, sur le Rhin, •en Catalogne, en Franche-Comté, dans les Flandres. Les régiments de Wattenwyl, d'Estavayer et de Roll ^se distinguent à Rocroy (1643).
1663. Alliance renouvelée à Paris avec Louis XIV. Privilèges des militaires suisses confirmés, ainsi que les clauses relatives à la liberté du culte, droit d'hospitalisation, juridiction spéciale, solde de bataille, pensions. Principauté de Neuchâtel comprise dans les capitulations. Service réglé par le Règlement des troupes de la Nation suisse en France.
1671. Capitulation pour le régiment d'Erlach, de Berne : 12 compagnies de 200 h. ; ne devait jamais être employées contre les puissances protestantes. Ce fut le premier des régiments de ligne suisses permanents au service royal.
1671-1690. Capitulations conclues avec les cantons de Soleure, Fribourg, Berne, Schwyz, Lucerne, Glaris, Grisons et Valais pour la formation de six autres régiments permanents qui subsistèrent jusqu'à la Révolution. Dès 1688, toutes les troupes suisses de France portent l'uniforme rouge, avec revers de couleurs différentes suivant les régiments. Douze autres régiments de formation temporaire furent capitules pendant la guerre de succession d'Espagne (général Fr. de Reynold).
1715. Traité d'alliance entre les cantons catholiques e Louis XIV (questions militaires art. 2 à 19).
1719. Capitulation « non avouée » pour un régiment suisse d'infanterie de marine (col. Karrer, de Soleure) servit aux colonies. Devint Hallwyl en 1752. Réformé en 1763.
1734. Capitulation entre les Ligues Grises et Louis XV pour un régiment permanent (baron de Travers d'Ortenstein), 12 compagnies.
1751. Capitulation entre Zurich et Louis XV pour un régiment permanent (colonel Lochmann), 12 compagnies.
1756. Tous les régiments suisses, sauf les gardes, sont réduits à 2 bataillons de 720 h.
1758. Capitulation entre le prince-évêque de Bâle et Louis XV pour un régiment permanent (baron d'Eptingen), 12 compagnies.
Onze régiments suisses prirent part aux guerres de succession de Pologne, d'Autriche et à la guerre de Sept ans.
1764. Capitulation générale entre les cantons catholiques et Louis XV, pour tous les régiments permanents. En temps de paix, les régiments seront composés de 2 bat. à neuf compagnies, dont une de grenadiers et huit de fusiliers. La compagnie aura 66 hommes (3 officiers, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 8 appointés, 40 soldats, 2 tambours). En temps de guerre, 103 hommes.
Le privilège des compagnies héréditaires était supprimé. Solde du fusilier : 9 sols par jour.
1772. Adhésion des cantons protestants à cette convention. Le colonel des gardes suisses était lieutenantgénéral ; les capitaines, maréchaux de camp ; les lieutenants avaient rang de lieutenants-colonels.
1777. Traité d'alliance générale et défensive entre le roi Louis XVI et le Corps helvétique, conclu à Soleure le 28 mai. La paix perpétuelle de 1516 servait de base.
1792 (20 août). Décret de l'Assemblée nationale : « Les troupes suisses ou de pays alliés de la Suisse, cesseront d'être, comme telles, au service de la France ». La Diète rappela ses 11 régiments de France (de Wattenwyl, de Salis-Samaden, de Sonnenberg, de Castella, de Vigier, de Châteauvieux, de Diesbach, de Courten, de Saïis-Marschlins, de Steiner, de Rheinach). Le régiment des Gardes-Suisses massacré le 10 août et en septembre, à Paris, n'existait plus.
2. Capitulations avec la République et l'Empire. 1798 (19 août). Traité d'alliance offensive et défensive entre la France et la République helvétique. (30 novem-
bre). Capitulation militaire pour un corps de 18 000 h divisé en 6 demi-brigades.
1799. Convention avec la France par laquelle les
5 régiments suisses de Sardaigne passent au service de la République ; assimilés aux demi-brigades, ils forment 2 légions de 4000 h. chacune. Au total : 33 bataillons d'infanterie, 3 escadrons, 5 batteries. Campagnes d'Italie 1799-1800. Camp. d'Helvétie 1799-1800. Expéditions de Saint-Domingue, des Antilles.
1803. Traité d'alliance défensive et capitulation militaire entre la France et la Suisse, signé à Fribourg, pour 25 ans. Art. 1er : « La République française entretiendra à son service 16 000 hommes de troupes suisses ». Ces troupes seront divisées en 4 régiments de 4000 h. chacun groupés en 2 brigades commandées par des généraux suisses. En outre, 1 bataillon de dépôt de 1000 h. par régiment. En guerre, l'effectif total sera porté à 24 000 h. Le bataillon avait 9 compagnies, la compagnie 112 h. Vingt places réservées chaque année à de jeunes Suisses à l'Ecole polytechnique de Paris. Uniformes rouge, plastrons jaune, bleu de roi, noir, bleu céleste, suivant les régiments (Raguettly, de Castella, de May, Perrier).
1805. Capitulation du Valais avec Napoléon pour un bataillon de 5 compagnies. Uniformes rouges, plastrons blancs (commandant de Bons).
1807. La principauté de Neuchâtel fournit un bataillon de 875 h., en 6 compagnies (dont une de grenadiers, une de voltigeurs). Uniformes jaune à parements rouges (les Canaris) (commandant de Bosset). Campagnes de 1809, Wagram, Leipzig, Calabre, Espagne, Portugal.
1812 (28 mars). Capitulation signée à Berne, avec Napoléon, pour 25 ans ; accordait 12 000 h. en 4 régiments de 3 bataillons chacun, et 4 demi-bataillons de dépôt ; 2000 à 3000 recrues par an. Division suisse anéantie en Russie, en 1812. Avec les débris, on forma 4 bat. de dépôt.
1814. Décret de la Diète, Zurich 15 avril : « Les chefs, officiers, sous-officiers et soldats et tous individus attachés aux régiments que la Suisse a fournis au gouvernement français, ensuite de la capitulation du 28 mars 1812, ont cessé d'être au service de Napoléon Bonaparte. La Confédération suisse les déclare formellement déliés du serment qu'ils lui avaient prêté. » Les 4 bataillons passent au service de Louis XVIII.
1815. Pendant les Cent-jours, ils refusèrent de rentrer au service de Napoléon. Rappelés en Suisse, ils passèrent au service fédéral (brigade Ab Yberg). Campagne de Franche-Comté.
3. Capitulations sous la Restauration. 1816 (31 mars et 1er juin). Capitulation militaire entre le roi Louis XVIII et les cantons (Appenzell et Neuchâtel exceptés), conclue pour 25 ans.
On forma 2 régiments de 3 bataillons de la garde royale, colonels Hôgger (Saint-Gall) et d'Affry (Fribourg). Effectif du régiment 2277 h. ; ils constituaient la brigade suisse de la garde royale commandée par un maréchal de camp suisse, avec rang de lieutenant-général (Henri de Salis-Zizers).
4 régiments de ligne à 1964 h. (Bleuler, Freuler, de Steiger, de Salis), formés chacun de 3 bataillons (18 comp.), 2 canons par bat., 93 h. par comp. dans la garde, 104 dans la ligne, 2 enfants de troupe par compagnie.
Les officiers de la garde avaient un rang et une solde supérieure à leur grade. Justice limitée aux crimes et délits militaires.
Campagne d'Espagne 1823. Siège de Cadix. Prise du Trocadéro (régiment de Courten). Révolution de juillet 1830. Le régiment de Salis, de la garde royale, est attaqué au Louvre, aux Tuileries et à la caserne de Babylone, combats de rues et assauts de barricades. Les
6 régiments sont rappelés en Suisse et licenciés. Beaucoup entrèrent dans les régiments de Naples, d'autres à la Légion étrangère, créée en 1831 (9 mars), par Louis- Philippe, et commandée par le colonel Stoffel, d'Arbon (Thurgovie).
Plus de 400 Suisses parvinrent au grade de général, en France.
B. Capitulations avec l'Espagne. 1515. Alliance
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entre Ferdinand-le-Catholique et le Corps helvétique, renouvelée en 1552 par Charles-Quint (Capitulation de Milan).
1574. Capitulation entre les cantons d'Uri, Unterwald et Zoug et Philippe II, pour un régiment de 4000 h. en 10 enseignes (colonel de Roll, d'Uri).
1588 (15 mai). Alliance renouvelée.
1600. Capitulation avec Philippe II, pour un régiment de 3000 h. levé dans les cantons catholiques (colonel Lussy, d' Unterwald), campagne de Flandres.
1607. Capitulation pour un régiment de même force que le précédent.
1610 à 1620. Capitulation avec les cantons catholiques pour 5 régiments de 4000 h. chacun. Servent dans le Milanais.
1620. Capitulation avec Philippe IV, pour un régiment de 4000 h. (baron de Beroldingen, d'Uri).
1635. Nouvelle levée d'un régiment de 4000 h. (Beroldingen).
1638. Capitulation avec les cantons catholiques, pour un régiment de 3000 h. (baron Zwyer d'Evebach, d'Uri).
1639. Traité d'alliance entre les Ligues Grises et Philippe IV à Milan.
1642. Capitulation pour 2 régiments de 3000 h. chacun (Crivelli, d'Uri, et Lussy, d'Unterwald). Campagne du Milanais.
1664. Capitulation pour 2 régiments de 3000 h. chacun (Beroldingen et Closs, de Lucerne). Campagne du Portugal.
1673. Capitulation avec Charles II, pour un régiment de 3000 h. (Im Feld, d'Unterwald). Catalogne.
1683-1693. Capitulations pour les régiments de Beroldingen (Uri), de Buol (Grisons), Meyer (Lucerne), Besler (Uri), de Capol (Grisons), tous de 2400 h., divisés en
3 bataillons. Catalogne et Milanais.
1703. Capitulation pour 2 régiments de 3200 h. chacun, Betschart (Schwyz), Am Rhyn (Lucerne).
1706. Traité d'alliance avec Philippe V signé à Lucerne. Introduction de l'uniforme bleu de ciel (Suizos azurros) et des compagnies de grenadiers. Bataille d'Almanza 1707, siège de Barcelone 1714.
1719. Capitulation pour 2 régiments de 1600 h., baron de Salis (Grisons), Mayor (Morges). Sicile.
1721. Capitulation avec les cantons catholiques et le prince-abbé de Saint-Gall pour un régiment de 2400 h. (colonel de Niederôst, de Schwyz). Le roi s'arroge le droit de nommer le colonel, le lieutenant-colonel et le major, nommés jusqu'ici par les cantons. Campagne d'Afrique contre les Maures.
1725. Capitulation pour un régiment de 3200 h. en
4 bataillons (colonel Bessler, d'Uri). Afrique, Sicile, Naples.
1733. Capitulation pour un régiment de 1600 h. (2 bat. à 4 comp.) (colonel d'Aregger, de Soleure), embarqué à Cadix pour Cran.
1734. Capitulation pour le régiment de Sury, de Soleure. 1742. Capitulation pour 3 régiments de 2400 h. (Du-
nant, Ch. de Reding-Biberegg, Jos. de Reding).
1748. Sous Ferdinand VI, les régiments Bessler, Schwaller, Buch, Dunant, Vieux-Reding, Jeune-Reding, devenus permanents, formaient 17 bataillons, soit 13 600 h. Servirent en Italie.
