CASA (DELLA
CASANOVA
droits fonciers. — Hidber : Urkundenregister . — Maspoli : La pieve d'Agno. — Cantù : Storia délia città e diocesi di Como. — Monti : Atti. [C. T.]
CASA (DELLA). Famille de Meride et de Stabio. Armoiries de la branche de Meride : d'argent à un mont de sinople surmonté d'une maison de gueules, accompagnée en chef d'une étoile du même. — Giuseppe, de Stabio, * à Rome en 1754, prêtre, curé de S. Maria in via lata à Rome jusqu'en 1800. Conclaviste la même année des cardinaux Doria au conclave de Venise où fut élu Pie VII. Évêque d'Alatri dans la Campanie en 1802, où il termina la restauration de la cathédrale. Il fut emprisonné en 1810 pour refus de serment à Napoléon et déporté à Bourges jusqu'à la chute de l'empereur. De retour en 1814, il obtint aussi le gouvernement des diocèses d'Anagni, Veroli et Ferentino. | à Alatri le 31 mars 1818. — Oldelli : Dizionario. — Borrani : Ticino Sacro. — AHS 1914. — • (Corti : Famiglie patrizie ticinesi. [C. T.]
CASA DEI PAGANI. Nom donné aux grottes ou refuges fortifiés que l'on trouve dans les montagnes tessinoises et dans le reste de la chaîne des Alpes. Elles portent aussi ceux de Crôisch et de Grebel. Les grottes fortifiées connues dans le Tessin sont celles de Chiggiogna, de Dongio, de Malvaglia et de S. Martino de Mendrisio. On ne sait rien de positif sur leur origine, mais il semble qu'il faille rejeter l'hypothèse qu'elles aient servi de refuge aux païens pour se protéger contre les populations chrétiennes. Suivant Pometta, elles durent être les derniers retranchements des Sarrasins, qui ont été chassés de nos régions dans le cours du Xe s. Selon Burckhardt, elles étaient des postes d'observation et d'alarme. Quant à l'époque de construction de ces refuges, on considère les. case dei pagani de Blenio comme plus anciennes que celle de Chiggiogna, qui aurait été construite au plus tard au XIIe s. — Voir ASA 1919 et 1920 (avec bibliographie). [C. T.]
CASACCIA (C. Grisons, D. Maloja, C. Bregaglia. V. DGS). Com. et Vge, dont l'histoire est étroitement liée à celle du col du Septimer. Dès 1470 Casaccia commence à se détacher de la juridiction de Ob-Porta en obtenant son autonomie, qui fut pleinement reconnue le 26 avril 1745. Déjà un jugement du 21 mai 1542 porte que Casaccia a le droit d'élire un juge criminel à la haute cour de justice et qu'un des juges civils doit être son ammann. Ces privilèges communaux furent abolis par la constitution de 1851. L'église de Saint-Gaudence relevant du couvent de Pfâfers, est mentionnée déjà en 998 ; elle fut pendant tout le moyen âge un lieu de pèlerinage. Ses riches revenus lui permettaient d'entretenir un prêtre et un hospice. En 1518 elle menaçait de s'écrouler et fut transférée ; on a retrouvé récemment des restes de l'ancien édifice. Le 6 mai 1551, durant les troubles de la Réformation, on enleva les images de l'église, et en 1556 les biens de celle-ci, ainsi que ceux de l'hospice, furent répartis entre les deux demi-juridictions de la Bregaglia. L'église fut encore utilisée pour les services funèbres jusqu'au XVIIIe s. En 1750 on construisit dans le village la petite église dédiée à saint Jean ; celle de Saint-Gaudence demeura, même à l'état de ruine, propriété de la vallée ou du cercle. En 1834, lors des inondations, le village fut partiellement envahi par des éboulis. Registres de baptêmes dès 1676, de mariages dès 1710, de décès dès 1686. — Voir Regesten der Gemeinde Casaccia. — Vasalli : Das Hochgerirht Bergell. — Ernst Lechner : Das Tal Bergell. — J. R. Rahn dans ZT 1897, p. 113. [T. Semadeni.]
CASACCIA (C. Grisons, D. et Cercle Poschiavo, Com. Le Prese. V. DGS). Vge où l'on peut voir les restes d'une muraille, appelée encore « fort >; par les gens du pays, et qui fermait la vallée entre le lac et la montagne. En 1620, immédiatement après le massacre de la Valteiine, Robustelli parvint jusqu'à cet endroit avec sa bande d'assassins, quand il tenta de poursuivre ses exploits dans la région de Poschiavo. Ces vieilles fortifications furent mises en état de défense en 1797 pour arrêter l'invasion des Français. — Voir Leonhardi : Puschlav. [A. M.]
