CASSINA
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Johann-Anton Casparis.
D après un portrait à 1 huile.
tutélaire pendant plusieurs années. — - Der freie Ràtier, 1893, n° 193. — 9. Johann-Anton, conseiller national et
préfet, fils du n° 7, * 14 mai 1808 à Masein. Il se consacra à l'agriculture tout en pratiquant le droit (procès du chemin de fer du Sud-Est). Bailli de l'ancienne juridiction de Furstenau ; à plusieurs reprises, député au Grand Conseil et préfet. Conseiller national 1872, président jusqu'à sa mort du tribunal de Heinzenberg, t 16 décembre 1877 au château de Rietberg. — Biindner Tagblatt, 1877, 28 décembre. — Der freie Ràtier, 1877, n° 304. — 10. Johann-Anton, conseiller national, fils du n° 9, * 6 août 1854 à Thusis, étudia le droit entre autres à Berlin. Il fut d'abord président du cercle de Domleschg et député au Grand Conseil, puis président du tribunal de district, conseiller d'État 1888, conseiller national 1893, f 17 février 1909. — Der freie Ràtier, 1909, n° 45. — Des rameaux de la famille existent encore en Hollande, à Trieste, en France et en Amérique. — Voir Arch. Filisur et Bergùn. — Gemeinnùtz. Taschenkalender fur Graub. — Graub. Staalskalender . — P. Lorenz : Zur Gesch. des Hochgerichts Greifenstein.
II. Famille de Filisur. A l'origine, elle est probablement apparentée à celle de Latsch. Armoiries : de gueules au chamois au naturel sur une colline de sinople.
L'ammann Pol Caspar, l'ancien, se rendit vers la seconde moitié du XVe s. de Bergun à Filisur. Ses héritiers sont mentionnés en 1504. Tous les suivants, nos 1 à 16, revêtirent la charge d'ammann de la juridiction de Bergun. — 1. Pol, fils du précédent, fonctionna comme arbitre pour sa commune le 1er juin 1549.
— 2. Jacob, fils du n° 1, cité de 1573 à 1599. — 3. Jacob, fils du n° 2, arbitre pour sa commune le 15 juillet 1610.
— 4. Jacob, fils du n° 3, avocat de la commune de Filisur à l'occasion d'une plainte portée contre elle par les commerçants de Zurich et de Constance en 1644, f 1690.
— 5. Paul-Polcaspar, petit-fils du n° 2, arbitre pour sa commune le 17 juin 1672, f 1693. — 6. Leonhard- Polcaspar, petit-fils du n° 2, arbitre le 17 juin 1672, f 1685. — 7. Linard, fils du n° 5, f 14 septembre 1719.
— 8. Polet Polcaspar, petit-fils du n° 2, f 2 décembre 1690. — 9. Casper, fils du n° 8, t 23 juin 1720. — 10. Casper Polcaspar, arrière-petit- fils du n° 1, avocat de la commune de Latsch le 29 juin 1648, et de celle de Filisur le 16 octobre 1680. — 11. Peter, fils du n° 10, arbitre le 17 mai 1697, f 18 avril 1725. — 12. Clo dil Pol, frère du n° 11, f 10 octobre 1706. — 13. Paulus, frère des n03 11 et 12, * 1640, majordome de Jean- Rodolphe de Tavel, seigneur de Cuarnens, il visita avec ce dernier les principaux royaumes, principautés, provinces, cours, villes et académies de l'Europe. Son récit de voyage, écrit en latin, est déposé à la Bibliothèque cantonale de Coire. Rentré à Filisur, il devint ammann de la juridiction de Bergun en 1688, puis, à plusieurs reprises, député à la Diète grisonne et auprès des représentants des puissances étrangères dans son canton ; trois fois assesseur du synode rhétique. Personne très en vue des III Ligues, il fut le premier de la famille des Polcaspar à porter le nom de Casparis ; il est ainsi l'ancêtre de la famille noble de ce nom à Filisur. f 12 février 1706 à Filisur. — C. Jecklin : Urkundenzur Verfassungsgesch. von Graub., n° 58, p. 157. — Oraisons funèbres en romanche (à la Bibl. cant.). — 14. Johannes, fils du n° 13, f 10 avril 1744. — 15. Casper de Casparis, descendant du n° il, t 29 octobre 1778. — 16. Paul, fils du n° 15, f 13 avrU 1804, à Amsterdam. Avec son fils Paul, f 24 juin 1785, la famille de Filisur s'est éteinte
Louis-François Cassât.