1787. Restent 4 régiments de 1247 h. (Kruter, Thurn, Ehrler et Betschart).
1804. Capitulation signée à Berne entre le landammann de la Suisse, Louis d'Affry et le roi Joseph, pour 6 régiments de 1909 h. (de Wimpfen, Ruttimann, de Reding, Betschardt, Jann, de Courten). Guerres d'Espagne.
1823. Dissolution des régiments suisses d'Espagne prononcée par un décret des Cortès. La liquidation des arriérés de solde et des pensions dura 80 ans. Il y eut 20 généraux suisses en Espagne.
C. Capitulations avec Naples. 1734 (7 -octobre). Capitulation avec le roi Charles VII, pour un bataillon de Gardes-Suisses, 830 h., 6 comp., porté à 10 comp. en 1738 (Jos. Ant. de Tschudi, de Glaris), pour un régiment de 2310 h. (3 bat.) Léonard de Tschudi, pour un régiment de 2310 h. (3 bat.) Jauch (Uri), ravagé par la peste à Messine en 1743.
1735. Régiment Wirz (Espagne) passe au service du roi de Naples.
1744-1746. Régiment des gardes, Bessler, Aregger, Wirz, Jauch, Tschudi et Dunant. Batailles de Velletri, de Plaisance.
1754. Capitulation renouvelée par les cantons catholiques pour les Gardes-Suisses (2 bat. à 763 h.) héréditaires dans la famille Tschudi, et pour les régiments Tschudi et Jauch.
1760. Capitulation renouvelée avec le roi Ferdinand IV pour le régiment Wirz (1400 h.).
1776. Capitulations renouvelées pour les gardes et les 3 régiments de ligne. Uniformes rouges, parements bleus.
1784. Capitulation renouvelée par les cantons d'Uri, Schwyz, Unterwald, Glaris, pour le régiment Wirz. Ferdinand IV charge le maréchal de camp Ulysse de Salis-Marschlins, inspecteur général des régiments suisses de France, et le brigadier-général de cavalerie d'Orelli, de Zurich, de réorganiser son armée.
1789. Révolution à Naples et rapatriement des régiments suisses.
1825 (3 mai). Capitulation entre les cantons de Lucerne, Uri, Unterwald, Appenzell-Int. et le roi des Deux- Siciies, François Ier, pour un régiment de 1452 h. (2 bat.) (col. de Sonnenberg), 4 comp. de fusiliers (cantonales) et 2 d'élite (grenadiers et chasseurs) par bat. Justice d'après le code militaire des régiments suisses de France. En cas de guerre en Suisse, les cantons ont le droit de rappeler leurs régiments.
1825 (7 octobre). Capitulation de Fribourg et Soleure pour un régiment (2e) de 2 bat. (même composition), col. Von der Weid.
1826. Capitulation du Valais (9 sept.).
1827. Capitulation de Schwyz (8 mars).
1828. Capitulation des Grisons (7 déc), pour un régiment (3e) de 2 bat. (même composition), colonel de Salis-Soglio.
1828 (6 septembre). Capitulation de Berne pour un régiment (4e), de 2 bat. (même composition), col. de Wyttenbach. Uniformes rouges, parements et cols bleu de ciel, jaune, bleu foncé, noir, suivant les régiments. Une section d'artillerie (2 canons, 40 h.), à chaque régiment. Drapeaux portant d'un côté la croix suisse sur fond rouge, avec les écussons des cantons capitulants, de l'autre, les armes des Bourbons de Naples. Capitulations ratifiées par la Diète fédérale.
Ces troupes prirent part, en 1837, à la répression de l'insurrection de Sicile ; en mai 1848, aux combats de rues à Naples contre la Révolution. Général de Stockalper commandait la division suisse formée des régiments Siegrist, Brunner, Dufour, de Gingins-la-Sarraz.
1849. Enrôlements interdits sur territoire suisse par arrêté fédéral. Les effectifs ne cessèrent d'augmenter malgré les entraves au recrutement.
1850. Formation d'un 3e bataillon par régiment. Création du 13e bat. de chasseurs (Lombach, puis de Mechel). Il y eut alors 12 000 Suisses (13 bataillons) à Naples.
1859. Révolte des drapeaux (juillet). Licenciement des régiments (sept.). 6000 h. rentrèrent en Suisse, 1800 restèrent à Naples et formèrent 3 bataillons étrangers, les autres s'enrôlèrent dans la Légion étrangère française, dans les troupes hollandaises de Java, 800 h. renforcèrent l'armée pontificale.
En 1860, les 3 régiments étrangers et la batterie suisse Févot, de Lausanne, prirent part à la bataille du Garigliano, au combat de Ponte délia Valle, à la défense de Gaëte (généraux de Riedmatten, Valais, et Schumacher, Lucerne). Vingt-cinq Suisses parvinrent au grade de général à Naples.
D. Capitulations avec la Hollande. 1676. Capitulation entre le colonel de Wattenwyl et les États- Généraux pour un régiment suisse de 2400 h. (3 bataillons, 12 comp.).
1690. Alliance défensive et offensive entre les cantons protestants et Guillaume III d'Angleterre. Les Provinces-Unies sont comprises dans l'alliance.
1693. Capitulation pour un bataillon zuricois de 800 h. dit de garnison (places fortes du Brabant) aug-
CAPITULATION
CAPITULATION
mente en 1694 d'un 2e bataillon. Formèrent le régiment Lochmann. Capitulation pour un régiment de 1600 h. (de Mulinen). Capitulation pour un régiment de 1600 h. (de Tsrhann).
1695. Capitulation pour un régiment grison de 1600 h. (de Capol).
1696. Capitulation pour un régiment de 1200 h. (de Murait).
1697. Capitulation pour un régiment de 1200 h. (de Sacconay). (Ce régiment était à la solde d'Angleterre pour le service du duc de Savoie depuis 1694).
1698. Le comte d'Albermale, pair d'Angleterre, nom- ' mé colonel-général des Suisses et (irisons de Hollande ; l'ordonnance du 26 novembre régla ses fonctions.
1700. Ordonnance du Conseil Souverain de Berne fixant le service et la tenue des régiments de Tscharner, de May, de Murait, et de Sacconay. Complétée par ordonnance des États généraux de 1703. 1 1 200 h. prirent part à la guerre de succession d'Espagne (6 régiments et 2 bat. détachés).
1711. Capitulation pour un régiment de 1600 h. (Fréd. de Diesbach).
1712. Alliance perpétuelle entre Berne et les Provinces-Unies. Berne doit fournir 24 comp. et une levée de 4000 h. en cas d'attaque du territoire hollandais.
1713. Traité d'union entre les Grisons et les Provinces-Unies (La Haye, 13 avril).
1714. Capitulation entre Berne, général de Pesme, de Saint-Saphorin, et les États-généraux, pour levées faites en vertu des articles 3 et 4 de l'alliance. Nomination des oificiers supérieurs réservés à Leurs Hautes Puissances, celle des capit. à LL. EE. de Berne, celle des officiers subalternes aux capitaines. Régiments bernois de Mestral, de Chambrier, de Goumoëns, servent pendant la guerre de succession d'Espagne.
1741. Formation permanente des régiments bernois de Constant et de Stùrler, du régiment zuricois Hirzel, du régiment grisou de Salis, à 12 comp. chacun. Guerre de succession d'Autriche.
1748. Capitulation de Berne, Zurich, Neuchâtel, Schaffhouse, Glaris, Appenzell réformé, Saint-Gall-ville, pour un régiment des gardes-suisses de 1600 h. et 4 régiments de ligne de 2400 h. Il y eut alors 9 régiments suisses en Hollande : gardes-suisses, vieux-Sturler, de Constant, Hirzel, de Planta, de Graffenried, de Chambrier, jeune-Sturler, de Budé. Total : 20 400 h. Uniformes bleu de roi, parements rouges.
1781. Capitulation entre la Principauté de Neuchâtel et la Hollande pour un régiment colonial (Paris, 28 mars). Colonel Ch. Daniel de Meuron. Service de la compagnie des Indes-Hollandaises. Cap de Bonne-Espérance, Ceylan. Passa au service d'Angleterre, à Madras, en 1796. Uniforme bleu et jaune, casque à crinière noire.
1796-1797. Licenciement des 5 régiments suisses encore existants. Une partie rentra dans les cantons, le reste s'engagea dans les troupes de la République Batave.
1814. Capitulation avec le roi de Hollande pour 4 régiments ; de Jenner (Berne), Ziegler (Zurich), de Sprecher (Grisons), Auf der Mauer (Schwyz). Supprimés en 1829. Une partie des officiers et soldats licenciés entrèrent dans les régiments suisses de Naples.
Il y eut 60 généraux suisses en Hollande.
E. Capitulations avec la Savoie. Royaume de Piémont-Sardaigne. Dès le XIIIe s., Berne s'allie aux comtes de Savoie et fournit à Amédée IV, en 1243, un corps de 800 h.
1478 (10 août). Traité d'alliance perpétuelle entre le Corps helvétique et le duc Philibert Ier, signé par Adrien de Bubenberg, à Chambéry.
1577 (8 mai). Traité d'alliance entre les cantons catholiques et le duc Emmanuel-Philibert. Autorisation d'enrôler 6 à 12 000 fantassins suisses ; réciproquement, le duc doit envoyer un secours d'arquebusiers à cheval si les cantons sont attaqués.
1582. Capitulation entre les cantons catholiques et Charles- Emmanuel Ier pour un régiment de 1500 h. (colonel Gaspard Lussy, d'Unterwald).
1593-1597. Capitulation de Lucerne, Uri, Schwyz et Unterwald pour 3 régiments de 3000 h. chacun.
1609. La compagnie des Cent-suisses de la garde, créée en 1579, fut transformée en garde ducale (900 h) dans la campagne de Montferrat.
1616. Capitulation pour un régiment de 3000 h (Am Rhyn, Lucerne) pour un régiment valaisan de 2000 h. (de Kalbermatten).
1617. Convention pour un régiment bernois de secours contre l'Espagne, 4000 h. (colonel Ant. d'Erlach) à la solde de la République de Berne.
1694. Capitulation pour un bataillon suisse de 840 h. (de Reding- Biberegg).
1698. Capitulation des cantons catholiques avec Victor-Amédée II pour deux régiments de 2400 h chacun (Jos.-Ant. de Reding et Fréd. Kydt, de Schwyz).
1703-1709. Formation successive de 4 régiments et de 2 bataillons détachés. Guerre de succession d'Espagne.
1709 (15 mars). Création définitive du régiment valaisan qui subsistera jusqu'en 1800.
1733-1734. Capitulations avec Charles-Emmanuel III pour 5 régiments : Guibert de Sissac, 1200 h., Donatz (Grisons), 1800 h., Kydt (Schwyz), 1200 h., de Roguin (Yverdon), 1800 h., DuPasquier (Neuchâtel), 1200 h.
1739. Capitulation pour le régiment bernois de Dies-' bach, 1800 h.
1742. Capitulation entre la Suisse catholique, les Grisons et le roi Charles-Emmanuel III, pour 2 régiments de 1400 et 2100 h. (Keller et Kydt).
1744. Capitulation avec Appenzell protestant pour un bataillon de 700 h. (Meyer). Guerres de succession de Pologne et d'Autriche. Les capitulations du régiment de Berne et de celui des Grisons sont renouvelées de douze en douze ans. Uniformes bleu de roi.
