CASTEL
CASÏELBARGO
tes. La légion qui l'occupait, composée de 6000 citoyens romains et de 2000 auxiliaires, faisait partie de l'armée de quatre légions qu'on avait constituée pour la protection de la Haute-Germanie. La citadelle fut construite par la 13e légion. En 46 ou 47 les constructions, faites pour la plus grande partie de bois, furent presque entièrement détruites par un grand incendie. Celles qui les remplacèrent, plus étendues et plus puissantes, furent l'œuvre de la 21e légion (Hapax!, qui avait relevé la 13e à Vindonissa en 47. Sous Vespasien (69-79), cette 21e légion, qui était devenue un fléau pour l'Helvétie durant les troubles de l'année des trois empereurs (68- 69), fut rappelée et remplacée vers 70 par la 11e, dite Claudia pia fidelis, qui occupa la place jusqu'en l'an 100. A ce moment Trajan transporta la frontière jusqu'au Urnes, et Vindonissa resta sans garnison jusque vers 260, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où la rive gauche du Rhin fut de nouveau occupée ; la ville reçut alors de nouveau une garnison, mais beaucoup plus faible, qui y resta, comme en témoignent de nombreuses monnaies, jusqu'au temps d'Honorius et d'Arcadius. Au commencement du Ve s. la place de Vindonissa, cédant à la pression des ennemis de l'Empire, dut être abandonnée, elle aussi, à la destruction et au délabrement.
II. Castels de l'intérieur. On ne peut, aujourd'hui encore, établir exactement dans quelle mesure les nombreux ouvrages romains dont on retrouve les vestiges à l'intérieur de la Suisse se trouvaient en relation directe avec la défense de la frontière du Rhin. Il semble, toutefois, assez probable que les grandes voies de communication, avec leurs embranchements, étaient protégées sur les points importants par des ouvrages de défense qui servaient en même temps de stations d'étape pour les troupes qui traversaient le pays. Ces castels, sans doute peu nombreux dans les trois premiers siècles de l'occupation romaine, augmentèrent surtout au IIIe et au IVe s., sous la menace toujours plus pressante du péril germanique, et il est permis de supposer qu'ils formèrent peu à peu, à mesure que les armées romaines étaient forcées de reculer, les points d'appui de lignes de défense de l'arrière. Mais cette question, fort complexe, ne pourra être résolue qu'après des recherches approfondies faites sur les points particuliers. Comme exemple d'un castel de l'intérieur, on peut citer Irgenhausen, où de vastes fouilles ont été entreprises par les soins de la Société des antiquaires de Zurich. C'est un castel de route, situé non point sur la grande voie militaire Vindonissa-Arbor Felix-Brigantium, mais bien à trois lieues plus au Sud, sur l'embranchement des communications qui s'en détachait près d'Oberwinterthur pour se diriger droit au midi et conduire, par Kempraten et Jona, au lac de Zurich. Le castel d'Irgenhausen domine ainsi à la façon d'un barrage la route qui conduit du Rhin, par la dépression du lac de Pfâmkon, aux lacs de Zurich et de Wallenstadt, et de là aux cols alpins de la Rhétie. Construit probablement dans les dernières années du IIIe s., le castel fut utilisé jusqu'à la fin du IVe. Le castel d'Oberwinterthur ( Vitodurum), dont la reconstruction en 294 est attestée par une inscription, jouait sans doute un rôle analogue. Établi pour protéger l'importante route militaire Vindonissa-Brigantium, probablement déjà sous l'empereur Claude, il fut restauré pour la seconde fois sous Dioclétien et Maximien par Aurelius Proculus, gouverneur (praesesl de la provincia belgica. Le castel de Pfin (ad fines), placé à la frontière de la Rhétie, fut construit probablement déjà sous les premiers Césars et non point seulement, comme on l'a cru, sous Constance Chlore. Il commandait l'importante route militaire Vindonissa-Arbor Félix, tandis qu'à la même époque, le castel construit sur le Lindenhof, à Zurich (Turicum), qui était une station de douane, protégeait la route militaire et commerciale qui conduisait de Vindonissa à Coire. A Coire même, point de grande importance économique et militaire depuis que Drusus et Tibère avaient soumis les populations des Alpes, un fort puissant barrait aux Germains l'accès des cols des Alpes. Le castel d'Ar bon (Arbor Félix), établi sans doute en même temps que ceux de Vitodurum et de Ad fines, appartenait déjà à la province de Rhétie ; après l'aban-
don du limes germanique, il devint un des points les plus menacés de la nouvelle frontière, autour duquel de violents combats se livrèrent à la fin du IIIe s. et durant le IVe. Avec celui de Brigantium, ce puissant castel protégeait le trafic du lac et couvrit jusqu'au commencement du Ve s. sa rive occidentale. On peut attribuer un rôle analogue aux castels de la Suisse centrale, comme ceux d'Olten et de Soleure, qui étaient des têtes de ponts sur une ligne de défense de l'arrière, ainsi qu'aux castels de la Suisse occidentale : le castrum d'Yverdon, les ouvrages avancés du Mont de Chàlel près d'Avenches, le barrage fortifié de Saint-Maurice qui défendait le col du Saint-Bernard, et peut-être aussi l'établissement de Petinesca près de Bienne.