CASACCIA, CASACIA, CASATIA. Ancien hospice sur le Lukmanier, dont il ne reste plus aujourd'hui
que des ruines. Cet hospice, appelé de San Sepolcro, est mentionné déjà en 1104 ; le droit de patronage était exercé par la vicinanza d'Olivone, au sein de laquelle il fut admis en 1136. L'hospice, qui devait entretenir pendant trois jours les voyageurs pauvres, était gouverné par un prieur et plusieurs frères ; en 1233, on parle aussi d'un syndic et d'un administrateur ; en 1354 seulement, il est fait mention des religieux et religieuses humiliés. Casaccia était la seconde souste de la vallée de Blenio pour le transport des marchandises. Le 1er septembre 1478, le gouvernement ducal de Milan, autorisé par le pape, permit l'incorporation de Casaccia au grand hôpital de Milan. L'hospice fut détruit en 1878 par une avalanche et en 1882 par un incendie. Le dernier hospitalier de Casaccia, Giovanni Neri, mourut en 1918. — Meyer : Blenio u. Leventina. — BStor. 1881, 1891, 1897, 1903, 1906 et 1908. [C. T.]
CASALINI ou CASELLINI, famille d'Arogno et Bissone. — 1. Giovanni-Battista, *à Arogno 18 octobre 1718. Archiprêtre de Silvano-Adorno, dans le diocèse de Tortone ; il laissa un ouvrage paru en 1795, dans lequel il combattait les théories jansénistes de Scipione Ricci, évêque de Pistoie, qui joua un rôle prépondérant dans le fameux concile de Pistoie. — Oldelli : Dizionario. — 2. Giuseppe, d'Arogno, * décembre 1800 à Alexandrie (Italie), f 1860 dans la même Aille. Député au Grand Conseil tessinois 1830-1839 1847 lieutenant-colonel fédéral, 1850 colonel. Dans la guerre du Sonderbund, il commandait le 2e bataillon tessinois. — 3. Antonio, de Bissone, * 10 septembre 1818, f 4 janvier 1892. Professeur à Ascona, recteur du Séminaire théologique de Côme, chanoine honoraire de la cathédrale de la même ville. — Borrani : Ticino Sacro. — • Dotta : / Ticinesi. [C. T.]
CASANA (COL DE) (C. Grisons. X.DGS). Ce col, qui conduit de Scanfs, par le val Casana, dans la vallée italienne de Livigno, a joué un rôle dans plusieurs guerres. Après la bataille de Calven, l'empereur Maximilien envoya une armée de 15 000 h., sous les ordres du comte Sonnenberg, par la vallée de Livigno pour envahir l'Engadine en passant le col de Casana. Cette armée y parvint en effet, non sans de très grandes difficultés ; mais comme les habitants de l'Engadine avaient incendié eux-mêmes leurs villages, elle dut s'estimer heureuse de pouvoir opérer sa retraite par l'Ofenberg apr^s de terribles privations. Au cours des troubles des Grisons, le 1er novembre 1620, une armée grisonne, grossie de contingents bernois et zuricois, passa le col de Casana pour tenter sans succès de reconquérir la Valteline. En octobre 1621, les Grisons firent une nouvelle tentative, également malheureuse, pour essayer de reprendre au moins Bormio, en se servant du même passage. Rohan l'utilisa également le 26 juin 1635, avec 3000 hommes de pied et 400 cavaliers, plus 1500 hommes des Grisons, pour attaquer dans la vallée de Livigno l'armée impériale de Fernamond et séparer ainsi les Espagnols des
Autrichiens
CASANOVA
[C. v. J.] Famille de l'Oberland grison, fixée entre autres à Lugnez, Obersaxen et Truns. La branche de Truns est éteinte. Armoiries : d'azur à trois besants d'or, deux et un. — 1. Gau- DENZ, d'Obersaxen, Landrichter de la Ligue grise 1581. — 2. Hieronymus, abbé de Disentis, * 15 novembre 1715 à Lumbrein, entra au couvent de Disentis 1737, prêtre 1740, enseigna d'abord la philosophie dans son couvent, puis fut curé de Romein 1755-1763. Élu abbé 11 avril 1763, f 16 juillet 1764. — [P. N. c]. — 3. Jacob, de Truns, landammann de la juridiction de Disentis 1756-1757. — 4. Jacob- Christian, de Truns, 1750-1802, landammann de la juridiction de Disentis 1786-1787, député à la Diète grisonne 1787, capitaine au service sar,de 1791 Rentré dans sa patrie, il entreprit de 1794 à 1795, avec le landammann Balthasar Demont, de Truns, la remise en état de l'ancienne voie de communication de Disentis à Medels, sur la rive droite du Rhin moyen. On lui accorda pour ce travail le droit de prélever une taxe sur
CASANOVA
CASATI
les passants. — 5. JOHANN-ÂNTON, * 1780, fils du n° 3, officier en Hollande, landammann de la juridiction de Disentis 1810-1811, membre du Grand Conseil 1820. - 0. JOHANN-BAPTISTA, 1816-1843, chancelier épisco-
pa
!. — Voii
Annalas délia societad Raeto-romanscha VII, VIII. - - Reg. de paroisse de Truns. — Staatskalender von Graubûnden. [P. a. v.]