1774. Le régiment bernois devient brigade de Tscharner. Le régiment valaisan, brigade de Courten, par capitulation avec Victor-Amédée III. Dissolution du régiment Fatio (ancien Guibert).
1792. Capitulation pour un nouveau régiment grison (Peyer-Imhof), un régiment de Saint-Gall (Bachmann), un régiment de Lucerne (Zimmermann). Transformation du bataillon de Glaris-Appenzell en un régiment à 2 bataillons.
1798 (4 déc). Les régiments de Berne, du Valais, Peyer-Imhof, Bachmann et Zimmermann passent sous le commandement du général en chef de l'armée d'Italie (Joubert). Le régiment grison ancien entre au service de la République piémontaise.
1799. Les régiments d'Ernst, de Belmont, Peyer- Imhof, Bachmann et Zimmermann forment deux « Légions helvétiques d'Italie ». Elles sont en partie détruites aux batailles de Vérone, de Magnano et au siège de Mantoue. Le régiment grison ancien est dissous.
1800. Les débris des légions helvétiques passent au service de la République française.
1814. Capitulation des Grisons avec le roi Victor- Emmanuel Ier pour un régiment de 2 bataillons, dissous l'année suivante.
1832 (1er janvier). Dissolution de la compagnie des Cent-suisses de la garde.
Il y eut 30 généraux suisses au service de la maison de Savoie.
F. Capitulations avec l'Autkiche. 1474. Alliance perpétuelle et héréditaire entre les Huit Cantons et leurs alliés et l'archiduc Sigismond.
1496. Berne et Uri accordent par capitulation un corps de 4000 h. à l'empereur Maximilien.
1516. L'empereur obtient 15 000 h. des cantons (cardinal Schiner).
1557. Renouvellement de l'alliance héréditaire entre les Treize Cantons, leurs alliés et l'empereur Ferdinand Ier. Confirmée de dix en dix ans.
1690. Capitulation entre Zurich, Berne, Schaffhouse, Appenzell-réformé et l'empereur Léopold Ier pour un régiment de 1700 h., 2 bat. (colonel Biirkli, de Zurich). Uniforme gris-blanc, parements et vestes rouges.
1702. Capitulations des mêmes cantons plus Glaris pour un régiment de 2400 h. en 3 bat. de 800 h. (colonel d'Erlach). Capitulation de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Glaris catholique, Fribourg et l'abbé de Saint- Gall pour un régiment de 2400 h. (colonel de Niederôst, Schwyz).
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1704. Capitulation entre les Ligues Grises et Léopold Ier pour un bataillon de 800 h., renforcé d'un 2e bataillon en 1708. Formèrent un régiment grison.
1734. Capitulation entre les cantons protestants et Charles VI pour un régiment de 1800 h. (Schmidt, de Zurich). Capitulation entre les cantons catholiques et Charles VI pour un régiment de même force (de Niederôst, de Schwyz) ; licenciés en 1738. Capitulation entre les Ligues Grises et Charles VI pour un régiment de 1200 h. (2 bat ), colonel de Schauenstein.
1743. Capitulation entre les Ligues Grises et Marie- Thérèse pour un régiment de 2400 h. col. Sprecher de Bernegg. Licencié en 1750.
1745. Le grand duc de Toscane ayant été élu empereur le 13 septembre, transféra sa compagnie de Centsuisses de Florence à Vienne, avec l'assentiment des cantons catholiques (capit. -commandant Pfyffer-d'Altishofen).
Il n'y eut plus, dès lors, de régiments suisses en Autriche. Enrôlements individuels de mercenaires. 36 généraux suisses au service de l'Autriche.
G. Capitulations avec Venise. 1573. Capitulation avec les cantons catholiques pour un régiment de 3000 h. (Melchior Lussy, d'Unterwald). Servit en Dalmatie.
1606. Traité d'alliance offensive et défensive entre les Ligues Grises et Venise. Subsistera pendant un siècle.
1616. Alliance entre Berne, Zurich et Venise, ratifiée le 11 janvier 1617 par le Grand Conseil de Venise et jurée le 18 avril 1618 à Zurich. Capitulation pour un régiment grison de 3000 h. (Hercule de Salis). Campagne contre les Uscoques. Licencié en 1619.
1617. Capitulation pour une compagnie de 300 h. (Ulysse de Salis). Siège de Gradisca.
1648. Capitulation avec Zurich et Berne pour un régiment de 2000 h. (2 bat. 10 comp.). Colonel Jean-Rod. Werdmuller, de Zurich. Servit trois ans en Morée contre les Turcs.
1658. Capitulation avec Zurich et Berne pour un régiment de 1200 h. (2 bat.). Col. Gabriel de Weiss, de Berne. Trois ans à Corfou.
1686. Capitulation avec les cantons catholiques pour un régiment de 2400 h. (3 bat. de 800 h.), col. baron J.-L. de Roll, de Soleure. Détruit par les Turcs en Morée.
1688. Capitulation avec les cantons catholiques pour un régiment de 3200 h. Col. Schmid, d'Uri. Morée. Siège de Nègrepont, défense de Zara contre les Turcs.
1706. Zurich, Berne et les Grisons renouvellent l'alliance avec Venise.
1716. Capitulation avec Zurich, Berne, Glaris, Grisons et les cantons catholiques pour 3 régiments de 1800 h. à 3 bat. et 12 comp. (Millier, de Glaris ; de Stockar, de Schaffhouse ; de Salis, Grisons). Uniformes bleu de roi, parements et collet rouge. Dulcigno, Corfou. Licenciés en 1719 et ramenés en Suisse.
H. Capitulations avec Rome. 1478. Alliance offensive et défensive entre le Corps helvétique et le pape Sixte IV.
1505. Capitulation avec les cantons pour la compagnie de la garde suisse pontificale (200 h.), existe encore aujourd'hui. Costumes dessinés par Raphaël. Capit. colonel : Gaspard de Silinen, d'Uri.
1510. Alliance renouvelée avec Jules II. Levée de 10 000 h.
1512. La Suisse entre dans la Sainte-Ligue et fournit différentes levées de 10 000 à 30 000 h. Guerres d'Italie. Conquête du Milanais. Général en '.chef : Ulrich de Hohensax, de Zurich.
1521. Zurich et les Grisons accordent 10 000 h.
1526. Capitulation avec Clément VII pour un corps de 8000 h. en 20 enseignes de 400 h. (Ant. d'Erlach, de Berne ; Guillaume de Hertenstein, de Lucerne).
1527. Sac de Rome par le connétable de Bourbon. Massacre de la garde suisse pontificale.
1548. Par capitulation du 10 avril, à Lucerne, Josse ou Jost de Meggen reconstitue la garde pontificale.
1550. Capitulation entre les cantons catholiques et Jules III pour deux nouvelles compagnies de 120 h. Ravenne et Bologne.
1556. Alliance des cantons catholiques avec Paul IV.
1557. Capitulation pour un régiment de 3000 h. (10
comp.) entièrement détruit au combat de Pagliano (Melchior Lussy).
1660. Capitulation de Zoug avec Clément IX pour une compagnie de gardes-suisses du Légat de Ferrare.
1780. Les 4 compagnies de gardes-suisses pontificaux comptent 345 h.
1815. (26 janv.). Capitulation entre le pape Léon XII et le canton de Lucerne pour la garde pontifie. (200 h.). Capt. commandant Ch. Pfyffer d'Altishofen.
1832. Capitulation autorisée par la Diète pour 2 régiments de 2127 h. chacun, et une batte rie d'art de 147 h. et 88 chevaux (Général de Latour, Grisons). 1848, bataille de Vicence.
1849. Proclamation de la République romaine. Dissolution de la brigade suisse pontificale.
1852 (7 janv.). Formation de 2 régiments étrangers (de Kalbermatten, de Sion ; Schmid, d'Altdorf). Prise de Pérouse (1859) par le régiment Schmid, de Sinigaglia et d'Ancône par le régiment de Courten.
1860 (23 oct.). Formation d'un bataillon de carabiniers étrangers (Jeanneret) devenu régiment (2 bat.) le 26 février 1868. Bataille de Mentana. Défense de Rome. Licencié le 20 septembre 1870 et renvoyé en Suisse.
La garde suisse pontificale resta seule au Vatican. Elle se recruta dès lors, par engagements individuels, sans capitulation.
I. Capitulations avec l'Angleterre. Il y eut des Suisses dans les armées anglaises, dès 1690, mais le service d'Angleterre ne fut jamais reconnu officiellement par les cantons, excepté les régiments de Sacconay et de Meuron.
1690. Capitulation entre le roi Guillaume III et le colonel Oberkan, de Zurich, pour un bataillon suisse de 800 h.; servit au Piémont, entre en 1694 dans le régiment de Sacconay.
1694. Capitulation pour un régiment de 1600 h. formé à Yvrée (colonel de Sacconay) ; servit en Piémont, passa en 1697 au service de Hollande.
1715. Six bataillons des régiments suisses hollandais de Stùrler, Schmidt, de Chambrier, sont envoyés au roi Georges Ier pour combattre le prétendant en Ecosse, en vertu de l'alliance entre S. M. britannique et les États- Généraux (1688).
1719. Les États-Généraux prêtent le régiment suisse de Goumœns à l'Angleterre.
1751. Enrôlement d'un bataillon suisse protestant de 5 comp., 1 batterie d'art. Indes orientales. Côte du Coromandel. Campagne contre Dupleix, unités dissoutes en 1755, versées dans les troupes anglaises.
1794. Formation du régiment de Roll (1800 h.). Campagnes : Corse, Portugal, Egypte, Espagne, décimé par la peste et licencié en 1816 à Corfou.
1796 (2 août). Capitulation à Madras, avec Neuchâtel pour le régiment de Meuron (1287 h.). Campagnes : Mysore, Siège de Seringapatam, Sicile, Canada, Etats- Unis. Licencié à Québec, en 1816. Uniformes rouges, casque rigide.
1799-1802. L'Angleterre prend à sa solde les régiments d'émigrés suisses de Roverea, de Salis-Marschlins, Bachmann, Paravicini, bat. de Courten. Campagne contre la Révolution.
1801 . Formation du régiment de Wattenwyl. Campagnes : Egypte, Calabre (Maida), Canada, prise de Washington 1815. Licencié à Québec en 1816.
1855. Formation de la Légion anglo-suisse, 5000 h. 2 régiments à 3 bat. Guerre de Crimée. Licenciée en 1856. Huit généraux suisses.
K. Capitulations avec la Saxe. 1730. Capitulation entre Berne, Fribourg, le prince-abbé de Saint-Gall et le roi Auguste II pour compléter sa Garde-Suisse, recrutée jusqu'alors sans capitulation (colonel Hubert de Diesbach-de Belleroche). Dissoute en 1757, rétablie en 1763 (col. Griset-de Forel, de Fribourg). Supprimée en 1814. Uniformes bleu d'azur et jaune. L'électeur de Saxe avait déjà enrôlé sans capitulation, en 1704 un régiment suisse de 2000 h. formé des prisonniers faits à la bataille d'Hôchstàdt dans les régiments suisses Greder et Zurlauben au service de France (colonel de Mallerargues, de Lausanne). Ce régiment fut détruit à la bataille de Fraustadt, le 13 février 1706. Quatre généraux suisses.
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L. Capitulations avec la Prusse. 1696. Capitulation entre les cantons protestants et l'électeur de Brandebourg, Frédéric III, pour une compagnie de Cent-Suisses de 125 h. (capit.-colonel Rolaz-du Rosey, de Rolle). Réformée en 1713. Jusqu'en 1814, pas de corps suisses en Prusse, ni de capitulations. Nombreux enrôlements individuels. Douze Suisses parviennent au grade de général.