D'après un portrait de
Au peuple vaudois.
dans les mâles. — Voir Archives et reg. de paroisse de Bergun et Filisur. [Alb. Casparis.]
CASSARATE (C. Tessin, D. Lugano, Com. Castagnola. V. DGS). Cassarago XVe s. ; Cassirago XVIe s. Localité mentionnée en 1222 qui semble avoir été construite sur les propriétés de quelques nobles de Lugano, entre autres des Trevano et des Cilgoralti. La chapelle de San Pietro possède une fresque du XVe s., celle de Sant' Andréa, une station du chapitre de San Laurent de Lugano, qui était dans un état délabré déjà en 1591. Au spirituel, Cassarate fut détaché en 1920 de la paroisse de Lugano pour être rattachée à celle de Castagnola. Peste en 1498. Population : 1591, 14 hab. ; 1910, 308. — Monitore eccl. di Lugano 1921. — Vegezzi : Esposizione storica. — Monti : Atti. [C. T.]
CASSAT, I.OH/s-Franç'ois,1756-1842, d'une famille originaire de Lutry dès 1535. Avocat à Lausanne, puis à Paris, il publia le Journal de la Cour et de la Ville 1789-1792, périodique dévoué à la royauté.
Le parti républicain ordonna son arrestation. Il put se retirer en- 1794 à Lausanne, où il publia des journaux semimensuels supprimés sur l'ordre de Berne : La dernière quinzaine et Tableau politique et littéraire de la fin du XV IIIe siècle. En 1798, Cassât présida le Comité de réunion de Lausanne.
Il fit partie de l'assemblée provisoire qui le nomma de la Commission chargée de transporter de Berne à Lausanne les pièces d'archives concernant le Pays de Vaud. On lui doit la conservation du monument Langhans à Hindelbank et celle de la Bibliothèque de Berne qui faillit partir pour Paris. Il fit partie de l'Assemblée électorale, puis sous l'Acte de médiation, fut accusateur public, membre du Grand Conseil, juge de district, juge d'appel dès 1808. — Voir Nouvelliste vaudois, 20 sept. 1842. [G.-A. B.]
CASSERO (C. Tessin, D. Riviera, Com. Claro). Cazero XIVe s. ; Cassarus XVe s. Localité où se trouve un pont souvent mentionné dans les anciens documents. Il marquait la frontière sur la rive gauche du Tessin entre le comté de Bellinzone et le territoire des trois vallées ambrosiennes dépendant de la juridiction des chanoines de Milan. — Meyer : Blenio u. Leventina. [C. T.]
CASSIANUS. Nom du quatrième évêque de Genève inscrit sur la Bible de Saint-Pierre. Incertain. [C. R.]
