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lieim et Bâle, qui en entreprit le premier ; il publia en 1540 une nouvelle édition de la Géographie de Ptolémée en forme d'atlas graphique, dont la 5e feuille était une carte de la Suisse. Johann Stumpf (1500-1566) publia une carte générale de la Suisse et des cartes spéciales de régions isolées. L'œuvre maîtresse de l'époque était une carte du canton de Zurich due au peintre verrier et topographe zuricois Hans-Conrad Gyger, en 56 feuilles, en moyenne de 30 sur 30 cm., et à l'échelle de 1 : 32 000. Elle était orientée vers l'Est et fut achevée en 1667

HJREMI HELVETIORV

Fac-similé de la plus ancienne carte imprimée de la Suisse, publiée à Strasbourg en 1Ô1S dans la Géographie de Ptolémée,

par J. Schott.

que la Confédération s'en occupât, un certain nombre de cantons avaient institué des bureaux cartographiques tenus au courant des progrès de la science. Le nombre est grand de ceux qui travaillèrent à la carte du pays ou de ses parties depuis le temps où, au XVIe s., le mouvement intellectuel se fit jour jusqu'après les années de la Révolution, quand les gouvernements eux-mêmes se mirent à l'étude topographique de leurs territoires. Ce furent des particuliers, des savants, des géographes et des militaires, mathématiciens ou naturalistes, des commerçants aussi qui entreprirent ces cartes, à la fois œuvres de technique scientifique et œuvres d'art. N'en nommons que quelquesunes : le médecin zuricois Conrad Tiirst dessina en 1495 la carte d'une partie de la Suisse. Le chroniqueur Aegidius Tschudi, de Glaris, entreprit la première carte de tout le pays. Elle fut publiée à Bâle en 1538, au format de 123 sur 135 cm. et environ à l'échelle de 1 : 350 000. Ces deux cartes sont orientées vers le Sud et ne reposent pas encore sur de véritables mensurations. C'est le mathématicien Sébastian Munster, d'Ingolds-

après 38 ans de travail. Elle est le précurseur des cartes cantonales modernes et du cadastre. Un progrès fut marqué en cartographie au XVIIe s. par la carte de Suisse du médecin et professeur zuricois J.-S. Scheuchzer, en 4 feuilles de 55 sur 74, à l'échelle d'environ 1 : 230 000, parue en 1712. Pour la première fois, les mesures d'altitude avaient été exécutées à l'aide du baromètre. Elle était orientée au Nord et le relief dessiné selon l'ancienne méthode perspective. Sa valeur, outre qu'elle réunit tous les renseignements et documents connus à l'époque de sa parution, réside dans la preuve qu'elle fournit de la nécessité de nouvelles recherches et de nouveaux travaux. Une base géométrique suffisante surtout faisait défaut pour la mise en place et l'expression exacte de la forme du terrain. Des particuliers et des sociétés scientifiques s'attachèrent à ce problème par la création d'observatoires et l'exécution de mensurations. La représentation du sol changea lorsque l'on s'essaya et apprit à en exprimer le relief. Le général Fr.-J. Pfyffer de Lucerne travailla de son propre chef de 1770 à 1790 à un relief de la Suisse centrale au 1 : 12 500, et Micheli

du Crest, H.-C. Escher, G. Studer dessinèrent des panoramas. La vue du relief de Pfyffer conduisit J.-R. Meyer, d'Aarau, à en établir un pareil de toute la Suisse avec l'aide d'ingénieurs. J.-H. Weiss, de Strasbourg, et J.-E. Muller, d'Engelberg, furent ses collaborateurs ; le résultat de leurs travaux fut un atlas de la Suisse en 16 feuilles de 52 sur 71 cm. à l'échelle du 1 : 108 000, représentant pour la première fois le pays vu à vol d'oiseau et quelque peu semblable à la réalité. La dernière grande difficulté était vaincue. Mais en même temps on porta un intérêt plus grand à l'étude du pays et à sa représentation sous une forme généralement intelligible

exécuter le levé de leur territoire avec l'appui de la Confédération, ainsi Berne, l'ancien canton, au 1 : 25 000 et au 1 : 50 000, sous la1 direction de J.-H. Denzler ; Zurich, au 1 : 25 000, par Johann Wild ; Lucerne, au 1 : 25 000, par E.-R. Mohr et d'autres ; Saint-Gall, au 1 : 25 000, par Eschmann, etc. ; Fribourg, au 1 : 25 000, par le capitaine polonais Stryenski ; Appenzell, au 1 : 25 000, par le colonel Merz et son fils ; Thurgovie, au 1:21 600, par. J. Sulzberger ; Argovie, au 1 : 50 000 par le capitaine prussien Michaelis ; Vaud, au 1 : 25 000, par Piccard, etc., sur la base des cartes communales existantes. Ces cantons, sauf Berne, firent reproduire

Fragment de la carte de la Suisse de J. S. Scheuchzer, parue en 1712 en 4 feuilles à 1 échelle de 1 : 230 000.