1814. Capitulation avec Neuchâtel pour un bat. de tirailleurs de la garde. Commandant Ch.-Gust. de Meuron. Cette troupe cessa de se recruter à Neucbâtel en
M. Capitulation avec la Suède. 1632. Régiments suisses « non avoués ». Escher (Zurich), de Weiss (Berne, au service de Gustave-Adolphe. Bataille de Lutzen. Détruits à Nôrdlingen, le 6 septembre 1634.
N. Capitulation avec la République de Gênes. Il existait déjà en 1573 une compagnie fribourgeoise à Gênes.
1603. Capitulation entre le canton de Fribourg et la République de Gênes (baron Bartholomé de Reynold) pour une compagnie de 100 hommes.
1622. Capitulât, renouvelée pour 250 mousquetaires et hallebardiers, logés à la porte de Saint-Étienne, pouvaient servir sur mer dans les eaux de la République, jamais contre les cantons Suisses et leurs alliés. 1633. La comp. est rappelée à Fribourg (capt. Nie. de Diesbach) par suite des troubles des Grisons et delà Valtelline et des menaces des Suédois et des Impériaux aux frontières de la Suisse.
1635. L'effectif atteint 430 h. (capt. Rod. Week). 1686. Capitulât, renouv. (capt. Ch. de Montenach). La compagnie subsiste encore en 1779. (Archives de l'État, de Fribourg).
Des officiers et des soldats suisses servirent en Russie, en Danemark, au Portugal, en Bavière, en Grèce, en Turquie, mais sans capitulations et sans former de corps spéciaux.
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CAPO D'ISTRI A, Jean-Antoine, * 1776 à Corfou, assassiné le 9 octobre 1831 à Athènes. Il entra en 1807 au service du tzar Alexandre et fut envoyé le 11 novembre 1813, avec Lebzeltern, en mission secrète en Suisse. Il devait engager notre pays à prendre une part active à la campagne contre Napoléon ou tout au moins à autoriser le passage des armées alliées. La déclaration de neutralité par la Diète le 18 novembre rendit sa première tâche sans objet. Accrédité près de la Diète le 14 mars 1814, il eut pour mission de coopérer à la reconstruction de la Suisse sur la base de l'intangibilité des 19 cantons. Dans un mémoire du 21 avril, il exposa ses vues sur le futur Pacte fédéral ; lorsque la guerre civile fut sur le point d'éclater entre partisans de l'ancien et du nouveau régimes, il prit énergiquement position, le 13 août, avec Canning et Schraut, et menaça d'une rupture des relations diplomatiques. Cette attitude suffit à rapprocher les partis. Son influence fut encore plus sensible lors de la révision des constitutions cantonales de Soleure, Saint-Gall, Grisons, Argovie, Thurgovie, Tessin et Vaud Au Congrès de Vienne, il servit de conseiller au comité chargé des affaires de Suisse ; en cette qualité, il prit un grand intérêt aux affaires de Genève et parut, au début tout au moins, partisan de la restitution de la Valteline, de Bormio et Chiavenna. Il rédigea, le 16 janvier 1815, le rapport sur la question de la Suisse, et le 3 novembre suivant, il remit à la conférence des ministres à Paris, comme son œuvre propre, l'acte de neutralité rédigé par Pictet de Rochemont. La ville de Genève lui accorda la bourgeoisie d'honneur le 4 décembre 1815, et le 25 mai 1816, il devenait citoyen du canton de Vaud. — Voir Kaiser und Strickler : Gesch. und Texte der Bundesverfassungen. — Schweiz. Muséum 1816. — Wydler : Albrecht Rengger. — Luginbuhl : Stapfers Briefwechsel II. — Cramer : Corresp. dipl. de Pictet de Rochemont. — F. von Wyss : Leben der beiden Bûrgermeister Wyss. — Kluber : Akten des Wiener Kongresses. — Schweizer : Gesch. der schweiz. Neutralitàt. — Pieth : Graubùnden und der Verlust des Veltlins. — Argovia XXII, XXXV. — PJ 1887. — Œchsli II. — Dierauer V. — Dândliker III. — Journal Eynard. — S.-Th. Lascaris : Capodistria avant la révolution grecque. [A. R.]
CAPOL (Pal, Pol, Paul, Capal, Capaul, von Capol, von Capaul, Chapaul, etc.). Famille très répandue dans les Grisons et à l'étranger, originaire de Flims ; Campell la fait venir à tort du château de Campell ou Campî en Domleschg. Au XVe s., du vivant du landammann Otto von Capol, la famille était très considérée ; dans le même siècle elle était qualifiée noble. Armoiries : de sable à une flèche posée en pal. Dès le XVe s., la famille remplit les principales fonctions publiques de la Ligue grise : 13 de ses membres furent juges et nombre d'autres baillis de Jôrgenberg, Hohentrins, Gruob- Ilanz, Furstenau, Heinzenberg, Aspermont et Fùrstenburg. Elle possédait, outre le domaine ancestral de Flims, les seigneuries de Ringgenberg, Lôwenberg et le château de Nieder-Tagstein. La branche de Flims fut toujours la plus importante. — 1. Hart- Wig (HiERTLI, Herkules),
1489. L'archiduc Sigismond lui promit à cette époque une pension annuelle de 30 fl. et l'empereur Frédéric III
Sceau des Capol.
bailli du Lugnez 1480-
CAPOL
GAPOLAGO
l'anoblit en 1489 avec son cousin Wilhelm. Avoué épiscopal de Furstenau (Domleschg) 1493-1495, de Fùrstenburg 1495-1499, il devint bourgeois de Coire, entra au Conseil et fut nommé juge de la ville par l'évêque. Il joua un rôle important dans la guerre de Souabe, commanda à la bataille de Galven après la mort de Benedict Fontana et fut délégué des III Ligues aux négociations de paix de Bâle. Après la guerre, nouveau bailli de Furstenau, il commanda les troupes de la Ligue grise à la conquête de la Valteline 1512, t vers 1526. — 2. Gaspar, fils du n° 1, étudia à l'université d'Orléans 1519-1526, devint au cours de ses études déjà curé de Lumbrein, doyen de la cathédrale de Coire à son retour ; il joua un rôle important, f 1540. — 3. Hans, fut souvent président de la Ligue grise et envoyé diplomatique, occupa de hautes fonctions militaires au service de la France, f à Flims de la peste 1565. — 4. Chris- TOPH, son fils, était aussi selon Campell, son contemporain, un personnage considérable. Il acheta la seigneurie de Lôwenberg et, au service français, accompagna le duc de Guise dans son expédition à Rome 1556-1557. — 5. Joseph, était capitaine de la Valteline et partisan de l'Espagne lors des troubles grisons ; le tribunal de Thusis de 1618 lui infligea une dure punition, la torture, et l'exila du pays. Revenu à Flims il fut surpris et tué dans sa propre maison par Georges Jenatsch et ses partisans qui pillèrent ses biens. — 6. Herkules, docteur en droit civil et canon, de Flims, homme d'État important, fut entre autres arbitre entre Davos et le reste de la Ligue des X Juridictions 1643, | à Chiayenna 1653. — 7. Johann-Gaudenz *1641, étudia à Coire et aux universités de Zurich et Bâle, fut ammann avant 20 ans, landammann, sept fois président de la Ligue grise, occupa toutes les fonctions de la République et des pays sujets, fut député à Venise, Vienne, en Angleterre et en Hollande. Guillaume III d'Angleterre le créa baronnet. Lors du Sagenserhandel, il sut éviter une dangereuse guerre civile. On lui doit la maison familiale de Flims et la rénovation du château de Tagstein, f 1723. — 8. Herkules, son frère, * 1642, étudia la médecine à Leyde, Dr méd. 1665, entra dans la carrière militaire en France, puis fut colonel au service de l'Espagne ; forma, 1702, un régiment grison au service hollandais, f 1706 des suites d'une grave blessure. — 9. Daniel, * 1722 à Flims, landammann, président de la Ligue grise et capitaine de la Valteline, l'un des chefs du parti aristocratique ; fut condamné à plus de 36 000 fl. d'amende par le tribunal de 1794 ; bienfaiteur de l'église et de l'école de son village, 1 1797 à Coire.
Les Capol prirent aussi une position importante dans la communauté des hommes libres de Laax, où ils furent ammann, ainsi que dans les villages voisins de Seewis (Sivis) et Schleuis. Ils faisaient aussi partie des hommes libres de Brigels. La famille s'éteignit à Ruis au milieu du XIXe s. Elle était aussi établie dans d'autres communes de l'Oberland, à Ruschein, Schlans, Schnaus, Somvix, Waltensbourg, où elle fournit des personnages importants. Une branche de Waltensbourg émigra lors de la Réforme à Andest pour rester catholique. Ulrich de Capol y fonda en 1738 une chapelle qui appartient aujourd'hui encore à la famille. Une autre branche émigra de Waltensbourg au XIXe s. et devint catholique. Le célèbre ténor Capaul (Capoul), * 1839, du Grand Opéra de Paris était originaire de Fellers. Un rameau se rendit de Flims à Ilanz, un autre à Truns où il hérita probablement des Ringgenberg. La lignée du Lugnez, encore vivace, doit descendre du bailli Hertli (n° 1).
L'ancêtre de la branche de Coire est : — 10. Otto- Paul, le jeune, bailli de Hohentrins 1470, avoué épiscopal d'Aspermont 1485-1502. Son fils Hertli fut souvent confondu avec le n° 1, et avec un troisième, probablement d'Ilanz. Lucius émigra aussi de Flims à Coire où il fit bâtir plusieurs belles maisons ; il fut bailli de Maienfeld. Ortlieb devint bourgeois de la ville 1547. — 11. Herkules, secrétaire de la ville 1620 et de la Ligue de la Maison-Dieu. — 12. Lucius, son frère, devint 1616 recteur de l'école latine, secrétaire, juge et bailli de la ville.
Les Capol paraissent dans le Domleschg au XVIe s.
avec : — 13. Martin, homme le plus grand de son pays, et si considéré que sa seule apparition mit fin à une violente émeute à Ems. t à Marciano 1554 dans la malheureuse expédition de Sienne, après une énergique défense. Un rameau émigra dans le Schams par mariage avec une Mattli d'Andeer. — 14. Johann, du parti vénitien, fut podestat de Tirano 1620 et tomba au massacre de la Valteline.
On ignore quelle parenté unit les Capol susdits à ceux du Mùnstertal. Une famille y apparaît vers 1500. Quand la vallée, la commune de Munster exceptée, adopta la nouvelle foi, la branche de Valcava devint protestante, celle de Santa-Maria resta catholique. Grâce à l'intervention du duc de Rohan, un accord fut conclu en sa faveur en 1634 assurant l'usage de l'église de Santa- Maria aux catholiques aussi longtemps que vivrait un membre de la seule famille catholique des Capol. — 15. Jakob, de Valcava ou Cierfs, fut pasteur à Brail, Schleins en Basse-Engadine, Cierfs, Saint-Moritz, de nouveau à Cierfs. A publié : Las profundas revelatiuns d'el beo Avangelist et Apostel dal Segner, s. Johann .. Scuol, 1770 ; Nomenclatura romanscha e todaischa ; Ils 7 pieds chia nos chier Salvador ho tschentscho sûn la crusch, etc. Une branche des Capol émigra à Ulm avec Hans, fils du n° 11. Son dernier représentant mâle fut le lieutenant-colonel Carl, tombé en novembre 1914 et connu par ses recherches sur sa famille. — Voir outre les historiens grisons, Campell, Ardùser, F. Sprecher, etc., les Capoliana du lieutenant-colonel Carl von Capoll qu'il légua à la bibl. cantonale de Coire. [G. von Jecklin.]