Voir F. Keller : Die rômischen Ansiedelungen in der Ostschweiz dans MAGZ XII et XV. — Le même : Die rômischen Warten lângs des linken Rheinufers dans ASA 1871. — Th. Burckhard : Die Kolonie Augusta Raurica. — S. Burkhard : Rômische Befestigungen am Rhein von Mumpf bis Kaiseraugst dans ASA, NS V. — Jahresberichte der schweiz. Gesellschaft fiir Urgeschichte, jusqu'à 1922. [H. Schneider.]
CASTEL SAN PIETRO (C. Tessin, D. Mendrisio. V. DGS). Com. et paroisse Ancienne forme : Castrum S. Pétri. Il doit son nom au château qui y fut bâti probablement entre 1118 et 1127 ; celui-ci n'a probablement jamais été le siège d'une châtellenie bien que l'on parle de castellanza. Castel San Pietro était déjà une commune en 1270, où l'évêque et l'église de Côme, les decimani, le chapitre de S. Fedele, les Rusca, etc., possédaient des biens et diverses redevances. Le château appartint d'abord aux évêques de Côme ; l'évêque Boniface de Modène y édifia en 1343 la chapelle Saint-Pierre et le palais seigneurial. Dans la seconde moitié du XI Ves., il passa, probablement en fief, à la famille Russ, puis aux Rusca. C'est là que les Rusca et les habitants de Castel San Pietro furent massacrés en 1390 par les Busioni, de Mendrisio (voir art. Bosia) ; de là vint le nom de Castrum Ruschonum donné au château encore en 1416. Pendant le XVe s., il passa en différentes mains, mais fut réclamé constamment par les Russ. Enfin, en 1477, Frédéric et Melchior Russ obtinrent chacun, de la duchesse de Milan, 300 fl. du Rhin d'indemnité. Le château fut détruit à une époque inconnue, avant 1610 ; ' aujourd'hui on en voit encore des traces. Les hameaux de Gorla ( Gorrla), Obino ( Ubino), Mezzana, Cortiglio et Ronco sont déjà mentionnés en 1270. Au spirituel, Castel San Pietro fut détaché de Balerna en 1626 pour former une paroisse autonome. L'église de S. Eusebio est déjà mentionnée en 1270 ; l'église paroissiale actuelle a été commencée en 1678, sur les plans d'Agostino Silva. Elle possède sept tableaux à l'huile de Domenico et Angelo Pozzi, une chaire de Pietro Pozzi, une fresque de Carlo Carloni. La chapelle de San Pietro, bâtie en 1343 par Boniface de Modène, possède des fresques dont la plus grande partie remonte à l'époque de la construction, et sont, au dire de Rahn, les meilleures du Tessin. Autres chapelles : celle de S. Giacomo à Gorla, qui remonte à 1422, et celle de S. Antonio à Obino, qui possède des fresques du XVe et du XVIe s. ; près de cette dernière existait un ermitage. Castel San Pietro est la patrie des artistes Carlo Salterio, Carabelli, Magni et Pozzi. Population : 1643, 476 hab. ; 1801, 610 ; 1910, 977 ; 1920, 1039. Registres de baptêmes et de mariages dès 1618, de décès 1627. — Voir Monti : Atti. — Rahn : Mitteilungen. — Rahn : I Monumenti. — Baroflio : Memorie Storiche. — Lavizzari : Escursioni. — Simona : Note di arte antica. — Pometta : Corne il Ticino. — BStor. 1883, 1895, 1904, 1907. — Stùckelberg : Cicérone im Tessin. [C. Trezzini.]
CASTELAUT (CASTLATSCH) (C. Grisons, D.
