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IV. Atlas topographique de la Suisse à l'échelle

des levés originaux, Atlas Siegfried. Avec l'achèvement en 1864 de la carte topographique de la Suisse au 1 : 100 000, la première grande tâche de la cartographie suisse était terminée. Ne figurant le relief que par des hachures et ne disposant que d'une échelle relativement petite, cette carte ne pouvait suffire aux exigences toujours croissantes de la science et de la technique. Son achèvement survint précisément au moment du développement des routes et des chemins de fer et à la création de la géologie alpine, par A. Escher de la Linth, G. Studer, etc. Entre temps, la méthode de levé topographique et d'expression du relief par les courbes de niveau de différentes couleurs s'était toujours développée davantage ; elle avait déjà beaucoup été usitée pour les travaux de base de la carte au 1 : 100 000, qui souvent avaient été exécutés à de grandes échelles 1 : 12 500, 1 : 25 000 et 1 : 50 000. Il eût été regrettable qu'un si excellent matériel reposât dans les armoires. Deux décrets fédéraux de 1868 ordonnèrent la publication de ces levés originaux, aux échelles uniformes de 1 : 25 000 pour le plat pays et 1 : 50 000 pour la montagne. Le colonel H. Siegfried, chef du bureau de l'Étatmajor fédéral et de sa division topographique, prit la tâche en main. Les bons levés furent soigneusement revus sur le terrain, quelques autres refaits, lorsque les progrès faits dans la connaissance de la structure interne du sol et de son modelé extérieur en permettaient une meilleure expression. Les jeunes topographes se formèrent à l'école des anciens : Bétemps, Coaz, L'Hardy, Siegfried, Stengel, Wolfsferger, etc., et y ajoutèrent leurs connaissances et leur technique nouvelle. Leurs levés ne contenaient que ce que l'échelle du 1 : 50 000 permettait de rendre. L'atlas devait compter 546 feuilles de 24 sur 35 cm., subdivisions de celles de la carte topographique au 1 : 100 000, et paraître en livraisons de douze feuilles chacune. La reproduction devait se faire sur cuivre pour les parties au 1 : 25 000 et en lithographie pour les hautes montagnes ; pour ce dernier procédé, on disposait de l'excellent graveur R. Leuzinger. Quelques régions ayant été publiées dans les deux échelles, le nombre des feuilles s'éleva à environ 600. L'atlas porte le nom de Siegfried en l'honneur de celui qui en dirigea les travaux. Il marque un stade dans l'évolution de la cartographie et de la topographie et fut accueilli partout avec beaucoup de considération. Une exécution en carte-relief, rendant mieux le modelé du sol, n'a pu jusqu'ici avoir lieu, mais elle a été employée dans des cartes privées ou officielles de certaines régions pour la réalisation desquelles plusieurs sections furent groupées en de grandes feuilles. L'extension du levé au 1 : 25 000 pour les Alpes a été proposée, [f F. Becker.]

CARTULAIRES. On désigne sous ce nom un recueil original de chartes du moyen âge formant un tout. Ainsi, les cartulaires de Haucrêt et d'Oujon, du XIIe s., qui sont aux Archives cantonales vaudoises, le cartulaire de la cathédrale de Lausanne (1228-1240) qui est à la bibliothèque de Berne, le cartulaire de Romainmôtier (XIIe s.) qui est à Fribourg, celui de l'abbaye de Saint-Maurice (XIVe s.) actuellement à Turin. On a pris aussi l'habitude de désigner ainsi le groupement de chartes isolées concernant la même institution. [M.R.]

CARVINA, CARAVINA, CARUVINA. Ancien nom de la région supérieure de la vallée du Vedeggio. Elle embrassait tout le territoire qui dépendit plus tard de l'église de Saint-Martin de Bironico, c'est-à-dire depuis Isone et Robasacco jusqu'à Sigirino. Pendant les guerres entre Côme et Milan (1116-1127), la Carvina avait abandonné Côme pour soutenir Milan. C'est depuis lors probablement qu'elle se détacha ecclésiastiquement d'Agno pour constituer une circonscription à part (premières origines de la paroisse et du décanat de Bironico). En 1185 et 1191, Henri VI ordonna aux gens de la Carvina d'obéir à la ville de Côme, à laquelle il avait cédé la juridiction, sous quelques réserves, sur la Carvina et d'autres territoires du Tessin actuel. Au moyen âge, il y existait un péage qui subsista jusqu'au XIXe s. Le curé de Saint-Martin de Bironico prélevait la dîme novale dans toute la Carvina. L'archevêque de Milan, les Torriani et les Rusca y jouissait aussi des

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