CAPOLAGO (C. Tessin, D. Mendrisio. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes : Codelaco, 1476 ; Codlag, Codilago ; du latin caput lacus : bout du lac ; voir aussi Chablais. En 1921, on y découvrit une tête romaine émaillée. Capolago avait un château, qui-vfut bâti en 1365 ou 1372, et dont on possède la liste'des châtelains de 1461 à 1498. Ce château joua un rôle assez important au XVe s.
lors des luttes entre guelfes et gibelins. Au commencement de la domination des XII cantons, il fut tantôt A aux mains des Suisses, £& tantôt aux mains des San- ÊÈ severino ou des Français, j La Diète autorisa le 28 fé- Mj& vrier 1517 les Luganais, sur i leur demande, à détruire a le château à leurs frais et «g* à en transporter l'arme- '62 ment au château de Luga- ^ no. Les derniers vestiges furent détruits lors de la construction de la ligne du Gothard. Pendant le XVe s., Capolago appartint successivement aux Rusca, aux Sanseverino, aux ducs de Milan, et aux Sforza. Au début du XVIe s., il tomba aux mains des Suisses, qui firent prêter serment aux habitants en 1517. Capolago faisait partie de la pieve de Riva San Vitale et de la juridiction~du val Lugano. Sous la domination suisse, il continua d'appartenir civilement à la pieve de Riva San Vitale et par conséquent au bailliage de Lugano. Le 18 juin 1797, Capolago fut visité par Napoléon et le 24 février 1798, il acceptait la constitution de la république de Riva San Vitale. Jusqu'en 1814, il appartint au cercle de Riva San Vitale, district de Lugano. La constitution cantonale du 17 décembre 1814 rattacha ce cercle au district de Mendrisio. De 1830 au 12 mars .1853, Capolago posséda la tipografta elvetica, qui joua un très grand rôle dans le mouvement qui aboutit à l'unification de l'Italie. Balbo, Gioberti Mazzini, Guerrazzi, Crispi, etc., y publièrent leurs écrits, qui étaient ensuite introduits clandestinement en Italie. Ecclésiastiquement, Capolago fit partie de la
Tête romaine émaillée
servant de jouet, trouvée à
Capolago en 1921.
CAPOLZAR
CAPRIASCA (PIEVE DE)
paroisse de Mendrisio jusqu'en 1587, époque où il fut constitué en paroisse autonome. Population : 1591, environ 100 hab. ; 1643, 139 ; 1801, 171 ; 1900, 360 ; 1910, 441 ; 1920, 405. — Voir BStor. 1889, 1890, 1892- 1895, 1901. — Pometta : Corne il Ticino... — AS I. — Periodico d. Società Stor. comense II et IV. — Rivista archeologica comense, 1922. — Rahn : I Monumenti. ■ — Monti : Atti. [C. Trezzini.]
CAPOLZAR. Voir Cabalzar.
CAPPONI. Famille de Cerentino, venue, d'après Simona, de la Toscane lors des luttes entre guelfes et gibelins. — I.Daniele, 1 1876. Député au Grand Conseil 1837-1852 et 1855-1868 ; conseiller national 1861 à 1863. — 2. Marco, avocat, fils du n° 1, étudia à Feldkirch, Heidelberg et Paris, 1846-1883. Député au Grand Conseil de 1868 à 1875, qu'il présida en 1872. Conseiller national, 1879 lieutenant-colonel. — 3. Marco-Luigi, fils du n° 2, 1882-1912, jésuite, fut missionnaire et professeur à Mangalore dès 1908. — Dotta : I Ticinesi. [C. T.]
CAPRA. Ancienne famille de Lugano. — 1. Agostino, de 1654 à 1664 archiprêtre de Lugano. — 2. Buonfiglio, religieux des Serviteurs de Marie, f 6 octobre 1746 à Mendrisio âgé d'une quarantaine d'années. Bon orateur, il devait partir comme grand vicaire de son ordre au Brésil. On lui attribue à tort l'œuvre : Fra Paolo giustiftcato. — 3. Francesco, avocat, un des chefs du parti cisalpin et une des causes occasionnelles de la révolution de Lugano de fin avril 1799. Membre du tribunal du canton de Lugano 1798-1799 ; de mars à fin avril 1799, préfet national ; à la révolution, il fut arrêté, mais put s'enfuir à Milan et eut sa maison saccagée. Il est probablement identique au député du même nom au Grand Conseil de 1803 à 1808 et de 1813 à 1815, qui fut élu membre du tribunal cantonal en 1805, qui en 1811, lors de l'occupation du Tessin par le général Fontanelli, était syndic de Lugano et en janvier de la même année écrivait au vice-roi Eugène pour demander l'incorporation du canton du Tessin au royaume d'Italie. — v. Mùlinen : Heivetia Sacra. — ASHR. — Baroffio : Dell' Invasione francese. — Baroffio : Storia del C. Ticino. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italiana. — ■ Dierauer. — Oldelli : Di-zionario . [C. T.]
CAPRARA, Giovanni-Baptista, diplomate, * à Bologne 1733, archevêque d'Iconium, nonce à Cologne 1767, nonce eh Suisse du 6 août 1775 au 21 février 1785, cardinal 1792, archevêque de Milan 1802, f à Paris 21 juin 1810. — Voir LLH. — Balthasar : Heivetia VIII, 372. — QSG 21, XLIV. — Kirchenlexikon II, 1924. — Rinieri : Diplom. pontif. I. [J. T.]
CAPRE. Jules, 1847-1908, député au Grand Conseil vaudois, intendant du château de Chillon, météorologue apprécié. — Livre d'Or. [M. R.]
CAPREZ, de. Famille de Truns (Grisons), où on la trouve depuis le milieu du XVIIe s. Il en existe encore une branche protestante à Trins et une autre, catholique, à Bonaduz. Deux autres rameaux, l'un protestant à Ilanz, et l'autre catholique à Truns, sont éteints. Armoiries : coupé de gueules à une étoile d'or à huit rais, bandé d'azur et de sinople de 6 pièces. La souche de Truns se divise en deux branches.
I. Branche du banneret Jakob, 1 1694. — 1. Ludwig fils du précédent, succéda à son père comme banneret à vie de la Cadî ou de la Maison-Dieu (juridiction de Disentis), f 1733. — 2. Jakob-Adelbert, fils du n° 1, * 1712, Dr théol., curé à Truns Fellers 1750-1761, à Mais 1761-1770, la cathédrale de Coire 1756,
chanoine non résident de
vicaire épiscopal 1759-1762, doyen du chapitre de l'O-
berland. — 3. Mathias, frère du n° 2, * 1715, landammann de la juridiction de Disentis 1758-1759, chevalier de Saint-Louis. — 4. Ludwig, frère des n°» 2 et 3, * 1727, officier en France, colonel 1769, brigadier 1781, maréchal de camp, 1791 chevalier de Saint-Louis. Revenu dans sa patrie, il prit le 7 mars 1799 à Disentis le commandement des troupes de landsturm dont l'attaque décida de la victoire des Gri-
Louis de Caprez, d'après un portrait à l'huile.
sons de l'Oberland sur les Français, sous- les ordres de Loison, venus de l'Oberalp ; t à Truns 1808.
II. Branche remontant à — 1 . Hercules, podestat de Bormio 1691-1693, landamann de la juridiction de Disentis 1696-1697 et 1704-1705, président de la Ligue grise 1716-1717, syndic dans les pays sujets des Grisons 1721, pendant 20 ans président de la commune de Truns. — 2. Mathias, fils du n° 1, landammann de la juridiction de Disentis 1739, commissaire dans les pays sujets des Grisons 1765, capitaine au régiment de Travers en France 1734. — 3. Caspar-Adalbert, frère du n° 2, 1706- 1755, lieutenant-colonel au service de France, chevalier de Saint-Louis. — 4.
Ludwig, fils du n° 2, capitaine au service de France, colonel de la Ligue grise 1782, commandant des troupes de l'Oberland
durant l'invasion des Français 1799, f 1800. — 5. Benedikt, frère du n° 4, bailli de Maienfeld 1769, président de la Ligue grise 1774, 1783 et 1786. En 1799, il fut déporté par les Français à Salins comme otage, puis devint sous la République helvétique, président du district des Sources du Rhin ; plus tard membre du gouvernement cantonal, il fut un des personnages dirigeants de l'Oberland durant cette période mouvementée. — 6. Mathias, fils du n° 5, lieutenant en France, f le 10 août 1792 à la prise des Tuileries. — 7. Conradin, frère du n° 6, fit sous Napoléon les campagnes d'Espagne et de Russie revint invalide dans sa patrie, et fut plus tard colonel au service du canton. — 8. Anton, * 1799, neveu des n08 6 et 7, colonel au service de France dans la Légion étrangère, fit la campagne de Crimée, f en France général de brigade.
Il faut nommer, comme appartenant à une branche d'Ilanz aujourd'hui éteinte, Jakob, membre du gouvernement cantonal 1814, f 1817 d'Ilanz. — Voir LL.
— LLH. — Archives de Truns. — May de Romainmotier : Histoire militaire des Suisses au service de France.
— Staatskalender des Kts. Graubilnden. [P.-A.Vincenz.] CAPRIASCA (PIEVE DE) (C. Tessin, D. Lugano.
V. DGS). Anciennes formes du nom : Creviasca, 1191 ; Crivascha ou Criviascha, 1196; Cliviascha, 1564; Chriviasca, 1570. La pieve de Capriasca comprenait au moyen âge le territoire des communes actuelles de Tesserete, Sala, Cagiallo, Lopagno, Roveredo, Lugaggia, Campestro, Vaglio, Origlio, Ponte Capriasca, Bidogno et Corticiasca. Elle formait une seide commune, avec statuts particuliers, dans le val Lugano dont elle suivit les destinées. Après la constitution du Tessin en canton, elle conserva encore pendant quelque temps une certaine unité. La division en communes était un fait accompli au XVe s., puisqu'en 1476, ces communes formaient un consortium fiscal. La formation des quatre paroisses de Tesserete, Ponte, Origlio et Bidogno remonte, au moins pour les deux dernières, à saint Charles Borromée.
La pieve fut donnée, avec d'autres territoires, en 1 191 par Henri VI à la ville de Côme, pour services rendus à Frédéric Ier, mais la ville de Milan qui, en 1170 avait déjà eu avec Côme un conflit à propos de la juridiction sur ce territoire, gardait des prétentions sur Capriasca, auxquelles elle renonça dans la paix du 16 septembre 1196. Pendant quelques mois, de 1448 à 1449, la pieve appartint à Franchino Rusca, puis fut reconquise par Côme. Sous la domination suisse, elle forma une des quatre pievi du bailliage de Lugano. En 1569, elle demanda inutilement, avec Riva San Vitale, d'être séparée de Lugano pour s'administrer d'une façon autonome. La séparation fut effective de 1598 à 1608 et de 1658 à 1663. Le 30 novembre 1798, la Capriasca nom-
GAPT
CAQUERELLE (LA)
ma trois membres de la régence qui succéda au gouvernement provisoire de Lugano. En avril 1799 et janvier 1802, elle participa à la révolte contre le gouvernement helvétique. En 1814, c'est de la Capriasca et du val Colla que partit le mouvement qui aboutit à la révolution de Giubiasco. — Voir Hidber : Regesten. — Baroffio : Memorie storiche. — Barofïio : Dell'invasione francese. — Gantù : Storia... di Como. — Weiss : Die tessin. Landvogteien. [C. Trezzini.]