Moesa, Cercle Bregaglia, Com. Vicosoprano). Restes d'un donjon, situés sur un rocher au-dessus de l'église. Selon la tradition, ce donjon aurait été le berceau des Prévost, famille de la contrée de Bregaglia. [A. M.]
CASTELBARCO. Famille du Tyrol, appelée en Suisse Kastelbark, Kastelwark, ou plus communément Kastelwart. Les frères Georg et Matthias (Jôrg et Mathis) achetèrent en 1493 à la ville de Lucerne le comté de Werdenberg et la seigneurie de Wartau pour
CASTELBERG
CASTELBERG
22 000 fl. d'or. Jôrg céda ensuite les deux domaines à son frère et entra au service de l'Autriche ; puis Mathis les vendit en 1498 aux barons de Hewen pour 24 000 fl. ; il trouva la mort à la bataille de Dornach, où il était un des chefs de l'armée autrichienne, le 22 juillet 1499. — Voir Butler : Die Frcien von C. dans ASG p. 236. [Bt.] CASTELBERG, von (von Ueberkastel). Famille d'Ilanz, Disentis et d'autres lieux du canton des disons. La ruine de Castelberg près d'Ilanz et la ruine d'Ueberkastel à la jonction des vallées entre Valserbach et Glenner seraient le siège ancestral des chevaliers von Castelberg qui se nommaient aussi von Ueberkastel. Armoiries : d'argent (ou de gueules) à une tête d'oiseau au long col (pélican). Les von Castelberg et von Ueberkastel étaient ministériaux et vassaux de l'évêque de Coire, des abbés de Disentis, des barons von Bellmont et des comtes de Sax-Monsax ; ils étaient apparentés aux deux derniers. Ils possédaient des alleux et des fiefs dans la Gruob (château de Castelberg), dans le Lugnez (château d'Ueberkastel), près de Rietberg, à Disentis (château de Caschliun y compris le fidéicommis des biens environnants jusqu'au commencement du XIXe s.). Les von Castelberg et von Ueberkastel quittèrent leurs châteaux ancestraux à la fin du XIVe s. pour s'établir à Ilanz. La famille se divisa à la Réforme en une branche protestante et une catholique. Un rameau émigra en Engadine et s'y éteignit au XVIIe s. — Rudolf von Castelberg fut durant 18 ans bailli du Lugnez vers le milieu du XVe s., député du Conseil à la Diète de la Ligue grise ; il arbitra et scella l'acte de délimitation de la frontière entre la seigneurie de Sax et Hohentrins en 1461. — Johann-Christian von Castelberg, chevalier, dont les fds Johann-Gaudenz et Johannes furent la souche des deux branches d'Ilanz et Disentis avec la généalogie suivante.
I. Branche d'Ilanz (ancêtre : Johann-Gaudenz). — 1. Thomas, fils du précédent, chevalier, obtint avec ses frères une confirmation de noblesse avec augmentation d'armoiries en 1518 par l'empereur Maximilien I ; officier au service étranger, banneret et landammann à Ilanz, député en 1529 par la Ligue grise pour intervenir entre les villes et cantons protestants et catholiques et régler la première paix nationale. Ses frères Johann- Gaudenz et Julius, chevaliers, furent capitaines en diverses guerres. — 2. Johann-Gaudenz, 1629-1697, banneret et landammann à Ilanz. — 3. Johannes, fils du n° 2, capitaine en France, f à Rossbach 1757. — 4. Julius, fils du n° 3, landammann de la Haute juridiction de la Gruob. — 5. Christophorus, fils du n° 1, landammann et banneret à Ilanz, podestat de Morbegno 1581, président de la Ligue grise 1598, t 1603. — 6. Thomas, fils du n° 5, 1565-1620, banneret et landammann à Ilanz. — 7. Christoph, fils du n° 5, 1571-1649, banneret et landammann à Ilanz. — 8. Balthasar, 1748-1835, pasteur en divers lieux de l'Oberland, puis doyen et antistès, passa au catholicisme en 1825 avec son fils Valentin, pasteur, aumônier en Hollande. — 9. Balthasar, petit-fils du n° 8, 1812-1898, vicaire épiscopal, curé de Schaan et vicaire du Lichtenstein, chanoine de la cathédrale à Coire.