CASANOVA, Jacques. Célèbre aventiirier italien, * en 1725 à Venise, f en 1798 à Dux, en Bohème, auteur de Mémoires publiés pour la première fois de 1822 à 1826, puis réédités fréquemment. A séjourné en Suisse en 1749, 1760, 1761, 1762 et 1769. Les séjours de 1749, 1761 et 1762 ne furent que de brefs passages à Genève et à Bâle. Celui de 1760 dura du commencement d'avril à la fin d'août et fait l'objet des chapitres VIII à XV du IVe volume des Mémoires (Édition Garnier). Casanova entra en Suisse par Schaffhouse, séjourna à Zurich, d'où il se rendit à Einsiedeln ; il passa ensuite quelque temps à Soleure dans l'entourage de l'ambassadeur de France, chevalier de Chavigny, puis à Berne, à Morat, où il visita le médecin Herrenschwand, à Roche, où il eut une entrevue avec Albert de Haller, à Lausanne et à Genève, où il eut avec Voltaire des conversations qui forment quelques-unes des pages les plus curieuses des Mémoires. A la fin de 1769, il passa quelques semaines à Lugano, où il fit imprimer chez Agnelli sa Réfutation de l'histoire du gouvernement de Venise, d'Amelot de la Houssaye — Voir Pierre Grellet : Les Aventures de Casanova en Suisse. [P. Grellet.]
CASATI (CASATE). Famille originaire de Milan et de Lucerne. Armoiries : de gueules à un château d'argent ouvert de sable.
— 1. Alfoiiso I, de Monza, comte de Borgo-Lavizzaro, * 1565, t 7 août 1621. ambassadeur d'Espagne auprès de la Confédération et des III Ligues, de 1594 à 1621. En 1598, il décida Appenzell, Rhodes-Intérieures, à adhérer au traité conclu en 1587 par les cantons catholiques pour protéger Milan. Le Valais toutefois ne se laissa pas convaincre. Casati ne réussit pas non plus à empêcher le renouvellement de l'alliance avec la France en 1602 ; toutefois les cantons catholiques se réservèrent expressément l'alliance espagnole. En 1604 Casati négocia le renouvellement de cette dernière ; Milan obtint alors le droit de disposer du Gothard. En Rhétie, par contre, Casati n'eut pas de succès, les Grisons repoussèrent toute proposition d'alliance avec Milan. De concert avec les cantons primitifs, et à l'aide des diplomaties française et autrichienne, il organisa contre les Grisons le grand complot de 1620. — Voir : Casati's Correspondent mit Mailand (copies aux Archives fédérales). — AS I, V, 1 et V, 2. — Jecklin : Materialien. — LL. — Cérésole : La république, de Venise et les Suisses. — H. Reinhardt : Die Correspondenz von Alfonso und Girolamo Casati mit Erzherzog Leopold 1620-1623. — Fortunat Sprecher : Gesch. der biind. Kriege und Unruhen. — B. Anhorn : Pundtner Aufruhr — Ulysses von Salis : Denkwurdigkeiten. — Mohr : Gesch. von Currâtien 2, I. — Rott : Henri IV. — Rott : Représ, diplom. II et III. — Rott : Méry de Vie et Padavino. — P. von Planta : Chronik der Famille von Planta. — 2. Girolamo, fils du n° 1, * 1593, f le 7 avril 1624. En 1621, pendant la maladie de son père et après sa mort, il soigna les affaires de l'ambassade, mais ne fut nommé qu'en 1623 ambassadeur en titre. Il devait sa position surtout à l'archiduc Léopold dont il s'efforça de soutenir la politique dans les Grisons. Contrairement aux intentions de l'Espagne, il s'opposa avec succès à la garantie du traité de Madrid de 1621, par les cantons catholiques, qui stipulait que la Valteline serait rendue à son souverain légitime. En 1622, il ne put empêcher les cantons protestants de porter secours aux habitants du Prâtigau dans leur lutte pour la liberté. En septembre, il assista aux conférences de Lindau. — Voir Archives fédérales : copies de Milan. — AS I, V,2 et la bibliographie du n° 1. — 3. Carlo-Emauuele, fils du n° 1, * 1600, f 8 juin 1645, ambassadeur d'Espagne près la Confédération de 1629 à 1645. En septembre 1629, il
Lôwengraben à Lucerne.