CASSIN. Famille de Montauban en Quercy, admise à la bourgeoisie genevoise en 1579, éteinte au XIXe s. Armes : de gueules au chevron d'argent accompagné de trois croissants de même. — 1. Etienne, 1629-1691, fut la cause d'un grave différend entre le Petit Conseil et le Conseil des Deux-Cents en 1661. Ayant blessé mortellement en duel Bené de Bulat, il fut condamné par le Petit Conseil à diverses peines et à 500 écus de dommages-intérêts ; la mère de sa victime en appela au Conseil des Deux-Cents relativement à cette amende. Le Petit Conseil, considérant son arrêt ct>mme souverain, refusa de communiquer la procédure, mais il dut finir par céder. C'était la première fois que le Petit Conseil tentait d'enlever aux Deux-Cents la connaissance en dernier ressort des causes criminelles. — 2. Etienne, * 1651, lieutenant aux gardes du prince d'Orange. — Voir Leti : Historia genevrina, IV, 616. — 3. Jaques, 1739-1826, étudia le dessin à Genève, puis à Paris ; professeur de dessin en 1775, à son retour, et chargé spécialement de l'École d'ornement qu'il dirigea jusqu'en 1799. — Voir SKL. — Recueil gén. suisse, III, 59. — Sordet : Dict. des fam. genevoises. [H. Da.]
CASSINA, Àngelo, * à Biasca 13 juillet 1875, insti-
GASSIUS LONGINUS
CASTANEDA
tuteur à Bellinzone et peintre paysagiste. Il exposa dès 1910 à Zurich, à Neuchâtel, Berne, Bâle, etc. [C. T.]
CASSIUS LONGINUS, Lucius, consul romain. Son armée fut anéantie et lui-même tué, 107 ans avant J.-C, dans le pays des Nitiobriges, région d'Agen, par les Teutons et les Tigurins conduits par Divico. La localisation du combat près du lac de Genève, qui avait cours depuis Jean de Muller, reposait sur une fausse lecture et fut corrigée par Mommsen. — Voir Livius : Epit. lib. 65. — César : Bellum Gall. I, 13. — Orose V, 15 et 16. — Gisi : Quellenbuch. [C. B.]
CASTAGNA, de CASTANEIS, CASTANEO, CASTANEA, ancienne famille gibeline de Lugano, éteinte. Armoiries :
coupé : au premier de gueules à la coque de châtaigne d'or ; au deuxième d'or à trois bandes d'azur ; à la trangle brochante sur la partition. — 1. Octavius, de Bissone, aurait obtenu pour lui et ses descendants de l'empereur Othon II, vers 980, le titre de baron et la charge de vicaire impérial de Lugano, Locarno, Bellinzone, Mendrisio. Val Maggia et des vallées supérieures jusqu'au Saint- Gothard. — 2. Donato, juriste, nommé en 1429 de la Commission chargée de l'élaboration de nouveaux statuts du Val Lugano ; 1440 et 1443 membre du Petit Conseil de Lugano : caneparo, c'est-à-dire administrateur de la communauté, 1442 ; fit un legs à l'hôpital de Lugano en 1468.
— 3. Bartolomeo, un des administrateurs de la commune du Val Lugano 1441. — 4. Stefano, du Conseil de Lugano 1442, podestat de Bormio pour le duc de Milan 1460 ; un des chefs de la révolte de Franchino Busca contre les frères Sanseverino, seigneurs du Val Lugano 1466-1467, préposé aux douanes du Val Lugano 1473. — 5. Francesco, prit part le 24 janvier 1500 avec Giov.
Antonio Castagnia à l'expédition des gibelins de Lugano et de Bellinzone contre les Français qui occupaient cette ville. Mentionné encore en 1513, où il participa à l'expédition et au sac de Castiglione.