CAPT. Famille vaudoise du Chenit, dès 1550. Elle a donné plusieurs magistrats et fonctionnaires vaudois. [M. R.J
Une branche s'est fixée à Genève avec Abraham, habitant en 1718. Son fils, Jean-Antoine, * 1730, fut reçu bourgeois en 1773. [C. R.]
CAPUCINS. Religieux de l'une des trois branches de l'ordre des Frères mineurs fondé en 1209 par saint
Costumes actuels de Capucins et de Capucines.
Réception de sainte Elisabeth de Thuringe dans le tiers ordre de
saint François. D'après un tableau da Fritz Kunz.
François d'Assise. Ils portent le nom de capucins, qu'ils doivent à leur capuce, depuis la réforme du Père Matthieu de Bassi en 1525, qui rendit à la règle sa sévérité primitive. Ils ne se distinguent des autres branches de l'ordre (conventuels et observants) que par le vêtement, le port de la barbe et l'interprétation littérale de la règle. Après de longs efforts de saint Charles Borromée, les premiers capucins franchirent le Gothard en 1578 (1581) et fondèrent en Suisse, grâce à l'énergique appui des dirigeants de quelques cantons catholiques, leurs pre-
miers couvents en pays de langue allemande : à Altdorf (1581) sous le chevalier Walter von Roll; à Stans (1582) sous le chevalier Melchior Lussy; à Lucerne (1583) sous Caspar Pfyfîer. Rapidement la Provincia Helvetica des capucins s'étendit de la Suisse centrale dans toutes les directions et jusqu'à Strasbourg ; elle comptait vers 1662 plus de 60 couvents. En 1668 l'Autriche antérieure en fut détachée et érigée en une province particulière. Il en fut de même pour l'Alsace en 1729. Dès lors le territoire de la province helvétique des capucins s'identifie avec la Suisse actuelle, à l'exception du canton du Tessin dont les quatre couvents de Bigorio (1535), Lugano (1566), Locarno (1602) et Faido (1607), forment une custodie à part. Actuellement les couvents existant sont : Altdorf (1581), Stans (1582), Lucerne (1583), Schwyz (1585), Soleure (1588), Appenzell (1588), Zoug (1595), Rapperswil (1602), Sursee (1606), Fribourg (1609), Sion (1628), Saint-Maurice (1628), Sarnen (1642), Olten (1646), Mels (1651), Wil (Saint-Gall) (1653), Schupfheim(1655), Arth(1655), Bulle (1665), Dornach-Brugg (1672), Nàfels (1673) et Romont (1726). Des hospices existent à Zizers (1686), Andermatt (1688), Le Landeron (1696), Untervaz (1699), Rigi-Klôsterli (1715), Mastrils-Berg (1728), Realp (1735), Seewis (1899), Landquart (1908) et Delémont (1922). Les couvents suivants ont été supprimés : 1793 Delémont (1630), 1793 Porrentruy (1656), 1804 Rheinfelden (1598), 1810 Laufenbourg (1650), 1841 Baden (1593), 1841 Bremgarten (1621), 1843 Frauenfeld (1598) et en 1879 la station missionnaire de Coire (1622).
L'activité sociale des capucins envers les malades et les miséreux fut toujours grande. Les excellentes institutions des sœurs de Menzingen et d'Ingenbohl, fondées par le Père Théodosius Florentini, étendent aujourd'hui leur action bienfaisante sur le monde entier. Les capucins prirent toujours part aux missions étrangères, particulièrement en Russie sous Pierre-le-Grand. Dans les Indes travailla au milieu du XIXe s. l'évêque Anastasius Hartmann, du canton de Lucerne. Encore au XXe s. beaucoup de capucins suisses se rendent au cœur de l'Afrique. La première grande mission suisse, dans le vicariat apostolique de Dar-es-Salam, leur a été confiée. De même, ils érigèrent en diocèse les îles Seychelles de l'Océan Indien, où depuis plusieurs dizaines d'années leurs missionnaires travaillaient.
Les capucins cultivèrent toujours avec ardeur les sciences pures et appliquées, tant sacrées que profanes. Parmi les représentants vivants, citons seulement : P. Hilarin Felder, P. Magnus Kunzle, P Théobald Masarey, P. Aurélian Roshardt. A Stans et à Appenzell, deux grands établissements d'instruction prospèrent sous la direction des capucins, à Appenzell, un gymnase avec école réale, à Stans, un gymnase de six classes avec lycée et maturité fédérale. De petites écoles sont tenues par les capucins à Nâfels, Andermatt, Faido et Saint-Maurice. La province suisse des capucins compte actuellement 257 prêtres (patres), 62 clercs et 104 frères lais. Capucines. Des couvents de femmes, qui datent pour la plupart des XIIIe et XIVe s., adoptèrent à la fin du XVIe s. et au commencement du XVIIe s. la réforme du P. Ludwig de Sachsen et par conséquent la règle des capucins. Des couvents existent à Pfanneregg-Wattwil, Rorschach-Tùbach, Notkersegg, Altstâtten, Wonnenstein, Gonten, Grimmenstein, Appenzell, Lucerne, Attinghausen-Altdorf, Soleure, Zoug, Stans, Fribourg et Gubel. Ceux de Steinertobel et de Hundtobel, près de Môrschwil et de Baden ont été supprimés. — Voir P. Pius Meier : Chronica Provinciae, O. C. — P. Piatus Montensis Praelectiones Jur. can. ad usum Fr. Min. Cap. — P. Michaele Wikart : Bullarium Ord. Min. Capuc. usqu» 1752. — ■ Miilinen : Helvetia sacra. — ■ St. Fidelis Glôcklein 1909. — Franziskuskalender 1918. [P. A. W.]
CAQUERELLE (LA) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Auberge construite sur le col unissant la vallée de Delémont et les Franches-Montagnes avec la vallée du Doubs et l'Ajoie. A quelque distance de la
CARABBIA
CARAFINO
route se trouve la Pierre de l'Autel qui, d'après la tradition, servit au culte druidique. Ce monument ét;iii une des limites de la Prévôté de Saint-Ursanne. Une chapelle, dédiée à saint Martin, exista de bonne heure en ce lieu. Elle est citée pour la première fois dans un acte de donation à l'Abbaye de Bellelay en 1302. En 1350, un curé de cette chapelle est en même temps chapelain de Saint- Valbert à Saint-Ursanne. Dans le Liber marcarum, de 1441, saint Martin de Repais — comme on l'appelle encore — fait partie du décanat de Salignon. La chapelle a été probablement détruite pendant la guerre de Trente ans. Un autre édifice, dédié à saint Joseph, a été reconstruit il y a une trentaine d'années. Monument de la mobilisation 1014-1918. — Voir aussi Repais, Mont. — Trouillat. — Vautrey : Notices I (art. Asuel). — Daucourt : Dict. I. [G. A.]
CARABBIA (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. et paroisse mentionnée pour la première fois en 1187. Anciennes formes : Carabio, 1440 ; Carra, 1498. On y a découvert, il y a quelques années, des tombes romaines. Le monastère de Toçello avait un hospice à Carabbia, et le village lui devait une redevance. Au XVe s., Carabbia était une commune autonome qui devait 10 soldats au duc de Milan. L'ancienne vicinanza avait à sa tête un consul pris à tour dans chaque famille ; celles qui ne comptaient pas d'hommes devaient se faire remplacer. Jusqu'en 1825, Carabbia comprit aussi la commune actuelle de Grancia. Au spirituel, il se sépara de Lugano en 1471 pour former une paroisse avec San Pietro Pambio ; en 1608, il fut érigé, avec Grancia, en paroisse autonome. Grancia se détacha à son tour de Carabbia en 1670. L'église actuelle fut bâtie entre 1585 et 1610 sur l'emplacement d'une très ancienne chapelle ; elle a été restaurée en 1910. Elle possède une fresque remarquable de Giuseppe Petrini. Carabbia fut ravagé par la peste en 1498. Population : 1591, 110 hab. ; 1643, 220 (avec Grancia) ; 1801, 148 ; 1910, 159 ; 1920, 160. Registres de baptêmes dès 1608, de mariages 1694, de décès dès 1613. — Sarinelli : Note storiche sulla parrochia di S. Siro in Carabbia. — Baroffio : Memorie storiche. — BStor. 1879, 1890. — Monti : Atti. [C. Trezzini.]
CARABBIETTA (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. de la paroisse de Morcote. La chapelle de Saint- Bernard y existait déjà en 1634. Sous la domination suisse, Carabbietta formait une commune séparée, avec administration autonome, la juridiction civile et le droit de basse juridiction criminelle, un consul ou podestat qui formait le tribunal de première instance ; il ne payait pas l'impôt du bailliage aux XII cantons. Population : 1801, 58 hab. ; 1870, 95 ; 1900, 50 ; 1910, 41 ; 1920, 34. — Weiss : Die tess. Landvogteien. [C. T.]
CARABELLI. Famille de Castel San Pietro, qui joua en faveur de la Cisalpine un rôle important dans les événements politiques de 1798 à Mendrisio. — 1. Antonio, stucateur, laissa des travaux dans la coupole de l'église de Castel San Pietro (vers 1678). En 1686-1688, il travaillait avec les frères Brenno (Brenni) dans l'église des théatins de Salzbourg. — 2. Giovanni-Albino, sculpteur sur bois et sur marbre, * à Castel San Pietro 1689 ou 1690, f 1766. Fit ses études à Rome et travailla au Portugal, entre autres pour la cour. On lui doit les sculptures de l'orgue et la statue de saint Antoine dans l'église paroissiale de son village. — 3. Francesco, sculpteur, fils du n° 2, * à Castel San Pietro 1737, f 1774 D'abord élève de son père, il étudia ensuite à Milan sous le professeur Giudici, et montra une grande habileté pour les portraits en plastique. On a de lui le buste de son ami Simone Cantoni, la statue du maréchal Serbelloni, la statue de la façade du palais Odescalchi à Côme, la statue de la Vierge dans le dôme de Monza. Il travailla aussi à la façade du dôme de Milan et dans le parc de Schwetzingen. — 4. Donato, sculpteur, neveu et disciple du n° 3, * à Obino, près Castel San Pietro, en 1760. Il travailla particulièrement à Milan de 1789 à 1840 ; dans la façade du dôme il fit les bas-reliefs du songe de Jacob, de Daniel dans la fosse des lions (1810) et de la scène des prophètes. Il passa ensuite en Angleterre, où il fit la décoration en marbre et en stuc de la villa de lord Bristol, dans le comté de Suffolk. — 5. Giovanni- Albino, prêtre, député au Grand Conseil de 1803 à
1808. En 1798, il fut secrétaire du commandant de place de Mendrisio pendant la domination des Cisalpins (21 février-4 mars). A la chute du régime, il dut prendre la fuite. — 6. Francesco, frère du n° 5, * 1781, ardent cisalpin avec son père Joseph et son frère. Emprisonné à la chute du régime, il entra dans les troupes de génie de la république italienne et fut fait prisonnier à la prise d'Ancone. Servit ensuite en France. — BStor. 1890 et 1910. — Bianchi : Artisti Ticinesi. — Vegezzi : Esposizione Storica. — SKL. — ALBK. [C. Trezzini.]