Jecklin : Materialien. — Alf. und Gir. Casati. — Burgund. — E. Haffter :
empêcha, par l'intermédiaire des cantons catholiques, la formation d'un corps volant de Confédérés à la solde de la France pour délivrer les Grisons des Autrichiens. L'année suivante, il combattit le plan des diplomaties de Fiance et de Venise dont le but était de remplacer, chez les petits cantons, l'alliance espagnole par celle de Venise ; après de longues négociations, il réussit à renouveler l'alliance de 1604 en vertu de laquelle les cantons catholiques se chargeaient de défendre non seulement la Lombardie, mais aussi la Franche-Comté. Il obtint aussi que la route du Gothard restât ouverte à son souverain, ce qui avait une grande importance depuis que le traité de Cherasco lui interdisait le Splùgen. En 1639, il obtint de pouvoir enrôler pour la Bourgogne, et en 1642 pour Milan et pour l'Espagne. — Voir Archives fédérales, copies de Milan. — ,4S I, V, 2 et la bibliographie du n° 1. — 4. Francesco, fils du n° 1, * 1610, t le 31 mars 1667. En 1637, on l'envoya à Coire pour contrecarrer le plan de Jenatsch de faire une expédition militaire dans la Valteline. Après avoir été jusqu'en 1646 résident à Coire, il fut nommé cette année-là ambassadeur auprès de la Confédération et des III Ligues. Malgré les efforts continuels de la diplomatie française pour reconquérir son influence sur les hautas vallées du Rhin et de ï'Inn, il sut conserver la suprématie de l'Espagne sur ces contrées. Il possédait une maison au
— Voir/lS I, V,2et VI, 1 — Reinhardt : Die Korresp. von R. Maag : Die Freigrafschaft Jûrg Jenatsch. — Rott : Représ. dipl.Y-Yll. — 5. Alfonso II, fils du n° 3, remplaça Francesco au poste de Coire dès 1664 et devint son successeur en Suisse en 1667. Malgré la décadence générale de l'Espagne et son incapacité de payer les pensions annuelles, il fut cependant à même, grâce à sa connaissance approfondie de la situation de la Suisse, de conserver à son gouvernement la position occupée jusqu'alors. Il seconda l'Autriche dans ses efforts pour transformer l'alliance héréditaire avec les Confédérés en une alliance défensive. Il se rapprocha ensuite des cantons protestants et insista en vain auprès des cantons catholiques pour qu'ils prissent le pays de Vaud sous leur protection. On lui refusa aussi de défendre la Franche-Comté d'une manière efficace, quoique les cantons alliés lui eussent fourni quelques troupes dans ce but, auxquelles Berne avait accordé le passage. Son projet de détacher les Confédérés de l'alliance avec la France et de les amener à conclure, à l'instar des Grisons, une alliance avec les États du Nord, finit par échouer. Lui et ses descendants furent reçus bourgeois de Lucerne en 1680 ; t le 16 février 1681 à Coire. — Voir Archives fédérales, copies de Milan. — AS I, VI, 1. — Haller : Bibliothek der Schwciz. Gesch. — LL. — Maag : Die Freigrafschaft Burgund. — Rott : Représ, diplom. VI-VIII. — 6. Carlo, fils aîné du n° 5, ambassadeur auprès de la Confédération et des Grisons de 1686 à 1703. Il commença par continuer la politique antifrançaise de l'Espagne et lutta avec acharnement contre l'emploi de troupes suisses soldées, fait par Louis XIV dans un but offensif. Il n'eut pas grand succès de ce côté et moins encore lorsqu'il tenta d'engager les Suisses à prendre part à la guerre contre la France. Lorsqu'éclata la guerre de succession en Espagne, il joignit ses efforts à ceux de la diplomatie française, pour fermer à l'empereur et à ses alliés les routes des Alpes, ce qui revenait à prolonger les alliances avec les cantons catholiques et les Grisons en faveur du nouveau souverain de Milan. Toutefois les cantons protestants s'y refusèrent. En revanche, les cantons catholiques, à l'exception de Fribourg et de l'abbé de Saint-Gall, prolongèrent en 1705 l'alliance de 1634 avec le roi d'Espagne, et l'autorisèrent à lever des troupes. De leur côté les III Ligues s'engagèrent à rester neutres et interdirent tout passage sur leurs routes. — Voir Archives fédérales : Korrespondenz C. Casatis ; Analytisches Inventar aus dem Wiener Haus-> Ho f- und Staatsarchiv fur die Zeit von 1680-1715. — AS I, VI, 2. — LL. — Jecklin I. — Barth. — Mohr. — Zellweger. — R. Huch : Die Neutralitàt der Eidgenossenschaft. — Boislisle : Les Suisses et le marquis de Puyzieulx. — R. Feller : Die Schweiz und das Ausland im