II. Branche de Disentis. Son ancêtre fut — - 10. Johannes, landammann d'Ilanz, qui se rendit à Disentis à l'époque des Artikelbriefe. — 11. Johann-Christian, fils du n° 10, landammann et banneret de la Haute juridiction de Disentis, président de la Ligue grise 1567, capitaine en France. — 12. Christian, fils du n° 11, restaurateur et conservateur du catholicisme dans l'Oberland grison, prince-abbé de Disentis 1566-1584, fut à tous points de vue l'un des meilleurs prélats qui dirigèrent le couvent. A titre de prince d'empire, il fut souvent convoqué par l'empereur Maximilien II aux Diètes impériales. Le cardinal Charles Borromée lui fit une visite en 1581. — Voir Cahannes : Das Kloster Disentis. — ■ 13. Sébastian, frère du n° 12, fut l'un des hommes les plus marquants de la Ligue grise de 1570 à 1590, bailli de Maienfeld 1568, capitaine en France, assista au siège
de La Rochelle 1573, chevalier de l'ordre de Saint- Michel. Il fut plusieurs fois landammann de la Hautejuridiction de Disentis'et président de la Ligue grise député des Grisons auprès du doge de Venise en 1558, et 1577, de l'archiduc Ferdinand d'Autriche en 1576, du roi de France Henri III en 1582. Il fut mis en accusation par le tribunal pénal de 1572 ; une nouvelle opposition s'éleva en 1585 contre son élection au rang de capitaine de la Valteline, en sorte qu'il renonça à cette charge en faveur de son beau - frère Paul de Florin. Il fit construire le château de Caschliun à Disentis. — 14. Christian, fils du n° 13, landammann et banneret à Disentis, président de la Ligue grise 1612. — 15.
Conradin, l'aîné, petitfils du n° 13, landammann de Disentis, président de la Ligue grise f 1625. —
Conradin de Castelberg.
D'après un portrait à l'huile.
(Auteur et data inconnus).
16. Sébastian, frère du n° 15, prince-abbé de Disentis 1614-1634; très érudit, il fut député à l'accord de Lindau en 1622, f à Rheinau 3 juin 1634. — 17. Conradin, le cadet, fils du n° 15, landammann de Disentis, secrétaire de la Ligue, président de la Ligue grise 1633, 1636, 1639, 1642, 1645, 1648, 1651, colonel du pays 1639, président de la députation pour la conclusion de la capitulation avec le roi Philippe IV à Milan ; chevalier et capitaine au service français, député en Valteline 1641, podestat à Tirano 1657. Il défendit les droits du couvent de Disentis contre la Haute-juridiction et joua un rôle important dans la restitution de la Valteline (voir F. von Sprecher: Gesch. der Kriege und Unruhen) ; député à Innsbruck et à diverses conférences avec les Confédérés ; il fonda en 1640 le fidéicommis du château de Caschliun, t 1659. Avec lui la branche de Disentis se divisa en deux rameaux : les Castelberg vom Schloss et les Castelberg vom Dorf. — 18. Johannes, frère du n° 17, chanoine de la cathédrale de Coire, protonotaire apostolique, chantre de la cathédrale et vicaire épiscopal.
a) Castelberg vom Schloss Caschliun : Ancêtre — 19. Johannes, fils du n° 17, capitaine en France, landammann de Disentis, président de la Ligue grise 1666. — 20. Marianus, neveu du n° 19, fut prince-abbé de Disentis 1724-1742 au temps des longues luttes devant les Diètes de la Ligue grise, d'une part contre la commune réformée de Waltensbourg au sujet des droits de souveraineté et de juridiction du couvent sur ce village, d'autre part contre les cinq communes de la Hautejuridiction de Disentis : Tavetsch, Medels, Somvix, Truns et Brigels, à cause des droits de dîme. — 21. Johann-Ludwig, petit-fils du n° 19, landammann de Disentis, secrétaire de la Ligue, podestat de Traona 1717-1719, président de la Ligue grise 1714, 1720, 1723, 1726, 1729, 1732, 1735, 1738, 1741 et 1747, président de la députation au renouvellement de la capitulation avec l'empereur Charles VI à Milan ; dans la guerre du Toggenbourg, il demanda qu'on prit le parti des catholiques. Il eut en 1713-1714 un démêlé véhément avec le parti français. Il défendit en 1736 les droits du couvent dans le conflit des dîmes, fut banni de la Hautejuridiction avec des partisans du couvent, mais protégé par la Ligue grise qui annula le jugement de Disentis et exclut cette juridiction de la Ligue après avoir soumis l'affaire à la Diète de Saint-Georges à Ilanz. Lors de l'accord sur la réintégration de Disentis en 1737, il fut élu président de la Ligue grise à l'unanimité pour la huitième fois ; colonel du pays de 1743 à 1758. — 22. Johannes, fils du n° 21, lieutenant-colonel au service impérial et royal, il se distingua en 1747 au siège de Gênes ; président de la Ligue grise de 1759 à sa mort. — 23. Joachim-Ludwig, frère du n° 22, auquel
CASTELBERG
CASTELL
Johann-Theodor de Gastelberg
en 1803. D'après un portrait
de Sertori.