CARABIN IERI. Société de tireurs fondée à Lugano en 1831 par le colonel G.-B. Pioda, qu'il ne faut pas confondre avec la Compagnia scelta ou Carabinieri ticinesi, instituée comme troupe cantonale de sûreté par la loi du 2 juin 1804. Elle avait une tendance fortement radicale et opposée au gouvernement. C'est avec 600 carabinieri environ que le 7 décembre 1839 les colonels Luvini et Stoppani renversèrent le gouvernement cantonal, qui avait son siège alors à Locarno, et formèrent un gouvernement provisoire. Lors de la contre-révolution de juillet 1841, les carabinieri, alarmés par le gouvernement, battirent leurs adversaires à Ponte Brolla et à Tenero. Le 10 juillet, le Grand Conseil fit des carabinieri un corps permanent de sûreté, auquel il rattacha une compagnie d'artillerie. — Bull, des lois du Tessin. — Gubler : Gesch. des K. Tessins. — Respini- Tartini : Storia del C. Ticino. [C. T.]
CARABINIERS (SOCIÉTÉ SUISSE DES). Elle fut fondée en 1824 à l'occasion du premier tir fédéral à Aarau (7-12 juin), par Schmied-Guiot, qui était alors président de la Société de tir d'Aarau. Elle avait pour but de grouper les sociétés de tir, d'encourager le tir. d'organiser les tirs fédéraux et régionaux. Les statuts furent modifiés en 1840, 1871, 1877, 1892 et 1904. Au début, la Société se composait de membres individuels, dès 1882 de sections, et dès 1904 de fédérations cantonales qui elles-mêmes se subdivisent en sections. Le Comité central fut nommé jusqu'en 1877 par la localité qui organisait le tir fédéral ; depuis lors, il est désigné par l'assemblée des délégués. C'est lui qui désigne l'endroit où a lieu le tir fédéral. La Société a pour organe dès 1862 : Schweizerische Schutzenzeitung, Gazette des carabiniers suisses. — Voir E. Tritten : Gesch. des schw. Schùtzenvereins. — Geilinger und Reichesberg : Handwôrterbuch III, art. Schiesswesen. [H. Tr.]
CARACCIOLI, CARACCIOLO. Famille noble de Naples. Armes : d'or à trois bandes de gueules au chef d'azur. — 1. Galeazzo 1517-1586, converti au protestantisme, passa par la Valteline et se fixa à Genève où il fut reçu bourgeois en 1555, gratis. Du Conseil des Deux-Cents 1559, de celui des Soixante 1560. Il fut l'âme du collège et du consistoire italiens à Genève. Bourgeois des Grisons 1558. Ayant ensuite séjourné cinq ans dans le Pays de Vaud, il revint à Genève où il mourut. — Voir Galiffe : Not. gen. II, 131. — [C. R.] — 2. Giacomo (Innigo), * 1642 à Martina (Naples), évêque d'Aversa 1697-1730, nonce en Suisse du 10 mai 1710 au 25 novembre 1716 ; soutint activement la cause de l'abbé de Saint-Gall durant la guerre du Toggenbourg. En 1712 le gouvernement de Lucerne demanda au pape son rappel, mais il demeura jusqu'en 1716 à Altdorf et à Lugano. De juillet 1714 à 1716 le comte Passionei lui fut adjoint comme légat pontifical extraordinaire au congrès de la paix de Bade ; cardinal 29 mai 1715, f à Rome le 6 septembre 1730. — Voir Cordella : Memorie storiche dei Cardin. VIII, 158. — LL. — LLH. — Balthasar : Helvetia III, 35 ; VIII, 205. — AS I, VI, 2. — QS G 21, XLII. — Lengefeld : Domenico Passionei, 10. — Dierauer IV. — ZSK 1912, page 229. [C. T.]
CARAFFA, Carlo, de Naples, * à Rome 1613, évêque d'Aversa 1644-1680, nonce en Suisse du 21 décembre 1652 au 19 novembre 1654, cardinal 1664, camerlingue 1676, f à Rome 19 octobre 1684. — Voir LL. — AS VI, 1. — QS G 21, XL. — Eggs : Purpura docta III, 472. — Karttunen 237. — Rott : Repr. dipl. VI, 904. [J.T.]
CARAFINO, Lazzaro, de Crémone, évêque de Melfi 1622-1626, et de Côme 1626-1665, f le 15 juin de cette année. Il joua un grand rôle dans la conservation
CARASSO
CARENA
de la foi catholique dans la Valteline et le comté de Chiavenna. Il travailla à introduire l'inquisition à Chiavenna et à Sondrio, et eut souvent des démêlés avec l'ambassadeur de France lors des luttes pour la conquête de la Valteline. Il fut un adversaire de la domination grisonne dans la vallée de l'Adda. Dans la partie du Tessin relevant de son diocèse, il exerça une heureuse influence sur la réforme des mœurs et la discipline ecclésiastique. — Voir Rott : Représ, diplom. IV-VI. — Maspoli : La pieve d'Agno. [C. T.]
CARASSO (C. Tessin, D. et Corn. Bellinzone. V DGS). Vge et paroisse. Anciennes formes : Calaxsiw; 1234 : Caraxius et Carassius, 1291. On y découvrit en 1882 une pierre d'autel romain dédié à Jupiter et à Mercure (Musée historique Bellinzone). En 1291, Carasso formait déjà une vicinanza et avait un podestat en la personne de Pietro Rusca. C'est dans cette localité que les Rusca vendirent la forteresse de Bellinzone à la ville de Côme en 1307, et que le 1er mai 1340, ils cédèrent aux Visconti la ville et le château vieux de Bellinzone. Au spirituel Carasso dépendit de Bellinzone jusqu'au 12 mai 1452, date à laquelle il fut érigé en paroisse. L'église de Saint-André est mentionnée en 1285. Carasso cessa d'exister comme commune politique par la fusion des communes suburbaines avec Bellinzone, 1907-1908. Il avait un port sur le Tessin, dont il demanda la suppression en 1805. Registres de baptêmes dès 1608, de mariages dès 1694, de décès dès 1613. Population : 1591, 260 hab. ; 1698, 179 ; 1845, 340 ; 1900, 845. — Voir Borrani : Bellinzona. — Meyer : Blenio und Leventina. — Bollettino Storico 1882, 1907, 1909. — Monti : Atti. [C. Trezzini.]
CARATE ou CAR ATTI. Ancienne famille de Bellinzone. Armoiries : tiercé en fasce : au 1 d'or à une aigle de sable ; au 2 d'azur à un pin de sinople et à un lion passant et brochant sur le tronc du pin ; au 3 d'argent à trois bandes de gueules (variantes). — 1. Johannes de Carate était membre du Conseil de la ville en 1440- 1441. : — 2. Pietro, curé de Morbegno (Valteline), puis de 1581 à 1592 archiprêtre de Bellinzone. C'est grâce à lui que la Réforme ne put s'établir à Bellinzone, où elle était prêchée par le milanais Ortensio Landi. — 3. Giuseppe, capitaine au 3e régiment suisse de Reding au service de l'Espagne. Il prit part à la bataille de Llinas et devint ensuite lieutenant-colonel ; fut fait prisonnier par les Français et obtint de se rapatrier. Lors de l'occupation du Tessin par les troupes du royaume d'Italie en 1810-1813, il fut de nouveau fait prisonnier et emmené à Milan, ce qui occasionna des démarches diplomatiques du landammann de la Suisse auprès du vice-roi d'Italie. Il ne fut remis en liberté que lorsque les troupes du général Fontanelli quittèrent le Tessin en novembre 1813. f avant 1837. — Pometta : Il museo storico di Bellinzona. — • Pometta : Guida di Bellinzona. — BStor. 1889 et 1912. — Borrani : Bellinzona. — Baroffio : Storia d. C. Ticino. — AHS 1914 et 1918. [C. Trezzini.]
CARATE-GLASSO, Pedro de. Capitaine et gouverneur de Fort Fuentes du 25 septembre 1624 au 30 décembre 1631. Il vint à Coire en 1631, chargé par le gouverneur de Milan de provoquer un rapprochement avec les III Ligues. — Voir Rott : Représentation dipl. V. [L. J.]
CARATSCH. Famille bourgeoise du Mùnstertal (Grisons) et aussi de Scanfs. — 1. Johannes fut en 1771 et — 2. Jacob, en 1781, landamman de la haute Juridiction de Munster. — 3. Simon, poète romanche, * 26 mai 1862 à Scanfs (Engadine), passa la plus grande partie de sa vie à Turin, où il possédait une brasserie, séjournant ordinairement l'été à Scanfs. Rédacteur du Fôgl d'Engadina 1864-1865. Œuvres : Poesias umoristicas e satiricas. f 27 février 1892 à Scanfs. — Voir Annales délia Società retoromantscha XXVI. — 4. Balthasar, peintre de portraits, * le 15 avril 1851, élève du peintre D. Deschwanden, à Lucerne ; vécut à Milan, à Munich, à Zurich, etc. Des portraits de lui se trouvent au Musée Rhétique à Coire. f le 15 octobre 1901 à Samaden. — SKL. [C.Camenisch, B.P.et L.J.]
CARATTI. Voir Carra.
CARBO. Nom d'une famille de Lausanne, qui occupait une situation de premier rang dès le XIIe s., a
donné des conseillers et des chanoines à cette ville. Elle possédait de grandes propriétés au plateau de Collonges dont elle porta au XIVe s. le nom. [M. R.]
CARBONERA. I. Nom des quatre squadre de la commune d'Albosagia en Valteline. — II. Nom d'une famille à Sondrio. — Andréa, podestat de Sondrio, fut l'un des chefs politiques qui menèrent l'agitation contre les Grisons ; il fut député auprès de Louis XIII à Paris en 1627, fut membre de la députation à Laudé 1635, à Milan en mai 1637 et à la Diète à Coire en juillet 1640. — Voir F. Sprecher : Kriege und Unruhen. — Rott : Inv. somm. II. — Le même : Représentation diplomatique V. [L. J.]
CARBON NIER. Famille de Milhau (Aveyron, France), naturalisée neuchâteloise, de Wavre 1805, bourgeoise de Neuchâtel 1816. — Max, * 1857 agronome, député au Grand Conseil. A déployé une grande activité dans la Commune de Thielle-Wavre qu'il préside depuis 1885, et dans les sociétés d'agriculture : membre du comité de la Société neuchâteloise d'agriculture depuis 1885 (président pendant 20 ans); du comité directeur de l'Union suisse des paysans dès sa fondation en 1898 ; du comité de la Fédération des sociétés d'agriculture de la. Suisse romande dès 1898 ; du comité de direction de l'Union des syndicats agricoles romands. [L. M.]
CARDINAUX, Louis, * 16 mai 1859 à Fribourg, président du tribunal de la Sarine 1890, élu la même année au Grand Conseil et au Conseil d'administration de la Caisse d'amortissement. Conseiller d'État 1894, chef du Département des Travaux publics. En cette qualité, il fut le principal promoteur et créateur des entreprises électriques de l'État, fit transformer l'usine du Barrage de Pérolles et construire les usines de Thusy-Hauterive, de l'Œlberg, de Montbovon et de Châtel-Saint-Denis ; il eut une part prépondérante à l'établissement du chemin de fer Fribourg- Morat-Anet, et des chemins de fer gruyériens ; président du Comité de direction de la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et de Morat. Conseiller aux États 1898, t H Irnai 1914 à Fribourg. — Voir La Liberté, 1914, n03 110-112, 114. — Monat-Rosen 1914. — Étrennes fribourg. 1915-1916. [G. Corpataux.]