Il est connu aussi sous le nom de Franc. Cacciaguerra. — 6. Giorgio, trésorier de la communauté de Lugano en 1511. — 7. Tomaso, personnage politique important du Val Lugano. En 1485, il est à la tête de la révolte contre Francesco Pagnano, capitaine ducal de Lugano ; le 28 février 1500,
il dirige les gibelins dans leur attaque du château de Sonvico.Enl512et 1513, il est le fournisseur des troupes helvétiques assiégeant le château de Lugano occupé par les Français; envoyé, avec Giacomo Mottino et Battista Morosini, auprès des cantons suisses pour obtenir certaines exemptions en faveur de Lugano 1512 ; délégué de la commune en 1513 auprès du duc de Milan pour le privilège de l'exemption. La même année, il est capitaine dans l'expédition de Jacques Gôldli, premier capitaine général de Lugano, qui aboutit au sac de Castiglione Olona. Il fut suspecté alors de trahison. — 8. Paolo, frère du n° 5, juge del Gallo à Milan 1544. Selon Cicereio, il se distingua dans les lettres à l'académie de Pavie. — 9. Giov.-Battista, * 1521, f 27 septembre 1590 à Rome, élu pape en 1590 sous le nom de Urbain VII. Quelques auteurs ont prétendu que Urbain VII appartenait à la famille Castagna de Lugano ; d'autres auteurs l'ont nié. — Voir sur cette question Borrani : Ticino Sacro ; BStor. 1898 ; un article de Liebenau
dans le Vaterland, de Lucerne, 1894 n° 280, et la bibliographie mentionnée dans ces travaux. — 10. Gian- Angelo-Maria, dernier prévôt des Humiliés de S. Antonio de Lugano supprimé en 1567 ; ensuite chapelain de S. Rocco. Probablement le même que Angelo- Maria, chanoine de Bobbio en 1603. — 11. Giov.-Pietro entrepreneur avec Fabrizio Mazzi de Lugano des travaux de fortification de Casai Monferrato jusqu'en 1593, au service du duc Charles-Emmanuel de Savoie. — AHS 1914. — Pometta : Corne il Ticino. — Vegezzi : Esposizione storica. — Borrani : Ticino Sacro. — BStor. 1880, 1884, 1891, 1898, 1902. — Periodico d. soc. Storica comense II, IV, XIX. [C. Trezzini.]
CASTAGNOLA (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Castignola et Castegnola XV s. Commune et paroisse où l'on découvrit en 1886 une tombe préhistorique. Anciennement il exista à Castagnola, au-dessus de Cassarate, un château, dit de S. Angelo, près de la chapelle actuelle de S. Michèle qui remonte au XVIII s. Dans la première moitié du XVe s. la commune devait fournir au duc de Milan 19 soldats et du matériel de guerre. Au spirituel Castagnola faisait partie de la paroisse de Lugano. L'église de S. Giorgio était une des stations du chapitre
Castagnola-Ruvigliano. Photographie prise à l'altitude de 300 m. par l'Ad Astra-Aéro,
Zurich.
de Saint-Laurent. En 1643, il formait déjà une paroisse autonome, qui s'accrut en 1920 de Cassarate. Patrie de Giov. Battista Discepoli, dit lo Zoppo. Peste en 1498. Population : 1591, 157 hac ; 1801, 214 ; 1910, 1569 ; 1920, 1581. Registres de paroisse dès 1674. — Voir BStor. 1884, 1886, 1890. — Monti : Atti. — Stuckelberg : Cicérone im Tessin. [C. Trezzini.]
CASTALION. Voir Castellion.
CAST AN. Famille de Sommières en Languedoc, genevoise par Pierre, habitant de Genève 1764, bourgeois 1791. — Élysée-Jules Gustave, son petit-fils, 1823-1892, peintre et graveur de talent, élève de Calame. Il excella dans le paysage de plaine. — Voir Sordet : Dict. des familles genevoises. — SKL. [C. R.]
CASTANEDA (C. Grisons, D. Moesa, Cercle Calanca. V. DGS). C'est la première commune qu'on trouve à l'entrée du Val Calanca. Son territoire était déjà colonisé au temps du premier âge du fer. On y a trouvé des sépultures renfermant de nom-
CASTASEGNA
GASTEL
breux objets qui sont conservés au Musée rhétique de Coire, au Musée national de Zurich et au British Muséum. L'histoire du village se confond d'ailleurs avec celle des autres communes de la vallée. Population en 1900: 178 h. Registres de paroisse dès 1851. — Voir art. Calanca. [B. p.]