il succéda dans sa charge, fut lieutenant au service de la Sicile, bailli de Maienfeld. — 24. Joaciiim-Ludwig, fils du n° 23, lieutenant de grenadiers avec rang de capitaine au service français dans la garde suisse, f 10 août 1792 aux Tuileries.
b) Castelberg vom DorfDisentis(l'a.ncêtre fut Theodor, fils du n° 17) — 25. Florin, fils du prénommé, landammann de Disentis 1728-1729, podestat de Teglio 1721-1723, fut banni en 1736 de la Haute-juridiction à la suite de son immixion dans le conflit des dîmes. — 26. Conradin-Andreas, petit-fils du n° 25, landammann de Disentis, secrétaire de la Ligue, président de
la Ligue grise 1765 et 1771, président de la Commission chargée de rechercher et fixer la frontière entre les bailliages welches et les Grisons. — 27. Jolmnn- Theodor, fils du n° 26, 1748-1818, dernier président de la Ligue grise, il revêtit cette charge en 1777, 1780, 1792, 1794 et 1798. Sous lui eut lieu en 17781e renouvellement solennel de la Ligue sous l'érable de Truns. Il fut landammann de Disentis, secrétaire de la Ligue, député en Valteline 1791, président de la députation des Grisons à l'archiduc Ferdinand, à Zurich en 1797 en vue de rechercher son alliance, président de l'assemblée chargée de faire un projet de constitution pour les Grisons 1798, dirigea en 1799 la défense contre les Français qui l'exilèrent en leur pays. Il s'acquit une place d'honneur dans la littérature rhéto-romanche comme poète et dramaturge. — Voir Igl Ischi, organ délia Romania, 2e année. — 28. Johann- Anton, fils du n° 26, 1749-1819, officier au service de la Sardaigne, chevalier de l'ordre des SS. Maurice et Lazare, assura comme major en 1790 le commandement militaire, civil et naval des îles entre la Corse et la Sardaigne, obtint plusieurs succès dans la guerre d'Italie 1792- 1793, reçut le commandement militaire et civil dv val Visorie délia Tinea et de Saint-Martin du Var dans le comté de Nice, fut en 1793 colonel commandant d'un régiment de grenadiers. Rentré dans sa patrie à la suite de la Révolution française, il dirigea le 7 mars 1799 avec le colonel Caprez de Truns les opérations contre les Français entrés par l'Oberalp, les battit, puis capitula
Je 9 mars près de Danis avec le général Demont dans d'excellentes conditions. Il fut nommé major général le 20 octobre 1817. — 29. Joachim- Liberat, frère du n° 28, 1760-1837, officier au service de la Sardaigne, fit les campagnes de 1792 à 1800 comme capitaine et major de grenadiers ; lieutenant-colonel et chef de bataillon du contingent grison 1805 ; il commanda les troupes confédérées en Eugadine ; lieutenant-colonel en France dans les campagnes de 1807 à 1809, colonel du canton 1810, lieutenant-colonel en Sardaigne 1815, chevalier de Saint-Louis et de l'ordre des SS. Maurice et Lazare. — 30. Benedict-Theodor, fils du n° 28, 1802-1857, officier au service napolitain jusqu'en 1848, membre du Grand Conseil. — Voir archives de la famille à Disentis. — Rudolf Hess-von
Joacbim-Liberat de Castelberg.
D'après un portrait à l'huile.
(Auteur et date inconnus).
Castelberg : Stammbàumc, Stammbuch ... betr. die Famille Castelberg, Ms. — Arch. d'État Coire : Protocoles de la Ligue grise. — J.-C. Muoth : papiers à la Bibl. cantonale de Coire. — P. Ambr. Eichhorn : Episcopatus Curiensis . — J. Stumpf : Schweizer Chronik. — F. Sprecher : Ràtische Chronik. — Le même : Gesch. der biindnerischen Kriege und Unruhen. — Th. von Mohr : Codex diplomaticus et Ftegesten von Disentis. — J.-A. von Sprecher: Gesch. der III Blinde. — H.Wartmann: Rhdt. Urk. — Kraneck : Die alten Ritterburgen ... in hohen Rhdtien. — LL. [P. -A. Vincenz.]