CARDOINI. Famille noble de Naples, émigrée à Genève à la fin du XVIe s., éteinte au commencement du XIXe s., reçue bourgeoise en 1598. Armes : coupé, au premier d'azur, au second d'or mantelé d'azur (variantes). — Augustin, 1684-1753, pasteur à Caux en Piémont, puis ministre à Genève (Hôpital) 1708, à Dardagny 1712, à Cartigny 1719, à Satigny 1721 et à Genève 1723. — Isaac, 1726-1804, fils du n° 1, pasteur à Dardagny 1760, à Vandœuvres 1768, à Genève 1769.
— L'ancêtre de la famille, André, * 1595, reçu bourgeois avec son père, quitta Genève pour rentrer dans les biens de sa famille qui était illustre et riche à Naples ; il abjura le protestantisme et fut nommé gouverneur de la Calabre. Il laissa un manuscrit relatif à l'histoire de l'établissement du calvinisme à Genève en 1535 et le dédia à Philippe II d'Espagne avec prière de détruire Genève ; cet ouvrage est plein d'esprit, mais dicté par la superstition. — Voir Galiffe : Not. gen. VI, 83. — Senebier : Hist. littéraire II, 181. — Armoriai genevois.
— Heyer : L'Église de Genève. — Galiffe : Le Refuge italien de Genève. , [H. Da.]
CARENA (C. Tessin, D. Bellinzone, Com. Sant' Antonio. V. DGS). Hameau qui prêta serment de fidélité à la duchesse de Milan, ie 8 janvier 1477, après l'assassinat de Galeazzo Sforza. Il appartenait à la grande commune du Val Morobbia, mais jouissait
Louis Cardinaux, d'après une photographie.
CARESANA
CARLIN
d'une certaine autonomie et devait former une décania. Le 23 novembre 1831, il a été rattaché à la commune de Saint-Antonio. Une mine de fer, dont la concession remonte à 1463, y a été exploitée ; un nouveau four, construit en 1792, était en ruine en 1853. Population : 1900, 192 hab. — BStor. 1883, 1915. — Lavizzari : Escursioni nel C. Ticino. [C. T.]
CARESANA, CARRESANA (CARESIANUS en 1605). Famille de Cureglia. Armoiries : d'azur à un dextrochère vêtu de gueules, mouvant du flanc et tenant une coupe d'or accompagnée de trois lys d'argent, deux en chef, un en pointe ; au chef d'or chargé d'une aigle de sable. — 1. Domenico, peintre et stucateur. 11 a laissé des travaux dans le chœur de l'église paroissiale de Comano. En 1605, il peignit à la fresque la Nativité de Jésus-Christ dans l'église de Santa-Maria de Gallivaggio (comté de Chiavenna), et en 1613 fit, avec Francesco Carpano, la fresque de l'Assomption de la Vierge dans l'église de San Fedele à Côme. — 2. Giovanni, architecte et peintre, travailla à Turin au commencement du XVIIe s. — 3. Giuseppe-Salvatore, architecte, sculpteur et ingénieur civil et militaire, * 1696 (d'après Lavizzari 1682). Il travailla à la cour de Turin, où il fut en grande estime, et fut occupé à la façade de l'église de Santa-Cristina (1717). Rentré au pays, il y forma de nombreux élèves, qui se distinguèrent dans le pays et à l'étranger. Suivant Lavizzari, il serait parti pour la Russie où il devint général et mourut gouverneur de Riga. Suivant d'autres, il serait parti pour l'Espagne. — BStor. 1879, 1888. — Oldelli : Dizionario. — Lavizzari : Escursioni nel C. Ticino. — Vegezzi : Esposizione. — SKL. — AHS 1918. — ALBK. [C. Thezzini.J
CAREY. Famille vaudoise, de Poliez-le-Grand et Yverdon. A donné plusieurs pasteurs, entre autres : Samuel, à Morges, 1697-1741, pasteur à Poliez-le- Grand 1692-1724, et à Échallens 1724-1744. En outre, Charles, chancelier de l'État de Vaud, 1856-1875. [M. B..}
CARIATHO, CARIATTO. Spathaire (garde du corps) de Gontran, roi de Bourgogne, il fut nommé par lui évèque de Genève en 584. Il assista aux conciles de Valence et de Mâcon. — Voir Besson : Becherche sur les origines des évêchés de Genève, Lausanne, Sion. [C. R.]
CARIGIET. Famille de Disentis (Grisons) établie surtout à Truns, Disentis, Somvix et Brigels. De la branche de Truns descend — 1. Johann-Josef, 1795- 1882, sous-lieutenant au service de Hollande, 1823- 1849, capitaine quartier-maître au service du pape. A Disentis il faut mentionner — 2. Johann-Laurenz, 1748-1828, landammann de la haute juridiction de Disentis 1786. — 3. Jakob-Anton, 1794-1884, curé dans diverses paroisses, chanoine de Coire 1832, chantre et doyen du chapitre 1867. — 4. P. Basil, * 15 sept. 1811, curé dans le Val Medels 1840-1842, à Disentis 1845-1853, 1860-1868 et 1870-1879. Après la mort de l'abbé Anselm II de Disentis il fut pendant deux ans administrateur du chapitre et deux fois doyen. Grammairien et poète, il composa entre autres un dictionnaire rhéto-romanche, et Ortografia gienerala speculativa ramonscha. f 4 avril 1883. — Voir C. Decurtins : Bâtorom. Chrestomatie I. — Archives couvent de Disentis. — Album Disertinense. — Registres de la paroisse de Truns. — Slaatskalender des Kts. Graubiinden. [P. N. C. et P. V.]
CARIGNAN (C. Fribourg, D. Broyé. V. DGS). Vge et paroisse qui jusque vers 1680 s'appelaient Dompierre-le-Grand ou Dompierre en Vully. La collation de son église appartenait primitivement au couvent de Payerne, droit qui fut confirmé par le pape Lucius III en 1183. Mais en 1512, le curé de Dompierre, D. Antoine Flavius, résigna son bénéfice en faveur du clergé d'Estavayer-le-Lac ; le couvent de Payerne ainsi lésé intenta un procès à la suite duquel le clergé fut confirmé dans ses droits tout en devant payer un fort dédommagement au couvent de Payerne (1514). La paroisse se compose des villages de Carignan, Portalban et Vallon ; Gletterens en fut détaché en 1858. Registres de paroisse dès 1761. — Dellion : Dict. des paroisses. — Kuenlin : Dictionnaire. [H. V.]
CARILLON DE SAINT - GERVAIS. Journal charivarique genevois, fondé par Pli. Corsât, qui parut de 1852 à 1899. [C. R.]
CARISCH. Famille grisonne, établie dans plusieurs communes. — Otto, * 10 oct. 1789 à Sarn, étudia la théologie à Berne et Berlin ; professeur au collège cantonal de Coire 1819 et 1837-1851, pasteur à Poschiavo 1824-1825. Outre des manuels scolaires et des traités d'édification, on lui doit un dictionnaire romanche et une nouvelle traduction du Nouveau Testament en romanche de l'Oberland, commandée par la Société biblique de Bâle, f 17 juillet 1858. — Voir BM 1859, p. 105. [F. P.]
CARL, Kaspar von. Siehe Hohenbalken.
CARLEN (Caroli). Nom de trois familles mentionnées au XVe s. déjà à Lax, Reckingen et Tôrbel (Valais), indépendantes les unes des autres. C'est d'une famille Carlen, de Gluringen, fixée plus tard à Naters et à Glis, que descendit, depuis le début du XVIIe s., une lignée de constructeurs d'orgues renommés. — Voir : SKL. — BWG. [D. I.]
CARLI. Nom de famille des cantons de Fribourg, de Soleure et du Tessin.
A. Canton de Fribourg. Carlé, Carly, Carolo, famille originaire de Tremezzo, sur le lac de Côme, reçue à la bourgeoisie de Fribourg le 23 mai 1658 avec Antoine et ses trois fils aînés : Bernard, Pierre et Dominique. De Pierre descend une branche espagnole de la famille et de Dominique, une branche française, qui existent encore. A la branche fribourgeoise appartiennent : — Jacques-Joseph, f à Fribourg le 30 novembre 1794, servit dans les régiments suisses de Waldner, de Sonnenberg et de Vigier 1764-1792, chevalier de Saint-Louis, capitaine, peintre -miniaturiste, reçu dans le patriciat le 30 janvier 1783. — Joseph- Antoine-Maximilien-Dagobert, * le 23 septembre 1769, fils du précédent, secrétaire de légation.
Armoiries : coupé d'argent à l'aigle de sable et d'azur au lion d'argent tenant entre ses pattes une étoile d'or. — Voir FA 1906. — SKL. — Arch. Fribourg :
Collections de généalogies. [R.emy.J B. Canton de Soleure. Carli (Karli).
Famille éteinte, bourgeoise de la ville de Soleure. Klaus Karli était bourgeois en 1408. Armoiries : d'azur à un mouton d'argent, saillant, contourné sur une terrasse de sinople, et accompagné en chef à dextre d'une croix d'argent, à sénestre d'une étoile d'or. La famille s'éteignit avant 1666. — 1. Niggli, sellier, fils du précédent, membre du Conseil 1461, capitaine du château de Lôwenbourg près de Lucelle 1465, du château de Landskron 1468. — 2. Hensli, frère du n° 1, du Conseil 1441, Thùringenvogt 1456, bailli de Falkenstein 1457, de Bechbourg 1468. — 3. Marx, fils du n° 2, bailli de Pfeffikon 1490, du Grand Conseil 1504. — 4. Benedikt, fils du n° 3, membre du Grand Conseil 1527, bailli de Thierstein 1533, Jungrat 1540. — Voir LL. — F. Haffner : Geschlechterbuch. — Bestallungsbuch. [v. V.]
C. Canton du Tessin. Famille de Lugano. — 1 Pacifico, capucin, f 1558 à Bigorio. En 1535, il vint à Bigorio avec un confrère du nom de Filicaglia et y fonda le couvent des capucins. — 2. Riccardo, était chanoine de la collégiale d'Agno en 1597. — Borrani : Ticino Sacro. — BStor. 1888. — Monitore di Lugano 1921. [C.T.] CARLIN. Famille originaire de Rang (Doubs), devenue bourgeoise de Lôwenbourg (Jura bernois) en 1840. — 1. Edouard, 1817-1870, avocat à Delémont 1842, fonda en 1846 le Patriote jurassien, qui devint le Progrès en 1865 et le Démocrate en 1877. Élu au Grand Conseil en 1846 il fut le premier Jurassien à revêtir la charge de président de cette autorité en 1856. Carlin prit une part active à la revision de la constitution cantonale de 1846, et lors de l'affaire Bassevitz il fut envoyé à Saint-Imier par le gouvernement, comme pacificateur du Vallon. Juge au tribunal cantonal 1854, conseiller national la même année, il fonctionna comme procureur de la Confédération dans l'affaire Perrier (1860) et, avec Stockmar et Kaiser, entreprit une vive