CASTASEGNA (C. Grisons, D. Maloja, Cercle Bregaglia. V. DGS). Com. et Vge. Dans des documents latins les habitants de Castasegna sont nommés Castanetani (de la forêt des châtaigniers). Ce nom dérive plutôt du château situé sur un roc au-dessus de Castasegna, le Castellacium et les Castellisengen (ressortissants du castel). Le document du 10 juillet 913, qui mentionne Castasegna pour la première fois, est probablement un faux ayant pour but de donner du relief à la famille de Salis. Le château et le village doivent être d'origine romaine ou franque ; ils étaient destinés à protéger la route du Septimer. Castasegna formait, avec Soglio, la Commune di qua delV acqua et avec la Commune di la delV acqua (Bondo) la commune de Unter-Porta. En 1570, Castasegna prétendit faire partie intégrante de Soglio, en 1604 au contraire qu'il n'en était qu'une annexe. Dans une sentence du 16 février 1609, il est dit que Castasegna et Soglio ne doivent pas se séparer : les élections avaient lieu à Soglio. Après la construction de la route de la Maloja, qui donna plus d'importance à Castasegna, on en vint toutefois à une séparation, de sorte que Castasegna est actuellement une commune indépendante. Lors des troubles dans les Grisons, 1621- 1629, Castasegna fut incendié, en même temps que d'autres villages de la Bregaglia inférieure, par les troupes du comte Serbelloni. Castasegna avait une chapelle de Saint-Jean-Baptiste et appartenait à la paroisse de Soglio. La Réformation provoqua la séparation d'avec Soglio (1554, 1560). A la suite de la convention de Milan (1639) plusieurs protestants de Chiavenna s'établirent à Castasegna, entre autres les Pomatti. Ces derniers et les protestants restés à Chiavenna aidèrent à construire la grande église pour laquelle les protestants de Chiavenna s'engagèrent en 1680 à payer annuellement, et pendant 11 ans, 59 thaler. Registres de paroisse dès 1686. — Voir Registres de Castasegna. — D. Lechner : Das Tal Bergell. [T. Semadini.]
CASTEL, CASTELLUM. Ce terme, diminutif de Castrum, désigne un camp ou une position fortifiée de dimensions restreintes. A l'époque de la république, les écrivains romains l'emploient souvent pour désigner les petits ouvrages de défense des étrangers. Au temps de l'empire, les castella sont des forts importants, servant de points d'appui aux troupes relativement peu nombreuses qui gardaient les frontières, des citadelles qu'on put assimiler bientôt à de véritables petites civitates ou urbes (villes). La défense extérieure du territoire romain, qui dans les premières années de l'empire s'appuyait sur un petit nombre de'grandes places d'armes, se décomposa peu à peu en points stratégiques plus nombreux, formant une chaîne qui permettait une surveillance complète de la ligne frontière. Comme les
soldats des troupes de garnison obtinrent, depuis Septime Sévère, le droit de se marier, il en résulta la formation de cette population spéciale, à la fois militaire et paysanne, sorte de Landwehr, qui devait conduire ensuite à la création d'une nouvelle armée de campagne. Par la suite, en se développant, cesj castella devinrent dans beaucoup d'endroits des communes jouissant de certains droits qui n'étaient pas partout les mêmes, mais toujours nettement définis.