CASTELG (Castelmur) (C. Grisons, D. Maloja, Cercle Oberengadin, Com. Sils). Ruines d'un château situé sur la langue de terre qui émerge du lac de Sils ; c'était probablement autrefois la résidence d'une branche de la famille de Castelmur de Sils. [A. M.]
CASTELL ou KASTELL (C. Thurgovie, D. Kreuzlingen, Com. Tâgerwilen. V. DGS). Château et seigneurie. L'ancienne tour avait été édifiée par l'évêque Ulrich I de Constance (1111-1127), mais fut déjà démolie par son successeur Ulrich II (que Neugart appelle par erreur comte de Castell), parce qu'il craignait qu'elle ne devînt un point d'appui pour un adversaire en cas de siège de la ville de Constance. Elle n'est plus mentionnée de 1129 à 1269. Entre temps, elle avait été rebâtie et remise en fief ; l'évêque Heinrich II la racheta, continua les constructions et en fit une résidence d'été qu'occupèrent ses successeurs jusqu'en 1354. En 1364, ce château fut inféodé à Stephan von Roggwil, puis passa à ses successeurs et en 1453 fit retour à l'évêché. Il fut détruit par les Confédérés dans la guerre de Souabe et jamais relevé. De la seigneurie dépendaient les juridictions de Tâgerwilen, Bâtershausen, Bommen et Dippishausen. Hans-Konrad Vogt de Wartenfels, à Constance, qui afferma de 1585 à 1600 l'Eckenhof, construisit sur la place du château actuel une maison de pierre qu'il appela Oberkastel, et qui fut remplacée en 1715 par une villa renaissance. Le château et le domaine passèrent en 1794 à Daniel-Hermann von Scherer, de Saint-Gall. dont le descendant, Max von Scherer, 1848-1901, fit transformer le premier de 1878 à 1901. — Voir Gesch. des Schlosses Kastell dans TB 43. — Une famille de ministériaux des évêques de Constance, chargée de la garde du château, prit le nom de von Kastell, de CastellO, von Castell, von Castelen. Armoiries : parti d'or et d'argent à un lion de gueules. Première mention 1150. On trouve un grand nombre de membres de cette famille parmi les chanoines de la cathédrale de Constance — Ulrich, archidiacre 1211. — Burkhard, 1211-1236. — • Albrecht I, prévôt de Saint-Stephan 1294. — Albrecht II, prévôt de Zurzach 1322, de Bischofszell 1332-1344. — 1. Dietegen, chevalier, acheta en 1290, avec le chevalier Konrad, le château de Neuburg et Mammern du baron Ulrich von Altenklingen. Durant la guerre de l'évêque Rudolf II contre les ducs d'Autriche, il passa au service de ces derniers. Il faisait partie de la suite du roi Albert I lors de son assassinat à Brougg en 1308 et poursuivit les régicides. Bailli impérial, il tenait en fief, avec son frère Albrecht, le château de Schauenbourg près d'Elgg, de l'abbé de Saint-Gall, et de l'empire la ville de Leutkirch en 1311 pour services rendus. — 2. Diethelm, frère du précédent, 1306-1342, abbé de Petershausen et de Reichenau, bâtit le Turmhof à Steckborn. — 3. Konrad, doyen du chapitre de Saint- Gall 1439. Cette branche de la famille s'éteignit peu après.
Les Schenken von Kastell, appelés jusqu'en 1306 von Oetlishausen, étaient une branche collatérale. — Conrad est mentionné 1200-1221 ; Johannes 1224- 1243 ; son fils Ulrich devint en 1243 échanson de l'évêque, f 1283. — Burkhard, l'ancien, posséda dès 1320 le château d'Oetlishausen, qu'il hérita de sa mère ; il en adopta les armoiries : d'argent à une ramure de cerf de gueules. Les Schenken acquirent en 1450 le château et la seigneurie de Hagenvvil et Roggwil en fief de Saint-Gall, dont ils devinrent bourgeois en 1451. — Ulrich acquit en 1512 le château et la seigneurie d'Oberbiiren du dernier des Schenken von Landegg, dont ils étaient les héritiers. Une branche de la famille qui se rendit en Allemagne obtint le titre de baron en 1665, et celui de comte en 1681. La lignée comtale existe tou-
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