et pratique ; l'on demanda toujours plus à la représentation cartographique. Les exigences augmentèrent de plus en plus dans les milieux scientifiques, surtout parmi les géologues, et ce fut l'un de ces derniers, B. Studer, de Berne, qui proposa en 1828 à la Soc. helvétique des sciences naturelles de faire établir une nouvelle carte de la Suisse. Cette société demanda l'appui de la Commission de surveillance militaire fédérale. Celle-ci, par la suite, considérant qu'une telle entreprise était du ressort de l'État, prit elle-même la tâche en main et la mena à chef. Le dessin en fut confié au chef du bureau du colonel quartier-maître, le colonel G.-H. Dufour, de Genève ; un grand Bureau topographique fut créé et rattaché au bureau de l'État-major fédéral. La Commission de surveillance militaire était en ce temps-là le seul organe officiel disposant des ressources nécessaires. Pour la nouvelle carte, qui devait être à l'échelle du 1 : 100 000, le matériel alors disponible et utilisable fut mis à réquisition, soit la carte de l'ancien évêché de Bâle, de Buchwalder, au 1 : 60 000 ; celle du canton de Bâle, de Baader, au 1 : 25 000, et celle du canton de Genève, exécutée sous la direction de Dufour, au 1 : 12 500. Un certain nombre de cantons firent

leurs levés, les uns au 1 : 25 000, d'autres au 1 : 40 000 et 1 : 50 000 selon les meilleures méthodes de reproduction, la lithographie et la gravure sur cuivre. Ces cartes cantonales formèrent une collection modèle de travaux cartographiques excellemment exécutés. L'œuvre maîtresse et la plus moderne fut la carte de Wild du canton de Zurich. Les autres portions du territoire de la Suisse furent levées aux frais de la Confédération et par ses propres topographes, dans les cantons de Schwyz et Zoug, au 1 : 25 000 ; Uri, Unterwald, Glaris, Grisons, Tessin et Valais, au 1 : 50 000. La nouvelle carte fédérale repose dans sa base géométrique (triangulation) comme dans son dessin, sur des matériaux très divers et ne fut pas une œuvre d'un seul jet. Elle fut le résultat de la collaboration de la Confédération et des cantons ; ces derniers ont chacun leur propre mérite dans le développement de la cartographie en Suisse. La carte fut achevée en 1864 ; le bureau de l'État-major fédéral fut alors transféré à Berne et la section topographique avec lui ; celle-ci passa sous la direction du colonel H. Siegfried.

Déjà durant la préparation de la grande carte topographique en 25 feuilles au 1 : 100 000, Dufour

avait proposé une réduction en 4 feuilles comme carte générale de la Suisse et une décision avait été prise dans ce sens par le Conseil fédéral/ L'exécution en fut cependant retardée jusqu'en l'année 1873. La tâche des cartographes officiels aurait alors été terminée. Mais de nouveaux progrès avaient été faits et l'on avait de nouvelles exigences. Les cartes parues rendaient le terrain au moyen des hachures. La science et la technique demandaient une représentation plus géométrique et plus faci-

La préparation de cet atlas fut de 1870 à 1900 l'une des principales tâches du Bureau topographique fédéral, sous la direction des colonels Siegfried, J. Dumur et J.-J. Lochmann. Comme autre carte officielle parut en 1879 la carte d'ensemble de la Suisse et des régions frontières, au 1 : 1 000 000, par L -R. Leuzinger. Une autre carte de la Suisse en une seule feuille, projetée par Siegfried, au 1 : 500 000, ne fut éditée, par suite d'une série de difficultés, que par l'industrie privée ; elle man-

Fragment de la carte en relief de la Suisse établie au commencement du XIX" s. publiée par J.-R. Mejer.

lement utilisable du sol, telle que le permettait la méthode des courbes de niveau ou courbes d'égale altitude, méthode qui avait atteint en Suisse un haut degré de perfectionnement. Cette méthode correcte de figuration du relief avait été déjà employée dans beaucoup de minutes de la carte au 1 : 100 000, qui, grâce aux capacités et à l'application des topographes, contenaient plus de détails que la petite échelle du 1 : 100 000 ne permettait de rendre. On songea, de ce fait, à publier tels quels les levés originaux après avoir relevé, sur le terrain, les additions et compléments nécessaires. Le cartographe de Winterthour, J.-M. Ziegler, avait déjà pris sur lui de publier certaines régions de la haute montagne, dont le besoin se faisait sentir au sein du Club alpin suisse fondé en 1863. Le colonel Siegfried fit des propositions aux autorités fédérales et deux décrets fédéraux réglèrent en 18681a publication de l'Atlas topographique de la Suisse à l'échelle des levés originaux.

que aujourd'hui dans la suite des cartes fédérales. A côté de la cartographie d'État, l'initiative privée fit des progrès et prit de l'extension. Cette collaboration sur de larges bases est une caractéristique de la cartographie de notre pays. Si les cartes officielles, relevant un grand territoire et nécessitant beaucoup de temps, doivent présenter une grande rigidité dans leur exécution, la pleine liberté de travail et l'utilisation immédiate de tous les perfectionnements, sont l'apanage de l'initiative privée. Celle-ci fait une œuvre de pionnier, se développe dans toutes sortes de directions, prend contact avec les efforts de l'étranger auxquels elle peut s'intéresser.

Parmi les cartographes isolés et les maisons particulières, il faut nommer les Zuricois Heinrich Keller, père et fils ; J.-M. Ziegler et S. Randegger ; le Glaronnais R. Leuzinger ; les instituts Wurster, Randegger & C°, à Winterthour, actuellement Kartographia Win-

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