Depuis le début de l'é- Gustave Castan. D'après un poque impériale la fronportrait de la coll. Maillart. tière suisse actuelle de la
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ligne du Rhin, entre Bâle et le lac de Constance, était la frontière de l'empire ; aussi était-elle protégée militairement. Cette occupation militaire cessa quand, vers la fin du Ier siècle, les Champs Décumates eurent été incorporés au territoire romain et la frontière portée plus en avant, jusqu'au limes germanicus ; elle reprit ensuite, vers le milieu du IIIe siècle, lorsque les Romains se virent contraints d'abandonner de nouveau les Champs Décumates et de ramener leur frontière jusqu'au Rhin. Les castels et tours d'observation qu'on reconstruisit alors et les nouveaux qu'on y ajouta furent achevés, en gros, sous le règne de Valentinien Ier (364-385) ; ils formaient une ligne de défense sérieuse. Enfin, lorsqu'au commencement du Ve siècle, les Romains durent employer leurs armées, alors fortement réduites, à la défense de la patrie italienne, cette barrière céda aussi sous les coups répétés des Alémannes, qui s'établirent peu à peu définitivement sur les territoires situés au Sud du Rhin. Sur le territoire suisse, on peut déterminer aujourd'hui encore l'emplacement d'un certain nombre de castels qui commandaient des lignes de communication importantes et qui se trouvaient soit à la frontière même de l'empire, soit à l'intérieur du pays (sur les donjons ou tours d'observation qui étaient en communication avec ces castels, voir l'art. Spécula).
I. Castels de la frontière. Dans une position stratégique de grande importance, là où le Rhin tourne vers le Nord et où s'ouvre, au Sud la vallée de l'Ergolz et un peu plus à l'Ouest, la vallée de la Birse, fut établie en 43 avant J.-C, à l'instigation de Jules-César, par Munatius Plancus (qui fonda en même temps Lugdunum) la citadelle et colonie appelée Raurica, qui devint ensuite, avec la réorganisation de l'empire sous Auguste, la cité d'Augusta Rauricorum. Elle ne semble pas avoir été, au cours du Ier s., occupée en permanence par des troupes, mais on possède des inscriptions qui semblent prouver que des détachements de la Ire légion (Adjutricej, stationnée autrefois en Espagne, et de la 7me légion [GeminaJ, furent, sous Vespasien, envoyés vers le Haut-Rhin, où des ouvrages de défense assez considérables étaient devenus nécessaires (O. Schulthess, dans Arch. Anz. 1913, p. 312). Le report de la frontière jusqu'au limes fut pour la ville la cause d'un développement rapide et brillant. Mais, détruite une première fois en 260 par les Germains, elle ne put jamais retrouver plus tard sa première prospérité Vers l'an 300, quand on renforça la ligne du Rhin, on créa à cet endroit, à cause de son importance militaire, le Castrum rauracense, établi tout près du fleuve. Il était la clef de la défense du Rhin, et il fut pris par les Germains au début du Ve siècle. — Les deux castels construits sur le Sidelen et à Burg près de Zurzach (Tenedo), là où la vallée de l'Aar s'ouvre vers le Sud, formaient un second point d'appui de la ligne du Rhin. Commencés déjà à l'époque d'Auguste, ces forts dominaient la route romaine qui passait entre eux et qui, de Vindonissa, conduisait en passant le Rhin (les traces du pont sont encore visibles) dans la région du Danube. Quand la frontière fut portée jusqu'au limes, on les laissa tomber peu à peu en ruines, mais pour les relever, en les agrandissant et en les renforçant, à la seconde occupation de la ligne du Rhin. Des monnaies du temps de Valentinien II et d'Honorius trouvées sur leur emplacement prouvent qu'ils bravèrent jusqu'au début du Ve siècle les attaques des Germains. A l'extrémité Est de la ligne du Rhin, non loin de l'endroit où le fleuve sort du lac de Constance, sur la colline dite « auf Burg » près de Stein (Exientia), se trouvait un castel datant probablement aussi du temps d'Auguste ; complètement remis à neuf au IIIe s., sous les empereurs Dioclétien et Maximien, il fut pris au commencement du Ve s. par les Alémannes. En arrière de cette ligne de défense qui allait du coude du Rhin au lac de Constance, faisant à peu près face à son centre et relié avec elle par la vallée de l'Aar, fut établi dans les années 15 à 21, sur le plateau situé au confluent de l'Aar et de la Reuss, le camp militaire de Vindonissa. Cette place d'armes, la plus importante de notre pays, fut le noyau de la colonisation des régions environnan-
Septetnbre 1923